00:00Soyez le bienvenu Vincent Brouget.
00:01Merci pour votre invitation.
00:02Sur ICI Gare Lozère, donc la radio et le canal France 3 de la TNT,
00:06100 jours donc au cours desquels vous avez beaucoup écouté,
00:09beaucoup consulté des agents de la ville, des habitants, des élus, des patrons.
00:13On pourrait vous dire, ça ne fait pas beaucoup avancer,
00:16mais si vous le faites, j'imagine, c'est qu'il y a une raison.
00:18Mais laquelle ?
00:20Bon d'abord, ce n'est pas simplement consulter,
00:23ce n'est pas simplement écouter, c'est réunir.
00:25Parce qu'en réalité, à chaque fois qu'on crée des espaces
00:29où les Nîmois ou les agents de la ville peuvent discuter,
00:32on ne le fait pas individuellement, on le fait en groupe,
00:35ce qui fait que les Nîmois peuvent échanger entre eux.
00:37Et moi, je suis convaincu que ce qui a manqué pour notre ville depuis quelques années,
00:42c'est cette difficulté d'associer la population,
00:47de rassembler les agents, de rassembler, de réunir la ville,
00:49ce qui donne une capacité d'action en réalité.
00:52Et ce qu'on s'est attaché à faire depuis le début du mandat,
00:54en plus des choses concrètes, on y reviendra,
00:56c'est de se redonner des moyens d'agir.
00:59Et des moyens d'agir, c'est de réunir, de rassembler la ville,
01:02de faire que chacun s'écoute,
01:04chacun connaisse les points de vue des uns et des autres.
01:07Parce que vous vivez dans un quartier,
01:09vous ne croisez pas forcément celui qui vit dans un autre quartier.
01:12Et on a besoin aujourd'hui de trouver ces espaces
01:14où chacun peut réfléchir avec les autres.
01:17Et donc se donner une capacité d'agir, c'est réunir la population.
01:20C'est aussi retrouver des liens avec les institutions
01:23qui nous entourent, que ce soit des communes,
01:26le département, la région, l'État,
01:28pour pouvoir agir ensemble.
01:30Et donc pendant ces premières semaines de mandat,
01:33nous nous sommes attachés à retrouver une capacité d'agir
01:39parce que la situation n'est financièrement pas florissante nécessairement.
01:44et que si on tire tous ensemble, si les projets sont collectifs, communs,
01:48s'il y a une vision partagée, ça fait agir plus fort.
01:51L'une de vos premières actions très concrètes pour le coup,
01:55c'est d'offrir à 1000 jeunes, puisque ça va être les vacances,
01:57ce que vous appelez un droit aux vacances.
01:59Concrètement, c'est quoi ?
02:00Et comment allez-vous les sélectionner, ces jeunes,
02:03si ce n'est pas déjà fait ?
02:06Effectivement, une de nos priorités,
02:07formulée pendant la campagne,
02:09et qui est renouvelée au cours des semaines de débats
02:13qu'on a mis dans la ville,
02:14c'est la volonté de s'occuper de notre jeunesse,
02:17depuis la petite enfance jusqu'à leur insertion dans la vie professionnelle.
02:22Et un des enjeux, c'était de se dire,
02:24l'été, il y a beaucoup d'enfants qui n'ont pas la chance
02:26de partir en vacances.
02:27Vous savez, il n'y a plus d'un tiers de la population
02:28qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
02:30C'est près de 40% des moins de 12 ans
02:33qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
02:34Et donc, tout le monde n'a pas la chance
02:36de s'offrir quelques jours pour s'aérer la tête, l'esprit,
02:40de se retrouver dans un groupe,
02:41de partager des moments, de se faire des souvenirs.
02:44Ça, c'est très important quand on grandit,
02:46quand on se construit.
02:47Et donc, très vite, on a voulu,
02:49alors il y avait déjà un peu ça
02:52avec les centres sociaux de la ville,
02:54mais on a voulu démultiplier.
02:56Et donc, on a demandé à des associations du territoire
02:59de nous proposer...
03:01De leur proposer des activités.
03:01Voilà, de leur proposer des activités
03:03qui seront subventionnées par la ville.
03:05Et donc, c'est 1054 enfants
03:07qui vont partir soit sur des courts séjours,
03:09donc avec des nuits,
03:11et soit 800 enfants
03:14qui feront des activités à la journée.
03:16Et donc, ces enfants-là,
03:17ils sont sélectionnés parmi les 40%
03:18de Nîmois les plus pauvres,
03:20qui vivent sous le seuil de pauvreté.
03:21Il n'y a pas de critère absolu comme ça.
03:24Les associations vont proposer...
03:26Le vote aura lieu le 4 juillet
03:28au Conseil municipal.
03:29Donc, à partir du vote du 4 juillet,
03:31les associations qui ont des propositions
03:33vont pouvoir ouvrir ces propositions.
03:36Et puis, ça sera aux parents, aux familles
03:38de se positionner pour inscrire leurs enfants.
03:40Pour la rentrée, vous prévoyez aussi
03:42de dépenser un peu plus
03:43pour remplir la trousse des élèves.
03:45On est très concret, ce matin,
03:46pour les 83 écoles de la ville.
03:48Qu'est-ce qu'il y aura dedans, dans cette trousse ?
03:49Oui, c'est très concret,
03:50parce qu'on sait que la rentrée scolaire,
03:52ça peut coûter cher
03:53pour un certain nombre de familles.
03:55Et donc, on fait une trousse...
03:57Alors, ce n'est pas une trousse physique,
03:58c'est une trousse virtuelle.
04:00On va offrir une trousse
04:01d'une valeur de 10 euros par enfant
04:03pour tous les enfants de l'école élémentaire.
04:04En plus des 50 euros
04:05que vous dépensez déjà chaque année
04:06pour chaque enfant.
04:07Oui, tout à fait, du CPOCM2.
04:09Mais la ville donne 50 euros par enfant
04:12dans les écoles aux enseignants
04:14pour qu'elle constitue un stock
04:15de fournitures scolaires.
04:16Mais là, dans cette trousse,
04:17on va trouver le matériel de base,
04:19stylo, feutre, gomme, etc.,
04:22qui permettront à des familles
04:24d'avoir une petite bouée d'air frais.
04:26Vous savez, ça ne peut pas être rien
04:28pour certains.
04:29Pour d'autres, c'est beaucoup.
04:30Et dans ce moment
04:31où le pouvoir d'achat
04:32est un peu en berne,
04:33c'est aussi un signe
04:33qu'on voulait envoyer.
04:34À la rentrée aussi,
04:35à partir du 1er septembre,
04:36vous allez rendre
04:37les bibliothèques gratuites,
04:39vous l'avez annoncé hier,
04:39et progressivement aussi
04:41les musées en quoi ?
04:42Ça, c'est une priorité
04:43pour les Nîmois.
04:44Et encore une fois,
04:45les enfants, on le voit
04:46à travers tout ce qu'on dit,
04:47les enfants sont prioritaires
04:49dans vos premières actions.
04:50Oui, les enfants sont prioritaires.
04:51C'était déjà gratuit pour les enfants,
04:52mais là, les enfants de CP,
04:54pour permettre qu'ils franchissent
04:57une barrière qui,
04:58au-delà d'être financière,
04:59peut être une barrière culturelle,
05:02symbolique.
05:03C'est difficile, parfois,
05:05de se rendre dans une bibliothèque,
05:06on n'y pense pas,
05:07ou ça nous paraît interdit.
05:08Donc les enfants de CP,
05:09chaque année,
05:10recevront une carte chez eux,
05:12la carte de bibliothèque,
05:14et ils devront finaliser
05:16leur inscription avec leur famille,
05:17avec leur fratrie,
05:19peut-être,
05:20dans la bibliothèque
05:21de leur choix de la ville.
05:23On sait que là où ça a été fait
05:25dans d'autres communes,
05:26ça a dopé les inscriptions.
05:27Et moi, je préfère
05:28que les enfants,
05:29ils aillent à la bibliothèque,
05:30ils lisent des livres,
05:31ils partagent des moments
05:32au calme et au frais
05:33quand il fait chaud,
05:35plutôt qu'ils soient désœuvrés.
05:36Vous parliez de rassembler,
05:38c'est dans ces lieux-là
05:38que vous voulez les rassembler,
05:39alors les jeunes, ni moins.
05:40Je pense que c'est bien
05:41de rassembler les jeunes
05:42dans les bibliothèques
05:43et dans les lieux de culture,
05:44comme les musées aussi.
05:46Et donc notre volonté,
05:47c'est de se dire
05:48que la culture,
05:48c'est le bien partagé de tous,
05:50et que c'est là
05:50qu'on va retrouver des ressources
05:52pour bien faire grandir nos enfants.
05:54Alors vous parlez de ressources,
05:55justement,
05:55si on met toutes ces dépenses-là
05:56bout à bout,
05:57la rentrée,
05:58les musées,
05:58les vacances,
05:59on arrive à 200 000 euros
06:01de dépenses.
06:02Ça, il va bien falloir
06:02les compenser ces dépenses.
06:04Oui, alors vous savez,
06:05200 000 euros
06:06à l'échelle du budget de la ville,
06:07c'est pas la mer à bord non plus.
06:10Mais il n'empêche,
06:11la dette de la ville,
06:12je crois qu'elle est
06:13de près de 180 millions d'euros,
06:14sans compter non plus
06:15la dette grise,
06:15comme vous l'avez évoqué hier.
06:17C'est 180,
06:17mais c'est au-delà,
06:18parce que la dette de la ville
06:20sur tous les budgets,
06:21c'est 264 millions d'euros,
06:23il y a le budget en rue,
06:24il y a le...
06:24Et donc, effectivement,
06:26on a une situation financière
06:27qui est plus contrainte
06:28que ce qu'on pensait,
06:29non pas parce que les chiffres,
06:30on les connaissait ceux-là,
06:31mais effectivement,
06:32la dette grise,
06:33c'est le sous-investissement
06:34qui s'est produit
06:34ces dernières années
06:35sur un certain nombre
06:36de bâtiments,
06:37notamment le patrimoine municipal.
06:39Il est 40 millions d'euros,
06:40c'est cette dette grise.
06:42C'est bien plus que ça,
06:44à mon avis.
06:45Si on veut rénover
06:45toutes les écoles,
06:46il va falloir qu'on investisse
06:48davantage.
06:49Si on veut rénover
06:50un certain nombre de bâtiments,
06:51vous savez,
06:52on était hier à Carédard,
06:53il y a la toiture qui fuit
06:55et qui fuit quand il pleut,
06:56ça fuit sur les oeuvres
06:58qui sont conservées,
06:59ce qui n'est quand même
07:00pas très correct.
07:02Donc, on a beaucoup
07:03d'investissement à faire.
07:04Donc, votre marge de manœuvre
07:05est très réduite ?
07:06Oui, mais la marge de manœuvre,
07:07on va la trouver,
07:08parce que moi,
07:08je ne veux pas que la dette
07:09nous paralyse.
07:10La dette, effectivement,
07:11les collectivités,
07:12on le sait,
07:12elles sont dans des situations
07:13très contraintes.
07:14Les choix qui ont été faits
07:16conduisent à faire des belles choses
07:18et des belles réalisations
07:19et en même temps
07:19à sous-investir sur le reste.
07:22Et moi, je pense que,
07:22par exemple,
07:23on savait que la chaleur arrivait
07:25et je pense que dans quelques années,
07:26tout le monde sait
07:27qu'il fera encore plus chaud
07:28qu'aujourd'hui
07:28et qu'il va bien falloir
07:30s'occuper de nos écoles
07:31pour qu'on n'ait pas
07:32le même problème chaque année.
07:33Mais on ne va pas pouvoir
07:34faire ça la première année.
07:35Par contre, on sait maintenant...
07:36Parce que vous êtes en fait
07:37sur le budget voté
07:37par la présidente majorité.
07:38Oui, cette année en 2026
07:39et à partir de 2027,
07:41on aura nos choix à nous,
07:42même s'ils seront contraints
07:43par des dépenses
07:45qui sont des dépenses automatiques.
07:47Mais par contre,
07:47si on arrive à délibérer ensemble
07:49avec les Nîmois
07:50sur l'idée qu'il y a des choses claires
07:52et une orientation claire
07:53et qu'il faut d'abord
07:54rénover les écoles
07:55pour qu'on ne se retrouve pas
07:57à chaque mois de juin
07:58ou chaque mois de septembre
07:59et même en mai maintenant
08:00à faire que les enfants
08:01ont trop chaud,
08:03eh bien on va se dire
08:03qu'on va avoir un plan
08:04d'investissement
08:05sur plusieurs années
08:06pour rénover les écoles de la ville.
08:08On aura l'occasion
08:08d'en reparler de tout ça.
08:10En tout cas, je vous remercie beaucoup
08:11Vincent Bouget
08:11d'être venu avec nous.
08:13Donc après vos 89 jours
08:15à la tête de la ville de Nîmes.
08:17Rendez-vous le 13 juillet.
08:18Le 13 juillet pour la grande fête populaire
08:19au Jardin de la Fontaine.
08:20Merci à vous.
08:20Merci à vous.
08:23Ici Gare Lozère,
08:24le réveil 100% local.
08:26Ici Matin.
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