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  • il y a 2 jours
Pour ce nouvel épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective internationales de TVL, Edouard Chanot reçoit Nikola Mirkovic, fondateur de l'ONG Ouest-Est et membre du think tank "Sovereignty".

Le ministre polonais de la défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a, hier soir sur Polsat news, averti l’Ukraine : il n’y aura pas d’adhésion à l’UE si Kiev continue de promouvoir la la figure historique controversée de Stepan Bandera. Ces tensions avec l’allié polonais tombent mal, alors que l’Ukraine et la Russie sont passées aux offensives d’été. Zelensky a donné 40 jours au services ukrainiens pour « mettre une pression maximale » sur Moscou et « l'obliger à mettre fin à la guerre ». Si l’on en croit les partisans de Kiev, la situation serait désormais plus favorable à l'Ukraine. Info ou intox ?

Vladimir Poutine, de son côté, maintient son cap. Mais il est semble-t-il pressé par les nationalistes, qui poussent vers l'escalade. Alors est ce l’été de la dernière chance pour les belligérants ?

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Transcription
00:00Madame, Monsieur, faire exister une chaîne audiovisuelle alternative en France sans grands groupes financiers, sans subventions publiques, Paris réussit.
00:08Résister aux attaques, aux censures, aux pressions et inquisitions de toutes sortes, Paris réussit.
00:14Refuser la politique spectacle pour aller au cœur des vraies préoccupations des Français, Paris réussit.
00:20Parler de la France, du monde et de l'actualité sans se soumettre aux modes, aux partis ou aux puissances
00:25du moment, à l'empire du mensonge, Paris réussit.
00:28Transmettre, se renouveler, faire confiance aux jeunes générations sans renier son identité, Paris réussit.
00:35Donner la parole à l'élite souterraine, à des centaines d'intellectuels habituellement bannis des médias conformistes, Paris réussit.
00:42Et inventer un modèle économique fondé sur l'indépendance, la liberté et le soutien volontaire des téléspectateurs, là encore, Paris
00:50réussit.
00:51Mais il reste un Paris à gagner, celui de cet été 2026.
00:54Et au moment où je vous parle, à cet instant même, celui-ci est loin d'être gagné.
00:59Et il ne dépend que de vous seul.
01:01Pour que TV Liberté continue d'exister, de résister, d'informer, de transmettre, il faut faire un don à TVL.
01:08Parce que TV Liberté ne dépend que d'une seule force, la vôtre.
01:11Pouvons-nous compter sur vous ?
01:41Bonjour à tous et bienvenue dans notre vidéo.
01:43Dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
01:47Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kozyniak-Kamis, a hier soir sur Polsat News averti l'Ukraine.
01:54Il n'y aura pas d'adhésion à l'Union Européenne.
01:57Si Kiev continue de promouvoir la figure historique et controversée de Stépan Bandera.
02:02Des tensions avec l'allié polonais donc qui tombent mal pour Volodymyr Zelensky.
02:07Alors que l'Ukraine et la Russie sont passées aux offensives d'été, je dirais même aux offensives décisives, décisives
02:13sur l'issue de la guerre.
02:15Alors Volodymyr Zelensky a donné 40 jours aux services ukrainiens pour mener aussi des frappes profondes dans les territoires russes.
02:22Il tire des drones sur la Crimée, sur des raffineries.
02:25Et si l'on en croit les défenseurs de Kiev, la situation serait désormais plus favorable à l'Ukraine.
02:31De son côté, Vladimir Poutine maintient son cap.
02:33Mais il est, semble-t-il, pressé par les nationalistes dans son pays.
02:37Alors est-ce l'été de la dernière chance pour les belligérants, pour les deux belligérants ?
02:41Eh bien, pour en parler, je reçois l'humanitaire et analyste Nicolas Mirkovic.
02:45Nicolas Mirkovic, bonjour.
02:47Bonjour.
02:48Merci beaucoup d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
02:51Je rappelle que vous avez fondé l'ONG Ouest-Est.
02:54Vous vous rendez dans le Donbass en guerre depuis, allez, 10 ans.
02:57Vous avez publié aussi l'essai Le chaos ukrainien en 2023.
03:01Et cette année, déclin et renouveau, comment les Français se relèveront ?
03:04Nous allons en parler, d'ailleurs, du retour, enfin, pardon, de la nécessité pour les Français de se relever.
03:11Parce que le battage politico-médiatique en France, pour l'Ukraine, est incessant.
03:15Et puis, dernière mention, vous avez aussi été membre, vous êtes membre du think tank Sovereignty.
03:21Alors, il est très difficile de discerner le vrai du faux en ce moment.
03:25Nous allons tenter de le faire avec vous honnêtement.
03:28Nicolas Mirkovic, le narratif médiatique sur l'Ukraine, sur le conflit, sur la guerre avec la Russie,
03:34est à sens unique, semble-t-il, en France.
03:37Et je vous mentionne cela parce que vous êtes, d'une certaine manière, un dissident, Nicolas Mirkovic.
03:42Comment, en fait, vivez-vous les choses alors que ce battage médiatique ne semble pas se affaiblir ?
03:49Vous savez, la situation ukrainienne, je la suis depuis longtemps.
03:52Bien avant 2022, j'ai été déjà de nombreuses fois en Ukraine avant la guerre.
03:58Dès 2013, j'avais annoncé que l'OTAN, avec le coup d'État qui a eu lieu à Kiev,
04:02que l'OTAN était en train de se rapprocher dangereusement de la Russie et avait la Moscou en cible.
04:07En 2014, j'ai mis ma première mission humanitaire dans le Donbass en guerre
04:10et j'alerte l'opinion publique française et occidentale sur le jeu extrêmement dangereux,
04:17pervers, que joue l'OTAN sur la frontière de la Russie depuis de nombreuses années.
04:21Je n'ai pas changé ma position d'un IOTA.
04:24Et j'ai alerté, vous savez, en 2017, j'ai même fait venir ici à Paris,
04:27et un des seuls médias qui m'avait accueilli à l'époque, c'était TV Liberté,
04:30un enfant ukrainien qui avait reçu un éclat d'obus de la part d'un missile ukrainien,
04:35parce que n'oublions pas que la guerre commence par une guerre civile entre Ukrainiens.
04:38J'ai dit, puisque les médias parisiens ne veulent pas parler de la guerre en Ukraine,
04:43je vais ramener la guerre en Ukraine ici.
04:44Et j'avais alerté des nombreuses rédactions sur ce qui se passait dès 2017.
04:48Et personne n'avait voulu m'accueillir.
04:50TV Liberté et d'autres médias alternatifs, moi, qui ?
04:52J'ai parlé de la situation.
04:53Je continue sur cette position qui s'affirme au jour le jour.
04:57Et nous avons aujourd'hui accès à de nombreux médias,
04:59comme TVL, comme d'autres médias aujourd'hui,
05:00qui sont alternatifs, où de plus en plus de Français
05:03vont chercher de la véritable information,
05:05parce que dans les médias dominants, aujourd'hui, il n'y a pas de débat.
05:08Ce sont les mêmes experts qui passent de plateau en plateau,
05:10qui font de la propagande.
05:12Ils viennent pour la plupart d'entre eux d'associations ou d'ONG
05:16financées par des personnes, des oligarques,
05:18ou des cercles de réflexion, ou l'Union Européenne,
05:20ou voire même le gouvernement français.
05:21On a pris question en France.
05:22Quand vous parlez d'oligarques, vous dites des fortunes en France,
05:26enfin en Occident.
05:26Oui, des fortunes en France, des fortunes en Occident.
05:29Un des plus grands investisseurs privés en Ukraine aujourd'hui est Xavier Niel.
05:33Et il est un des plus grands propriétaires de médias français.
05:35Est-ce que vous pensez qu'un journaliste du Monde,
05:37de Téléramade, de La Croix, pourrait avoir une opinion indépendante
05:40sur ce qui se passe vraiment en Ukraine,
05:41qui contrariait les objectifs financiers de son patron ?
05:46Non, ce n'est pas possible.
05:47Du coup, moi, je maintiens ma position,
05:48parce que je ne suis pas en train de me battre pour un camp.
05:50À vrai dire, je me bats pour la paix,
05:51parce que je pense que c'est indispensable.
05:52Et je me bats aussi pour la justice et la vérité.
05:54Il ne peut pas y avoir de paix s'il n'y a pas de vérité.
05:56On ne peut pas avoir de vérité s'il n'y a pas d'objectivité.
05:59Alors, vous avez l'impression qu'on baigne un peu dans le mensonge.
06:01Alors, nous allons voir ça pendant ces prochaines minutes.
06:04Zelensky, pour en revenir à l'actualité.
06:06Zelensky a approuvé le 25 juin, je cite,
06:09une opération d'influence de 40 jours du SBU,
06:12donc les services ukrainiens, contre la Russie.
06:14L'objectif affiché, l'objectif officiel,
06:16est de mettre une, je cite,
06:18pression maximale sur Moscou pour l'obliger à mettre fin à la guerre.
06:22Quelles sont les chances ukrainiennes, d'après vous ?
06:24Est-ce médiatique ? Est-ce politique ? Est-ce militaire ?
06:27Et concret ?
06:28Kiev est aujourd'hui aux mains de Zelensky,
06:31qui est un acteur à la base.
06:33C'est un roi de la communication.
06:34Il n'a pas été placé là par hasard.
06:37L'ancien Premier ministre ukrainien,
06:40Nikola Asarov, dit qu'il est une marionnette
06:43au service des États-Unis, au service du camp atlantiste.
06:46Aujourd'hui, il n'opère que par communication.
06:48Oui, les Ukrainiens en ce moment, avec l'OTAN,
06:50parce que n'oublions pas que cette guerre n'est pas entre l'Ukraine et la Russie.
06:54Il ne faut pas tomber dans ce piège.
06:55C'est une guerre entre l'OTAN et la Russie,
06:58où les Ukrainiens, aujourd'hui, servent de terrain pour la bataille.
07:04N'oublions pas, même en 2022, en Espagne,
07:07lors d'un congrès de l'OTAN,
07:09l'OTAN définit la Russie comme la plus grande menace de l'OTAN.
07:12Et le ministre de la Défense ukrainien,
07:15Reznikov, dit que la guerre est avec l'OTAN,
07:18que les soldats de l'OTAN ne versent pas leur sang,
07:20que ce sont les soldats ukrainiens qui versent leur sang pour l'OTAN,
07:23et donc ils ont besoin d'armes.
07:24Donc ça, c'est important.
07:26Donc ils procèdent par communication.
07:27Et on a déjà eu des plans de com' assez impressionnants.
07:29On a eu la reprise de Kharkov et de Kherson en 2022 par l'armée ukrainienne.
07:33On a eu cette fameuse offensive de 2023 de l'armée ukrainienne.
07:35On a eu l'opération toile d'araignée il y a quelques années.
07:38Il y a eu l'invasion de Khursk en territoire russe par l'armée ukrainienne.
07:45Donc des coups d'éclat, des coups de communication
07:46où derrière l'ensemble des médias atlantistes disent
07:49« ça y est, c'est la fin, la Russie est en train de perdre ».
07:52Et quel est le résultat de tous ces grands plans de communication ?
07:55Ursula von der Leyen disait même à un moment
07:56que l'économie russe était en lambeau,
07:58que les Russes se battaient avec des pelles,
08:00que les Russes allaient chercher des...
08:01Elle le dit encore.
08:01Elle le dit encore.
08:02Elle le dit à sa place.
08:03Peut-être pas les pelles, mais en tout cas...
08:04Des microprocesseurs qui vont chercher dans les machines à laver.
08:07Et quelle est la réalité froide ?
08:08C'est que sur le terrain, les Russes avancent progressivement.
08:11Que l'économie aujourd'hui ukrainienne est en train de s'écrouler.
08:14Et que s'il n'y avait pas l'argent qui provenait des milliards,
08:17des centaines de milliards d'euros, 90 en tout cas,
08:20qu'on prête si à l'Ukraine et que l'Ukraine rembourserait à l'Union Européenne
08:23si elle gagne et qu'elle fait payer des dommages de guerre à la Russie,
08:26eh bien aujourd'hui, on a ces coups de communication.
08:28Donc moi, je dis qu'il faut prendre du recul.
08:29Oui, ces derniers coups ukrainiens sur des sites stratégiques de raffinerie,
08:33de pétrole, de composants, de fabrication de composants
08:37qui servent l'industrie militaire russe, ça fait mal.
08:42Ça fait extrêmement mal.
08:43À un moment où justement le prix du pétrole a augmenté,
08:45où les Russes avaient intérêt à exporter,
08:46bah typiquement, eh bien les Ukrainiens ont fait mal à l'économie russe.
08:50Pour autant, c'est pas ça qui va altérer, je pense, les objectifs du Kremlin.
08:54Et sur le terrain militaire en Ukraine, les Ukrainiens,
08:58enfin les différentes villes ukrainiennes qui sont sur la ligne de France
09:01sont en train d'être, certaines tombent aux mains des Russes.
09:05Et ça, les médias n'en parlent pas.
09:06Donc je pense qu'il faut prendre du recul.
09:08Oui, Moscou a mal.
09:09Pour autant, elle n'est pas en train de reculer sur le terrain militaire.
09:12Et même si les Ukrainiens ont fait des avancées sur ce terrain depuis le début de l'année,
09:15on voit aussi qu'elle a beaucoup de difficultés.
09:17Il n'y a qu'à regarder les vidéos massives qu'on voit sur les réseaux sociaux
09:20de ces jeunes Ukrainiens qui sont littéralement kidnappés sur la rue,
09:23qui se battent contre eux, des recruteurs qui les envoient de force sur la ligne de front.
09:28Ce n'est pas l'image d'une armée victorieuse, d'une armée joyeuse,
09:32d'une armée d'un peuple qui a envie de se battre.
09:34Donc je pense qu'il faut prendre du recul.
09:36On va voir ce qui va se passer pendant ces 40 jours de l'offensive de Zelensky.
09:41Pour autant, suivre la politique globale et d'ersailler, la Russie est en train de perdre.
09:45On a déjà entendu ça. Je pense qu'on n'est pas du tout à ce stade-là aujourd'hui.
09:50Alors, de son côté, pour entendre évidemment les deux côtés,
09:52Vladimir Poutine a accordé dimanche un entretien au reporter Pavel Zarubin,
09:56qui est correspondant au Kremlin.
09:57Je vous propose d'écouter les réponses du dirigeant russe sur la pénurie et plus encore.
10:06Bien sûr, ces frappes contre nos infrastructures posent des problèmes.
10:10C'est évident.
10:12Nous constatons actuellement une certaine pénurie, mais elle n'est pas critique.
10:17Ces frappes sont une tentative de créer les conditions pour lancer un processus de négociation
10:21avec des termes qui leur soient favorables.
10:23Nous ne leur donnerons aucune chance.
10:26D'autant plus, et c'est important, qu'aucun de ces raids terroristes
10:29n'a la moindre influence sur la situation au front.
10:38Alors, selon Bloomberg en juin, citant des données d'OilX,
10:42les capacités de raffinage russe auraient été réduites de 20 à 30%.
10:46Et selon Poutine, je cite encore, les dommages sont minimes.
10:49Je cite l'économiste Jacques Sapir, que vous connaissez bien, Nicolas Mirkovitch, bien sûr.
10:54Il expliquait sur X que les attaques contraignent les Russes à utiliser des wagons citernes
10:58pour stocker les réserves.
11:00Mais ma question n'est pas là, Nicolas.
11:03En Russie, en fait, on entend aussi très souvent, de plus en plus peut-être,
11:07l'aile nationaliste, comme on dit, estimer que la guerre est menée avec trop de retenue.
11:13Alors, c'est bien entendu le danger.
11:15Nicolas Mirkovitch, l'escalade maintenant, vous y croyez ?
11:18Oui, très clairement.
11:20Parce que je vous rappelle que cette guerre est poussée, financée par l'OTAN
11:24et que l'OTAN aujourd'hui est une organisation idéologue radicalement anti-russe.
11:29Les responsables de l'OTAN avaient promis à la Russie
11:32de ne pas avancer un pouce vers l'Est
11:34si la Russie donnait son accord pour la réunification de l'Allemagne
11:38qui est rentrée dans l'OTAN.
11:39Depuis, l'OTAN n'a cessé de s'approcher de la Russie.
11:42Dès 2008, quand l'OTAN dit qu'elle veut intégrer l'Ukraine,
11:45les Russes disent non.
11:46Les hauts responsables américains, Jack Matlock,
11:48le dernier ambassadeur américain en URSS,
11:52George Kennan, celui qui a développé toute la politique du containment
11:56pour bloquer l'avancée communiste,
11:58disait qu'il ne fallait surtout pas aller titiller la Russie sur ses frontières.
12:02On le sait depuis longtemps qu'il ne fallait pas qu'il fasse.
12:04Aujourd'hui, vous avez des fanatiques qui veulent la guerre avec la Russie
12:08et aujourd'hui qui rêvent de ça, qui ne se rendent pas compte de ce que là se peut dire.
12:11Évidemment, ils sont dans leur tour d'orée et leur tour d'ivoire, pourrait-on dire.
12:15Et il y a ce risque parce qu'aujourd'hui, ce sont très clairement des pays membres de l'OTAN
12:20qui aident l'Ukraine.
12:21Et donc la Russie, au bout d'un moment, peut-être en avoir ras-le-bol
12:23de voir ces raffineries qui sont en train d'exploser,
12:25d'avoir de la pénurie, d'avoir des queues,
12:27même si ça n'empêche pas l'économie russe de fonctionner.
12:31Certes, il y a une pression réelle en Russie pour enlever les gants.
12:36Je pointais surtout, entre guillemets, les faucons russes, comme on dit,
12:40qui plaident pour une mobilisation générale,
12:42voire même pour l'assassinat de Volodymyr Zelensky,
12:45pour des frappes même contre l'industrie de défense européenne
12:47et, dans certains cas, même l'utilisation d'armes nucléaires tactiques.
12:51Reuters a cité Konstantin Malofeyyev, un oligarque russe conservateur,
12:55selon lequel, je cite, la guerre signifie la victoire à tout prix
12:58et il plaide pour une utilisation de l'arme nucléaire tactique,
13:01c'est-à-dire d'ampleur plus réduite, mais quand même nucléaire.
13:04Est-ce le risque auquel nous sommes désormais confrontés ?
13:07Surtout qu'il y a évidemment tous les dirigeants européens de l'OTAN
13:10qui disent qu'un conflit avec la Russie est à prévoir,
13:14peut-être pas la semaine prochaine, mais en tout cas dans l'année, si ce n'est la décennie.
13:17C'est Sergei Karaganov, qui est un proche de Poutine,
13:20qui est un expert en affaires de défense et de géopolitique,
13:22qui dit la même chose.
13:22Il dit peut-être que la Russie devrait réfléchir à utiliser des bombes nucléaires tactiques
13:26et devrait frapper des cibles de l'OTAN,
13:28puisque c'est l'OTAN qui est en train d'aider l'Ukraine.
13:31Et que l'OTAN est en train d'aider, ce n'est pas que financier.
13:33L'OTAN organise des projets militaires de l'Ukraine,
13:37qu'il y a des missions que l'armée ukrainienne ne peut pas mener
13:40sans l'aide tactique de satellites de l'OTAN,
13:43de responsables de l'OTAN, d'ingénieurs de l'OTAN.
13:45Donc l'OTAN est très clairement impliquée dans ce conflit.
13:49Et qu'aujourd'hui, pour revenir à ce que vous disiez,
13:51oui, en effet, quand vous avez le chef d'état-major français, Fabien Mandon,
13:55qui dit qu'il faut que les Français soient prêts à perdre leurs enfants,
13:58à sacrifier leurs enfants...
13:59C'est ce que vous disiez l'année dernière, en effet.
14:01Exactement.
14:01Eh bien, aujourd'hui, quand vous avez ce genre de discours
14:05et ce genre d'attitude, il ne faut pas s'étonner
14:07à ce qu'à un moment, les Russes disent
14:09écoutez, on va se battre frontalement
14:10et on va attaquer vos cibles quand vous êtes en train d'attaquer les nôtres.
14:13Je vous rappelle que là, récemment, l'OTAN a lancé un projet
14:18avec un prix de 250 000 euros ou dollars, je ne sais plus exactement,
14:22pour toute initiative privée qui permettrait d'incapaciter
14:25les aérodromes russes.
14:28Donc, si vous voulez, il y a même un engagement et une demande de soutien populaire
14:31pour faire cette guerre.
14:32Au bout d'un moment, les Russes vont dire, et ils ont les moyens,
14:34mais écoutez, on va se battre.
14:35Et c'est ce que Vladimir Poutine essaye d'éviter,
14:38mais sur son aile, on va dire, nationaliste...
14:40C'est pour le moins politiquement, médiatiquement incorrect de le dire,
14:43mais vous avez l'impression, vous, d'ailleurs, avec le recul,
14:45puisque ça fait 10 ans que vous travaillez en Ukraine de l'Est,
14:48si ce n'est le Donbass, vous avez le sentiment que Poutine,
14:51entre guillemets, tempère les choses ?
14:52Oui, mais c'est certain, même.
14:53C'est certain, vous savez, certaines personnes disent
14:55il faut changer Poutine, mais rien dit que si Poutine était...
14:58Il va y avoir des élections, bientôt, en Russie,
15:00rien dit que demain, vous n'aurez pas quelqu'un...
15:02Comment dire ? Des pouvoirs qui sont beaucoup plus...
15:05qui veulent en découdre, vraiment, avec l'OTAN,
15:06parce qu'ils voient très bien quel est le risque.
15:10Poutine, qu'est-ce qu'il veut aujourd'hui ?
15:11Il a, je pense, encore ce rêve d'avoir une partie de l'Ukraine à terme,
15:14évidemment, à court terme, ce ne serait pas possible,
15:15mais à moyen, à long terme, l'Ukraine est un pont naturel
15:18entre la Russie et le reste de l'Europe.
15:20Et je pense que Poutine, dans sa vision géopolitique
15:22des relations asiatiques, en tout cas avec l'Europe,
15:25veut maintenir de bonnes relations avec l'Ukraine.
15:28Et d'autres personnes dans son entourage disent
15:30écoutez, l'Europe s'est terminée, de toute manière,
15:32l'Europe est en train de chuter, l'Union Européenne ne fonctionne pas,
15:34ils sont aux mains des atlantistes.
15:36Notre avenir est tourné vers l'Asie.
15:37Donc, de toute manière, ayant perdu
15:39cette relation privilégiée que nous avions
15:41avec l'Europe, eh bien, autant en finir une fois pour toutes.
15:44Et ce risque est nucléaire.
15:46Donc, ce n'est pas juste des tirs qui vont tomber
15:48sur des bases militaires en Europe.
15:49S'il y a des bombes nucléaires tactiques qui tombent sur ces bases,
15:52il va y avoir évidemment des répercussions
15:54sur l'ensemble de la population.
15:55Donc, c'est ce à quoi nos responsables politiques
15:57sont en train de nous mener.
15:58Et à force de jouer avec le feu, au bout d'un moment, on se brûle.
16:01Alors, sur le front, pour en revenir au front,
16:03les troupes russes poussent en direction de Zaporizha,
16:06au sud, de Konstantinovka, dans le Donbass,
16:08qui menace d'ailleurs de tomber dans les prochains jours.
16:11Poutine a déclaré que les forces ukrainiennes
16:13avaient été dépêchées sur le front sud,
16:15anticipant donc une menace d'une grande manœuvre russe
16:18qui pourrait potentiellement prendre le Donbass à revers.
16:21En quelque sorte, nous le voyons sur la carte du front,
16:24les forces ukrainiennes, elles, veulent évidemment
16:26affaiblir la logistique russe,
16:28d'où les frappes dans la profondeur, en Crimée,
16:30et plus encore, sur les territoires russes.
16:32Vous étiez sur le front, il y a quelques mois,
16:34enfin, le long du front, Nicolas Mirkovitch.
16:36Voici d'ailleurs, je vous propose
16:38quelques images de votre
16:40dernière mission humanitaire dans le Donbass,
16:42et puis je vais vous demander évidemment
16:43votre avis sur la question.
17:03C'était il y a quelques semaines, six semaines,
17:06en mai dernier, la canicule n'était pas encore arrivée,
17:08visiblement, Nicolas.
17:09J'avais évidemment une question
17:12que je vous avais sans doute déjà posée,
17:14d'ailleurs je vous ai accompagné là-bas,
17:15mais il y a quelques années.
17:17Nicolas Mirkovitch, comment vit-on encore
17:19dans le Donbass aujourd'hui ?
17:20Et j'ai une question, parce qu'il faut souligner la chose,
17:23quand on est là-bas, est-on en Russie
17:25ou est-on en Ukraine ?
17:27Alors, vous savez, ces peuples dans cette région-là
17:30sont extrêmement proches, c'est impossible,
17:32c'est la même culture,
17:34c'est les mêmes références historiques, politiques.
17:38Moi, je raconte cette anecdote
17:39que j'ai rencontrée de plusieurs reprises,
17:41de personnes qui se disent ukrainiennes,
17:43mais proches de Moscou,
17:44et disent la région dans laquelle j'habite
17:45est l'Ukraine,
17:46mais ma culture est russe,
17:47ma langue est russe,
17:48mes références politiques, historiques, politiques,
17:50sont russes.
17:52Ceux qui sont vraiment du côté de Kiev
17:53sont partis au début,
17:54pendant la guerre civile,
17:55mais la plupart,
17:56la très grande majorité
17:57des personnes qui habitent
17:58ces régions du Donbass,
18:00et même ailleurs.
18:01Vous parlez de Konstantinovka,
18:02qui est aujourd'hui,
18:03que l'armée russe s'apprête à récupérer.
18:06Il y a beaucoup de personnes
18:07qui restent malgré la guerre,
18:08parce qu'ils se sentent proches de la Russie.
18:11Donc, on oublie
18:11cette partie historique de l'Ukraine.
18:13Nos médias, aujourd'hui,
18:14ne nous rappellent pas
18:15l'histoire de mon livre
18:16Le chaos ukrainien.
18:17J'explique cette histoire
18:18et pourquoi est-ce que vous avez
18:18toute une partie de l'Ukraine,
18:20aujourd'hui,
18:20qui se sent russe,
18:21qui se sent proche de la Russie,
18:22qui se sent plus proche de Moscou.
18:23Dans cette région-là,
18:24les personnes vivent
18:26comme elles peuvent.
18:27Vous avez vu, là,
18:28on a des personnes
18:29qui sont dans des maisons.
18:29Vous avez vu aussi,
18:30on a des drones qui nous survolent,
18:32il y a des attaques en même temps.
18:34Si on porte du matériel
18:35ou des gilets pare-balles,
18:36c'est parce que
18:37quand on est dans les villages,
18:38on ne risque pas grand-chose,
18:39même si des drones peuvent tomber.
18:40On a vu un village
18:40ou un drone
18:41où on était survolé.
18:43Mais sur la route,
18:43les véhicules sont des cibles.
18:45Les véhicules sont des cibles,
18:46donc il faut faire attention.
18:47Et c'est la vie quotidienne
18:47de ces personnes.
18:48Et on est en Europe
18:49au XXIe siècle,
18:51dans une région
18:51où des Européens
18:52sont en train de se battre entre eux.
18:53Il y a encore quelques années,
18:54il y a plus d'une dizaine d'années,
18:55on avait l'euro de foot
18:56dans cette même région.
19:02Européens s'entretuer,
19:02des chrétiens s'entretuer.
19:04Et c'est terrible.
19:04Et ces personnes-là résistent.
19:06Elles sont extrêmement résilientes.
19:07Moi, je suis impressionné
19:08par la force,
19:11le courage,
19:12la force de l'âme
19:13de ces personnes-là
19:14qui vivent dans des situations difficiles
19:15mais qui ne veulent pas
19:16quitter leur terre.
19:18Et ça, c'est extrêmement important.
19:19Elles ne veulent pas aller
19:19dans des cités universitaires,
19:21dans des camps de réfugiés.
19:23Elles veulent rester là
19:23parce que c'est leur terre.
19:24Et aujourd'hui,
19:25les personnes que nous visitons,
19:27j'ai déjà rencontré des personnes
19:28qui étaient plutôt proches de Kiev,
19:30d'autres qui étaient proches de Moscou.
19:31Quand je fais même
19:32des missions humanitaires
19:33et on le fait depuis 2014,
19:35j'aide des êtres humains.
19:36Vous voyez ?
19:37Je ne demande pas
19:37leur couleur politique,
19:38qu'est-ce qu'elles pensent
19:39de cette situation de guerre.
19:40On va aider des personnes
19:41qui souffrent,
19:42des personnes qui, malheureusement,
19:43parce qu'elles sont dans cette région-là,
19:44ne reçoivent pas
19:45les milliards d'euros
19:46que Bruxelles,
19:47que Paris est en train de livrer.
19:48Des personnes qui ont du mal
19:49à avoir des médicaments,
19:50des personnes qui ont parfois
19:51du mal à se nourrir,
19:52des personnes qui ont du mal
19:52à se protéger.
19:53Eh bien, nous, aujourd'hui,
19:54on va les aider
19:55parce qu'on veut.
19:56Moi, c'est le message de paix
19:57que je veux apporter aussi.
19:58Et je pense qu'il faut
19:59avoir ce message de paix.
19:59Nos responsables politiques
20:00n'ont aucun message de paix.
20:02Je le dis à chaque fois,
20:03mais je vais le répéter
20:04encore aujourd'hui,
20:04si le centième de ce
20:05qui avait été dépensé
20:06pour la guerre
20:06avait été dépensé en temps
20:07pour la paix,
20:08nous n'aurions pas
20:09cette situation-là.
20:10Et nous n'aurions pas
20:11ce risque de conséquences
20:12catastrophiques
20:13que nous avons déjà aujourd'hui
20:14parce qu'on paye économiquement
20:16cette situation-là-bas.
20:17Les milliards qu'on donne
20:17à l'Ukraine
20:18sont des milliards
20:19qu'on ne donne pas,
20:19d'abord pour la paix et la bain,
20:20mais aussi pour nos hôpitaux,
20:22pour nos écoles,
20:22pour notre sécurité.
20:24Vous savez,
20:24on pourrait payer
20:25des milliers et des milliers
20:28d'années de salaires
20:30de professeurs,
20:31d'enseignants,
20:32de médecins,
20:33d'infirmiers
20:34dans le service public français.
20:36Si on ne faisait pas cela,
20:38on ne le fait pas.
20:38Et donc, du coup,
20:39il y a ces répercussions,
20:40sans parler du coût
20:41des hydrocarbures
20:42que nous payons globalement
20:43plus cher
20:43parce que nous nous coupons
20:44des ressources naturelles
20:45qui proviennent de Russie.
20:46Donc, tout ça est catastrophique.
20:48Tout ça n'a pas de sens.
20:49On est dans l'idéologie.
20:49Il faut sortir de là.
20:50Et je pense que c'est important
20:51de mener une mission de paix.
20:52Donc, même si la guerre se poursuit,
20:53moi, j'ai promis
20:54que j'allais aider.
20:54J'œuvre pour la paix.
20:55Quel que soit son camp,
20:56il faut qu'on sache dialoguer,
20:57discuter.
20:58Et il faut qu'on œuvre pour la paix.
20:59Alors, il faut ouvrir pour la paix.
21:01Question difficile, bien sûr.
21:03Justement, Vladimir Poutine,
21:04le 28 juin,
21:05a évoqué des négociations
21:06avec les Américains.
21:08Maintenant que la situation
21:09semble,
21:09je mets évidemment des guillemets,
21:12semble se calmer avec l'Iran.
21:13Il a envisagé la venue,
21:14le retour du tandem
21:15de négociateurs
21:16Jared Kushner et Steve Witkoff.
21:18Il a évoqué
21:18des nouvelles propositions.
21:20Et ça, c'est une chose intéressante
21:21qui est passée trop inaperçue
21:22depuis 48 heures.
21:23Je vous propose
21:24d'écouter ce point.
21:29Oui, en effet,
21:31des contacts existent
21:31et ils ont été établis
21:32dans plusieurs directions,
21:34sur plusieurs lignes.
21:35Il n'y a là aucun secret.
21:37Il y a des nouvelles propositions.
21:40Des propositions de rencontres
21:42avec le chef du régime à Kiev.
21:44Ces propositions sont bien connues.
21:46La demande d'arrêter
21:47les hostilités,
21:48même pour une courte période,
21:50le long de la ligne de contact
21:51au combat n'est rien
21:52de nouveau non plus.
21:53Il y a aussi
21:54de nouvelles propositions,
21:55mais de mettre fin
21:56aux attaques en profondeur
21:58sur les territoires
21:58des deux côtés,
21:59par exemple.
22:01Et il est clair
22:01pourquoi cette proposition
22:03est faite,
22:03parce que les frappes
22:04sur le territoire ukrainien
22:05sont bien plus puissantes,
22:07sensibles,
22:07et ont de graves conséquences
22:09pour le régime de Kiev.
22:18En fait,
22:19il y a clairement
22:20une déception de la Russie
22:21à l'égard des Américains.
22:23Peskov,
22:24le porte-parole du Kremlin,
22:25a d'ailleurs avancé
22:26il y a deux semaines
22:27que les promesses américaines
22:28n'avaient pas été tenues
22:29dans la foulée
22:30de la rencontre
22:30d'Encourage
22:31avec Donald Trump.
22:32Et là,
22:32Poutine sous-entend
22:34presque un double discours.
22:35Nicolas Mirkovic,
22:37pensez-vous justement
22:37qu'il y a un double discours américain
22:39ou que l'administration Trump
22:41veut véritablement la paix ?
22:42Je pose la question
22:42parce qu'en fait,
22:43j'ai l'impression
22:43qu'il n'y a pas d'autre issue
22:45puisque Kiev ne veut pas perdre
22:47et Moscou
22:48veut absolument l'emporter.
22:51Il y a souvent
22:52un double discours
22:52qui vient de Washington.
22:53Je l'explique dans mon livre
22:55L'Amérique Empire,
22:56c'est une permanente
22:58dans la géopolitique américaine,
23:00le double discours.
23:01On le voit encore en Iran
23:02en ce moment,
23:03on le voit avec la Russie.
23:04Donald Trump avait promis
23:05qu'il mettrait fin
23:05à la guerre en Ukraine
23:08aujourd'hui en 24 heures.
23:09On voit que quasiment
23:1024 mois plus tard,
23:11on n'a pas toujours avancé.
23:12Il y a eu des discussions
23:13et qu'il faut louer
23:14à Encourage aux Etats-Unis
23:16entre Trump et Poutine
23:17directement.
23:18Je pense que ça montre aussi
23:19qui sont les protagonistes
23:20de cette guerre.
23:20L'Union Européenne,
23:21Zelensky n'étaient pas présents.
23:23Il y a des choses
23:23qui ont été dites,
23:24ça n'a pas été une réunion
23:24très très longue.
23:25Il y a une espèce
23:26d'esprit d'Encourage
23:27qui a été, je pense,
23:28entretenu jusqu'à présent.
23:29Marco Rubio,
23:30le secrétaire d'État américain,
23:32a récemment dit
23:32qu'il n'y avait pas du tout
23:33d'accord,
23:34qu'il y avait une proposition
23:34que les Américains avaient amenée.
23:36Ce n'est pas la vision
23:37que les Russes en ont aujourd'hui.
23:39Et je pense que c'est important
23:40que ces deux pays négocient
23:41parce qu'en effet,
23:42l'Ukraine aujourd'hui,
23:43très clairement,
23:44même si elle reçoit
23:44beaucoup d'aides
23:44de l'Union Européenne,
23:46est soutenue par Washington.
23:48Aujourd'hui,
23:48une bonne partie des...
23:49Les Hornets
23:50qui font tellement mal,
23:51qui sont des drones,
23:51aujourd'hui,
23:52qui font tellement mal
23:52à la Russie,
23:53sont des drones américains.
23:54Starlink,
23:56le réseau de satellitaires
23:58internet d'Elon Musk
23:59vient des Etats-Unis.
24:00Si Donald Trump
24:01voulait vraiment mettre...
24:02...à un moment d'ailleurs,
24:04les troupes russes...
24:05Ah, ça a pénalisé
24:06parce que les Russes
24:06sont servés aussi
24:07par des moyens détournés.
24:08Ils avaient accès à Starlink
24:08aujourd'hui.
24:09Et très clairement,
24:09c'est une des raisons
24:10pour lesquelles,
24:11au début de 2026,
24:12l'armée russe a été déstabilisée
24:13parce que Musk a mis fin à ça.
24:15Donc, si vous voulez,
24:15il y a une influence américaine majeure.
24:17Il y a encore de l'aide,
24:18même si ça a été voté par Biden,
24:20qui arrive en Ukraine.
24:21Et n'oublions pas
24:21que le jeu de dupe là-dedans,
24:23c'est que les Européens,
24:25l'Union Européenne finance
24:27Zelensky qui, lui,
24:27va acheter du matériel américain.
24:29Donc, voilà,
24:29je pense que s'il y a un dindon
24:30dans cette farce-là,
24:31on sait qui c'est.
24:32Donc, aujourd'hui,
24:33Trump a les moyens
24:33de mettre fin à cette guerre.
24:35Sauf qu'il ne le veut pas.
24:36Et aujourd'hui,
24:37avec ce bourbier
24:38dans lequel il se retrouve
24:40en Iran,
24:40on ne sait pas
24:41quel jeu il veut jouer tactiquement.
24:42Il va approcher
24:43des fameuses élections mid-term
24:45au mois de novembre prochain.
24:46Est-ce que, du coup,
24:47il se dit
24:47que ce qu'il a perdu en Iran
24:50comme superbe
24:51ou comme gloire
24:51qu'il espérait,
24:52il espérait le récupérer
24:53en Ukraine ?
24:54Ce qui est certain,
24:55c'est qu'on voit
24:56que le dialogue qui sort,
24:58que ce soit de la Maison-Blanche,
24:59que ce soit de Bruxelles,
24:59que ce soit de Kiev,
25:00c'est de mettre la pression
25:01sur la Russie
25:02pour négocier quelque chose.
25:04Or, s'ils étaient
25:04en train de gagner,
25:05ils ne mettraient pas
25:06la pression pour négocier.
25:07S'ils étaient vraiment
25:08en train de gagner,
25:08ils avanceraient jusqu'au bout.
25:09Ils iraient jusqu'à
25:10leurs objectifs militaires.
25:11Aujourd'hui,
25:12il y a une pression
25:12pour terminer
25:13et on voit dans les réponses
25:14de Poutine
25:15que lui travaille
25:16sur le temps long,
25:17que lui, aujourd'hui,
25:18a des objectifs en tête.
25:19Personne ne les connaît.
25:25Mais est-ce vraiment
25:26encore le cas ?
25:27A-t-il, au vu de la pression
25:28économique
25:29de ces nationalistes
25:31sur son flanc droit,
25:32etc.,
25:33a-t-il vraiment
25:33encore le temps ?
25:34Je veux dire que
25:35le temps nous le dira,
25:36mais je ne vais pas faire
25:37une réponse de pirouette.
25:38Mais c'est clair
25:39qu'au bout d'un moment,
25:40la Russie doit aussi
25:40ou enclencher la troisième
25:42ou négocier quelque chose.
25:43Parce que je pense
25:43que sur le temps long,
25:44non, elle ne pourra pas.
25:45Parce que plus la Russie
25:46va prendre du temps,
25:47plus les atlantistes
25:48vont s'organiser.
25:49Vous savez,
25:50le budget militaire russe,
25:51c'est un huitième
25:52du budget militaire de l'OTAN.
25:53Nous avons des personnes,
25:55selon comment on fait
25:56les calculs,
25:56un huitième,
25:56un dixième,
25:57il y a plein de calculs différents
25:59selon ce qu'on met
25:59dans ces budgets-là.
26:00Il y a des fanatiques
26:01au sein de l'OTAN
26:02et au sein de l'Union européenne
26:03aujourd'hui
26:03qui veulent en découdre,
26:05qui nous disent
26:06qu'on se prépare à la guerre
26:08et qui se préparent réellement
26:09à la guerre,
26:10à les demander
26:10aux soldats français
26:11aujourd'hui
26:11qu'est-ce qu'ils font
26:12et passent leur journée
26:13devant des écrans
26:14à regarder des scènes de combat
26:15que l'aujourd'hui.
26:16Alors plus que ça,
26:16je me permets de vous interrompre
26:17parce que j'envisageais
26:19d'évoquer cela.
26:20Mais il y a eu une information
26:21le 24 juin dernier,
26:22Intelligence Online,
26:23donc une revue française,
26:24évoquait l'envoi
26:25de militaires français
26:26de l'armée régulière,
26:27je dis bien,
26:28auprès du SBU à Kiev
26:29pour apprendre l'ITON,
26:30je cite,
26:31effectuer des rotations en Ukraine
26:32afin d'étudier
26:33les méthodes des services russes.
26:35Il s'agit donc,
26:36encore une fois,
26:36du régiment de cyberguerre français
26:39qui est basé à Rennes.
26:40Je me permettais
26:41de vous transmettre l'information
26:42mais parce que ce genre,
26:43évidemment,
26:44c'est cette, entre guillemets,
26:45marge de somnambule
26:46vers la guerre qui vous inquiète.
26:47C'est exactement ça
26:48parce qu'on est en train
26:49de prendre cette direction.
26:50Vous savez, les guerres,
26:51elles n'arrivent pas comme ça
26:51par hasard.
26:52Il y a des phases
26:53qu'on peut voir en amont.
26:55C'est ce qu'on est en train
26:55de voir aujourd'hui
26:56quand vous vous préparez à la guerre.
26:57Et quand, en parallèle de cela,
26:59vous regardez l'état
27:01des économies,
27:01des sociétés européennes,
27:03vous regardez la création d'emplois,
27:05vous regardez le niveau
27:05de nos études,
27:06vous regardez la porosité
27:07de nos frontières,
27:09vous regardez l'espèce
27:10de mal-être ambiant,
27:11je peux vous dire
27:11qu'il y a des responsables
27:12politiques aujourd'hui
27:13qui se disent
27:14que la meilleure façon
27:15d'oublier tout ça,
27:16parce qu'ils ne vont pas
27:17apporter les réponses,
27:18ceux qui sont responsables
27:18de cette situation
27:19ne vont certainement pas
27:20apporter les réponses.
27:21Beaucoup d'entre nombreux
27:22sont ceux qui se disent
27:23qu'il n'y a rien de mieux
27:24pour oublier tout ça,
27:25de sortir le drapeau français
27:26qu'on avait caché
27:28au fond d'une malle,
27:29on va ressortir en disant
27:29qu'on va se battre
27:30pour la liberté,
27:31pour la démocratie
27:31et on va aller vers la guerre.
27:33Et pendant qu'on est en guerre,
27:34on n'est pas en train
27:35de parler de tous
27:35ces autres problèmes.
27:36Mais ça, c'est une meilleure recette,
27:37vieille comme le monde.
27:38Et donc ça, aujourd'hui,
27:39on veut surtout éviter cela
27:40parce que, comme je le disais
27:41à quelques instants,
27:42rien nous dit
27:42qu'on va en sortir vainqueur,
27:44loin de là.
27:45Et les soldats français,
27:46aujourd'hui,
27:46sont incapables
27:47de se battre sur place.
27:47C'est pour ça qu'ils regardent
27:48ce qui se passe,
27:48c'est pour ça qu'ils vont sur place
27:49pour apprendre.
27:50Les soldats français apprennent
27:51plus des soldats ukrainiens
27:52que ce que les soldats ukrainiens
27:53apprennent ici en France.
27:53Et c'est les soldats français
27:54eux-mêmes qui le disent.
27:56Je voudrais juste dire un élément,
27:57c'est que les soldats français aussi
27:58qui sont rentrés dans l'armée française
28:00ne sont pas rentrés pour ça.
28:01Il y a quand même des problèmes
28:02au sein même de l'armée aujourd'hui
28:03où on voit bien
28:03que les responsables de l'armée
28:05sont très pro-atlantiste,
28:08très pro-guerre.
28:08Et il y a beaucoup de militaires français
28:10aujourd'hui qui ne suivent pas ça.
28:13Donc ça aussi,
28:13est-ce que l'armée française
28:14va réussir à mobiliser ses troupes
28:16pour aller se battre
28:16pour Kramators,
28:18pour Slavians ?
28:18Parce que ça,
28:18ce n'est pas certain.
28:19Alors, il y a bien peu
28:21de réactions en France.
28:22Il y en a quelques-unes
28:23dans certains pays.
28:23J'ai évoqué en introduction
28:24la Pologne,
28:25Varsovie.
28:26Il y a une discorde
28:27entre Varsovie et Kiev.
28:28Je rappelle que
28:29Volodymyr Zelensky,
28:30fin mai,
28:30a décidé de baptiser
28:32une unité des forces spéciales ukrainiennes
28:33les héros de l'UPA,
28:34l'armée insurrectionnelle ukrainienne,
28:36qui a tué environ
28:37100 000 civils polonais
28:39lors des massacres de Voligny
28:40entre 43 et 45.
28:42Le président polonais,
28:44Karol Navrochi,
28:45a réagi en retirant à Zelensky
28:47l'ordre de l'Aigle Blanc,
28:48la plus haute distinction polonaise.
28:49Et Volodymyr Zelensky
28:50a eu l'élégance
28:51de lui renvoyer
28:52par colis postal.
28:53Vous pensez que cela peut avoir
28:55des conséquences réelles
28:56sur le soutien à Kiev ?
28:58Je rappelle que Varsovie
28:59est un hub.
29:00C'est par Varsovie,
29:01enfin par la Pologne,
29:02que les livraisons d'armes
29:03à l'Ukraine passent
29:04dans leur plus grande majorité.
29:06Elles peuvent aussi passer
29:06sur le flanc sud de l'Ukraine.
29:08Mais c'est surtout par la Pologne.
29:10Vous pensez que
29:11cette discorde,
29:13ce sont des postures
29:14ou que ça peut avoir
29:15de réelle incidence
29:15sur la guerre en réalité ?
29:18Ça peut avoir une incidence.
29:19Je pense qu'il ne faut pas minimiser.
29:20C'est quand même des faits
29:22qui sont sérieux.
29:22retirer une très haute distinction
29:24à Zelensky,
29:25ce n'est pas vraiment la mode
29:25aujourd'hui
29:26où toutes les capitales européennes
29:27se bousculent
29:28pour recevoir
29:29l'ancien acteur de Kiev.
29:31Aujourd'hui,
29:32les Polonais ne comprennent pas
29:33aujourd'hui aussi le jeu
29:35qui est joué par Zelensky,
29:36une réhabilitation
29:36de mouvements
29:37qui ont ouvertement collaboré
29:38avec le national-socialisme,
29:39des mouvements
29:39qui sont responsables
29:40de la mort
29:41de dizaines de milliers
29:42de Polonais.
29:43Cette attitude
29:44doit évidemment faire peur
29:45à la Pologne.
29:46Qu'est-ce qui va se passer
29:46après la guerre ?
29:47Quelle est cette Ukraine
29:48ou ces Ukrainiens
29:50qui réhabilitent
29:50des mouvements ouvertement
29:51anti-Polonais ?
29:53Donc,
29:53ce n'est quand même pas bon
29:54pour les Polonais
29:54d'avoir des dizaines de milliers
29:55voire même des centaines
29:56de milliers ou des millions
29:56d'Ukrainiens anti-Polonais
29:58sur leurs frontières.
29:59Et puis,
29:59je pense aussi
30:00que les Polonais voient aussi
30:02sur le temps long,
30:02sur certains sujets,
30:03certainement pas à court terme,
30:04mais se disent
30:05que va devenir la Volini
30:06après la guerre ?
30:07Que vont devenir la Galicie
30:08qui étaient des anciennes régions
30:09polonais ?
30:09Je vous rappelle
30:10que le Vov,
30:11qui est aujourd'hui
30:11quasiment la capitale
30:12du nationalisme ukrainien,
30:14était,
30:14avant la Deuxième Guerre mondiale,
30:16une ville majoritairement
30:17habitée par des Polonais.
30:18Et ça,
30:19les Polonais ne l'oublient pas,
30:19ils n'oublient pas
30:20les massacres de Volini,
30:21ils n'oublient pas
30:21les massacres de Galicie,
30:22ils n'oublient pas
30:23qu'au sein même
30:24de la société ukrainienne
30:25aujourd'hui,
30:26eh bien,
30:26il y a des références
30:28constantes
30:28à la collaboration
30:29avec le nazisme,
30:30à des mouvements
30:30qui sont eux-mêmes
30:31d'inspiration nationale-socialiste
30:33et cela inquiète les Polonais
30:34et je pense que c'est arrivé
30:35à un stade
30:35où aujourd'hui,
30:35les Polonais disent
30:36stop,
30:36à un moment,
30:37tout le monde a cru
30:38qu'ils allaient pouvoir
30:38jouer avec le feu,
30:39en se disant
30:39on a besoin de ça
30:40pour galvaniser les Ukrainiens
30:41pour qu'ils aient envie
30:42d'aller se battre
30:42contre les Russes
30:43parce que c'est pour ça
30:43que les Américains,
30:46les Européens
30:46ont permis aux Ukrainiens
30:48de faire ça
30:48parce que pour envoyer
30:49des jeunes se battre au front,
30:50il faut les exciter,
30:51il faut leur donner quelque chose
30:52donc on va vous dire
30:52regardez certains
30:53de vos anciens,
30:54de vos grands-parents,
30:54voilà ce qu'ils ont fait
30:55pendant la Deuxième Guerre mondiale,
30:56ils se sont battus
30:57contre les Soviétiques,
30:58maintenant il faut se battre
30:58contre les Russes,
30:59ils utilisent ça
31:00et c'est ce qui va attirer
31:01certains jeunes
31:02par les se battre sur le front,
31:02maintenant aujourd'hui
31:03on voit qu'ils n'arrivent plus
31:04à attirer les jeunes,
31:04ils sont obligés
31:05d'aller les kidnapper sur la rue
31:07mais les Polonais ont raison
31:08de s'inquiéter
31:09mais je dirais
31:09qu'on peut encore plus loin
31:10que ça
31:11et c'est le grand danger,
31:12le problème pour l'OTAN
31:13c'est qu'ils ne partent pas
31:14d'une seule voie,
31:15ça montre aussi
31:15les limites
31:16de ces organisations supranationales
31:18que ce soit l'OTAN
31:18ou l'Union Européenne,
31:19les Polonais aujourd'hui
31:20mettent la pression sur l'Ukraine,
31:22les Bulgares ont dit
31:22qu'ils ne voulaient plus
31:23aider militairement à l'Ukraine,
31:25les Slovaques ont dit
31:26qu'ils ne voulaient plus
31:26aider militairement à l'Ukraine,
31:27plusieurs pays disent
31:28qu'ils ne veulent pas
31:28que l'Ukraine rentre
31:29dans l'Union Européenne,
31:30vous avez au sein même
31:31du camp atlantiste
31:32des voies divergentes
31:34et ça évidemment
31:34ça affaiblit
31:35l'aide
31:38que les Atlantistes
31:39peuvent apporter
31:40à Zelensky
31:40et s'allumer
31:41en position de faiblesse
31:42et certains pays
31:43vont vouloir évidemment
31:44tirer leur épingle du jeu
31:45aujourd'hui
31:46et le fait que la Pologne
31:47ait un rôle si stratégique
31:48important
31:49dans l'aide apportée
31:50à l'Ukraine
31:51permet aujourd'hui
31:52évidemment à la Pologne
31:53de tordre un peu le bras
31:54de Zelensky derrière son dos.
31:56La Pologne tord le bras
31:57à Zelensky dans son dos
31:59et bien ce sera le mot de la fin
32:00Nicolas Mirkovic
32:01merci beaucoup
32:02Merci à vous
32:03d'avoir répondu présent
32:04à l'appel de Choc du Monde
32:05je souligne
32:06je rappelle
32:07que vous avez fondé
32:07l'ONG West-Est
32:08que vous vous rendez
32:09dans le Donbass
32:09donc depuis 10 ans
32:11vous avez écrit
32:1212 ans
32:13vous avez écrit
32:14plusieurs essais
32:15le chaos ukrainien en 2023
32:16et plus récemment
32:17déclin et renouveau
32:18comment les français
32:18se relèveront
32:19et puis vous êtes membre
32:20du think tank
32:21Sovereignty
32:21merci encore
32:22d'avoir répondu présent
32:23à l'appel de Choc du Monde
32:24merci à tous
32:25d'avoir suivi cet épisode
32:27surtout
32:27n'oubliez pas
32:28de le commenter
32:29de le partager
32:30et bien sûr
32:30de vous abonner
32:31et de soutenir TVL
32:33merci à tous
32:34et bonne soirée
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