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  • il y a 6 heures
Brouillage, interception, drones-intercepteurs armés : comment la France se prépare à la menace des drones détournés en armes. Reportage au centre d'essais de Brétigny, où une cinquantaine d'entreprises testent leurs parades. Depuis l'Ukraine jusqu'aux prisons françaises, en passant par les centrales nucléaires et les gares, la menace drone inquiète. Un projet de loi actuellement examiné au Sénat pourrait, à partir de 2027, autoriser certains agents de sécurité privée à utiliser eux-mêmes ces technologies de défense sur les points d'intérêt vitaux du territoire.

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Transcription
00:00Peut-on transformer des drones du commerce en machines à tuer ?
00:02A priori oui, c'est ce que fait l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe.
00:14Cette possibilité fait peser une nouvelle menace sur le territoire français.
00:17L'utilisation malveillante de la technologie, c'est celle malheureusement qui fait avancer aussi,
00:22puisque c'est eux les plus inventifs.
00:24Mais c'est loin d'être le seul souci soulevé par cette technologie.
00:27C'est des dégâts d'images aussi. Un drone DJI qui viendrait à tomber sur une centrale nucléaire,
00:30en termes de préjudice d'images, c'est assez important.
00:34Ça va être aussi la possibilité de transporter dans les prisons des armes.
00:38Le survol de prison, il est fait. On le voit notamment en Chine avec des drones qui peuvent lever 80
00:43-100 kilos.
00:44Est-ce que la prochaine évasion dans une présence française, ce sera par drone ?
00:48On essaye à l'heure actuelle d'éviter que ça puisse arriver.
00:51Les drones se démocratisent.
00:53Chez le chinois DJI, qui domine le marché grand public, comptez un peu plus de 200 euros pour une machine
00:57qui filme en 4K
00:58et qui peut se piloter à plusieurs kilomètres de distance si les conditions sont réunies.
01:01La techno est devenue accessible par la diminution des coûts, parce que dans l'industrie automobile, dans l'aéronautique, etc.,
01:08on a des tas de composants qui sont devenus accessibles pour le commun des mortels.
01:11Face au danger, de nombreuses entreprises travaillent sur des parades.
01:14C'est nos designs, on les fabrique chez nous, on produit une partie des équipements chez nous.
01:17Beaucoup sont regroupés autour de ce centre d'essai que nous avons pu visiter.
01:20Le centre d'essai de Bretigny-sur-Arge est dédié aux drones uniquement.
01:24C'est une zone de Val qui fait 300 hectares et qui nous permet aujourd'hui de tester tous les
01:28systèmes de drones et de lutte anti-drones.
01:30Du coup, je vais à décollage ?
01:35On a une cinquantaine d'entreprises qui utilisent la zone de Val.
01:38Et au milieu, on se retrouve avec des ferons cultivés ou non,
01:41qui ont abrité le fleuron de l'aviation française, notamment les féminines,
01:45puisqu'on a eu Jacqueline Oriol qui a battu le mur du son ici.
01:48Et nous, on est fiers de faire revivre le centre d'essai.
01:51Aujourd'hui, seule la police, la gendarmerie et l'armée sont autorisées à utiliser des technologies anti-drones,
01:56comme le brouillage ou l'interception.
01:57Mais tout pourrait changer en 2027.
01:59En effet, un projet de loi fait son chemin au Sénat en ce mois de juin,
02:02après un vote largement adopté par l'Assemblée nationale.
02:05Aujourd'hui, cette loi permet de répondre à l'accélération de la menace.
02:10Le texte prévoit notamment que certains agents de sécurité privés
02:13puissent utiliser par eux-mêmes ces technologies dans ce qu'on appelle des points d'intérêt vitaux.
02:17On parle d'à peu près 1500 points d'intérêt vitaux en France.
02:20Donc ça peut être du petit hôpital, ça peut être de la gare, une centrale nucléaire.
02:24À chaque situation, les autorités doivent trouver la technologie de défense adaptée.
02:27C'est un peu un jeu où on va chercher des parades à chaque techno, et donc elles ont toutes
02:30leurs limites.
02:30Il y a potentiellement une première manière de se protéger, qui est le brouillage.
02:33Si on brouille ton drone, il va y avoir trois réactions possibles.
02:36Donc ton drone va soit se poser là où on l'a brouillé, qu'il arrivera en fin de batterie,
02:39soit il va retourner là où tu l'as allumé, soit il va retourner sur ta position directement.
02:44Ça c'est un moyen de neutraliser, ça ne marchera pas pour tout, parce qu'il y a des drones
02:47à fibre optique,
02:47parce qu'il y a des drones autonomes, et donc en dernier recours, il va falloir les neutraliser de manière
02:50physique.
02:51Hors de question, évidemment, de faire exploser des engins au-dessus d'un hôpital ou d'une gare.
02:56Par contre sur une centrale nucléaire, il n'y a rien autour de 30 km autour de la centrale.
03:00Là, pourquoi pas utiliser les drones intercepteurs ?
03:03Et c'est là où nous on a une solution, et là c'est cette capacité à en faire des
03:05dégâts et à emmener une charge explosive s'il faut.
03:08Alors voilà, il y a huit moteurs, c'est une petite particularité qu'on a, ce qui fait qu'on
03:12a énormément de puissance.
03:12Donc on est sur des machines qui prennent jusqu'à 400 km heure en vitesse de pointe.
03:17Du coup c'est du FPV, donc First Person View.
03:20C'est comme si j'étais assis à l'avant du drone et je vois tout.
03:22C'est pas du tout impossible à piloter.
03:24Si on a déjà joué à un jeu vidéo, ça peut aider.
03:27Aujourd'hui on a la ST78 qui est un peu le fer de lance de notre gamme.
03:32Et puis on peut faire également des drones plus petits,
03:35sachant qu'on peut jeter le drone depuis un hélicoptère, depuis un avion.
03:38Et le drone se rétablit en une fraction de seconde.
03:41Là on a sa vitesse, la qualité du lien radio qu'on a avec.
03:44On est une boîte française, on est basé dans les Hauts-de-France.
03:47On est parti de ce qu'on savait faire nous, ce qu'on avait appris à faire.
03:49Quand on a commencé à adresser le marché audiovisuel,
03:51et on s'est resservi de tout ça pour créer une gamme spécifique à la lutte anti-drone.
03:56A l'origine, l'utilisation de drones explosifs se fait dans des contextes de guerre,
03:59avec des engins de taille très différentes.
04:01Alors on va retrouver des petites munitions téléopérées, comme ces drones là,
04:04qui sont capables d'emmener des charges jusqu'à quelques kilos.
04:07Et à l'autre bout du spectre, en termes de taille,
04:09il y a typiquement des drones plus longs d'élongation, type Shaed,
04:12qui fait à peu près 2m50 de non-vergure, 3m de long.
04:15Avec l'expérience de plus de 4 ans de conflit,
04:17l'Ukraine a une nette longueur d'avance en la matière sur le monde entier.
04:21Malheureusement, ils ont ces capacités à pouvoir tout développer,
04:24puisque quand on est en temps de guerre, il n'y a plus de réglementation.
04:26Le pays travaille beaucoup à partir de composants physiques importés de Chine,
04:30le leader des drones low-cost.
04:31On est maintenant en train de faire 70% de tous les armes qui sont en frontière.
04:38Selon les révélations de Bloomberg,
04:39même les Etats-Unis cherchent à obtenir un transfert de technologie ukrainienne.
04:42Les Ukrainiens travaillent ici avec les entreprises françaises.
04:45On n'est pas en retard parce qu'on a une très grande créativité technologique en France.
04:48Ce qu'on fait sur le centre d'essai ici, c'est qu'on permet aux entreprises d'aller plus
04:51vite.
04:52Je préférais qu'il n'y ait pas de guerre en France pour qu'on puisse passer à la vitesse
04:55supérieure.
04:56C'est un domaine dans lequel il y a un enjeu de souveraineté,
04:59de maîtrise de toutes les chaînes d'appro, de la conception, de la fabrication,
05:02pour être en capacité de se protéger contre ce type de menace.
05:06Le projet de loi déposé par le gouvernement contient pour cela un volet budgétaire.
05:09600 millions d'euros pour les drones et les robots,
05:11et plus d'1,3 milliard d'euros pour l'innovation de façon globale.
05:14Pour la France, ces investissements sont une manière de ne dépendre ni de la Chine,
05:18ni de l'Ukraine, qui sont pour l'instant à la pointe du secteur.
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