00:00Après, évidemment, c'est « ira, ira pas ».
00:03Il y a des gens qui ont dit « bien sûr qu'elle n'ira pas ».
00:05Et puis, je n'aurai pas la cruauté de donner les noms.
00:09Je n'aurai d'ailleurs pas la cruauté parce que j'aurais fait partie de ceux qui l'auraient dit.
00:14Ah oui, oui, oui.
00:15Et donc, aujourd'hui, on se dit…
00:18Parce qu'il y a un aléa judiciaire quand même.
00:20C'est-à-dire qu'il y aura quand même une décision de justice
00:22qui interviendra avant la présidentielle avec la Cour de cassation.
00:25Oui, mais la justice est au service de l'idéologie.
00:28Donc, on verra bien qui fera comment et de quelle manière.
00:31Donc, il y a des gens qui ont intérêt.
00:32Parce que contrairement aux éléments de langage, je l'ai dit sur votre plateau il y a quelques jours,
00:35mais les éléments de langage du Rassemblement National qui nous dit
00:37« non, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre Marine Le Pen et Jordan
00:43Bardella ».
00:43C'est faux. C'est faux.
00:44Il y a une aile droite et une aile gauche.
00:46Et cette aile droite et cette aile gauche, c'est malin de sa part
00:48de dire d'abord qu'il n'y a pas d'aile droite et qu'il n'y a pas
00:49d'aile gauche,
00:50qu'il n'y a pas de courant.
00:51Mais c'est une façon de ratisser large en termes de politique.
00:53Vous avez, on l'a bien vu, le MEDEF était intéressé par Jordan Bardella,
00:57un certain nombre de patrons, d'entrepreneurs.
01:00Ils sont sur cette logique d'une ligne libérale.
01:03Libérer le travail, etc.
01:04C'est une option.
01:05Donc, ce n'est pas la même chose pour voir Jordan Bardella ?
01:07Non, ce n'est pas la même chose.
01:08L'Assemblée Nationale a intérêt à dire que c'est la même chose, mais c'est faux.
01:11C'est la même chose qu'entre Rocard et Chevènement, si vous voulez.
01:14Il y avait dans le Parti Socialiste un Rocard à l'aile droite,
01:17un Chevènement à l'aile gauche, un Mitterrand au centre, etc.
01:21Elle a pris le parti intéressant.
01:23Pour elle, je dirais, de dire que c'est exactement la même chose.
01:27Sauf que ce n'est pas la même chose.
01:28Et d'ailleurs, on voit bien Éric Zemmour ou quelques autres
01:31qui nous disent qu'elle est socialiste, que son programme est socialiste.
01:34Certains disent que son programme est communiste.
01:36Pour l'économie, en tout cas.
01:37On voit bien que ce n'est pas du tout la même chose.
01:39Donc, évidemment, on a intérêt à choisir,
01:41le système a intérêt à choisir,
01:44quelqu'un qui s'appelle Le Pen d'abord.
01:45C'est le nom du diable, Marine Le Pen, depuis 50 ans.
01:48D'accord.
01:48Quand vous dites le système, c'est quoi ?
01:50C'est un certain nombre de gens qui ont intérêt à ce que ça continue
01:53comme ça fonctionne actuellement.
01:54Les gens qui sont au pouvoir, de droite et de gauche.
01:56Ceux que j'appelle, et ça vous fait sourire, les Maastrichtiens.
01:58Ceux qui ont intérêt à ce que le système fonctionne comme il fonctionne.
02:01En disant, l'élection a eu lieu, ce sont les mêmes qui dirigent le service public.
02:04Et il ne faut que rien ne change.
02:05Il ne faut que rien ne change pour qu'on puisse continuer à dire,
02:09ça va, on a eu, je ne sais pas compter,
02:12mais depuis 1983 que Mitterrand fait son virage libéral,
02:14on est au pouvoir depuis 1983, il faut que ça dure.
02:16Ce sont les apparatchiks d'un régime qui ne veulent pas que ça bouge
02:19et qui se disent, le peuple nous gêne, le peuple nous embête,
02:22le peuple nous ennuie.
02:24Donc, Marine Le Pen, elle est intéressante parce qu'elle est clivante.
02:28Elle est clivante par son nom et elle est clivante par son projet politique.
02:31Jordan Bardella l'est témoin parce qu'on voyait bien
02:33que les sirènes du côté de Retailleau pouvaient faire une alliance
02:36avec Retailleau, cette droite-là, puis d'autres individus
02:38qui peut-être, républicains, peut-être François-Xavier Bellamy,
02:41auraient pu dire, après tout, finissons par s'entendre
02:43puisqu'un jour il va falloir qu'on s'entende.
02:45Et on aurait eu peut-être une Marion Maréchal qui, etc.
02:47Peut-être aussi Éric Zemmour, je ne sais pas.
02:49C'est-à-dire que des unions de la droite étaient possibles ou pensables,
02:52peut-être même avant le premier tour,
02:53de sorte que la puissance était encore plus forte
02:55et il fallait casser cette puissance.
02:57Donc déjà, agresser le nom en disant,
02:59elle est la fille de son père.
03:00Son père, c'est la FNSS.
03:01On connaît le manque d'intelligence de ceux qui nous disent
03:03que si ce n'est toi, c'est donc ton père.
03:06Et elle a pu changer le nom du parti,
03:07changer les options du parti sur la question de l'homosexualité,
03:10sur la question d'Israël, sur la question de la politique étrangère, etc.
03:13C'est-à-dire exactement le contraire de son père.
03:15Avoir mis son père à la porte du parti,
03:16elle est de toute façon coupable de ça.
03:18Et donc, le nom est intéressant.
03:20On va pouvoir ressortir la poupée, les aiguilles
03:22en disant une Le Pen, encore une Le Pen,
03:24une quatrième fois Le Pen,
03:25et puis une quatrième fois pour elle, plus le père.
03:27Donc vous ajoutez, vous dites, regardez,
03:29ils sont aux élections depuis tant d'années.
03:31Tout ça, ça va faire partie des arguments.
03:33Et il y a une jeune génération qui est biberonnée
03:35à la haine du nom de Le Pen.
03:37Tous ces gens qui ont les cheveux verts, bleus, etc.
03:40et qui ont dansé le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen.
03:44Pour eux, Le Pen, c'est la domination de la désolation.
03:47C'est le nom de Satan, c'est le nom de Belzébute, etc.
03:50Pour s'arrêter, se calmer en disant, expliquez-nous pourquoi.
03:53Là, ce serait un peu compliqué.
03:55C'est comme être capable de dire
03:56si l'État palestinien est à l'est ou à l'ouest du Jourdain
03:58pour Mme Pannot.
03:59Il ne faut pas demander trop de culture
04:00à des gens qui n'en ont pas.
04:02Donc il y a le nom qui va être utile.
04:04Il y a cette idée qu'on va pouvoir taper sur la gauche
04:06en disant, sur la gauche de Marine Le Pen,
04:08en disant, si cette dame arrive au pouvoir,
04:10oh là là, les milieux de l'affaire vont s'effondrer,
04:11c'est catastrophique.
04:13Et donc, il y a un choix politique,
04:16c'est-à-dire que vous choisissez vos ennemis.
04:17Moi, je ne donnerai pas le nom de quelques intellectuels connus
04:19qui sont de gauche, pléonase,
04:21qui étaient allés voter aux primaires de la droite
04:25pour choisir leur candidat.
04:28Il me dit, tu n'y vas pas, toi.
04:29Je dis, enfin, je ne suis pas de droite,
04:31je ne vais pas choisir mon candidat à droite.
04:32Mais il faut choisir le meilleur pour la gauche.
04:35Et je ne dirai pas qui, je ne dirai pas comment, etc.
04:36Il y a des gens qui se sont trouvés propulsés à droite
04:40par les voix de la gauche, etc.
04:42Donc, c'est ça, le jeu de la politique.
04:43Et c'est de la politique politicienne.
04:45Évidemment, on est loin du général de Gaulle
04:46qui nous dit, l'horizon, c'est la France,
04:48l'horizon, c'est l'intérêt général et le bien public.
04:50Là, on se dit, mais les petites magouilles
04:52font que si on peut gratter un demi-point par là,
04:54deux points ici, puis vous verrez arriver
04:56les écologistes qui vont peut-être aller chez Mélenchon
04:58et puis d'autres qui peut-être, etc.
05:01Roussel, Salon, Fabien Roussel,
05:02qui, lui, résiste à cette espèce de déconstructionnisme.
05:06Oui, ce déconstructionnisme de Mélenchon.
05:08Il dit, non, il y a un vieux PC à l'ancienne, etc.
05:10Lui, il pourrait impulser une espèce de révolution
05:13dans ce parti en disant tout ce que les partis ont fait.
05:16Je rappelle que, oui, il y a eu des gens,
05:20des militants de la collaboration
05:22chez Jean-Marie Le Pen au départ,
05:23mais il y avait aussi des résistants.
05:25Et puis, il y a eu du pacte germano-soviétique
05:26chez les communistes.
05:27Et puis, il y a eu chez les Verts, un René Dumont
05:30qui, lui, faisait l'éloge de l'agriculture
05:32productiviste, des nazis, etc.
05:33Si on va chercher dans le passé de chacun.
05:35Donc, il y aurait tout un travail à faire
05:37de mise à plat, parce qu'il y a quand même
05:40beaucoup à voir entre M. Retailleau
05:43qui a été ministre de Macron,
05:45M. Attal qui a été Premier ministre de Macron,
05:47M. Édouard Philippe qui a été ministre de Macron.
05:50Ils ont tous été ministres de Macron.
05:51Ils s'en viennent tous nous dire que, non, Macron,
05:52ce n'est pas bien, qu'il faut faire autre chose.
05:54Les gens qui ont un peu l'esprit gaullien
05:56ont compris qu'il y avait beaucoup de tambourine politique
05:58dans cette affaire.
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