- il y a 4 semaines
Lundi 6 juillet, l'expérience des utilisateurs de Binance par rapport à leur exode, la disparition du statut PSAN en Europe, l'impact de l'agrément MiCA sur les plateformes, et la nouvelle offre de cryptos d'Hexarq. ont été abordés par Tangi Le Calvez, fondateur de Goin, Stéphanie Nemarq-Attias, avocate fiscaliste et fondatrice du cabinet Qomit, Jérémy Stevance, expert comptable, et Pauline Armandet, journaliste BFM Business, reçus par Sandra Gandoin dans l'émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:06Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro en direct du club BFM
00:12crypto. On est ensemble pour une demi-heure, on va beaucoup beaucoup parler de Mika avec mes invités
00:18forcément la date est passée de quelques jours donc ça va être notre sujet principal. On va
00:24parler de Binance, des acteurs qui ont Mika, des acteurs qui ne l'ont pas, de fiscalité aussi. Mes
00:29invités aujourd'hui, Stéphanie Neymar-Cathias, avocate fiscaliste fondatrice du cabinet Cognit.
00:35Bonjour Stéphanie. Pauline Hermandé est également avec moi, journaliste BFM Business. Bonjour Pauline.
00:41Avec nous aussi Tanguy Lecalvez, CEO et cofondateur de Goin. Bonjour Tanguy. Et Jérémy Stevance. Stevance ?
00:48Stevance. Stevance, expert comptable et fondateur d'Alt Finance. Merci à tous les quatre d'être dans cette émission.
00:54Vous savez, vous pouvez aussi nous écrire ou nous poser toutes vos questions sur le secteur crypto.
00:59à cette adresse crypto.bfmbusiness.fr. On vous répond tous les jeudis entre 15h et 15h30.
01:04Le club BFM Crypto, c'est parti.
01:09Pauline Hermandé, je commence par vous. On se intéresse à Binance. Faute d'avoir obtenu l'agrément Mika
01:15à temps, les services de Binance sont cessés dans plusieurs pays européens, dont la France.
01:20On avait 2 millions de clients dans le pays sur cette plateforme.
01:24Qu'est-ce que les clients peuvent encore faire à ce jour ?
01:28Alors, c'est vraiment très limité. Aujourd'hui, ils peuvent uniquement faire des retraits.
01:34Les retraits de leurs fonds. Donc, c'est clairement, effectivement, une mauvaise nouvelle pour les clients qui étaient habitués au
01:41trading.
01:41C'était un peu la marque de fabrique de Binance jusqu'à présent. Donc, c'est un peu la douche
01:45froide.
01:46En fait, quelques jours avant la fin de la deadline pour obtenir Mika, le 1er juillet, Binance avait indiqué à
01:53ses clients, en gros, que leurs fonds étaient en sécurité.
01:56Mais la plateforme les orientait déjà soit à transférer leurs fonds vers une plateforme Mika, donc régulée, soit vers un
02:04portefeuille crypto froid.
02:05Et en France, pour les clients de Binance, il y a à peu près deux options en ce qui concerne
02:11les plateformes régulées.
02:13Soit on a 31 acteurs crypto régulés Mika auprès de l'AMF, vers lesquels ils peuvent se reporter.
02:19Soit on a plus de 280 acteurs qui ont obtenu Mika auprès d'un régulateur européen.
02:24Donc, ça leur laisse, évidemment, quelques acteurs à contacter pour transférer leurs fonds.
02:29Et sinon, évidemment, des portefeuilles crypto qu'on connaît bien, Ledger.
02:34Oui, c'est ça. Et après, faire son choix, mais garder ses cryptos sur sa clé, par exemple.
02:40Vous avez demandé à plusieurs clients français de Binance ce qu'ils ont fait et que vous ont appris ces
02:45témoignages, Pauline ?
02:47Alors, la plupart des clients, évidemment, m'ont indiqué qu'ils s'attendaient un peu à ce que, finalement, Binance
02:52n'obtienne pas l'agrément Mika,
02:54puisqu'on arrivait vraiment au bout de l'échéance. Et donc, beaucoup ont transféré leurs fonds vers d'autres plateformes.
03:01Pas forcément des plateformes Mika françaises, mais plutôt des étrangères, américaines, allemandes, des plateformes vers lesquelles ils se sont tournés.
03:11Il y a une des clientes qui m'explique qu'elle, elle veut pouvoir garder la main, je la cite,
03:16sur ses crypto-monnaies et les échanger rapidement sur si besoin.
03:20Donc, c'est pour ça qu'elle a décidé de réaliser ce transfert.
03:23Et puis, il y a un autre client qui a quand même indiqué que même si Binance, en fait, invite
03:28ses utilisateurs à se tourner vers d'autres plateformes,
03:32Binance n'explique pas vraiment comment, eh bien, techniquement même, transférer ses cryptos.
03:38Donc, il explique que pour une personne qui est un peu novice ou qui avait juste laissé ses cryptos sur
03:43cette plateforme,
03:44ça peut vite devenir très intimidant de procéder à ce transfert.
03:48Donc, ce n'est pas si simple que ça dans des temps un peu impartis, soit avant le 1er juillet,
03:53soit après, mais de manière un peu précipitée.
03:56Bon, il y en a compris, l'argent l'a vu. Ce n'est pas le cas de tout le
03:58monde, malgré tout, Pauline.
03:59Alors non, il y a d'autres clients qui se disent assez rassurés par la communication de Binance,
04:04qui continuent d'envoyer des emails à ses clients.
04:08Ils tentent vraiment de rassurer.
04:09On l'a vu aussi sur les flux de la blockchain, qu'il n'y a pas non plus de
04:13retrait massif aujourd'hui des clients de Binance vers d'autres sociétés cryptos.
04:19Mais voilà, c'est des clients quand même qui doivent comprendre qu'ils vont laisser leurs cryptos un peu dormir
04:26sur une plateforme au risque.
04:29On ne sait pas, c'est des hypothèses, mais qu'il y ait peut-être certains soucis,
04:32et donc que leurs cryptos ne soient pas forcément en sécurité.
04:35C'est un peu le risque aujourd'hui qui est pris par les clients.
04:38Oui, effectivement. C'est un exemple concret de la situation dans laquelle on est aujourd'hui tout début juillet.
04:44Et avant de parler de l'exemple concret de Goyne, j'aimerais bien votre avis.
04:48Vous, vous l'avez eu il y a longtemps, Mika Tanguy, mais ça nous laisse dans une sorte de far
04:53west.
04:53Alors il y a ce qu'on dit officiellement, et puis il y a concrètement un petit peu les clients
04:58qui se débrouillent,
04:59qui font leur choix eux-mêmes.
05:01Oui, c'est vrai, on est encore dans une période un peu d'instabilité.
05:04Alors nous, effectivement, chez Goyne, on l'a eu il y a un an déjà.
05:08On était bien contents de ne pas avoir à subir cette période de stress sur les derniers jours avant la
05:14deadline.
05:16Mais clairement, on se rend compte qu'il y a un certain nombre d'acteurs qui n'étaient pas du
05:19tout préparés à ne pas avoir d'agrément.
05:22Et donc, voilà, qui découvrent la situation et qui, à partir de maintenant seulement, commencent à se poser les questions,
05:31de savoir ce qu'il faut faire de leurs clients, etc.
05:33Donc on est encore dans une période un peu d'instabilité qui risque de durer quelques semaines.
05:38Vous, un an après avoir obtenu l'agrément et dans ces circonstances où tout le monde se demande un petit
05:42peu où il va mettre ses fonds,
05:44vous voyez les conséquences concrètes chez Goyne de cette situation-là ?
05:47Oui, absolument, on voit les conséquences.
05:50Donc comme Pauline le disait, 31 acteurs sur 120 en France, ça fait une quinzaine de pourcents, un peu plus.
05:57Ça fait 15% au niveau français, ça fait 5% au niveau européen.
06:01Oui, donc l'écrimage est fort et donc il y a beaucoup de clients qui se retrouvent sur des plateformes
06:07non agréées et qui cherchent des solutions.
06:09Et on fait partie des acteurs qui sont consultés par ces gens-là pour organiser la transition et la gestion
06:16de leur portefeuille crypto.
06:18Il y a évidemment ces plateformes qui se demandent comment faire pour leurs clients.
06:22Il va falloir aussi qu'elles se demandent comment faire fiscalement, comptablement et il va y avoir beaucoup de différences.
06:29On remet les choses bien dans l'ordre.
06:32Stéphanie Neymar-Cathias, 1er juillet donc, a sonné la fin de la récré pour la crypto.
06:37Ça y est, la fin de l'agrément de MICA, de la possibilité d'avoir l'agrément de MICA et
06:43c'est le statut PSAN qui a disparu concrètement.
06:45Exactement.
06:46Je pense que là, on l'a bien compris, le mot clé de tout ce qu'on dit, c'est
06:50l'anticipation.
06:51Oui, c'est-à-dire que de la même façon que des particuliers ont anticipé l'impossibilité de continuer à
06:58utiliser des plateformes,
07:00le sujet aujourd'hui, c'est quelles sont les plateformes qui ont anticipé le fait de ne pas pouvoir avoir
07:06ce fameux sésame.
07:09Il y en a beaucoup qui n'ont pas anticipé.
07:11Mais en tout cas, aujourd'hui, on se rend bien compte qu'il n'y a pas 50 stratégies possibles.
07:17Il y a la stratégie de pivoter d'activité.
07:21Pivoter, ça veut dire changer de business model et éventuellement aller sur des services qui ne nécessitent pas l'agrément.
07:28Il y a la stratégie de se dire, et si je cédais ?
07:33Oui, mais quoi ? Qu'est-ce qu'on cède ?
07:35Il y a un gros sujet autour de qu'est-ce que je cède et comment je valorise quand même
07:40tout le travail qui a déjà été fait.
07:43Et puis, il va y avoir aussi potentiellement des liquidations de sociétés.
07:46Et en fait, ce qu'on voit avec Jérémy, c'est que pour tous ces scénarios-là, il y a
07:51des conséquences comptables, fiscales, à anticiper,
07:56pour justement optimiser ce passage à la fois sur la fiscalité des dirigeants, de la fiscalité des entreprises elles-mêmes.
08:04Donc, beaucoup de sujets à discuter aujourd'hui.
08:06Alors, prenons ça dans l'ordre.
08:07On choisit de céder les conséquences fiscales quand on choisit de céder, par exemple, Stéphanie.
08:12Lorsque la société décide qu'elle ne va pas pouvoir continuer et qu'il vaut mieux aller vers le rachat,
08:18là, il va déjà falloir se demander, qu'est-ce que je cède ?
08:22Si je cède une société, fiscalement, ce n'est pas la même chose que si je cède un fonds de
08:27commerce, par exemple.
08:29Donc, il y a un gros sujet, déjà, sur ce que je cède.
08:32Est-ce que c'est de la plus-value de cession d'action ?
08:36Est-ce que c'est de la plus-value de cession de fonds de commerce ?
08:38Beaucoup de conséquences fiscales à étudier en amont.
08:45Et puis, d'ailleurs, il y a une actualité assez intéressante en ce moment.
08:48On vient d'avoir un guide qui a été publié par le Trésor public, justement, sur la valorisation des sociétés.
08:56Alors, je ne parle pas de crypto, je parle vraiment de la valorisation des sociétés elles-mêmes.
08:59Ça faisait 20 ans qu'on n'avait pas eu un guide aussi précis sur les méthodes de valorisation,
09:05par exemple, des actifs immatériels.
09:07Et je pense que là, il y a un vrai sujet d'aller creuser quelle est la valeur d'une
09:12société acceptable aux yeux du fisc
09:15et aussi acceptable aux yeux d'un repreneur éventuel.
09:19Je cède au niveau comptable, c'est quoi les conséquences ? Par exemple, Jérémy ?
09:23Les impacts au niveau comptable, c'est vraiment sur la valeur de l'entreprise au niveau global.
09:28Je veux vendre une entreprise.
09:30Comment je la valorise ?
09:31Et justement, à juste titre, Stéphanie commence à le présenter.
09:34Comment j'arrive à valoriser ? Qu'est-ce que je valorise ? Juste les titres.
09:37Comment j'arrive à valoriser les actifs financiers qui sont dedans, les actifs cryptographiques.
09:41Et derrière, il y a toute cette procédure de due diligence d'accompagner justement ce client à réaliser toute la
09:48documentation
09:49pour aller le présenter justement à de potentiels acheteurs.
09:52Et on l'énonçait juste avant.
09:54Et il y a cet aspect comptable au cas de comment je valorise ça.
09:57Mais il y a l'aspect économique de qu'est-ce que je vends ?
09:59Est-ce que je vends une technologie ?
10:01Aujourd'hui, ce n'est pas réellement ce qui est vendu.
10:03Non, c'est vrai.
10:04Aujourd'hui, ce qui est vendu, c'est un agrément qui peut être valorisable.
10:06Mais ça ne concerne pas justement nos acteurs actuellement qui ne l'ont pas.
10:09Aujourd'hui, ce qui est réellement vendu et qui parfois n'est même pas dans le bilan,
10:12et c'est ça qu'il faut essayer de l'évaluer en extra-comptable, je dirais,
10:16c'est l'attraction client.
10:17C'est la captation justement de nouveaux clients, l'AUM que j'ai déjà aujourd'hui,
10:22les actifs sous gestion, bien sûr aussi les revenus récurrents.
10:28Tout ça, ce sont des métriques hyper importantes qui permettent justement de valoriser
10:32à la hausse ou à la baisse des entreprises ACD.
10:34À l'inverse, je pivote.
10:36C'est compliqué de pivoter quand même dans ce secteur-là, Stéphanie.
10:39C'est tout à fait compliqué de pivoter.
10:40Il y a aussi des conséquences fiscales au pivot lui-même.
10:43C'est-à-dire que si vous avez accumulé, par exemple, des déficits dans la société
10:47qui sont reportables, les exercices suivants, il y a une question qui va se poser,
10:52c'est est-ce que je peux continuer à utiliser ces déficits pour baisser mon impôt futur ou pas ?
10:58C'est des sujets comptablos fiscaux, mais qui sont vraiment essentiels pour driver la suite de l'entreprise.
11:09Et à l'inverse, si je liquide complètement ?
11:11Et si je liquide, il y a beaucoup de sujets justement sur la liquidation.
11:15Au niveau des actionnaires, est-ce qu'il va y avoir du revenu distribué et donc taxable ?
11:21Est-ce que réellement, il n'y a absolument rien dans cette société ?
11:25Et dans ce cas-là, je perds les déficits reportables.
11:28Donc liquider, ce n'est pas forcément la meilleure idée.
11:31Il faut envisager vraiment toutes les options avant de prendre sa décision.
11:35Moi, Jérémy, ce que j'aimerais savoir, c'est combien d'entreprises sont venues vous voir
11:38ou en tout cas viennent se renseigner pour avoir ce genre d'informations.
11:42J'imagine que c'est un peu la panique à bord, un peu comme ce qu'on a vu là
11:44avec Binance,
11:45c'est-à-dire qu'on fait tout après la date butoir, alors que ça fait quand même des mois
11:49qu'on dit que ça va arriver.
11:50Ces entreprises-là savaient si elles allaient l'obtenir ou pas,
11:53sauf celles qui étaient dans la course vraiment à la fin.
11:56Mais est-ce que vous avez des clients qui viennent vous voir pour ça spécifiquement et pour faire ce choix
12:00?
12:01Totalement. Ils commencent à venir nous voir justement et c'est un peu le sujet.
12:04On pensait qu'en fait le 1er juillet, ça allait être fini,
12:07que tout allait être prévu en avance, en tout cas en amont,
12:10et que le 1er juillet, on allait avoir une image claire.
12:13La réalité, c'est surtout que certains acteurs se sont réveillés un peu plus tard
12:16et qu'ils viennent encore aujourd'hui nous voir pour justement dire
12:19« je suis à telle situation, qu'est-ce que je peux faire ?
12:22L'agrément, ce n'est pas possible.
12:23Je pense devoir céder la société, liquider la société.
12:28Comment je fais ? »
12:29Et c'est là où on arrive un petit peu parfois à des cul-de-sac
12:31de quelqu'un qui veut vendre une société.
12:32J'ai des exemples d'acteurs qui voulaient céder à leur société,
12:35mais qui au final n'avaient pas les bonnes métriques
12:37et pas les bons assets à justement valoriser cette entreprise
12:41et qui se retrouvent à devoir liquider et à présenter à leurs clients
12:44le fait qu'ils sont obligés aujourd'hui justement d'aller chercher
12:47de nouvelles plateformes qui, elles, sont agrées.
12:50On est concrètement face à un marché qui se consolide.
12:53Moi, je vous le dis clairement, il y a un an et demi, quand j'ai pris l'émission,
12:56je ne pensais pas que le marché ressemblerait à ça.
12:58Un an et demi plus tard, aussi vite et avec une telle,
13:01vous allez me dire ce que vous en pensez derrière,
13:03telle récupération des banques.
13:06Stéphanie ?
13:06Complètement.
13:07C'est incroyable.
13:08Complètement.
13:08C'est justement…
13:09C'est à se demander si ça n'a pas été fait exprès.
13:12En fait, on pouvait s'attendre à ce que la réglementation
13:16aboutisse à une situation assez similaire à celle que vivent les banques.
13:19Et donc forcément, le schéma se répète,
13:23c'est-à-dire qu'on cherche à réguler davantage.
13:26Les banques, elles, savent réguler.
13:28Elles ont la connaissance.
13:29Et donc, elles s'adaptent plus facilement aux réglementations, justement.
13:33Donc ça, c'est une évidence.
13:35Maintenant, je pense qu'on n'est pas non plus au bout.
13:37C'est-à-dire que même les banques qui ont réussi cette étape
13:40et les établissements, de façon générale,
13:43vont avoir maintenant d'acuites à gérer,
13:45c'est-à-dire récupérer…
13:47Je vais vous le dire, bien sûr !
13:49Et donc, ce n'est pas fini.
13:50Au contraire, chacun a son chantier.
13:53Et je pense que les acteurs qui ont les agréments aujourd'hui
13:56ont encore plusieurs chantiers
13:58pour se mettre parfaitement en conformité.
14:00Est-ce que les entreprises sont attendues comptablement
14:02et fiscalement, Jérémy,
14:05au tournant, là, maintenant,
14:07après cette étape-là ?
14:09Elles sont attendues, effectivement.
14:10Il faut savoir qu'en fait, comptablement,
14:12il y a eu une nouvelle mise à jour depuis le début de l'année,
14:14qui fait qu'aujourd'hui, notamment,
14:15les stable coins sont comptabilisés,
14:17un plan comptable vraiment dédié pour ça.
14:20Elles sont attendues surtout d'être…
14:23de bien gérer financièrement, comptablement,
14:25justement, leurs états financiers.
14:27Elles ne sont pas attendues que là-dessus,
14:28elles sont attendues au niveau de la conformité,
14:31au niveau de la cybersécurité.
14:32Oui.
14:33Elles doivent montrer que ce sont de vraies structures financières,
14:37je dirais même,
14:37qui savent gérer leur entreprise
14:39pour justement assurer la sécurité des fonds
14:41qu'elles détiennent pour le client.
14:42Et là, vous allez me dire,
14:43c'est pour ça qu'on a eu la grève en Mika,
14:45c'est pour ça qu'on a travaillé aussi chez Goyne Tanguy.
14:47Absolument.
14:48Quand on a créé Goyne,
14:49c'était avec la certitude que le marché des cryptoactifs
14:52et les investisseurs en cryptoactifs
14:54allaient être protégés comme tous les autres investisseurs.
14:58Vous saviez que ça allait arriver à ce genre de maturité ?
15:00Absolument, parce que finalement,
15:02sans vouloir...
15:04Ce qu'on voit dans la réglementation Mika,
15:06c'est ce qui s'applique dans la réglementation financière traditionnelle,
15:09la protection des investisseurs,
15:11avec quelques sujets spécifiques,
15:13notamment sur la cybersécurité,
15:15puisqu'il s'agit d'actifs numériques.
15:16Mais autrement, on reprend exactement les mêmes principes
15:19qui existent déjà dans la finance traditionnelle.
15:21Oui, cela dit, pour vous, c'est une bonne chose.
15:23Ça veut dire que finalement, il y a une sorte de crédibilité.
15:27Le marché va être plus sain, peut-être.
15:30Oui, je pense que les investisseurs vont être mieux protégés
15:34avec la réglementation.
15:38Et le fait que le marché soit plus restreint,
15:41il y a quand même suffisamment d'acteurs.
15:43Il faut s'en réjouir.
15:4331 acteurs agréés par l'AMF,
15:46c'est finalement plus que ce qui avait pu être anticipé.
15:49Donc, ça laisse une bonne diversité
15:51pour laisser s'exprimer différents types d'offres
15:53et que les investisseurs aient le choix entre plusieurs prestataires.
15:57Et en même temps, ce sont ceux qui ont fait le job
16:00pour la protection des investisseurs qui restent.
16:03Et c'est une bonne chose pour eux.
16:05Et puis, pour revenir sur le point des banques
16:08qui reprennent le marché,
16:09effectivement, ils ont l'habitude de la réglementation.
16:12Et comme on le disait, c'est la même chose
16:14que pour la finance traditionnelle.
16:15Mais il y a encore beaucoup de sujets d'innovation
16:19qui permettent à des fintechs
16:21de garder une petite longueur d'avance, à mon avis.
16:23C'est quoi, par exemple ?
16:24Un, c'est être en capacité de couvrir
16:28différentes blockchains dans son oeuvre de service.
16:30La plupart des banques, aujourd'hui,
16:31elles vont faire Bitcoin, Ethereum, peut-être une autre.
16:35Chez Gowin, on en fait plus de 20.
16:37Donc, ça fait déjà une très grande diversité.
16:40Et puis, il y a tout l'accès à la finance décentralisée.
16:43On a des protocoles de finance décentralisée
16:45qui sont extrêmement intéressants,
16:47qui offrent des problématiques nouvelles
16:51sur lesquelles il faut beaucoup d'innovation.
16:53Ce n'est pas encore couvert par la réglementation.
16:55Alors, ça va venir, c'est sûr.
16:57Oui, on l'a dit.
16:57On est dans un chemin d'évolution constante.
17:00Mais ça laisse la place à des acteurs
17:03de type fintech comme Gowin
17:05pour s'exprimer et avoir des offres
17:07un peu différentes
17:10de ce qu'on peut trouver ailleurs.
17:12Vous, concrètement, comme vous avez l'esprit
17:13un peu plus libre depuis un an
17:15et depuis que vous avez eu cet agrément Mika
17:17donc assez tôt par rapport au reste du secteur.
17:20Vous avez réussi à développer quoi ?
17:22Vous vous êtes mis sur quel chantier en un an ?
17:23Ça vous a permis de développer quoi ?
17:26Alors, justement, on a développé des accès
17:28à la finance décentralisée
17:29qu'on peut offrir depuis une infrastructure
17:33de conservation régulée.
17:35Alors, c'est des services qui sont accessibles
17:37que par un certain nombre d'investisseurs pour le moment.
17:39mais c'est des choses qu'on sait faire.
17:42On a aussi développé notre base de clients
17:45et puis on a développé des partenariats
17:48qui sont en cours
17:49avec des acteurs qui décident de ne pas aller vers Mika
17:53ou qui ne l'auront pas.
17:55Et donc, on participe à la concentration du marché
17:58et c'est une bonne chose.
18:00On peut les connaître ces acteurs ?
18:01Non, pas pour le moment.
18:03Je m'en doutais.
18:04J'ai posé la question.
18:05Mais bon, vous parliez de DAC8 tout à l'heure.
18:08Stéphanie, on redit ce que c'est
18:10et pourquoi ça a été mis là,
18:11ces réglementations qui ont entré en vigueur
18:13en janvier dernier.
18:15Oui, alors DAC8, en fait,
18:16c'est une directive européenne à la base
18:18qui va s'appliquer dans toute l'Union européenne.
18:21Chacun des États membres va devoir collecter...
18:23Enfin, dans chacun des États membres,
18:25les acteurs qui sont sous Mika
18:29vont devoir collecter les informations
18:33concernant leurs utilisateurs.
18:33À chaque fois qu'il y a des utilisateurs
18:36dans un des pays de l'Union européenne
18:38et le nombre d'informations
18:42et la variété de ces informations
18:44est vraiment très, très large.
18:46Ça va de l'identité de l'utilisateur
18:48à l'intégralité des opérations qui sont faites,
18:51toutes les cryptos qui sont concernées, etc.
18:54Et donc, l'administration fiscale,
18:55en France et dans les autres États membres,
18:57va récupérer ces informations-là
18:59et elles vont pouvoir aussi communiquer entre elles,
19:02les administrations fiscales,
19:03pour justement mettre en regard
19:07les informations déclarées
19:08et les informations collectées.
19:10Et on le sait, ça va donner lieu quand même
19:13à une vague de contrôles fiscaux
19:15quand les obligations déclaratives
19:17ne sont pas faites correctement.
19:18Dans le meilleur des cas,
19:19une vague de contrôles fiscaux,
19:21on n'espère pas une vague de cyberattaque
19:23parce que c'est une grande inquiétude
19:24parmi les acteurs du secteur,
19:26c'est qu'il y a trop d'informations en circulation,
19:28qu'elles arrivent chez des acteurs
19:29qui ne sont pas assez sécurisées
19:31et que ça donne lieu
19:32à la série de criminalités
19:35qu'on a connues depuis 2025.
19:37Il y a beaucoup d'enjeux, justement,
19:38autour de DAC8.
19:39Alors, il y a la sécurité,
19:40je pense que c'est l'enjeu numéro un.
19:43Il y a, côté entreprise,
19:46il y a la capacité de faire ce travail
19:48qui est quand même gigantesque
19:49d'un point de vue technologique.
19:51En plus de l'aspect réglementaire,
19:54fiscal, juridique,
19:55il y a vraiment l'aspect technologique
19:57de récupération de toutes ces informations-là.
19:59Et puis ensuite,
20:00on a, côté particulier,
20:02côté investisseur,
20:04la question de
20:05que va-t-il se passer
20:06avec ces informations collectées ?
20:08Est-ce qu'on va avoir bientôt
20:10des informations préimprimées
20:12dans vos déclarations d'impôt ?
20:14Ou est-ce que ça sera toujours
20:16un système déclaratif
20:18avec ce système de vérification
20:20que l'information est juste ?
20:22Il y a plein de choses, en fait,
20:24dans les années à venir
20:25qui vont se dessiner
20:26et le fiscal reste assez central.
20:29Quoi qu'il arrive,
20:30Jérémy, il ne va vraiment pas du tout falloir,
20:32on l'a dit souvent avec Stéphanie
20:33sur ce plateau,
20:35espérer contourner
20:36ces réglementations entre l'IA,
20:38entre les réglementations qui s'inscrivent.
20:39Là, on n'est plus, finalement,
20:41en mesure de contourner
20:43ce genre de choses.
20:44L'idée, c'est la transparence totale,
20:46en réalité, Jérémy.
20:47Totalement, totalement.
20:48En fait, on le voit depuis longtemps,
20:50notamment, même au niveau comptable,
20:52aujourd'hui, tout est automatisé
20:54très facilement.
20:55On obtient l'information
20:56de façon plus automatique.
20:58La comptabilité, c'est un peu l'information
20:59qui permet, justement,
21:00derrière, de réaliser
21:03ces déclarations fiscales.
21:04Il y avait une difficulté
21:05au niveau crypto
21:06d'arriver à obtenir cette information
21:07ou, en tout cas,
21:08elle pouvait être un peu plus sombre,
21:10plus difficile.
21:11Aujourd'hui, c'est de plus en plus simple.
21:13Aujourd'hui, on a des règles
21:14de plus en plus claires,
21:14comme je le disais tout à l'heure.
21:16On a un nouveau règlement ANC
21:18qui est sorti en janvier
21:19de ce début d'année
21:20qui permet encore plus
21:21de clarifier,
21:22notamment, les opérations
21:23de DeFi, de stacking,
21:24de stablecoin.
21:25Aujourd'hui, tout est clair.
21:26Les règles sont là.
21:27Il y a juste à les appliquer
21:28et il y a juste derrière
21:29à bien déclarer correctement.
21:31Et vous parliez
21:31de l'avancée des déclarations.
21:33Même cette année,
21:33on a vu une différence
21:34entre les déclarations de cette année
21:35qui étaient facilitées
21:37sur la partie crypto.
21:39c'était plus simple,
21:40c'était mieux expliqué.
21:41Donc, ça veut dire
21:42que l'administration fiscale
21:43est à fond là-dessus.
21:44Il y a une certitude.
21:46Les agents du fisc
21:47se forment progressivement
21:50à ces sujets-là,
21:50s'y intéressent davantage.
21:52Et compte tenu des enjeux aussi,
21:54il y a du temps
21:56et des moyens
21:57qui sont mis là-dessus.
21:58Donc, on ne peut pas négliger
22:00effectivement des contrôles.
22:03Et c'est aussi pour ça
22:04qu'il y a des démarches
22:05à faire encore en anticipation,
22:08potentiellement se régulariser.
22:09Ça permet de ne pas payer
22:11les pénalités
22:12ou d'avoir des pénalités
22:13bien moindres
22:13que si on attend
22:15un contrôle fiscal
22:15ou en tout cas
22:16qu'on craigne un contrôle fiscal
22:18sans rien faire.
22:20Oui, jouez la bonne foi
22:21et dites tout de suite
22:22que vous vous êtes trompé,
22:23que vous revenez,
22:24que c'est en toute bonne foi
22:25parce qu'effectivement,
22:26ça met le regard
22:28sur votre situation
22:28mais il vaut mieux le faire
22:30avant qu'ils ne le fassent.
22:32Un exemple des banques
22:35qui s'y mettent,
22:35c'est Exarch,
22:37Pauline Armandé,
22:39filiale crypto
22:39de la BPCE
22:41qui étoffe son offre
22:42pour conquérir
22:43des centaines de milliers
22:44de clients,
22:45son offre crypto,
22:46justement.
22:47Oui, juste un petit rappel,
22:48c'est une filiale
22:49qui avait été lancée
22:50en 2024,
22:50qui avait obtenu
22:51un enregistrement PSAN
22:53et qui, en fait,
22:54fin 2025,
22:55a lancé cette possibilité
22:58de pouvoir acheter
22:58en direct
22:59quatre différentes cryptos,
23:01les principales,
23:02notamment le Bitcoin
23:03et l'Ether.
23:05Et aujourd'hui,
23:06elle compte
23:06quelques milliers
23:07de clients
23:07et, en fait,
23:09son porte-parole
23:09m'a aussi indiqué
23:10qu'au départ,
23:11c'était une offre
23:12qui s'adressait,
23:13en gros,
23:14à des clients
23:14des banques régionales
23:15et que là,
23:16déjà,
23:16l'offre,
23:17elle va concerner
23:19tous les clients
23:20du groupe BPCE.
23:22Donc,
23:22ça commence à faire pas mal.
23:23C'est quoi l'ambition
23:24d'Exarch,
23:25du coup,
23:25dans les années qui viennent ?
23:27Alors déjà,
23:27effectivement,
23:28conquérir le maximum
23:29de clients possible
23:30et dans ce cadre-là,
23:32Exarch se dit
23:32qu'ils aimeraient bien
23:34obtenir un peu
23:35la même part de marché
23:36que BPCE à l'heure actuelle
23:37sur le secteur bancaire,
23:38c'est-à-dire à peu près
23:3920% de part de marché.
23:40Donc,
23:41c'est des ambitions
23:41qui sont assez énormes.
23:42Et comment
23:43elle compte y arriver ?
23:45Déjà,
23:46des opportunités
23:47à saisir
23:47avec Mika.
23:48On en a beaucoup parlé
23:49ici,
23:50voilà,
23:51récupérer clairement
23:51des clients d'acteurs
23:53qui ne sont pas agréés.
23:54Et pour ce faire,
23:55en fait,
23:56Exarch a lancé
23:56une offre de dépôt
23:58la semaine dernière,
23:59donc clairement
24:00un peu avant
24:01la fin de la deadline.
24:02Et le porte-parole
24:03m'a assuré
24:04qu'il y a déjà
24:05pas mal de clients
24:05qui les ont contactés
24:07et qui cherchent
24:08vraiment à transférer
24:09leurs fonds.
24:10Et ensuite,
24:11ils vont proposer
24:12de nouvelles cryptos
24:13à l'achat,
24:14l'XRP
24:14et un stablecoin euro
24:16dans les prochains mois.
24:18Ils cherchent aussi
24:19à conquérir
24:21au-delà
24:21des clients particuliers,
24:23plus des clients
24:24aussi institutionnels.
24:25Ils veulent un peu
24:26se renforcer
24:27sur des sujets
24:28de staking,
24:30mais pas forcément
24:31sur du trading
24:32pur et dur
24:32avec effet de levier.
24:34Là, clairement,
24:34leur ADN,
24:35ça reste,
24:36bon ben voilà,
24:36c'est quand même
24:37une filiale
24:37du groupe BPCE.
24:38Ils ne vont pas chercher
24:39à faire prendre
24:41des risques
24:42à leurs clients.
24:43Et puis,
24:44ils font aussi évoluer
24:45leur offre tarifaire
24:47parce que c'était
24:48une filiale
24:48qui aussi était
24:50sur la base
24:50d'un abonnement mensuel.
24:52On payait à peu près
24:523 euros par mois
24:54pour pouvoir bénéficier
24:55de ce service.
24:56Et là, en gros,
24:57si le client
24:58ne fait rien
24:58sur cette plateforme,
24:59il va payer plus.
25:00Et si le client
25:01fait des transactions
25:02assez importantes,
25:03hyper à moins.
25:04Donc voilà,
25:05BPCE qui sort
25:07les crocs
25:08face aux offres
25:09du type KCIS,
25:09Crédit Agricole
25:10ou Société Générale Forge.
25:12Voilà.
25:12Ça se structure
25:14à ce niveau-là.
25:16Une minute,
25:16il nous reste.
25:17Les infos de la rentrée,
25:19les petits chantiers
25:19en ce moment
25:21chez Goyne ?
25:21Non, mais les chantiers,
25:22c'est principalement lié
25:24au déploiement
25:25de nouvelles offres.
25:26J'ai parlé notamment
25:27de l'accès à la DeFi
25:29depuis notre infrastructure
25:31de conservation
25:32pour les clients professionnels.
25:33Oui.
25:34Et puis,
25:34des discussions en cours
25:36pour aider des acteurs
25:37qui sont en difficulté.
25:39Les fameux.
25:39Et ça va durer probablement
25:41encore quelques semaines,
25:43je pense.
25:44Il faudra revenir
25:45à la rentrée, Tanguy.
25:46Je pense qu'il n'y a pas
25:47de meilleur moyen
25:48pour nous parler
25:49de tout ça concrètement,
25:50voir comment ça
25:51a un petit peu rebondi
25:53et que ça s'est reposé
25:54à la rentrée.
25:55Merci à tous les quatre
25:56d'être venus
25:57dans cette émission,
25:59l'une des dernières
26:00de la saison,
26:00je ne vous le cache pas,
26:01mais on se retrouvera
26:02à la rentrée
26:02avec plaisir
26:03et avec Pauline.
26:04Merci Tanguy Le Calvé,
26:05CEO et co-fondateur
26:06d'Ogoïne Stéphanie Némar-Cathias,
26:08avocate fiscaliste
26:10et fondatrice de Comit,
26:11Jérémy Stévens,
26:13expert comptable,
26:14fondateur d'Alt Finance
26:15et Pauline Armandé,
26:16journaliste BFM Business.
26:18On est là tous les jours
26:19à 15h, évidemment.
26:21Et je vous laisse
26:21entre les mains
26:22de BFM Bourse.
26:23Passez une très bonne journée
26:24sur BFM Business.
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