- il y a 1 jour
Dans cette émission spéciale cinéma de la télévision suisse RTS, Johnny Hallyday est l’invité du festival de Crans-Montana. Au cours d’une longue interview, il évoque son rôle dans le film de science-fiction Terminus, son expérience de comédien et sa carrière entre musique et cinéma. L’émission propose également un extrait du documentaire Un roi triste, offrant un regard rétrospectif sur son parcours depuis les années 60.
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00:00Conduit voyamment par notre ami Robert Blum, je suis dans la station, donc moralité, la légende, Johnny, pas au rendez
00:04-vous avec les journalistes, c'est faux, faux, archi-faux.
00:06Bon, excusez-moi, mais bon, c'est vrai, non, non, non, mais d'abord, c'est pas vrai, parce que
00:09je suis toujours à l'heure, mais il faut m'excuser parce que je peux pas rester très longtemps, je
00:14m'en vais d'ailleurs dans deux secondes, c'est de la surprise que je voulais faire, je m'en
00:19vais en deux secondes parce que j'ai rendez-vous avec Bernard Grobet au Griffins à Genève, donc très content
00:23d'être là, au revoir.
00:24Merci. À côté, Johnny est là pour Terminus, film signé Pierre-William Glenn, il m'a troublé, du coup je
00:32bafouille, moi ça c'est pas du tout à faire, ça.
00:35Bon, et alors à côté Isabelle Nanty, vous ne la connaissez peut-être pas encore, mais vous n'allez pas
00:41tarder de la connaître beaucoup, beaucoup, parce qu'elle a un talent fabuleux, c'est l'une des interprètes principales
00:46du film de Francis Huster, on a volé Charlie Spencer.
00:49Vous avez remarqué les yeux bleus qu'elle a ?
00:51Oui, elle a des yeux bleus.
00:52Ah là là, c'est l'agression à l'armée.
00:57Francis, réalisateur de, on a volé Charlie Spencer, auteur, tout tout tout quoi.
01:05Auteur-compositeur.
01:06Oui, compositeur.
01:08Qui est un formidable délire sur le cinéma, on en parlera tout à l'heure.
01:11La dernière fois qu'on s'est vu Johnny, à part une entrevue brève à Cannes au moment de détective
01:15dans une cueillue indescriptible.
01:18On ne compte plus, on se rencontre maintenant.
01:20C'était dans un pays, nous étions en prison, il y a bien des années, quand vous aviez accepté de
01:24venir...
01:24Enfin, on n'était pas en prison du mauvais côté, on était en prison du bon côté.
01:28Récital devant les détenus.
01:30Je dois quand même dire une chose, c'est que moi, ça faisait des années que j'avais envie de
01:35chanter dans une prison pour les détenus ou pour les mômes, les délinquants.
01:48Et puis en France, on me l'a toujours refusé.
01:50Et puis la première fois que ça s'est passé, c'était en Suisse.
01:54Oui, on l'a fait.
01:55Beau souvenir.
01:56Et puis grâce à la Suisse, j'ai pu le faire ensuite en France.
01:59Eh bien, tant mieux.
02:00En tous les cas, c'est un très grand moment de télévision et humainement aussi dans cette salle.
02:05Alors, terminus.
02:07On ne va pas reprendre les filmaux anciennes, parce qu'on vous prête un tas de films où vous avez
02:11fait des apparitions amicales.
02:13Oui, j'ai fait des apparitions pour Lelouch, pour Zidi, mais c'était vraiment, comme tu dis, des apparitions amicales.
02:22Vous n'avez jamais rencontré Huster chez Lelouch, là ? Non, vous n'êtes jamais croisé chez Lelouch ?
02:26Non, mais moi, ça fait quelques années que je connais Francis.
02:30J'ai une énorme admiration pour Francis.
02:33Je l'ai vue sur 7, dans le Cid, et on va le voir tout de suite, d'ailleurs, dans
02:38le Cid.
02:38On va montrer quand même cette...
02:39Ah ben non, la caméra n'est pas là, c'était pas prévu à ce moment-là.
02:41C'est là, oui ?
02:42Et s'il y a un jour, je fais du théâtre, ça sera à grâce à lui.
02:44Voilà, Huster dans le Cid, avec une pirasse de combien de kilos, Francis, là ?
02:48Encore plus.
02:48Encore plus.
02:50Un super Huster dans le Cid, un an de représentation au Théâtre Antoine.
02:54Bon, on peut quand même vous parler de Terminus ?
02:57On peut parler de Terminus.
02:58Vous pouvez me parler de ce que vous voulez ?
02:59C'est le... En fait, on prend l'année...
03:01On se tutoie, on se mouvoie, parce que je ne sais plus.
03:03Dans la vie, on se tutoie.
03:05Oui, bon, on se tutoie.
03:06Alors, on va en se tutoie, alors.
03:06Bon, alors, on y va.
03:07Alors, on va prendre la carrière cinématographique Johnny Hallyday, Depuis Godard.
03:12Ah, Depuis Godard, d'accord.
03:13Ça va, hein ?
03:14Bon, je ne vais pas remonter.
03:15Alors, Depuis Godard, c'est Détective.
03:17Enchaînement ensuite avec Costa-Gavras, Conseil de Famille.
03:20Et Terminus avec Pierre-William Glenn, qui est là des très très grands chefs photo du cinéma.
03:26Chef-hop français.
03:27Oui, chef-hop français qui faisait là son film.
03:29Bon, alors, résumé Terminus, tu le fais, je le fais ?
03:33Vas-y.
03:34Bon, Terminus, c'est un jeu.
03:36On gagne 5 millions de francs.
03:38On gagne à être connu.
03:39On gagne à être connu.
03:405 millions de francs français.
03:42Bon, et en quoi ça consiste ?
03:44Eh bien, il faut arriver, justement, en un lieu précis.
03:46Seulement, pour arriver à ce lieu, il y a plein de gens méchants qui vous empêchent d'y arriver.
03:50Il y a des camions gris.
03:51Bon, c'est comme un western, c'est comme un western moderne.
03:54Il y a des bons.
03:56Il y a des méchants.
03:57Il y a beaucoup de méchants.
03:59Et puis, il y a un camion, il y a un ordinateur.
04:04Il y a...
04:04Une jolie petite fille.
04:06Il y a une jolie petite fille.
04:07Il y a une très belle femme qui est qui est en haleine.
04:11Et puis, il y a Terminus qui est l'endroit qu'on doit rejoindre.
04:15Voilà.
04:15Et puis, il y a un héros qui est un type amoché, qui est manchot, qui a été très mal
04:21traité par les militaires.
04:23Comme tous les...
04:25Comment je bois beaucoup ?
04:26Non, mais dans le film.
04:27Dans le film.
04:29Ah bon, dans le film.
04:29Oui.
04:30Qui boit beaucoup et qui, tout à coup, se dit...
04:32La jeune fille, enfin, on suppose qu'elle meurt, celle qui faisait le concours, le jeu,
04:36et il prend sa place, il rentre dans ce camion, alors qu'il est une vraie merveille.
04:40Il y a un ordinateur qui s'appelle...
04:42Monstre.
04:43Monstre.
04:44Et qui, alors, dirige pratiquement tout.
04:46Enfin, qui déjoue pratiquement tous les plèges, mais pas tous.
04:49C'est-à-dire que le monstre, c'est-à-dire que le monstre qui est le camion,
04:51est un ordinateur qui a été conçu par un enfant,
04:58qui s'appelle Maty dans l'histoire,
05:00et qui lui-même, Maty, est une création d'un docteur.
05:08Et il a changé un petit peu le cerveau de l'ordinateur en lui donnant des sentiments humains,
05:16ce qui fait que ça amène le pilote dans des situations invraisemblables.
05:24Et, bon...
05:24On va passer à la fin.
05:26Exemple, quand le pilote, donc qui est moi, ou Karen Allen au début,
05:33s'engueule, en quelque sorte, avec Monstre,
05:37Monstre s'est fâche, et puis se met en panne, par exemple.
05:40Ce qui fait que ça l'amène dans des situations invominables.
05:44Bien.
05:44Et mon tabard, donc, du camion.
05:45Francis Huster, quand on a une présence à l'écran et qu'on parle juste,
05:51on peut mettre sur son passeport profession acteur, non ?
05:54Oui, c'est déjà une qualité extraordinaire d'avoir une présence.
05:58C'est d'ailleurs les grands acteurs hollywoodiens
06:04qui ont été les premiers à imposer une présence.
06:07C'est-à-dire qu'à partir d'un certain moment,
06:09dans le cinéma hollywoodien,
06:12on a essayé d'imposer toujours, d'ailleurs, au même acteur, la même présence.
06:16C'est-à-dire que, par exemple,
06:18le public allait voir l'acteur dans un nouveau film,
06:22mais à chaque fois, il voulait retrouver l'acteur avec le même style de coiffure,
06:26la même tronche, le même costume.
06:28Et c'est comme ça qu'il y a d'ailleurs des acteurs américains
06:30qui, toute leur vie, n'ont joué que le même rôle.
06:33Alors, moi, je trouve qu'il a une présence formidable.
06:36Je ne sais pas quel est votre avis.
06:37Vous n'avez pas vu le film, vous avez vu une séquence.
06:39Non, mais d'abord, j'ai trouvé l'extrait très bien.
06:41J'avais envie d'aller voir le film.
06:43Et puis, Johnny Hallyday, il a une âme, il a un regard.
06:49Il a quelque chose de très chaleureux.
06:51Et c'est un vrai héros.
06:53Et il y a une telle sympathie du public pour lui
06:55que je crois que même les gens de théâtre seraient très heureux de la voir sur scène.
07:01On a des projets de théâtre tous les jours.
07:03On va en parler après, c'est moi,
07:04parce que Francis veut que je laisse tomber la chanson.
07:09Il me l'a dit tout à l'heure, il m'a dit, ne chante plus.
07:12Alors, je trouve, qu'est-ce qu'il serait ?
07:14Et puis, peut-être, pourquoi pas ?
07:16Moi, je rêverais de jouer au théâtre,
07:19d'abord parce que j'ai vu Francis et que je le trouve absolument formidable dans le CID.
07:24Il n'a pas fait que le CID, heureusement pour lui.
07:27Mais je le trouve formidable.
07:31Et pourquoi pas un jour, une pièce de théâtre montée par lui, pour moi,
07:35avec lui comme metteur en scène, ça serait bien.
07:38Mais c'est un scoop, ça, c'est bien, ça, ce que vous m'annoncez.
07:41Bien, bien, bien.
07:41On en a parlé au dîner.
07:42Oui, mais enfin, au dîner, personne n'était là pour l'entendre.
07:46Non, mais je le dis.
07:47Mais c'est bien.
07:48On va y revenir, d'ailleurs, sur ce point.
07:49Enfin, ce n'est pas un rôle facile, Derminus, pour Johnny,
07:52parce qu'il n'y a pas de grandes scènes de bravoure.
07:55C'est tout en demi-teinte.
07:56C'est-à-dire que ce n'est pas facile.
07:58Ça n'a pas été facile pour moi, pour une seule raison,
08:01c'est que je ne joue jamais avec quelqu'un.
08:06C'est-à-dire que, pour ainsi dire,
08:07toutes les scènes que j'ai, importantes pour moi, en tant qu'acteur,
08:12ça se passe avec un ordinateur qui est la bouche, qu'on vient de voir.
08:15Et la bouche, quand je l'ai...
08:18Pas la mouche.
08:20La bouche.
08:21On a quitté la barrière.
08:22On a quitté la barrière.
08:23La bouche de l'ordinateur,
08:25quand j'ai tourné avec elle,
08:28n'existait pas quand j'ai tourné.
08:30C'est-à-dire que je devais imaginer la bouche,
08:33mais elle n'existait pas.
08:34Ce qui fait que j'ai joué, pour ainsi dire, tout le temps dans le vide.
08:37Et ensuite, la bouche a été rajoutée,
08:40ensuite au montage,
08:43puisque c'est un film avec des effets spéciaux.
08:46Et comme dans tous les films d'effets spéciaux...
08:48Beaucoup, beaucoup, beaucoup.
08:48Beaucoup de cascades.
08:49Oui, oui, il y a des cascades.
08:50C'est un film d'aventure.
08:51C'est un film d'aventure.
08:54Donc, comme tous les films d'aventure,
08:56c'est un film avec des effets spéciaux.
08:58Voilà.
08:58Bon, alors...
08:59C'est pas un film d'acteur, vraiment.
09:01Alors, quand on est acteur,
09:03ce qu'on a envie de faire,
09:04c'est de se prouver qu'on est acteur.
09:06C'est normal.
09:07Parce qu'autrement, qu'est-ce qu'on fait là ?
09:08Alors, est-ce que vous vous êtes prouvé
09:10que vous étiez acteur ?
09:11Le premier grand déclif chez Godard.
09:14Ça a été important, Godard.
09:15Oh, mais Godard, pour moi,
09:16c'est un être merveilleux.
09:20Mon meilleur souvenir de cinéma,
09:21c'est avec Godard, de toute façon.
09:23Et pourtant, il a la réputation
09:24de ne pas aimer les acteurs.
09:25C'est curieux.
09:26Et pourtant, je vous garantis
09:27que quand il aime les acteurs
09:30et quand on est acteur,
09:32qu'est-ce qu'on se sent aimer ?
09:34Oui.
09:34Oui, c'est formidable.
09:36Quand vous avez fait ce passage au cinéma,
09:38je parle des trois derniers,
09:40moi, je me suis posé une question.
09:41Voilà, je dis, voilà un homme
09:43qui est une bête de scène,
09:45qui a un contact inouï avec le public,
09:48avec des salles de milliers de personnes.
09:50Comment va-t-il ressentir quelque part
09:52la solitude de l'acteur sur un film ?
09:54C'est-à-dire, tourner, c'est attendre.
09:56Vous êtes tous d'accord.
09:57C'est la patience.
09:59Comment va-t-il se mettre dans ce moule
10:02qui est vraiment très lent à tendre
10:05et d'être coupé, justement,
10:07de ces réacteurs formidables
10:09qui vous portent que sont le public ?
10:10C'est différent parce que
10:12quand on tourne dans un film,
10:14c'est vrai qu'il y a une espèce
10:16de solitude, une solitude d'acteur.
10:19Mais il y a beaucoup d'attentes
10:21parce que c'est vrai que l'acteur
10:22est un petit peu au service
10:24de la lumière,
10:28des techniciens,
10:30des metteurs en scène.
10:35Mais je pense qu'on fait plein de choses
10:36pendant un film.
10:37C'est-à-dire qu'on fait plein de choses
10:38dans le sens qu'on attend
10:41et puis on fait semblant de se concentrer
10:45et puis finalement, on se déconcentre.
10:46Mais on se déconcentre
10:48pour être de toute façon
10:49jamais vraiment
10:50parce qu'on doit toujours être prêt
10:52à tourner.
10:53Et il y a une très belle phrase.
10:55Vous avez dit,
10:55au début, quand j'arrivais sur le tournage,
10:57j'avais le tracas dans la tête.
10:59Autrement dit, on peut dire l'angoisse.
11:02Oui, on l'a toujours.
11:04Vous savez, moi,
11:04je veux toujours bien faire
11:06et malheureusement,
11:07on veut toujours bien faire
11:09en se disant,
11:10il faut que je sois bien
11:11et puis les gens attendent de moi
11:14parce que moi, je ne suis pas un acteur
11:16un acteur reconnu.
11:17Je commence, en quelque sorte.
11:19Et on se dit, bon, alors,
11:21comment va-t-il passer
11:22le cap du chanteur ?
11:23On va en revenir à ça après.
11:25Le cap du chanteur à l'acteur.
11:28Alors, va-t-il passer le cap ?
11:29Est-il à l'aise ?
11:30C'est vrai que mon premier film,
11:32je n'étais pas vraiment à l'aise
11:34parce que j'avais des problèmes
11:35d'être bien,
11:37de vouloir trop bien faire.
11:39Et puis maintenant,
11:39je m'en fous un peu
11:40parce que maintenant,
11:42je ne dis pas que je suis
11:43un acteur accompli,
11:44mais maintenant, je m'en fous un peu
11:44dans le sens que
11:45je pense plus au rôle
11:47que j'interprète
11:48plutôt qu'à moi
11:48de j'ai l'idée d'être bien.
11:50Francis, ça vous inspire quoi, là,
11:52tout ça ?
11:53Ça m'inspire une réflexion.
11:55C'est que, comme là,
11:57j'ai eu la chance
11:58de passer de l'autre côté
11:59de la barrière
12:00et d'être...
12:01Oui, réalisateur.
12:01...d'endosser la casquette
12:02du réalisateur.
12:03J'ai compris une chose,
12:04c'est que quand un metteur en scène
12:06engage un comédien,
12:08il devrait lui dire
12:09qu'il y a trois rôles, en fait,
12:10à interpréter.
12:12Je m'explique.
12:13Il y a d'abord le comédien
12:14qui arrive.
12:15C'est le rôle
12:16qu'est la personne
12:18dans la vie.
12:19C'est-à-dire, par exemple,
12:19Johnny Hallyday,
12:20dans la vie,
12:21c'est Johnny Hallyday,
12:21tel qu'on ne le connaît pas.
12:23Pas Johnny Hallyday chantant,
12:24mais lui,
12:24l'être humain.
12:25Donc, c'est déjà
12:26un premier rôle.
12:27À partir de là,
12:28le metteur en scène
12:29doit donner un scénario
12:30et faire comprendre
12:32à l'acteur
12:32qu'il doit interpréter
12:33le personnage
12:35du script.
12:36Et puis, il y a
12:36un troisième personnage
12:38qui est le définitif,
12:39qui est celui
12:40une fois que le film
12:41est coupé ou est monté.
12:42C'est comme si, par exemple,
12:43dans votre vie,
12:43si on voulait raconter
12:44votre vie à vous,
12:45on ne prenait que
12:46les moments de votre vie
12:47qui semblent
12:48les plus intéressants.
12:50Mais quelqu'un d'autre
12:50peut raconter votre vie
12:51avec d'autres moments.
12:52Et c'est comme ça
12:53qu'il arrive souvent
12:54que des acteurs
12:54tournent un film
12:55et qu'à l'arrivée,
12:57le personnage,
12:58à cause du montage,
12:59à cause de la préparation
13:01finale du film,
13:02soit tout à fait autre
13:02que ce qu'il pensait
13:04au départ.
13:05Quand on est acteur
13:06et qu'on lit un scénario
13:07au départ,
13:09on lit un scénario,
13:10on lit un rôle,
13:11donc on y repense
13:12ensuite personnellement,
13:13on l'interprète
13:15de la façon
13:17qu'on l'a reçu
13:19et ensuite
13:20le metteur en scène
13:21le filme déjà
13:22et puis ensuite
13:23le monte
13:23et puis entre
13:24le moment où
13:25on l'a lu,
13:25le moment où
13:26on l'a interprété
13:26et le moment
13:27où il a été monté,
13:28c'est un troisième film.
13:29Bien sûr.
13:30Est-ce que vous supportez
13:31de vous voir à l'écran ?
13:32Non.
13:33Toujours pas.
13:33Mais je ne me supporte
13:34pas tout court.
13:35Oui.
13:36Non, mais c'est vrai,
13:37même quand je fais un disque,
13:38moi, je n'écoute
13:39jamais mes disques.
13:40J'ai fait un disque,
13:41d'abord,
13:41j'y passe beaucoup de temps.
13:42Quand je fais un disque,
13:43j'y passe en général,
13:45si le disque dure
13:47deux mois,
13:48je passe deux mois
13:49en studio
13:49du moment où
13:50les musiciens
13:51commencent à enregistrer
13:52ou moi,
13:52je mets ma voix,
13:53ensuite,
13:54il y a le mixage,
13:55ensuite,
13:56bon,
13:56et puis moi,
13:57quand j'ai fini le disque,
13:58je fais la promotion
13:59et puis ensuite,
14:00quand la promotion
14:01est terminée,
14:01je n'écoute plus le disque.
14:03Mais je pense que c'est
14:04pareil pour les acteurs.
14:05Vous avez aussi ce problème,
14:06vous, de vous voir
14:06sur l'écran ?
14:07Il y a beaucoup d'acteurs.
14:08C'est à dire que moi,
14:09je ne me reconnais pas.
14:10Je n'ai jamais la même
14:12tronche.
14:12Oui, mais notamment
14:12la façon de parler
14:14des rires.
14:14Notamment en Charlize Panzer.
14:15Oui, je ne me reconnais pas.
14:17Non, mais le plus important...
14:18C'est vrai, quand on se voit
14:18dans une glace,
14:19on se voit d'une certaine façon.
14:21Quand on se voit sur un écran,
14:22on ne se voit pas
14:22de la même façon.
14:23Je ne sais pas.
14:24Mais le plus important,
14:25c'est le quatrième personnage,
14:27c'est-à-dire celui
14:28que le public voit.
14:30Il y a des acteurs
14:32qui n'ont jamais conscience
14:34pendant toute leur vie
14:35de la façon
14:35dont ils sont reçus
14:36du public.
14:37Par exemple,
14:37il y a un type
14:38qui vit avec sa femme
14:39pendant 20 ans
14:40et si elle lui disait
14:40au bout de 20 ans
14:41tu sais quel type tu es,
14:42il serait certainement
14:43très étonné.
14:44Et c'est ce qui se passe
14:45un peu.
14:45Quelquefois,
14:46ça serait intéressant
14:46que le public
14:49révèle vraiment aux acteurs
14:50ce qu'ils ont
14:51comme image d'eux-mêmes.
14:53Ce qui est important,
14:54je crois,
14:54c'est que quand on interprète
14:56un rôle en tant que comédien,
14:57c'est de s'imaginer
14:58le personnage
15:00qu'on doit interpréter
15:01et qu'on doit vivre.
15:03Et puis une fois
15:03qu'on a vécu ce personnage,
15:05c'est de ne plus se voir
15:05en tant que telle personne
15:07dans la vie,
15:08mais de ce...
15:09pour moi,
15:10la réussite d'un personnage,
15:11c'est de se voir
15:12à l'écran
15:12tel qu'on n'est pas
15:13dans la vie,
15:17mais de ce qu'on aurait
15:20si on le réussit,
15:21de ce qu'on a pu
15:22essayer de faire
15:22représenter à l'écran.
15:24Question à Francis Huster
15:25et à Isabelle Nanty
15:26qui ne dit rien
15:27mais qui ne perd rien
15:28pour attendre.
15:29J'en pense pas moins.
15:33Isabelle a été élève
15:33de Francis Huster
15:34au cours Florent.
15:35On va revenir
15:35sur cette période.
15:37Est-ce que
15:37quand on a fait
15:38des années de scène
15:38comme a fait Johnny,
15:40est-ce que de prendre
15:40des cours d'art dramatique
15:41c'est vraiment nécessaire
15:42à votre avis ?
15:43Ce n'est pas la meilleure école.
15:47Silence.
15:47La question est à qui ?
15:48Elle est à tous les deux.
15:49Vous passez la balle.
15:50Je crois que ce n'est pas
15:51nécessaire de prendre
15:51des cours d'art dramatique
15:54quand on a fait
15:5420 ans de scène.
15:55Non, je crois que
15:55ce qui est important
15:56de faire, c'est de travailler.
16:00Il y a des acteurs
16:01qui ont la chance
16:02d'être engagés
16:03et de travailler
16:04donc ils travaillent
16:05obligatoirement en jouant
16:06et puis il y a d'autres
16:07qui n'ont pas la chance
16:08de pouvoir travailler
16:10et qui pour pouvoir
16:11s'améliorer
16:11ont besoin de travailler
16:12c'est-à-dire
16:13pas de prendre des cours
16:14mais de travailler
16:14sur une scène.
16:15Travailler sur une scène
16:16avec d'autres élèves,
16:17avec d'autres acteurs
16:19et je crois que c'est ça
16:19qui est important
16:20c'est de travailler
16:21continuellement.
16:21Francis, vous n'avez pas répondu ?
16:23Je pense que les cours
16:24c'est très important
16:25surtout pour convaincre
16:26sa famille
16:26quand on a 15 ans
16:28ou 18 ans
16:28qu'on peut faire ce métier
16:31parce que la plupart
16:32des parents sont affolés
16:33quand leurs enfants
16:33leur disent
16:34je veux faire du théâtre
16:35ou je veux faire du cinéma.
16:36On s'imagine que
16:36pour les filles
16:38ça se résume à montrer ses fesses
16:39puisque tous les films
16:40de fois sur 10...
16:41Vous savez que si Laurent
16:41vous écoutait
16:42serait très content là.
16:43Et sinon on s'imagine
16:45que pour les hommes
16:46bon ben c'est rouler
16:46les mécaniques.
16:47Or c'est un métier
16:48qui est passionnant
16:48comme par exemple
16:50je sais que pendant des années
16:51il y a eu
16:53il y a beaucoup de gens
16:53qui ont été contre
16:54l'alpinisme
16:55en disant que c'était dangereux
16:57en disant qu'on pouvait se tuer
16:58comme on vient encore
16:59de le montrer
16:59dans le film de Zidman
17:01et en fait
17:01c'est une passion
17:02c'est une folie
17:03aussi extraordinaire.
17:07Oui
17:07ben ça ça a dû nécessiter
17:09quelques petits entraînements
17:10avant dans quelques petites salles
17:11non ?
17:11Ça n'en finissait plus.
17:14La motivation profonde
17:16je pense de ce virage
17:17d'ailleurs en Europe
17:19en France ça paraît
17:20très extraordinaire
17:20alors qu'aux Etats-Unis
17:21c'est très courant
17:22les carrières parallèles
17:23chansons et cinéma
17:25on ne va pas citer
17:25Sinatra, Dine Martil etc.
17:27En France les exemples
17:28sont beaucoup plus rares
17:29il y a l'exemple montant
17:30avec un mauvais départ
17:31les portes de la nuit
17:32puis après
17:33bon ça s'est bien arrangé
17:34pour devenir ce qui est montant
17:35aujourd'hui
17:36ce qui n'empêche pas
17:36qu'on oublie de le nommer
17:37au César
17:37ce que je trouve
17:38complètement scandaleux
17:39pour Manon des sources
17:40et puis il y a
17:41Eddie Mitchell
17:43Jacques Dutronc
17:44mais ça s'est arrêté
17:45semble-t-il
17:45il y a Sardou
17:46qui essaie
17:47qui vient de terminer
17:48un film qui s'appelle
17:48Croce
17:49il y a une espèce
17:50quand même
17:50de cloisonnement
17:51Francis
17:51dans le monde français
17:54du spectacle
17:55tout le monde
17:55l'attend au tournant
17:56tout le monde
17:56l'attendait au tournant
17:57vous êtes d'accord
17:58alors que ça devrait
17:59paraître dans l'ordre
18:00des choses
18:01ou si un jour
18:02vous chantez
18:02vous allez chanter
18:03Francis
18:03je crois que dans la vie
18:06il faut faire
18:07ce qu'on a envie de faire
18:08moi j'ai toujours
18:10adoré la comédie
18:12au départ
18:13je voulais être comédien
18:14je suis devenu chanteur
18:16mais
18:17bon il s'est trouvé
18:18que j'étais chanteur
18:18avant d'être comédien
18:19et puis il faut faire
18:20ce qu'on a envie de faire
18:21je crois qu'il ne faut pas
18:22se cloisonner
18:23à des choses
18:25mais le système
18:26Johnny vous cloisonne
18:27quand même
18:27Francis
18:27vous êtes d'accord
18:28c'est à dire que
18:29maintenant
18:30avec tous les clips
18:32les chanteurs
18:33sont tous des acteurs
18:34on voit à longueur de temps
18:35toute la journée
18:36des clips
18:37de tous les plus grands
18:38chanteurs américains
18:39anglais
18:40et ils sont obligés
18:41d'être acteurs
18:42alors c'est fini
18:42il n'y a plus de séparation
18:44vous avez chanté
18:45vous alors
18:46oui bien sûr
18:46j'ai même chanté
18:47à la comédie française
18:48une pièce de La Biche
18:50où il y avait
18:50des sacrées chansons
18:51mis en scène
18:52par Jean-Laurent Cochet
18:53puis il y a eu le film
18:54avec Jacques Demi
18:54par Kim
18:55au passage
18:55vous y avez fait
18:5610 ans à la comédie française
18:5710 ans
18:57tous les grands rôles
18:58du répertoire
18:59dont Juan, Lorenzacio
19:00etc.
19:01d'accord
19:01oui
19:03en plus les acteurs
19:03doivent être chanteurs
19:04et les chanteurs
19:05doivent être acteurs
19:06oui il faut le faire
19:07savoir
19:07dans notre métier
19:07autrement on ne fait plus
19:08ce métier
19:08alors la grande motivation
19:10c'était quand même
19:10l'envie d'être quelqu'un d'autre
19:12parce que les rendez-vous
19:13annuels
19:13ou tous les deux ans
19:14à Bercy ou ailleurs
19:15à un moment donné
19:16vous vous êtes peut-être dit
19:17bon ok très bien
19:18mais si on faisait autre chose
19:19non ?
19:20j'ai envie de
19:21j'ai envie de créer des choses
19:23c'est à dire que bon
19:24dans la chanson
19:25on attend le moins
19:26que je sois moi-même
19:29d'être acteur
19:30ça me permet
19:30d'être
19:32de faire plus
19:32de faire des choses
19:33que je n'ai pas encore faites
19:34d'être quelqu'un d'autre
19:35ça me permet de créer
19:36moi j'ai envie de créer des choses
19:37et d'être quelqu'un d'autre
19:39et d'être quelqu'un d'autre
19:40ça c'est excitant
19:42ça non ?
19:42bien sûr c'est excitant
19:43c'est la motivation
19:45de mon métier
19:46j'ai envie de faire
19:48plein de choses
19:48que je n'ai pas encore faites
19:49qu'est-ce que vous voulez
19:50que je fasse
19:50moi que je sois chanteur
19:52d'être chanteur
19:52on me demande
19:53d'être Johnny Hallyday
19:54je vais sur une scène
19:56je chante les chansons
19:57je suis ce qu'on attend de moi
19:59je ne peux pas vraiment créer
20:01en dehors des nouveaux spectacles
20:03que je peux faire
20:05mais d'être un tel
20:07ou d'être un tel
20:07ou d'être un tel
20:08dans un film
20:09ou même dans une pièce de théâtre
20:11ça me permet de créer
20:12quelque chose d'autre
20:13c'est passionnant
20:14mais c'est un
20:15ça va très loin quand même
20:17ce passage
20:18parce que quelque part
20:19vous avez changé de famille
20:20c'est pas la même famille
20:21oui mais vous savez moi
20:22je ne fais pas ce métier
20:25pour être milliardaire
20:27si j'étais milliardaire
20:28ça se serait
20:31je ne
20:32le fils
20:33oui non
20:34et puis je fais ce métier
20:36je ne compte pas
20:37d'abord je suis producteur
20:39de mes spectacles
20:40je gagnerais certainement
20:41plus d'argent
20:42si on me payait
20:44pour faire des spectacles
20:45et puis que
20:46et puis que
20:47je faisais mes spectacles
20:49en tant que chanteur
20:51il est certain
20:51que je prends des risques
20:52quand je fais un spectacle
20:53parce que c'est
20:54c'est quelque chose
20:55qui me passionne
20:55j'ai envie
20:57pourquoi
20:57je suis mon propre producteur
20:59pour une seule raison
20:59pas pour gagner plus d'argent
21:00parce que j'en gagne moins
21:01mais uniquement
21:02parce que je n'ai pas
21:05à me restreindre
21:06dans un budget
21:07et je peux faire
21:08les spectacles
21:08que j'ai envie de faire
21:11donc
21:12je
21:13je
21:13je
21:13je suis mon propre producteur
21:15pour pouvoir créer
21:16les spectacles
21:16que j'ai envie de faire
21:17c'est un petit peu
21:17comme Francis
21:18quand il
21:19quand il
21:19quand il
21:19quand il
21:20quand il
21:20fait des théâtres
21:22bon
21:22maintenant
21:23au cinéma
21:24je n'en suis pas là
21:24au cinéma
21:25on m'engage
21:26on m'engage
21:26pour faire
21:27pour faire des rôles
21:28mais
21:28moi ce qui
21:29ce qui m'intéresse
21:31c'est de créer
21:31des choses
21:32c'est de ne pas faire
21:33toujours la même chose
21:34maintenant que vous êtes
21:35dans la famille
21:36cinématographique
21:36quelle est la différence
21:37entre la famille
21:38cinématographique
21:38je suis un petit peu
21:40le cul entre deux chaises
21:40je n'ai pas de famille
21:41je suis pas vraiment
21:42sur business
21:43je suis pas vraiment
21:44encore dans le cinéma
21:45et je ne suis pas
21:46encore dans le théâtre
21:47je l'espère
21:47l'être un jour
21:48vous les regardez
21:49différemment de la famille
21:50du showbiz
21:50maintenant
21:53franchement
21:54oui parce que
21:55je travaille tout seul
21:57je travaille tout seul
21:59je travaille tout seul
22:00dans le sens
22:00où j'ai envie
22:02j'ai envie de faire des choses
22:03j'ai envie de créer des choses
22:04j'ai envie de faire des choses
22:05que je n'ai pas
22:06surtout
22:07j'ai envie de faire des choses
22:07que je n'ai pas encore faites
22:09alors il y a déjà
22:10la perche tendue
22:10avec le théâtre par Huster
22:12vous allez aller
22:13un jour on va faire
22:14un jour on va faire quelque chose
22:16ensemble
22:16vous allez aller
22:17aux répétitions de Francis
22:18qui répète en ce moment
22:20Richard Throis
22:21qu'est-ce qu'il y a
22:22dans votre poche
22:22il me semble que votre smoking
22:23est un peu bombé
22:24dans ma poche
22:25c'est tout le texte
22:26ça va peut-être décourager
22:28Johnny
22:31ça c'est que le rôle de Richard
22:37il y a 50 acteurs
22:38donc il y a 50 fois ça
22:40et vous emmenez ça partout
22:42oui parce que je suis obligé
22:44c'est un nombre d'heures calculées
22:46pour que ça rentre dans la tête
22:47puis pour se remettre en question
22:49à chaque fois
22:50mais ce que je voulais dire
22:51sur ce que disait Johnny
22:52c'est qu'en fait
22:53le personnage le plus important
22:54c'est celui qui n'est pas assis
22:55ici sur le canapé
22:56c'est celui qui va avoir un film
22:58s'il a envie d'aller le voir
22:58c'est celui qui va
22:59à un spectacle de théâtre
23:01ou de chansons
23:03c'est le public
23:04et ce qui compte le plus
23:05c'est le rapport avec ce public
23:06il ne faut pas
23:08que Johnny
23:11tourne le dos
23:12à tout un public
23:13qui l'attend
23:15qui l'admire
23:16et qui l'aime
23:17dans la musique
23:18et de la même façon
23:19attendez
23:20non non
23:21attendez laissez moi
23:22je fais ma descente
23:23du slalom géant
23:24je passe entre les portes
23:27je veux dire
23:27qu'en fait
23:28je crois que c'est
23:29une question surtout
23:31de passage d'âge
23:33peut-être que
23:34quand Johnny aura
23:3550 ans
23:36tout d'un coup
23:37il considérera
23:38pendant 2-3 ans
23:38qu'il doit revenir
23:40à la chanson
23:42c'est un peu
23:43dépulsion
23:43c'est comme dans la vie
23:44on ne voit pas toujours
23:45les mêmes personnes
23:45mais vous lui disiez
23:46à table ce soir
23:47quand nous dignions ensemble
23:47il lui disait
23:48tu ne devrais pas
23:49revenir à Bercy
23:50le 15 septembre
23:51tu devrais arrêter la chanson
23:52alors il n'a pas parlé de Bercy
23:54non non pas de Bercy
23:54non non Bercy
23:55c'est très bien
23:55mais ce que je dis
23:56c'est que je trouve
23:56qu'il ne faut pas
23:58qu'il ait l'étiquette
24:01que c'est un chanteur
24:02qui fait du cinéma
24:03je veux dire
24:04ou bien
24:04on fait pendant un certain temps
24:06de la chanson
24:07puis tout d'un coup
24:08pendant un certain temps
24:08du cinéma
24:09et puis tout d'un coup
24:10c'est comme si par exemple
24:11Bernard Hinault
24:12faisait de la boxe
24:12tout d'un coup
24:13ou si par exemple
24:14Platini faisait du rugby
24:18et ce sont simplement
24:19des rapports
24:20qu'on a avec le public
24:21en ce moment il a envie
24:22d'être certainement
24:24dans le cinéma
24:24parce qu'il ressent en lui
24:27une passion
24:28et à la fois d'ailleurs
24:29une passion pour ce qu'est
24:30le cinéma
24:31qui le fait rêver
24:32et à la fois une passion
24:33pour le métier
24:33c'est ça certainement
24:34qu'il a dû découvrir
24:35dans les tournages
24:36non c'est pas facile
24:38quand même
24:38ce passage
24:39il y a des choix
24:40quoi
24:40oui
24:40mon choix il est fait
24:43ah alors
24:44moi j'ai décidé
24:45de complètement
24:48jouer mon rôle d'acteur
24:50très bien
24:51ça va faire quelques malheureux
24:52qui vont l'attendre
24:53dans les salles
24:53ah non non
24:54mais non
24:54j'ai pas dit
24:55que j'allais arrêter de chanter
24:56oui d'accord
24:57je fais Bercy
24:58en mois de septembre
25:00le 15 septembre
25:01après une tournée
25:01et puis après une tournée
25:02et je passerai certainement
25:04à Genève
25:05oui à la patinoire
25:06à la patinoire
25:07vous avez des très bons souvenirs
25:08j'ai des excellents souvenirs
25:10oui
25:10j'adore
25:11de toute façon
25:11j'adore Genève
25:12j'adore
25:13j'adore l'assise
25:14d'abord parce qu'il y a
25:15un très bon public
25:16et puis parce que
25:17bon
25:17je dis pas ça
25:18parce qu'on est là ce soir
25:20bien alors
25:20au théâtre
25:22dans quoi Francis
25:23les débuts au théâtre de Johnny
25:26je sais pas
25:27peut-être
25:28certainement dans une pièce
25:29très moderne
25:31de toute façon
25:31si je fais
25:32ça le panique
25:33de voir tout le texte
25:35dans votre poche
25:35ben non pas du tout
25:36je sais pas
25:37peut-être il jouera
25:38le rôle d'un bourreau muet
25:39c'est-à-dire
25:40avec une gangoule noire
25:41et rien à dire
25:45de toute façon
25:46si je fais du théâtre
25:47j'aimerais commencer
25:47avec Francis
25:48bon ben c'est noté
25:49on suivra ce rendez-vous
25:51alors Francis
25:52moi je suis persuadé
25:53que justement
25:54si Johnny
25:55était acteur anglais
25:58il aurait déjà
25:59certainement
25:59travaillé dans du Shakespeare
26:02je peux poser une question
26:03moi tu es
26:03oui oui
26:04justement
26:04allier les deux
26:05faire une comédie musicale
26:08alors j'ai horreur
26:09des comédies musicales
26:10puis en France
26:10ça marche très bien
26:11comme chacun sait
26:11non c'est pas pour ça
26:13c'est pas pour ça
26:14c'est que j'aime pas ça
26:15oui
26:15même à Broadway
26:16non ou je joue
26:17ou je chante
26:17mais je veux pas faire les deux
26:19enfin les deux mélangés
26:22alors on va continuer
26:24tiens le camarade
26:25de Francis Huster
26:26qui a son texte dans sa poche
26:27qui doit savoir pour mercredi
26:28quand même
26:28au passage
26:29oui
26:29ça sera su
26:30tout ça
26:31oui
26:31oh là là
26:32l'enfer
26:34tu en connais un petit bout
26:35quoi
26:36alors Francis
26:37il nous a étonné souvent
26:38d'abord sa carrière
26:39nous étonne
26:40parce que si quelqu'un est hors des normes
26:42hors du moule
26:43hors
26:43oui
26:44c'est bien
26:44c'est bien
26:45c'est bien lui
26:47on a le side dans le coeur
26:49depuis cette
26:52formidable interprétation au théâtre Antoine
26:53j'aimerais quand même pour le plaisir
26:55je sais que moi j'étais le voir dans le side
26:57j'étais à la dernière
26:58oui
26:58et ce que j'ai trouvé formidable
27:00c'est que je me suis retrouvé
27:03dans un concert de rock'n'roll
27:06enfin dans la même ambiance
27:07c'est à dire que
27:08moi j'étais assis dans la salle
27:09il y avait les membres
27:10il y avait 80% du public
27:14qui devait avoir entre 15 ans
27:16et 18 ans
27:1719 ans
27:18et il y en avait
27:19qui étaient assis sur le pied
27:20et moi j'étais assis là
27:21et j'ai assisté au side
27:24avec Francis sur scène
27:26c'était comme un concert de rock'n'roll
27:28c'est à dire que c'était silencieux
27:29et quand il apparaissait sur scène
27:31c'était magique
27:33et ça c'était formidable
27:34et c'est un meilleur souvenir de théâtre
27:37c'est un grand souvenir
27:39Francis je sais que
27:40je sais que les comédiens n'aiment pas le faire
27:42mais vraiment
27:42pour tous les gens qui n'ont pas pu le voir
27:45le début des stands
27:46un tout petit coup
27:47le début des fameuses stands du side
27:50il a dit il va chanter alors
27:51non non
27:52non vraiment Francis
27:55je vous demande
27:55bon je sais que c'est difficile
27:57alors on le fait en hommage
27:58à l'un des plus grands
28:01espoirs suisses
28:02du cinéma et du théâtre
28:04qui s'appelle
28:04Jean-François Balmer
28:05et qui est un comédien extraordinaire
28:08et avec qui j'ai eu la chance
28:09de travailler au conservatoire
28:12allons-y
28:12des petites stands
28:13un petit peu
28:15sous moi dont
28:16cette troupe s'avance
28:17et porte sur le front
28:18une malassurance
28:20nous partîmes 500
28:21et par un prompt enfant
28:22nous nous vîmes
28:233000 en arrivant au port
28:25tentant à nous voir marcher
28:26avec un tel visage
28:27les plus épouvantés
28:28reprenaient le courage
28:29j'en cache les deux tiers
28:30aussitôt qu'arrivés
28:31dans le fond des vaisseaux
28:32qui leur furent trouvés
28:33le reste
28:34dont le nombre augmentait
28:36à toute heure
28:36brûlant d'impatience
28:37autour de moi
28:38demeure
28:38se couche
28:39contre terre
28:40et sans faire aucun bruit
28:41passe une bonne part
28:43d'une si belle nuit
28:44par mon commandement
28:45la garde
28:46en fait de même
28:46et se tenant caché
28:47aide à mon stratagème
28:49bon voilà
28:50enfin
28:50merci
28:52alors un film
28:53c'est bien
28:55ah oui
28:56il sait faire
28:57on a volé
28:59Charlie Spencer
29:00Charlie Spencer
29:01rappelons-le
29:01c'était le nom
29:02de
29:02de Chaplin
29:04alors on a volé
29:05Charlie Spencer
29:06c'est tout d'abord
29:08un hymne d'amour
29:10mais un hymne d'amour
29:12passionnel
29:13passionné
29:14au cinéma
29:16avec des références
29:17toutes les
29:18je sais pas
29:18toutes les deux minutes
29:19ouais à peu près
29:21j'en ai trouvé pas mal
29:22mais pas toutes
29:23c'est délirant
29:24c'est fou
29:24on s'embarque
29:26on s'embarque pour le délire
29:28car l'histoire est simple
29:28mais vraiment très simple
29:30c'est un type qui vit le quotidien
29:33vous l'incarnez
29:34un quotidien pas marrant
29:36il a une petite copine
29:37qui est blonde
29:37bien sympa
29:38qui est drôle
29:39c'est Isabelle Nanti
29:40qui lui révèle un jour
29:42qu'elle est enceinte
29:43alors il trouve que
29:44ben ma foi
29:45la vie va trop vite
29:46il a peut-être d'autres idées
29:46et alors
29:47pour échapper au quotidien
29:49il se réfugie
29:51dans sa cinémathèque à lui
29:53qui comprend les grands morceaux
29:54de bravoure
29:55avec naturellement une star
29:57qui est incarnée
29:58par Béatrice Dalle
30:00et il y a une très belle phrase
30:01vous dites
30:02c'est sans doute le diable
30:04qui a inventé le cinéma
30:06pour nous faire croire
30:07que la mort n'existait pas
30:08oui
30:09c'est superbe ça
30:11parce que quand on revoit justement
30:12tous les films français
30:14avec Gabin
30:16Bourville
30:16Fernandelle
30:17de Funès
30:19on n'a vraiment pas l'impression
30:21qu'ils sont morts
30:22c'est le seul art
30:24qui nous fait croire
30:26que tout d'un coup
30:26là dans la boîte
30:28à 10h30
30:29on entend leur voix
30:31on les voit vivre
30:32souffrir, pleurer
30:33et nous faire rire
30:34et c'est vraiment
30:34une invention du diable
30:35oui
30:36alors on sent tout le plaisir
30:38que vous avez eu à faire ça
30:39je sais le nombre de difficultés
30:41mais ça c'est inhérent
30:41à tout tournage
30:42l'important c'est le produit final
30:44qui est sur l'écran
30:44moi j'ai eu un plaisir
30:46très vif et très très grand
30:47alors j'ai repéré
30:48il y a un hommage à Luke Beach
30:50il y a un hommage à Marcel Carnet
30:52il y a la séquence de Hôtel
30:53que vous avez fait d'ailleurs
30:54en noir blanc
30:55il y a Capra
30:57il y a
30:58il y a Wells
30:59il y a Hitchcock
31:00il y a Hitchcock
31:00il y a Visconti
31:03Fellini
31:03enfin beaucoup
31:04tous les cinéastes
31:06et chaque séquence
31:07est tournée
31:07justement
31:08à la manière
31:10de tous ces
31:11tous ces grands du cinéma
31:13c'est un grand voyage
31:14dans votre cinémathèque du cœur
31:16c'est à dire
31:17qui correspond à beaucoup
31:18d'ailleurs
31:19on la même cinémathèque
31:20car il y a pratiquement
31:21tous les grands
31:22et puis il y a aussi
31:23justement
31:25cette balance
31:25entre les deux femmes
31:26entre Isabelle
31:27qui représente
31:28la fille qu'on peut rencontrer
31:30dans la rue
31:31qui pleure
31:32qui souffre
31:33qui représente la vie
31:35et puis
31:35cette idée
31:36cette femme
31:37qui a inventé d'ailleurs
31:38le cinéma
31:40parce que les Garbots
31:41les Monroe
31:42les Bardot
31:44ce sont des femmes
31:45qu'on ne rencontre pas
31:46dans notre vie
31:46de tous les jours
31:47donc il y a
31:48ce choix
31:49à faire
31:50entre
31:50cette femme idéale
31:52avec qui il veut
31:54s'envoler
31:54dans un film rêvé
31:56et puis
31:56cette femme
31:57dans la vie
31:58avec qui il doit vivre
31:59alors
31:59l'imaginaire
31:59il est avec sa star
32:01alors
32:01je vais interroger
32:03Isabelle Nanty
32:04c'est que
32:04d'après l'interview
32:05que j'ai lue
32:05des producteurs
32:06c'est là où
32:22les deux comédiennes
32:23se superposaient
32:24parce que ce n'était pas
32:24possible ensemble
32:25qu'est-ce qui s'est passé
32:26là
32:26il y a rien que la vérité
32:27toute la vérité
32:28dites je le jure
32:30non moi j'ai tourné
32:31la dernière semaine
32:33sur les six semaines
32:34j'ai tourné
32:34la dernière semaine
32:35je suis arrivée
32:37de vacances
32:37et je ne savais même pas
32:40que j'allais tourner
32:40dans ce film
32:41et Huster m'a dit
32:42tu tournes demain
32:44et il a fait exprès
32:45pour que je n'ai pas
32:46le temps
32:46de préparer
32:47quelque chose
32:48comme
32:49une espèce de
32:50cabotinage
32:50de comédienne
32:51que je sois le plus près
32:52possible de la vie
32:53que je ne prémédite rien
32:56vous êtes son élève
32:57vous avez travaillé
32:57au cours Florent
32:58avec lui
32:58oui
32:59vous avez beaucoup
33:00souffert Isabelle
33:01moi je m'en vais
33:03vous avez beaucoup
33:04souffert non
33:05c'est pas facile
33:05non
33:07on ne souffre pas du tout
33:08c'est les plus belles années
33:10je pense que
33:11pour tout le monde
33:12pour tous les acteurs
33:13c'est souvent comme ça
33:14quand je les vois
33:15eux ils parlent toujours
33:16de leurs années
33:16de conservatoire
33:17c'est des années
33:18qu'on n'oublie jamais
33:19parce que c'est
33:20une émotion
33:23permanente
33:23pendant deux ans
33:25c'est quelque chose
33:25qui ne s'explique pas
33:26ça se respire
33:27vous savez tout faire
33:27vous savez chanter
33:28danser des claquettes
33:29vous parlez le russe
33:30le norvégien
33:31c'est Huster qui raconte ça
33:32oui il raconte toujours
33:33beaucoup de choses
33:34parle norvégien
33:36si il parle norvégien
33:37moi j'ai fait l'anglais aussi
33:38tu peux parler norvégien
33:39elle va faire autre chose
33:40elle va parler français
33:40parce qu'il faut
33:41ce qu'il faut souligner
33:42dans ce film
33:42c'est qu'il y a vraiment
33:43des dialogues superbes
33:45Isabelle
33:46votre diction étant meilleure
33:47que la mienne
33:48et votre intonation
33:49sans doute
33:49je vais vous demander
33:49de lire un bref extrait
33:51des dialogues du film
33:51c'est d'ailleurs une scène
33:53que vous avez
33:54avec Francis
33:55malheureusement
33:55on n'a pas l'extrait
33:56parce que vous n'étiez pas
33:57prévu au programme
33:58on nous a annoncé
33:58très tardivement
33:59votre venue
34:00nous sommes hors de nos studios
34:02mais vous en faites pas
34:03je trouverais bien
34:03le moyen de la passer
34:04cette scène
34:04en robe de mariée
34:05si vous voulez nous donner
34:06un petit aperçu
34:07des dialogues
34:09tu l'as dit avec moi
34:10non non non
34:11bon alors Huster me dit
34:12tu t'appelles comment
34:14et je réponds
34:16Johnny tu veux me faire
34:17avec moi
34:18oh si tu veux
34:18c'est la réplique
34:22je joue quoi
34:23elle la connait par coeur
34:24la réplique
34:25moi je la connais pas par coeur
34:26ça démarre
34:27bon alors
34:29tu t'appelles comment
34:30je m'appelle pas
34:31je veux quand même
34:32je vais t'appeler Suzette
34:34ça fait crêpe
34:36tu les aimes à quoi ?
34:37au sucre
34:38bah sucre et Suzette
34:40ça va bien l'ensemble
34:42pourquoi que je t'aime
34:43je comprends pas
34:44pourquoi tu m'aimerais pas ?
34:46parce que je suis venue
34:47à ce mariage
34:48avec mon mec Yvan
34:50c'est lequel ton mec ?
34:51c'est celui qui va
34:52te casser la gueule
34:54il est boxeur ?
34:55non il est jaloux
34:57il dit que je ressemble
34:58à un tableau de Renoir
35:00t'aimes pas la péture ?
35:01t'aimes pas la péture ?
35:03ah pardon
35:04c'est pas mal
35:05c'est pas mal
35:06non
35:06on entend pas le murmure
35:08des arbres
35:09quand le vent passe dedans
35:12c'est pas mal
35:14c'est peut-être frire comme ça
35:15quand on va travailler ensemble
35:16ah ok
35:16ah bon ?
35:18je me fais souffrir moi aussi
35:19c'est très dur
35:20c'est un peu comme les boxeurs
35:22c'est à dire
35:23c'est drôle
35:24ce qui est étonnant
35:25prenons par exemple
35:26les danseurs
35:27on a toujours l'impression
35:28que les danseurs
35:29sont la grâce
35:31que c'est facile
35:32que c'est le don
35:32que c'est le temps
35:33c'est des centaines de centaines d'heures
35:35terribles
35:36de souffrance
35:37de travail
35:38pour justement
35:39arriver à faire croire
35:41que c'est facile
35:42pareil pour les sportifs
35:44c'est très dur
35:45on peut pas un métier facile
35:46alors Isabelle
35:47vous l'avez repéré tout de suite
35:48dans la classe Francis
35:49oui parce que
35:50elle est étonnante
35:51c'est extraordinaire
35:52dans le film
35:52vraiment
35:52je dirais même
35:54qu'elle fait jeu égal avec dalle
35:55et quand je dis jeu égal
35:56je suis gentil
35:57pour Béatrice
35:58que j'aime beaucoup
35:59non elle est formidable
36:00c'est à dire que chacune
36:01a ses propres qualités
36:03Béatrice c'est la présence
36:06cette espèce d'instinct animal
36:07et puis Isabelle c'est une humanité
36:10un déchirement
36:11elle a une qualité extraordinaire
36:12ils ont d'ailleurs tous les deux
36:14la même qualité
36:15c'est le regard
36:16ils ont un regard
36:18qui est clair
36:19et qui peut avoir
36:20une force terrible
36:21tout d'un coup
36:22et une charge d'émotion
36:24formidable
36:25qui craque
36:25comme un nuage
36:27elle est dans Richard III
36:27oui
36:29elle joue le rôle
36:30d'un homme dans Richard III
36:31ça va Isabelle
36:32alors ça roule
36:32ça marche
36:32je suis très heureuse
36:34de jouer
36:35surtout dans Richard III
36:37et je joue le rôle
36:38du duc Dior
36:39qui se fait zigouiller
36:40par Richard
36:41au premier acte
36:42non un peu plus tard
36:43assez vite
36:43assez vite
36:44c'est mon seul regret
36:46mais je suis très très heureuse
36:47parce que ça va être
36:47un super spectacle
36:50et puis un super rôle
36:51pour Huster
36:53mauvaise bronchie Johnny
36:54attention
36:56moi j'ai attrapé froid
36:57à Boryaz
36:57ah ouais
36:58bah il fait chaud aussi
36:59tout à l'heure Isabelle disait
37:01qu'elle faisait plus de ski
37:01parce qu'elle avait froid aux pieds
37:02mais on lui a offert
37:03je sais pas combien de paires de chaussons
37:04depuis qu'elle était arrivée
37:04j'ai rencontré plein de gens
37:06qui m'ont proposé de m'équiper
37:08un petit peu d'eau
37:09pour monsieur Hallyday
37:10s'il vous plaît
37:10pour que ça tout passe
37:11Francis
37:11cela dit
37:12j'ai dit dialogue très brillant
37:13mais c'est fou quand même
37:15quel dialogue désespéré
37:17quelque part surtout
37:18sur cette société
37:20dans laquelle on vit
37:21sur les choses de la vie
37:22je n'imaginais pas
37:24que
37:24que vous soyez
37:25si
37:26si pessimiste
37:31vous savez
37:32il se passe tellement de choses
37:33en ce moment
37:36qui sont
37:37très dures
37:38à supporter
37:40il y a une espèce
37:41de peur générale
37:41qui s'installe
37:42et qui fait d'ailleurs
37:43que la saison cinématographique
37:45comme la saison théâtrale
37:47a été très dure
37:49c'est vrai que
37:50pour l'instant
37:51tous les gens
37:51qui essayent
37:52de distraire le public
37:55soit par le comique
37:56soit par
37:57des films
37:59disons entre guillemets
38:00artistiques
38:01ou un peu plus durs
38:02bon ben
38:02dans toutes les catégories
38:04tout le monde
38:05est obligé
38:05de se serrer les coudes
38:06ça va très mal
38:07ça va très mal
38:08les gens
38:08ne sortent plus
38:10comme avant
38:11et il faut absolument
38:12que le public
38:13pour une fois
38:15ait confiance
38:16et retourne
38:18vite vite vite
38:18au spectacle
38:20parce que sinon
38:21ça va avoir
38:22des répercussions
38:23sur plusieurs années
38:24et peut-être que là
38:26ça sera difficile
38:27de défendre
38:28le cinéma français
38:30qui était déjà
38:32assez fragile
38:32et
38:34j'espère que les gens
38:36comprendront
38:36que
38:37notamment aussi
38:38de la part
38:38des critiques
38:40professionnelles
38:41qu'il faut redonner
38:43du
38:43il faut redonner
38:44au public
38:44l'envie
38:45de sortir
38:46de chez lui
38:47et de pas seulement
38:50regarder la télévision
38:51vous pensez que la critique
38:52porte une part
38:52de responsabilité ?
38:54pas du tout
38:54dans le sens
38:55de dire
38:55un film est bon
38:56ou un film est mauvais
38:58par exemple
38:58ce film
39:00comme le film de Johnny
39:01il y a les critiques
39:02violemment pour
39:03violemment contre
39:03la critique est toujours
39:04partagée
39:05heureusement
39:06mais c'est simplement
39:06dans le sens
39:07de dire au public
39:08voilà
39:09le style de film
39:11qui vous correspond
39:12à vos publics
39:13je trouve que la critique
39:14devrait
39:15bien aiguiller
39:16le spectateur
39:17pour dire
39:17voilà le style
39:18de ce film
39:18voilà le genre
39:19et puis en plus
39:20du genre
39:20voilà mon opinion
39:21je suis pour
39:22ou je suis contre
39:22mais en tout cas
39:23il ne faut pas
39:23décourager les gens
39:24d'aller ni au théâtre
39:26ni au cinéma
39:26ni au musical
39:27parce que sinon
39:28c'est toute la profession
39:29qui en pâtira
39:29bien sûr
39:30et quelque part
39:31toute la joie de vivre
39:32aussi d'une société
39:33il y a aussi une chose
39:34quand même
39:34qu'il faut le dire
39:35c'est qu'à une certaine époque
39:37les gens
39:38sortaient
39:40même moi
39:41moi quand j'allais au cinéma
39:42je ne choisissais pas
39:44à l'époque
39:45vraiment le film
39:46que j'allais voir
39:46j'avais des idoles
39:48j'avais des acteurs favoris
39:50je me disais
39:51bon
39:52je vais au cinéma
39:53je vais
39:54pendant bon
39:55Paris
39:56je traîne
39:57sur les Champs-Elysées
39:58je rentre au cinéma
39:59je vais voir un film
40:00j'allais au cinéma
40:01pour aller au cinéma
40:02maintenant il est exact
40:04bon
40:04que de toute façon
40:06quand les gens
40:07font une sortie
40:11les gens se disent
40:11je sors
40:12et je vais voir tel film
40:14ou je vais voir tel spectacle
40:16ou je vais voir
40:17telle pièce de théâtre
40:18les gens ne se disent pas
40:19je vais au cinéma
40:21ils se disent
40:21je vais voir
40:22je sors
40:22parce que je vais voir tel film
40:24ce qui a énormément changé
40:26avec avant
40:27parce qu'avant
40:28bon les gens
40:28allaient au cinéma
40:29pour aller au cinéma
40:30pour voir
40:31c'est à dire qu'à une certaine époque
40:33tous les films marchaient
40:35plus ou moins
40:35il y avait des films
40:35qui marchaient mieux
40:36que d'autres
40:37mais tous les films marchaient
40:38maintenant il y a des films
40:40qui se tapent
40:41il faut bien le dire
40:41d'énormes bides
40:44et pas les plus mauvais
40:45même des bons films
40:46c'est vrai
40:47et il y a des autres films
40:48qui font des entrées
40:51fulgurantes
40:51bon
40:52voilà
40:54Francis Huster
40:55vous êtes vraiment
40:55un saltimban
40:56vous au sens
40:56très général du terme
40:57bon c'est vrai
40:58est-ce que vous vivez pas
41:00sur un bateau
41:01non ?
41:02il y avait une légende
41:03qui corralait
41:04vous n'aviez pas
41:04de domicile fixe
41:05ah oui ça c'est vrai
41:06toujours pas ?
41:06non toujours pas
41:08non non
41:08j'ai pas de domicile fixe
41:09et puis
41:10c'est vrai aussi
41:11par exemple là
41:12en ce moment
41:12là je couche dans une loge
41:15au théâtre du rond-point
41:16chez Madeleine Renaud
41:17et Jean-Luc Barreau
41:18en bas des Champs-Elysées
41:20et je répète
41:22et je travaille là-bas
41:22et je vis vraiment
41:23je t'assure
41:24chez moi j'ai trois chambres
41:25il y en a une pour toi
41:26quand tu veux
41:26et ça correspond
41:27à quelle nécessité
41:29de ne pas avoir
41:29un ancrage ferme
41:30pour vous ?
41:31c'est à dire
41:31que j'ai malheureusement
41:33pas le temps
41:33d'avoir une vie
41:34de famille
41:36et je me donne
41:37complètement
41:37à chaque fois
41:38au rôle
41:39et pendant
41:40les deux ou trois mois
41:41de répétition
41:42ou de préparation
41:43de film
41:43j'essaye de vivre
41:44un peu comme le personnage
41:46j'essaye de
41:48vraiment
41:48de m'emplir
41:49de quelque chose
41:50et d'être totalement
41:52à ce que je fais
41:53alors je ne me vois pas
41:54si vous voulez
41:54rentrer à telle heure
41:56m'asseoir
41:56pour dîner
41:57pour parler
41:58alors ma vie
41:59est un peu bizarre
42:01bancale
42:01mais c'est un métier
42:03tellement extraordinaire
42:03que quand on a la chance
42:04de le faire
42:06on n'a pas le droit
42:07de ne pas se défoncer
42:08il faut tout faire
42:09pour qu'un maximum
42:11de jeunes
42:11puissent faire ce métier
42:13parce que c'est vrai
42:14regardez
42:15il y a six
42:16sept
42:17je ne sais plus combien
42:18de chaînes de télévision
42:19et le public
42:20il a besoin d'acteurs
42:22il a besoin de gens
42:23qui font cette profession
42:24il a besoin des techniciens
42:25qui sont là
42:25en face de nous
42:26donc il faut traiter
42:27les techniciens
42:28les acteurs
42:28et tous ces gens
42:29qui distraient le public
42:30au moins trois
42:31ou quatre heures
42:32ou six heures
42:32de télévision par jour
42:33à la hauteur
42:34d'autres professions
42:37ce sont vraiment
42:39des professions
42:39qui sont
42:41d'utilité publique
42:42au même titre
42:43que les pharmaciens
42:44les docteurs
42:45les chirurgiens
42:46les bouchers
42:47les pâtissiers
42:48alors il faut maintenant
42:50que dans les familles
42:51les parents
42:52acceptent que leurs enfants
42:53fassent ce métier
42:54d'ailleurs
42:54Johnny qui a été
42:57un des premiers
42:59sinon la première idole
43:01des jeunes
43:01il sait très bien
43:02que quand il a commencé
43:03c'est une époque
43:05où les parents
43:06ils cognaient leurs enfants
43:07si vous voulez faire ce métier
43:09et maintenant
43:10ça fait très bien
43:10de faire de la chanson
43:12c'est pas vrai ?
43:14c'est formidable
43:15quand même
43:16comme ça
43:16de vivre
43:16alors des brosses à dents
43:17un peu de partout
43:18des habits ici ou là
43:19une loge au théâtre
43:20pour dormir
43:20etc
43:20vous êtes rentré
43:21quand même
43:21dans ce métier
43:22comme on rentre en religion
43:22il n'y a pas de doute
43:24ah oui
43:24complètement
43:25ah oui
43:25c'est-à-dire que maintenant
43:26c'est beaucoup plus admis
43:27qu'avant aussi
43:28oui
43:28c'est-à-dire qu'avant
43:31le métier de comédien
43:32le métier de chanteur
43:32n'était pas
43:33n'était pas considéré
43:35comme un métier
43:35voilà exactement
43:36alors que maintenant
43:37bon ben c'est évident
43:38que c'est un métier
43:39il y a tellement de mômes
43:41il y a tellement même
43:42bon
43:43des gens qui
43:44qui considèrent
43:45que c'est un art
43:46que c'est un métier
43:47c'est comme être écrivain
43:49c'est comme être peintre
43:50c'est comme même
43:51je veux dire
43:51c'était pas
43:52même les peintres
43:53et les écrivains
43:54n'étaient pas considérés
43:54comme des métiers
43:58ben tant mieux
43:59parce que
44:00vraiment beaucoup
44:00ben tant mieux
44:01parce que quand même
44:02quand on voit
44:03les injustices
44:04par exemple
44:04qu'il existe dans le sport
44:06ou
44:07ou l'équipe suisse gagne
44:08et pas l'équipe de France
44:09non ça c'est pas une injustice
44:10ils ont gagné
44:11ce qu'ils appellent
44:11le plus fort
44:13mais par exemple
44:14on voit que les joueurs
44:15de tennis
44:15sont milliardaires
44:17je crois
44:17bon et puis
44:18les joueurs de football
44:19tout d'un coup
44:20des prix faramineux
44:21et puis que pendant ce temps là
44:22ceux qui font du cyclisme
44:23ou du rugby
44:23ou de l'athlétisme
44:24ils se défoncent autant
44:25et puis ils font ça
44:27à d'autres conditions
44:28bon mais
44:29ils sont respectés
44:30maintenant les sportifs
44:31parce que tout le monde
44:31a compris que c'était
44:32un véritable métier
44:33d'être athlète
44:34et les sportifs
44:35n'étaient pas considérés
44:35comme un métier non plus
44:36oui c'est vrai
44:37et je crois qu'avec la vie
44:40qui nous attend
44:41avec les drames
44:43que ce soit
44:44le sida
44:45que ce soit
44:46alors je me réunis
44:48tout ce qui peut se passer
44:50quand on a la chance
44:51de faire ce métier
44:52il faut s'y donner à fond
44:54ce que vous faites
44:54les uns et les autres
44:55alors j'avais promis
44:56une surprise pour chacun
44:57il y a eu celle de Francis
44:58on va pas laisser Johnny en reste
45:00c'est une vieille histoire Johnny
45:01moi je m'en vais
45:02non non non
45:03oh c'est Julie
45:03un chantager honté
45:04depuis le début de l'émission
45:07de partir
45:08moi j'ai rendez-vous
45:09avec Bernard Grobel
45:10mais tu vas pas le manquer
45:12regarde bien
45:12c'était il y a 20 ans
45:15Claude Goreta
45:16l'un de nos
45:16grands réalisateurs suisses
45:17avait fait un portrait de toi
45:19je te propose
45:19d'en avoir une séquence
45:45moi je les écoute
45:46moi je les écoute
45:54je te dirai
45:57je te dirai
45:58tu te ressembles au mec
45:58d'ailleurs
45:58c'est exactement ce que j'ai dit
46:00là de ça
46:02tu prendras l'avenir
46:05comme il reviendra
46:06si tu veux
46:08il sera pour toi
46:13Dans les bras, au bord de l'incertitude
46:19Qu'il y a au plus profond de ta solitude
46:31Mais ce chien qui hurle au silence de la nuit
46:40Ton cœur trop serré a envie d'exploser
46:44À la face d'un monde résigné
46:51Tes yeux affaiblés par l'enfant se frompait
46:56S'opérant sur la vérité
47:02Ta génération en veut à la terre entière
47:11Mais le long des routes, ils ne trouvent que la misère
47:19Mais tes doigts sont en main et sur ta guitare
47:25Tu joueras pour sortir du noir
47:30Et devant les rivières de la célébrité
47:35Tu pourras faire prier le nom
47:40Que ton père t'a donné
47:44Que ton père t'a donné
48:031967
48:051967
48:06C'était un très beau portrait qu'avait fait Goreta
48:08Vous vous souvenez de ça, non ?
48:10Tu te souviens, je ne sais plus où on en est
48:12Non, on se tutoie
48:13Oui, oui
48:17Loin, loin, loin
48:18C'est loin
48:19On te fera une cassette
48:20On te fera une cassette un jour là
48:21Pour les sourire
48:24Mais d'après ce que j'ai pu voir
48:25Oui, ça se passait dans la salle de répétition de l'Olympia
48:29À Paris
48:30Oui, on va demander à Raymond Bouillabaud
48:31Qui était assistant de Goreta à l'époque
48:33Si ça se passait vraiment là, je ne sais pas
48:34Je pense, hein
48:35Alors maintenant, messieurs
48:37Bon, je sais que toi, tu prends des vacances
48:39Ça, c'est sûr
48:40Moi, je prends
48:40Je sais même où, mais on ne va pas le dire
48:42Moi, je prends deux mois de vacances
48:43Oui
48:44Je ne veux pas parler de travail du tout
48:46Pendant deux mois
48:47Parce que là, je suis fatigué
48:48Ça fait deux ans que je n'ai pas pris de vacances
48:51Et j'ai besoin de vacances
48:52Alors, bonnes vacances
48:54Le roman de Goody's, là, qui était un petit peu en projet
48:57Avec Guy Marchand
48:58Ton copain Guy Marchand
48:59Qu'on a oublié de citer comme carrière au cinéma aussi
49:01Bien sûr, oui, Guy Marchand est un acteur
49:04En plus, est un acteur que je considère formidable
49:07C'est vrai
49:08Pour moi, il fait partie des très très bons acteurs français
49:12Pour l'instant, non, je ne fais rien
49:14De faire rien
49:15Francis, c'est Richard 3, Isabelle aussi
49:16Donc, la première est quand ?
49:18La première de Richard 3, c'est le 2 mars
49:21Au Théâtre du Rompour
49:22Déjà, j'y ferai
49:23Oui
49:23Donc, déjà, je ne serai pas en raccord
49:26Je me faufilerai aussi derrière un petit strap portable
49:28Pour avoir une répétition
49:29Quand même, ça ne doit pas être...
49:31On peut ?
49:31Bien sûr
49:33Ça, ça va être très bien
49:34Merci à tous les trois
49:36Merci
49:37Ce n'est qu'un au revoir
49:39Francis, tout de même, on va bien vous trouver un appartement en Suisse
49:42Vous n'allez pas continuer de vivre
49:43Non, mais il y a une chambre chez moi
49:44Quand tu veux
49:46D'abord, il faudra travailler la comédie comme ça
49:47Ce sera très bien
49:48Il est chauffé au moins ce théâtre, cette loge, oui
49:50Oui, bien sûr
49:51Parce que par moins 15...
49:52Il est chauffé
49:53Puis demain aussi, ça va chauffer
49:54Qu'est-ce que c'est demain sur les pistes ?
49:56C'est quoi ?
49:57Demain, je crois
49:57C'est le G1 ou c'est le spécial ?
49:59C'est les dames ?
50:00Ah oui, d'accord
50:01Vous êtes passionnés, hein ?
50:03Johnny va skier aussi, il skie, oui
50:05Moi, je skie, oui
50:06Oui, bien, préparez-vous pour Albertville, mes enfants
50:08Là, il y a intérêt à mettre un paquet, hein ?
50:11Bon, sans vouloir vous faire de la peine
50:13Alors, je voudrais signaler...
50:15Je voudrais signaler, il y a beaucoup d'efforts qui se font ici, dans les petites villes
50:17Vous savez, vous signaliez, Francis, combien c'était important que les gens sortent, aillent au spectacle, etc
50:23Une animation cinématographique se fait dans plusieurs villes de Suisse romande
50:27Et notamment à Martigny, au Casino
50:30Cinéma, où au Cinéma Pointu, on présente plusieurs films
50:33Et deux films par soirée
50:36Ce qui est important
50:37Alors, on peut...
50:39La première projection est à 19h30
50:41Et la seconde projection est à 22h
50:44Alors, il y a une formule d'abonnement
50:46On peut avoir quatre soirées, donc huit films pour 50 francs
50:49Ça, c'est formidable
50:50Donc, c'est au cinéma, au Casino à Martigny
50:54Voilà
50:55On va se quitter la semaine prochaine
50:57Spécial Cinéma, qu'est-ce qu'on fait la semaine prochaine ?
51:00Dans ses altitudes, moi je vais...
51:01On revient ?
51:02Ah ben oui, la semaine prochaine
51:04La semaine prochaine, c'est Bougenat qui vient
51:07C'est le millionnaire du couffin
51:10Il sera accompagné de son camarade en Conina
51:12Et il sera surveillé par le maître de Gérard Roury
51:15Et de quoi allons-nous parler, je vous le demande ?
51:17De nos films ?
51:18Eh ben, d'un cinéma, d'un début de Goliath
51:19Et quel film allons-nous passer, Dira Roury ?
51:22Le Corneau
51:23Non, ben quand même
51:24Rabbi Jacob
51:25Non, on l'a passé
51:26Ah bon, alors
51:29La folie des grandeurs
51:30Non, la carapate
51:32La carapate
51:34Ah ben voilà
51:35Et puis quand même, quand même, pour tous ceux qui vont regretter
51:38Peut-être pendant quelques temps de ne pas voir Johnny
51:40Voici Johnny, mais cette fois-ci, version 87
51:43Merci d'être resté en notre compagnie pour vous distraire et vous informer
51:46Merci à nos invités, bonsoir
51:48Merci à nos invités, bonsoir
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