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Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères fait constamment face aux crises géopolitiques, économiques et environnementales. Ce qui l’oblige à s'adapter en continue. Julien Steimer, directeur général de l’administration du ministère, explique l’importance de faire appel à de nouvelles compétences et de moderniser ses services pour être efficace et résilient.
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00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie, dans notre société.
00:10Aujourd'hui je reçois Julien Stemmer, bonjour.
00:12Bonjour Thomas Hugues.
00:13Bienvenue, vous êtes directeur général de l'administration et de la modernisation du ministère de l'Europe et des affaires
00:18étrangères.
00:19On va parler de transformation, de transition à la dimension d'un ministère.
00:23Mais alors je vais commencer par une question simple, c'est presque une question de curieux.
00:26C'est quoi votre métier ? Vous êtes en quelque sorte le DRH du ministère ?
00:30Oui en fait je suis chargé de l'ensemble des ressources du ministère.
00:34Les premières ressources du ministère, c'est ces 13 000 personnes dont deux tiers sont partout dans le monde.
00:41A la fois des fonctionnaires, des contractuels, mais je pense aussi à tous nos collègues que nous recrutons localement dans
00:48les ambassades, dans les services culturels, dans les alliances françaises, dans les instituts français.
00:52Je suis aussi chargé des ressources financières, dans un contexte budgétaire extrêmement délicat et extrêmement compliqué.
01:00Et puis les ressources informatiques, les ressources immobilières, la sécurité, on en reviendra sans doute dans un instant.
01:08Et puis la transformation.
01:10Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, c'est évidemment le temps des crises.
01:15Dès qu'on se réveille le matin, il s'est passé quelque chose dans la nuit, etc.
01:19Et des crises qui sont redevenues aussi, des crises physiques pour nos collaboratrices et nos collaborateurs.
01:26Et j'ai une pensée particulière à toutes celles et ceux, ils sont à peu près 1700 aujourd'hui,
01:31qui travaillent dans des pays dans lesquels la situation de violence a potentiellement un impact sur eux.
01:39Et puis peut-être un dernier point, on y reviendra.
01:41Je m'occupe de la transformation pour essayer de transformer cet engagement sur la crise et le temps court,
01:49pour nous préparer à la diplomatie de demain, dont on aura de plus en plus besoin.
01:55Effectivement, on va forcément parler de cette diplomatie de demain.
01:57Je vais donner quelques chiffres.
01:59On parle du troisième réseau diplomatique au monde.
02:02170 pays couverts par le réseau.
02:04Plus de 13 000 agents, vous nous le disiez, dont deux tiers à l'étranger.
02:073 millions de Françaises et de Français à l'étranger et un budget annuel de 2025 de plus de 6
02:12milliards d'euros.
02:14Il y a trois pôles au Quai d'Orsay, au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
02:18Si on les présente rapidement, de quoi il s'agit ? En plus du vôtre, en quelque sorte.
02:22En fait, le premier pôle, c'est évidemment celui qui s'occupe de la connaissance du monde et de la
02:29gestion des écrits.
02:30C'est ce qu'on appelle la direction générale des affaires politiques.
02:34On voit ensuite que le monde, et notamment les préoccupations de nos compatriotes qui ont bien compris que leur avenir
02:39se situait dans nos frontières,
02:42mais aussi à l'extérieur, le monde de demain se traite sur des questions environnementales, sur des questions technologiques,
02:51sur des questions culturelles, sur des questions de solidarité également.
02:55Et c'est la direction générale de la mondialisation qui est aux commandes, et qui d'ailleurs est au front
03:01en ce moment même où on parle,
03:03avec le lancement du sommet du G7 sous présidence française.
03:09Et puis la direction qui permet que tout ceci fonctionne, et dont je suis le responsable,
03:17avec une logique très forte qui est une logique de réseau.
03:19Notre valeur ajoutée, c'est celles et ceux qui, dans les ambassades,
03:25travaillent au contact de nos partenaires étrangers, dans les organisations multilatérales.
03:30Et notre métier à nous, à Nantes et à Paris, puisqu'une partie du siège du ministère est à Nantes,
03:37où travaillent 1200 collègues, essentiellement d'ailleurs dans des fonctions d'avenir,
03:41de transformation numérique, de services publics aux Français, s'y développent.
03:46– Oui, alors vous parliez du G7, là, effectivement, au moment où on se parle,
03:50il va ouvrir dans quelques heures à Evian, ça se prépare depuis combien de temps ?
03:55Un sommet international sur le sol français ?
03:58Alors, il revient régulièrement, la dernière fois c'était à Biarritz, si je ne me trompe, c'est ça ?
04:04Combien de mois, voire d'années de préparation pour les services du ministère ?
04:09– C'est toujours, en gros, entre 18 mois et un an de préparation et de mobilisation.
04:16Avec un G7 un peu particulier, parce que c'est un format dont la France était à l'origine,
04:21au château de Rambouillet, avec une initiative de Valéry Giscard d'Estaing,
04:26qui à l'époque avait voulu transformer l'idée d'un sommet,
04:30qui souvent est une organisation très complexe,
04:32avec beaucoup d'accompagnement, beaucoup de délégation.
04:35Et l'idée du président Giscard d'Estaing était de créer de l'informel,
04:39de la discrétion, de la discussion entre chefs.
04:42Et c'est cet esprit que le président Emmanuel Macron souhaite développer lors de ce G7 d'Evian,
04:49avec deux points particuliers.
04:51Le premier, c'est s'intéresser aux déséquilibres mondiaux,
04:55et notamment aux déséquilibres économiques,
04:58entre les États-Unis, la Chine,
05:01et les cartes que l'Europe peut jouer,
05:05et singulièrement la France,
05:06qui est une terre d'attractivité,
05:08on l'a vu avec Choose France.
05:10Pour la septième année, la France est championne d'Europe
05:12des investissements étrangers en France,
05:17mais également essayer de gérer les crises,
05:20notamment sur le front est de l'Europe,
05:23au Moyen-Orient,
05:24certaines crises en Afrique également.
05:26Qu'est-ce que ça signifie,
05:29moderniser une administration comme le Quai d'Orsay,
05:31qui est une des plus anciennes de France, j'imagine ?
05:34Oui, on a plus de quatre siècles.
05:37Vous ne le faites pas.
05:38Et c'est la raison pour laquelle,
05:40et c'est très important d'ailleurs,
05:41quand on est une organisation et qu'on veut se transformer,
05:44face à des besoins de nos compatriotes qui évoluent.
05:47Vous aviez évoqué les 3,5 millions de nos compatriotes à l'étranger,
05:51mais le job du Quai d'Orsay, c'est aussi de s'occuper de vous,
05:54c'est-à-dire de nos compatriotes de métropole et d'outre-mer,
05:58parce que la diplomatie, c'est la guerre et la paix,
06:02mais c'est aussi nos emplois, l'attractivité de nos territoires.
06:06C'est également les questions de sécurité,
06:09avec une nouvelle stratégie qui a été lancée par le ministère
06:13en matière de lutte contre les narcotrafiques
06:16qui grand-graine notre société.
06:20Donc le ministère des Affaires étrangères,
06:22c'est surtout pas le ministère des Affaires qui, vous, sont étrangères,
06:26mais c'est le ministère qui vous concerne et qui concerne notre quotidien.
06:31Et quand on parle de modernisation, vos objectifs prioritaires,
06:35quels sont ces objectifs ?
06:36Notre premier objectif, ça a été de travailler sur nos services,
06:39comme une organisation, et d'essayer de réfléchir face au monde complexe,
06:43quels étaient les nouveaux services que nous pouvions rendre.
06:46Évidemment, des services d'information,
06:48des services de relation avec nos partenaires étrangers,
06:52et le monde tel que la France pouvait l'avoir en tête
06:55à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale,
06:57c'est évidemment pas le monde où aujourd'hui,
06:59des pays comme le Brésil, l'Indonésie, le Nigeria,
07:03sont des pays d'avenir et qui donnent le ton.
07:06Et donc, on s'est intéressé aux services,
07:08avec deux exemples concrets.
07:09Le service que l'on donne à nos compatriotes à l'étranger,
07:13avec une logique, pardon, j'utilisais un jargon hybride,
07:18à la fois d'être capable de donner un service physique,
07:22par le digital, parce que parfois on est loin
07:25et on n'a pas le temps de pouvoir venir faire la queue
07:27ou d'aller voir les collègues au consulat,
07:30et puis la voie, et je voudrais saluer
07:32tout le travail qui est fait par la Direction des Français de l'étranger,
07:35avec Pauline Carmona,
07:36qui offre aujourd'hui des services à l'étranger
07:38dont nous ne bénéficions pas encore
07:41en métropole et en Outre-mer.
07:43Par exemple, vous pouvez,
07:45pour préparer vos prochaines vacances si vous en prenez,
07:49renouveler votre passeport
07:51sans vous rendre au consulat,
07:53juste à distance.
07:55Vous pouvez également, à l'étranger,
07:57voter par Internet.
07:5875% des suffrages pour les élections
08:02le sont par Internet.
08:04Et puis en 2027,
08:05ne soyez pas trop impatients,
08:07c'est des transformations numériques très importantes,
08:09nous allons lancer le registre d'État civil
08:13totalement nativement digitalisé,
08:15dont le cœur battant est situé à Nantes,
08:18où nous sommes l'un des principaux employeurs publics.
08:22Vous disiez en décembre dernier,
08:23dans un podcast,
08:24la diplomatie, ce n'est pas seulement,
08:26pour quelques-uns,
08:27les affaires étrangères,
08:28ce sont les affaires de tous.
08:29C'est ce que vous venez de nous décrire
08:31d'une certaine façon.
08:32Mais alors,
08:33donc là, on est dans une logique d'ouverture,
08:35de service,
08:36de transparence aussi,
08:38ce qui peut sembler parfois contradictoire
08:40avec la diplomatie,
08:42qui est aussi un art de la discrétion et du secret.
08:45Donc comment vous faites en sorte
08:48que ces deux objectifs
08:49qui peuvent sembler contradictoires
08:51s'entremêlent ?
08:52C'est une ligne de crête
08:54qu'on apprend à gérer,
08:56puisque d'abord,
08:56en tant qu'agent public,
08:58comme le prévoit la Constitution,
09:00nous devons rendre compte
09:02de l'action que nous menons.
09:04Deuxième élément,
09:05il ne faut pas se cacher
09:06que dans la diplomatie,
09:09comme chacun doit concilier ses intérêts
09:12dans une négociation,
09:14il faut aussi un peu de secret
09:15pour que chacun ait la capacité
09:19de sauver la face,
09:20comme on dit en Asie.
09:22Cela dit,
09:24notamment avec l'émergence
09:25des nouvelles technologies
09:26et des réseaux sociaux,
09:28on a décidé d'être
09:31le plus transparent possible
09:32pour être le plus crédible
09:33et le plus légitime.
09:34Et c'est aussi un service
09:35qu'on a lancé
09:36face aux campagnes de désinformation
09:39dont nous avons
09:40et dont nous faisons l'objet,
09:42et y compris dans la perspective
09:44des échelances électorales
09:46en France de 2027.
09:48On a décidé de ne pas être
09:50des observateurs
09:51ou des victimes
09:52de ces campagnes d'information
09:53et c'est la raison pour laquelle
09:55on a,
09:56et c'est un nouveau service
09:57dans lequel on s'est transformé,
09:59lancé tout un travail
10:00avec des recrutements
10:01de spécialistes des réseaux sociaux,
10:04de data analytics,
10:05d'informaticiens
10:07pour faire de la veille
10:09sur l'ensemble des réseaux sociaux
10:11pour repérer
10:12les fausses informations,
10:14leur dynamique de circulation
10:15d'un continent à l'autre,
10:17d'un territoire à l'autre.
10:18Et on s'est mis désormais
10:19aussi à les rectifier,
10:21faire la transparence
10:22sur les faits, les actes,
10:25et également de pouvoir
10:26aussi faire valoir
10:28certaines informations
10:29totalement vérifiées,
10:31que nous diffusons
10:32de façon totalement légale,
10:34sans utiliser certains outils
10:36de nos ennemis
10:36comme les fermatrolles,
10:39mais de pouvoir
10:40faire la transparence,
10:42notamment avec le compte
10:43Fresh Response,
10:45qui désormais compte
10:46près de 200 000 abonnés,
10:47en quelques mois,
10:48c'est un joli résultat,
10:49et qui permet de renourrir
10:51le débat public
10:52sur la réalité des faits.
10:54Ce qui est un défi
10:55de plus en plus compliqué,
10:57parce que la stratégie
10:59de certains de nos ennemis,
11:00c'est notamment de créer
11:01une sorte de brouillard
11:03informationnel,
11:04c'est-à-dire que
11:05c'est plus seulement
11:06un fait sur lequel
11:08on va créer
11:08une désinformation,
11:10un fake news,
11:11c'est vraiment créer
11:12une sorte de brouillard
11:13dans lequel c'est
11:15quasi impossible
11:15de faire la différence
11:16entre la réalité,
11:18les vraies informations
11:19ou les informations
11:20totalement inventées.
11:22C'est un défi
11:23qui est en mutation permanente,
11:25celui que vous relevez
11:26sur les fake news.
11:27Exactement,
11:28et c'est d'ailleurs
11:29plus largement
11:30la dynamique
11:31des réseaux sociaux,
11:32puis la dynamique
11:33de l'intelligence artificielle
11:35qui elle-même
11:36produira
11:37sans intervention humaine
11:38et diffusera
11:40des informations
11:42totalement inventées.
11:43Ce sera un des points
11:44clés du G7
11:46où sont d'ailleurs
11:47invités
11:48certains
11:49grands acteurs
11:51et français
11:52et internationaux
11:55de cette question
11:56des nouveaux médias sociaux.
11:59C'est aussi pour ça
12:00que dans cette démarche
12:02très numérique,
12:03notre transformation
12:04elle vise aussi
12:05à renforcer
12:06le contact humain.
12:08C'est évidemment
12:09la valeur ajoutée
12:10d'un réseau mondial
12:11qui est au contact
12:12de nos partenaires.
12:13C'est aussi la raison
12:15pour laquelle
12:15on renforce notre lien
12:17avec nos concitoyens.
12:19Nos concitoyens,
12:20leurs intérêts,
12:21en France,
12:22c'est notre boussole
12:23et on le fait
12:24par toute une série
12:25d'initiatives.
12:26D'abord,
12:28on a demandé
12:29à nos ambassadeurs
12:30d'organiser leurs actions
12:31et de mesurer
12:32leurs performances
12:33sur des objectifs
12:35qui concernent
12:36nos compatriotes.
12:37Le nombre d'entreprises
12:39attirées dans les territoires,
12:40le nombre d'entreprises
12:41accompagnées à l'export,
12:43le nombre
12:44de jeunes français
12:45intégrés
12:46dans le marché
12:47des savoirs internationaux
12:48grâce à nos bourses,
12:49etc.
12:50Mais aussi
12:51tout un travail
12:52que l'on appelle
12:52diplonation
12:53de rencontres
12:54avec nos concitoyens
12:56et notamment
12:56les plus jeunes.
12:57J'étais vendredi dernier
12:59à Dijon
13:00pour retourner
13:01dans le lycée
13:02dans lequel
13:03j'ai étudié
13:04quand j'étais gamin
13:05parce que
13:06ce qui est fascinant
13:07c'est que
13:07les affaires étrangères
13:08ce sont les affaires
13:10de tous
13:10mais en plus
13:11c'est un monde
13:11de métiers
13:12et nous proposons
13:13toute une série
13:14d'opportunités professionnelles
13:16plus de 1000 par an
13:17du stage
13:18au concours
13:20de la fonction publique
13:21en passant par le contrat.
13:22C'est des jeunes
13:23qui se disent
13:24parfois
13:24c'est pas forcément
13:25pour moi
13:26ou qui n'y pensent pas
13:27à ces métiers-là ?
13:28En tout cas
13:29ce fut mon cas
13:31de ne pas penser
13:32que c'était pour moi.
13:33Mais nous travaillons
13:35beaucoup
13:35à ouvrir le ministère
13:36parce que
13:37si vous êtes diplomate
13:39votre raison d'être
13:41c'est de représenter
13:42la France
13:42dans toute sa diversité.
13:44Et vous parlez
13:45de transformation
13:45on a beaucoup travaillé
13:47sur la transformation
13:47de notre culture
13:49via la transformation
13:51de notre recrutement.
13:53Sur les concours
13:55on offre en peu près
13:56200 opportunités
13:58de concours
13:58on les a transformés
14:00notamment
14:00et on en a besoin
14:02en diversifiant
14:03les exigences linguistiques
14:05que l'on a
14:05et nous avons désormais
14:07dans le fameux
14:08concours d'Orient
14:095 langues africaines
14:11sur lesquelles
14:12nous recrutons
14:13de jeunes français
14:13qui maîtrisent
14:15ces langues
14:15et qui peuvent
14:15changer la donne
14:16dans notre
14:17agenda transformationnel.
14:19notamment en Afrique.
14:21Nous travaillons aussi
14:22à pouvoir
14:24recruter
14:24plus jeunes
14:27en développant
14:28l'alternance.
14:29C'est tout à fait nouveau
14:30on s'est lancé
14:30il y a deux ans
14:31aujourd'hui
14:32120 jeunes
14:33et 60% de femmes
14:36sont en alternance
14:37en centrale
14:39ou dans le réseau.
14:40Est-ce qu'il y a
14:40de nouvelles compétences
14:42qui deviennent
14:43importantes
14:44essentielles
14:44pour les diplomates ?
14:45Est-ce que ça aussi
14:46vous venez un peu
14:47de répondre
14:47mais une évolution
14:48permanente ?
14:51La première force
14:52de nos collaboratrices
14:53et de nos collaborateurs
14:54et c'est assez frappant
14:55parce que j'ai eu
14:56d'autres expériences
14:57dans d'autres organisations
14:58c'est leur engagement
14:59et le sens
15:00du service public.
15:01Ça paraît un peu
15:02dépassé
15:02mais quand vous voyez
15:04qu'en période
15:05de crise
15:05quand il s'agit
15:07de rapatrier
15:07nos compatriotes
15:08de leur apporter
15:09de la protection
15:11nos collaboratrices
15:11et nos collaborateurs
15:12ne comptent pas
15:13leurs heures
15:14et sont absolument engagés
15:15et ça
15:17c'est une compétence
15:18forte.
15:18Deuxième élément
15:20c'est ce que j'appelle
15:21le goût de l'altérité.
15:23Bâtir
15:23des coalitions
15:25avec des pays
15:27qui sont aujourd'hui
15:29ceux qui modèlent
15:30le monde de demain
15:31c'est d'abord
15:32comprendre
15:33leur culture
15:34leur imaginaire
15:35leur langue
15:35et cette compétence-là
15:37qui nous oblige
15:39à ne pas être auto-centrés
15:40mais à les regarder
15:41ailleurs
15:41c'est très fort.
15:42Et puis on a
15:43des compétences
15:44hardes
15:44si j'ose dire
15:45qui se développent
15:47nous cherchons
15:48aujourd'hui
15:48des médecins
15:49des environnementalistes
15:52des data-analysistes
15:53des spécialistes
15:56de l'intelligence
15:58artificielle
15:59parce que
16:00nous sommes
16:01une organisation
16:02très singulière
16:03mais les transformations
16:04qui sont les nôtres
16:04sont analogues
16:05à celles du marché.
16:06Vous parliez tout à l'heure
16:07des risques physiques
16:09vous nous donniez ce chiffre
16:111700
16:13des collaborateurs
16:13du ministère de l'Europe
16:15et des Affaires étrangères
16:15dans des pays à risque
16:16est-ce que
16:16c'est beaucoup plus
16:18qu'il y a quelques années
16:19ou est-ce que ça a toujours
16:20existé finalement ?
16:22Le goût de l'aventure
16:23est une
16:24des propositions
16:26de la marque
16:27employeur
16:28Affaires étrangères
16:29mais le risque
16:30s'est développé
16:31d'abord il y a quelques années
16:32avec le risque
16:33environnemental
16:34où certains collègues
16:35dans certains pays
16:36sont confrontés
16:37à des situations
16:39qu'on ne connaissait pas
16:40nécessairement autrefois.
16:42La multiplication
16:43des crises
16:44aboutit en gros
16:44à ce que
16:45le nombre de collègues
16:46qui sont
16:48dans des ambassades
16:49ou dans des pays
16:51à crise
16:52dans lesquels
16:53ils ne peuvent pas
16:54être avec leur famille
16:55dans lesquels
16:56ils ne peuvent pas
16:57se déplacer librement
16:58dans le pays
16:58a en gros été multiplié
17:00par trois
17:01au cours des quatre
17:01dernières années.
17:03Ça correspond
17:04à la brutalisation
17:05du monde
17:05et c'est pour ça
17:06que nous avons
17:06renouvelé
17:07notre formation.
17:09On est un ministère
17:10qui investit
17:11beaucoup
17:11en matière de formation.
17:13Dans le cadre
17:13de notre transformation
17:14on a créé
17:14une académie
17:15diplomatique
17:16et consulaire
17:16qui est d'ailleurs
17:17ouverte
17:18aux autres ministères
17:19puisqu'on est très
17:20heureux de partager
17:21qu'on souhaite ouvrir
17:22également
17:23au secteur privé
17:24puisqu'on travaille
17:25beaucoup avec
17:25les directions
17:26de la sûreté
17:27des différentes
17:28entreprises
17:29et on a désormais
17:31tout un paquet
17:33de formations
17:33en matière
17:35de sécurité
17:35sécurité personnelle
17:37sécurité des familles
17:38sécurité des immeubles
17:40et évidemment
17:41sécurité de la donnée
17:42parce que
17:43je n'irai pas
17:43beaucoup plus loin
17:44et vous parliez
17:45de secrets
17:46mais nous sommes
17:47une des institutions
17:48françaises
17:50les plus attaquées
17:51par les cyber
17:53trackers.
17:53On peut effectivement
17:54l'imaginer
17:56je vous propose
17:57d'écouter
17:57la question
17:57Thomas Bruno
17:58qui était
17:59notre invité
18:00la semaine dernière
18:00qui est directeur
18:01délégué du
18:01Clean Tech Open France
18:02a choisi de vous poser
18:04on va parler
18:04management.
18:06Bonjour Julien
18:07vous développez
18:08des axes
18:08de modernisation
18:10au sein de votre structure
18:10parmi ces axes
18:11il y a le développement
18:13managérial
18:14de vos agents
18:15et nous aimerons
18:16savoir
18:17ce que vous mettez
18:18en place
18:18au sein de votre structure.
18:20Le développement
18:20de la culture
18:21managériale
18:22ça veut dire quoi
18:22la culture managériale
18:23au ministère
18:24des affaires étrangères ?
18:25La culture managériale
18:26c'est se fixer
18:28des objectifs
18:28les atteindre
18:29et les atteindre
18:31d'autant mieux
18:31qu'on est tous ensemble.
18:33C'est ce que vous disiez
18:34tout à l'heure
18:34pour les ambassadeurs
18:35par exemple.
18:35Exactement.
18:36On commence par faire
18:37la liste de tout ce qu'on peut faire
18:38et ensuite on essaye
18:39de s'améliorer.
18:39Et la première clé
18:41du management
18:41pour une organisation
18:42dont sa valeur ajoutée
18:44c'est son réseau
18:44c'est-à-dire
18:45celles et ceux
18:45qui sont au front
18:46c'est l'animation
18:48l'animation
18:49de tous ces réseaux
18:51qui concourent
18:52aux différents objectifs
18:53de notre diplomatie
18:54et aux besoins
18:55des Français.
18:58Il va de soi aussi
18:59que ça a nécessité
19:00de transformer
19:00notre organisation
19:03et notre culture
19:05en matière
19:05de ressources humaines
19:08avec beaucoup de formations
19:12notamment pour
19:13les ambassadrices
19:15et les ambassadeurs
19:16mais pour l'ensemble
19:17des managers
19:18et puis aussi
19:18beaucoup d'évaluations.
19:20On a été l'un des premiers
19:21ministères à mettre en place
19:23le 360
19:24cette évaluation
19:25à 360
19:26à la fois par les pairs
19:28par les supérieurs
19:29hiérarchiques
19:29par les collaboratrices
19:31et par les collaborateurs
19:33qui permet
19:33à chaque prise de poste
19:35de pouvoir être évaluée
19:37et d'être ensuite
19:38accompagnée
19:38par notre direction
19:40des ressources humaines
19:41à laquelle on a
19:42adjoint
19:43une délégation
19:44précisément
19:45à l'encadrement
19:46et au management
19:47qui est une sorte
19:47de laboratoire
19:49qui permet
19:49d'accompagner
19:50mais aussi
19:51de tester
19:52les collaboratrices
19:52et les collaborateurs.
19:54Vous parliez
19:54de simplification
19:55il y a je crois
19:55une initiative
19:56qui s'appelle
19:56une simplification
19:57par semaine
19:57une commande
19:58en moins par mois
19:59c'est quoi ça ?
20:00Alors on parle
20:01beaucoup de simplification
20:02mais les gens
20:03ne la touchent pas
20:03beaucoup du doigt
20:04et donc on s'est dit
20:06que pour être plus efficace
20:07pour lutter
20:09contre les irritants
20:10mais aussi
20:11pour mieux
20:13économiser
20:14et gérer nos coûts
20:15et nos compatriotes
20:16ils sont légitimement
20:17sensibles
20:17on a décidé
20:19de lancer
20:20une sorte de défi
20:24porté directement
20:25par les agents
20:26en leur disant
20:27qu'est-ce qui vous ennuie
20:28au quotidien
20:28qu'est-ce qui vous barre
20:29on ne va pas réussir
20:30à tout faire
20:31mais on va essayer
20:31d'en trouver
20:32une par semaine
20:34et on va l'étendre
20:35à l'échelle
20:36à l'ensemble
20:37de notre dispositif
20:38et on a décidé
20:40mais ça aussi
20:41c'est du management
20:44de trouver un sponsor
20:46qui s'est lancé
20:48dans tout ça
20:48on s'est mobilisé
20:49et donc on a réussi
20:51à le faire
20:51grâce à de l'informatisation
20:53de l'automatisation
20:55et puis aussi
20:56certaines pratiques
20:58que nous faisions
20:59parce que c'était bien
21:00de les faire
21:01et parfois
21:02dans l'urgence du quotidien
21:03et ça aussi
21:04c'est le management
21:05on perd le temps
21:06de se dire
21:06je lève le crayon
21:07cinq minutes
21:08on dit
21:08mais dans le fond
21:09pourquoi est-ce que
21:10je continue à faire ça
21:11est-ce que j'en ai
21:11vraiment besoin
21:12est-ce que je pourrais
21:13le faire autrement
21:13et donc on va le faire
21:15il nous reste un grand défi
21:16parce que
21:18les choses sont compliquées
21:19c'est certainement
21:20de recourir à des outils
21:22informatiques plus efficaces
21:23on a une équipe numérique
21:24interne formidable
21:25mais vous imaginez
21:27que nous ne pouvons pas
21:28utiliser
21:29compte tenu
21:30de nos impératifs
21:31de souveraineté
21:32et de sécurité
21:33des outils
21:35sur le marché
21:35il va de soi
21:37que par exemple
21:38il serait impensable
21:39que nos données
21:40puissent aller
21:41sur les clouds
21:42de certains opérateurs
21:44qui sont certes
21:45très efficaces
21:46mais qui ne nous garantissent
21:47pas la protection
21:48de nos informations
21:50donc on commence
21:52à y travailler
21:53sur nos propres infrastructures
21:54mais aussi
21:55avec des logiques
21:57comme on dit
21:57on-prem
21:58c'est-à-dire
21:59avec l'utilisation
22:00d'outils de marché
22:01que nous pourrions utiliser
22:02de manière
22:03totalement souveraine
22:04et sécurisée
22:05sur nos propres
22:06serveurs
22:08quelques chiffres
22:08sur cette transformation
22:09numérique
22:098400 équipements numériques
22:11sécurisés
22:11déployés
22:126 cas d'usage
22:13de l'IA déployés
22:13refondre du système
22:14d'information RH
22:15sur l'IA
22:16effectivement
22:16ça rejoint ce que
22:17vous venez de dire
22:17c'est-à-dire qu'on n'a pas
22:19tant de champions
22:20de l'intelligence artificielle
22:23notamment générative
22:25bon il y a Mistralahi
22:26il y a d'autres entreprises
22:27qui sont en train de se créer
22:29ça veut dire que vous êtes obligés
22:31d'être un peu en retard
22:33en n'utilisant pas
22:34les outils étrangers
22:36comment ça fonctionne
22:37en fait
22:37en fait
22:38je pense qu'il y a d'abord
22:39une première question
22:40d'infrastructure
22:41et là
22:42le ministère des affaires étrangères
22:43ne peut pas agir seul
22:44et nous
22:45on est très allant
22:46pour une démarche
22:47interministérielle
22:48avec des ministères
22:49qui ont déjà
22:50leur propre cloud
22:52souverain
22:52le ministère des finances
22:53le ministère d'Intérieur
22:55le ministère de la défense
22:57pour certains applicatifs
22:58et le ministre
23:00des comptes publics
23:02qui est chargé
23:02de la transformation
23:03monsieur Amiel
23:04a d'ailleurs lancé
23:05une initiative
23:06assez forte
23:06permettant
23:07de pouvoir
23:09mettre ensemble
23:10nos forces
23:10et avoir une capacité
23:12je pense que sur
23:13certains applicatifs
23:14on peut aussi
23:15travailler avec
23:16quelques grands acteurs
23:18soit des tech
23:19soit également
23:21de la défense
23:21qui
23:23publics
23:24ou privés
23:24qui nous permettent
23:27d'avancer
23:27et d'être
23:28un peu plus agile
23:30effectivement
23:31avec
23:32une IA
23:33alors cette nouvelle génération
23:34d'IA
23:35en quoi ça pourrait
23:36transformer
23:36ou ça transforme déjà
23:37la façon de faire
23:38de la diplomatie
23:39parce que vous nous disiez
23:40la diplomatie
23:41c'est du réseau
23:41c'est de l'humain
23:42c'est du contact
23:43le plus simple
23:45c'est d'abord
23:46l'analyse
23:48et la synthèse
23:49de toutes les données ouvertes
23:50partout dans le monde
23:51il y en a beaucoup
23:54premier élément
23:55deuxième élément
23:56c'est
23:57la synthèse
23:58et l'analyse
23:59de nos propres données
24:00notamment
24:01de nos données historiques
24:05pour permettre
24:06d'évaluer
24:06des tendances
24:07et ça
24:08je crois que c'est quelque chose
24:09qui pourrait être
24:10très utile
24:11également
24:12on a toute une série aussi
24:13de cas
24:15que nous mettons
24:15déjà en oeuvre
24:16notamment dans les
24:17les négociations
24:18internationales
24:19et multilatérales
24:20vous savez qu'on est
24:21très attaché
24:21au multilatéral
24:22pour que les relations
24:23internationales
24:24ne soient pas une jungle
24:25même si le multilatéralisme
24:27est bien mis en
24:28oui mais on voit bien
24:29qu'à la fois
24:30dans la guerre commerciale
24:31dans les enjeux
24:32environnementaux
24:33même si chacun
24:34défend ses intérêts
24:35nationaux
24:36il y a des sujets
24:38sur lesquels
24:38on a sans doute
24:40des intérêts communs
24:40et c'est d'abord
24:41le cas en Europe
24:42et ensuite
24:43ça peut être
24:43le cas en international
24:45et je suis impatient
24:45d'avoir les résultats
24:46du G7
24:47mais vu la mobilisation
24:50qui est la nôtre
24:51je suis certain
24:52qu'on aura des effets
24:54mais voyons
24:55on a mis en place
24:55un petit outil prédictif
24:57des positions
24:58de nos partenaires
24:59dans les négociations
25:00internationales
25:01en fonction
25:01de leurs positions
25:02historiques
25:03voilà un exemple
25:04concret
25:04qui permet à nos collègues
25:06de pouvoir se concentrer
25:07sur les tâches
25:08pour lesquelles
25:08la valeur humaine
25:10leur intelligence
25:11leur expertise
25:13leurs émotions
25:14leurs intuitions
25:16à l'égard des contacts
25:17des autres partenaires
25:19de négociation
25:20a une valeur
25:21absolument folle
25:22un outil prédictif
25:23avec un partenaire
25:24aussi imprévisible
25:25que Donald Trump
25:25ça marche ?
25:27c'est pour ça
25:27qu'il faut ajouter
25:28à l'intelligence artificielle
25:30de l'intelligence humaine
25:31et nous on fait ce pari là
25:32merci beaucoup
25:33Julien Stemmer
25:34et à bientôt
25:34sur Be Smart for Change
25:36c'est l'heure
25:36de notre rubrique
25:37Smart ID
25:38une start-up
25:39à l'honneur
25:39comme tous les jours
25:40à l'honneur
25:40et à l'honneur
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