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  • il y a 2 jours
Chaque mardi et mercredi dans la matinale de Dimitri Pavlenko, Eugénie Bastié livre son regard sur l'actualité.

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Transcription
00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:02Et place à votre première signature du mardi.
00:05Bonjour Génie Bastier.
00:06Bonjour à tous.
00:07On en parle ce jour sur Europe 1, les députés vont voter en troisième lecture la loi sur la fin
00:11de vie.
00:12Dans sa dernière mouture, le texte exclut toute possibilité de clause de conscience
00:16pour les établissements privés qui ne souhaiteraient pas que l'euthanasie se pratique dans leur mur.
00:21La fin de vie est un sujet grave, complexe, intime.
00:23Je conçois quand l'on puisse avoir des doutes, des convictions différentes,
00:26parfois nées d'expériences personnelles douloureuses.
00:28Mais le texte qui arrive devant les députés n'a plus rien d'un compromis entre des camps opposés.
00:33C'est la victoire intégrale du progressisme le plus débridé,
00:37balayant les garde-fous et faisant basculer la France parmi les pays les plus permissifs sur cette question de civilisation.
00:43En 2017, Emmanuel Macron affirmait que la fin de vie n'était pas une priorité.
00:47En 2024, il disait dans les colonnes de libération que le gouvernement ne voulait instaurer ni un droit nouveau, ni
00:52une liberté.
00:53Eh bien, dans la France de 2026, incapable d'assurer certaines de ses missions régaliennes les plus élémentaires,
00:58impuissantes à protéger les plus faibles, à garantir l'accès aux soins ou à tenir ses frontières,
01:04voilà que l'euthanasie semble devenue une urgence nationale.
01:07Le gouvernement Lecornu avait promis un geste en direction des opposants au projet,
01:12en garantissant aux établissements privés la possibilité d'une clause de conscience collective.
01:18Cette concession est tombée.
01:20Concrètement, des établissements dans la vocation est d'accompagner les malades et les mourants
01:24sans jamais provoquer la mort, comme les EHPAD par exemple,
01:27pourraient être contraints d'acquérir ce geste en leur sein.
01:30Vous imaginez donc ces lieux où l'on essaie de pousser les patients à vivre jusqu'au bout,
01:35ouvrir leurs portes à des dispensateurs de mort.
01:37C'est une violation manifeste de la liberté de conscience,
01:40mais aussi une atteinte à la cohérence de projets d'établissement
01:43fondés sur une certaine idée du soin, de la vulnérabilité et de l'accompagnement jusqu'au bout.
01:49C'est au nom de l'égalité que la gauche a fait sauter ce garde-fou.
01:53L'égalité à mon dos.
01:54Les opposants à cette clause expliquent qu'il existerait des régions, par exemple la Bretagne,
01:58où le poids des établissements privés serait tel qu'il pourrait compromettre l'accès aux gestes létals.
02:03Voilà donc la nouvelle obsession de la gauche française, la lutte contre les déserts euthanasiques.
02:09Ce sens des priorités est sidérant.
02:12Les mêmes progressistes qui invoquent la clause de conscience pour des écrivains en désaccord avec leur éditeur
02:17la refusent à des soignants lorsqu'ils ne veulent pas participer directement ou indirectement à un acte donnant la mort.
02:24Ce refus dit tout de la véritable nature du texte, qui est un texte idéologique.
02:30Loin de réserver l'euthanasie à quelques situations exceptionnelles, tragiques, insolubles,
02:35la loi assume au contraire sa banalisation, voire son hégémonie.
02:39Loin d'en faire un acte limite, elle veut en faire un acte normal.
02:42À cela s'ajoute, il faut le dire, une certaine volonté laïcarde d'en finir,
02:46avec toute spécificité chrétienne dans notre pays, y compris dans le soin,
02:50puisque de nombreux établissements catholiques seront visés.
02:53Est-ce qu'il faut craindre, Génique, que les établissements refusant la pratique de l'euthanasie soient contraintes de fermer
02:58?
02:58C'est ce que redoute Mgr Rouget qui s'est exprimé dans ce sens.
03:01Il n'a pas tort de s'inquiéter lorsqu'on entend par exemple le délégué général de l'ADMD,
03:06Philippe Loéac, lancer avec une arrogance inouïe aux petites sœurs des pauvres,
03:10qui sont inquiètes à l'idée de devoir accueillir l'euthanasie dans leurs EHPAD,
03:14je le cite,
03:31Derrière les grands mots d'autonomie, on voit poindre une logique totalitaire.
03:35Les murs n'ont pas de conscience, répètent ceux qui refusent aux établissements toute clause de conscience.
03:40Mais un établissement de santé n'est pas un hangar médicalisé,
03:43c'est une communauté humaine.
03:45Cette standardisation de la mort est quelque chose de profondément inhumain.
03:50Signature Europe 1, Eugénie Bastier. Merci beaucoup Eugénie.
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