00:00C'est agréable en fait de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui tu mènes la
00:06lutte, à baver les uns sur les autres, à faire des complots les uns sur les autres, ce qu'ils
00:10ne cessent de faire.
00:11Et puis peut-être qu'en conseil qu'il faudrait leur rappeler, comme il s'appelle souvent la gauche non
00:18-mélenchoniste, détester Mélenchon et la France Insoumise, ce n'est pas un programme.
00:22Et donc un petit conseil pour eux, il ferait mieux d'arrêter de parler de nous, d'arrêter de parler
00:26sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays.
00:37Il y a toujours un petit côté où on se demande si certains sont vraiment candidats à gauche pour gagner
00:42ou s'ils y vont juste, comme tu l'as dit tout à l'heure.
00:46Avant, en 2022, il disait non, mais ce n'est pas la bonne élection. La bonne élection, c'est 2027.
00:50J'ai l'impression qu'en faisant un peu de science politique, est-ce qu'ils y vont uniquement pour
00:57les législatives, pour avoir l'exposition médiatique qui va avec ?
01:03Il y a un petit côté, je ne sais pas s'il y a un problème de sincérité politique dans
01:07la chose, de dire non, on peut gagner sur cette ligne-là, sur cet agenda-là, alors que l'idée,
01:13c'est plutôt d'exploiter la campagne comme outil pour législative.
01:17Il y en a, c'est une campagne de notoriété. Il y en a d'autres qui, effectivement, ne pensent
01:20déjà qu'aux législatives et aux places, aux législatives, en se disant déjà que les présidentielles, c'est perdu.
01:27Donc ça, c'est évident qu'il y en a beaucoup qui font ça. Et par ailleurs, je trouve que
01:32ça donne un spectacle un peu lamentable, en fait, quand on regarde la manière dont ils sont tous en train
01:38de se pouiller entre eux.
01:41Et nous, quand même, dans la grande force, quand Jean-Luc Mélenchon dit « nous, c'est carré, on a
01:46un programme, une équipe et un seul candidat », en fait, même, c'est agréable.
01:52C'est pas juste que c'est carré et que nous, on est en ordre de bataille alors que les
01:56autres sont aux fraises en train de faire je ne sais quoi.
01:59C'est que c'est agréable, en fait, de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui
02:05tu mènes la lutte, à baver les uns sur les autres, à faire des complots les uns sur les autres,
02:10ce qu'ils ne cessent de faire.
02:11Et puis peut-être que, quand même, en conseil qu'il faudrait leur rappeler, comme il s'appelle souvent la
02:17gauche non-mélenchoniste, détester Mélenchon et la France insoumise, ce n'est pas un programme.
02:22Et donc, en petit conseil pour eux, il ferait mieux d'arrêter de parler de nous, d'arrêter de parler
02:26sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays.
02:32Pour parler de ces anciens alliés du nouveau Front populaire, de la NUPES, de l'extérieur, on a l'impression
02:40que ça s'est fracturé toujours sur des sujets qui touchent les personnes racisées ou qui sont en lien en
02:44tout cas avec des personnes racisées,
02:46que ce soit la cause palestinienne, les violences policières que certains alliés à gauche ont beaucoup utilisé pour créer un
02:56clivage.
02:57Comment tu l'expliques ? Parce que, de l'extérieur, j'ai posé la même question à quasiment tous les
03:02responsables politiques qu'on a eus sur le frontail.
03:05Déjà, je trouve ça vraiment intéressant comme analyse, parce que je trouve ça juste et ça permet de dépasser ce
03:12qui est généralement dit sur NUPES, NFP,
03:15c'est-à-dire, en gros, la France insoumise était méchante et on parle trop fort et voilà pourquoi ça
03:20s'est brisé.
03:22Donc, c'est juste. Alors, comment on l'explique ?
03:25À mon avis, il y a quand même beaucoup de choses. La première chose, c'est que je pense qu
03:28'il y a beaucoup de ces formations politiques qui ne sont pas au clair sur ces questions-là.
03:32D'ailleurs, on en reparlera peut-être, mais on voit, certains ne veulent pas utiliser le terme d'islamophobie, ne
03:39sont pas au clair sur l'antiracisme.
03:41On le voit très, très bien en ce moment avec certains.
03:44On n'a pas parlé de la BD de l'Efford Challenge.
03:48Il y a une question, je pense aussi, d'être pris dans un système de respectabilité, de plaire à l
03:54'officialité médiatique,
03:56d'avoir peur de prendre des positions et de tenir bon sur des principes.
04:02Nous, quand même, le gros avantage qu'on a maintenant, c'est que certes, on nous a fait toutes les
04:08polémiques du monde,
04:09mais au moins, nous, on sait tenir un rapport de force et on n'a pas peur de prendre une
04:13position sur ce qu'elle nous coûterait ou pas.
04:16Enfin, je veux dire, on prend des positions quand on pense qu'elles sont justes, quand elles correspondent à nos
04:20principes,
04:21quand elles aident des luttes, y compris.
04:24Donc ça, je pense que ça, c'est une grosse force qu'on a et que d'autres n'ont
04:28pas.
04:29Et puis, y compris parce que, bon, nous, on est assez homogènes, politiquement,
04:32et y compris tout ce dont on disait, dans lequel on a avancé au fur et à mesure,
04:37sur violences policières, islamophobie, antiracisme, sur lequel, bon, on a toujours tous des progrès à faire,
04:43mais n'empêche qu'on avance beaucoup, y compris programmatiquement.
04:47Bon, ben, nous, on a avancé tous ensemble.
04:49Dans d'autres parties, en fait, il y en a une petite partie qui vont dire islamophobie,
04:54et puis l'autre partie va contredire ça.
04:56Donc, je pense qu'il y a aussi une forme d'homogénéité politique chez nous.
05:01Et puis après, je pense qu'on nous fait subir, à nous, la France insoumise,
05:07ce qu'on fait subir aux habitants des quartiers populaires, en fait.
05:10Il y a une forme de mépris qui est insupportable.
05:14Enfin, il faut quand même voir, c'est des formations politiques qui, par exemple,
05:19pour certaines d'entre elles, vont être aux côtés des agriculteurs quand ils manifestent,
05:22avec un gouvernement qui dit, face à la souffrance, on n'envoie pas des CRS.
05:26Mais quand il y a des jeunes qui se mobilisent en disant,
05:30on refuse qu'ils puissent nous arriver, comme c'est arrivé à Naël,
05:33et malheureusement à beaucoup d'autres jeunes,
05:35c'est-à-dire qu'on puisse juste nous mettre une balle dans la tête,
05:39lorsque l'on est dans une voiture, quoi, ou même lorsqu'on tente de nous arrêter, voilà.
05:46Quand il y a des habitants des Outre-mer qui demandent juste l'accès à l'eau,
05:49et qu'on leur envoie le GIGN et le RAID, comme ça a été fait en Guadeloupe,
05:53qu'on va gazer directement des soignants et des patients en Martinique,
05:58au moment des manifestations, au moment du Covid.
06:02Bon, mais même pendant les Gilets jaunes, par ailleurs.
06:06Donc tout ça, enfin...
06:07Les Gilets jaunes, c'était quelque chose qu'on disait,
06:09c'était la première fois qu'on voyait des gens traités comme des habitants des Quartiers Populaires.
06:12Exactement. Donc je pense que c'est un peu nous traiter comme ça,
06:15c'est-à-dire que dans l'entre-deux-tours, on est très sympathique quand on n'y est pas
06:18pour essayer d'avoir nos voix. Là, on est sympathique avec nous.
06:21Et puis le reste du temps, il y a une forme de mépris qui est insupportable.
06:24Et puis je pense que nous aussi, la force qu'on a, qui est différente pour le coup d'autres,
06:29c'est que nous, on a quand même un lien constant qui est beaucoup plus fort
06:32avec les luttes, les collectifs, bref, tous ceux qui font aussi la vie démocratique du pays,
06:39qui fait qu'on est plus en phase aussi sur tous ces sujets-là.
06:45Moi, quelque chose qui me parle particulièrement, c'est ce dont parle Vincent Tibéry dans son livre
06:51La France est-elle de droite ? Il dit pour la première fois, on observe une socialisation à l'envers.
06:56En fait, il dit pendant des années, pendant des décennies, la socialisation,
07:00elle se faisait du haut vers le bas, c'est-à-dire des générations les plus âgées vers la jeunesse.
07:05Un professeur dans une école, des grands-parents ou des parents dans une famille, etc.
07:10Il dit pour la première fois, on voit l'inverse.
07:11Et l'exemple parfait, c'est ce qu'on a réussi à faire avec les associations féministes,
07:16c'est l'inscription de l'avortement dans la Constitution.
07:19Pourquoi ? Depuis 50 ans que l'avortement est légalisé en France,
07:23il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat.
07:26Donc, pour changer la Constitution, il faut voter dans les mêmes termes, Assemblée, Sénat.
07:31Or, c'était impossible, puisque en 50 ans, il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat.
07:35Donc, ce que faisaient les lois, c'est qu'elles allaient à l'Assemblée,
07:38au Sénat, ils votaient contre, et puis le dernier mois, aller à l'Assemblée, qu'ils votaient pour.
07:42Et d'ailleurs, avant que nous, on arrive à faire voter pour la première fois dans notre niche parlementaire,
07:46en septembre, il y avait eu une tentative au Sénat, et cette tentative avait échoué.
07:50Alors, pourquoi est-ce qu'en février d'après, au Sénat,
07:55la constitutionnalisation du droit à l'avortement a été votée ?
07:57Eh bien, ça, c'est des sénateurs et sénatrices qui racontent que leurs filles, petites filles, nièces,
08:02sont venues les voir, et leur ont dit, je ne viendrai plus jamais de voir à Noël,
08:06je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances, bref, je ne viendrai plus jamais de voir
08:08si tu ne votes pas en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps.
08:12Et du coup, ça a fonctionné, et ça a même continué le processus,
08:15puisqu'il y a encore plus de votes au Congrès, quand on a rassemblé Assemblée et Sénat,
08:19que le cumul des votes qui avaient vraiment eu lieu à l'Assemblée et au Sénat.
08:23Et donc, s'il y a des jeunes qui nous écoutent, allez parler à vos grands-parents.
08:26Parce que nous, les grands-parents, on ne les touche pas.
08:29Souvent, ils sont touchés par la télé ou autre.
08:32Et en fait, cette socialisation inversée, on va la voir dans les votes aussi, j'en suis certaine.
09:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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