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00:00Le Brésil traverse la pire crise footballistique de son histoire.
00:03Lors des 4 dernières campagnes de coupe du monde,
00:05le Brésil a toujours été le premier pays d'Amérique du Sud.
00:07Mais pour la coupe du monde 2026,
00:09il s'est retrouvé 5ème devant l'Argentine, la Colombie, l'Équateur et l'Uruguay.
00:13Sans l'élargissement du nombre de places qualificatives,
00:15ce Brésil aurait dû disputer les barrages.
00:18Une étape qu'il n'a encore jamais connue dans son histoire.
00:20Je ne sais pas si on se rend compte.
00:21Et si on regarde la Copa América, le constat est le même.
00:23Entre 1997 et 2007, sur les 5 éditions de Copa América,
00:27le Brésil en avait gagné 4.
00:28Par contre, si on regarde les 6 dernières éditions, le Brésil en a gagné qu'une.
00:31Et ce problème ne concerne pas seulement l'équipe A.
00:33Quand on regarde l'équipe des moins de 23 ans du Brésil,
00:35qui est tout le temps habituée à au moins avoir une place sur le podium,
00:38dites-vous, pour les Jeux Olympiques 2024, ils n'ont même pas réussi à se qualifier.
00:42Les moins de 20 ans ont raté 3 des 6 dernières coupes du monde du vin.
00:44Les moins de 17 ont enchaîné 2 éditions hors du podium,
00:47ce qui est rarissime.
00:48Donc cette Célésa O qui est la plus titrée de l'histoire,
00:51fait bien moins peur qu'avant.
00:52Cette équipe est presque devenue une blague.
00:54Depuis des années, elle souffre de graves problèmes structurels.
00:57Et vu qu'ils n'ont trouvé aucun sauveur au Brésil,
00:59ils ont dû aller chercher en Europe leur sauveur qui est italien,
01:02c'est Ancelotti.
01:03Mais le rôle dans ces élections pour l'Italien va bien au-delà du simple rôle de sélectionneur.
01:06Ancelotti doit tout détruire pour tout reconstruire de A à Z.
01:09A son arrivée à la sélection brésilienne, il a quand même dit
01:11que c'est la meilleure sélection nationale du monde
01:13et qu'il allait ramener sa 6ème étoile.
01:15Finalement, il sera éliminé en 8ème de finale de cette Coupe du monde 2026.
01:18On n'avait plus vu ça au Brésil depuis 90.
01:20Le travail qu'attend Ancelotti est immense
01:22et les mauvais résultats du Brésil sont que la partie visible de l'iceberg.
01:26Tout ce qui se cache dans la surface est hyper préoccupant.
01:29Ça explique la chute de la Séléçao.
01:31Pour comprendre cette chute, on va analyser cette sélection en 4 axes.
01:34Le 1er axe sera les joueurs,
01:35le 2ème sera les supporters,
01:36le 3ème sera les dirigeants qui ont fait du mal,
01:39et le 4ème seront les entraîneurs.
01:41Déjà pour les joueurs, on le sait tous,
01:42c'est comme l'équipe de France,
01:43le Brésil ne manque pas de talent.
01:44Ils en ont à revendre,
01:45eux aussi pourraient faire une équipe A, une équipe B, une équipe C
01:48qui pourraient jouer en Coupe du monde.
01:49Les données de Football Observatory nous montrent le nombre de talents qu'ils ont
01:52parce que dites-vous que le Brésil est le pays
01:54qui a le plus de joueurs à l'étranger au plus haut niveau.
01:56Ils ont quand même 1455 footballeurs à l'étranger.
01:59C'est le pays qui exporte le plus de joueurs au monde.
02:02Florentino Perez est l'un de leurs plus gros clients.
02:04Depuis qu'il a perdu Neymar, il laisse passer aucun brésilien.
02:06Derrière, évidemment, on a la France.
02:07Il y a quand même 1275 joueurs qui jouent à l'étranger
02:10alors que je vous rappelle qu'on a une population
02:11qui a trois fois moins de monde que le Brésil.
02:13Juste derrière, on a l'Argentine qui en a 1076.
02:15Comme on dit, ils ont un nombre incalculable de talents
02:17donc le problème, ce n'est pas la quantité.
02:18Ça concerne plutôt la qualité et au-delà de ça, le style de jeu.
02:21La question qu'on me suis posée, c'est est-ce qu'il y a des changements
02:23entre l'équipe de 2002 qui a gagné la Coupe du monde
02:25et qui depuis, on ne reconnaît plus cette équipe ?
02:27Pour répondre à cette question, j'ai regardé tous les classements du Ballon d'Or du XXIe siècle
02:30et c'est là qu'on comprend le changement.
02:32En 2002, l'année où le Brésil a gagné la Coupe du monde,
02:33ça a été un Brésilien qui était Ballon d'Or.
02:35C'était Ronaldo Nazario
02:36qui nous a fait une Coupe du monde exceptionnelle avec 8 buts quand même.
02:45exceptionnelle avec le Real et le Brésil.
02:46Dans ce top 10, on avait aussi Rivaldo.
02:48Rivaldo était déjà dans le top 10 les deux années précédentes.
02:502003, on a encore Roberto Carlos
02:52et en 2004, dans ce top 10, on a Ronaldinho et Adriano.
02:55L'année d'après, Ronaldinho gagne le Ballon d'Or.
02:57Adriano sera 7e et Kaka 9e.
03:00En 2006, on a encore Ronaldinho dans le top 10.
03:02En 2007, c'est encore un Brésilien qui gagne le Ballon d'Or.
03:04Il rafle tout.
03:05Il sera devant Messi et il suit
03:06et il apparaît encore dans ce classement en 2008 et en 2009.
03:08Puis arrive l'année 2010 où pour la première fois de l'histoire,
03:11on n'a aucun Brésilien dans le top 10.
03:13Le premier Brésilien du classement est Malcon
03:15qui était seulement à la 17e blase.
03:17Donc même si ça s'est passé inaperçu,
03:18c'est quand même fou quand il pense.
03:19La plus grande nation du football de l'histoire
03:21n'avait aucun de ses joueurs dans le top 10.
03:23Et la vérité, c'est qu'au fait des années,
03:24la situation n'a pas vraiment changé.
03:26Le seul joueur qui a vraiment réussi à être dans le top 10,
03:28c'est Neymar.
03:29Même s'il n'y a pas toujours figuré.
03:30En 2015, il a quand même été 3e,
03:32juste derrière les deux monstres.
03:34Et en 2017 aussi.
03:35Dites-vous que si Messi et le Sui avaient été blessés cette saison-là,
03:38Neymar aurait eu deux Ballons d'Or.
03:39Puis après 2020, on a quand même eu Alisson, Vinicius Junior ou Rafinha.
03:42Le problème, c'est que la sélection brésilienne est passée
03:44d'une génération qui comptait régulièrement 3 joueurs
03:47parmi les 10 meilleurs du monde,
03:48dont la plupart étaient Ballons d'Or.
03:50A une équipe qui n'en comptait plus que 2.
03:52Parfois, il n'y en avait qu'un seul.
03:53Et des fois, il n'y en avait carrément aucun.
03:54Mais évidemment, le Ballon d'Or ne récompense pas seulement le talent individuel.
03:57Il récompense aussi les trophées collectifs.
03:59Donc même si beaucoup de joueurs n'étaient pas dans le Ballon d'Or,
04:01on sait le talent qu'ont certains joueurs brésiliens.
04:03Ils ont quand même Vinicius Junior, Rafinha, Neymar,
04:10bref, ils avaient quand même les meilleurs joueurs du monde.
04:12Donc c'est là qu'on comprend que la différence ne réside pas dans le niveau des joueurs.
04:14Ce qu'on comprend, c'est qu'ils ont perdu ce style de jeu
04:16qu'avait le Brésil qui gagnait la Coupe du Monde,
04:18c'est-à-dire le football arte,
04:20qui a toujours caractérisé Zé Télésao.
04:22Un football qui n'est pas dans un centre de formation,
04:24mais qui n'est dans la rue, dans les favelas.
04:25Les joueurs comme Pelé, Ronaldinho et Ronaldo l'incarnaient parfaitement.
04:29Aucune Coupe du Monde gagnée par le Brésil n'a pas été jouée avec ce style de jeu.
04:33Et après 2006, on l'a perdue.
04:35Mais on a aussi un autre facteur hyper important
04:37qui a été l'un des facteurs de la chute du Brésil.
04:39C'est que la nouvelle génération a quitté leur pays hyper jeune,
04:42contrairement aux anciennes générations.
04:43Parce que si on regarde les champions du Monde 2002,
04:45comme Ronaldinho,
04:46Ronaldinho est parti du Brésil seulement à 20 ans.
04:49Kaka a 21 ans.
04:50Roberto Carlos a attendu ses 22.
04:52Rivaldo et Cafu ont attendu leurs 24.
04:54Pelé, n'en parlons pas.
04:55Lui, il est resté tout le temps au Brésil, c'était une autre époque.
04:57Neymar, l'un des derniers qui représentait ce football,
05:00lui est parti à ses 21 ans de Santos.
05:02Alors que des joueurs comme Vinicius Junior, Esteva ou Memendrik,
05:04eux n'ont joué que quelques matchs avec leur club formateur.
05:06Et contrairement aux Brésiliens qui partaient tard, comme Neymar,
05:09Neymar, quand il arrivait au FC Barcelona, il arrivait comme une star.
05:11Parce que tout le monde avait vu son niveau à Santos.
05:13Alors que Vinicius, lui, arrivait comme un talent,
05:15qu'on connaissait pas beaucoup,
05:17vu qu'il avait pas beaucoup joué avec son club formateur.
05:18Donc le Vinicius, il a joué direct avec l'équipe réserve,
05:21avant de jouer avec l'équipe titulaire.
05:23Il lui a fallu quelques années avant de s'imposer dans le Real Madrid.
05:25C'est pareil pour Hendrik,
05:26qui n'a jamais su s'imposer au Real Madrid,
05:28tellement la concurrence est féroce.
05:29Finalement, il était prêté à Lyon.
05:31Donc le Brésil exporte leurs joueurs,
05:32avant même qu'ils aient fini leur formation brésilienne.
05:34Cette formation dont je vous rappelle,
05:35qui a fait gagner 5 Coupes du Monde.
05:37Donc ils perdent un petit peu cette ADN du dribble et du jogo bonito.
05:40Et ils se conforment plus au football moderne appris dans le foot européen.
05:43Donc si ces joueurs quittent si jeunes le Brésil,
05:45ils sont partis à cause de leur club brésilien.
05:47Parce qu'une fois qu'un gros club européen
05:48leur a fait une offre stratosphérique
05:50pour prendre leur jeune talent,
05:51qu'est-ce qu'ils font pour le remplacer ?
05:52Et bah ils prennent un joueur étranger,
05:54bien plus vieux avec plus d'expérience qu'à jouer en Europe,
05:57mais qui est souvent en fin de carrière,
05:58et donc ça crée une espèce d'exode brésilien.
06:00C'est pour ça que je pense que c'est un problème ça.
06:02Parce que c'est exactement ce qu'a fait l'Italie.
06:04Parce que quand on regarde aujourd'hui la série A,
06:05le championnat italien,
06:06on a presque que des joueurs étrangers.
06:08Dans le championnat, on compte quand même 367 joueurs étrangers,
06:11c'est-à-dire 69% de l'ensemble du championnat.
06:14Donc il y a moins de place pour les joueurs italiens dans leur championnat.
06:17Ce qui veut dire moins de talent susceptible d'alimenter à la section nationale
06:20pour tenter de gagner des championnats
06:21ou même espérer se qualifier aux grandes compétitions.
06:23Et donc ils ont perdu leur jeu italien
06:25qui leur a permis de gagner la Coupe du Monde 2006.
06:27Quand on regarde l'équipe italienne,
06:28la plupart jouaient en série A.
06:30Parce qu'ils avaient le même style de jeu et ils se comprenaient.
06:32Mais si cette tendance se poursuit,
06:33elle pourrait devenir un vrai problème.
06:35Parce que cette déconnexion entre les jeunes talents et les clubs brésiliens
06:38finit aussi par éloigner les supporters de leur sélection nationale.
06:41Parce qu'ils ont plus le jeu qu'ils ont tant aimé avant.
06:43Et c'est là qu'on arrive dans le deuxième facteur,
06:45la sélection brésilienne.
06:46Parce que la sélection brésilienne, c'est pas seulement un joueur.
06:48La sélection brésilienne, c'est une identité
06:50qui s'est construite avec les années.
06:52Quand tu penses au Brésil, tu penses au football.
06:54C'est comme quand un étranger pense à la France,
06:56il pense à la baguette ou à la Tour Eiffel.
06:58Ce maillot jaune, c'est un symbole.
06:59Donc quand un joueur le porte, il a une mission, c'est un soldat.
07:03Là-bas, le foot, c'est comme une religion.
07:04Donc un joueur est considéré comme un prophète.
07:07Dans ce contexte, la relation entre les joueurs et les supporters
07:09a une importance folle.
07:10Parce qu'il y a quelques années,
07:11les joueurs passaient une grande partie de leur carrière dans le championnat brésilien.
07:14Les supporters les connaissaient,
07:15ils les voyaient évoluer chaque semaine.
07:17Ils s'attachaient à eux en sélection brésilienne,
07:18mais aussi dans leur club.
07:19A l'époque de Pelé, ils étaient quasi tous dans le championnat brésilien.
07:22Même quand il y a les champions du monde 2002,
07:24la moitié des joueurs portaient toujours le maillot d'un club du pays.
07:27En revanche, pour la Coupe du monde 2022 au Qatar,
07:29seuls 3 des 26 sélectionnés évoluaient encore dans le championnat brésilien.
07:33Pendant des décennies, les Brésiliens voyaient leurs futurs internationaux
07:35évoluer chaque semaine dans leur championnat.
07:37Ils les voyaient grandir, ils créaient un véritable lien avec eux.
07:40Personnellement, je suis Mbappé depuis que je suis au collège.
07:42Je l'ai vu évoluer et donc je me suis forcément attaché à lui.
07:45Et bah c'était pareil à l'époque.
07:47Sauf qu'aujourd'hui, ils n'ont plus ça.
07:49Avant même d'avoir disputé une cinquantaine de matchs.
07:51Avec leur club formateur.
07:52Donc quand ils arrivent à la CSAO, c'est déjà des stars européennes.
07:55Mais c'est pas vraiment les idoles du football brésilien.
07:57C'est plus des idoles en Europe.
07:58Donc ils doivent suivre leurs joueurs de loin.
08:00Et en plus, quand ils reviennent au Brésil, ils font de mauvais résultats.
08:03Donc forcément, le lien entre les supporters et les joueurs est complètement diminué.
08:07Cette rupture, elle s'explique pas seulement avec les résultats.
08:09Parce que depuis plusieurs années, ce maillot jaune est devenu un vrai symbole politique.
08:13Lors de son arrivée au pouvoir en 2018, le président d'extrême droite, Jair Bolsonaro,
08:16s'est largement approprié ce maillot.
08:18Pendant ses campagnes et ses rassemblements.
08:19Donc c'était plus seulement le maillot de l'équipe de football du Brésil.
08:22C'était devenu un courant politique.
08:24Certains internationaux ont publiquement affiché leur soutien à Bolsonaro.
08:27Ce qui a encore renforcé cette fracture entre l'équipe et les supporters.
08:30Et on le voit dans les stats qui ne sont même plus remplies.
08:33Quand on regarde les affluences au Maracanã, le plus grand stade du Brésil.
08:35Dites-vous que le match du Brésil contre le Chili en 2025 pour les qualifications de la Coupe du Monde
08:39a enregistré la plus faible affluence de sa dernière décennie.
08:43Parce qu'il y a eu moins de 60 000 spectateurs.
08:45Donc il y avait 15 000 places libres.
08:47Dites-vous, rien qu'en 2007, après leur mondial claqué,
08:49où il s'était fait éliminer par la France,
08:51le match contre l'équateur a ramené 85 000 personnes au Maracanã.
08:55Le problème, il ne vient pas uniquement des joueurs et des clubs.
08:57Il y a un autre facteur qui a un vrai problème, c'est les dirigeants.
08:59Parce qu'un dirigeant, c'est un rôle essentiel dans le développement du sport dans ton pays.
09:02Et quand on analyse ce développement sportif au Brésil,
09:05on a bien l'impression qu'il y en a certains qui étaient à la plage à Rio.
09:07Et qu'on branlait pas une.
09:08C'est vrai qu'on arrive au troisième axe, les dirigeants.
09:10Dites-vous qu'au cours des 14 dernières années,
09:12la Confédération Brésilienne de Football a eu plus de présidents que de titres gagnés.
09:17Parce que chaque fois qu'ils arrivaient au pouvoir,
09:18ils arrivaient avec de grandes ambitions.
09:19Ils venaient dire, on va enfin gagner la Coupe du Monde,
09:21on va retrouver l'ancienne Célésaou qui gagnait tout.
09:23Sauf qu'à la fin de leur présidence,
09:24ils se retrouvaient au tribunal parce qu'ils avaient fait les cons.
09:27Pour qu'on montre comment ils en sont arrivés là,
09:28pour revenir au tout début,
09:29où l'homme qui contrôlait le football, c'était à Velan.
09:31Sauf qu'à un moment, il est devenu président de la FIFA,
09:33donc il a mis un proche à lui en 89,
09:35c'est Ricardo Teixeira,
09:36qui est resté au pouvoir jusqu'en 2012.
09:42Ainsi que 5 Coupes Américas et 3 Coupes des Confédérations.
09:45Mais en dehors du terrain,
09:46ce Ricardo Teixeira a réussi à faire de cette Célésaou
09:48une vraie machine à cash.
09:50Toutes les marques au monde voulaient être associées à la Célésaou.
09:52Dites-vous qu'en 96,
09:53Nike signe un contrat de 196 millions de dollars sur 10 ans.
09:57A l'époque, aucun club ni aucune sélection
09:59avait eu un contrat pareil.
10:00C'était bien au-dessus de toutes les sélections.
10:02Juste pour que vous vous rendiez compte du gap
10:04qu'il y avait entre la Célésaou et toutes les autres.
10:06Le problème, c'est que pendant que la Célésaou gagnait des titres,
10:08engrangeait des revenus,
10:09de son côté, la direction faisait les cons
10:11et s'enfonçait progressivement dans un scandale.
10:13En 2012, le président Teixeira démissionne officiellement
10:16pour des raisons de santé.
10:17Mais la vraie cause, c'est pas ça.
10:18Selon les médias, cette démission serait plutôt due
10:20à des soupçons de corruption liées à la FIFA.
10:23Parce que c'était pile au moment du FIFA Gate.
10:24Dites-vous même que le département de la justice des Etats-Unis
10:27ouvre même une enquête concernant le contrat signé avec Nike.
10:30Parce que les enquêteurs soupçonnent le président Teixeira
10:32près de 40% de la valeur du contrat total
10:34aurait été servi à financer les systèmes de corruption
10:36et de blanchiment d'argent.
10:37Et 7 ans plus tard, comme par hasard,
10:39la FIFA confirme que les différentes affaires
10:41impliquant Ricardo Teixeira
10:42étaient effectivement liées à des opérations illégales
10:45dans l'attribution de contrats de compétition organisées
10:47par la CBF, la Combole et la Concaf.
10:50Le journaliste sportif brésilien,
10:51Fouri, résumera parfaitement la situation à la BBC
10:53où il a dit que son passage à la tête de la CBF
10:55a constitué un véritable retard
10:57dans le développement du football brésilien.
10:59Malgré tous les titres emportés,
11:00sous les 23 ans de direction de Ricardo Teixeira,
11:02le football brésilien n'a absolument pas progressé
11:04en manière de professionnalisation,
11:06de transparence et de gestion moderne.
11:08Pendant que toutes les autres sélections,
11:09elle était en train de progresser sur ce domaine.
11:12Et malheureusement, après son départ,
11:13son successeur n'a pas fait mieux.
11:14Lui aussi était un sacré incompétent
11:16parce que ce sera son vice-président,
11:17José María Marin, qui le succédera.
11:19Et quelques années plus tard,
11:20comme par hasard,
11:21on saura qu'il fera partie des dirigeants arrêtés
11:22dans le scandale de la FIFA Gate.
11:24Où il est quand même accusé
11:25de blanchiment d'argent,
11:26de corruption,
11:26d'avoir touché des pots de vin
11:27au droit marketing des compétitions.
11:29Et il sera condamné
11:30à une peine de prison aux States.
11:31Il est aussi également contraint
11:33de rembourser 3,34 millions de dollars
11:35et de payer une amende supplémentaire
11:37de 1,2 million.
11:38Lui a pris cher,
11:39mais en même temps,
11:39c'était mérité.
11:40Il s'est mis bien.
11:41Donc on se dit, c'est bon.
11:42Là, ils vont choisir quelqu'un de clean,
11:43quelqu'un qui va sauver un peu ce système,
11:45le rendre meilleur
11:45pour qu'il progresse enfin dans ce domaine.
11:47Le successeur est rien d'autre
11:48que Marco Polo del Nero,
11:50qui prend ses fonctions, lui, en 2015.
11:51En 2019, la FIFA lui condamne
11:53une amende d'un million de francs suisses
11:55et lui suspend avis
11:56de toute activité liée au football.
11:58Il est reconnu coupable
11:59d'avoir perçu des pots de vin
12:00entre 2006 et 2012.
12:01Donc, avec tous ces corrompus,
12:02comment tu veux faire progresser
12:03le football brésilien
12:04pendant que toutes les autres nations
12:05qui génèrent des revenus
12:06investissent dans leur propre académie
12:07pour créer les meilleurs jours possibles
12:09à l'avenir,
12:09investissent dans de nouvelles technologies,
12:11dans de nouvelles analyses.
12:12Et sur le coup, nous, la France,
12:13on en est un vrai exemple.
12:14Ça ne m'étonnerait pas
12:14que le Maroc dépasse le Brésil
12:16dans quelques années
12:16parce que regardez ce qu'ils investissent
12:18dans les centres de formation.
12:19Le Brésil,
12:19le tout l'argent qu'ils génèrent
12:20va dans les pots de vin des dirigeants.
12:22Et pendant ce temps,
12:23rien ne s'améliore
12:23pendant que tous les autres s'améliorent.
12:25Donc, si ça ne se voit pas
12:25sur le court terme,
12:26ça se voit forcément sur le long terme.
12:28Et je pense que dans les années à venir,
12:29ça va être encore plus flagrant.
12:30La légende Romario
12:31résume parfaitement ça
12:32en une phrase
12:33où il avait dit dans une interview
12:34le football brésilien
12:35a touché le fond
12:36en matière de honte.
12:37On doit mettre fin
12:38à cette culture de corruption,
12:39investir dans des jeunes sportifs,
12:40prendre le football
12:41plus accessible socialement,
12:42développer la formation
12:43mais aussi renforcer
12:44le football féminin
12:45qui lui aussi a pris cher.
12:46Donc, pendant que des jeunes talents
12:47émergeaient,
12:47des gamins qui ont eu un don,
12:49à côté, la fédération brésilienne
12:50ne se souciait pas vraiment
12:51de le développer, ce talent.
12:52Et ils se disaient
12:53c'est bon ce diamant,
12:53on n'a pas besoin de le polir.
12:54Ça va devenir un pelé tout seul.
12:56Et après l'organisation
12:56de la Coupe du Monde de 2014,
12:58la fédération recevra
12:59quand même 100 millions de dollars
13:00provenant du fonds d'héritage
13:01laissé par la compétition.
13:02Pour vous expliquer rapidement,
13:03c'est un partenariat
13:04d'organisation internationale
13:05pour répondre à 4 piliers sociaux
13:07où ils soutiennent les réfugiés,
13:08soutiennent la santé publique,
13:09l'éducation
13:10et enfin le développement du football.
13:12Donc, tout cet argent
13:12servait à développer
13:13le football brésilien
13:14en créant de nouvelles infrastructures.
13:16Mais finalement,
13:17ces nouvelles infrastructures,
13:18on ne les a jamais vues
13:18et on ne sait pas
13:19où sont passées
13:19ces 100 millions de dollars.
13:20Et le problème,
13:21c'est que les derniers dirigeants
13:22eux aussi n'étaient pas super.
13:23Rogerio Caboclo
13:24a été destitué en 2021,
13:26Rodriguez, lui,
13:26a été destitué en 2025
13:28et maintenant,
13:28c'est Samir Gzoud.
13:29Il n'a pas l'air
13:30d'avoir fait grand chose non plus.
13:31Donc, avec tous ces présidents
13:32qu'on repuie
13:32et ces présidents qui changent,
13:33comment tu veux créer
13:34un truc sur le long terme ?
13:35Donc, c'est pour ça
13:35que je vous ai dit
13:36en début de vidéo
13:37que quand Ancelotti,
13:44a amené tout ce qu'il a appris
13:45en Europe
13:46pour le transférer au Brésil.
13:47Et c'est là qu'on arrive
13:48à ce dernier facteur
13:49et a amener la chute du Brésil
13:50les sélectionneurs.
13:50Parce qu'après le sac
13:51de Luis Felipe Scolari
13:52en 2002 avec le Brésil,
13:54on est entré
13:54dans une véritable valse
13:56de sélectionneurs
13:56où ça a enchaîné sans cesse.
13:58Après lui,
13:58il y a eu Carlos Alberto Pereira
14:00puis après Dunga
14:01qui a été éliminé
14:01en quart de finale
14:02puis après ça n'allait pas
14:03donc on a pris
14:03Mene Seize.
14:04Vu que ça n'allait pas
14:05avec ces trois-là,
14:05on a repris celui
14:06qui a fait gagner
14:06à la Coupe du Monde,
14:07Luis Felipe Scolari.
14:08Il a quand même réussi
14:09à ramener le Brésil
14:10en demi-finale en 2014
14:11mais on se souvient
14:12comment c'est fini.
14:12On a eu l'une des plus
14:13grandes humiliations
14:14de l'histoire du football brésilien.
14:15C'est un quand même.
14:16Puis après on a prétité.
14:17Lui aussi a été éliminé
14:18en quart de finale.
14:19Puis après Diniz.
14:20Puis après Dorival Junior.
14:21Aucun n'a réussi
14:22à gagner la Coupe du Monde
14:23ni même faire une finale.
14:24Donc les raisons
14:25de beaucoup d'observateurs,
14:26ça ne vient pas de moi,
14:26je ne suis pas assez
14:27bon niveau analyse.
14:28Selon eux,
14:28contrairement à d'autres
14:29sélections sud-américaines
14:30comme l'Argentine,
14:31le Brésil s'est progressivement
14:32isolé dans des évolutions
14:33tactiques venues d'Europe.
14:35Ce qui aurait fini
14:35par nuire à leur performance.
14:37Donc les sélectionneurs
14:38comme Scolari
14:38qui avaient l'habitude
14:39de jouer avec des joueurs
14:40qui jouaient le football brésilien,
14:41devaient entraîner
14:42avec une identité
14:42qu'ils ne connaissaient pas
14:43qui venait d'Europe.
14:44Cité, c'est celui
14:45qui se rapprochait le plus
14:46du modèle européen.
14:47Il a passé une grande partie
14:47de sa carrière en Europe
14:48afin d'étudier le travail
14:49des meilleurs entraîneurs.
14:50Il a aussi essayé
14:51de gérer la sélection
14:52comme un véritable club
14:53en gardant un contact
14:54quotidien avec ses joueurs.
14:55Tous les internationaux
14:56faisaient partie du projet
14:57y compris ceux qui évoluaient
14:59dans les championnats
14:59moins prestigieux.
15:00Même si les observateurs
15:01critiquent ce système,
15:02il n'a pas eu
15:02de mauvais résultat le Tité.
15:03Entre 2016 et 2022,
15:05il a dirigé 81 matchs
15:06avec un taux de victoire
15:07de 80%.
15:08Ils ont quand même fait
15:09une finale de Copa América
15:10qu'ils ont malheureusement
15:11perdu contre l'Argentine
15:11en 2021.
15:12Malgré qu'ils aient éliminé
15:13en Russie et en Qatar,
15:14ils ont montré un bon niveau.
15:16Mais après 2022,
15:17Tité quitte la sélection
15:18et donc toute l'organisation
15:19qu'il avait mis au départ
15:20disparaît.
15:20C'est Fernando Diniz
15:21qui le remplace.
15:22Mais le problème,
15:23c'est qu'il n'est pas focus
15:24sur la sélection du Brésil
15:24parce qu'à côté,
15:25il dirige Fulimense.
15:26Et donc forcément,
15:27quand tu n'es pas focus,
15:28tu fais de la merde.
15:29Et les résultats
15:29se voyaient sur le terrain.
15:30Donc, il le remplace
15:31par Dorival Junior
15:32et c'est avec lui
15:33que le Brésil touche
15:33vraiment le fond.
15:34Parce qu'ils sont éliminés
15:35hyper tôt de la Copa América 2024
15:37ce qui fera perdre
15:37le Ballon d'Or à Vinicius
15:39et même les qualifications
15:40en Coupe du Monde
15:40ont pensé qu'ils n'allaient
15:41jamais se qualifier
15:42tellement ils ont perdu
15:42une match.
15:43Donc, son départ
15:43devient inévitable
15:44et à seulement un an
15:45avant le Mondial 2026,
15:46le Brésil se retrouve
15:47sans sélectionneur
15:48jusqu'à mai 2025
15:49où finalement,
15:50ils ont essayé
15:50tous les Brésiliens
15:51mais ça ne marche pas.
15:52Donc, ils ont dû aller chercher
15:53la légende italienne
15:54Nantilotti,
15:55le dernier espoir
15:56qui accepte de prendre
15:57les commandes
15:57de la Célésa O.
15:58Mais évidemment,
15:58il fallait le motiver
15:59pour venir.
16:00Donc, ils ont fait de lui
16:00le sélectionneur
16:01le mieux payé de la Célésa O
16:02avec un salaire
16:03de 10 millions d'euros annuels.
16:05C'est stratosphérique.
16:06On lui avait promis
16:12seulement choisir 26 joueurs.
16:13Il a participé au projet
16:14destiné à améliorer
16:14toute la formation
16:15de la Fédération Brésilienne.
16:16Évidemment,
16:17ça fait presque un an
16:17qu'Ancelotti
16:18a la sélection brésilienne
16:19donc on ne pouvait pas
16:20avoir des résultats
16:20d'un coup.
16:21Ça se crée sur le long terme.
16:22Cette Coupe du Monde
16:23était un petit peu
16:23un crash test
16:24à voir si Ancelotti
16:25pourrait être le sauveur
16:26de ses Célésa O.
16:27Ça, seulement l'avenir
16:28pourra nous le dire.
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