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France-Maroc : «Les gens ont compris que les mortiers se tirent en l’air et pas sur les forces de sécurité», se réjouit Stanislas Gaudon
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00:01Heureux Tanguyamon. Revenons sur l'aspect sécuritaire, parce que tout le monde s'inquiétait.
00:06Hier, on a commencé avec ces images qui sont insupportables, c'est-à-dire on voit des commerçants qui se
00:10sont barricadés.
00:12On s'est tellement habitués d'ailleurs aux violences émeutières que ce matin, le fait qu'il y ait moins
00:18d'interpellations,
00:20moins de voitures brûlées, moins de policiers blessés, on a presque envie de faire une eau là.
00:24Voilà la société dans laquelle on vit aujourd'hui.
00:26C'est vrai, fort heureusement, on peut s'en satisfaire. Une soirée plutôt festive que violente.
00:31Dix interpellés dans la région parisienne pour des faits de vol de téléphone sur des supporters.
00:36Violence avec arme ou tir de mortier contre les policiers.
00:39Alors quelques détails, il y a une bagarre à Paris à minuit 30, un individu qui a été blessé légèrement
00:45après avoir reçu un coup de couteau.
00:47Dans le 93, à Ville-Tanneuse, deux femmes interpellées pour avoir tiré aux mortiers contre les forces de l'ordre.
00:52Une caserne de pompiers à Saint-Denis qui a été prise pour cible.
00:56D'ailleurs, un mortier d'artifice a fait s'embraser une partie de la toiture.
01:00Aux Ulysse, un commissariat a été pris à partie.
01:02À Grenoble, à Maubeuge, à Lyon.
01:04Là aussi, des tiers de mortiers d'artifice.
01:07À Anne-Masse, nous dit-on, un policier a été légèrement blessé.
01:10Et le drame de cette soirée, c'est cette adolescente âgée de 17 ans qui est tragiquement morte.
01:16Elle est montée sur un camion avec des amis pour célébrer la victoire de la France.
01:20Le camion était en marche.
01:22Elle est tombée.
01:22Elle s'est fait percuter.
01:24Elle est morte sur place.
01:25Le conducteur du camion a été placé en garde à vue.
01:28Ça s'est passé à Aulnois-Emery, dans le Nord.
01:31Il a été placé en garde à vue.
01:32Pourquoi, Stanislas Godon ?
01:34Parce que...
01:34Merci, Tanguy Hamon.
01:36Et vous allez citer votre place à François-Xavier Bellamy.
01:38En fait, évidemment, quand il y a une mort sur la voie publique, il y a forcément une enquête qui
01:43va être diligentée.
01:43Donc, il faut procéder notamment aux analyses.
01:46Est-ce qu'il y a une histoire d'alcoolémie ?
01:48Ça, ce sont les analyses qui vont le montrer.
01:50Mais en tout cas, c'est pour préserver, en fait, les premières mesures, notamment dans le cadre de l'audition.
01:55Puisque je rappelle que c'est une enfant de 17 ans qui est décédée.
01:58C'est un drame absolu.
01:59C'est un drame absolu qui vient ternir toute la partie qu'on vient d'évoquer sur la partie festive,
02:05même s'il y a eu quelques éléments.
02:06Après, j'ai remarqué qu'il y avait quelques individus qui avaient compris que les mortiers, de temps en temps,
02:11il fallait les tirer en l'air et pas seulement sur les forces de sécurité.
02:13Eh bien, écoutez, tant mieux.
02:15Si aujourd'hui, le délinquant commence à avoir la trouille, mais tant mieux, vraiment.
02:20L'inversion de la charge de la peur ou de la preuve, on pourra en débattre sur l'histoire de
02:24l'ALD notamment, c'était intéressant.
02:26Bon, et que vous ont dit vos collègues sur le terrain cette nuit ?
02:31Alors, d'abord, je les salue parce que je rappelle qu'il y a eu des rappels, des congés qui
02:35ont été supprimés,
02:36qu'ils étaient aussi dans une certaine chaleur sur la plaque parisienne, notamment, et dans les grandes villes,
02:41avec un attirail parce qu'on a du matériel, évidemment, de plus en plus lourd, notamment sur notre dos.
02:48Donc, les heures n'ont pas été comptées.
02:51Ça a été difficile, mais ça a été moins difficile que, par exemple, une finale de la Ligue des champions,
02:55puisque, Tanguyama, on l'a dit, 10 interpellations au lieu de 491 sur la plaque parisienne.
03:01Donc, on est effectivement dans une soirée qui s'est plutôt bien passée,
03:05même si je mets de côté avec ce drame du Nord, évidemment.
03:07Bien sûr. Et puis, on aurait pu faire le parallèle avec le précédent match France-Maroc en Coupe du Monde.
03:13C'était en 2022, en demi-finale, où là, il y avait eu plus de 200 personnes interpellées,
03:20des violences, des heurts.
03:21Et je le disais, et merci d'être avec nous, François-Xavier Bellamy.
03:25Merci à vous.
03:25On va essayer de prendre un peu de hauteur.
03:27Dans notre société qui s'est ensauvagée, une nuit festive, plutôt calme,
03:33avec, malheureusement, ce drame qu'on vient de relater.
03:38Mais on s'est tellement habitués aux violences émeutières
03:41qu'aujourd'hui, on souffle.
03:43On se dit, ah bah, tant mieux.
03:44Tant mieux, on n'a pas eu tant de violences que ça.
03:47Qu'est-ce que ça dit de notre société, François-Xavier Bellamy ?
03:49Je peux même vous partager une petite expérience personnelle.
03:51J'étais toute la semaine à Strasbourg pour la session plénière du Parlement européen.
03:55Et ces derniers jours, les collègues que je croisais de tous les pays d'Europe
03:59me disaient, alors, vous avez un match jeudi,
04:01est-ce que vous allez encore brûler Paris ?
04:02Et aujourd'hui, cette image qui est renvoyée de la France,
04:05elle touche aussi le reste du monde.
04:07Et elle dit, effectivement, la gravité d'un problème de société.
04:10Heureusement, on ne s'est pas manifesté la nuit dernière,
04:12grâce en particulier à la mobilisation des policiers et des gendarmes
04:15qui étaient sur le terrain.
04:16Mais c'est vrai que ça dit l'ampleur du travail
04:19que nous allons devoir faire dans la durée
04:20pour reconstruire une sécurité, une unité de notre société
04:25qui permette d'éviter que la fête ne rime
04:27presque quasiment systématiquement avec la violence.
04:31Oui. Stanislas Godon, est-ce que c'est vrai que les renseignements territoriaux
04:36espéraient une victoire de l'équipe de France
04:38parce qu'en cas de victoire du Maroc, ils imaginaient plus de heurts ?
04:43Oui. Alors, en fait, il y avait une note des renseignements territoriaux
04:45où ils avaient élaboré, en fait, plusieurs scénarios.
04:47Notamment, rappelez-vous, ça a été évoqué sur votre plateau, je crois, hier,
04:52avec des supporters algériens qui auraient mis des t-shirts des supporters marocains
04:57pour s'infiltrer, justement, en cas de victoire
04:59et puis peut-être mettre le bazar.
05:01Bon, voilà, ça, c'était des projections.
05:02Les renseignements, ils le font en fonction de ce qu'ils collectent,
05:05évidemment, sur la toile, par rapport à leurs sources.
05:09Et, bon, ils sont obligés d'anticiper.
05:12Voilà. Maintenant, ça n'a pas été le cas.
05:15Voilà.
05:15Eh bien, tant mieux.
05:16Tant mieux, mais effectivement, ça devrait être la normalité.
05:19On est bien d'accord.
05:19André Valigny, tant mieux.
05:21Non, mais j'ai l'impression que vous jubilez ce matin.
05:23On ne peut pas repasser l'émission d'hier soir.
05:25Qu'est-ce que vous voulez dire par là, André Valigny ?
05:27Eh bien, hier soir, on s'inquiétait des éveutes et des violentes.
05:31Oui, il y avait un sujet très, très long sur la France qui se barricade,
05:33la France qui a peur.
05:34Paris qui est en l'état de siège.
05:36C'est vrai.
05:36Et moi, très modestement, j'ai dit, attendez, il ne s'est encore rien passé.
05:40Il ne faut pas trembler avant d'avoir la fièvre.
05:42Peut-être que tout se passera bien et tout s'est bien passé.
05:44Mais tant mieux.
05:45Et là, maintenant, je suis en train d'entendre que,
05:47ah oui, mais alors si le Maroc avait gagné, il y aurait eu...
05:49Mais qu'est-ce que vous en savez ?
05:51Mais c'est les renseignements territoriaux.
05:52Oui, c'est les renseignements territoriaux.
05:55Ah d'accord, donc vous êtes sombré dans le complotisme.
05:57Vous avez un côté Donald Trump.
05:59Non, là, c'est les renseignements territoriaux qui sombrent parfois dans le complotisme.
06:03Vous pensez que les renseignements...
06:05Réjouissons-nous, ça s'est très bien passé.
06:07Vive la France, vive le Maroc, vive le football.
06:09Pardon, mais puisque vous interpellez, effectivement, le travail, notamment des renseignements,
06:13heureusement qu'on fait un peu d'anticipation.
06:15Si on ne faisait pas d'anticipation dans tous les domaines,
06:18eh bien ça poserait un sérieux problème.
06:19Y compris d'ailleurs en matière de terrorisme.
06:21Vous voyez, par exemple.
06:22Ah sur le terrorisme, c'est autre chose.
06:23Non, mais bien sûr, non, non, mais...
06:24Sur le terrorisme, ils sont très...
06:25La filière du renseignement, c'est une doctrine, c'est une manière de faire.
06:29Et en fait, on collecte des infos et on fait de l'analyse, de l'introspection, de la prospection sur
06:35ce qui peut se passer.
06:35Parce que sinon, vous vous retrouvez à faire du commentaire sur ce qui s'est déjà passé.
06:40C'est bien ça le problème.
06:41Et si vous voulez mettre des forces en présence, à la fois sur le tandem police-justice d'ailleurs,
06:46parce qu'il faut qu'il soit effectivement sur le terrain et qu'il soit à pied d'œuvre
06:50lorsque il est potentiellement possible que des choses arrivent,
06:54eh bien moi, je pense que c'est bien d'anticiper, vous voyez.
06:55Et alors, quand il y a eu la finale de la Ligue des Champions,
06:59avec 400 interpellations, des émeutes partout,
07:02Paris à feu et à sang, d'après ce qu'on a pu voir ici ou là,
07:05ce qui n'était pas le cas d'ailleurs.
07:07Mais le renseignement territorial...
07:08Il y a eu 300 policiers blessés, quasiment.
07:10Le renseignement territorial n'avait pas prévu ça du tout alors.
07:13Ici, bien sûr.
07:14Le renseignement territorial n'avait pas prévu.
07:15Oui, mais bien sûr que si, puisqu'il y avait des notes comme quoi
07:18il y avait des risques de débordement, bien évident.
07:20C'est pour ça qu'on a mobilisé 8 000 policiers sur la plaque parisienne,
07:2322 000 sur l'ensemble du...
07:25Mais vous voulez en mettre combien ? 150 000 des policiers ?
07:28Est-ce que la doctrine de maintien de l'ordre était la même hier soir ?
07:31Je pense que ce n'est pas le sujet.
07:32Le sujet, c'est peut-être si on réinstaurait l'autorité de l'État,
07:36et j'interpelle notamment un député, un homme politique qui notamment est engagé.
07:41Eh bien, voilà, ça c'est peut-être le sujet de demain.
07:44C'est réinstaurer l'autorité de l'État avec un tandem police-justice qui soit efficace
07:48et qui applique les lois déjà existantes.
07:50Si on faisait preuve juste d'un peu de fermeté, peut-être que ça changerait un peu la donne.
07:54Cher André, le 31 mai, sur la finale de Ligue des Champions,
07:58il y a eu 230 policiers et gendarmes blessés.
08:00Donc, quand vous dites, soi-disant, à feu et à sang, alors que vous avez 230 policiers et gendarmes
08:07qui sont blessés dans une soirée qui se voulaient festives, ça me surprend de votre part.
08:11Alors, peut-être que ce n'est pas ce que vous vouliez dire et que vous voulez...
08:15Je sais très bien ce que je voulais dire.
08:16C'est exactement ça.
08:17Je suis évidemment très embêté quand des policiers sont blessés, évidemment,
08:23mais la France n'était pas à feu et à sang.
08:25Il y a eu quelques quartiers, quelques débordements très violents, ici ou là,
08:30mais la France n'était pas à feu et à sang.
08:32André Valigny, je reviens à ce que je disais tout à l'heure,
08:34c'est toute l'Europe, c'est le monde entier qui sont sidérés de voir les images de Paris
08:38après des moments comme cela.
08:40Et vous croyez que je vous apprécie ces images ?
08:41Vous venez de dire que ce n'était pas si grave que ça,
08:44que ce n'était pas passé grand-chose.
08:45Vous avez même expliqué que c'était de la faute des policiers et des gendarmes
08:47puisque vous mettez de loi sur la doctrine de maintien de l'ordre.
08:50Sous-entendu, si ça s'est bien passé hier,
08:52c'est parce que les policiers n'ont pas provoqué les émeutes, c'est ça ?
08:54Non, je ne sais pas.
08:56C'est stupéfiant comme réaction.
08:57C'est une question que je pose.
08:58C'est beaucoup d'estime pour vous, mais j'ai du mal à la comprendre.
08:59C'est une question que je pose.
09:00J'entends des spécialistes dire qu'il y a parfois des doctrines
09:04qui ne sont pas les mêmes d'un événement à l'autre.
09:06Attendez, André Valigny, si des magasins sont pillés sur les Champs-Elysées,
09:09si vous avez des boutiques entières qui sont dévalisées,
09:12si des gens sont blessés, si des gens se font agresser,
09:14c'est parce que les policiers et les gendarmes gèrent mal le maintien de l'ordre ?
09:18Non, mais attendez, c'est incroyable.
09:19J'ai pas dit ça, je dis qu'il y a des accusatoires à des limites quand même.
09:21Je n'ai pas dit ça.
09:22C'est ce que vous ne me faites pas dire, ce que je n'ai pas dit.
09:24Mais non, je dis qu'il y a des doctrines qui sont différentes d'un événement à l'autre.
09:28Et alors, qu'est-ce que ça veut dire du coup ?
09:29Je ne sais pas, je ne suis pas spécialiste.
09:31Je ne suis pas spécialiste, mais j'assume ce que je dis.
09:34J'entends des spécialistes qui disent que les doctrines ne sont pas toujours les mêmes,
09:40que la police fait son métier différemment selon les préfets de police,
09:44selon les consignes qui sont données.
09:45Je parle sous le contrôle d'un professionnel.
09:46Non, parce que le schéma du maintien de l'ordre, il est établi,
09:49puisqu'il y a une doctrine, il y a des règles qui sont établies,
09:52notamment pour les compagnies républicaines de sécurité
09:54et pour les escadrons de gendarmes mobiles.
09:57Enfin, l'événement, il fait que vous gérez d'une manière différente un événement sportif.
10:03Et vous le faites en fonction de quoi ?
10:05En fonction justement des remontées des renseignements.
10:07Parce que vous êtes obligés d'adapter les forces en présence, la mobilité.
10:11Ça, c'est très très important dans le cadre du maintien de l'ordre.
10:13Parce que rappelez-vous, notamment l'épisode des Gilets jaunes.
10:15L'épisode des Gilets jaunes, c'était des manifestations qui n'étaient pas autorisées,
10:19très mobiles, ça partait dans tous les sens.
10:21Et vous ne déplacez pas une compagne républicaine de sécurité aussi facilement.
10:24Donc on s'est adapté et on a créé notamment les braves M.
10:27Je dis aux auditeurs d'Europe 1, c'est Stanislas Godon que vous entendez actuellement,
10:32délégué national à Alliance.
10:33Je suis plutôt surpris par votre analyse, cher André Valigny,
10:38parce que j'avais quand même l'impression que face à un tel niveau de violence...
10:42Il n'y a pas eu de violence hier soir.
10:44Laissez-moi terminer.
10:45Il n'y a rien eu hier soir et vous continuez à parler des violences.
10:48Hier soir, ça s'est bien passé.
10:49Je n'ai pas fini ma phrase.
10:50Mais soyons heureux quand même.
10:51J'ai commencé en disant, enfin on a pu parler de football et on n'a pas parlé de ces
10:57heurts.
10:57Très bien.
10:58Et on a tellement basculé dans une société où la violence émeutière devient une habitude,
11:02qu'on se félicite qu'il y ait une nuit plus calme que les autres,
11:06malgré certains drames et notamment ce qui s'est passé pour cette gamine de 17 ans.
11:10D'accord ?
11:11J'ai commencé comme ça.
11:12En revanche, ce qui me surprend, c'est que vous nous expliquiez que le 31 mai, c'était pas à
11:18feu et à sang.
11:19Quand vous avez 230 policiers et gendarmes blessés, que dans plus d'une dizaine de villes, vous avez des émeutes,
11:25que dans plus d'une dizaine de villes en France, vous avez des pillages,
11:29et que vous me dites, écoutez, le problème c'est peut-être aussi la doctrine qui change, etc.
11:35Ça explique peut-être pourquoi, sur ces 30 dernières années, vous avez aujourd'hui une délinquance qui avance
11:44et finalement des Français honnêtes qui avaient peut-être envie de faire la fête, qui reculent,
11:49qui se disent, au lieu d'aller dans un bar, je vais peut-être rester chez moi.
11:52Il est 9h22, on revient dans quelques instants.
11:55On a mille questions à vous poser, François-Xavier Bellamy.
11:57On parlera de la présidentielle, des questions judiciaires.
12:01On parlera de la fin de vie avec vous également.
12:04Il est 9h22, on revient dans un instant.
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