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  • il y a 8 heures
Plus d'une semaine après le décès du jeune homme de 17 ans, battu à mort à Narbonne, deux marches blanche ont lieu ce week-end à la mémoire de Louis, 17 ans, battu à mort par plusieurs autres jeunes. 

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Transcription
00:00Un premier rassemblement pour Louis, ce jeune homme lynché à mort le 19 juin dernier.
00:06Une marche blanche organisée à Carcassonne par le père de Louis, la maman organisant une autre marche blanche demain à
00:12Narbonne.
00:12On vous retrouve Clémence Renard, vous êtes avec Julie Benmoussa.
00:15Vous avez suivi cette marche blanche.
00:17Le père a voulu un moment apolitique dont le but est d'honorer la mémoire de son enfant.
00:24Tout à fait, plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel.
00:28Entre 600 et 700 personnes sont présentes.
00:31Alors évidemment la famille paternelle de Louis, le papa, mais aussi toute une partie de la famille de Louis de
00:38ce côté-là.
00:38Aussi beaucoup de ses amis, la famille de ses amis, mais aussi beaucoup d'anonymes,
00:43des personnes qui ont parfois fait plusieurs centaines de kilomètres pour participer à cette marche blanche
00:49parce que beaucoup de personnes nous disent avoir été profondément choquées par ce qu'il s'est passé au mois
00:53de juin.
00:54Beaucoup d'émotions sur place.
00:56Là on s'est arrêté depuis quelques minutes au niveau du square Gambetta.
00:59Vous le voyez, un guitariste est en train de jouer dans ce square en hommage à Louis
01:05puisqu'on rappelle que Louis faisait beaucoup de musique, il faisait de la guitare.
01:08D'ailleurs son père a fait référence au tout début de cette marche.
01:12Juste avant de commencer cette marche, il a eu des mots pour son fils, pour lui rendre hommage, des mots
01:17bouleversants.
01:17Je vous promets justement de l'écouter.
01:21Je me souviens de t'avoir promis que ta vie d'adulte serait venue, que ton enfance, que ses cinq
01:28barbares ont décidé autrement.
01:30Tu étais un garçon souriant, col, du bien-être baisante.
01:33Ceci vient d'avoir été ton père.
01:35Tu te manques carré le vent.
01:38Je vais me battre pour que tu ne sois jamais oublié.
01:41C'était mon fils.
01:43Repose en lui.
01:44Repose en paix.
01:45C'est lui.
01:46Merci.
01:51La famille de Louis ainsi que le papa qui ont tenu à remercier toutes les personnes qui ont fait le
01:57déplacement cet après-midi pour lui rendre hommage.
02:01Donc là on va rester quelques minutes encore dans ce score Gambetta avec ce musicien.
02:06Il devrait y avoir ensuite un lâcher de ballon symbolique.
02:09Merci Clément Serenard avec Julie Benmoussa.
02:12Maxime Manchetteur du service police-justice est avec nous.
02:15Avec une particularité Maxime, c'est qu'il y a deux hommages, deux marches blanches.
02:18Une aujourd'hui organisée par le père et deux mains par la mère de Louis puisque ses parents étaient séparés.
02:24Exactement.
02:25Ses parents se sont séparés.
02:26Ils ont décidé de partir sur deux marches blanches différentes un même week-end.
02:31Les deux marches blanches sont évidemment un même but.
02:34Rendre hommage à Louis.
02:35Appeler à ce que justice lui soit rendue.
02:38Mais il y a peut-être une différence de forme.
02:40C'est que le père de Louis a voulu focaliser cette marche aujourd'hui sur les proches de son fils.
02:45Sur un hommage à qui il était.
02:48A ce qu'il faisait.
02:48Aux bonnes actions qu'il faisait.
02:49Aux faits qu'il jouait de la guitare.
02:51Alors qu'on sait que la mère et côté maternelle.
02:54Elles, elles sont aussi dans un combat presque politique.
02:57Elles le disent.
02:57Elles veulent que cette marche blanche soit la dernière.
02:59Elles invitent tous les responsables politiques de quel bord qu'il soit à venir.
03:03On sait qu'il y a déjà Éric Zemmour qui a annoncé qu'à venir et des députés du Rassemblement
03:07national.
03:07On rappelle que la tante est assistante parlementaire d'un député du Rassemblement national du Var.
03:13Mais voilà une marche plus politique qui aimerait qu'il y ait des décisions.
03:17Des décisions politiques, des nouvelles lois peut-être suite à ce drame.
03:21Et qu'on l'entend à chaque marche blanche.
03:23Mais là, elles leur disent.
03:24Elles aimeraient que Louis soit le dernier, la dernière victime de lynchage.
03:27Dans quelques instants, il y aura donc un lâcher de ballon en mémoire de Louis.
03:32On vous retrouve Pauline Sarafi.
03:34Vous êtes sur place avec le père d'un enfant qui connaissait Louis.
03:40Oui, effectivement, on est avec Benjamin et Dylan.
03:43Benjamin et Dylan, qu'on a vu très émus tout au long de cette marche blanche.
03:48Racontez-nous d'abord, quel lien vous aviez avec Louis et son papa ?
03:51Louis était un très bon copain à mon fils Dylan.
03:55Le papa, ça fait 6-7 ans qu'on se connaît.
03:57On s'est connu au travail.
03:59On a passé beaucoup de moments ensemble, que ce soit à la pêche, à la maison, tout quoi.
04:06Et puis, Louis est venu souvent à la maison dormir, où ils ont passé des bons moments avec mon fils.
04:12Qu'est-ce que vous retenez, justement, de Louis aujourd'hui ?
04:17Très gentil garçon.
04:19Il n'aurait jamais fait de mal à une mouche, ce petit.
04:22Quand il était avec moi, c'était un ange.
04:25Il était gentil avec tout le monde, quoi.
04:26Voilà. Avec Dylan, il s'entendait très bien.
04:30Il n'avait pas de problème pour un super petit, ouais.
04:34Vous me disiez que c'était important aussi de venir, au-delà que ce soit l'ami de Louis.
04:38Vous avez un fils du même âge. Est-ce que ça vous inquiète, ces choses-là ?
04:40C'est ça, le problème. Mon fils travaille.
04:42Eh bien, là, il travaille à la cité, en ce moment.
04:44Donc, il rentre tous les soirs en vélo.
04:45Donc, qui dit rentrer le soir en vélo, passe dans le centre-ville.
04:51Donc, on ne sait pas. On n'a l'abri de rien, maintenant.
04:53Voilà. Donc, voilà. Il sait très bien que dès qu'il arrive du travail, il m'envoie un message pour
05:00dire qu'il est rentré, comme il dort chez mes parents.
05:03Et voilà. Donc, il n'y a plus de mots, maintenant. Il faut agir.
05:09Il faut qu'il y ait justice. Il faut protéger tous les enfants, maintenant.
05:14Il faut protéger tout le monde.
05:16Je pense que c'est comme ça.
05:18Merci beaucoup, Benjamin. Merci beaucoup, Dylan.
05:21Vous l'entendez toujours. C'est beaucoup d'émois, ici, pour les proches de Louis.
05:25Des proches, sa famille qui sont présentes, mais également d'autres personnes, des habitants de Carcassonne, d'autres villes, même.
05:31Et puis, cet hommage, maintenant, qui va avoir lieu à un lâcher de ballon, avant de reprendre la route vers
05:36le point de départ, le point André Chénier,
05:39et la fin de cet hommage, donc, pour Louis, décédé à 17 ans.
05:43Pauline Sarafi avec Déborah Roch à Carcassonne, alors qu'on voit toujours ces images en direct de cette marche blanche.
05:51Maxime, il y a à la fois l'horreur, quand on voit la sauvagerie, les conditions dans lesquelles Louis a
05:57été agressé, lynché à mort.
06:00Et il y a aussi une forme d'incompréhension, parce que sur le mobile, pour l'instant, les choses ne
06:05sont pas claires.
06:05Que dit l'enquête ? Qu'est-ce qu'on sait, précisément ?
06:07On n'a pas de détails, exactement. D'après nos informations, il y a, à l'heure où on se
06:12parle, pas de mobile clair qui ressort.
06:14Et c'est assez terrifiant, parce que, quoi qu'il arrive, il n'y a rien qui justifie de lyncher
06:20comme ça, à 5, un enfant de 17 ans, c'est évident.
06:23Mais s'il n'y a en plus pas de raison, vous voyez ce qu'il y a de terrifiant
06:27derrière, c'est qu'on serait peut-être sur de la violence gratuite,
06:30de la part de 5 jeunes, entre 17 et 19 ans, de 3 mineurs, qui auraient comme ça, se serait
06:35acharné sur Louis 14 ans.
06:36Alors, il faut rester prudent, il y a une instruction qui va être longue, qu'ils vont être tous réinterrogés,
06:41ces 5 personnes mises en examen,
06:44pour essayer de savoir ce qui s'est passé. Mais c'est vrai qu'à l'heure où on se
06:46parle, il n'y a pas de mobile.
06:47La seule chose que nous a dit le procureur de la République, c'est que le mobile raciste, lui, est
06:52écarté.
06:53Le guet-apens, le fait que ce soit un rendez-vous, en tout cas qu'il s'est monté, ce
06:57piège pour Louis, ça, ça a l'air assez établi.
06:59Mais pourquoi ils lui ont fait ça ? Pour l'instant, on l'ignore.
07:03Maxime, il y a eu un communiqué hier de la famille, qui a dénoncé une spirale infernale de harcèlement et
07:09de violence,
07:09mais qui redit sa confiance envers la justice.
07:14Oui, il y a eu un double communiqué, à la fois de l'avocat de la famille, de côté maternel,
07:20et de la mère de Louis,
07:21qui effectivement redisent qu'ils ont confiance en la justice, et qu'ils attendent que justice se passe.
07:28De toute façon, c'est leur position. Ça ne les empêche pas aussi de vouloir des actes, d'attendre des
07:35actes politiques forts.
07:37Je vous le disais tout à l'heure, leur leitmotiv, c'est que cette marche blanche soit la dernière.
07:41Malheureusement, on entend souvent ça à chaque marche blanche, mais la tante de Louis, qui est engagée politiquement,
07:46est très impliquée là-dedans. Vous saviez qu'elle avait, d'après nos informations,
07:51Laurent Nunes, le ministre de l'Intérieur, avait proposé de la rencontrer, cette tante, pour discuter avec elle.
07:57Elle lui a dit qu'elle accepterait de la rencontrer, à la condition que Laurent Nunes vienne à la marche
08:01de demain.
08:02Donc on n'a pas cette information-là, mais ça vous donne une idée de l'implication qu'ils ont.
08:06En tout cas, ils ont confiance à la justice, ils vont attendre que cette justice passe,
08:10et ils vont, à un moment donné, avoir besoin de réponses, avoir besoin de comprendre qu'est-ce qui est
08:14arrivé là,
08:15si c'est du harcèlement, pourquoi ça n'a pas été arrêté.
08:18Et on le rappelle assez rapidement, Louis, il avait déjà porté plainte le 11 mai dernier au commissariat de Narbonne.
08:24Alors ce n'était pas contre ces cinq-là, c'était contre d'autres personnes.
08:27Il avait aussi, du côté de Monestier, il avait poussé la porte d'une gendarmerie début juin,
08:33parce qu'il s'était fait aussi lyncher.
08:36Est-ce que c'était par les mêmes personnes ou pas ?
08:37À l'époque, les gendarmes avaient essayé d'insister auprès de lui pour qu'il dépose plainte.
08:41D'après nos informations, il avait refusé de déposer plainte.
08:44Comment il connaissait ces personnes ?
08:46On sait qu'ils ont fréquenté un institut, on sait qu'ils étaient tous à l'ASE,
08:49à l'aide sociale à l'enfance à un moment donné.
08:51Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce qu'il y a une spirale où ces cinq jeunes
08:54se sont mis à harceler, Louis, de plus en plus ?
08:57Comment tout ça n'a pas pu être empêché ?
08:59C'est des questions que se posent la tante, la mère, mais vous le disiez dans leur communiqué,
09:03et elles font confiance à la justice pour répondre à ces questions.
09:06Avec donc, demain, on le rappelle, une marche qui sera beaucoup plus politique que celle d'aujourd'hui.
09:11Plus politique, mais qui reste un hommage à Louis d'après nos informations,
09:15enfin, d'après les informations des réseaux sociaux,
09:18puisque Éric Zemmour a annoncé sur ses réseaux sociaux qu'il viendrait à cette marche.
09:21On sait qu'il y aurait plusieurs députés, des membres du Rassemblement National qui s'y rendront aussi.
09:26Pour la précision, la tante de Louis, Mme Marteau,
09:29elle est assistante parlementaire d'un député du Rassemblement National local,
09:33mais dans les différentes prises d'intervention qu'elle a faites,
09:36elle appelle tous les politiques, tous les responsables à venir à cette marche,
09:40parce qu'elle l'espère avoir un élan, un élan populaire et politique derrière,
09:46et surtout une suite et peut-être des décisions.
09:49Si vous nous rejoignez, il est 16h10, c'est la fin de la marche blanche,
09:53en hommage à Louis, ce jeune lynché à mort à Narbonne.
09:57Une marche organisée à l'initiative de son père,
10:00une marche qu'il a voulu respectueuse en mémoire à son enfant.
10:02Dans quelques minutes, il va y avoir un lâcher de ballons.
10:05Demain, il y a une deuxième marche organisée par la mère et la tante de Louis.
10:11Maxime Brandstetter, dans cette affaire, il y a eu 5 jeunes qui ont été interpellés,
10:163 sons mineurs.
10:16Oui, 3 sons mineurs, ils sont âgés de 17 à 19 ans, 3 sons mineurs,
10:21ils ont été interpellés assez rapidement.
10:22Effectivement, ils ont lynché Louis dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin.
10:29Ils l'ont laissé pour mort dans un chantier du côté de Narbonne.
10:35Là où a été tournée la vidéo, on les voit s'acharner sur lui, il n'y a pas d
10:41'autre mot.
10:41Ils ont été assez rapidement interpellés dans les jours qui ont suivi.
10:45Ils ont fait les 48 heures de garde à vue,
10:48ils ont ensuite été mis en examen et tous placés en détention provisoire.
10:52Vous l'avez dit, il y a 3 mineurs et 2 majeurs.
10:55A l'heure où on se parle, les 2 majeurs pour assassinat,
10:58puisque c'est un guet-aport, donc c'est prémédité, donc c'est un assassinat.
11:01Les 2 majeurs risquent la prison à perpétuité.
11:04Les 3 mineurs, ça dépendra si l'excuse de minorité est retenue ou pas.
11:08Ils risquent 20 ans si elle est retenue,
11:09mais ils risquent aussi la prison à perpétuité si l'excuse de minorité est écartée.
11:13Voilà, donc rassemblement qui est toujours en cours.
11:16Vous le voyez à Carcassonne, hommage à Louis,
11:20dont la mort a choqué l'ensemble du pays.
11:23C'était le 19 juin dernier.
11:25On a entendu l'émotion du père de Louis,
11:28qui s'est exprimé juste avant que le cortège ne s'élance dans les rues de Carcassonne.
11:32On va retrouver Pauline Sarafi,
11:33qui est dans le cortège cet après-midi,
11:36auprès des participants et des participantes à cette marche blanche.
11:39Pauline.
11:42Oui, et je suis actuellement avec deux des meilleurs amis de Louis,
11:47avec Célia et Léna.
11:48Célia, on va commencer par toi.
11:50Dites-moi, quel souvenir il te reste avec Louis aujourd'hui ?
11:53Quand j'ai un peu les idiots dans le transport à l'ITEP pour l'emmener chez lui.
12:02Et les moments où on sortait dans Carcassonne et tout ça avec lui.
12:06Tu le connaissais depuis combien de temps ?
12:08Raconte-moi un peu.
12:09Ça fait sept ans que j'étais à l'ITEP.
12:11Donc depuis le premier jour où je suis arrivée à l'ITEP, je l'ai connue, Louis.
12:15Et toi, Léna, raconte-moi un peu, c'était quoi ton amitié avec Louis ?
12:19J'étais sa meilleure amie.
12:21Meilleur, meilleure amie, ça faisait cinq ans.
12:25Et voilà.
12:26Quel souvenir tu as de lui ? Comment il était ? Raconte-nous un peu.
12:30Gentil, respectueux, avec tout le monde.
12:34Tout le temps là pour les autres, au lieu d'être là à raconter ses problèmes.
12:40C'était important d'être là aujourd'hui pour toi ?
12:43Oui.
12:43Pour quelle raison ?
12:44Parce que c'était mon meilleur ami et j'ai toujours été là pour lui.
12:48C'est mon meilleur ami.
12:51Et toi, Célia, pourquoi est-ce que tu tenais à être là aujourd'hui ?
12:55Parce que je tenais à honorer la mémoire de mon frère.
12:58Parce que pour moi, Louis, c'était mon petit frère de cœur.
13:00Et que, pour moi, c'était tout.
13:04C'était mon petit frère.
13:06Je le prenais.
13:08C'était mon petit frère.
13:11Et son sourire va nous manquer.
13:13Son sourire et ses rires, ils vont nous manquer fort.
13:17Merci beaucoup, les filles.
13:18Je ne vous dérange pas plus longtemps.
13:19Vous l'entendez toujours, c'était moi, dans la voix des amis et de la famille proche de Louis.
13:24On les laisse tranquilles puisque dans quelques minutes, il va y avoir un lancé de ballon pour rendre un dernier
13:29hommage à la mémoire de Louis.
13:31Pauline Sarafi avec Déborah Roch.
13:34Maxime Manchetter pour replacer les choses dans leur contexte.
13:37On précise que Louis, en accord avec sa famille, avait été confié à l'Aiseulette sociale à l'enfance.
13:43Oui, le père nous avait expliqué qu'il avait visiblement des troubles, des troubles de l'attention, des troubles parfois
13:51de gestion de la frustration, etc.
13:53Et donc, avec un accord à ses parents, il avait été placé quelques jours par semaine à l'aide sociale
13:59à l'enfance.
14:00Ce n'est donc pas un placement judiciaire. Il faut différencier qu'il y a des enfants qui sont placés
14:05suite à une décision de justice.
14:06Le juge peut décider de le placer parce qu'il considère qu'ils sont maltraités, parce qu'il considère qu
14:10'ils ont des problèmes.
14:10Donc là, ils sont placés à l'aide sociale à l'enfance.
14:12Ce n'était pas le cas de Louis. C'était ses parents qui faisaient ça dans le but de l
14:17'aider.
14:19L'aide sociale à l'enfance, c'est un peu le dénominateur commun dans cette affaire.
14:22Parce que les cinq suspects dont on vous parle, alors pas tous, mais on sait qu'il y en a
14:25plusieurs qui étaient à l'aide sociale à l'enfance aussi,
14:28certains qui étaient placés.
14:30Donc, c'est probablement, on n'a pas encore cette information, mais par là qu'ils auraient connu Louis.
14:37Et donc, forcément, quand on parle, moi j'étais à Narbonne cette semaine, quand on parle à plusieurs personnes de
14:41cette affaire,
14:42notamment à des gens qui sont en lien avec l'aide sociale à l'enfance, tout le monde les pointe
14:45du doigt.
14:45Ils disent, est-ce qu'il s'est passé quelque chose là-bas ? Est-ce qu'ils se sont
14:49mis à harceler que l'aide sociale à l'enfance n'a pas pu arrêter ce harcèlement ?
14:54Il y a forcément des questions qui se posent. Par exemple, je pense tout simplement à la plainte qu'avait
15:00déposée Louis au commissariat de Narbonne,
15:02justement pour des faits de violence. Le père nous assure qu'il n'avait jamais été mis au courant de
15:07cette plainte.
15:08Alors que pourtant, le père a l'autorité parentale, puisqu'il n'a pas été placé.
15:11Donc, qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? Comment ça se fait qu'il n
15:15'a pas été forcément mis au courant ?
15:17Voilà, il y a encore beaucoup de questions qui se posent sur le cheminement.
15:20Est-ce que tout a été bien fait ? Est-ce que les informations sont suffisamment bien passées ?
15:26Est-ce que la menace contre Louis aurait pu être détectée ? Est-ce que ce crime atroce aurait pu
15:33être empêché finalement ?
15:34Ce que la famille explique considère que le drame aurait pu être effectivement évité, qu'il y a des signalements
15:39qui n'ont peut-être pas été pris en compte,
15:42des signaux faibles, et même pas que des signaux faibles, quand on parle de la plainte déposée le 11 mai
15:46par Louis en personne à la suite de la question.
15:49Qui ne visent pas les mêmes personnes, mais qui semblent, forcément, au regard de ce qui lui est arrivé,
15:56on ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il y avait des signaux d'alerte.
15:59Il y a aussi, je pense, à cette fois où Louis avait poussé la porte d'une gendarmerie à côté
16:06d'une gendarmerie dans la région
16:08pour se plaindre d'avoir été violenté, frappé la veille.
16:12Alors, de ce qu'on sait, les gendarmes ont essayé de l'inciter à déposer plainte, mais il n'a
16:18pas voulu le faire.
16:19Il y a des questions qui se posent effectivement, aussi sur ces cinq jeunes.
16:24Lorsqu'on a cinq très jeunes de 17 à 19 ans qui en viennent à tendre un guet-apens à
16:30un de leurs camarades de 17 ans, le lyncher à mort.
16:33Et apparemment, ce n'était pas la première fois.
16:35Il y a d'autres vidéos où on voit Louis se faire bousculer, qui date...
16:39La famille nous avait transmis des vidéos où on voit Louis se faire bousculer, frapper avant même ce lynchage.
16:45Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça se fait que des jeunes ont pu sombrer comme
16:49ça dans une violence aussi innommable,
16:51au point de lyncher au sol ?
16:52Vous savez, je suis désolé de revenir dessus, mais sur cette vidéo atroce où on voit Louis être battu à
16:57mort,
16:58on entend un des jeunes qui dit à un moment donné, attention les gars, on ne va pas le tuer
17:01quand même.
17:03Ça montre...
17:04Cette déconnexion entre cette violence et cette barbarie.
17:07Cette barbarie où il y en a juste un qui à un moment donné dit, attention, essayons de ne pas
17:12le tuer quand même.
17:12Enfin, ils sont à 5 en train de lyncher un gamin qui est au sol pour un mobile qui, on
17:17verra s'il y en a un jour, mais pour l'instant, on ne sait même pas.
17:21Ça se trouve, à la fin, ce sera peut-être une raison très futile.
17:23En tout cas, il n'y a rien d'évident qui est ressorti depuis le départ.
17:26C'est terrible, c'est terrible.
17:28Et sur la question de la violence des jeunes, c'est aussi pour ça que ça suscite énormément d'émotions
17:33à Carcassonne, à Narbonne, mais dans toute la France aussi.
17:36Et c'est un drame aussi pour les parents des jeunes mis en examen ?
17:40C'est un drame pour les parents des jeunes mis en examen.
17:44On a pu, avec Bastien Dufour, interviewer la mère d'un des suspects, d'un des jeunes suspects mineurs.
17:53Ça a été un témoignage, honnêtement, qui est extrêmement perturbant.
17:58La mère nous a dit d'emblée, je me désolidarise totalement de mon fils.
18:05Et d'ailleurs, dans cette interview qu'on a faite, elle ne dit plus mon fils, elle dit ma progéniture.
18:09Elle dit quand j'ai vu cet acte atroce, quand j'ai su ce qu'il avait fait, moi je
18:14ne peux plus le considérer comme mon fils.
18:15Cette mère qui d'ailleurs aurait aimé participer à la marche blanche d'aujourd'hui et à la marche blanche
18:20de demain,
18:21mais on lui a recommandé de ne pas le faire pour sa sécurité.
18:26Donc voilà, elle doit peut-être nous regarder et voir de chez elle, mais elle, elle est en totale rupture
18:30avec son fils.
18:30Elle ne supporte pas ce qu'il a fait et c'est assez fort d'en arriver là quand on
18:35est une mère.
18:36Vous voyez à l'image ce lâcher de ballon qui se prépare avec le père de Louis qui a écrit
18:40un message sur un de ses ballons pour son fils.
18:44On vous retrouve Clémence Renard, vous êtes sur place, vous avez suivi cette marche.
18:47Vous êtes aux côtés de ce rassemblement avec ce lâcher de ballon éminent.
18:53Oui, tout à fait, les ballons qui sont en train d'être gonflés et distribués à ces centaines de personnes
18:58qui sont sur place.
18:59On est dans ce square Gambetta depuis quelques minutes où un musicien avec qui je suis, j'y aime, a
19:05joué quelques notes de guitare en hommage à Louis.
19:07Justement, vous lui avez offert une guitare, vous deviez lui donner sa première leçon de guitare.
19:12Et puis bon, finalement, il y a eu ce drame juste avant.
19:14Tout à fait, tout à fait, c'est ça. J'ai rencontré à travers sa grand-mère, Patricia, qui habite
19:20à Campagne-sur-Aude, le village où j'habite également.
19:23Et puis voilà, on se rencontre tous dans un petit village. Je l'ai vu que sa grand-mère m
19:27'en avait parlé, m'a demandé de lui prêter une guitare.
19:28C'est ce que j'ai fait. Puis je lui ai dit, écoute, après tu t'amuses et tu reviendras.
19:32Je te donnerai ta première leçon.
19:34Vous vouliez lui donner cette première leçon. Malheureusement, il y a eu ce drame. Forcément, ça vous a bouleversé.
19:39Oui, bouleversé. La conscience, c'est important. Et c'est ça qui manque aux politiques, c'est qu'ils n
19:46'ont pas de conscience.
19:50On est tous venus faire quelque chose sur Terre. On a tous une mission.
19:52Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de Louis ? Vous l'aviez vu plusieurs fois. Vous
19:56nous parliez de quelqu'un de très gentil, aussi généreux.
19:59Son papa, avant la marche, disait qu'il avait eu le droit à plein de concerts. Il était aussi passionné
20:02par la musique. Vous disiez que ça aurait pu l'aider.
20:04Bien sûr. Mais il n'y a qu'à regarder la vidéo qui est passée sur les réseaux où il
20:08joue. Vous voyez ses yeux. Ses yeux brillent. C'est illuminé.
20:12La technique n'est pas là, mais le son est là. L'envie de jouer est là. Et je pense
20:16que la musique, c'est vraiment quelque chose.
20:18J'en parle parce que je connais bien ce domaine-là. Pendant 30 ans, j'ai dirigé une école à
20:23Paris et j'ai été béni dans la musique par ailleurs.
20:28Et c'est vraiment important. Je crois qu'il y a un effort à faire à ce niveau-là. Et
20:33puis de bien encadrer ses jeunes, surtout.
20:35En tout cas, vous avez joué de la musique pendant plusieurs minutes ici, en son hommage. Je pense que ça
20:38a fait du bien à ces centaines de personnes.
20:40Julie Benmoussa va vous les montrer, ces centaines de personnes qui ont des ballons blancs dans les mains.
20:44D'ici quelques minutes, il y aura donc ce lâcher de ballon dans le score Gambetta en l'honneur, en
20:49la mémoire de Louis.
20:50– Clémence Renard avec Julie Benmoussa, toujours en direct de Carcassonne, alors que le lâcher de ballon va s'organiser
20:57dans les prochaines minutes.
20:59Maxime, ce qui est intéressant de rappeler aussi, c'est la manière, au fond, dont l'enquête a été menée,
21:03grâce notamment à la coopération de proches et de parents des cinq jeunes qui ont été mis en examen depuis.
21:08– Et de parents, oui, c'est cinq jeunes qui ont été assez vite attrapés par la police.
21:14Alors, rappelons quand même pour leur profil que ces cinq jeunes qui n'avaient pas de casier judiciaire,
21:18certains sont quand même connus du traitement des antécédents judiciaires,
21:21notamment pour des violences, mais ils n'ont pas de casier judiciaire.
21:24Je vous dis ça, ça veut dire que ce n'est pas des criminels non plus aguerris.
21:27Et donc, ils ont eu deux, trois jours avant d'être tous interpellés.
21:33On a su, avec Bastien Dufour sur place, un autre enquête,
21:35qu'il y en a plusieurs qui, dès le lendemain, envoyaient des messages à certaines personnes,
21:39y compris, je vous parlais de cette mère qui nous a dit qu'elle se désolidarisait de son fils.
21:43Eh bien, son fils, dès le lendemain, elle nous a montré son fils,
21:48elle nous a fait écouter des messages, son fils lui écrit.
21:51Alors, pourquoi ils s'écrivent ? Parce qu'à l'époque, son fils qui était placé,
21:54il est en fugue, il a été déclaré en fugue.
21:57Et sa mère lui écrit le samedi, donc le lendemain de la mort de Louis,
22:00puisqu'il a été lynché de la nuit de vendredi au samedi,
22:03sa mère lui dit « Tu fais n'importe quoi, arrête ta fugue,
22:06tu as un projet professionnel parce qu'il devait faire une alternance à la rentrée, reviens. »
22:09Et lui, dans des messages, lui explique « Écoute, je ne vais pas rentrer, tu ne peux pas comprendre,
22:15je le cite, j'ai fait une dinguerie, je ne peux même pas t'en parler, etc. »
22:18Et il finit par dire à la mère « J'ai tué quelqu'un. »
22:22Là, la mère, elle appelle le commissariat, alors sans y croire,
22:26elle, elle appelle le commissariat pour dire que mon fils est en fugue, fait quelque chose.
22:30Et là, tout de suite, la police prend un tâche avec elle,
22:32dit que quelque chose de grave s'est passé sans lui dire quoi,
22:35parce que ça reste la mère d'un suspect, donc sans la tenir au courant.
22:38Et elle va, elle nous a raconté, aider la police comme ça,
22:42en lui donnant un maximum d'informations sur lui,
22:44sur les messages qu'il lui a envoyés, sur peut-être sa géolocalisation,
22:48sur où il était, jusqu'à ce que son fils et les cinq autres soient interpellés
22:52et tous placés en détention provisoire.
22:55À l'heure où on se parle, ils sont tous derrière les barreaux,
22:57en attendant que l'instruction se déroule et d'être jugés.
23:00– Alors on l'a dit, cinq jeunes interpellés, trois mineurs pour tentative d'assassinat,
23:05c'est bien ça le chef ?
23:06– Pour assassinat, parce que malheureusement, l'assassinat s'est réalisé.
23:08– Puisque Louis est décédé quelques jours après avoir été retrouvé,
23:12dans quelques secondes, vous le voyez, ces ballons qui vont être lâchés.
23:17– L'horreur ultime dans ce guet-apens, dans ce lynchage,
23:21c'est que cette vidéo a circulé, que les gendarmes et les policiers en ont pris conscience
23:24et ont essayé de retrouver le jeune homme qui était victime de ce lynchage,
23:28en fait, mais ne l'ont pas trouvé à temps.
23:31C'est un ouvrier qui l'a découvert le lendemain matin.
23:33– C'est un ouvrier qui le découvre le lendemain matin.
23:35Alors, de ce que je sais de l'enquête, les policiers sont avertis
23:40qu'un corps, que quelqu'un gravement blessé a été retrouvé dans un chantier.
23:44J'ignore s'ils avaient vu la vidéo avant ou si c'est après avoir retrouvé le corps
23:47qu'ils font le lien avec la vidéo.
23:49Mais cette vidéo, effectivement, elle a son importance.
23:53Il y a eu cet acte de filmer et de publier.
23:57La mère dont je vous parle, elle nous assure que c'est son fils
24:00qui a eu l'idée de publier cette vidéo.
24:02Et ça dit quelque chose, c'est-à-dire qu'on n'est pas seulement
24:06dans ce qui est déjà atroce, c'est lyncher à 5, un enfant de 17 ans,
24:11le battre au sol, s'acharner dessus.
24:13Je suis désolé, mais il n'y a pas d'autre mot, il s'acharne.
24:16C'est qu'en plus, ils ont l'idée de se filmer en train de le faire.
24:20Et ils ont l'idée, pour qu'on ait cette vidéo,
24:21la vidéo, on l'a eue tout de suite, elle n'a pas fuité de la police.
24:26Ils ont eu l'idée de publier cette vidéo,
24:29de montrer ce qu'ils sont en train de faire.
24:31L'idée ou l'inconscience, ou la déconnexion ?
24:33L'idée ou l'inconscience, la déconnexion.
24:35Alors, c'est vrai que si on fait des parallèles,
24:37aujourd'hui, filmer ces crimes,
24:40c'est par exemple une pratique courante
24:42qui se fait dans des gangs de narcotrafiquants.
24:44Le but étant d'impressionner l'adversaire
24:46et de dire, regarde, c'est de l'horreur dont je suis capable,
24:49méfie-toi.
24:50Là, je vous ai dit, ils n'ont pas de casier,
24:52on n'est pas sur des profils de narcotrafiquants.
24:54Encore une fois, on ne connaît pas le mobile,
24:55mais ça m'étonnerait qu'à la fin, ce soit un truc,
24:59ce soit un motif de grand bandit,
25:02si vous voulez, ce mobile.
25:03Et pourtant, ils ont quand même cette idée
25:05de filmer, de montrer cette horreur.
25:07Et ça rajoute de l'horreur à l'horreur,
25:09ça rajoute de l'inconscience à l'inconscience.
25:11On retourne sur place à Carcassonne.
25:13Pauline Sarafi, beaucoup d'émotions dans ce cortège.
25:24Pauline Sarafi, qu'on va retrouver dans un instant,
25:27si elle m'entend.
25:30On voit des ballons avec des mots.
25:34Louis avec un cœur et des ailes d'ange.
25:39Sentiment d'injustice, c'est ce qu'on criait,
25:41on l'entendait tout à l'heure.
25:43Justice pour Louis, ni oubli, ni pardon.
25:45C'est un peu le mot d'ordre de cette marche apolitique,
25:49on le rappelle.
25:49C'est une marche apolitique,
25:50c'est malheureusement souvent aussi le mot d'ordre
25:53des marches blanches qu'on couvre.
25:55En tout cas, ce qui ressort, je trouve,
25:58de cette marche blanche,
25:59c'est qu'il avait l'air très apprécié, Louis,
26:01alors qu'ils ont l'air de s'apprêter.
26:02On va assister à se lâcher le ballon.
26:03On vous retrouve, Pauline Sarafi.
26:09À l'instant, ces ballons sont volés dans le ciel
26:12en hommage toujours à ce petit Louis décédé à 17 ans.
26:17Encore plusieurs centaines de personnes se trouvent sur place.
26:21La famille de Louis, beaucoup d'amis.
26:23On a parlé il y a quelques instants avec ses meilleurs amis.
26:26C'est des amis à lui qui étaient avec lui à l'école.
26:30Tout le monde ici est très touché.
26:32On sent beaucoup d'émois dans la voix
26:33dès qu'on leur parle de ce jeune garçon.
26:37Beaucoup de banderoles également.
26:38Ni oubli, ni pardon pour lui que justice soit faite.
26:42Des slogans qui se sont répétés plusieurs fois
26:45tout au long de cette marche blanche.
26:46Vous voyez également la famille qui est toujours présente sur place,
26:49entourée de leurs plus proches, de voisins, d'amis d'école.
26:53Cette famille que l'on a vue très très émue tout au long de la marche.
26:57Le papa que vous voyez toujours avec beaucoup de larmes.
27:02Désormais, le lancer de ballon a été fait.
27:04C'est un dernier hommage rendu à Louis.
27:07Désormais, ces centaines de personnes vont retourner
27:10au point de départ de cette marche.
27:12Le square André Chénier.
27:14Une marche qui se veut toujours très silencieuse
27:17en hommage de ce jeune garçon, Louis décédé à 17 ans.
27:21Pauline Sarafi avec Déborah Roch
27:23alors qu'on vient d'assister au lâcher de ballon
27:25dans les rues de Carcassonne.
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