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Réaction aux propos de Yaël Braun-Pivet sur les jeunes nés en France, l’intégration, l’immigration et la République. Le vrai sujet n’est pas de savoir s’ils doivent être intégrés : ils sont déjà chez eux. La vraie question, c’est l’égalité réelle et la manière dont certains Français restent traités comme des étrangers symboliques.


#YaelBraunPivet #AssembleeNationale #Republique #Immigration #Integration

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00La grande majorité des jeunes qui sont issus de cette immigration deuxième ou troisième génération sont parfaitement républicains,
00:06sont parfaitement intégrés dans la vie active, travaillent, ont des familles, etc.
00:10et ne posent aucune difficulté à la République. Il ne faut pas non plus faire d'amalgame à cet égard.
00:15Maintenant, cela étant dit, il y a des jeunes qui, effectivement, détestent notre pays, détestent leur pays, puisque c'est
00:22leur pays.
00:23Ce ne sont pas des immigrés. Et c'est bien là toute la difficulté et toute, finalement, la difficulté qui
00:28s'oppose à nous, à notre pays.
00:29La France et à notre République, comment se fait-il que des jeunes qui sont nés ici, parfois de parents
00:35qui sont nés ici,
00:36qui sont de nationalité française, éprouvent cette haine vis-à-vis de la République ?
00:41Quand même la présidente de l'Assemblée nationale est obligée de rappeler que ces jeunes sont chez eux,
00:47ça veut dire qu'on a un vrai problème en France. Il faut écouter attentivement ce que dit Yaël Braun
00:53-Pivet,
00:53parce qu'à ce moment, elle rappelle une chose simple mais fondamentale.
00:57Ces jeunes, dont on parle très souvent, ne sont pas des étrangers. Ils ne sont pas à intégrer.
01:02Ils ne sont pas des invités. Ils sont chez eux.
01:05Et cette phrase est ultra importante, parce qu'en France, dès qu'on parle de jeunes noirs,
01:10ara, musulmans, métis ou descendants de l'immigration post-coloniale,
01:16une partie du débat public, je le précise, les renvoie toujours à l'extérieur.
01:19On parle d'eux comme s'ils étaient français à moitié, français administrativement sur le papier,
01:25mais étrangers symboliquement, mais jamais totalement français dans les imaginaires.
01:29Et c'est là que le problème commence en réalité.
01:31Parce que quand une personne est née ici, a grandi ici, a été scolarisée ici,
01:37parle la langue d'ici, travaille ici, souffre ici, rêve ici, son pays c'est ici.
01:44Donc non, on ne peut pas répondre à la colère d'une partie de cette jeunesse par « on va
01:48les renvoyer ».
01:49Les renvoyer où ? Dans un pays qu'ils ne connaissent parfois qu'à travers leurs parents ou leurs grands
01:54-parents.
01:55Maintenant, là où il faut aller plus loin, c'est sur le mot « haine » employé.
01:58Parce que dit que certains jeunes détestent la France, c'est une formule très lourde.
02:03Mais la vraie question, c'est qu'est-ce qu'ils ont vécu de la République française ?
02:06Est-ce qu'ils ont vécu l'égalité ? Est-ce qu'ils ont vécu la fraternité ?
02:10Est-ce qu'ils ont vécu le même respect, les mêmes chances, la même dignité, la même présomption d'innocence
02:16?
02:16Parce qu'un citoyen qui critique la République française ne la déteste pas forcément.
02:21Parfois, il lui demande simplement de respecter ses propres promesses.
02:24Et c'est ça qu'il faut comprendre.
02:25Le sujet, ce n'est pas l'immigration en réalité.
02:28Le sujet, c'est l'égalité réelle.
02:30Le sujet, c'est la manière dont certains Français doivent encore prouver qu'ils sont Français génération après génération.
02:37Donc oui, Yael Brown-Pivet a raison sur ce point.
02:39Ils sont chez eux.
02:40Mais allons jusqu'au bout.
02:41S'ils sont chez eux, on arrête de leur parler comme à des étrangers.
02:45On arrête de faire de leur origine une dette permanente.
02:49Et on arrête surtout de leur demander d'aimer la France plus fort que les autres
02:53pour avoir le droit d'être considérés comme des citoyens par entière.
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