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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 1er juillet, la question de la régularisation de l'immigration pour augmenter le PIB en France a été abordée par Jean-Marc Daniel et Raphaël Legendre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La matinale de l'économie, le débat c'est Raphaël Le Gendre face à Jean-Marc Daniel.
00:04La moitié de la croissance espagnole de ces dernières années est due à l'arrivée d'immigrer.
00:08C'est ce qu'a dit Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol hier.
00:10Il a même précisé, sans immigration, l'Espagne aurait 19% de PIB en moins 2050.
00:15Il fait même le détail sur les cafés, les écoles, les exploitations agricoles.
00:19Ça nous amène à cette question, quel est le bon modèle économique pour la France ?
00:23Raphaël Le Gendre.
00:24Il y a d'abord une question à laquelle il faut répondre, c'est est-ce qu'on peut se
00:26passer ou pas d'immigration ?
00:27On voit la montée des populismes et des nationalismes de partout en Europe.
00:31C'est un sujet extrêmement politique, mais ce qu'on voit aussi c'est la baisse de la natalité.
00:35Je veux dire, à un moment, la croissance potentielle d'un pays dépend d'abord et avant tout de l
00:41'augmentation de sa population ou pas.
00:44En tout cas c'est un élément absolument majeur, pas unique mais majeur.
00:47Donc qu'est-ce qu'on fait en France ?
00:48En 2025, on a connu la grande bascule de la natalité, on a désormais plus de décès que de naissances.
00:54Donc est-ce qu'il va falloir accueillir davantage d'immigrés ?
00:58La réponse est très probablement oui, effectivement.
01:02Alors après, tout dépend comment on le fait, puisqu'on voit aussi les tensions politiques que cela génère dans le
01:08pays.
01:08Pourquoi ces tensions ?
01:09Parce qu'en France, on a fait depuis des décennies le choix d'une immigration familiale.
01:15Le CAE avait commis une note absolument passionnante il y a quelques années sur ce sujet.
01:20Emmanuel Auriol, notamment, co-atrice.
01:23Aujourd'hui la question ce n'est pas d'ouvrir davantage les frontières, c'est de les ouvrir plus intelligemment.
01:29On a largement subi notre immigration.
01:32L'immigration française, elle a été concentrée sur l'Afrique et le Maghreb principalement,
01:37avec la moitié des gens qui étaient non diplômés pour la plupart.
01:41Ce qui fait que ça a pesé sur l'économie en partie.
01:46Ce qu'il faut, c'est recruter là où l'économie manque de bras.
01:51Donc il faut d'abord qu'on diversifie davantage les pays d'origine.
01:55Là c'est trop concentré et concentré à 80% dans les zones urbaines, ça a créé des tensions.
02:01Donc il faut diversifier l'économie, il faut diversifier l'immigration.
02:04Il faut des profils plus diplômés, quand on a la moitié de l'immigration qui n'est pas diplômée,
02:11ça ne peut pas fonctionner au bout d'un moment.
02:13Il faut par ailleurs flécher davantage cette immigration,
02:19c'est-à-dire qu'on ait la liste des métiers en tension.
02:22Ça, ça devait être fait et répondre tout comme il faudrait qu'on flèche l'orientation
02:26à la sortie des lycées professionnels, des études, etc.
02:28Bref, rationaliser un sujet qui est aujourd'hui brûlant,
02:36qui est compliqué dans la société, il y a des voies et moyens pour faire beaucoup mieux.
02:40Jean-Marc Daniel, vous êtes contre l'immigration choisie.
02:44Oui, tout à fait, je pense qu'effectivement c'est un processus,
02:47c'est un processus que je qualifie carrément de néocolonial.
02:50Sur le plan intellectuel et sur le plan pratique,
02:52je suis favorable à la liberté de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux.
02:57Et je pense qu'on vit un monde, d'ailleurs, qui est qualifié par certains économistes,
03:01de Phileas Fogg inversé.
03:03C'est-à-dire que Phileas Fogg, c'est le héros du tour du monde en 80 jours.
03:06Et à l'époque, son valet de chambre, son collaborateur, son secrétaire,
03:11qui s'appelle Passepartout, a comme mission de récupérer les documents nécessaires
03:15sur le plan administratif au tour du monde en 80 jours.
03:18Et en une journée, il récupère les visas qui sont nécessaires à faire le tour du monde.
03:21Et après, il leur faut 80 jours pour faire ce tour du monde.
03:23Et maintenant, il faut 80 jours pour récupérer les visas nécessaires à faire le tour du monde.
03:29Et en une journée, on peut faire physiquement le tour du monde.
03:31Donc je pense qu'il faut abolir ces 80 jours de tracasserie administrative.
03:35En revanche, je pense qu'on va vers un monde qui est un monde, là aussi,
03:40dans un papier récent, j'ai salué Serge Turuc,
03:43c'est-à-dire que les usines ne seront plus en Europe.
03:46Les usines, elles seront à Abidjan.
03:48Et donc, on a intérêt à faire en sorte que les sociétés africaines,
03:51notamment, puisque à l'horizon 2050, un quart de l'humanité vivra en Afrique.
03:55Il y aura 2,5 milliards d'Africains, même s'il y a de l'immigration,
03:58l'essentiel se passera en Afrique.
04:00Et donc, ce qu'il faut assurer, c'est par la liberté de circulation des capitaux,
04:04un co-développement entre la France et l'Afrique.
04:07Avoir comme objectif de vider l'Afrique de son élite,
04:09en disant, au travers de l'immigration choisie,
04:11on va prendre les bons, les ingénieurs,
04:13on va prendre les médecins, parce qu'on manque des médecins argentistes,
04:16et puis, on va laisser, en Afrique, les gens mal formés,
04:20ou alors, effectivement, on va faire venir des gens peu formés
04:22pour des emplois que personne ne veut faire en Europe.
04:24C'est-à-dire, une immigration, c'est une immigration
04:26dans laquelle c'est nous qui décidons
04:28quelle est la structure sociale et économique
04:30des pays qui ont vocation à avoir une forte croissance.
04:33Mais, du coup, quand Pedro Sanchez, il dit,
04:34moi, ça me permet de remplir les cafés,
04:36les exploitations agricoles et les écoles,
04:38vous dites, il a tort ?
04:39Je dis, il a tort, parce qu'au Japon,
04:42les gens qui apportent des revenus au Japon
04:44travaillent pour les Japonais,
04:45mais non pas à Tokyo, ils travaillent pour les Japonais,
04:48en Indonésie ou en Inde.
04:50Et donc, effectivement, il y a besoin de gens
04:52pour faire fonctionner les cafés,
04:53mais si on ne trouve pas de main-d'oeuvre
04:55pour faire fonctionner les cafés,
04:56il n'y a qu'à augmenter les salaires.
04:58C'est-à-dire que si vous ne trouvez pas
04:59de quoi satisfaire sur un marché
05:01ce que vous réclamez,
05:03eh bien, vous faites évoluer le prix.
05:04En revanche...
05:05Sauf qu'augmenter les salaires
05:05quand on a un coin fiscal ou social de 50%,
05:08c'est quand même très compliqué.
05:09Ah, mais on peut augmenter les salaires
05:11sans augmenter les impôts.
05:12On a même plutôt intérêt à baisser les impôts,
05:14augmenter les salaires
05:15et laisser les capitaux partir vers Abidjan
05:18et Mumbai
05:19pour préparer effectivement la source de revenus
05:21qui sera associée à la croissance de ces pays.
05:23Mais il ne faut pas transformer l'Afrique
05:25en une espèce de désert intellectuel
05:27où toutes les élites seront cantonnées
05:30entre Paris, Lyon et Berlin.
05:32Non, mais l'Afrique n'est pas le seul creuset de l'immigration,
05:34ce qu'on dit.
05:35C'est bien qu'il faut diversifier nos horizons.
05:40Mais il ne faut pas vider non plus l'air.
05:41En Allemagne, c'est les informaticiens.
05:43Il ne faut pas vider l'air,
05:44il ne faut pas vider l'indonésie non plus.
05:46Il faut que l'immigration soit davantage pilotée
05:48pour devenir une politique économique.
05:50En réalité, c'est de la croissance
05:53et donc de la prospérité partagée.
05:54Vous ne pouvez pas empêcher,
05:55si vous êtes pour la libre circulation des personnes,
05:57d'avoir envie de venir en France,
05:58qui est un très beau pays,
05:59pour venir bosser aussi.
06:01Mais il faut multiplier les pays d'origine,
06:04il ne faut pas concentrer les populations immigrées
06:07dans des banlieues explosives.
06:09Il faut qu'ils puissent s'installer absolument de partout.
06:12Et surtout, il faut des profils différents et diplômés.
06:14Je trouve ça intéressant que Raphaël,
06:16qui se définit comme libéral,
06:17veuille piloter.
06:19Ah !
06:19Qu'il pilote, qu'il pilote.
06:21La liberté, c'est pas le piloter.
06:24Le libéralisme, ça n'est pas n'importe quoi.
06:26C'est organiser la société.
06:28La liberté n'existe que dans la sécurité.
06:31Vous pouvez être reprends par le maître libéral, ici.
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