00:00Il est 16h48, chaque jour un expert de marché nous accompagne, nous rejoint en plateau aujourd'hui c'est Valentine
00:06Hennouz, responsable de la stratégie de taux d'Amundi Institute.
00:09Bonjour Valentine. Bonjour. Ravie de vous retrouver. Le marché jusqu'ici anticipait encore au moins une hausse de taux de
00:14la fête d'ici la fin de l'année.
00:16C'était bien écrit, bien anticipé par les marchés. Vous, vous n'y croyez pas, vous dites bullshit.
00:22Vous foudroyez cette idée que le prochain mouvement de la fête serait une hausse de taux.
00:26Avec Kevin Walsh quand même, on peut s'attendre à ce que la fête soit plus encline à lutter contre
00:31l'inflation.
00:31Il a d'ailleurs beaucoup insisté là-dessus. Il va lutter contre l'inflation, il l'a dit la semaine
00:34dernière.
00:34Le message a été très clair et très bien accueilli par les marchés.
00:39Kevin Walsh fait de la lutte contre l'inflation sa priorité avec une volonté de ramener l'inflation à 2%.
00:46Il a rassuré les investisseurs sur le fait que la banque centrale, la Fed restait indépendante.
00:52Parce que c'était un peu pour les investisseurs, c'était un peu l'homme de Jérôme Powell.
00:57Donc il y avait cette inquiétude.
00:59Mais en parallèle, il n'est quand même pas avancé sur quelle va être la prochaine action de la politique
01:04monétaire.
01:05Et plus largement, il a quand même envie que la Fed réduise la forward guidance,
01:10c'est-à-dire donne moins d'indications sur la trajectoire prospective des politiques monétaires.
01:16Donc oui, rassuré les marchés, mais il n'a donné aucune indication sur lui,
01:21quelle était sa conviction sur le prochain mouvement de la Fed.
01:24Julien ?
01:25Oui, il y a quand même quelque chose qui mérite volumière, si je puis me permettre.
01:28On a quand même une inflation sur le papier, aux États-Unis, qui dépasse les 4%.
01:33Le mandat d'une banque centrale, ça reste quand même situé autour de 2%.
01:36Légèrement au-dessus ou légèrement en dessous, ça dépend.
01:38Mais là, quand même...
01:40L'inflation est quand même largement au-dessus de la cible, c'est indéniable.
01:44L'économie américaine, aujourd'hui, fait face à un triple choc.
01:47Un choc sur les droits de douane.
01:49Si on regarde, par exemple, le prix du café, plus 17, le prix du bœuf, plus 15%.
01:53C'est franchement pas une plaisanterie pour les ménages américains.
01:56Cette hausée de droits de douane, elle a un vrai impact sur leur coût de vie.
02:03Et donc, on a ce triple choc, droits de douane, prix du pétrole et cycle d'investissement.
02:10Mais si on regarde cet impact des droits de douane ou ce choc sur le prix du pétrole,
02:15c'est un choc qui est derrière nous.
02:16Et on devrait donc voir se dessiner, 2026, sur le deuxième semestre et 2027,
02:21des pressions des inflationnistes.
02:24En particulier, si on regarde sur l'inflation sur le prix des biens,
02:27elle reste relativement faible.
02:28On est sur une économie en cas.
02:3050% de la consommation est faite par les 10% des ménages les plus riches.
02:34Et qu'est-ce qu'ils consomment, les ménages les plus riches ?
02:36Pas plus de biens, plus de biens.
02:37Non, ils consomment un peu plus de services.
02:39Donc, on voit que sur l'inflation sur les biens,
02:42ça reste quand même toujours autour de 1,1%.
02:44Il n'y a pas de sujet.
02:45Donc, pour moi, le vrai risque sur ce qui fait vraiment la différence avec l'Europe,
02:50c'est ce cycle de dépenses en investissement
02:52qui pourrait changer la donne pour l'inflation américaine.
02:55Parce qu'il faut quand même l'avouer,
02:56c'est un cycle d'investissement qui est monstrueux.
02:58L'année prochaine, on parle de 1 000 milliards, c'est 3% du PIB.
03:01On voit quand même se dessiner des hausses de prix,
03:04des pressions à la hausse sur le prix de l'électricité,
03:06sur le prix des semi-conducteurs,
03:08sur beaucoup de matières premières qui servent à la transition énergétique.
03:11Mais c'est des hausses de prix sur certains segments.
03:14Ce n'est pas une hausse de prix généralisée sur l'inflation américaine.
03:18Pour moi, ce qui devrait quand même être plus marquant sur les trimestres à venir,
03:22c'est le fait que ce choc sur le prix du pétrole, il est derrière nous.
03:25On a le prix du Brent, on regarde aujourd'hui,
03:27c'est quand même revenu autour de 72 dollars.
03:28Et ce choc sur les droits de douane est aussi derrière nous.
03:31Donc pour moi, ce qui devrait quand même marquer sur les prochains trimestres,
03:35c'est des pressions des inflationnistes,
03:37c'est une hausse moins forte de l'inflation,
03:38des pressions des inflationnistes sur le deuxième semestre de 2026 et 2027.
03:43Cela dit, il y a les deux autres facteurs que la Fed garde sous son scope.
03:47Il y a évidemment le marché de l'emploi.
03:49C'est vrai qu'il y a un peu d'arbitrage,
03:51surtout au vu des dernières données qui ont été publiées sur les NFP.
03:55Puis il y a la croissance.
03:56La croissance, elle reste forte.
03:58Elle reste robuste du côté des États-Unis.
04:01Est-ce que ça, ce n'est pas de nature à provoquer à terme une hausse de taux ?
04:06On est d'accord, on a une croissance.
04:08Comprairement à l'Europe, on a des surprises négatives sur la croissance.
04:11Aux États-Unis, ça a surpris positivement.
04:13Attention, c'est une croissance qui, pour moi, reste assez fragile.
04:17Il y a un niveau de cyclicalité aujourd'hui sur l'économie américaine qui est très fort.
04:20On a l'ISM des services aujourd'hui, il reste à plus de 54.
04:22Il fléchit légèrement, mais on est toujours à plus de 54 au mois de juin sur l'ISM.
04:25Ça tient, mais c'est toujours vraiment, pour moi, une croissance qui est tenue par l'IA.
04:33Il y a quand même des indicateurs.
04:34Si on regarde les revenus réels des ménages américains, la croissance, elle est en territoire négatif.
04:38Aujourd'hui, la croissance, l'inflation est supérieure à la croissance sur les salaires.
04:43Et en général, quand on est dans cette configuration-là, ce n'est pas une configuration où la croissance est
04:48très forte.
04:49Et les conditions de financement, certes, sont ultra accommodantes pour cette partie de l'économie américaine qui est portée par
04:54l'IA.
04:54On voit les IPO, on voit toutes ces entreprises qui émettent énormément sur les marchés financiers.
05:01Ces entreprises-là, toutes les grandes boîtes de la tech, n'ont pas de sujet.
05:04Mais les conditions de financement pour cette haute partie de l'économie américaine, qui sont les ménages qui ont des
05:09revenus moins élevés, qui sont les petites entreprises, qui est l'immobilier résidentiel, les conditions de financement sont beaucoup plus,
05:16pour moi, restrictives aujourd'hui.
05:18L'immobilier résidentiel, on a la vente de biens existants aujourd'hui aux États-Unis qui est sur les mêmes
05:22niveaux que 2008.
05:23Les revenus réels des ménages sur des niveaux négatifs.
05:26Et les conditions de financement pour les petites entreprises ne sont pas si accommodantes que ça.
05:30Donc oui, une croissance à 2%, mais une croissance aujourd'hui qui est vraiment, pour moi, dans les mains des
05:36investisseurs, tenue par l'IA et avec un niveau de cyclicalité qui est quand même important.
05:41Et ce cycle d'investissement, il n'est pas là pour répondre à plus de demandes.
05:45Il est là pour répondre à une rupture technologique de fonds.
05:48Donc ça, ce n'est pas un environnement où, en général, quand on a beaucoup de capex, le cycle classique,
05:53c'est qu'il y a beaucoup d'investissements,
05:55et qu'il y a un taux très élevé des capacités d'utilisation.
05:57Donc ça, c'est un environnement où il y a de l'inflation, forte demande, etc.
06:00Là, non, c'est un cycle d'investissement qui répond à une rupture technologique.
06:05Donc c'est quand même, oui, il y a de la croissance, elle est qu'à 2%, malgré ce cycle
06:08d'investissement historique.
06:09Mais c'est quand même, pour moi, une croissance où il y a un niveau, il faut retenir, un cyclicalité
06:13très élevé.
06:15Malgré tout, l'hypothèse d'une hausse de taux n'a pas disparu.
06:18Vous n'y croyez plus, mais elle n'a pas disparu.
06:19Qu'est-ce qui pourrait, même si vous n'y croyez plus à cette hausse de taux, changer la donne
06:23pour la Fed et la pousser à les relever, ces taux ?
06:25Pour moi, c'est si on voit des pressions sur les salaires.
06:27Ça, c'est clairement, ça veut dire qu'on est dans un environnement où il y a globalement une demande,
06:31et une demande, je dirais, sous-jacente, qui est plus forte.
06:34Si on revoit à nouveau des pressions sur les salaires, notamment sur les salaires, sur les secteurs des services, les
06:40bas salaires,
06:40là, ça change pour moi la donne pour la Fed.
06:43Ça change la donne aussi pour la Fed, si on a des déceptions très fortes sur les gains de productivité,
06:47parce que c'est quand même un pari qu'on fait, que l'IA va générer des gains de productivité.
06:52Donc ça, ça limite quand même les pressions inflationnistes.
06:55Et si on a à nouveau, enfin, c'est déjà le cas, mais si on a une politique budgétaire qui
07:02soutient encore plus la consommation,
07:03là, la Fed, elle n'aura pas d'autres alternatives que de monter les taux.
07:06Ce qui n'est pas impossible, parce qu'on aura des mis de terre, mais peut-être les deux chambres
07:09bloqueront-elles Donald Trump,
07:11ou en tout cas des difficultés à trouver le moindre accord, sauf sur les hausses de dépenses budgétaires.
07:15Alors là, c'est le truc qui peut réunir les démocrates et les républicains pour le coup.
07:17Ce qui n'est pas impossible, ce qui ferait que je devrais quand même reconsidérer ce call,
07:23mais pour l'instant, mon call, ce qui n'est pas anticipé par les marchés,
07:27c'est que cette Fed va maintenir ses taux inchangés sur ce deuxième travail.
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