Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures


Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Cette affaire Liana présente des difficultés plus structurelles qu'individuelles.
00:08Et mon propos va sans doute être un peu offensif, mais il ne devrait pas être consternant,
00:14parce que tout ça, c'est ancien, il n'y a rien de nouveau.
00:18Il n'y a pas une affaire Liana, il y a des foultitudes d'affaires Liana.
00:23Aujourd'hui en France, tout ce que nous avons pu constater dans ce dossier,
00:29je peux vous dire qu'il y en a des centaines, peut-être même des milliers de dossiers
00:34qui présentent ce type de dysfonctionnement.
00:39Et pourquoi est-ce qu'on peut aujourd'hui comptabiliser autant de dossiers ?
00:44C'est parce qu'on ne peut que déplorer qu'il n'y ait pas de réelle volonté politique de
00:50protection de l'enfance,
00:51et pas que de l'enfance, on est d'accord, dans ce pays.
00:54Et ce qui est assez sidérant, c'est qu'il a fallu ce drame tragique qui s'ajoute à d
01:03'autres.
01:04Pas la première fois, évidemment, malheureusement, qu'on est confronté à ce type de situation dramatique.
01:10Il a fallu ce drame tragique pour que l'on se dise,
01:12« Ah bah tiens, on va aller examiner les 70 000 dossiers qui sont en souffrance.
01:1970 000 dossiers qu'on a pu instantanément identifier.
01:24Et pourquoi est-ce qu'il a fallu attendre ce drame pour procéder à ce recensement
01:32qui s'imposait d'évidence si on avait la volonté politique ? »
01:36Et quand on sait qu'à la suite de ce travail d'étude des 70 000 plaintes pour viol et
01:43violences sexuelles sur les mineurs,
01:45je crois qu'il y a eu 250 ou 300 mises en détention.
01:50Pardon.
01:52137.
01:55C'est énorme.
01:57C'est énorme.
01:58Et donc, tout ça, à la défaveur, pardonnez-moi, de ce drame.
02:05Donc, évidemment, c'est structurel.
02:08Évidemment que les moyens manquent partout.
02:11Évidemment que les moyens manquent dans les services de police,
02:15dans les endarmeries, dans les tribunaux, dans les hôpitaux,
02:18dans les centres de prévention.
02:20Nous sommes en France, on ne peut pas protéger efficacement les enfants
02:25si on ne travaille pas sur les auteurs,
02:27si on ne travaille pas sur la prévention.
02:30Et nous sommes en France à déplorer un retard abyssal
02:33par rapport à d'autres pays qui agissent beaucoup plus efficacement en matière de prévention.
02:41Je ne sais même pas, à chaque fois que j'évoque l'existence des PRIAF,
02:45c'est-à-dire des structures d'aide et d'accueil des personnes
02:49qui développent des symptômes et des syndromes de pédophilie
02:54ou d'attirance sexuelle pour mineurs,
02:57en fait, personne ne connaît l'existence de ces PRIAF.
02:59Il y en a, je crois, 25 en France.
03:03Et personne ne les connaît.
03:05Pourquoi ?
03:06Parce qu'il n'y a pas d'information.
03:07Il n'y a pas de politique d'information auprès du public
03:11comme il peut y en avoir, notamment en Allemagne ou en Angleterre.
03:16En Allemagne, vous trouvez dans des cabinets médicaux
03:20des annonces, des clients où, effectivement,
03:24on alerte les personnes, les auteurs,
03:27qui ne sont peut-être pas encore auteurs,
03:30mais les personnes qui développent ce symptôme,
03:32les personnes qui développent cette attirance,
03:34on les invite à rejoindre, en toute sécurité,
03:38des structures d'accueil où on va les prendre en charge,
03:41où on va les prendre en main
03:42pour éviter, justement, qu'ils passent à l'acte.
03:45Et en France, on est vraiment au degré zéro de cela.
03:49Ça, c'est un autre sujet, mais c'est important.
03:52Alors, moi, ce qui m'effraie toujours,
03:56c'est qu'on a systématiquement l'impression
03:58que lorsqu'un drame intervient de cette manière
04:02et lorsque l'on révèle ce que nous autres,
04:07nous connaissons, nous pratiquons au quotidien,
04:09tout le monde tombe de l'armoire.
04:12Pourtant, systématiquement,
04:13et je crois que c'est un pince-homme
04:15pour le président de la République
04:17comme pour le ministre de la Justice
04:18de venir aux audiences solennelles
04:22d'ouverture de la Cour de cassation,
04:25où systématiquement, le premier président
04:27de la Cour de cassation,
04:28le premier avocat général de la Cour de cassation,
04:30évoque le tableau de la justice de ce pays.
04:34Je crois que la dernière fois,
04:36on avait parlé de délabrement.
04:38À la Cour de cassation,
Commentaires

Recommandations