00:00Pour un mois de juin, la France pourrait connaître la journée la plus chaude de son histoire depuis qu'il
00:04y a des relevés météo.
00:06Nos organismes vont connaître des heures difficiles.
00:09Alors pour nous aider à faire face, on reçoit ce matin un médecin breton, Thierry Labarthe, président de l'Union
00:14régionale des médecins libéraux de Bretagne.
00:16Bonjour docteur Labarthe.
00:18Bonjour à tous.
00:18Alors on pense toujours aux personnes fragiles lors de ces épisodes de canicule, mais là avec cette vigilance rouge,
00:24cela veut dire que tout le monde va souffrir de la chaleur, nos organismes vont être mis à rude épreuve,
00:30c'est ça ?
00:30Le résumé est là, les organismes sont mis à rude épreuve, alors évidemment plus particulièrement les gens qui ne savent
00:34pas thermoréguler,
00:35comme les nourrissons qui ont une immaturité, et puis les personnes évidemment fragiles, on parle des personnes âgées,
00:42alors en établissement ou chez elles, et puis les patients en situation de lourd handicap qui n'ont pas la
00:46capacité eux-mêmes de pouvoir agir,
00:48comme nous on peut le faire avec brumisateurs, s'éventer ou boire quand la soif se fait sentir.
00:54Alors justement, quand la soif se fait sentir seulement, on doit boire, ou est-ce qu'il faut boire un
00:58petit peu, je ne sais pas, toutes les heures, se mettre une alerte par exemple ?
01:02Oui, il faut boire tout le temps et surtout quand on n'a pas soif, et je pense que c
01:06'est là où il faut bien réexpliquer que d'abord il y a certains types de pathologies,
01:10il ne faut pas se surhydrater non plus, mais je pense qu'il faut boire régulièrement.
01:14On n'oublie pas de dire que les personnes âgées souvent ont une perte de justement cette envie de boire,
01:20donc c'est là où c'est dangereux, c'est quand les gens n'ont plus cette capacité de s
01:23'adapter,
01:23c'est-à-dire que je crois le maître mot de la journée et de ces jours qui viennent, c
01:26'est évidemment l'adaptabilité à cette situation aujourd'hui exceptionnelle,
01:31mais que les météorologues nous disent évidemment de plus en plus fréquente,
01:35et je pense que dans les pays qui ont cette chaleur, les gens s'adaptent sur le long terme,
01:38nous évidemment c'est des focales de 3, 4, 5 jours un peu fort, et puis après, on oublie.
01:45Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre pour se préserver avec cette chaleur, cette canicule ?
01:50Je crois qu'il y a trois types de patients, effectivement les patients les plus fragiles,
01:53avec des gens formés au plus près d'eux pour justement les protéger,
01:58il y a les patients avec des prises de médicaments,
02:01et qu'il faut parfois adapter, les diurétiques, les traitements pour l'attention,
02:05les traitements psychotropes, qui nécessitent parfois des adaptations,
02:08car ils peuvent gêner la thermorégulation, et puis ils peuvent aussi favoriser la déshydratation.
02:17Quels sont les dangers, docteur Thierry Labarte, avec cette canicule ?
02:21Qu'est-ce qu'on risque concrètement ?
02:23Justement, pour certains, de ne pas savoir adapter par manque d'émission,
02:27de réception de ces signaux d'alerte, qui sont évidemment perceptibles
02:32pour les patients les plus fragiles par les équipes qui les entourent,
02:35et puis qu'est-ce que nous risquons ?
02:36C'est souvent les coups de chaleur, donc c'est là où justement il est dit et redit
02:39qu'il faut savoir par moments se mettre au frais, se mettre à l'ombre,
02:42peut-être vivre un peu slow, un peu doucement en ce moment,
02:46prendre le temps de vivre, ne pas courir,
02:47et puis moi je pense aussi à toutes ces personnes qui parfois sont inconscientes,
02:51aujourd'hui c'est vrai que c'est sympa, il fait beau, il y a des terrasses, il y a
02:53la coupe du monde,
02:55mais je crois qu'aussi on ne court pas à 14h l'après-midi en pleine chaleur,
02:59je crois que c'est aussi tout ça, on ne se balade pas avec son bébé dans une voiture non
03:01climatisée,
03:03il y a des choses quand même toutes simples,
03:04quand on n'a pas nécessité de le faire, en gros c'est restons un peu planqués quand c'est
03:09possible,
03:10et on pense évidemment à ceux qui travaillent et qui eux ne peuvent pas forcément le faire.
03:14Cet épisode caniculaire nous rappelle celui d'août 2003,
03:19je vous rappelle que 15 000 personnes étaient mortes en France à cause de la canicule,
03:23qu'est-ce qui a changé en termes médicaux, dans votre profession par exemple docteur Labarde,
03:28depuis cette canicule de 2003, qu'est-ce qui a évolué peut-être dans vos pratiques ?
03:31Il est connu de tous qu'évidemment il y a une surmortalité importante pendant les périodes de forte chaleur,
03:37donc mortalité veut bien dire quelque chose,
03:39et puis je crois qu'il y a dans des établissements pour personnes âgées,
03:45de nombreuses salles climatisées qui existent,
03:46qui permettent justement ces zones de repli,
03:48où le corps humain peut aussi souffler, se reposer,
03:51je crois que les équipes ont été de mieux en mieux formées,
03:53les vessies de glace, les poches de glace, le froid sur le cou, sur l'aine, sur les bras,
04:00parce qu'on sait qu'il y a des gens qui restent halités quand même aussi une partie de la
04:02journée,
04:03donc ça c'est extrêmement important l'information,
04:05et puis sûrement prévenir sûrement sur la solidarité autour des personnes les plus vulnérables,
04:10par les équipes sociales ou les équipes soignantes,
04:14et ça je crois que c'est extrêmement important,
04:16et puis parfois perfuser en sous-cutané des gens qui ne peuvent pas s'hydrater facilement,
04:21pour justement prévenir ce risque de déshydratation majeure.
04:24Pour vous et vos collègues médecins libéraux de Bretagne,
04:26ça veut dire plus d'activité ces prochains jours, vous pensez ?
04:29Ou au contraire tout le monde va vouloir rester chez soi, peut-être à l'abri ?
04:32Alors voilà, c'est tout et rien, mais souvent c'est évidemment des conseils, des appels,
04:34et puis c'est les patients les plus fragiles,
04:36et de savoir dépister aussi au milieu de tous ces symptômes,
04:38c'est toujours l'enquête du médecin,
04:40savoir ce qui fait partie de ce qui va être lié ou aggravé par la chaleur,
04:43de ce que sont des symptômes évidemment qui vont nécessiter des prises en charge spécifiques.
04:48Et bien merci beaucoup docteur Thierry Labarde d'avoir été en direct ce matin avec nous sur ICI Armorik,
04:52vous êtes délégué, non pardon, président de l'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne.
05:00Merci à vous, bonne journée.
05:05Et on continue de vous écouter ce matin au 02 99 67 35 35,
05:11dans quelques instants on sera avec Eric qui a une petite astuce pour rester au frais,
05:15si vous aussi vous en avez des astuces,
05:17venez nous les donner pour garder un peu de fraîcheur à la maison,
05:20si vous avez adapté un peu votre rythme de travail,
05:23si vous avez changé vos habitudes pour garder les enfants à la maison,
05:26parce qu'il n'y a pas d'école par exemple,
05:27on a envie de le savoir, on partage votre quotidien même quand il est compliqué,
05:31comme c'est le cas aujourd'hui.
05:3302 99 67 35 35,
05:36et d'un coup la température corporelle de Justine Sauvage va encore grimper de quelques degrés.
05:41C'est pas gentil de me faire ça aujourd'hui.
05:42C'est Julien Doré, et ça lui fait toujours un petit truc.
05:45Voilà, 42 ça va pas du tout madame.
05:48Et ventez-vous, je vous en supplie.
05:49On va au lac, ça va.