00:00Cette pierre-là, des souvenirs, elle répare les familles.
00:20Stomperstein, littéralement, c'est une pierre d'achoppement.
00:23C'est un pavé sur lequel on ne devrait pas buter,
00:26mais c'est notre mémoire qui bute,
00:28c'est notre conscience qui est interpellée,
00:29c'est une remémoration d'une personne qui a été déportée,
00:33qui a été fusillée, comme c'est le cas de Raymond Lucien Clé,
00:36donc résistant fusillé au Strutov.
00:38C'est une manière de lui redonner sa place
00:42dans l'espace de la cité où il a été chassé.
00:58Je suis né le 5 juin 1943, c'est-à-dire dix jours après son arrestation.
01:04Donc je l'ai rencontré une seule fois dans la prison de Frennes,
01:11où il était incarcéré, et ensuite, par Compiègne, il est allé au Strutov
01:17dans les trains spéciaux du jeudi, je crois.
01:19Nart und Nebel, c'est-à-dire nuit et brouillard.
01:23Les détenus qui étaient destinés à disparaître, sans laisser de traces.
01:27Il était gaulliste dès la toute première heure, infatigable.
01:30Ma mère n'était au courant de rien, mais il se débrouillait tous les jours,
01:34tous les jours pour faire des actions de résistance auprès de ses lycéens
01:39ou auprès de ses collègues.
01:40Je remercie beaucoup Nicole Drillère et Madame Catherine Trottmann
01:44pour cette commémoration qui a fait beaucoup de bien à mon oncle.
01:47Tous ces gens qui mettent toute leur énergie, ça répare en fait, ça répare des familles.
01:52Et c'est grâce à ça que j'essaie toujours d'être injuste dans mon travail ou dans ma vie.
02:09Je se lève, présageons pour l'avenir des jours meilleurs.