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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement.
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00:03Bonjour, Vincent Jambrun. En tant que ministre de la Ville, vous gérez aussi l'hébergement d'urgence.
00:0944 degrés possiblement en France aujourd'hui, vient de dire Julia.
00:13L'État est-il prêt à assurer, à essayer d'améliorer le sort, par exemple des sans-abri ?
00:20C'est fondamental et merci de poser la question.
00:23On pense parfois que l'hiver est plus dur pour les personnes qui vivent à la rue que l'été.
00:27En réalité, l'été, c'est très très compliqué et je remercie les préfets qui sont extrêmement mobilisés sur ce
00:32point
00:33et toutes les associations qui accompagnent l'État pour accompagner les personnes en grande vulnérabilité dans la rue.
00:38Pour faire des maraudes, pour distribuer de l'eau ?
00:39Maraudes, eau, mise à l'abri quand c'est possible dans des endroits frais.
00:43La situation est complexe et on espère tous effectivement que cette vague de chaleur et cette canicule puissent retomber
00:48parce que ça soulagera beaucoup et ça protégera.
00:50Les scénarios selon lesquels elle ne retomberait pas ou pas assez commencent à se faire jour.
00:57Est-ce que l'État est prêt à assurer ?
00:59On sait qu'au mois de juillet, il y a moins de permanents, il y a moins de volontaires, c
01:03'est les vacances pour tout le monde.
01:04Comment ça se présente ?
01:05C'est un des points qu'on a abordés autour du Premier ministre dans la cellule interministériale de crise.
01:09Hier matin.
01:10Parce qu'effectivement, il y a l'enjeu de la chaleur et toutes ses conséquences.
01:13Et ça touche tous les publics vulnérables, que ce soit dans nos EHPAD ou que ce soit pour les personnes
01:18qui sont vulnérables à la rue.
01:19Et ça continue ?
01:20Et donc, on travaille effectivement à se donner tous les moyens nécessaires pour être le plus présent possible, le plus
01:26mobilisé et protéger ceux qui sont les plus vulnérables.
01:29Et vous avez des craintes pour que le dispositif soit insuffisant ?
01:32On a aujourd'hui l'obligation d'anticiper une poursuite de cette vague de chaleur, toutes ses conséquences.
01:38Et c'est pour ça qu'on va se donner les moyens d'être en capacité de répondre si elle
01:41devait durer.
01:43Votre projet de loi Relance Logement est présenté au Conseil des ministres ce matin.
01:47Pour répondre à l'urgence, vous proposez qu'on puisse à nouveau louer des passoires thermiques.
01:53Est-ce que c'est bien raisonnable par les temps qui courent ?
01:57Vous savez, ce projet de loi, il répond à une problématique très, très, très importante pour nos concitoyens.
02:02C'est que les Français n'arrivent plus à se loger comme ils le souhaiteraient.
02:05C'est pour ça que le Premier ministre nous a fixé à tous un objectif qui est de produire 2
02:10millions de logements d'ici 2030.
02:12C'est un objectif ambitieux, mais qui répond à ce besoin qu'ont les Français de se loger.
02:16En 10 ans, on a perdu 25 mètres carrés de pouvoir d'achat pour se loger.
02:2025 mètres carrés, c'est un étudiant qui ne va pas pouvoir aller faire ses études.
02:23C'est un jeune actif qui ne va pas pouvoir aller prendre son emploi.
02:25C'est une famille qui va renoncer à faire un enfant, etc.
02:28Et dans cette production de logements, il y a produire du neuf.
02:31Et quand on produit du neuf, c'est une bonne nouvelle parce qu'on produit des logements adaptés aux enjeux
02:35climatiques, hiver comme été.
02:37Et puis, il y a rénover l'ancien.
02:39Dans la rénovation de l'ancien, on a effectivement souhaité donner de la souplesse aux 700 000 logements.
02:45Il faut imaginer ce que ça représente en nombre de millions de Français.
02:48700 000 logements qui, s'ils n'avaient pas été remis à l'allocation.
02:54Ils sont habitables, simplement.
02:56Leurs performances énergétiques sont mauvaises.
02:58Ils sont lettres F ou G dans le DPE.
03:01Et l'enjeu pour nous, c'est que les propriétaires de ces logements fassent les travaux et donc les rénovent.
03:08Et donc, l'objectif sur cette question-là, elle n'est pas de se dire qu'on arrête une ambition
03:12de la transition énergétique de nos logements.
03:15Mais c'est tout l'inverse.
03:17Les propriétaires devront s'engager.
03:19Exactement.
03:19Mais s'engager, s'ils ne le font pas, il se passe quoi ?
03:21Ils ne peuvent relouer qu'à condition de s'engager à rénover dans les trois ans pour une maison individuelle,
03:27dans les cinq ans pour une copropriété.
03:29C'est très, très clair.
03:30Ça sera contrôlé.
03:31Si on rénove.
03:33Contrôlé avec des sanctions.
03:34Engagement de travaux.
03:36C'est-à-dire qu'il faut carrément un devis signé et un accompte versé, d'une part.
03:40Le propriétaire devra verser un accompte avant d'avoir le droit de louer pour ses 700 000 logements.
03:46Exactement.
03:47Il faut qu'il puisse prouver que les travaux sont engagés avec la capacité de les réaliser dans les délais
03:52que je viens de vous évoquer.
03:52Trois ans pour une maison individuelle, cinq ans pour le collectif.
03:55Et ensuite, comme c'est le cas déjà aujourd'hui, le locataire peut saisir à tout moment la justice qui
04:01peut condamner un propriétaire
04:03qui se serait aventuré à continuer à louer sans faire les travaux.
04:08Et évidemment, l'objectif, encore une fois, ce n'est pas de remettre des passoires thermiques ou bouilloirs thermiques sur
04:14le marché de la location pour le plaisir.
04:15C'est de s'assurer que les travaux soient faits.
04:18C'est gagnant, gagnant.
04:19C'est gagnant pour le propriétaire parce qu'il a un peu plus de temps pour faire ses travaux.
04:23C'est évidemment gagnant pour les locataires parce que déjà, ils ont toujours un toit sur la tête.
04:27Dans un moment où on n'arrive plus à se loger dans notre pays, enlever 700 000 logements du marché
04:31de l'immobilier, c'est une folie.
04:33Et donc, c'est aussi gagnant pour les locataires parce que les travaux vont être faits et donc, il va
04:38y avoir plus de protection.
04:39Et gagnant aussi pour le tissu économique parce que quand vous relancez autant de chantiers de rénovation, c'est gagnant.
04:44On peut qu'on trouve la main d'œuvre disponible pour assurer les travaux.
04:47On discute régulièrement avec les artisans, avec les professionnels de la construction.
04:51Eux, ils sont évidemment en attente et en demande.
04:53Et on est plutôt sur des secteurs qui ont un peu détruit de l'emploi ces derniers temps.
04:56Et là, justement, ils vont pouvoir réembaucher.
04:59C'est une bonne nouvelle.
05:00Justement, on est très loin du compte en matière de construction de logements neufs,
05:03dit le président de la Fédération française du bâtiment.
05:06Ce chiffre m'a marqué 30% de permis de construire en moins en avril par rapport à mars.
05:12Pour 2026, il estime qu'on construirait 35 000 logements de moins que la moyenne des années passées.
05:18L'objectif de 2 millions de logements d'ici 2030.
05:212030, c'est dans 3 ans et demi.
05:22C'est vraiment demain.
05:23Est-ce qu'il est raisonnable ?
05:24Est-ce que vous le maintenez ?
05:26Je le maintiens à la condition que le projet de loi que je présente ce matin au Conseil des ministres
05:30soit adopté.
05:31Parce qu'on l'a toujours dit avec le Premier ministre, cet objectif, on ne l'a pas inventé tout
05:36seul dans notre coin.
05:36On l'a co-construit avec ce qu'on a appelé l'équipe de France du logement.
05:40Il est déjà compromis cet objectif ?
05:41Avec l'équipe de France du logement, dans lequel vous avez le logement social, la construction neuve, la rénovation.
05:47Bref, tous ceux qui, de près ou de loin, participent à la production de logements dans notre pays.
05:51Et ce qui a été dit très clairement, c'est qu'il fallait réaliser 4 chocs pour atteindre cet objectif.
05:57Un choc d'investissement.
05:59Redonner envie aux Français d'investir dans la pierre.
06:02Dans le neuf, ça a été fait au moment du budget.
06:04Dans l'ancien, ça va être fait là dans le projet de loi.
06:07Un choc de simplification.
06:08Et ça, il faut se le dire, il faut que les Français le comprennent.
06:10Aujourd'hui, quand on décide de produire du logement dans notre pays, ça prend en moyenne 8 à 10 ans.
06:15Donc là, on pourra aller plus vite.
06:16Et exactement, on a un dispositif dérogatoire pour aller...
06:18Mais est-ce que ça ne sera pas au détriment de normes environnementales, de normes d'isolation ?
06:21Je vous réponds très clairement là-dessus.
06:24On va construire tout aussi bien en matière de normes environnementales, tout aussi bien dans le respect et la sécurité.
06:30Et pourquoi plus vite ?
06:31Et justement, vous comprenez qu'on est du mal à le croire.
06:34Je vais vous expliquer en deux mots.
06:35Il faut 8 à 10 ans pour sortir un projet de terre aujourd'hui en France.
06:39Le chantier le plus compliqué qu'il soit, en termes de construction pure, il faut entre 2 ans et demi
06:43et 3 ans.
06:44Tout le reste, c'est quoi ?
06:45C'est de la procédure.
06:46C'est de la paperasse.
06:47Et c'est ça qu'on vient simplifier.
06:49Comme on a fait pour les Jeux Olympiques, c'est pour ça d'ailleurs que je parle de Jeux Olympiques
06:51du logement ou du Notre-Dame de la construction.
06:54Les Jeux Olympiques, on a construit des bâtiments performant énergétiquement.
06:58Avec une loi spéciale.
06:59Et oui, exactement.
07:00Avec une capacité à déroger, ce qui a permis de gagner du temps sur les procédures administratives, pas sur la
07:06qualité du bâti.
07:07Et donc, on peut faire de la qualité en allant plus vite.
07:10C'est ce qu'on va proposer dans ce texte de loi.
07:12Et c'est nécessaire parce que, comme vous l'avez dit, si on veut atteindre les 2 millions de logements
07:15d'ici 2030, il va falloir avoir des capacités à accélérer.
07:19Et je précise simplement que cette dérogation, elle a, un, elle est sous le contrôle du maire et du préfet.
07:24Et deuxièmement, elle a une contrainte.
07:26C'est que ce qui sera produit en matière de logement, ce sera de la résidence principale, obligatoirement.
07:31Et ça veut dire que c'est bien pensé pour loger les Français et pas pour faire de la spéculation
07:35sur du meublé touristique ou pas.
07:37Eh bien, justement, avançons sur votre projet de loi.
07:39Vous donnez, sur la spéculation, allez-y, il y a des milliers, allons-y, il y a des milliers de
07:44logements vacants et des milliers de Français qui ne trouvent pas de toit.
07:48Ce qui est quand même un paradoxe.
07:49Est-ce qu'il faut taxer ces logements vacants ?
07:51Moi, je crois à la capacité des maires à se doter d'outils et à s'en servir de manière
07:57la plus juste possible.
07:58Donc, pour vos réponses, ce n'est pas une politique que je veux gérer depuis Paris.
08:01Je crois qu'il faut donner dans la boîte à outils des maires la capacité à piloter la taxation de
08:06ces logements vacants.
08:07Mais vous n'êtes pas contre.
08:08Je ne suis pas contre.
08:09En tant que maire, j'étais maire pendant dix ans de la belle commune de la Lille-et-Rose.
08:14Quand on voit des logements vacants et des familles qui n'arrivent pas à se loger,
08:17on peut considérer effectivement qu'il faut que ceux qui sont propriétaires de ces logements
08:20et qui ont le droit d'en faire ce qu'ils veulent,
08:22contribuent à l'effort collectif à travers cette taxation.
08:25L'encadrement des loyers qui s'appliquent dans 70 villes de France doit prendre fin en novembre.
08:31Est-ce que vous allez permettre la prolongation de ce dispositif ?
08:34Ce qu'on appelle le plafonnement, parce qu'en réalité, en France, il y a déjà un encadrement lié à
08:38l'inflation.
08:39Le plafonnement, il est effectivement expérimenté.
08:42Il y a une concertation qui est en cours.
08:44Moi, j'ai reçu un rapport de deux économistes très sérieux
08:47qui ont objectivé le fait que ça ne marchait pas très bien.
08:50Pour autant, les communes qui en bénéficient aujourd'hui de cette expérimentation
08:53ont envie de poursuivre pour un an ou deux.
08:55Comme je l'ai dit, moi, je suis pour donner des outils dans les boîtes à outils des maires.
09:00On va voir.
09:01Je suis contre la généralisation à tout le pays.
09:04Ceux qui sont dans l'expérimentation me demandent de trouver un moyen de le prolonger.
09:08Le débat parlementaire va pouvoir se faire.
09:10Je rencontre les groupes politiques pour savoir si, oui ou non, il y a une volonté au Sénat.
09:13Il y a une volonté.
09:14Il y a une proposition de loi socialiste qui va passer au Sénat.
09:17Vous la soutiendrez.
09:19En fait, on va donner l'occasion au Parlement et notamment au Sénat, maintenant, puisqu'elle a été votée à
09:23l'Assemblée au Sénat, d'en débattre.
09:26La question, elle est est-ce qu'il y a une généralisation ou pas ?
09:28La réponse est clairement non.
09:29Mais pour les 70 communes, ça va continuer.
09:31Maintenant, les maires de ces communes, le maire de Paris, par exemple, que j'ai rencontré, m'a dit
09:35« Moi, je n'imagine pas de sortie brutale du jour au lendemain. »
09:38Et vous non plus.
09:38Bon, donc, on est capable de discuter avec les uns et les autres.
09:41Maintenant, il faut que le Parlement ait envie de faire avancer ce texte.
09:45Les discussions continuent.
09:46Il nous reste 30 secondes pour une question politique.
09:48Vous êtes toujours membre des Républicains, à ma connaissance.
09:50On n'a pas eu le droit de réadhérer.
09:52Est-ce que Bruno Retailleau est votre candidat ?
09:55Alors, est-ce que Bruno Retailleau est votre candidat ?
09:58Écoutez, moi, ce que j'ai toujours dit et répété, c'est que le candidat que je soutiendrai,
10:02c'est celui qui sera capable de rassembler les forces du bloc central
10:06pour être capable de gagner et de insqualifier le contour.
10:09Donc, pas forcément Bruno Retailleau ?
10:11En fait, celui qui sera, ou celle d'ailleurs, qui sera capable de rassembler les autres
10:15en disant que j'ai un projet collectif.
10:16Donc, pas forcément celui de votre parti.
10:18Celui qui sera en tête aura mon soutien
10:21et je regarderai moins les hommes que les idées et la capacité à rassembler.
10:25Vincent Gambre en ministre du Logement, invité des 4V.
10:28Bonne journée à tous.
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