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  • il y a 3 heures
Dans son édito du 29/06/2026, Thomas Bonnet revient sur les propos de Laurent Nunez suite à la mort de Louis à Narbonne.

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Transcription
00:00Alors disons-le, qualifier ce crime et ses auteurs n'est pas le principal,
00:03mais poser les bons termes sur le phénomène de l'hyperviolence me semble primordial.
00:07Laurent Nunez aura attendu donner une interview aux Parisiens plusieurs jours après la mort de Louis
00:12pour enfin réagir publiquement.
00:15Ce délai d'ailleurs peut nous interroger comment le ministre de l'Intérieur choisit les faits qui méritent un commentaire
00:20ou qui ne le méritent pas, mystère.
00:22S'il pose le bon diagnostic sur la montée de la violence chez les jeunes et sur les problèmes
00:25qui se posent au sein de l'ASE, l'aide sociale à l'enfance,
00:28Laurent Nunez esquive le mot d'ensauvagement qui figure dans la question du journaliste.
00:33Un terme qu'il estime connoté politiquement avant d'affirmer qu'il y aurait une exploitation de l'extrême droite
00:39de cette affaire.
00:40Laurent Nunez rappelle qu'il n'y a pas de caractère raciste retenu par le procureur.
00:44Pour vous Thomas, cette prise de parole est particulièrement révélatrice ?
00:48Laurent Nunez s'empresse de s'attaquer à ce qu'il qualifie d'extrême droite
00:51et semble associer le terme d'ensauvagement au lexique de cette partie-là de l'échiquier politique.
00:56C'est aussi indirectement un message à son collègue garde des Sceaux et son prédécesseur Gérald Darmenin
01:00qui lui avait employé le terme en 2020 provoquant déjà un débat.
01:04À l'époque, Éric Dupond-Moretti, lui-même ministre de la Justice, avait dénoncé l'emploi de ce terme
01:09en estimant qu'il faisait augmenter, je cite, le sentiment d'insécurité.
01:13Hier, sur notre antenne, Aurore Berger a aussi pris ses distances avec Laurent Nunez
01:17en récusant le terme de récupération au profit de celui d'indignation.
01:20Nous voilà donc replongés dans le même débat six ans plus tard.
01:25Certains perçoivent le terme d'ensauvagement comme un marqueur qui viserait telle ou telle population.
01:29Ils se trompent.
01:30Le mot décrit aujourd'hui l'absence de codes sociaux élémentaires, la barbarie, la décivilisation
01:36sont d'autres termes qui décrivent la même réalité.
01:39En fait, l'irruption du mot « ensauvagement » dans le débat public répond simplement
01:43à l'évolution plus qu'inquiétante de la violence qui gagne désormais les quatre coins du pays.
01:47Pourquoi Laurent Nunez refuse de l'employer alors ?
01:50Eh bien, le ministre de l'Intérieur s'astreint à une ligne de conduite.
01:52Jouer autant que faire se peut la carte de l'apaisement.
01:56Il y a cette idée chez Laurent Nunez de vouloir à tout prix éviter d'alimenter un climat déjà fracturé.
02:00Il ne faut pas mettre de l'huile sur le feu, comme on dit.
02:03Mais c'est oublié que dans cette formule, on admet qu'il y a donc déjà le feu.
02:07Mais on constate dans de nombreux dossiers, que ce soit les violences urbaines qui accompagnent
02:10certains événements ou même la relation franco-algérienne,
02:13Laurent Nunez est adepte de la méthode douce, celle qui consiste à ne pas brusquer le régime d'Alger,
02:18celle qui consiste à minimiser les faits en affirmant que la fête de la musique s'est globalement bien passée,
02:24par exemple.
02:24Sans doute, le ministre de l'Intérieur est-il encore teinté de sa longue carrière de serviteur de l'État,
02:29de préfet notamment, des postes où on sait la mission, l'objectif est de faire tenir la nation du mieux
02:35possible.
02:35La question est de savoir si le fait d'éviter d'affronter le réel permet d'atténuer les problèmes.
02:40Est-ce que l'apaisement n'est pas seulement une façon de repousser l'échéance,
02:44de cacher les fractures qui nous exploseront tôt ou tard au visage ?
02:47L'homme le mieux informé de France, c'est sûrement ce qu'il fait.
02:51Et sa précaution est peut-être un indice de plus sur l'inflammabilité de la situation.
02:56Mais parfois, cette extrême prudence s'évapore quand un ministre quitte ses fonctions.
03:00L'exemple le plus marquant, c'est évidemment Gérard Collomb, ancien socialiste,
03:04qui au moment de quitter le ministère de l'Intérieur parle d'une France qui bientôt vivra face à face.
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