00:00Avec de la colère, avec de l'inquiétude, parce qu'on ne s'adapte pas, on voit que le système
00:06est très tendu,
00:06on voit qu'il est prêt à craquer et on n'est qu'à 1,37 degré de réchauffement planétaire.
00:13On s'en va vers 4 degrés à l'échelle France, ce qui montre que si aujourd'hui on n
00:19'est pas capable de s'adapter,
00:20on n'est pas capable de s'adapter sans casse vers une trajectoire climatique dans laquelle on va.
00:25Donc en fait on est dans une forme de déni de responsabilité et de déni de vulnérabilité.
00:30– Déni de responsabilité, de vulnérabilité, est-ce que ça veut dire que malgré tout,
00:34j'ai quand même l'impression qu'on en parle beaucoup, qu'on en parle chaque année,
00:37mais qu'on en parle surtout quand il fait chaud et puis qu'ensuite chacun remballe et repart à sa
00:41petite vie ?
00:42On a quand même une situation budgétaire extrêmement tendue, des investissements qui n'ont pas été faits.
00:47Est-ce que vous vous dites là, ça y est, c'est la manifestation de tous ces investissements,
00:53de toutes ces décisions qui n'ont pas été prises ?
00:54– Bien sûr, on paye l'incurie en fait des défaillances politiques des 20 dernières années,
01:00puisqu'en fait ce qu'on vit là, moi en tant que climatologue, je ne suis pas du tout surpris.
01:04On rentre en territoire inconnu, bien évidemment,
01:06puisqu'on atteint des valeurs de température qui sont enlevées,
01:08mais c'est un territoire extrême, mais c'est un territoire inconnu qui était anticipable.
01:13Donc c'est pour ça que quand je parle de politiser la canicule,
01:17je ne parle pas de faire de la politique autour de la canicule.
01:20Je parle d'un projet sociétal.
01:22Et je parle aussi de, dans ce terme-là,
01:26il y a cette idée de pointer la responsabilité de l'inaction,
01:30de pointer la responsabilité de l'impréparation,
01:32parce que l'impréparation n'est pas une fatalité.
01:34L'impréparation de l'impréparation