- il y a 2 jours
Ce vendredi 3 juillet, la mesure visant à imposer des contraintes assez strictes aux plus fortunés, le début de la bataille budgétaire, l'omniprésence de la question de la souveraineté dans les débats des Rencontres Économiques, les risques à venir pour 2026-2027, et l'impact de l'IA sur l'emploi, ont été abordés par Xavier Durand, PDG de Coface, Emmanuelle Auriol, professeure à Toulouse School of Economics et membre du CAE, Benoît Derigny, directeur général de Manpower, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts depuis Les Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:03Allez, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau ce matin Ludovic de Sauté. Bonjour Ludovic. Bonjour Raphaël.
00:08Directeur délégué de la tribune, face à vous Emmanuel Ariol. Bonjour Emmanuel. Bonjour Raphaël.
00:13Professeur d'économie à la Toulouse School of Economics et Benoît Durini. Bonjour Benoît. Bonjour Raphaël.
00:19Directeur général de Manpower avec qui on va parler emploi tout à l'heure et il y a évidemment.
00:24Bon, d'abord un petit tour de table pour commencer. La question qu'on pose toujours à, et je reçois
00:30également, il vient d'arriver, Xavier Durand.
00:35Bonjour Xavier, le directeur général de la COFAS. Bienvenue sur le plateau des experts.
00:41Allez, je commence avec vous Xavier pour commencer un tour de table rapide à tous.
00:45La question qu'on se pose toujours quand on se croise dans les allées ici, c'est comment vous trouvez
00:50l'ambiance ?
00:51Les rencontres économiques d'Aix-en-Provence, c'est une sorte de baromètre de la tension du monde économique.
01:00Qu'est-ce que vous avez retenu des discussions hier ? Je commence avec vous Xavier Durand, directeur général de
01:07la COFAS.
01:08Aix-en-Provence, c'est toujours un endroit où en très très peu de temps, on rencontre une très bonne
01:14part de représentative du système économique français.
01:17Et donc, beaucoup de discussions, beaucoup de, je dirais, beaucoup d'intérêts autour de l'innovation et des questions à
01:24la fois d'innovation, de géopolitique, d'investissement.
01:29Beaucoup de curiosité, beaucoup de, je crois qu'il y a beaucoup de changements dans le monde.
01:33Et donc, un débat qui est dynamique, qui est vif et qui se pose, je crois, beaucoup de bonnes questions.
01:36Oui, la révolution qui nous attend, nombreuse. Emmanuel, la même question.
01:40Oui, alors tout à fait, je rejoins ce qui vient d'être dit. Donc d'un côté, il y a
01:44des inquiétudes portées par une transformation technologique majeure qu'est l'IA,
01:49qui est un bouleversement digne de l'informatique et de la révolution industrielle. C'est une vague incroyable.
01:58Donc ça, ça crée une inquiétude. Il y a aussi des tensions. Il y a la guerre dans plusieurs zones
02:03du monde.
02:03Et en même temps, une forme d'espoir parce que l'Europe se relève un peu. Il y a cette
02:08idée de construire une défense européenne.
02:10Il y a une idée d'investir dans la recherche et le développement. Donc, Aix, c'est un peu ce
02:14creuset où on essaye à la fois d'analyser ce qui se passe
02:17et puis de voir un peu le futur avec un œil plus optimiste.
02:21Le baromètre des inquiétudes et des espoirs à venir. Vous partagez cette analyse, Benoît Durini ?
02:27Moi, je trouve que c'est un événement qui ne cesse de monter en puissance. Et cette année, encore plus.
02:33On voit vraiment que ça s'installe comme le moment de respiration de l'été avant que chacune et chacun
02:37prenne quelques vacances.
02:39Et donc, c'est toujours un point de l'année à mi-parcours. Et cette année, en particulier, on s
02:43'y retrouve l'ensemble du monde économique au sens large,
02:46y compris la recherche. Et c'est devenu vraiment un temps très fort et, à mon avis, incontournable désormais.
02:53Et des rencontres ludoviques très politiques cette année aussi. C'est le défilé des candidats.
02:57Donc, Edouard Philippe, Gabriel Attal et tout ça.
03:00On attend aujourd'hui.
03:01Moi, ce qui me marque, je sens une inflexion. Je ne sais pas si vous l'apercevez, Raphaël. Je la
03:06ressens.
03:07C'est-à-dire que l'année dernière, on était en plein droit de douane l'année dernière, rappelons-nous.
03:10C'était la guerre commerciale à tous les étages.
03:13Là, évidemment, il y a des échanges, il y a des tables rondes sur ce qui ne va pas, les
03:17freins et tout ça.
03:18Mais on sent une inflexion dans le discours. Et je pense que c'est assez préparatoire à la présidentielle.
03:24C'est-à-dire un peu, il faut aussi y croire. Parce qu'à force d'être défaitiste, la présidentielle
03:30risque, le résultat risque d'être très, très douloureux.
03:33Vous sentez une forme de volontarisme ?
03:35Oui, parce que c'est vrai qu'on se fait mal, surtout dans ce pays. En France, on aime bien
03:38se faire mal. Il y a des choses qui ne vont pas. On va en parler. La dette et ainsi
03:42de suite, ainsi de suite.
03:42Mais il y a aussi des pépites. Il y a aussi des possibilités. Il y a des chemins possibles. Et
03:48là, je sens qu'au travers des échanges, des magnifiques tables rondes et tout ça, je sens une énergie en
03:54train d'arriver en disant, voilà, il y a des chemins possibles.
03:57Et arrêtons de nous faire mal parce qu'on sait qu'une des clés aussi, c'est de relancer la
04:02conso, de faire que ce pays déverrouille l'épargne et tout ça. Et voilà, je pense que cette année, il
04:08y a un peu plus envie d'y croire.
04:09Parce qu'on a 10 mois d'une présidentielle et cette présidentielle, évidemment, j'allais dire, il y a deux
04:14bords qui inquiètent extrêmement le monde économique et sur lequel on n'a pas envie de plonger.
04:19Et là, il y a une perception et je pense que maintenant, il faut un peu positiver.
04:23Oui, alors parmi les S2, il y a le budget qui arrive. L'actualité économique ce matin est extrêmement budgétaire.
04:29Emmanuel Oriol. Alors, je le disais, le discours de Sébastien Lecornu hier, avec cette annonce surprise, on ne s'y
04:33attendait absolument pas.
04:34Un discours qui a été plutôt salué d'ailleurs par l'ensemble des gens que j'ai pu croiser. Mais
04:40cette annonce sur cette mesure, inspirée par Philippe Aguillon, prix Nobel d'économie qu'on vient de recevoir sur le
04:47plateau de BFM Business,
04:48qui est de contraindre assez fortement les grandes fortunes. Il parle des milliardaires, Philippe Aguillon, à orienter une partie de
04:56leur capital au moment de la transmission vers des fonds d'intérêt public.
05:02Réindustrialisation, défense, l'un de vos sujets de prédilection, Emmanuel Oriol. Qu'est-ce que vous pensez de cette mesure
05:06?
05:06Je crois qu'on a des efforts devant nous énormes et l'acceptabilité de ces efforts est très faible en
05:12notre pays. On ne peut même pas geler les retraites un an quand l'inflation est à 2%.
05:16Enfin, je veux dire des choses très simples. Je ne parle pas de les couper à 20%. Donc, il y
05:20a un vrai problème politique et on ne peut pas faire avaler aux Français encore des efforts fiscaux,
05:26parce que c'est ça qui est question, si les plus riches ne contribuent pas. Donc, je crois que cette
05:30question de la justice fiscale et notamment de ceux qui sont les plus fortunés se pose.
05:35Après, il faut faire attention parce qu'on est dans un monde ouvert, qui reste ouvert et on est un
05:40des pays qui taxent le plus déjà le capital.
05:42Donc, on doit le faire intelligemment. Je pense que Lecornu a été habile et qu'il propose quelque chose qui
05:48est sans doute... Enfin, qu'il faut explorer parce que bon, la taxe Zuckman, personne n'en veut.
05:52Mais voilà. Non, mais très clairement, c'est-à-dire qu'il propose une alternative à la taxe Zuckman sur
05:56le capital.
05:57Voilà. Mais des plus hauts.
05:59Il a reconnu, il a reconnu, Benoît Durigny, qu'il avait perdu, en quelque sorte, la bataille de l'hégémonie
06:06culturelle, si on veut reprendre les termes de Gramsci.
06:10Évidemment, Gabriel Zuckman qui a inondé tous les plateaux médiatiques après la démission de François Bayrou pour imposer cette thématique.
06:17On a un peu tardé à voir la réponse du patronat. Est-ce que c'est le sentiment que vous
06:23avez pu avoir aussi ?
06:24Alors, moi, ce que je trouve extrêmement satisfaisant dans tous les échanges qu'on voit et les sujets qui montent
06:29en pression,
06:29c'est qu'en fait, le sujet de l'emploi et du travail revient au centre des discussions parce que
06:34c'est le point d'entrée ou le point d'équilibre
06:37entre les discussions sur le modèle social et les différents points de vue.
06:40Le sujet de la compétitivité, le sujet du travail paye ou ne paye pas assez.
06:45Le pouvoir d'achat, évidemment, un peu chez le salaire brut du net.
06:47Et donc, en fait, c'est le retour de la thématique du travail et de l'emploi qui était plutôt
06:51passé au second plan,
06:52qui revient au centre à travers toute une série d'enjeux sur lequel, de toute évidence, il y a un
06:57consensus sur les enjeux.
06:58Évidemment, il y a des différences sur les réponses.
07:01C'est tout l'intérêt, à mon avis, de la séquence de respiration démocratique qui s'annonce.
07:04On va y venir tout à l'heure. Xavier Durand, un même mot sur ce combat pour l'hégémonie culturelle
07:10entre la fiscalité du capital de l'autre
07:12et puis peut-être un modèle plus anglo-saxon de charities, de donations du côté des grandes richesses.
07:18C'est-à-dire qu'on a pris conscience, et on le voit bien, qu'on a besoin de capitaux.
07:22L'innovation qui est en train de se produire nécessite des investissements qui sont incroyablement élevés.
07:28Et c'est le gros point, je dirais, de faiblesse de l'Europe par rapport aux États-Unis.
07:32C'est que souvent, les innovations sont d'origine européenne.
07:37La technologie, on a une recherche, etc. et des savoir-faire qui sont très forts.
07:41Mais quand il s'agit de passer à l'échelle, quand il s'agit d'industrialiser et de démocratiser,
07:47ça demande des capitaux énormes et l'Europe n'est pas bien organisée pour faire ça.
07:51Donc je pense que, encore une fois, la recette, on peut en discuter,
07:55mais arriver à orienter ces capitaux et à les mettre au travail en Europe,
08:01c'est ça le gros point.
08:02Là, vous posez la question de l'union des marchés de capitaux, très clairement.
08:04C'est-à-dire qu'on n'a pas la même profondeur, évidemment, de marché qu'aux États-Unis,
08:08et on en paye le prix, on continue à en payer le prix.
08:10Est-ce que vous pensez que cette union des marchés de capitaux va pouvoir émarger à un moment au niveau
08:14européen ?
08:14Je l'espère, je le souhaite.
08:16Je crois que ce qui est en train de se passer au niveau géopolitique,
08:19c'est-à-dire les tensions accrues avec les États-Unis sur le digital,
08:24avec la Chine sur l'industriel,
08:27font prendre conscience à l'Europe qu'il faut qu'on bouge.
08:29Et je crois que, dans un sens, elles nous aident.
08:33C'est toujours dans les moments de difficulté que l'Europe réagit.
08:36Alors, ça ne va pas assez vite, on n'est pas très bien organisé,
08:39ça prend du temps du fait du fédéralisme européen,
08:43mais on voit des choses qui se mettent en place.
08:44Alors, fédéralisme, pas encore, mais une gouvernance, en tout cas, entre États-nations,
08:49qui fait qu'on a du mal à avancer vite, en tout cas, oui.
08:53On a du mal à avancer vite, mais on avance,
08:54on voit des efforts qui sont parfois bilatéraux, parfois multilatéraux,
08:59qui concernent, je ne sais pas, la défense.
09:00Alors, allez-y, on est là aussi pour nourrir l'optimisme,
09:02parfois, souvent autour des experts,
09:04on déplore ce manque de rapidité, cette latence au niveau européen,
09:08mais qu'est-ce qui va bien ?
09:09Ça m'intéresse aussi beaucoup, Xavier Durand.
09:13On cartographie ça à la COFAS.
09:14Non, non, mais on cartographie ça.
09:16Alors, l'Europe fait face à une croissance faible, c'est clair,
09:20mais l'Europe a les technologies, l'Europe progresse doucement.
09:23On voit des secteurs comme la défense, on voit des choses qui se passent,
09:27et petit à petit, ça se met en place.
09:29Alors, je crois que c'est vraiment une question de rythme,
09:31c'est vraiment une question aussi de prise de conscience du public,
09:36mais aussi des politiques, parce qu'il y a beaucoup de freins,
09:40mais je crois que l'Europe, petit à petit, est en train d'aller dans le bon sens.
09:43En tout cas, il y a des choses qui, pour moi, se débloquent progressivement,
09:47et que je crois qu'on avait vues un peu figées pendant un certain temps.
09:52Il y a un mot qui a été répété plusieurs fois par Sébastien Lecornu,
09:57pas que, par un autre ancien Premier ministre, Dominique de Villepin aussi,
10:00c'est le mot de souveraineté hier.
10:02On entend beaucoup, beaucoup parler de souveraineté désormais
10:05aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence,
10:07qui était un peu un gros mot.
10:08Il y a encore dix ans en arrière, on était davantage dans un logiciel de libre-échange.
10:13Est-ce que c'est ce que vous constatez, Emmanuel Aurion ?
10:15Alors, la souveraineté pour l'Europe, c'est vrai qu'on a une croissance faible,
10:19mais on a des handicaps énormes, on n'a pas d'énergie.
10:22Et quand on regarde les données longues, la croissance...
10:26On a des centrales nucléaires.
10:27Voilà, j'allais y venir pour la souveraineté.
10:31La France a des atouts, notamment ce programme nucléaire
10:33qu'on n'a jamais abandonné, contrairement à l'Allemagne.
10:37Ils ont fait des erreurs historiques, alors ils y reviennent.
10:39On va en parler dans la seconde partie de l'émission du modèle allemand.
10:41Mais quand même, cette souveraineté, d'abord, elle sera énergétique.
10:45Parce qu'on ne peut pas avoir de croissance sans ça.
10:49Et donc, le fait qu'on ait développé en France
10:52et qu'on continue à vouloir financer le nucléaire, par exemple,
10:55avec l'épargne des Français qu'on évoquait, le Livret A notamment.
10:59Donc, il y a cette idée de servir la France avec une épargne très forte.
11:03Ce n'est pas l'innovation, mais c'est un verrou qu'on doit absolument débloquer.
11:08Et ça, ça nous permet d'attirer du capital,
11:10notamment, par exemple, des stockages de données
11:12qui sont très énergivores,
11:14qui cherchent des endroits où c'est relativement stable l'approvisionnement.
11:19Et le nucléaire, c'est très très stable.
11:20Et décarboné, parce que c'est un des critères européens.
11:23Et l'Europe, je suis d'accord.
11:25Elle est lente, mais elle a un côté efficace.
11:26C'est un pas que beau.
11:27L'inertie est très forte, mais elle est efficace,
11:30dans le sens que quand même, il y a des règles.
11:32Eh bien, elle les fait respecter.
11:33Et je pense qu'on a...
11:34Il ne faut pas oublier qu'on est l'une des zones économiques les plus riches au monde.
11:38Bon, c'est là où il y a les consommateurs.
11:40Et ça, c'est un atout que nous avons.
11:42Donc, il y a des choses très bonnes.
11:43Et je crois qu'il faut qu'ici, on dise aussi...
11:46Et on a des coalitions entre pays.
11:48Ce n'est pas forcément tous ensemble maintenant,
11:50mais suffisamment coalitions de bonne volonté
11:52pour avancer collectivement,
11:54parce qu'on est menacés, de toute façon.
11:55Donc, on doit y aller.
11:57Bon, allez, l'heure du rebond européen-français
11:59et peut-être européen, Ludovic.
12:00Non, mais c'est intéressant ce que dit Emmanuel,
12:02parce que je trouve que dans la souveraineté,
12:04là aussi, il y a une transition.
12:05C'est-à-dire, l'année dernière, quand on était là,
12:06il faisait encore un peu plus chaud.
12:10La souveraineté, on était à l'époque des droits de douane,
12:12enfin, le choc de Donald Trump.
12:14Et là, on mesurait, j'allais dire,
12:16la partie vertige de la souveraineté.
12:18C'est-à-dire, ce qu'on n'a pas.
12:20Les terres rares, les épivés de l'Égypte aussi.
12:21Nos dépendances.
12:23Et là, on a un changement,
12:25parce qu'on commence aussi dans la souveraineté.
12:27La souveraineté, c'est...
12:28On est dans une logique d'affrontement,
12:30d'interdépendance.
12:31Et on commence à mesurer ce qu'on a
12:33ou ce qu'on pourrait avoir.
12:34C'est-à-dire qu'il y a l'énergie,
12:36mais je pense aussi à l'aéronautique,
12:38je pense à la défense,
12:39je pense aux quantiques.
12:40On n'a pas tous les matchs,
12:41on ne peut pas jouer tous les matchs.
12:43Mais dans la souveraineté,
12:45il faut aussi s'apercevoir des arguments
12:47qu'on peut avoir.
12:47Et puis, il y a l'argument
12:48dont Emmanuel a raison.
12:50C'est-à-dire qu'on est dans une zone continentale
12:53qui est riche,
12:54qui représente un marché colossal,
12:56avec une épargne dont on...
12:57La gestion de l'épargne,
12:58on pourra y revenir,
12:59c'est tout un dossier.
13:00Mais en tout cas,
13:01il y a une capacité, malheureusement,
13:02qui ne ruisselle pas,
13:03mais qui est phénoménale.
13:05Et on a un effet de levier
13:06qui pourrait être fantastique.
13:07À nous de jouer, maintenant.
13:08À nous de jouer.
13:09À nous de jouer.
13:09Xavier Durand, je rappelle,
13:11vous êtes directeur général de la Coface.
13:12Je voulais qu'on fasse un peu ensemble
13:13la cartographie des risques à venir.
13:16Le message que vous pouvez adresser
13:18aux chefs d'entreprise
13:20qui nous écoutent en direct
13:21sur BFM Business
13:22pour l'année 2026-2027.
13:25Qu'est-ce qu'il va falloir regarder ?
13:26Qu'est-ce que vous disent vos clients ?
13:27En fait, c'est devenu presque impossible
13:30de faire des prévisions à court terme
13:33ou à moyen terme qui tiennent.
13:35Donc, le message, essentiellement,
13:37c'est de dire, depuis 2019,
13:39depuis le Covid,
13:40on a vu une succession de crises.
13:42On est dans un espèce d'état
13:43de permacrise.
13:44C'est la permacrise.
13:44C'est la permacrise.
13:46Donc, c'est devenu presque impossible.
13:48Et même depuis la crise financière
13:49de 2008, en réalité.
13:50Un petit peu, oui.
13:51Ça a rendu les entreprises
13:52plus résilientes, ça, quand même.
13:53Alors, ça oblige les entreprises
13:55à revoir leur échelle de valeur
13:57et de se dire, bon,
13:58je ne vais pas tout miser sur un scénario.
14:00Je vais voir large
14:01et je vais devoir bâtir
14:02de la résilience,
14:03de la redondance
14:04dans mes process,
14:05dans mes chaînes d'approvisionnement,
14:06etc., ça a un coût,
14:08mais ça a aussi un bénéfice.
14:09Et puis, je dirais,
14:10il y a une deuxième notion
14:11pour moi qui est importante,
14:12c'est de dire,
14:12si vous voulez bien faire
14:13à long terme,
14:14il faut faire bien
14:15tous les jours à court terme.
14:17Alors là, je reviens un peu
14:17au métier de la COFAS
14:18parce que nous,
14:19on assure les entreprises
14:20contre le risque de défaillance
14:22de leurs clients,
14:22donc une échéance de 2-3 mois,
14:24et on procure des données
14:25aux entreprises
14:27pour leur permettre
14:27d'avoir de la donnée fraîche
14:29et de prendre des décisions quotidiennes
14:30qui n'amènent pas
14:31à un gros pépin opérationnel
14:33qui, lui,
14:34est un gros problème
14:35quand il s'agit
14:36de résilience à moyen terme.
14:38Voilà, donc c'est vraiment ça,
14:39à mon avis,
14:40le focus.
14:41Donc, il y a un coût,
14:42on le voit dans l'économie,
14:43on voit que ça ralentit,
14:44il y a un coût à la résilience,
14:46mais il y a un bénéfice
14:46à moyen terme
14:47à le faire bien.
14:47Bon, on va plus longtemps.
14:50Même chose,
14:52Benoît Durini.
14:53Je voulais rebondir
14:53sur la résilience.
14:54Moi, je pense que je partage
14:55entièrement ce point de vue.
14:56Je trouve que le changement
14:57qu'on voit,
14:57c'est les deux mots clés maintenant,
14:59c'est résilience,
15:00c'est-à-dire être capable
15:00d'encaisser un imprévu
15:02et il y en a encore eu un
15:04avec le Hormuz
15:05il y a trois mois
15:06et en même temps être agile
15:07pour saisir les opportunités
15:09parce que quand il y a
15:09une fenêtre d'opportunité,
15:10ça ne dure pas longtemps.
15:12Et donc, on voit bien
15:12que le maître mot
15:14et la résilience
15:15et l'opportunité.
15:16C'est résilience
15:17pour encaisser les chocs
15:18et agilité
15:19pour saisir les opportunités
15:21et quand on en vient
15:22et c'est le point
15:22que vous évoquiez
15:23sur les chaînes de valeur,
15:24moi, je trouve
15:24que c'est très clair.
15:25Il y a toute une période
15:26où il consistait
15:27à optimiser au maximum
15:28sa chaîne de valeur
15:29entre l'endroit
15:29où j'achète,
15:30je produis et je vends
15:31pour optimiser économiquement
15:32la chaîne.
15:33Là, le sujet,
15:34c'est moins ça.
15:35Évidemment,
15:36il y a un enjeu économique
15:36mais c'est surtout
15:37d'optimiser la résilience
15:38de ma chaîne de valeur
15:39parce que comme je ne sais jamais
15:41où ça peut,
15:42où peut y avoir
15:42un incident géopolitique,
15:43il faut que ma chaîne de valeur
15:44soit résistante
15:45et résiliente.
15:46Ça peut peut-être
15:47me coûter plus cher
15:48mais en revanche,
15:49ça me coûtera beaucoup plus cher
15:50si à un moment ou un autre
15:50j'ai une rupture
15:51dans ma chaîne de valeur.
15:52Et ça a une conséquence
15:53et je reviens à la souveraineté,
15:55c'est que ça peut avoir
15:56une conséquence
15:56et c'est positif
15:57évidemment
15:58dans ce qui concerne
16:00la réindustrialisation,
16:01c'est-à-dire le rapatriement
16:02d'un certain nombre
16:02d'éléments de production
16:03dans ma chaîne de valeur
16:04pour les sécuriser
16:06en France
16:06ou sur des pays
16:07sur lesquels
16:08on a une certitude géopolitique.
16:09C'est une dynamique
16:09qu'on voit ça, Ludovic ?
16:11Ce que dit Benoît
16:12est important
16:12parce qu'on a été
16:16un peu idiots quand même.
16:17Dans la mondialisation
16:18à flux tendu,
16:20c'était vraiment
16:21une peau de tambour.
16:22C'est-à-dire qu'on a pris
16:23évidemment tout qui fonctionne,
16:25c'est merveilleux.
16:26Là, on s'est aperçu...
16:27On a optimisé
16:28les supply chains.
16:29On a sur-optimisé.
16:31C'est-à-dire qu'on a optimisé
16:33dans un monde
16:33qui n'existe pas
16:34de bisounours
16:35tous bras dessus, bras dessous.
16:37Là, le monde a changé
16:38et ce que dit Benoît
16:39est extrêmement important
16:40parce qu'il y a
16:40une compréhension
16:41mais il y a une
16:44recompréhension
16:44de ce qu'est une activité.
16:46Je pense notamment
16:46à l'industrie.
16:47Je pense aux matières premières,
16:48aux entrants et autres.
16:49C'est-à-dire de se dire
16:49maintenant, en fait,
16:51il faut de la visibilité.
16:52C'est-à-dire qu'on ne peut pas
16:53juste piloter
16:53dans des logiques de flux.
16:55Maintenant, il faut construire.
16:57Je pense qu'il y a
16:58une compréhension
16:58de la part des décideurs,
17:00des patronats
17:01ces derniers mois.
17:02Et peut-être que
17:03si tout ça se termine bien,
17:05à la fin,
17:05on remerciera la Chine,
17:07on remerciera Donald Trump
17:08parce que ce sont
17:09des lignes de fragilité
17:10qui, à un moment ou à un autre,
17:11elle est claquée.
17:13Cette prise de conscience,
17:14elle est probablement salutaire.
17:15Elle va poser
17:17des questions profondes.
17:18Elle va poser des questions profondes
17:19sur certains secteurs.
17:20Je pense par exemple
17:21dans la santé.
17:21C'est vraiment une question
17:22extrêmement profonde
17:23sur l'accès aux molécules
17:24et autres.
17:26Mais ce point-là
17:27fait que probablement,
17:29on est en train d'acheter
17:29de la visibilité économique.
17:31Et la visibilité économique,
17:32c'est quelque chose
17:32de très très précieux.
17:33Oui, Xavier Durand,
17:34vous confirmez.
17:34Oui, moi, je partage ce propos.
17:36J'avais deux observations.
17:38Le premier, c'est que
17:39le commerce mondial
17:41fait preuve
17:41d'une incroyable résilience
17:42qu'on lui a mis quand même...
17:44Il a continué de progresser
17:45l'année dernière,
17:45il faut le dire.
17:46Donc, vous pouvez mettre
17:48des sanctions,
17:48vous pouvez avoir
17:49des conflits géopolitiques,
17:50vous pouvez mettre des tarifs,
17:51vous pouvez mettre
17:51ce que vous voulez.
17:52On dit chez Cofas,
17:54le commerce,
17:54c'est comme l'eau,
17:55ça trouve un chemin.
17:56Et je crois que,
17:57d'une part,
17:58la capacité à se réinventer,
18:01à se réorganiser,
18:02est incroyable.
18:03et je pense qu'il ne faut pas
18:05oublier ça.
18:06Et donc, il faut en tenir compte
18:07dans le...
18:08Et la deuxième chose
18:09que je dirais,
18:10c'est que l'improvisation
18:12ou la réactivité,
18:14ça se travaille.
18:15C'est un muscle
18:16qu'il faut exercer au quotidien
18:20ou dans les entreprises
18:22pour s'entraîner
18:23à changer en temps réel
18:25quand les événements se produisent,
18:27puisqu'on ne sait pas
18:27les prévoir.
18:28Donc, il y a vraiment
18:29des questions de culture,
18:30d'organisation.
18:31Et je partage votre point de vue.
18:32Ce qui nous arrive aujourd'hui,
18:33c'est dans un sens bénéfique
18:35sur le moyen terme,
18:37parce que tout ce qui ne vous tue pas
18:39vous rend plus fort.
18:40Emmanuel, une réaction ?
18:42Oui, alors,
18:42je voulais rebondir justement
18:43sur le fait que le commerce
18:45international n'a pas faibli,
18:46ce qui montre
18:47qu'on n'est pas si dépendant
18:48que ça, en fait.
18:49On n'a pas besoin
18:50de faire des stocks,
18:51de trucs qui existent
18:52par ailleurs sur la planète,
18:53parce que, de toute façon,
18:54on est imbriqué commercialement
18:56avec le reste du monde,
18:57même avec des pays
18:58où on a des zones
19:00où on a des tensions.
19:01Moi, ce que ça a remis en question
19:02l'épisode récent,
19:04c'est un peu la vision
19:05des lumières
19:05du doux commerce,
19:06de Montesquieu,
19:07l'idée que...
19:08Et la construction européenne,
19:09c'est ça.
19:10Si on fait du commerce,
19:11on ne fait pas la guerre.
19:12Eh bien, ce n'est pas vrai.
19:13On peut faire un pipeline
19:14entre l'Allemagne et la Russie
19:16et quand même avoir la guerre,
19:17ce qui, pour moi,
19:19est vraiment une source
19:21de choc,
19:21parce que je pensais,
19:23en tant qu'économiste,
19:24que l'intégration économique
19:25était un facteur
19:27de diffusion de la paix.
19:28Et ce qui a été vrai
19:29depuis la guerre froide
19:30jusqu'à une période...
19:31On a vécu une période
19:32de prospérité,
19:33d'échange et de...
19:34Mais ce n'est pas complètement vrai.
19:35Il ne faut pas oublier
19:36l'idéologie.
19:36Mais vraiment,
19:37c'est un truc...
19:38Mais on est quand même intégrés.
19:40Donc, on n'a pas besoin
19:40de faire des stocks de tout.
19:42La souveraineté,
19:43ça doit être intelligent.
19:44Ça doit être sur certains secteurs.
19:46Ça ne doit pas être...
19:47Voilà, j'accumule
19:48dans mon garage,
19:50je ne sais pas,
19:50n'importe quoi.
19:51Ce n'est pas ça,
19:52la souveraineté.
19:52Je voulais un dernier mot
19:53sur le détroit d'Hormuz.
19:55Est-ce que vous avez confiance
19:56en la réouverture ou pas ?
19:58Et puis un dernier mot
19:59sur l'IA.
20:00Je dirais que, vous savez,
20:00cette crise,
20:01elle a démarré,
20:01on ne l'a pas vu venir.
20:02Elle a duré plus longtemps
20:04que certains disaient.
20:05Elle est peut-être
20:06en train de se calmer,
20:07mais je dirais peut-être
20:08parce que...
20:08Prudence.
20:09Il faut être prudent.
20:10On revient au thème précédent.
20:14Personne ne sait
20:14ce qui va exactement se passer
20:15et ce qu'il faut,
20:16c'est savoir résister.
20:17Moi, j'ai un commentaire
20:18sur le commerce international.
20:21Je pense qu'il n'est pas
20:22une protection absolue
20:23contre la géopolitique,
20:24mais ça aide.
20:25Parce qu'on est imbriqué.
20:27On voit bien
20:27que les intérêts réciproques
20:29sont quand même
20:29de continuer à commercer.
20:31Le bénéfice global
20:33tiré par l'humanité
20:34du commerce est immense.
20:35C'est pour ça
20:36que c'est résilient.
20:37Et d'ailleurs,
20:38l'issue de la guerre
20:40avec l'Iran,
20:41c'est lié au commerce,
20:42en fait.
20:43Et donc,
20:43on veut avoir la paix
20:44à tout prix
20:45parce que ça perturbe
20:46tout le monde.
20:46Au commerce,
20:47au mid-terms
20:48et puis un peu
20:48au taux des marchés
20:50aussi obligataires
20:51qui peuvent mettre
20:51la pression.
20:52Oui, mais c'est lié.
20:53Je suis d'accord.
20:54Le doux commerce,
20:55c'est une notion quand même.
20:56Quand on fait du commerce,
20:57on ne fait pas la guerre.
20:58Bon, Benoît Durigny,
20:59on parle de
21:00où sont les risques
21:01en 2026-2027
21:03pour l'emploi.
21:04Je voulais terminer
21:05avec vous.
21:06où sont les risques.
21:07Le chômage augmente
21:07en France,
21:08on le sait.
21:09Et puis,
21:09il y a cette révolution,
21:10cette vague qui arrive
21:11qui s'appelle l'IA
21:11et dont on ne sait pas encore
21:14de quel côté
21:14va retomber la pièce.
21:15On craint pour beaucoup
21:16de métiers quand même
21:17et notamment pour les jeunes.
21:19Alors,
21:19vous êtes plutôt optimiste
21:20ou inquiet ?
21:22Alors,
21:22je vais vous dire
21:22trois mots.
21:23Je dirais,
21:24il y a une dégradation
21:25de la situation
21:25de l'emploi
21:28incontestablement
21:28et c'est clairement dû
21:29au PIB
21:30et donc à l'activité économique.
21:32Comme souvent
21:33dans les parties,
21:34pas de récession
21:34mais de ralentissement,
21:35c'est évidemment
21:36les jeunes diplômés
21:37quand ils rentrent
21:37sur le marché du travail
21:38qui sont souvent
21:39en première ligne
21:40sur ce sujet-là
21:41d'où l'augmentation
21:41du taux de chômage.
21:43Mais il y a un magnifique
21:44amortisseur
21:45qui s'appelle
21:45la démographie
21:48et ça veut dire quoi ?
21:49Ça veut dire que
21:49très concrètement,
21:50compte tenu
21:51du mur démographique
21:52et d'un certain nombre
21:53de départs,
21:53en réalité,
21:54c'est ça qui fait
21:55qu'on a un taux de chômage
21:56qui est aujourd'hui
21:57à 8,1
21:57et évidemment,
21:58c'est trop élevé
21:59mais il n'est pas
22:00et probablement
22:00il ne sera pas
22:01à 10,5
22:02ou 10,6
22:03comme on a connu
22:04en 1996
22:05je crois
22:05ou 2016
22:06un truc comme ça.
22:07Donc ça c'est...
22:09Là vous êtes en train
22:09de nous dire
22:10que le chômage
22:10à moyen terme
22:11ne sera plus un sujet
22:12en réalité
22:13avec la pyramide des âges.
22:14Et je dis du coup
22:15que l'enjeu
22:16pour moi majeur
22:17c'est le renouvellement
22:18des générations
22:18et le transfert
22:19des compétences
22:20et on passe
22:20d'un marché de l'emploi
22:21à un marché des compétences
22:22ça veut dire que
22:23concrètement,
22:24la génération
22:24qui va partir progressivement
22:26dans les prochaines années
22:28a une expertise
22:28comment faire
22:29pour que cette jeunesse
22:30et ceux qui vont rentrer
22:31sur le marché de l'emploi
22:33transmettent
22:33sur un point en particulier
22:35on va reboucler
22:35sur la souveraineté
22:36sur tous les métiers
22:37manuels et techniques.
22:39Oui.
22:39L'industrie au sens large
22:41a besoin
22:42d'expertise manuelle
22:43technique
22:43je ne parle pas forcément
22:44d'ingénieurs
22:45je parle de techniciens supérieurs
22:46de compétences industrielles
22:47et c'est la même chose
22:48dans la construction
22:48c'est des métiers
22:49qui s'apprennent
22:51avec l'expérience
22:51quand on part à la retraite
22:52il faut pouvoir transmettre
22:53et je pense qu'un des enjeux majeurs
22:55sur le marché de l'emploi
22:56et du travail
22:57sur les années qui viennent
22:58ça va être cette transmission
22:59pour réussir
23:00à passer ce mur démographique
23:02dans une période
23:02où justement
23:03on a besoin
23:04de réindustrialiser
23:05ou de remettre
23:06sur le territoire
23:07un certain nombre
23:07de compétences industrielles.
23:09Bon, voilà du lien
23:10en génération
23:10vous souhaitiez réagir Emmanuel ?
23:11Oui parce que
23:13je pense que
23:14c'est très important
23:15qu'il y ait une transmission
23:17sur le lieu du travail
23:18de métiers manuels
23:19parce que l'IA
23:19pour l'instant
23:20on ne va pas prendre
23:21les métiers manuels
23:21c'est la bonne nouvelle
23:23et le problème
23:24c'est la faillite de l'école
23:25parce qu'on a
23:26les classements internationaux
23:28qui montrent
23:28qu'on est complètement nuls
23:29on est derrière
23:30pire que nous en maths
23:31il n'y a que le Chili
23:31dans les pays de l'OCDE
23:32d'accord ?
23:33Donc l'Angleterre
23:34il y a des marges de progression
23:35Oui mais donc ça veut dire
23:36la formation initiale
23:37elle n'est pas bonne en France
23:39nos enfants sont mal formés
23:40et on a
23:41donc on a des jeunes au chômage
23:42parce qu'ils sont nids
23:43ils n'ont aucune qualification
23:45ils ne savent rien faire
23:46on en a beaucoup plus
23:47que dans les autres pays
23:48donc ça c'est un vrai enjeu
23:49et je ne sais pas
23:50comment l'entreprise peut
23:51c'est la notion d'apprentissage
23:53mais peut pallier
23:54à ce genre de manque
23:54mais je suis assez sensible
23:56à cet argument
23:57de transmission
23:57je crois que c'est important
23:58Bon les jeunes
23:59qui sont un sujet majeur
24:00aussi dans les rencontres
24:01économiques d'Aix-en-Provence
24:02ici
24:03merci à tous les deux
24:04merci Benoît Durigny
24:05directeur général de Manpower
24:07et merci Xavier Durand
24:08directeur général de la Coface
24:10on se quitte
24:11pour une petite minute
24:12et on se retrouve juste après
24:13on va parler de l'Allemagne
24:14de l'explosion
24:15de son modèle économique
24:16et des réponses allemandes
24:18qui sont en train d'être apportées
24:19ne quittez pas
24:19on se retrouve tout de suite
24:20et on se retrouve tout de suite
24:21on se retrouve tout de suite
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