00:00Malheureusement, oui, ce n'est pas une caricature.
00:02Le pays est dissiguré par ce genre de comportement d'institutions
00:07qui ne défendent plus notre image collective de la France,
00:10l'image que les Françaises et les Français s'en font légitimement.
00:14Et des voyous, des criminels, des barbares qui sont relâchés
00:17peuvent commettre leurs méfaits.
00:19Donc la solution, en l'occurrence, elle est très simple.
00:22C'est qu'il faut suffisamment de places de prison.
00:24Et de places de prison différentes, avec des peines de tout cacabie,
00:27soit détention provisoire, soit courte perne, soit longue peine, soit ultimement...
00:32C'est que ça, le problème, Jean-Philippe ?
00:33C'est le problème fondamental.
00:34Parce qu'on peut critiquer les juges, il y a beaucoup de choses à dire
00:37sur l'état de la magistrature.
00:39Mais quand vous avez une justice clocharde, moi je vois Amiens,
00:41il y a une prison à Amiens, elle est occupée à 260%.
00:45260% ?
00:46260% en moyenne.
00:47Donc le procureur, chaque matin, il regarde combien il peut en mettre en prison
00:51et il doit faire un choix.
00:53Mais construire des places de prison, ça demande du temps.
00:56Il y a eu plusieurs plans qui se sont succédés,
00:58mais ça augmente très très lentement.
01:00C'est exactement la même réponse que sur le référendum.
01:03Il n'y a pas de place de prison parce qu'il ne voulait pas de place de prison.
01:05Aujourd'hui, une part considérable de l'administration de la place...
01:09Non mais ce que je veux dire, c'est que vous n'allez pas vous faire débrouiller des prisons en
01:11trois semaines.
01:12Non mais je vais vous y répondre.
01:13Je vais y répondre, il n'y a pas de difficulté.
01:15Moi j'ai fait mes études avec une partie de ces gens.
01:18C'était des gens qui étaient au Génépi par exemple,
01:19des gens qui détestent la prison.
01:21Donc il y a vraiment un sabotage de l'intérieur,
01:23de la volonté de construire des places de prison.
01:25C'est lié à la simplification, à la dénormalisation que l'on veut faire.
01:29Parce que construire des prisons aujourd'hui, c'est un enfer normatif en soi.
01:32Et quatrièmement, c'est pour ça que j'ai insisté sur les différents types de places.
01:35C'est-à-dire qu'on peut très bien aménager très rapidement
01:38des établissements qui peuvent déjà exister,
01:40des anciennes casernes, des anciens monastères.
01:43Je vous rappelle qu'il y avait une prison qui était un ancien...
01:44Vous voulez faire des prisons dans des anciens monastères ?
01:46Pour des toutes petites peines.
01:47C'est-à-dire pour des petites peines.
01:50C'est vraiment l'avocation d'un ancien monastère ?
01:52Non mais c'était une boutade parce que vous savez qu'il y avait clair beau.
01:54Non mais vous ne souvenez pas de clair beau.
01:57Bon voilà, c'est pas grave, tout va bien.
01:59Vous savez, c'est juste que vous avez des établissements
02:01où vous pouvez faire des cellules, ça s'appelle pareil d'ailleurs.
02:04C'est pas grave.
02:04Ce que je veux dire, c'est qu'on a accès très rapidement
02:06à des lieux qui peuvent être des lieux privatifs de liberté
02:08pour des gens qui ne sont pas dangereux,
02:09qui doivent faire une semaine, un mois de prison.
02:12Ce qui permet de libérer des places qui sont aujourd'hui occupées
02:16par des gens dangereux.
02:17Est-ce que ça change le logiciel de la violence ?
02:19Est-ce que le fait de faire des peines courtes,
02:21ça fait une sorte de...
02:23Bien sûr, c'est-à-dire que...
02:25De taser, de coups de taser, j'allais dire fictifs,
02:28en tout cas pour les jeunes qui disent
02:31« Tiens, finalement, j'ai peut-être fait une connerie,
02:33je ne recommencerai plus. »
02:34Eh bien, je regrette de ne pas avoir eu l'idée de cette formule,
02:36M. Devineau.
02:37La formule du taser ?
02:38Oui, voilà, c'est exactement ça.
02:39C'est-à-dire mettre un coup d'arrêt à tout jeune
02:41ou tout délinquant, tout criminel
02:43qui fait une première faute, un premier délit, un premier crime.
02:46Il est immédiatement arrêté,
02:47il est immédiatement stoppé dans sa dérive
02:49et il a une forme d'autorité qui l'arrête
02:52et qui le remet sur le droit chemin s'il doit l'être.
02:54Parce qu'évidemment, pour les jeunes qui font une première faute,
02:56le but, c'est la réinsertion, évidemment.
02:58Contrairement à certains criminels,
02:59il n'y a plus rien à attendre,
03:01des pédophiles, des meurtriers.
03:02Parce qu'on dit souvent, aux Pays-Bas, ça fonctionne.
03:04Mais les Pays-Bas, c'est une autre culture.
03:06Pourquoi c'est une autre culture ?
03:07Ce n'est pas non plus le monde du monde.
03:09Ce n'est pas le Japon ou la Corée.
03:10J'entends bien.
03:11Moi, je suis né à Boulogne-sur-Mer.
03:13Bon, c'est les voisins, les Pays-Bas.
03:14On a nos amis belges entre les deux.
03:16Enfin, ce n'est quand même pas le jour à la nuit.
03:17Il n'y a plus de discipline quand même dans les pays,
03:19j'allais dire, nordiques que dans les pays latins.
03:22C'est à nouveau, ça.
03:23Généralement, les criminels sont des marginaux
03:25au sein de leur propre culture,
03:26y compris sur la discipline.
03:33Vous êtes un meurtrier, vous pouvez le dire.
03:34Des prisons dans des endroits qui ne servent pas à grand-chose.
03:37Très rapidement, voilà.
03:38Et ensuite, déployer des places de prison suffisantes.
03:42Mais c'est un objet.
03:43Excusez-moi, si la France n'est pas capable de construire des prisons,
03:45on arrête, on ferme la boutique.
03:47On va arrêter de dire n'importe quoi aux gens.
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