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  • il y a 6 minutes
Marine Le Pen a été condamnée ce mardi 7 juillet dans le cadre du procès en appel du RN concernant les assistants parlementaires européens du parti. Sa peine d’inéligibilité de 15 mois fermes étant déjà purgée, la cheffe de file du Rassemblement national a officiellement confirmé sa candidature à l’élection présidentielle. Pour Michel Onfray, philosophe, «il y a une jeune génération qui est biberonnée à la haine du nom Le Pen».

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Transcription
00:00Après, évidemment, c'est « ira, ira pas ».
00:03Il y a des gens qui ont dit « bien sûr qu'elle n'ira pas ».
00:05Et puis, je n'aurai pas la cruauté de donner les noms.
00:09Je n'aurai d'ailleurs pas la cruauté parce que j'aurais fait partie de ceux qui l'auraient dit.
00:14Ah oui, oui, oui.
00:15Et donc, aujourd'hui, on se dit…
00:18Parce qu'il y a un aléa judiciaire quand même.
00:20C'est-à-dire qu'il y aura quand même une décision de justice
00:22qui interviendra avant la présidentielle avec la Cour de cassation.
00:25Oui, mais la justice est au service de l'idéologie.
00:28Donc, on verra bien qui fera comment et de quelle manière.
00:31Donc, il y a des gens qui ont intérêt.
00:32Parce que contrairement aux éléments de langage, je l'ai dit sur votre plateau il y a quelques jours,
00:35mais les éléments de langage du Rassemblement National qui nous dit
00:37« non, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre Marine Le Pen et Jordan
00:43Bardella ».
00:43C'est faux. C'est faux.
00:44Il y a une aile droite et une aile gauche.
00:46Et cette aile droite et cette aile gauche, c'est malin de sa part
00:48de dire d'abord qu'il n'y a pas d'aile droite et qu'il n'y a pas
00:49d'aile gauche,
00:50qu'il n'y a pas de courant.
00:51Mais c'est une façon de ratisser large en termes de politique.
00:53Vous avez, on l'a bien vu, le MEDEF était intéressé par Jordan Bardella,
00:57un certain nombre de patrons, d'entrepreneurs.
01:00Ils sont sur cette logique d'une ligne libérale.
01:03Libérer le travail, etc.
01:04C'est une option.
01:05Donc, ce n'est pas la même chose pour voir Jordan Bardella ?
01:07Non, ce n'est pas la même chose.
01:08L'Assemblée Nationale a intérêt à dire que c'est la même chose, mais c'est faux.
01:11C'est la même chose qu'entre Rocard et Chevènement, si vous voulez.
01:14Il y avait dans le Parti Socialiste un Rocard à l'aile droite,
01:17un Chevènement à l'aile gauche, un Mitterrand au centre, etc.
01:21Elle a pris le parti intéressant.
01:23Pour elle, je dirais, de dire que c'est exactement la même chose.
01:27Sauf que ce n'est pas la même chose.
01:28Et d'ailleurs, on voit bien Éric Zemmour ou quelques autres
01:31qui nous disent qu'elle est socialiste, que son programme est socialiste.
01:34Certains disent que son programme est communiste.
01:36Pour l'économie, en tout cas.
01:37On voit bien que ce n'est pas du tout la même chose.
01:39Donc, évidemment, on a intérêt à choisir,
01:41le système a intérêt à choisir,
01:44quelqu'un qui s'appelle Le Pen d'abord.
01:45C'est le nom du diable, Marine Le Pen, depuis 50 ans.
01:48D'accord.
01:48Quand vous dites le système, c'est quoi ?
01:50C'est un certain nombre de gens qui ont intérêt à ce que ça continue
01:53comme ça fonctionne actuellement.
01:54Les gens qui sont au pouvoir, de droite et de gauche.
01:56Ceux que j'appelle, et ça vous fait sourire, les Maastrichtiens.
01:58Ceux qui ont intérêt à ce que le système fonctionne comme il fonctionne.
02:01En disant, l'élection a eu lieu, ce sont les mêmes qui dirigent le service public.
02:04Et il ne faut que rien ne change.
02:05Il ne faut que rien ne change pour qu'on puisse continuer à dire,
02:09ça va, on a eu, je ne sais pas compter,
02:12mais depuis 1983 que Mitterrand fait son virage libéral,
02:14on est au pouvoir depuis 1983, il faut que ça dure.
02:16Ce sont les apparatchiks d'un régime qui ne veulent pas que ça bouge
02:19et qui se disent, le peuple nous gêne, le peuple nous embête,
02:22le peuple nous ennuie.
02:24Donc, Marine Le Pen, elle est intéressante parce qu'elle est clivante.
02:28Elle est clivante par son nom et elle est clivante par son projet politique.
02:31Jordan Bardella l'est témoin parce qu'on voyait bien
02:33que les sirènes du côté de Retailleau pouvaient faire une alliance
02:36avec Retailleau, cette droite-là, puis d'autres individus
02:38qui peut-être, républicains, peut-être François-Xavier Bellamy,
02:41auraient pu dire, après tout, finissons par s'entendre
02:43puisqu'un jour il va falloir qu'on s'entende.
02:45Et on aurait eu peut-être une Marion Maréchal qui, etc.
02:47Peut-être aussi Éric Zemmour, je ne sais pas.
02:49C'est-à-dire que des unions de la droite étaient possibles ou pensables,
02:52peut-être même avant le premier tour,
02:53de sorte que la puissance était encore plus forte
02:55et il fallait casser cette puissance.
02:57Donc déjà, agresser le nom en disant,
02:59elle est la fille de son père.
03:00Son père, c'est la FNSS.
03:01On connaît le manque d'intelligence de ceux qui nous disent
03:03que si ce n'est toi, c'est donc ton père.
03:06Et elle a pu changer le nom du parti,
03:07changer les options du parti sur la question de l'homosexualité,
03:10sur la question d'Israël, sur la question de la politique étrangère, etc.
03:13C'est-à-dire exactement le contraire de son père.
03:15Avoir mis son père à la porte du parti,
03:16elle est de toute façon coupable de ça.
03:18Et donc, le nom est intéressant.
03:20On va pouvoir ressortir la poupée, les aiguilles
03:22en disant une Le Pen, encore une Le Pen,
03:24une quatrième fois Le Pen,
03:25et puis une quatrième fois pour elle, plus le père.
03:27Donc vous ajoutez, vous dites, regardez,
03:29ils sont aux élections depuis tant d'années.
03:31Tout ça, ça va faire partie des arguments.
03:33Et il y a une jeune génération qui est biberonnée
03:35à la haine du nom de Le Pen.
03:37Tous ces gens qui ont les cheveux verts, bleus, etc.
03:40et qui ont dansé le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen.
03:44Pour eux, Le Pen, c'est la domination de la désolation.
03:47C'est le nom de Satan, c'est le nom de Belzébute, etc.
03:50Pour s'arrêter, se calmer en disant, expliquez-nous pourquoi.
03:53Là, ce serait un peu compliqué.
03:55C'est comme être capable de dire
03:56si l'État palestinien est à l'est ou à l'ouest du Jourdain
03:58pour Mme Pannot.
03:59Il ne faut pas demander trop de culture
04:00à des gens qui n'en ont pas.
04:02Donc il y a le nom qui va être utile.
04:04Il y a cette idée qu'on va pouvoir taper sur la gauche
04:06en disant, sur la gauche de Marine Le Pen,
04:08en disant, si cette dame arrive au pouvoir,
04:10oh là là, les milieux de l'affaire vont s'effondrer,
04:11c'est catastrophique.
04:13Et donc, il y a un choix politique,
04:16c'est-à-dire que vous choisissez vos ennemis.
04:17Moi, je ne donnerai pas le nom de quelques intellectuels connus
04:19qui sont de gauche, pléonase,
04:21qui étaient allés voter aux primaires de la droite
04:25pour choisir leur candidat.
04:28Il me dit, tu n'y vas pas, toi.
04:29Je dis, enfin, je ne suis pas de droite,
04:31je ne vais pas choisir mon candidat à droite.
04:32Mais il faut choisir le meilleur pour la gauche.
04:35Et je ne dirai pas qui, je ne dirai pas comment, etc.
04:36Il y a des gens qui se sont trouvés propulsés à droite
04:40par les voix de la gauche, etc.
04:42Donc, c'est ça, le jeu de la politique.
04:43Et c'est de la politique politicienne.
04:45Évidemment, on est loin du général de Gaulle
04:46qui nous dit, l'horizon, c'est la France,
04:48l'horizon, c'est l'intérêt général et le bien public.
04:50Là, on se dit, mais les petites magouilles
04:52font que si on peut gratter un demi-point par là,
04:54deux points ici, puis vous verrez arriver
04:56les écologistes qui vont peut-être aller chez Mélenchon
04:58et puis d'autres qui peut-être, etc.
05:01Roussel, Salon, Fabien Roussel,
05:02qui, lui, résiste à cette espèce de déconstructionnisme.
05:06Oui, ce déconstructionnisme de Mélenchon.
05:08Il dit, non, il y a un vieux PC à l'ancienne, etc.
05:10Lui, il pourrait impulser une espèce de révolution
05:13dans ce parti en disant tout ce que les partis ont fait.
05:16Je rappelle que, oui, il y a eu des gens,
05:20des militants de la collaboration
05:22chez Jean-Marie Le Pen au départ,
05:23mais il y avait aussi des résistants.
05:25Et puis, il y a eu du pacte germano-soviétique
05:26chez les communistes.
05:27Et puis, il y a eu chez les Verts, un René Dumont
05:30qui, lui, faisait l'éloge de l'agriculture
05:32productiviste, des nazis, etc.
05:33Si on va chercher dans le passé de chacun.
05:35Donc, il y aurait tout un travail à faire
05:37de mise à plat, parce qu'il y a quand même
05:40beaucoup à voir entre M. Retailleau
05:43qui a été ministre de Macron,
05:45M. Attal qui a été Premier ministre de Macron,
05:47M. Édouard Philippe qui a été ministre de Macron.
05:50Ils ont tous été ministres de Macron.
05:51Ils s'en viennent tous nous dire que, non, Macron,
05:52ce n'est pas bien, qu'il faut faire autre chose.
05:54Les gens qui ont un peu l'esprit gaullien
05:56ont compris qu'il y avait beaucoup de tambourine politique
05:58dans cette affaire.
05:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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