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  • il y a 15 heures
Ce vendredi 10 juillet, dans son édito, Raphaël Legendre a parlé de la crainte des Européens de voir la deuxième économie de la zone euro dirigée par Marine Le Pen, une présidente en conflit avec les institutions européennes et porteuse d'un programme économique très flou. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:006h48 à Raphaël, on est à dix mois de la présidentielle, plusieurs sondages, on est loin encore,
00:05plusieurs sondages d'Aune Marine Le Pen gagnante au second tour contre n'importe quel candidat.
00:10En Europe, la surprise de sa candidature a fait monter la pression d'un cran.
00:13Oui, alors les sondages effectivement à dix mois de l'élection, c'est ce que ça vaut.
00:18Pas grand chose.
00:19Voilà, Balladur, Juppé étaient tous promis, Lionel Jospin à être président.
00:24Bref, la deuxième économie de la zone euro, puissance nucléaire,
00:28membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU,
00:31pourrait-elle être dirigée par une présidente en conflit politique
00:37avec les institutions européennes et porteuse d'un programme économique encore très flou ?
00:43Voilà la question que tout le monde se pose en Europe depuis mardi
00:47et depuis l'éligibilité de Marine Le Pen,
00:51une éligibilité qui a sonné comme un coup de tonnerre en dehors de nos frontières,
00:55une sorte de wake-up call, comme si tout le monde l'avait déjà enterré politiquement.
01:01Beaucoup de pays misaient en effet désormais sur Jordan Bardella
01:06et semblaient presque s'en accommoder en réalité.
01:08Alors pourquoi l'inquiétude est plus forte sur Marine Le Pen ?
01:11Si on prend le cas de l'Allemagne par exemple,
01:13Jordan Bardella avait clairement déclaré dans la presse allemande
01:16que le président français était l'ami du chancelier fédéral
01:20et qu'il devait le rester, c'était une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung au mois d'avril.
01:26Il avait alors reconnu des accords avec Friedrich Schmerz
01:30en matière de lutte contre la bureaucratie, de compétitivité et de politique migratoire.
01:36Il avait dit qu'il était ouvert à une réforme des retraites contrairement à Marine Le Pen.
01:40Bref, il a envoyé les bons signaux aux conservateurs allemands
01:44qu'il avait plutôt bien reçus.
01:47Marine Le Pen, elle, c'est tout autre chose.
01:49Elle réactive des inquiétudes plus anciennes.
01:52Elle renvoie à l'image d'une France souverainiste, dépensière et méfiante à l'égard de Bruxelles.
01:58Et puis, elle est prête à contester les règles communes du vivre ensemble,
02:04une sorte de règlement de copropriété de la zone euro.
02:07Je pense notamment à la Banque Centrale Européenne.
02:10C'est le sujet le plus sensible pour les Allemands.
02:13Jean-Philippe Tanguy, très proche de Marine Le Pen, a par exemple déjà indiqué
02:17qu'il souhaitait que la Banque Centrale Européenne rachète très directement
02:20des titres de dettes françaises, ce qui fait évidemment bandir tout le monde
02:25à Francfort et à Berlin.
02:27Est-ce qu'il faut y voir une menace directe pour l'euro ?
02:30Il n'est plus question de Frexit au sein du Rassemblement National.
02:34Soyons très clairs, il n'est plus question de sortir de la zone euro.
02:37Mais le risque, aujourd'hui, vu d'Allemagne,
02:40c'est une France qui resterait dans l'euro, mais qui en contesterait les règles,
02:45qui en contesterait la discipline et qui en contesterait les contraintes,
02:50même si on a rarement respecté les critères de Maastricht.
02:55Et cette fois, le sujet ne concernerait pas un petit pays périphérique,
03:00il concernerait la France, si on s'exonère de toutes ses règles,
03:04la France avec plus de 3 500 milliards de dettes,
03:06des déficits persistants et une crédibilité budgétaire déjà très fragile.
03:10Si demain, Paris entrait en bras de fer avec Bruxelles sur le budget
03:15ou avec Francfort sur le rôle de la BCE,
03:18ce ne serait pas une simple crise française.
03:21C'est tout l'édifice européen qui serait mis en branle.
03:26Et évidemment, voilà qui fait trembler l'ensemble des capitales membres de la zone euro.
03:31C'est dommage parce que l'Europe, on en a quand même besoin pour ne pas avoir un...
03:34On n'en a jamais eu autant besoin et Marine Le Pen arrive à un moment
03:38où nous, Français, n'avons jamais été aussi fragiles économiquement.
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