- 2 days ago
Après une matinée de mentorat réunissant cent femmes de la tech et cent étudiantes ou femmes en reconversion, cette session, soutenue par la Caisse des dépôts, s'ouvre avec Catherine Mayenobe, Directrice générale déléguée. Deux conversations intergénérationnelles suivent. La première explore l'e-sport et le monde des applications : Lou Henguelle raconte comment s'imposer dans des secteurs qui ne vous attendaient pas. La seconde interroge l'intelligence artificielle : Chloé Hermary pose la question de qui construit cette révolution, et pour qui. Fil conducteur : la place des femmes, non plus en marge, mais au cœur des industries qui façonnent le monde.
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00:21Bonjour, je m'appelle Catherine Maillenoble, je représente le groupe Caisse des dépôts,
00:25qui est un groupe qui compte maintenant 200 ans d'existence au service de l'intérêt général,
00:31un groupe de plus de 300 000 collaboratrices et collaborateurs avec la poste BPI France et plein d'autres entités.
00:40Je suis là pour accompagner au nom du groupe Caisse des dépôts une superbe initiative de VivaTech,
00:46qui est l'initiative 100 plus 100, qui vient de se dérouler ce matin, avec une opération par laquelle on
00:54a accompagné,
00:56organisé des mentorats pour une centaine de jeunes femmes.
01:01J'aimerais profiter de cette occasion pour vous passer un message,
01:06en ma qualité de membre d'un comité exécutif majoritairement féminin,
01:12ce qui est une singularité dans le monde de la finance,
01:15et en ma qualité aussi de responsable de toutes les équipes en charge des systèmes d'information,
01:21c'est plus de 2000 personnes pour la seule Caisse des dépôts,
01:24pour vous dire, vous en tant que femme, deux choses.
01:28Tout d'abord, emparez-vous de la technologie,
01:31parce que quel que soit le métier, le parcours vers lequel vous vous orientez,
01:37vous aurez besoin de maîtriser la technologie,
01:40parce qu'aujourd'hui, la technologie, elle est partout,
01:42que ce soit dans les métiers de la santé, dans les métiers de l'éducation,
01:46dans la fonction publique, dans la finance.
01:50Donc considérez que maîtriser la part de la technologie qui est dans votre activité,
01:55ça vous permettra d'évoluer mieux, plus vite,
01:58dans vos entreprises et dans vos administrations respectives.
02:02Le deuxième message, c'est que la technologie,
02:06elle a besoin de nous, les femmes, de vous,
02:09quelle que soit la position dans laquelle vous allez rentrer dans le monde du travail,
02:14que vous soyez dans les équipes technologiques,
02:17que vous soyez manager, que vous soyez dirigeante demain.
02:20Pourquoi ? Parce qu'on s'aperçoit aujourd'hui,
02:23à l'ère de l'intelligence artificielle générative,
02:27de beaucoup de production de contenu,
02:29que toutes ces intelligences artificielles, elles ont des biais.
02:31Et il est extrêmement important pour nos sociétés, pour la défense de nos valeurs,
02:36pour la transmission de ce patrimoine à nos enfants,
02:41que nos systèmes d'information, ces langages, ils nous ressemblent.
02:45Et il est hors de question que nous, qui représentons la moitié de l'humanité,
02:51nous ne soyons pas à la manœuvre dans cette nouvelle phase de transformation qui sauverait nous.
02:56Donc, ce message, c'est celui de vous dire d'oser,
03:00comme je l'ai fait moi dans mon parcours professionnel,
03:02pour me mettre en risque régulièrement,
03:05y compris pour adresser des sujets parfois par trop technique, me disait-on.
03:12Osez, imposez-vous dans ce milieu-là.
03:15C'est un milieu dans lequel vous avez toute votre place.
03:18C'est à la fois un facteur de développement personnel et professionnel pour vous.
03:22C'est aussi, et là, c'est le groupe Caisse des dépôts qui parle,
03:26un facteur de compétitivité pour notre économie.
03:30On vient de s'associer à une tribune qui a été lancée au début du G7 à Evian
03:37par une ancienne ministre, Agnès Pannier-Runacher,
03:41et puis par Nanette Lafond du Tour,
03:43qui dit que tout ça, cette question de mobilisation des talents,
03:48c'est tout simplement une question de compétitivité.
03:51Il y a des rapports d'entités très sérieuses, comme McKinsey,
03:57qui chiffrent à pratiquement 10% de points supplémentaires du produit intérieur brut
04:02la marge de croissance qui est devant nous, pour peu que l'on fasse la parité.
04:07Donc, mesdames, vous avez toute votre place, et donc prenez-la.
04:12Je vais maintenant laisser la parole à des femmes inspirantes,
04:17qui sont, j'espère, tout autant de rôle-modèles pour chacune et chacun d'entre nous.
04:22Et donc, sans attendre, laissez la place pour les panels.
04:26Merci de votre attention, et puis bon vive à Tech.
04:48Bonjour à tous, bonjour à toutes surtout, mais c'est bien qu'il y ait des hommes aussi dans la
04:52salle,
04:53quand même, pour parler de parité et de femmes dans la tech.
04:55Je suis ravie d'être avec vous ce samedi.
04:58Merci d'être là, d'ailleurs, même si on est quand même vachement mieux à Vivatech que dehors.
05:02Et donc, je suis ravie d'animer cette session sur les femmes dans la tech.
05:06Et alors, tout de suite, j'appelle sur scène Karima Benabdelmalek et Lou Anguel.
05:24Merci à toutes les deux d'être avec nous à Vivatech ce samedi.
05:28Donc Karima, toi, tu es CEO, président de Happen, qui est une application de dating.
05:34Je suis sûre que beaucoup de gens connaissent dans la salle.
05:36Et Lou Anguel, tu es présentatrice, intervieweuse, commentatrice d'e-sport chez Webédia.
05:41Exactement, et dans les jeux vidéo, du coup.
05:44Merci à toutes les deux.
05:45Alors, vous êtes dans des milieux, on va dire, quand même assez masculins.
05:49On imagine quand même le patron d'appli plutôt un homme.
05:53On imagine que commentateur d'e-sport est plutôt un homme.
05:58Comment alors vous vous êtes dit, je vais quand même y aller dans cet univers,
06:02malgré que ce soit très masculin et que tous les vents étaient un peu contraires ?
06:05Alors, moi, effectivement, secteur des applications de rencontres, à l'origine aussi,
06:11beaucoup d'hommes fondateurs, créateurs d'applications de rencontres il y a dix ans.
06:17Maintenant, ça fait un moment que les applications de rencontres ont émergé.
06:21Et moi, c'est une opportunité qui s'est présentée à moi et que j'ai saisie,
06:28puisque j'ai intégré Happn en tant que directrice juridique,
06:33donc spécialisée dans la tech, dans la protection des données.
06:38Et donc, étant une start-up, j'ai très vite débordé de mes tâches.
06:45Et donc, d'où le fait que c'est important de sortir de sa zone de confort
06:50et de faire plus que ce pour quoi on est là.
06:53Et donc, c'est parce que je suis sortie de ma zone de confort et que j'ai débordé
06:57que très vite, j'ai pris des fonctions et des rôles qui n'étaient pas attitrés.
07:02Et très vite, je me suis sentie très à l'aise dans ces missions-là.
07:05Et c'est la raison pour laquelle je suis devenue CEO.
07:09C'est tout simplement parce que je suis devenue bras droit du précédent CEO
07:12et donc avec une capacité à reprendre quasiment tous les pans d'activité de la société.
07:19Donc, je dirais une opportunité et le fait d'avoir osé.
07:23Oui, moi, de mon côté, les jeux vidéo, ça a plutôt été une découverte pour le plaisir,
07:28en tout cas un hobby.
07:29Et je pense qu'on va dire notre pire ennemi en tant que femme
07:32dans des domaines qui sont dominés par le côté masculin.
07:36C'est l'autocensure, en fait, soi-même.
07:39On se dit qu'on n'a pas notre place d'être dans ce secteur-là
07:42parce qu'on n'a pas l'habitude de voir des femmes, des figures féminines, etc.
07:47Et moi, comme j'étais vraiment entourée de garçons dès le plus jeune âge,
07:50je revenais avec des bleus sur les genoux quand on allait jouer au football.
07:55J'avais tous mes copains de lycée qui jouaient aux jeux vidéo
07:57et c'est un peu eux qui m'ont introduite à cette pratique-là.
08:00Et j'ai l'impression, en tout cas en entendant plusieurs témoignages
08:04de femmes autour de moi dans ce secteur-là,
08:05qu'en fait, si on n'est pas introduite par un homme,
08:09que ce soit un frère, un papa, un ami, ce genre de choses,
08:13eh bien, en fait, on se censure beaucoup.
08:15Donc, moi, je suis assez reconnaissante à ce niveau-là.
08:18Maintenant, une fois qu'on y accède,
08:20donc une fois que j'étais dans ce domaine-là des jeux vidéo,
08:22j'ai eu forcément beaucoup de bâclages, de critiques.
08:26Pourquoi c'est une femme qui commente mon match
08:28alors que j'ai toujours eu l'habitude d'entendre des voix masculines ?
08:32Et ça, forcément, brique par brique,
08:34on se dit qu'on peut devenir compétente,
08:36qu'on va devenir compétente et qu'on ne peut pas s'arrêter à ça, je dirais.
08:39Tu disais que tu étais avocate,
08:42tu étais plutôt dans le domaine juridique à la base.
08:44Est-ce que, justement, le fait de ne pas avoir un parcours très tech,
08:47ça a été justement une singularité,
08:49ce qui fait que ça t'a apporté un peu,
08:51ça te donne un levier stratégique peut-être différent chez Appen ?
08:55Oui, alors c'est vrai que moi,
08:57étant avocate de formation et juriste dans la tech,
09:03j'ai tout de suite, quand j'ai repris la direction d'Appen,
09:06j'ai tout de suite instauré dans ma stratégie
09:10un positionnement très clair sur la protection de la vie privée
09:14des utilisateurs et des utilisatrices d'Appen,
09:17la protection de leurs données également,
09:20et donc j'ai positionné la confiance des femmes dans l'application
09:24au centre de la stratégie.
09:26Et donc je pense que mon parcours a fait une force,
09:29moi, dans le fait de diriger aujourd'hui
09:32une entreprise tech comme Appen,
09:34et j'en ai fait ma singularité,
09:37c'est-à-dire que c'est avec cette force-là
09:41qu'aujourd'hui on positionne l'entreprise sur le marché
09:45comme une plateforme de confiance
09:46où les célibataires peuvent faire des rencontres
09:49en toute sérénité, oui, complètement.
09:51Toi, c'est pareil, est-ce que tu as dû puiser
09:52un peu dans une sorte de singularité
09:55pour pouvoir un peu bousculer les codes très masculins de l'espoir ?
09:58Oui, comme vous l'entendez, j'ai une voix qui est assez grave,
10:01déjà, et je vais être honnête avec vous,
10:03ça aide beaucoup.
10:05Forcément, il y a aussi des codes à maîtriser et à connaître,
10:08et je pense que ça doit être plus ou moins pareil
10:10dans le domaine de la tech plus poussée,
10:13des applications, etc.
10:14Il y a des codes qui ont déjà été un peu établis,
10:16et en fait, si on veut se faire respecter,
10:18oui, on va faire évoluer ces codes-là,
10:20on va bousculer, on va être un petit peu l'exception
10:23qui ensuite va devenir la règle, en tout cas, j'espère.
10:26Mais au début, il faut apprendre à parler aussi
10:28les codes du milieu.
10:30Dans le domaine de l'esport,
10:31c'est adopter un vocabulaire,
10:34parler entre guillemets,
10:36et je n'aime pas forcément avoir cette binarité-là,
10:38mais parler comme un garçon
10:39quand on est sur des jeux vidéo,
10:42adopter un langage,
10:44adopter ces codes-là,
10:45et en fait, refuser d'être résumée à une femme,
10:49tout en étant fière d'en être une.
10:52Et je pense que c'est vraiment cet équilibre-là
10:54qui a été le plus dur à trouver pour moi
10:56ces dernières années,
10:58mais que j'ai commencé à pousser un petit peu plus.
11:00Et comment réagissent tes autres confrères ?
11:03Il y a des disparités dans les réactions, forcément.
11:07Il y a ceux qui s'opposent très frontalement.
11:09Qu'est-ce qu'elle fait là ?
11:10Qu'elle retourne à la cuisine ?
11:12Pourquoi elle commente les matchs ?
11:14Pourquoi elle est à la télé ?
11:15Alors que c'est des jeux vidéo,
11:16les jeux vidéo, c'est pour les mecs.
11:18Ça, des réactions quand même assez primitives,
11:20on en a beaucoup.
11:21Et je pense qu'il n'y a pas que le secteur des jeux vidéo
11:24qui est concerné par ça.
11:25Mais il y a aussi du mieux.
11:26Il y a aussi du mieux.
11:27Et il y a aussi des garçons qui,
11:30à travers leur sœur ou des amis,
11:33à eux qui ont plus ou moins des expériences
11:35dans les jeux vidéo,
11:36et ça ne s'est pas forcément très bien passé,
11:38se disent « Ah, en fait, c'est cool d'avoir une fille. »
11:42Ça apporte de la fraîcheur,
11:43ça apporte un regard qui est différent aussi,
11:45puisqu'il y a quand même une grosse spirale de validation
11:48forcément quand on n'est qu'entre mecs.
11:50Et c'est un peu ce côté fraîcheur-là
11:52que j'essaie aussi d'amener.
11:54Le fait d'avoir des femmes dirigeantes dans la tech
11:57et aussi dans les équipes très produits tech data,
12:01en quoi, justement, chez Happn,
12:02ça permet de créer peut-être des fonctionnalités
12:06peut-être qu'un homme n'aurait pas pensé faire ?
12:09C'est vrai que nous...
12:11Alors moi, j'ai 55% de mes effectifs.
12:16Ce sont des développeurs,
12:18donc des ingénieurs,
12:20des équipes produits et des équipes data.
12:24Donc data analyst, scientist, etc.
12:27Et c'est assez particulier,
12:29puisque nous, on est censés offrir un service
12:34qui doit parler aux femmes.
12:36Puisque sans les femmes,
12:38notre produit ne fonctionnerait pas.
12:40Et donc, les combats internes
12:42que l'on rencontre au quotidien,
12:44c'est justement cette contradiction,
12:46en fait, avec le fait qu'on a une population tech très masculine
12:50et la nécessité d'avoir un produit qui parle aux femmes.
12:53Et donc, d'abord, le fait d'avoir une femme dirigeante
12:57comme moi à la tête d'une application de rencontre,
13:00ça joue beaucoup,
13:01parce que ça positionne déjà la stratégie de l'entreprise
13:04tournée vers les femmes, d'une part.
13:06Et ensuite, j'ai quelques femmes dans mes équipes,
13:11justement, qui me permettent, en tout cas,
13:13de créer cette balance
13:14entre le côté très masculin
13:18et versus ce qu'on doit apporter
13:21en fonctionnalité pour les femmes.
13:23Et donc, c'est vrai qu'on a des discussions
13:26très houleuses autour de fonctionnalités.
13:28Je vous donne un très petit exemple
13:30dans les applications de rencontres.
13:32On a souvent un ratio homme-femme
13:34qui n'est pas le même.
13:36Et donc, on a un sujet autour, par exemple,
13:38de la sur-sollicitation des femmes
13:41via la messagerie.
13:42Donc, par exemple,
13:42quand vous allez vous inscrire
13:43sur une application de rencontre,
13:45il y a de fortes chances
13:46que vous allez recevoir
13:47beaucoup de messages très vite,
13:49ce qui n'est pas l'expérience vécue par les hommes.
13:52Donc, quand on travaille sur les fonctionnalités,
13:56les hommes vont trouver
13:56que le produit fonctionne très bien
13:58puisque eux, ils reçoivent
14:00des crushs et des likes,
14:02on va dire, de manière raisonnable.
14:03Alors que les femmes,
14:05dès leurs premiers jours,
14:06vont être sur-sollicitées.
14:08Et donc là, c'est là où l'importance
14:10d'avoir des femmes dans les équipes
14:12est primordiale
14:13parce que c'est grâce à la perception
14:15de la femme
14:16qu'on va pouvoir travailler
14:17nos fonctionnalités,
14:18réfléchir sur une conception
14:20de fonctionnalités
14:21qui va parler aux femmes,
14:22qui va protéger les femmes.
14:24Par exemple, aujourd'hui, sur Happen,
14:26quand vous recevez un message,
14:27vous, en tant que femme,
14:28vous ne pouvez pas recevoir
14:31ces messages-là de manière...
14:33Il faut les traiter un à un
14:35et vous n'allez pas les recevoir
14:36tous d'un coup.
14:36Vous allez devoir les traiter un à un.
14:38Donc, ça va vous permettre
14:39de prendre votre temps
14:40et donc de découvrir
14:42les différents messages
14:43que vous avez à votre rime.
14:44C'est vous qui décidez
14:45si vous les ouvrez ou pas.
14:47Et donc ça, je pense que
14:48si je n'avais pas des femmes
14:49dans mon équipe qui se battent
14:52pour représenter comme ça
14:53la part de voix des femmes,
14:54je pense qu'on passerait à côté
14:55de toute une partie
14:57de notre activité
14:58qui sont quand même
14:59nos utilisatrices.
15:01Et ça, je le vois
15:02d'un point de vue tech,
15:03mais dans mes équipes,
15:03j'ai aussi des équipes marketing.
15:05C'est un peu la même chose,
15:06c'est que dans nos équipes marketing,
15:08la conception de toutes
15:09nos campagnes marketing
15:10que vous pouvez voir
15:11dans le métro,
15:12online,
15:13sur les réseaux sociaux,
15:14pareil,
15:14elles sont pensées
15:15et tournées vers des messages
15:17qui parlent aux femmes.
15:18Donc, si on n'a pas des femmes
15:20dans nos équipes
15:21data, produits, tech,
15:23on passe à côté
15:24de la moitié finalement
15:26du monde
15:27et on rate en fait
15:29finalement
15:31quelque chose
15:32qui est important,
15:33c'est-à-dire qu'en fait
15:33on doit aussi avoir
15:34des produits
15:35qui parlent aux hommes
15:36et aux femmes
15:37et d'où l'intérêt
15:38de faire attention
15:39dans les recrutements,
15:40de pousser dans les écoles
15:42la présence de femmes
15:44dans les écoles,
15:45dans les formations
15:46et franchement,
15:47on est dans une boîte tech
15:48nous chez Happen
15:49mais on n'a pas l'impression
15:52d'être dans une boîte tech.
15:53En fait, je pense
15:54que le fait
15:55de parler de boîte tech
15:56c'est toujours peut-être
15:58moins sexy
15:59quand on est en phase
16:00de formation
16:00mais je peux vous dire
16:01que nous dans les bureaux
16:02il y a beaucoup de femmes
16:03et on se marre bien
16:04et c'est hyper créatif
16:06donc il ne faut pas
16:07s'arrêter juste au code,
16:09il faut regarder
16:10tout ce qu'il y a autour.
16:11Le code,
16:11c'est que 20%
16:12de notre travail.
16:14Tout le travail
16:14qui reste à faire
16:15c'est le côté créatif,
16:17c'est la conception,
16:18c'est la gestion de projet,
16:19c'est les messages,
16:20etc.
16:20L'idéation,
16:22l'innovation
16:22et donc voilà,
16:23il ne faut pas s'arrêter
16:24aux 20% de codes
16:25qui vont faire partie
16:26de notre travail.
16:26Oui, il n'y a pas
16:27que des garçons
16:28à capuche
16:28chez vous.
16:29J'avais été dans vos bureaux
16:30d'ailleurs il y a quelques années,
16:31il y a même plein de photos
16:32d'ailleurs des couples
16:33qui se sont formés
16:34je me souviens
16:35sur Happen.
16:36Est-ce que toi aussi
16:37le fait qu'il y ait
16:38de plus en plus de femmes
16:39qui sont arrivées
16:39plus globalement
16:40dans le monde du jeu vidéo,
16:41la production,
16:42le streaming,
16:43etc.
16:44ça a aussi redéfini
16:45un petit peu
16:46l'expérience
16:47dans ce secteur
16:48et peut-être l'expérience
16:49pour les joueuses aussi.
16:50Oui, clairement,
16:51alors si c'est pour parler
16:52de l'e-sport,
16:53notamment sur un jeu
16:55dont je suis un petit peu spécialiste,
16:57un jeu qui s'appelle Valorens,
16:59en fait au vu du nombre
17:00de joueuses qui arrivaient
17:01et au vu du public
17:03aussi des streamers,
17:04donc des créatrices de contenu
17:06sur YouTube,
17:07sur Twitch, etc.
17:08qui étaient plus nombreuses
17:09sur ce jeu-là
17:10que sur un autre
17:10parce que plus facile d'accès,
17:12facile de jouer,
17:13on va dire aussi
17:14avec ses amis,
17:15facile de prendre en main
17:16parce qu'il y a un gros souci,
17:18je ne sais pas exactement,
17:19mais en tout cas,
17:20la raison pour laquelle
17:21il y a une différence
17:22de niveau
17:22entre les filles
17:24et les garçons
17:25sur la pratique
17:26un peu professionnelle
17:26ou semi-professionnelle
17:27du jeu vidéo,
17:28c'est simplement
17:29parce que les femmes
17:29y accèdent beaucoup plus tard
17:30de manière beaucoup plus inégale.
17:32Ça semble très intuitif
17:34pour un parent
17:35d'offrir une console de jeu
17:37ou un ordinateur
17:38à son fils,
17:39mais quand c'est pour sa fille,
17:40pour penser qu'elle va jouer
17:41aux jeux vidéo
17:42en rentrant des cours,
17:43c'est beaucoup moins intuitif
17:44comme hobby
17:45et moi,
17:46c'était mon cas,
17:46j'ai commencé à jouer
17:47à 18 ans seulement,
17:49donc l'éditeur du jeu
17:50s'est vraiment positionné
17:51en créant une compétition féminine
17:54avec des récompenses,
17:56de la visibilité, etc.
17:57Il y a un peu
17:58des safe places
17:59qui sont créés
17:59de plus en plus
18:00et j'ai l'impression aussi
18:01qu'il y a beaucoup
18:01d'éditeurs de jeux
18:02qui décident d'intégrer
18:04aussi de plus en plus
18:05de femmes dans leurs équipes
18:06pour avoir des jeux
18:07qui parlent aussi aux femmes
18:09parce que historiquement,
18:10c'est des jeux vidéo
18:11qui sont faits par des hommes
18:12pour des hommes
18:13et entre guillemets,
18:14les femmes,
18:15on essaie de se glisser
18:16un peu comme on peut,
18:17on essaie un peu
18:17de prendre la place
18:18qu'on sait
18:20qu'on ne va pas nous donner
18:20et qu'on est un petit peu
18:21obligés de la prendre
18:22par la force
18:22et c'est vrai que de plus en plus
18:24on voit des efforts
18:26des éditeurs,
18:27des broadcasters,
18:28des boîtes de production,
18:29etc.
18:29d'intégrer des femmes
18:30dans leurs équipes
18:31pour avoir quelque chose
18:32qui est, on va dire,
18:33de plus en plus représentatif.
18:35Donc ça, clairement,
18:35on le voit.
18:37Karima,
18:37les femmes ont tendance aussi
18:39à toujours attendre
18:40que tout soit parfait
18:41avant de se lancer,
18:42avant de lancer leur entreprise,
18:44lancer un produit, etc.
18:45Et toi, je sais que tu dis
18:47non, non, justement,
18:48il faut parfois y aller,
18:49il faut prendre le risque.
18:50Alors qu'est-ce que tu pourrais dire
18:51justement à pas mal de femmes
18:53d'ailleurs qui sont dans la salle
18:54et qui n'osent toujours pas,
18:56qui ont toujours un peu peur
18:57de se lancer ?
18:58Moi, j'ai été cette femme
19:01qui cherchait toujours
19:02la perfection
19:03ou qui cherchait toujours
19:06que tout soit prêt, en fait,
19:08pour lancer les choses.
19:09Je l'ai été parce que
19:10comme je suis formatée
19:11par le juridique,
19:13j'avais besoin de ça.
19:15Mais très vite, en fait,
19:16au fil des années,
19:18depuis que je suis devenue
19:19dirigeante d'Appen,
19:20j'ai complètement un peu
19:22changé ma façon d'être,
19:24mais j'ai travaillé aussi sur moi
19:25parce que c'était quand même
19:26très ancré en moi.
19:28Mais avec le temps,
19:29j'ai pris des risques
19:33parce qu'en fait,
19:34j'ai compris aussi que
19:36en fait, on n'est jamais prêt
19:38vraiment pour faire
19:39ce qu'on veut faire.
19:40On n'est jamais prêt
19:40pour lancer un nouveau produit.
19:42On n'est jamais prêt
19:42pour lancer une boîte.
19:44En fait, ce qui est important,
19:45c'est d'initier,
19:47de faire la démarche,
19:48de faire le premier pas,
19:48de monter la première marche
19:50et après,
19:51les choses arrivent
19:51au fil de l'eau
19:52et on apprend.
19:53Et c'est en apprenant
19:55et en essayant,
19:57en fait,
19:58on parle du test and learn
19:59parce que c'est quelque chose
20:00qu'on pratique beaucoup
20:00chez Happen.
20:01Test and learn,
20:02c'est à force de lancer
20:03des fonctionnalités,
20:04certaines marchent,
20:05certaines ne marchent pas.
20:06On roll back.
20:07Roll back, ça veut dire
20:08on revient sur ce qu'on a lancé
20:10dans l'application.
20:11En fait,
20:12c'est tellement devenu
20:13notre quotidien
20:13de tester des choses
20:14et de revenir en arrière
20:15et puis par moments
20:16d'avoir des succès
20:17que ça fait partie maintenant
20:19de l'ADN de l'entreprise
20:21et donc il faut tenter des choses,
20:23il faut essayer
20:23parce que même si vous ratez,
20:25même si vous le faites
20:26pas correctement,
20:27c'est en lançant
20:30ce que vous voulez faire
20:31que vous allez ajuster
20:33au fil de l'eau
20:33et donc à la fin,
20:34trouver exactement
20:35là où vous voulez aller
20:36et atteindre l'objectif.
20:37Et nous,
20:37on le fait très régulièrement.
20:40C'est uniquement
20:40quand on met en production,
20:42donc quand on met en production
20:43une fonctionnalité
20:44que là,
20:45on va vraiment voir
20:45si elle est utilisée,
20:47s'il y a des bugs,
20:49s'il y a des problèmes,
20:50etc.
20:50Et en fait,
20:51on a beau tout baquer
20:52en amont,
20:53en fait,
20:54il n'y a que la mise
20:54en production
20:55qui fait qu'on va apprendre
20:58soit qu'on a réussi
20:59quelque chose,
21:00on a réussi à régler
21:01un problème des célibataires,
21:04soit qu'en fait,
21:05on a mal fait notre travail
21:06ou on n'a pas pensé
21:07à certaines choses aussi.
21:08Des fois,
21:08on ne pense pas à tout.
21:10Et donc,
21:10voilà,
21:10moi,
21:11je conseille d'avancer,
21:12de faire toujours
21:12la première marche,
21:14de prendre des risques.
21:15Moi,
21:15en tant que dirigeante,
21:15par exemple,
21:16j'ai fait un rebranding
21:18complet de l'application.
21:20C'était un gros risque
21:21parce que les utilisateurs
21:21étaient très habitués
21:23à notre ancien logo
21:24qui était deux flèches
21:25qui se croisent
21:25et qui représentait
21:28le croisement
21:28des gens
21:29dans la vraie vie
21:30puisque le concept
21:31de l'application Happn,
21:32c'est vraiment
21:32de se croiser
21:33dans la vraie vie.
21:34Et donc,
21:35on avait une identité
21:36bleu et blanc
21:37avec ces deux flèches.
21:39Et moi,
21:39ça ne me parlait pas
21:40du tout
21:41en tant qu'utilisatrice
21:42et en tant que femme.
21:43Je trouvais
21:43que ce n'était pas chaleureux.
21:44Je trouvais que le bleu,
21:45ça donnait des codes
21:47un peu trop corporate,
21:48trop tech.
21:49Et donc,
21:50le dating,
21:50ça reste quand même
21:51des relations humaines
21:52entre des gens.
21:53Donc,
21:53il me fallait
21:53quelque chose
21:54de chaleureux.
21:55Et donc,
21:55on a complètement refait
21:56le rebranding d'Apple.
21:58Ça a été difficile
21:59parce qu'on avait
22:00quand même
22:01huit ans
22:01de vie
22:03avec ce logo
22:04et cette identité.
22:05Mais je ne regrette pas
22:05aujourd'hui
22:06parce qu'avec
22:07les nouvelles couleurs
22:08maintenant qu'on utilise,
22:09notre nouvelle identité,
22:10on arrive à jouer
22:11avec les équipes
22:14créa.
22:14Elles arrivent
22:15à jouer
22:15avec la marque
22:16de manière
22:17tellement illimitée.
22:18Maintenant,
22:18elles s'amusent
22:19beaucoup plus.
22:20Elles arrivent mieux
22:21à développer
22:22leur créativité
22:22avec les différentes couleurs
22:25qu'on a adoptées,
22:26le nouveau logo,
22:27le tone of voice
22:28aussi sur lequel
22:28on utilise
22:29dans nos campagnes.
22:30Donc,
22:31oui,
22:32il faut prendre...
22:32Et j'ai pris des risques
22:33parce qu'il y avait
22:33un risque que,
22:34par exemple,
22:34les utilisateurs
22:35ne nous reconnaissent plus,
22:36qu'on perd de l'activité,
22:38etc.
22:38Donc,
22:39c'était un gros risque.
22:40Mais je ne regrette pas.
22:41Je suis contente
22:42d'avoir suivi mon intuition
22:43et aussi
22:43d'avoir embarqué
22:45l'entreprise
22:45aussi dans un nouveau cycle
22:47qui les a beaucoup
22:50vraiment inspirés
22:51pendant un certain temps
22:52et qui les inspire
22:53encore aujourd'hui.
22:54Pareil,
22:55on a fait une refonte technique
22:56qu'aucun CTO
22:58de l'entreprise
22:58n'avait osé faire
23:01avant que je reprenne
23:02les rênes de l'entreprise.
23:03Donc,
23:04on avait une dette technique
23:05au bout d'un moment
23:05qui nous empêchait
23:06d'innover.
23:07Et là,
23:07pareil,
23:08j'ai décidé de faire
23:09la refonte complète.
23:10Ça nous a pris
23:10un an,
23:11un an et demi.
23:12C'était beaucoup
23:12d'investissements tech.
23:14Mais aujourd'hui,
23:14je ne regrette pas
23:15parce que c'est grâce
23:16à cette refonte
23:17qu'aujourd'hui,
23:17on arrive à innover
23:18et à faire
23:19des nouvelles fonctionnalités
23:20tous les 15 jours.
23:22Voilà.
23:22Donc,
23:23oui,
23:23il faut prendre des risques
23:24et il faut arrêter
23:25de vouloir chercher
23:26la perfection.
23:27Un petit mot aussi
23:28là-dessus.
23:29Moi,
23:30si j'ai un conseil
23:31peut-être à vous donner,
23:33c'est n'attendez pas
23:34d'être légitime
23:36pour prendre la parole,
23:37pour essayer des choses.
23:39Ça rejoint aussi
23:40un petit peu
23:40ce que Karim a dit.
23:42Ce qui est récompensé aussi,
23:44c'est voilà,
23:44c'est l'audace,
23:45c'est le fait de,
23:46même si vous faites des erreurs,
23:47d'en assumer aussi
23:48les conséquences
23:49et de tomber,
23:51de se relever,
23:51de recommencer.
23:52Ça paraît très banal
23:53dit comme ça,
23:54mais je sais qu'en tant que femme,
23:55on a d'autant plus à prouver
23:57et on a d'autant plus
23:58à être parfaite
23:59et à être perfectionniste
24:01que nos collègues masculins
24:02et je pense que
24:03le perfectionnisme,
24:04c'est bien,
24:05mais aussi,
24:06il faut savoir se lancer
24:07et c'est ça qui est remarqué
24:08et c'est ça qui fera
24:08que les gens se rappelleront
24:10de vous
24:10et vous offriront
24:11des opportunités.
24:12Donc, voilà,
24:13osez, en gros.
24:15Eh bien, merci.
24:15Le message est bien passé.
24:17Merci beaucoup, Karima
24:18et merci beaucoup, Lou,
24:19d'être venue sur Vivatech
24:20aujourd'hui.
24:22Merci de nous avoir reçus,
24:23c'était un plaisir.
24:23Merci beaucoup.
24:33On va continuer, donc...
24:39On va continuer avec un autre duo
24:42de femmes dans la tech
24:44et donc là, je vais appeler sur scène
24:47Chloé Hermari et Hébrou Cornet.
25:00Bonjour à toutes les deux.
25:02Merci beaucoup d'être avec nous
25:03à Vivatech.
25:05Donc, Chloé Hermari,
25:06tu es fondatrice
25:07et CEO de l'Adatech School
25:08qui est une école de formation
25:10dans la tech
25:11et Hébrou Cornet,
25:12CFO, donc directrice financière
25:14chez Microsoft France.
25:17Alors, je sais,
25:18comme on avait un peu préparé
25:19cette session,
25:19que vous n'avez pas fait
25:21d'école d'ingénieur.
25:22Voilà, il faut le dire.
25:23Ce n'est pas parce qu'on est
25:23dans la tech,
25:24il faut forcément faire
25:25des études d'ingénieur
25:26ou vraiment pure tech.
25:27Mais vous venez plutôt
25:28du business.
25:29Je voudrais savoir déjà
25:30comment est-ce que un peu
25:30vous êtes arrivée,
25:31justement, dans la tech.
25:33Chloé.
25:35Moi, je suis arrivée
25:36dans la tech
25:37en tant qu'entrepreneur,
25:39entrepreneuse d'abord.
25:41J'avais des projets
25:42plutôt dans l'éducation
25:43et la formation.
25:44C'est quelque chose
25:44qui m'intéresse énormément.
25:46Savoir comment
25:48et qu'est-ce qu'on doit apprendre
25:49aujourd'hui.
25:50Alors, quand j'ai créé Adas,
25:51c'était en 2019.
25:53Mais qu'est-ce qu'on doit apprendre
25:55et comment on doit l'apprendre ?
25:56Et j'ai créé d'abord
25:57un projet dans l'orientation.
25:59Puis ensuite, j'ai décidé
26:00qu'en vrai,
26:00ce que je voulais créer,
26:01c'était une école.
26:03Et à quoi doit former
26:04une école aujourd'hui ?
26:05Moi, assez rapidement,
26:07je n'ai pas de la tech,
26:08mais j'ai rencontré
26:08énormément de recruteurs
26:10qui m'ont dit
26:11qu'en fait,
26:11on a un vrai sujet
26:12sur les compétences technologiques.
26:14Il nous manque des gens,
26:15ça va trop vite.
26:17L'école est à la bourre,
26:18en fait.
26:19Les formations dans le supérieur
26:20sont à la bourre
26:21sur ces compétences.
26:22Et donc, il y a un enjeu
26:23de proposer
26:24des nouvelles formations.
26:26Et moi, vraiment,
26:27je suis arrivée dans la tech
26:28en me disant
26:29bon, en fait,
26:30c'est juste une opportunité.
26:31C'est une opportunité
26:32pour les gens
26:32de trouver des carrières
26:34qui en aient débouché,
26:35trouver des carrières
26:36qui sont bien payées,
26:39trouver des carrières
26:40où les métiers
26:41changent tout le temps.
26:42Et c'est comme ça
26:43que j'ai créé ADA.
26:44Et en fait,
26:45aujourd'hui,
26:45moi, je suis tombée
26:46dans un secteur
26:47que je trouve absolument
26:49passionnant.
26:51Passionnant
26:51parce qu'il bouge
26:52tout le temps.
26:53Alors, c'est dur,
26:53mais du coup,
26:54c'est par rapport
26:54à ce qu'on disait juste avant
26:55qui est de tester
26:56et se relever.
26:57Alors, il n'y a pas
26:57un endroit
26:58où il est plus normal
26:59de tomber
27:00et de se relever
27:00que dans la tech
27:01parce que ça bouge
27:02tellement tout le temps
27:03qu'en fait,
27:03il faut tout le temps
27:04être dans cette démarche,
27:05etc.
27:06Moi, j'étais un peu
27:06hyper active,
27:07donc j'ai adoré ça.
27:10Et puis, en fait,
27:11plus on a avancé,
27:13plus on se rend compte
27:14que c'est partout.
27:15C'est dans nos mains,
27:16c'est dans notre quotidien,
27:17c'est dans les entreprises.
27:18Et donc,
27:19on a cette sensation
27:19d'être un peu
27:20au cœur du réacteur.
27:22Et Vraud ?
27:24Alors, moi,
27:25j'ai, pareil,
27:26une formation business
27:28et je suis rentrée
27:29dans le monde du travail,
27:30donc entreprises américaines,
27:32évoluer, etc.
27:33Je suis arrivée
27:33dans la tech
27:34avec Paypal,
27:35mais ce qui m'a fait arriver
27:36dans la tech,
27:37ce n'est pas le code,
27:38en fait,
27:38ou le fait
27:40d'être ingénieur,
27:41c'est surtout la finance,
27:44la stratégie,
27:45les rencontres
27:45que j'ai faites
27:46au cours de ma carrière
27:47qui m'ont petit à petit
27:48ouvert des portes
27:50et m'ont fait rentrer là.
27:51Et en fait,
27:52dans la tech,
27:53c'est vrai qu'on ne m'a pas demandé
27:54d'être ingénieur,
27:55on m'a surtout demandé
27:57de trouver des solutions
27:58pour amener de la valeur.
27:59Et donc, voilà,
28:00c'est comme ça
28:01que je suis arrivée
28:01dans la tech
28:02et que j'ai évolué là-dedans.
28:04Et ce qui nous fait rester
28:06dans la tech aussi,
28:08et pour moi,
28:09c'est quelque chose
28:09de super important
28:10parce que,
28:11voilà,
28:12ayant grandi en France,
28:13étant française,
28:14j'ai quand même
28:15beaucoup bénéficié
28:16des formations ici,
28:17c'est le fait
28:18qu'on peut contribuer
28:19dans des fonctions
28:20comme les nôtres,
28:20de finance,
28:21RH, juridique,
28:23vraiment à transformer
28:24le pays,
28:25à contribuer à l'emploi,
28:26au territoire,
28:28à la création
28:29de compétences.
28:30Donc, tout ça fait
28:31qu'on a envie aussi
28:32de rester dans la tech
28:34quand on y est.
28:36Alors, Chloé,
28:37donc,
28:37tu formes au métier
28:37de la tech.
28:38Qu'est-ce que tu observes
28:39chez les jeunes femmes
28:40quand elles viennent
28:42et quand tu prononces
28:43un peu ce femme-homo-tech,
28:44c'est quoi la réaction,
28:45souvent ?
28:46Donc,
28:47Ada existe depuis 2019.
28:48On forme des personnes
28:49sans aucun prérequis technique
28:51ni de diplôme.
28:51Nous, vraiment,
28:52l'idée,
28:52c'était de dire,
28:54et d'ailleurs,
28:54c'est ça qui m'y a amené aussi,
28:55c'est ce qui est génial
28:56dans la tech,
28:56c'est qu'on peut,
28:57en fait,
28:57on peut commencer
28:58quand on veut,
28:59contrairement à vraiment
29:00ce qu'on imagine.
29:01Et donc,
29:02la première chose
29:03que moi,
29:04j'ai vraiment travaillé
29:04avec Ada,
29:05c'était de dire,
29:06déjà,
29:07vous croyez que vous êtes
29:08pas tech,
29:08mais vous pouvez le faire,
29:10ce sont des métiers créatifs,
29:11ce sont des métiers
29:12d'innovation,
29:13ce sont des métiers
29:13qui sont ultra collaboratifs
29:15au service d'eux.
29:16Parce qu'en fait,
29:17ce qu'on a observé,
29:17alors,
29:18on forme des personnes
29:18qui vont à un écart d'âge
29:20qui va de 19 à 50 ans,
29:23vraiment,
29:24dans les écoles,
29:25parce qu'on a une formation
29:26professionnalisante
29:26où le but,
29:27c'est vraiment dire,
29:28moi,
29:28mon objectif,
29:29c'est de lancer
29:30une carrière dans la tech,
29:31dans des postes d'ingénierie.
29:32Et vraiment,
29:33ce que j'ai constaté,
29:34c'est qu'on dit tech
29:35et il y a deux choses
29:35sur ce qui se passe
29:36dans les différentes personnes.
29:38Il y a souvent un truc
29:39qui est,
29:40c'est pas fait pour moi
29:41parce qu'on a tous
29:41cette espèce de stéréotype
29:44ou très technique,
29:45très introverti,
29:47un peu déconnecté du réel.
29:49Et à nouveau,
29:50ce n'est pas vrai,
29:51c'est de tout ce qu'on raconte.
29:53Et puis,
29:54il y a un autre truc aussi,
29:55je trouve maintenant
29:55qui est en train
29:55de se passer dans la tech,
29:58c'est qu'il y a
29:58un petit truc qui se passe
29:59sur l'ambition,
30:01sur l'envie aussi
30:02quand même d'y aller.
30:03Donc en fait,
30:03il y a cette espèce
30:04d'ambiguïté,
30:05moi que je constate
30:06aujourd'hui chez les femmes
30:07qui sont,
30:08ça a l'air quand même bien,
30:11ça a l'air quand même intéressant.
30:12Et puis,
30:13mais en fait,
30:14est-ce que c'est fait pour moi ?
30:15Et ça,
30:15je trouve que c'est vraiment,
30:16par rapport à tout
30:17ce qu'on se disait avant,
30:19c'est vraiment quelque chose
30:20contre lequel on doit lutter,
30:21dans lequel on doit aller,
30:23on doit aller prendre
30:24en fait des facteurs
30:26de réassurance
30:27dans ses propres qualités
30:29et dans ses propres désirs.
30:30Ses propres qualités,
30:31c'est je suis hyper créative,
30:33je suis hyper forte
30:33à créer des projets
30:34à plusieurs personnes,
30:36j'adore apprendre.
30:38Nous,
30:38on avait des personnes
30:38qui venaient énormément
30:40d'institutrices,
30:41par exemple,
30:42de langue vivante.
30:43Et en fait,
30:44le code,
30:44c'est un peu
30:44une langue vivante.
30:45Donc en fait,
30:46elles allaient capter
30:46dans ces talents-là
30:48d'autres choses.
30:49On a eu des personnes
30:50qui bossaient beaucoup
30:51dans le marketing
30:52et dans la com.
30:53En fait,
30:54dans le marketing,
30:54dans la com,
30:55on va essayer de comprendre
30:56une entreprise,
30:57ses objectifs.
30:57En fait,
30:58c'est la même chose
30:58quand on crée
30:59une application,
31:00etc.
31:00Donc d'aller chercher
31:02dans ses talents,
31:03dans ses qualités,
31:03dans ses appétences
31:05pour en fait
31:08les retourner un petit peu
31:09vers les métiers de la tech
31:10parce que moi,
31:11ce que je constate,
31:11c'est quand même
31:11qu'il y a de plus en plus
31:13une envie de participer
31:14à cette révolution.
31:15Alors chez Microsoft France,
31:16il y a quand même
31:17évidemment beaucoup de femmes
31:18dans les effectifs
31:19mais il y en a aussi
31:19à des niveaux assez élevés
31:21dans l'organigramme.
31:22Bon, très bon exemple.
31:24Et aussi la PDG
31:25de Microsoft France,
31:26Corinne,
31:27qui est une femme,
31:27Corinne de Bilbao.
31:28Comment est-ce que vous avez fait ?
31:29Enfin, c'est quoi ?
31:30Je ne veux pas dire
31:30c'est quoi la recette magique
31:31mais comment ça s'est passé
31:32concrètement ?
31:33Alors, c'est vrai
31:34qu'il y a beaucoup de femmes
31:35chez Microsoft France.
31:37On est dans le COMEX,
31:38donc il y a Corinne,
31:39il y a moi
31:39au niveau de direction financière
31:40mais il n'y a pas que.
31:4250% du comité exécutif
31:44est féminin.
31:45On a 38% de femmes
31:48employées en France.
31:50Comment on l'a fait ?
31:50On l'a fait sur plusieurs niveaux.
31:51D'abord,
31:53ce n'est plus vraiment
31:53un sujet de recrutement.
31:56Là où à l'époque,
31:57on avait vraiment
31:57un besoin d'aller chercher
31:59les personnes
31:59vraiment à la source,
32:01on a toujours ce besoin-là
32:02et on a beaucoup d'activités
32:04justement pour aller
32:04avec nos programmes
32:06à l'extérieur
32:07qui s'appellent par exemple
32:08Génial
32:08avec les écoles Saint-Plon.
32:10On fait des programmes
32:13Women in AI,
32:15Elle bouge
32:15où on va directement
32:16dans les écoles,
32:17dans les lycées,
32:17dans les facs
32:18pour aller former
32:19les jeunes filles
32:20et leur donner
32:21beaucoup d'appétence à venir.
32:23Mais surtout,
32:23ce qu'on fait,
32:24et ça,
32:24c'est une nouvelle dimension,
32:25c'est qu'on sponsorise
32:28beaucoup les femmes.
32:29On met beaucoup de mentorat,
32:31on met beaucoup de support,
32:32on met beaucoup de...
32:33Le support système autour
32:35pour faire évoluer
32:36les femmes en interne
32:36est vraiment très structuré
32:39et on a plein de programmes
32:40là-dedans,
32:40on appelle ça Women in AI,
32:41on a des mentoring
32:42avec les entreprises
32:43autour de chez Microsoft
32:44pour aider les femmes
32:46aussi à prendre du feedback
32:48d'autres entreprises
32:49avec des mentors féminins
32:50ou même masculins d'ailleurs.
32:52Donc beaucoup de support,
32:53beaucoup de formation,
32:55beaucoup d'intentionnalité
32:56et ce qui marche vraiment bien aussi,
32:58c'est le sponsorship,
32:59c'est avoir quelqu'un
33:00qui parle pour vous,
33:01quelqu'un qui va vous pousser
33:02et qui va vous parler pour vous
33:04et qui va être votre premier
33:07porte-parole en fait.
33:08Et donc ça,
33:09ça marche vraiment,
33:09vraiment beaucoup
33:10en plus de tout ce qu'on a créé
33:12au départ
33:12pour aller chercher les talents.
33:14Et soit homme ou femme d'ailleurs.
33:15Homme ou femme, bien sûr.
33:17Je suis obligée quand même
33:18de parler d'IA,
33:20franchement,
33:20on a VivaTech,
33:21on ne fait que de parler d'IA
33:23de semaine en semaine.
33:25Est-ce que pour toi, Chloé,
33:27l'IA,
33:28ça va être une technologie
33:29qui va encore,
33:30on va dire,
33:31aggraver les problèmes
33:32de parité dans la tech
33:33ou au contraire,
33:34ça peut être justement
33:35un moyen pour les femmes
33:36de s'en emparer
33:37et de pouvoir rentrer
33:38plus facilement
33:39dans cet univers de la tech ?
33:42On en parlait
33:43juste un petit peu avant.
33:45L'enjeu de l'IA
33:46et notamment des outils
33:47d'intelligence artificielle générative,
33:50c'est qu'on va déléguer
33:52à la technologie
33:53des décisions,
33:55des créations,
33:56etc.
33:57Et aujourd'hui,
33:57ce qu'on constate,
33:58c'est que cette intelligence artificielle,
34:00elle est en train
34:00de plutôt renforcer
34:02les fractures,
34:03les discriminations,
34:05les injustices sociales.
34:07Une intelligence artificielle
34:09qui fait de la reconnaissance faciale
34:11détecte beaucoup moins bien
34:12les peaux noires
34:13parce qu'elles ont été
34:14moins bien entraînées
34:15sur des peaux foncées.
34:18Une intelligence artificielle
34:19générative
34:20à qui on va demander
34:20de me faire un portrait
34:21de médecin,
34:22elle va dessiner
34:23un homme d'infirmière,
34:24elle va dessiner nurse
34:25and doctor,
34:27en anglais,
34:27c'est beaucoup moins,
34:28on va dire,
34:30genré,
34:30mais elle va faire
34:31un homme et une femme.
34:32Donc en fait,
34:32ce qu'on constate,
34:33c'est quand même
34:33qu'il y a un vrai risque
34:34avec l'intelligence artificielle
34:37de fracture
34:38et de renforcement
34:39en fait
34:39de cette disparité.
34:42Pour autant,
34:43pour autant,
34:44c'est aussi un outil,
34:45et alors je pense
34:46que dans la salle,
34:47vous utilisez des outils,
34:48les tchats de GPT,
34:50etc.
34:51En fait,
34:51vous constatez,
34:53vous pouvez faire quasiment
34:54tout ce que vous voulez,
34:55j'imagine cette sensation
34:56de se dire,
34:57mais en fait,
34:58je peux faire n'importe quoi,
34:59vous pouvez coder votre site,
35:01coder un petit produit,
35:02etc.
35:03Et donc,
35:03c'est aussi une opportunité
35:05de s'emparer
35:06de ces outils
35:07qui sont vraiment
35:09très proches,
35:09on appelle
35:10l'intelligence artificielle
35:11générative,
35:12elle fonctionne sur des motels
35:13qu'on appelle
35:13le Natural Language Processing.
35:16Donc c'est le vocabulaire
35:18votre façon de parler.
35:20Et donc cette IA,
35:21vous pouvez lui parler,
35:22vous pouvez faire
35:23beaucoup de choses avec elle
35:24et je trouve que c'est aussi
35:24une énorme opportunité
35:25de s'emparer de cette technologie
35:27et il faut le faire
35:28parce que ça va être partout,
35:30ça va être dans tous les métiers,
35:32ça va être sur votre CV,
35:33c'est comme écrire un mail,
35:34bientôt ça va être
35:35comme écrire un mail,
35:36ça va être de savoir
35:36utiliser ces outils
35:38et donc c'est vraiment important
35:39de savoir développer
35:40cette compétence
35:41et en plus,
35:42ce qui est génial
35:43avec l'intelligence artificielle
35:44par rapport à ce qu'on se disait,
35:45c'est qu'on peut se planter,
35:46recommencer,
35:47se planter,
35:47recommencer, etc.
35:48C'est vraiment un outil formidable
35:50pour vos ambitions,
35:52pour votre innovation,
35:53votre créativité.
35:55Et en quoi ça peut aider justement
35:57l'IA,
35:57les femmes dans leur carrière ?
35:59Alors,
36:00il y a beaucoup,
36:01beaucoup de,
36:01justement spécifiquement
36:02pour les femmes,
36:03d'abord,
36:04l'IA générative
36:06sur trois aspects,
36:07d'abord la première chose,
36:08c'est qu'au niveau du quotidien
36:10et des tâches répétitives,
36:11ça va vous éliminer
36:12toutes les tâches répétitives.
36:13On sait que,
36:15c'est une généralité,
36:16mais souvent les femmes
36:17vont avoir tendance
36:18à se cacher
36:19et travailler dans l'ombre
36:20et là,
36:21en fait,
36:21en éliminant
36:22tout le côté répétitif,
36:23ça force,
36:24ça crée,
36:25c'est un peu comme
36:25notre sponsorship,
36:26ça force la personne
36:27à sortir du bois
36:28et aller se révéler
36:29et se focaliser sur
36:30créer de la visibilité,
36:33travailler sur des projets
36:34beaucoup plus stratégiques,
36:35etc.
36:36Ça permet de se former.
36:37Donc nous,
36:38on a,
36:38c'est vrai,
36:39beaucoup d'outils
36:40qui nous permettent
36:40de nous former au quotidien,
36:42donc ça vous permet
36:43de vous former,
36:44de libérer du temps
36:44pour continuer
36:45à monter en compétences
36:47et travailler peut-être,
36:48pourquoi pas,
36:49sur des sujets
36:49qu'on n'aurait jamais
36:50touchés avant.
36:52Faire un pitch
36:53sur un sujet
36:53super stratégique
36:55où avant,
36:55on n'osait pas.
36:56Et donc,
36:57ça libère quand même
36:58le côté,
36:58on y va,
36:59on le tente
37:00et surtout,
37:02il n'y a plus
37:03l'excuse de se dire
37:04je me cache derrière
37:05toutes les tâches
37:05que j'ai à faire.
37:06Donc ça,
37:07oui,
37:08c'est si les femmes
37:10osent y aller
37:11et il faut qu'elles osent
37:12y aller absolument
37:13de s'approprier
37:14la technologie
37:15et vraiment en faire
37:17que ça devienne
37:18hyper naturel
37:19de l'utiliser,
37:20à ce moment-là,
37:20elles pourront vraiment
37:21en bénéficier
37:22et être beaucoup plus visibles.
37:24Et comment on sort
37:25un peu de ce blocage ?
37:26C'est toujours quelque chose,
37:27on y revient souvent.
37:29Et en fait,
37:30ce blocage,
37:30il est surtout,
37:31d'abord,
37:31c'est de l'autocensure.
37:32On se bloque soi-même
37:33en se disant
37:34je ne vais pas y arriver
37:35et c'est ça qui crée
37:36les inégalités justement
37:37d'adoption de la technologie.
37:40Comment on débloque ça ?
37:42Je pense qu'il faut arrêter
37:43d'écouter cette petite voix
37:45qu'on a derrière la tête
37:47qui dit
37:47ça va être trop dur,
37:48je ne peux pas,
37:49hop,
37:49mais le problème,
37:50c'est que quand on ne le fait pas,
37:50les autres le font
37:51et donc ça crée quand même
37:53un écart de compétences,
37:54de performances
37:55en entreprise
37:56et même sur le marché
37:57de compétences tout court
37:59et donc il faut absolument
38:00éliminer cette voix
38:01qui nous dit
38:01c'est dur,
38:02hop,
38:02je n'ai pas le temps,
38:03c'est plus facile
38:04de rester sur
38:04faire mes petites tâches
38:06comme je les faisais avant
38:07et je pense qu'il faut
38:08vraiment se forcer.
38:09On est dans un moment
38:10où l'IA transforme
38:12les métiers
38:12et c'est le moment
38:14où il faut que les femmes
38:15acceptent
38:16d'arrêter de réfléchir à ça
38:17et d'y aller
38:18et de se former
38:20et d'être vraiment
38:21à jour
38:22le plus possible.
38:24Et pourquoi il faut
38:25toujours encore
38:26se battre
38:27pour qu'il y ait plus
38:27de femmes
38:28dans la tech,
38:28dans l'IA,
38:29pour se dire
38:29pourquoi on a encore
38:30ces débats aujourd'hui
38:32et tous les ans
38:33Chloé,
38:33d'Anna,
38:33tu es là,
38:34je veux dire.
38:37Non mais quand j'ai créé
38:38Adatech School,
38:39il y a 60% de femmes
38:41dans les promotions
38:42et c'était vraiment
38:43on va repenser
38:44l'école d'informatique
38:45pour que les femmes
38:46aient envie d'y aller
38:47et c'est hyper important.
38:48Alors moi je suis une femme
38:49entrepreneuse
38:50qui entreprend dans la tech,
38:52je peux vous dire
38:52qu'on m'a dit
38:53des tonnes de fois
38:53mais qu'est-ce que
38:54vous voulez faire,
38:55etc.
38:56Et puis aussi la question
38:56c'était
38:58pourquoi il y a des métiers
38:59d'hommes,
39:00il y a des métiers
39:00de femmes,
39:01c'est vrai que personne
39:02ne manifeste
39:02pour qu'il y ait plus
39:03d'infirmières hommes.
39:06Alors,
39:06pourquoi c'est important ?
39:07Je pense qu'il faudrait
39:08aussi des infirmiers,
39:09mais des infirmiers.
39:11C'est que quand on pense
39:14à quelque chose,
39:15quand on conçoit
39:15quelque chose,
39:18on y met son rapport
39:20au monde,
39:20sa vision du monde.
39:21C'est ce que Karima
39:22disait avant
39:23sur les femmes
39:24qui quand elles pensent
39:24à une nappie de dating,
39:26en fait elles savent,
39:27elles ont l'expérience
39:28de ce qui se passe mal,
39:29de ce dont elles ont besoin.
39:31Et en fait,
39:32le sujet aujourd'hui
39:32dans les écoles d'ingénieurs,
39:34il y a majoritairement
39:35des hommes.
39:36Et la raison pour laquelle
39:37les écoles d'ingénieurs
39:38se battent
39:38pour avoir des femmes,
39:39c'est qu'en fait,
39:40on va concevoir
39:42un monde de demain
39:44qui nous ressemblera
39:45si on est aux manettes
39:47en concevant ce monde-là.
39:48Je vous donne deux exemples
39:50que j'aime beaucoup.
39:52Bon, un exemple déjà,
39:53si vous êtes venus
39:53en transport en commun
39:54à Vivatec,
39:55dans les transports
39:56en commun à Paris,
39:56il n'y a pas d'ascenseur.
39:59C'est-à-dire que les gens
40:00en poussette,
40:00les gens en fauteuil roulant,
40:01ils n'ont été complètement exclus
40:03de la conception
40:04en fait de ces transports.
40:06Il y avait très probablement
40:07surtout des personnes
40:08valides ou sans poussette
40:09qui pensaient à ça.
40:10Un autre exemple
40:11que j'aime bien,
40:12c'est les chaussures Louboutin.
40:15Donc les deux,
40:15rien à voir avec la tech,
40:16mais ça permet de voir.
40:17Louboutin,
40:18ils avaient créé
40:18des escarpins
40:19qui s'appelaient
40:19les escarpins nude.
40:20Les escarpins nude,
40:21à une époque,
40:22ils n'étaient que
40:22dans un seul coloris de peau.
40:25Puis un jour,
40:25une femme qui s'est dit
40:26mais en fait,
40:27nos clientes,
40:27elles ont des couleurs de peau
40:29à l'infini.
40:30Et donc,
40:30ils ont décliné
40:32les escarpins nude
40:33en dix coloris de peau.
40:34Ça a cartonné
40:36parce qu'ils ont ouvert
40:37complètement à d'autres clients.
40:39Et donc,
40:39c'est ça l'enjeu.
40:40Sauf que l'enjeu avec la tech,
40:41c'est qu'on dit
40:42que ça passe à l'échelle
40:42très très vite.
40:44Ça va être très très vite
40:45dans vos mains,
40:45ça va être très très vite
40:47dans des décisions,
40:48etc.
40:48Ce qu'on se disait avant,
40:49l'intelligence artificielle,
40:50on va lui déléguer
40:51beaucoup de décisions.
40:53Alors,
40:53il faut,
40:54il faut absolument
40:55que les concepteurs,
40:56les conceptrices
40:57soient représentatifs
40:58de notre société.
41:00Sinon,
41:00on va accélérer
41:02vraiment
41:03les limites,
41:04les discriminations
41:05et les injustices
41:06de notre société.
41:08Peut-être un dernier mot,
41:10Hebrou,
41:10pour peut-être
41:11à laisser
41:11aux jeunes femmes,
41:13aux femmes
41:13qui sont dans la salle
41:14et peut-être même
41:14aussi aux hommes
41:15parce qu'en fait,
41:16sans eux,
41:17ça ne risque pas d'avancer.
41:18Exactement.
41:19Un dernier mot,
41:20pour moi,
41:21c'est oser.
41:23Ne pas oser,
41:24c'est vraiment
41:26la plus grosse limite
41:27aujourd'hui
41:28dans l'adoption de l'IA.
41:30L'IA est en train
41:31de transformer les métiers,
41:32c'est ce que je disais
41:33tout à l'heure,
41:33il faut y aller,
41:34il ne faut plus écouter
41:35cette voix.
41:36Nous,
41:37chez Microsoft,
41:37on a décidé réellement
41:39d'aider la population
41:41à se former gratuitement.
41:44On a décidé que cette année,
41:45d'ici 2027,
41:46on aurait un million de personnes
41:48qui seraient formées
41:49à l'IA gratuitement.
41:51C'est un vrai enjeu,
41:52les portes sont ouvertes,
41:53il faut y aller.
41:55C'est une question,
41:55je ne sais plus
41:56qui le disait tout à l'heure,
41:57oui,
41:57c'était la présidente
41:58de l'Assemblée nationale
41:58tout à l'heure,
41:59c'est une question limite
42:00de survie,
42:01en fait.
42:01Donc,
42:02moi,
42:03je dirais,
42:03il faut continuer
42:04à oser
42:05et enlever
42:05cette petite voix
42:06dans la tête
42:07comme je disais tout à l'heure.
42:08Et je pense que,
42:10il ne faut pas se dire
42:10que oser,
42:11c'est qu'à l'intérieur de vous
42:13aussi,
42:13prenez dans quelqu'un d'autre
42:15de l'énergie.
42:16Lou en parlait,
42:17parfois,
42:17c'est les frères,
42:18parfois,
42:19ça peut être une amie,
42:20ce n'est pas forcément
42:20un garçon,
42:21mais faire à deux
42:22la petite marche
42:23ou faire à plusieurs,
42:24et c'est aussi ça
42:25ce qui se passe
42:25dans le sponsorship.
42:28La tech,
42:28ce n'est pas un métier solitaire,
42:29la tech,
42:30c'est un métier collectif.
42:31Donc,
42:32si vous avez des pas à faire,
42:33faites-les à plusieurs.
42:34Vous verrez,
42:34vous prendrez beaucoup d'énergie.
42:36Là-dedans,
42:37vous prendrez de l'assertivité
42:40et puis,
42:40vous pourrez aller plus loin.
42:42Bien,
42:43merci,
42:43très beaux mots de conclusion.
42:44Merci beaucoup,
42:45Chloé,
42:45merci beaucoup,
42:46et vous d'être venus
42:47à Vivatec aujourd'hui.
42:48Merci.
42:49Merci.
42:49Sous-titrage Société Radio-Canada
42:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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