- il y a 31 minutes
À l’heure où l’on entend parler plus fréquemment de mortalité d’espèces et de changements génétiques dans les forêts, les connaissances relatives à l’évolution biologique des arbres apportent de nouveaux éléments à prendre en compte dans l’adaptation au changement climatique.
Retrouvez "La terre au carré" sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre
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00:00Salut c'est Mathieu Vidard, je voulais partager avec vous aujourd'hui la terre au carré consacrée aux arbres et
00:05à la forêt à l'heure du réchauffement climatique.
00:07Alors je recevais pour ça le généticien Antoine Crémer et la journaliste du magazine Epsilon Mathilde Fontaise.
00:13Alors moi ce qui m'a d'abord beaucoup surpris dans cette émission c'est le fait que les arbres
00:17soient capables de s'adapter extrêmement vite malgré ce qu'on croyait à de nouveaux environnements.
00:22En deux ou trois générations grâce à leur diversité génétique si l'environnement change et bien les arbres malgré leur
00:29immobilisme sont capables de s'adapter.
00:31Et puis ce qui m'a aussi beaucoup surpris c'est qu'aujourd'hui face au réchauffement climatique on organise
00:35des migrations d'arbres c'est à dire qu'on va planter les arbres beaucoup plus au nord ou beaucoup
00:40plus en altitude pour les accompagner face au réchauffement climatique.
00:43Vous allez découvrir donc tous ces secrets autour de la forêt et des arbres et vous pouvez bien sûr partager
00:49et commenter cette émission juste ici sur l'application Radio France.
00:54France Inter
00:58La terre au carré
01:01Mathieu Vidard
01:03Ils étaient là bien avant nous il y a 385 millions d'années les premiers arbres dressaient déjà leur tronc
01:09vers le ciel.
01:09Mais aujourd'hui ces géants silencieux sont en train de souffrir dans nos forêts de plaine c'est même un
01:15peu la panique comme le confient les forestiers.
01:17Les épisodes de dépérissement se multiplient sous l'effet du réchauffement.
01:21Alors on cherche des solutions et l'une d'elles est assez vertigineuse puisqu'elle consiste à aider les arbres
01:26à déménager.
01:27C'est le pari de certains projets comme en Auvergne où l'idée est de faire grimper le chêne en
01:31altitude vers la montagne pour qu'il échappe à la chaleur de la plaine.
01:35On appelle ça la migration assistée, déplacer une espèce plus vite que ne le ferait la nature elle-même.
01:40Pourquoi le chêne ?
01:42Et bien parce qu'il est, disent ses défenseurs, l'identité même de l'Europe.
01:45Et parce qu'avec lui on déplace tout un petit monde, les insectes, les mousses, les lichens, toute une biodiversité
01:51accrochée à son écorce.
01:52Mais l'arbre n'est pas une solution miracle.
01:55Planter à tout va ne suffit pas, surtout si c'est au détriment des prairies ou des tourbières qui stockent
02:00elles aussi le carbone.
02:01Alors ces arbres qui déménagent, est-ce un signe d'espoir ou un aveu d'impuissance ?
02:06Un peu des deux sans doute.
02:07Le signe qu'on est capable d'imaginer la forêt de demain.
02:10Et l'aveu qu'on a laissé le climat filer plus vite que nos plus vieux compagnons de route.
02:14Une chose est sûre, leur avenir et le nôtre sont désormais liés.
02:18Et c'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:26Quand le climat s'est réchauffé, doucement il y a 12 000 ans, le chêne Cécile et le chêne Pédonculé
02:34ont été les pionniers.
02:36Ils ont migré naturellement.
02:38Le climat s'est réchauffé doucement et les arbres ont réussi à suivre le climat.
02:43La voix de Brigitte Muche de l'ONF.
02:47Mathilde Fontaise et Antoine Crémer, bonjour.
02:49Bonjour.
02:50Merci d'être avec nous aujourd'hui Mathilde Fontaise.
02:52Votre magazine Epsilon, faites ses 5 ans avec un dossier spécial.
02:565 ans de questions de science qu'on ne se posait pas il y a 5 ans.
03:00Et dans ce numéro, il est évidemment question des arbres.
03:03Il y a une question qui peut surprendre d'ailleurs.
03:04Faut-il abartre les vieux arbres ?
03:06Pourquoi cette question se pose-t-elle aujourd'hui ?
03:08On ne se la posait pas il y a 5 ans ?
03:09Oui, sacrilège.
03:11Non, on ne se la posait pas il y a 5 ans.
03:13En tout cas, on ne se la posait pas vraiment il y a 10 ans.
03:15Et c'est lié aux travaux d'Antoine Crémer qui va pouvoir en parler aujourd'hui.
03:19C'est cette prise de conscience, d'une part, du fait que les anciennes générations d'arbres,
03:24les vénérables grands arbres, ont développé des houppiers, des branches, des feuilles,
03:29très très développées.
03:31Et par ailleurs, ont développé aussi beaucoup moins de racines.
03:35Et qu'ils se sont développés quelque part.
03:37Et se sont adaptés, développés à un moment où le climat n'était pas ce qu'il était aujourd'hui.
03:41Et d'autre part, les découvertes des incroyables capacités adaptatives des arbres,
03:47aujourd'hui, qu'on documente en particulier grâce aux séquences à génétiques,
03:50qu'on peut faire beaucoup plus facilement qu'avant.
03:52Et qui nous permettent de comprendre, qui permettent aux chercheurs de comprendre,
03:55comment est-ce que les arbres peuvent, par leur semis,
03:57brasser des gènes et proposer comme ça une adaptation plus rapide.
04:01Donc la question maintenant qu'on peut se poser, c'est dans quelle mesure le vieil arbre,
04:05le vénérable arbre, en gardant quelque part ses gènes un peu à l'ancienne,
04:10va contraindre, empêcher les semis d'être adaptés au réchauffement climatique.
04:15Donc c'est la question subversive qu'on a posée.
04:16Oui, c'est ça, parce que c'est presque tabou, Antoine Crémer, de se poser cette question.
04:20Tellement on aime nos vieux arbres en général quand même.
04:22Oui, c'est une question un peu iconoclaste, mais ça résulte des travaux qu'on a menés sur la vitesse
04:30d'évolution des arbres.
04:31On s'est rendu compte qu'ils évoluaient beaucoup plus vite.
04:35Et on a pu constater que les vieux arbres, notamment les vieux chênes,
04:40dans les vieilles chênes actuelles, sont nés au cours du petit âge glaciaire,
04:47où il faisait beaucoup plus froid.
04:48C'est-à-dire, c'était il y a combien de temps ?
04:50Le petit âge glaciaire a duré en Europe entre, grosso modo, entre 1450 et 1850.
04:58Nos plus vieilles chênes, les parcelles les plus anciennes, ont 300 ans, 350 ans.
05:03Et donc ces arbres ont été sélectionnés sous le froid.
05:06Et on a pu montrer que génétiquement, ils sont différents des arbres actuels
05:11qui sont nés en période beaucoup plus chaude.
05:13Et que même que l'évolution à l'époque est allée dans une direction différente
05:17de celle dans laquelle elle prend cours actuellement.
05:22Donc ces vieux arbres pourraient être un certain fardeau évolutif
05:26s'ils pollinisent les autres arbres et qu'ils conduisent au renouvellement des forêts.
05:32Donc c'est-à-dire que dans certains cas, il faut les couper ?
05:34Non, il ne faut pas forcément les couper,
05:36mais il faut éviter qu'ils ne contribuent à la pollinisation des forêts
05:40qui sont en renouvellement.
05:42Cela dit, les vieux arbres ont un autre intérêt.
05:45Ils ont un intérêt de conserver de la biodiversité.
05:48Sur les vieux arbres, on trouve des insectes, des champignons
05:50qu'on ne trouve pas ailleurs.
05:53Et d'ailleurs, à l'office de forêt, on maintient certaines parcelles transanciennes
05:59pour maintenir cette diversité.
06:01Mais là, c'est dans un but purement patrimonial de conservation biologique.
06:04Ce n'est pas dans un but évolutif.
06:06D'un point de vue évolutif, il vaut mieux limiter la contribution des vieux arbres
06:12au renouvellement ou à la pollinisation des peuplements qui sont au renouvellement.
06:17Mathilde Fontès, je renvoie sur ce numéro anniversaire d'Epsilon.
06:21Cinq ans de questions de science qu'on ne se posait pas il y a cinq ans.
06:24Et bien sûr, vous parlez de beaucoup d'autres choses que les arbres.
06:27Oui, on parle de trous de verre, par exemple,
06:30et on parle aussi d'intelligence artificielle, évidemment.
06:33Antoine Crémer, vous êtes spécialiste de la biologie évolutive des arbres.
06:36Et vous avez été en 2006 le premier Français à recevoir,
06:39et le dernier d'ailleurs aussi, parce qu'il n'y en a pas eu depuis,
06:41le prix Marcus Wallenberg, qui est considéré comme le prix Nobel de la filière bois
06:45pour vos travaux sur la génétique des arbres.
06:49Qu'est-ce que vous étudiez exactement ?
06:50Quelles sont les grandes questions que vous vous êtes posées sur les arbres
06:53tout au long de votre carrière ?
06:54Au cours de ma carrière, j'ai surtout travaillé sur l'évolution,
06:59l'histoire évolutive des arbres.
07:01En fait, tout cela est né d'une autre crise climatique qui a eu lieu en 1976,
07:06peut-être certains des auditeurs...
07:07L'été 76, le fameux été 76.
07:09Le fameux été 76, peut-être certains des auditeurs...
07:12Oh, j'en suis sûr, oui.
07:13Oui, il a fait très chaud, et consécutivement, à cet été très chaud,
07:18il y a eu au début des années 80 des dépérissements, des mortalités dans les forêts,
07:22notamment du Piedmont-Pyrénéen, également dans le centre de la France.
07:26Et à l'époque, je commençais ma carrière, et donc on se posait la question,
07:31est-ce qu'il n'y a pas des raisons génétiques ?
07:34Est-ce que ces peuplements qui sont en dépérissement
07:36ne sont pas génétiquement adaptés au climat, au coût de chaleur ?
07:41Et c'est à la suite de ça, finalement, qu'on a commencé toutes nos recherches,
07:46et on s'est tout de suite intéressés à l'ensemble de l'ère de distribution des chaînes,
07:51donc sur toute l'Europe, pour voir si ces chaînes,
07:54c'est de les différencier génétiquement dans des populations qui étaient mieux adaptées.
07:59Et alors, c'est quoi la réponse à cette question, alors ?
08:01Alors, effectivement...
08:0250 ans plus tard ?
08:0350 ans plus tard, en fait, on a comparé de multiples populations
08:08venant d'un peu partout dans l'Europe,
08:10et on les a réimplantées dans différentes plantations,
08:13donc une vingtaine de plantations, pareil, dans différents pays européens,
08:17et on s'est rendu compte qu'il y avait toujours adaptation locale,
08:22c'est-à-dire que c'est la population locale, quand on la compare à d'autres,
08:26à un même endroit donné, qui l'a mieux adaptée à cet endroit.
08:31Et donc, ça veut dire que ces espèces ont évolué,
08:35et elles sont en place en Europe depuis à peu près 10 000 ans,
08:38et donc elles ont évolué au cours de ces 10 000 ans,
08:41pour arriver à cette adaptation locale.
08:44Cela dit, on ne savait pas à quelle vitesse ça s'est fait, à l'époque.
08:47Et c'est ces recherches récentes qui ont montré qu'en fait, ça peut aller très vite,
08:52ça peut aller en 2-3 générations, c'est ce qu'on a pu constater
08:56quand on a comparé des arbres qui ont vécu sous le petit âge glaciaire,
09:00donc il y a 300 ans, avec des arbres actuels.
09:02On a constaté que génétiquement, ils n'étaient pas les mêmes, qu'ils avaient changé.
09:06Justement, on verra tout à l'heure, si à l'heure du réchauffement climatique,
09:08faire migrer des arbres, les changer justement d'environnement pour préparer l'avenir,
09:13c'est une bonne idée ou pas.
09:15Mathilde Fontaine, est-ce que vous avez un arbre préféré, vous ou pas ?
09:18J'ai un boulot en face de ma maison, et en fait, c'est mon arbre détesté.
09:24D'autant plus qu'il s'agit d'un boulot pleureur,
09:26et je le trouve incroyablement triste,
09:28tandis que les forêts de boulot sont magnifiques avec leur tronc argenté.
09:30Non, je ne saurais pas choisir un arbre.
09:32Celui qui me vient, c'est celui qui est devant ma fenêtre.
09:33J'ai toujours eu un arbre devant ma fenêtre.
09:35Et vous, Antoine Crémer, ce sont les chaînes absolument vos arbres préférés ?
09:38Parce que ça a été vraiment la grande étude de votre vie, quand même, ça, non ?
09:41Oui, c'est les chaînes...
09:43Enfin, dans ma jeunesse, il y avait un chêne particulier.
09:47Enfin, je suis originaire d'un milieu rural,
09:49et l'automne, on gardait les vaches,
09:53et il y avait au milieu des sépareries un énorme chêne
09:55dans lequel on cachait plein de choses.
09:58Mais à l'époque, je ne m'intéressais pas.
09:59C'était plus un objet, disons, autour duquel on maintenait un certain nombre d'activités.
10:06Mais je n'avais pas d'intérêt biologique ou scientifique par rapport à...
10:10C'est venu plus tard.
10:11C'est venu plus tard.
10:12Votre intérêt scientifique pour les chaînes.
10:13Quelle est la différence génétique, d'ailleurs, entre deux chaînes,
10:16prises au hasard dans une même forêt ?
10:18Est-ce qu'il y en a beaucoup ?
10:19Oui, alors, ça, c'était une autre surprise.
10:23Quand on a analysé un peu ces différences génétiques,
10:26on les a non seulement analysées entre forêts,
10:28mais également à l'intérieur d'une forêt.
10:30Donc, on a comparé deux arbres pris au hasard,
10:33et on s'est aperçu qu'ils sont génétiquement très différents.
10:37On peut quantitativement estimer ces différences
10:39parce qu'on peut, aujourd'hui, les mesurer avec des méthodes rationnelles
10:44et qui sont applicables chez toutes les espèces.
10:46On peut faire la même chose chez l'homme en analysant le génome.
10:49On séquence le génome de deux personnes, de lui et de moi.
10:51On regarde les différences.
10:53On fait la même chose entre deux chaînes.
10:55Eh bien, on se rend compte qu'entre deux chaînes,
10:56il y a dix fois plus de différences qu'entre deux personnes humaines
10:59prises dans une même population.
11:03Alors qu'à l'aspect, on a l'impression qu'ils sont tous pareils.
11:06Mais non, ils sont génétiquement très différents.
11:08Et c'est ça, finalement, la ressource sur laquelle l'évolution se fait
11:13et l'adaptation peut se faire.
11:15C'est cette diversité génétique au sein même d'un même milieu.
11:18Oui, absolument.
11:19Mathilde Fontaise.
11:20Oui, parce qu'il faut se rendre compte que cette diversité génétique,
11:23c'est tout simplement le fait que les arbres se reproduisent énormément
11:26et brassent énormément de gènes.
11:27Il y a des chiffres qui sont amusants à rappeler.
11:30On a 100 000 à 1 million de semis à l'hectare dans une génération d'arbres
11:35et 95% sont éliminés.
11:37Donc on a comme ça un brassage génétique qui est effectué,
11:41sachant qu'en plus tous les arbres se reproduisent
11:43puisqu'ils sont tous mal et femelles.
11:45Donc on a comme ça une sorte de brassage permanent génétique
11:48qui fait qu'évidemment, à côté l'un de l'autre,
11:51ils vont avoir beaucoup plus de chances d'être différents
11:54que nous pauvres animaux.
11:56Est-ce qu'Antoine Crémer, on peut parler justement d'une grande plasticité des arbres,
12:01d'une grande force de souplesse précisément et d'adaptabilité précisément ?
12:06Oui, alors génétiquement oui.
12:07C'est cette diversité-là qui finalement contribue à cette adaptabilité.
12:11C'est parce que vous avez de très fortes différences
12:13que la probabilité que là-dedans, il y a quelques individus
12:16qui résistent à une crise est plus élevée.
12:18Et ce qu'il y a de remarquable, c'est que ces espèces ont maintenu cette diversité
12:23au cours du temps.
12:25On a pu le vérifier en séquençant l'ADN,
12:28même sur des très longues périodes de temps,
12:30sur plusieurs centaines de milliers d'années,
12:33mais également entre régions différentes.
12:35Quand vous comparez la diversité au sud de l'Europe et au nord de l'Europe,
12:38elle est du même ordre de grandeur.
12:40À titre de comparaison, chez l'homme, encore une fois,
12:42si vous comparez la diversité génétique entre l'Afrique,
12:45nous nous sommes originaires, Homo sapiens, et l'Europe,
12:48en Europe, on a moins de diversité,
12:50nous sommes génétiquement moins différents entre individus en Europe
12:54que les Africains.
12:56Parce qu'en migrant, on perd toujours de la diversité.
12:59Alors les arbres, ils en ont peut-être perdu quand ils ont migré,
13:03mais après le pollen a tout réhomogénéisé
13:06et a permis de maintenir cette forte diversité.
13:09C'est ça, parce qu'il y a une fixité chez les arbres quand même.
13:11Les âmes sont plantées au sol, donc on ne voit pas ce mouvement sous les yeux.
13:14Oui, on ne voit pas le mouvement,
13:15mais par contre, ils échangent beaucoup, ils bougent beaucoup leurs gènes,
13:18ils envoient leurs gènes ailleurs.
13:20Donc bien qu'on ait l'impression qu'ils se maintiennent,
13:24mais ils envoient, ils échangent les gènes à longue distance.
13:28Et c'est ça qui est efficace,
13:30c'est les gènes qui finalement contribuent à l'évolution.
13:33Mathilde Fontaise.
13:34Oui, et il faut imaginer qu'un petit semis,
13:37enfin les milliards, les millions de petits semis
13:40qui vont être déposés dans le sol forestier,
13:42vont être soumis chacun à l'action du climat,
13:46à l'eau, pas assez d'eau, trop d'eau,
13:51l'animal qui va venir le grignoter,
13:52le champignon qui va l'attaquer,
13:54la bactérie peut-être que sais-je.
13:56Et c'est toute cette sélection qui va se mettre en place.
13:58En gros, les seuls qui vont réussir à pousser
14:01et à devenir des arbres à la fin
14:02vont être ceux qui vont avoir pu échapper
14:04à toutes ces pressions de l'environnement.
14:07Et donc, quelque part, le semis de l'arbre,
14:09c'est une éponge à pression environnementale.
14:15Et donc, ce que décrit Antoine Crémer,
14:16c'est assez beau puisqu'on peut voir l'évolution en action,
14:19en regardant comme ça cette sélection des gènes
14:21qui va s'opérer dans les semis.
14:23Et on a une sélection rapide,
14:26contrairement à l'idée préconçue qu'on aurait pu avoir
14:28en regardant ces vénérables centenaires
14:30et en se disant, mais non, l'arbre, il est, comme vous le disiez, immobile
14:33ou alors très, très vieux.
14:35Et donc, immobile dans le temps.
14:37Bah non, en fait, l'arbre est extrêmement dynamique
14:38à la fois dans l'espace, puisqu'on le verra,
14:40il est capable de migrer, mais aussi dans le temps.
14:48Chaque printemps, on voit sur des grands arbres
14:51du feuillage qui ne repousse pas,
14:53des branches qui tombent.
14:54Et alors, c'est dû principalement
14:56au réchauffement climatique,
14:58mais aux attaques aussi cryptogamiques
15:01des insectes qui nous sont arrivés
15:04avec les conteneurs.
15:06Et on a notamment, dans la forêt de Chantilly,
15:09les attaques des hannetons
15:10qui s'en prennent aujourd'hui
15:12à nos vieux chênes.
15:13Et ces vieux arbres qui ont traversé
15:16les époques historiques dépérissent.
15:18Voilà, c'est la voix de Thierry Basset-Jardinier
15:20en chef du domaine de Chantilly
15:22en 2022 au micro de TV5 Monde.
15:24On parle des arbres et des forêts
15:26à l'heure du réchauffement climatique
15:27avec nos invités Antoine Crémer de l'INRAE
15:30et Mathilde Fontaise du magazine Epsilon
15:33qui fête cette année ses 5 ans.
15:36Justement, Antoine Crémer,
15:38on parle évidemment beaucoup des dernières canicules.
15:40On est en train d'en vivre une nouvelle en ce moment.
15:42Canicules sécheresses.
15:43Est-ce que ça, ça vous inquiète beaucoup
15:44justement concernant les arbres ?
15:47Oui, alors suite aux dernières canicules,
15:51surtout la succession de canicules
15:52sur plusieurs années,
15:54on a vu des dépérissements,
15:56enfin des mortalités de plus en plus importantes.
15:58Ça a été le cas suite aux 2018, 2019, 2020
16:02qui ont été, où il y a eu des sécheresses
16:04estivales assez prononcées.
16:05On a pu voir dans des forêts célèbres,
16:08comme par exemple la forêt troncée,
16:10des mortalités de chênes,
16:13de chênes pédonculées, de chênes cécile.
16:15Alors ce sont des mortalités éparses
16:17qui se sont un peu stabilisées aujourd'hui,
16:20mais si de tels événements se reproduisent,
16:23ça risque de s'accentuer.
16:25Alors surtout, après, les arbres sont plus faibles,
16:29physiologiquement parlant,
16:30et puis ils peuvent donc être également
16:32l'objet d'attaques après d'insectes
16:34ou de champignons.
16:36En fait, il y a deux gros problèmes,
16:37c'est le réchauffement climatique
16:38et les attaques d'insectes pour les arbres.
16:40Le second pourrait être lié au premier
16:42pour moins être favorisé.
16:43C'est le cas par exemple des scolites sur l'épicéa.
16:45C'est parce que les scolites font
16:47deux ou trois générations maintenant par an
16:49qu'ils ont explosé démographiquement
16:51et qu'ils ont contribué au dépérissement
16:54de l'épicéa en Allemagne
16:55et dans le nord-est de la France.
16:57Mathilde Fontaise ?
16:58Oui, c'est pas seulement la circulation
17:01effectivement de ces ravageurs
17:03ou de ces pathogènes
17:04qui va poser problème,
17:05mais bien le raccourcissement
17:06de leur cycle de vie
17:07du fait du réchauffement.
17:09Et pour en revenir à la forêt de chantier
17:10qui était l'objet de l'enregistrement
17:13que vous avez passé,
17:14effectivement, par exemple,
17:15ça peut être un autre exemple aussi
17:17de dépérissement
17:18avec 40% des chaînes pénonculées
17:22de cette forêt-là.
17:23Oui, c'est énorme comme chiffre 40%.
17:25Ça fait 1,2 million d'arbres.
17:27Donc c'est des moments de dépérissement
17:30très forts et très prononcés.
17:32Et après, là, il faut aussi raconter
17:33ce qui s'est passé dans cette forêt de chantier.
17:35C'est que ça a déclenché une mobilisation incroyable
17:38de plein de bénévoles
17:39avec l'ONF
17:40pour essayer justement de replanter
17:41et de trouver des solutions,
17:42d'ajouter justement d'autres espèces de chaînes
17:44pour essayer de faire résister cette forêt.
17:47Mais sur le coup, oui,
17:48le choc de la sécheresse
17:49a été très sévère.
17:50Oui, mais on peut rebondir là-dessus
17:53parce que certes, il y a des mortalités
17:54et des mortalités peuvent être importantes.
17:57Mais l'aspect positif,
17:59c'est que vous avez toujours des survivants.
18:00Les mortalités sont rarement totales.
18:03Or, les survivants,
18:04c'est l'expression même de la diversité.
18:07C'est parce que vous aviez une forte diversité
18:09au départ
18:09que vous allez avoir quelques arbres
18:11qui vont être des survivants
18:13et qui vont, eux,
18:15être les géniteurs de la génération suivante.
18:17Et ceux qui vont finalement contrablier
18:19à la résilience,
18:21à la récupération du peuplement.
18:22Sauf qu'ils ont beaucoup de pression sur les épaules,
18:24ces pauvres arbres.
18:25Surtout si les canicules se multiplient, non ?
18:27Oui.
18:28Alors, aussi longtemps,
18:30disons aussi longtemps qu'il en reste encore
18:32et que deuxièmement qu'il se régénère.
18:34Parce que l'autre problème, c'est ça.
18:35Il faut que vous ayez une régénération,
18:37c'est-à-dire qu'ils produisent des semis.
18:39Or, pour l'instant,
18:40il semblerait que le changement climatique
18:42n'a pas d'effet
18:43sur les capacités de reproduction
18:45sur la production de graines.
18:47Il en a sur la croissance
18:48ou sur d'autres caractères,
18:49mais moins sur la reproduction.
18:51Donc, ça, c'est plutôt la bonne nouvelle.
18:52Les arbres sont toujours aussi prolifiques,
18:54même plus dans le cas des chênes.
18:57Et pourquoi même plus ?
18:58Eh bien, on pense que c'est l'effet
19:02de la température
19:03et l'augmentation du CO2
19:04qui peut contribuer
19:06à une croissance
19:07à la fois reproductive
19:08et plus importante.
19:14Donc, tout n'est pas foutu,
19:15Mathilde Fontaise.
19:15Il faut aussi savoir le dire, quand même.
19:17Il faut savoir le dire.
19:18On a fait un dossier,
19:19on a consacré un dossier
19:20qu'on a appelé
19:20la marche des arbres
19:21à un autre processus
19:23de réaction
19:24de la forêt
19:25vis-à-vis du réchauffement climatique
19:26qui est celui de se déplacer.
19:27Donc, comme on le disait,
19:28les arbres sont immobiles
19:29et on n'est pas dans Tolkien,
19:30ils ne vont pas se lever
19:31et sortir leurs racines
19:32pour déambuler.
19:33Mais ils vont progressivement,
19:35en fait, les semis vont,
19:36en gros, qu'ils vont prendre,
19:37vont être ceux qui vont être
19:38dans des conditions,
19:40des niches écologiques
19:40qui vont, en gros,
19:41ils vont avancer
19:42avec le réchauffement.
19:43Et donc, la question
19:43qu'on s'est posée
19:44avec les chercheurs
19:44dans ce dossier,
19:45c'est de savoir
19:45est-ce qu'ils vont y arriver
19:46quelque part
19:47pour donner des ordres de grandeur
19:49parce que c'est toujours amusant
19:50de se rendre compte un petit peu.
19:53On observe, par exemple,
19:54une migration de 10 mètres par an
19:56au Canada
19:56du fait du réchauffement,
19:594 km par an
20:00dans un cas extrême
20:01pour l'épinette blanche
20:01en Alaska.
20:034 km par an ?
20:04Mais comment c'est possible ?
20:05Eh bien, c'est...
20:07Juste par le transport des graines ?
20:08Juste par le transport des graines
20:10et la régénération
20:11dont parle Antoine Crémer
20:12mais qui va, en gros,
20:13déplacer la ligne de front
20:14de la forêt.
20:16Alors, est-ce que c'est suffisant
20:17ou pas ?
20:17Ça ne l'est pas.
20:18Le front climatique,
20:19le front du réchauffement
20:20va plus vite.
20:21Il va à 3 à 5 km par an
20:24suivant les modèles.
20:25Donc, on voit bien
20:25que la forêt,
20:26alors après, ça varie par endroits,
20:28mais peine à suivre
20:29le rythme du réchauffement
20:30mais tout de même
20:32qu'elle se déplace
20:33et donc tout le travail
20:34après des chercheurs
20:35qui étudient ça,
20:36c'est de savoir
20:36quels sont les mécanismes
20:38qui sont en jeu,
20:38comment est-ce qu'on va
20:39faire des prévisions fiables
20:40ou est-ce qu'on va intervenir
20:42après derrière grâce à ça
20:43pour pouvoir essayer
20:44d'aider la forêt
20:45à s'adapter
20:46au réchauffement climatique.
20:47Mais Antoine Crémer,
20:47ça veut dire quoi ?
20:48Ça veut dire qu'un arbre
20:49ou une forêt,
20:50lorsque ses conditions
20:52habituelles sont modifiées,
20:54va instinctivement,
20:56je fais attention
20:56à ce que je dis
20:56mais vous me corrigerez,
20:58instinctivement chercher
20:59ce même milieu ailleurs
21:01lorsqu'il n'est plus disponible
21:02sur place ?
21:03Oui, en fait,
21:05il y a deux solutions
21:06à ce défi évolutif.
21:08Soit,
21:11comme le climat se déplace,
21:12soit vous vous déplacez
21:14avec le climat,
21:15soit...
21:16Sauf que là,
21:16on voit que la vitesse
21:17n'est pas la même.
21:17Oui,
21:18elle n'est pas la même.
21:19Soit vous restez sur place.
21:20Mais si vous restez sur place,
21:22il faut s'adapter.
21:23Or,
21:24actuellement,
21:25toutes les espèces,
21:26disons,
21:26non domestiquées,
21:27se déplacent.
21:30Ce sera tout le cas,
21:31là où c'est le plus visible,
21:32c'est les poissons
21:33dans le domaine océanique.
21:34Toutes les espèces
21:35se sont déjà...
21:36Qui remontent.
21:36Remontent vers le pôle,
21:38en quelque sorte,
21:38à cause du changement climatique.
21:40Donc,
21:42il n'y a finalement
21:43que l'homme,
21:43parce qu'il a mis en place
21:44des frontières
21:45et ces espèces domestiquées
21:46qui est bloquée
21:48parce que le monde biologique,
21:50lui,
21:51se déplace.
21:53Et finalement,
21:54la migration a eu lieu
21:55tout le temps
21:56au cours de l'histoire biologique.
21:57Et c'est finalement
21:58grâce d'ailleurs
21:58à la migration
21:59que la biodiversité
22:01de manière générale
22:02s'est maintenue
22:03et a évolué.
22:04C'est un des mécanismes
22:06d'évolution
22:07de la biodiversité.
22:08Donc,
22:08pour répondre
22:09à votre question,
22:11l'arbre,
22:11bien sûr,
22:12parce qu'il produit
22:14tellement,
22:14il est tellement prolifique
22:17que quand il y a
22:18une opportunité,
22:19il va la mettre
22:20en malheur
22:21pour se disperser
22:23et pour s'établir
22:23dans de nouvelles conditions.
22:25C'est quand même fascinant,
22:26non ?
22:26Oui,
22:26de voir ce processus.
22:28Alors,
22:29évidemment,
22:29là,
22:29le phénomène,
22:30on le disait,
22:30il y a une vélocité
22:31quand même
22:31du réchauffement climatique.
22:33Ça va extrêmement vite.
22:34Ça,
22:34c'est une vitesse aussi
22:35que vous avez vue
22:36au fil des décennies,
22:37vous,
22:38que vous avez observée
22:38dans le climat.
22:40C'est nos collègues
22:42bioclimatologistes
22:42qui l'ont évalué.
22:45Nous,
22:45on a fait des observations
22:47sur la migration,
22:48notamment du chêne vert.
22:49Le chêne vert
22:50qui est une espèce
22:51méditerranéenne
22:52mais que vous retrouvez
22:53tout le long
22:53finalement
22:54de la côte atlantique.
22:56Et là,
22:56en regardant
22:57les documents
22:58d'aménagement
22:59des forêts,
23:00on a pu reconstituer
23:01la vitesse
23:02actuelle.
23:03Alors,
23:04elle est
23:06finalement
23:06de quelques dizaines
23:08de mètres,
23:0830 mètres par an
23:09en moyenne,
23:09ce qui est largement
23:10inférieur
23:10à ce qu'il faudrait
23:12pour pouvoir suivre
23:13le climat.
23:13Donc,
23:14c'est ce qui nous a conduit
23:15à penser que finalement,
23:16ce n'est pas la migration
23:17naturelle
23:17qui va pouvoir
23:19être un mécanisme
23:21finalement d'adaptation
23:22au changement climatique.
23:24Donc,
23:24ça veut dire que l'humain
23:25va devoir mettre
23:25un petit peu d'aide ?
23:26l'autre alternative,
23:29l'adaptation,
23:29si vous restez sur place,
23:30il faut s'adapter.
23:31Là,
23:33la vitesse d'adaptation,
23:35on l'a redécouverte
23:37en fait,
23:37on s'est rendu compte
23:38qu'elle est plus rapide
23:39que ce qu'on en pensait.
23:40Traditionnellement,
23:41on disait toujours
23:41« Ah, les arbres,
23:42parce qu'ils ont
23:43des longues générations,
23:44ils ne vont pas pouvoir
23:45s'adapter. »
23:46Mais non.
23:46Et ce qu'on a découvert,
23:48c'est que…
23:48Ils savent mettre
23:49le booster.
23:49Voilà.
23:50Même,
23:50on a pu observer
23:51sur deux générations
23:52successives
23:53qu'il y avait
23:53des différences génétiques
23:54qui finalement traduisent
23:55cette capacité
23:57d'évolution.
23:57J'ai une autre étude
23:59en tête
23:59qui a été menée
24:00par Yvan Scotti
24:01de l'INRAE
24:02aussi comme vous
24:02sur les côtes
24:03du Mont Ventoux
24:04et qui a observé
24:05l'adaptabilité des êtres
24:07en trois à quatre générations.
24:09C'est pareil,
24:09la surprise là encore,
24:10c'était de voir
24:11une adaptation
24:12en un temps assez court.
24:14Antoine Crémère,
24:15vous habitez
24:15dans la forêt landaise
24:16aujourd'hui.
24:17On parle de canicules,
24:18de sécheresses
24:19à répétition
24:20et donc d'incendies.
24:21On a évidemment
24:21en mémoire
24:22les incendies de 2022.
24:24Comment elle va
24:24la forêt landaise
24:25depuis 2022 ?
24:26Qu'est-ce qui s'est passé
24:27en quatre ans ?
24:29Il n'y a pas eu
24:30d'autres incendies
24:31aussi importants.
24:32Heureusement,
24:34il y a eu
24:34l'hiver dernier
24:35une petite tempête
24:37qui a occasionné
24:38quelques dégâts.
24:40Mais le danger
24:42le plus important
24:42est plutôt sanitaire.
24:44Il y a actuellement
24:46finalement
24:46un hématode
24:47qui est un petit ver
24:48qui pullule
24:51sur les pins
24:53et qui peut tuer
24:53les pins.
24:54Il vient en fait
24:55d'Asie.
24:56Il a été introduit
24:57en Europe
24:58notamment
24:58au Portugal
24:59et depuis
25:00l'hiver dernier
25:01au mois de novembre
25:02on a découvert
25:03qu'il était présent
25:05également dans les Landes
25:06et là
25:06le risque
25:07je pense
25:09sanitaire
25:09est plus important
25:10que le risque climatique.
25:11Ah oui,
25:12ça vous inquiète plus
25:12que les conséquences
25:13des incendies même ?
25:15Peut-être pas
25:15les conséquences
25:16des incendies
25:17mais les conséquences
25:19de cesseresse
25:19ou de changement climatique.
25:20C'est ça,
25:20mais ma question là
25:21c'était vraiment
25:21sur les conséquences
25:22des incendies de 2022.
25:23Les incendies,
25:24non.
25:25Je pense que
25:26le risque
25:28il sera là,
25:29il va en augmentant
25:31et pas seulement
25:32sur le pain maritime
25:33mais sur d'autres espèces.
25:34Mais comment elle va
25:35la forêt qui a été brûlée
25:36justement il y a 4 ans ?
25:37Alors dans certains endroits
25:39on a replanté
25:41et à d'autres endroits
25:43on a laissé
25:44notamment dans la partie
25:45du nerf
25:45on a laissé
25:46une régénération
25:47naturelle.
25:48Mais le pain maritime
25:50en principe
25:50d'après tous les modèles
25:52de prévision
25:52dans le contexte
25:53du changement climatique
25:54c'est une des espèces
25:55qui va se développer
25:56le plus.
25:57Elle résiste
25:58très bien
25:59à la sécheresse
26:00et les modèles
26:00climatiques
26:01prédisent
26:02qu'il va
26:05se répandre
26:06dans tout l'ouest
26:07de la France.
26:08Vous parliez tout à l'heure
26:09de l'importance
26:09de la diversité
26:10aussi des essences.
26:12Or là
26:12dans cette forêt
26:13on a un petit problème
26:13de diversité quand même.
26:14Oui alors
26:15on n'a pas
26:17un problème
26:17de diversité génétique
26:18mais un problème
26:19de diversité d'essence.
26:21En fait ça a été
26:21un souci
26:22la diversité
26:23d'espèces
26:25dans les Landes
26:26a été un souci
26:27permanent
26:27à cause
26:28des risques sanitaires.
26:29Il y a même
26:30plus de
26:31au début
26:32quand j'ai commencé
26:33dans les années 50
26:34dans les années 60
26:36les chercheurs
26:37déjà
26:37avaient mis en place
26:38des essais d'espèces.
26:41L'idée derrière
26:42c'était de trouver
26:43une espèce relais
26:44en cas
26:44d'explosion
26:45de champignons
26:47ou d'agents
26:49cryptogamiques
26:49ou autres.
26:51Et le problème
26:53c'est que le milieu
26:53landais est tellement
26:54pauvre
26:55que vous ne trouvez
26:56pas beaucoup
26:56d'espèces
26:57qui à la fois
26:58survivent
26:59et produisent
27:00en bois
27:01un produit
27:02que...
27:03Oui parce qu'il faut
27:04en faire un produit
27:04parce qu'on considère
27:05que cette forêt
27:05elle sert
27:06à faire un produit.
27:07Sinon
27:08il y aurait
27:08quelques espèces
27:09comme les bouleaux
27:10vous avez peut-être
27:11le liquide en barre
27:12aussi
27:13vous avez
27:13quelques espèces
27:14relais
27:16feuillus
27:16possibles
27:17les chênes rouges
27:17d'Amérique
27:18aussi
27:18qui pourraient
27:19être utilisées
27:20mais
27:20les productions
27:22sont trop faibles
27:23pour finalement
27:24répondre...
27:24Parce qu'encore une fois
27:25c'est l'industrie
27:25qui prime.
27:26C'est l'industrie
27:26en quelque sorte.
27:27On prépare
27:28ce qu'on appelle
27:29nous la forêt
27:30mosaïque
27:30donc une forêt
27:32avec une diversité
27:33d'essence
27:33une diversité
27:35aussi de
27:36peuplements
27:36des peuplements
27:37âgés
27:37des peuplements
27:38plus jeunes
27:39avec des peuplements
27:41qui seront entièrement
27:42dédiés à la biodiversité
27:43on aura aussi
27:44des espaces
27:44plus ouverts.
27:45On ne plante plus
27:46de hêtres
27:47et de chênes
27:47pédonculées
27:48nos essences
27:49habituelles
27:50ont souffert
27:51des dernières
27:51sécheresses
27:52estivales
27:53rendez-vous
27:54dans 20 ans
27:54pour voir
27:55à quoi
27:55ressemblera
27:56une forêt
27:56plus adaptée
27:57au réchauffement
27:58climatique
27:59qui fournira
28:00peut-être
28:01le bois
28:01des charpentes
28:02de demain
28:03Une forêt
28:03pour demain
28:04à Mormal
28:05dans le département
28:05du nord
28:06on entendait
28:06Élise Michaud
28:07de l'ONF
28:08dans un reportage
28:08de France 3
28:09Hauts-de-France
28:10en février 2024
28:11pour cette dernière partie
28:13nous sommes en compagnie
28:14d'Antoine Crémer
28:14d'Inraé
28:15et Mathilde Fontès
28:16du magazine scientifique
28:18Epsilon
28:18on parle donc des forêts
28:19à l'occasion
28:21évidemment du réchauffement
28:22climatique
28:22Antoine Crémer
28:23comment est-ce qu'on réfléchit
28:24à la forêt de demain
28:24est-ce que c'est quelque chose
28:25de difficile à anticiper
28:27et à préparer ?
28:29Oui bien sûr
28:30il y a les défis
28:31qu'on a évoqués tout à l'heure
28:32il y a cette question
28:33de l'adaptation
28:34bien qu'on ait mis en évidence
28:36qu'il y a des capacités
28:37et qu'il y a un potentiel
28:39d'adaptation
28:39on ne peut toujours pas
28:41répondre à la question
28:42est-ce que ce potentiel
28:44sera suffisant
28:44compte tenu
28:45de l'évolution climatique
28:46à cause des intertitudes
28:48qui portent à la fois
28:49sur le degré
28:50l'ampleur
28:51de l'ampleur
28:53et donc oui
28:54et donc on essaie
28:55finalement
28:56il y a de multiples solutions
28:58qui sont testées
29:01face à ces incertitudes
29:02et on mise beaucoup
29:04bien sûr
29:05sur la diversité
29:06des solutions
29:06la diversité
29:08encore une fois
29:08dans un autre domaine
29:10est une
29:11oui ce serait une erreur
29:13de focaliser
29:13sur une seule
29:14assurance vis-à-vis de l'avenir
29:15de multiplier les possibles
29:17voilà
29:17elle est dans le domaine
29:18de la biologie évolutive
29:20elle est également
29:20dans le domaine
29:22du traitement
29:22de la sylviculture
29:23du traitement des forêts
29:24c'est la diversité
29:25des systèmes sylvicoles
29:27qui permettra
29:28peut-être
29:28d'en trouver un
29:30qui s'adoptera
29:30le mieux possible
29:31au changement climatique
29:33Mathilde Fontaise
29:34donc c'est ça l'enjeu
29:35aujourd'hui
29:35c'est d'aller
29:36trouver finalement
29:37la bonne option
29:38elles sont nombreuses
29:39pour essayer
29:40d'adapter la forêt
29:41à demain
29:42oui en tout cas
29:42on peut pas
29:44après
29:45finalement
29:45on s'implique
29:46dans la gestion
29:47de la forêt
29:47de manière assez naturelle
29:48puisque la forêt
29:49et l'humain
29:50coévoluent
29:51la forêt n'est pas
29:52un objet naturel
29:53en dehors de l'humain
29:54et puis nous
29:54qui la regardons
29:55et qui se demandons
29:55si on doit agir ou pas
29:56il y a toujours eu
29:57cette interaction
29:58entre l'humain
29:59et la forêt
29:59je donne un chiffre
30:00qui est éclairant
30:01on est à seul 21%
30:03des forêts mondiales
30:04sont on va dire
30:05protégées d'une manière
30:06ou d'une autre
30:06ce qui ne veut pas dire
30:07qu'on n'y marche pas
30:08et que dans certaines
30:09circonstances on ne prend pas du bois
30:10et le reste des forêts
30:12ce sont des forêts
30:12qui sont des forêts
30:13qui sont soit
30:14en partie exploitées
30:15soit habitées
30:17etc.
30:17donc la forêt
30:18et l'humain
30:18c'est une coévolution
30:21quelque part
30:21et donc comment est-ce
30:22qu'on fait évoluer
30:23cette coévolution
30:23dans le cadre du réchauffement climatique
30:25et quelles nouvelles techniques
30:26qu'on adapte
30:27il y a plusieurs plans
30:28notamment en France
30:29qui ont été lancés
30:30notamment le PPR
30:31Forest en 2024
30:33et qui est doté
30:34de 40 millions d'euros
30:35pour conseiller l'action
30:36et pour essayer
30:37de déclencher comme ça
30:38des recherches
30:39enfin en tout cas
30:39de rassembler des recherches
30:41de mener des expérimentations
30:43et de faire comme ça
30:44une forme de boîte à outils
30:45comme on le disait
30:46d'intervention possible
30:47et dans ces interventions
30:48on en va en parler sans doute
30:49il y a la migration assistée
30:51qui fait débat
30:52de quoi il s'agit ?
30:53oui et pourquoi ça fait débat ?
30:54parce que ça c'est donné
30:54un coup de pause
30:56vraiment à la migration
30:57des arbres
30:58donc c'est une option
30:59assez discutée aujourd'hui
31:01vous nous en présentez
31:02justement le profil ?
31:03il s'agit d'implanter
31:05des arbres
31:05qui vont être plus adaptés
31:06aux fortes chaleurs
31:07en gros il s'agit d'adapter
31:08des arbres du sud
31:09dans une forêt du nord
31:10en se disant
31:11si on implante
31:11des arbres du sud
31:12ils vont faire des bébés
31:13et donc ça va permettre
31:14à la forêt
31:15de résister mieux
31:15au réchauffement climatique
31:17c'est aussi bête que ça
31:18dans un sens
31:18après concrètement
31:19ça pose un tas de questions
31:20un tas de problèmes
31:21est-ce que ces arbres
31:22vont vraiment s'adapter
31:22alors que les sols
31:23ne seront pas ceux
31:24dans lesquels ils ont l'habitude
31:25de pousser
31:25est-ce que ces arbres
31:26ne vont pas devenir invasifs
31:27et prendre le dessus
31:28sur les autres arbres
31:29il y a par exemple
31:30des effets un peu retors
31:31on en a repéré un
31:32qui était complètement
31:34saisissant
31:34parce qu'en fait
31:35on se dit
31:35on plante des arbres
31:36par exemple
31:36économes en eau
31:37dans une partie
31:38qui devient un peu plus sèche
31:39en se disant
31:40ça va permettre à la forêt
31:41de garder son eau
31:42pour les autres arbres
31:43et bien non
31:43en fait
31:44ces arbres économes en eau
31:45vont empêcher la forêt
31:46de retenir l'humidité
31:47et donc quelque part
31:48réchauffer la forêt elle-même
31:49donc un effet comme ça
31:50voilà
31:51donc il y a des effets
31:52très complexes
31:52qui se mettent en place
31:53et donc la question de savoir
31:54si on fait ou pas
31:55cette migration assistée
31:56fait débattre
31:56Qu'est-ce que vous en pensez-vous
31:57Antoine Crémer ?
31:59Bon s'agissant
32:01finalement
32:02de migration
32:03d'espèces autochtones
32:05moi je pense
32:06qu'il vaut mieux miser
32:06sur justement
32:07la diversité
32:08on a dit tout à l'heure
32:09qu'il y avait
32:10autant de diversité
32:12au sud qu'au nord
32:13donc
32:14les gènes
32:15qui donnent
32:15la meilleure adaptation
32:17au sud
32:17sont également présents au nord
32:19seulement actuellement
32:20ils ne sont pas mobilisés
32:21par le changement climatique
32:22mais ils vont l'être
32:23mais comme cette réserve
32:25est la même
32:27utiliser cette diversité
32:29dans les peuples
32:30au nord
32:30par régénération naturelle
32:33devrait permettre
32:34également
32:35une adaptation
32:36dès qu'on a la possibilité
32:37de miser
32:38sur cette
32:39très forte sélection
32:40possible au jeune âge
32:41il y a des milliers
32:42de semis
32:43et s'il y a une sélection
32:45qui s'exercerait là-dessus
32:46on pourra avoir
32:47une meilleure adaptation
32:48donc ça vous paraît
32:49être une meilleure option
32:49finalement
32:50de miser là-dessus
32:51pour les espèces
32:52indigènes
32:53alors pour les espèces
32:53indigènes
32:54c'est-à-dire
32:54quand vous faites
32:55la migration assistée
32:56alors dans ce cas-là
32:57on parle
32:57de flux de gènes assistés
32:59au sein d'une même
33:01esthèse présente
33:02en Europe
33:02qu'on fait migrer
33:03les populations
33:04du sud vers le nord
33:05alors après
33:06il y a la migration
33:07elle-même
33:07c'est une autre espèce
33:08vous introduisez
33:10une autre espèce
33:11disons
33:12une espèce exotique
33:13alors là
33:13il y a d'autres questions
33:14qui se posent
33:15qui sont celles
33:16que Mathilde
33:17vient d'évoquer
33:17tout à l'heure
33:18et puis là
33:19je pense qu'il y a également
33:21des leçons
33:22à tirer du passé
33:22en fait
33:23on a introduit
33:25il y a en France
33:26à peu près
33:27150 espèces d'arbres
33:30depuis 200 ans
33:31on en a introduit
33:33à peu près autant
33:34venant de
33:36d'Amérique du Nord
33:37d'Asie
33:39etc
33:40et quand on regarde
33:41sur ces 150 arbres
33:43qui ont été introduits
33:44il y en a en gros
33:46une douzaine
33:47qu'on peut dire
33:48qui se sont acclimatées
33:49et adaptées
33:50c'est pas beaucoup
33:51oui
33:51enfin c'est pas beaucoup
33:52mais qui se sont adaptées
33:54c'est à dire
33:55si vous regardez génétiquement
33:56je prends l'exemple
33:57bien connu
33:58et souvent contesté
34:00qui est le Douglas
34:00qui vient d'Amérique du Nord
34:02ou le Chêne Rouge
34:03qui vient d'Amérique du Nord
34:04ces espèces là
34:06sont introduites en Europe
34:07depuis
34:07ou en France
34:08depuis 200 ans
34:09donc c'est pas très vieux
34:10à l'âge
34:10et bien génétiquement
34:12les espèces
34:13les populations introduites
34:14sont différentes
34:15des populations sources
34:16donc elles se sont déjà
34:18adaptées
34:18et acclimatées
34:20en quelque sorte
34:21au climat européen
34:22donc on peut miser
34:23sur ces espèces
34:24dont l'expérience antérieure
34:26a montré
34:28les bonnes capacités
34:29d'adaptation
34:31allez on passe aux questions
34:36il y a tellement de messages
34:38qu'il faudra qu'on fasse
34:38une deuxième émission
34:39ensemble
34:40Yves nous dit
34:41quand nous serons arrivés
34:42à 50 degrés
34:43il ne sera plus question
34:44d'adaptation
34:44mais de migration
34:45mais elle sera impossible
34:46quand la Terre sera devenue
34:47un désert
34:48avec quelques oasis
34:50ici et là
34:51qu'est-ce que vous souhaitez
34:52lui répondre
34:53en tant que crémer
34:56oui comme on a dit tout à l'heure
34:58on sait qu'il y a des capacités
35:00d'adaptation
35:01mais si l'ampleur
35:03et si l'intensité
35:04du changement climatique
35:05atteint des niveaux
35:06disons hors normes
35:08en quelque sorte
35:09là
35:12on ne peut plus
35:13affirmer
35:14qu'il pourrait y avoir
35:16une adaptation possible
35:18et en un sens
35:19on observe ces phénomènes
35:20là
35:20si on se met de l'autre côté
35:21par l'avancée du désert
35:22on observe ces phénomènes
35:24donc là
35:25c'est plutôt la transformation
35:26des sols
35:27qui est l'étape finale
35:28que la disparition
35:29ou le changement
35:30des espèces d'arbres
35:31allez on a un message
35:31de David pour vous
35:32bonjour David
35:33dans le Finistère
35:35j'aurais souhaité savoir
35:36si on observe
35:38une diversité génétique
35:39au sein même
35:40d'un arbre
35:41est-ce que en gros
35:43l'arbre est une colonie
35:45d'individus
35:45ou est-ce vraiment
35:46un seul individu
35:48merci bien
35:48très bonne question David
35:50pour Antoine Crémer
35:51oui alors ça a été
35:52une question
35:53un peu récurrente
35:54chez les généticiens
35:55forestiers
35:56de savoir
35:56si un arbre
35:57n'était pas
35:58une colonie génétique
36:00en fait
36:01c'est lié au fait
36:03qu'il peut y avoir
36:04des mutations somatiques
36:05c'est-à-dire
36:06des mutations
36:06qui se créent
36:07dans des cellules
36:09qui deviennent
36:09finalement
36:09des cellules
36:11contribuant
36:11à des gamètes
36:13et si c'est
36:15ce qu'on appelle
36:16oui des mutations somatiques
36:17effectivement
36:18on a pu constater
36:19qu'en séquençant
36:21justement
36:21chez le pain maritime
36:22plusieurs rameaux
36:24on a montré
36:25des toutes petites
36:26différences génétiques
36:27qui en plus
36:27se transmettent
36:28à la génération
36:29consommante
36:29mais elle reste
36:30minime
36:31au regard
36:32de toutes celles
36:32qui existent
36:33on a adoré
36:34cette idée
36:34à Epsilon
36:35on en a fait
36:35un dossier
36:36tout au début
36:37de la vie d'Epsilon
36:38et qui a été
36:38après contredit
36:39par les études
36:39que vous venez
36:40de citer
36:40au début
36:41on a espéré
36:41à un moment
36:42on a espéré
36:42que l'arbre
36:43soit une mosaïque
36:45c'est ça
36:46de personne
36:47d'être
36:47d'individu
36:50Mathieu nous dit
36:50j'aimerais comprendre
36:51ce qui se passe
36:51avec nos chaînes verts
36:52dans le sud de la France
36:53en raison du réchauffement climatique
36:54tous nos arbres
36:55sont en train de mourir
36:56dessèchement du feuillage
36:57la salle spareille
36:58liane grimpante
36:59envahit tout
37:01Antoine Crémen
37:02je ne connais pas
37:03cette liane
37:04et je ne sais pas
37:05si c'est lié
37:06à cette liane
37:07mais ailleurs
37:07le chêne vert
37:09je ne connais pas
37:10cette situation
37:11particulière
37:12je connais le chêne vert
37:13plus sur le versant
37:15occidental
37:15et là
37:16on n'observe pas
37:18de problème
37:18de mortalité
37:19pour l'instant
37:20allez un dernier message
37:21de Armelle
37:21bonjour
37:22j'habite le golfe
37:23de Saint-Tropez
37:24tous les pains
37:25sont malades
37:27cochenilles
37:28tortues
37:29et un autre
37:30champignon
37:30est-ce qu'il y a
37:32un espoir
37:32de sauver
37:33mes arbres
37:34mes pains parasols
37:36centenaires
37:36merci pour vos conseils
37:38merci Armelle
37:39on peut lui répondre
37:40rapidement
37:40Antoine Crémer
37:41oui
37:41alors
37:42le pain parasol
37:44est un cas
37:45un peu particulier
37:46autant je disais
37:47tout à l'heure
37:47que les arbres
37:48en général
37:48ont une très
37:50très forte diversité
37:51le pain parasol
37:52est connu
37:53pour être
37:54plat
37:55en termes de diversité
37:56il n'y a pas de diversité
37:57c'est lié sans doute
37:59au fait qu'il a été
38:00introduit
38:00pour des raisons
38:02horticoles
38:02pour en produire
38:03des graines
38:03il est très utilisé
38:04et donc là
38:05il n'y a pratiquement
38:07pas de réserve
38:08de diversité
38:08et sur l'inquiétude
38:09d'Armel
38:09en un mot
38:10du coup
38:10il y a peut-être
38:11une plus forte inquiétude
38:12parce qu'il y a
38:13calme plat
38:14en termes de diversité
38:15merci beaucoup
38:16à tous les deux
38:16il faudra vraiment
38:17que vous reveniez
38:17parce qu'on a encore
38:18plein de choses à se dire
38:19je renvoie quand même
38:20sur le numéro anniversaire
38:21d'Epsilon
38:21le nouveau magazine scientifique
38:23d'actualité
38:24enfin ça fait 5 ans
38:24qu'il est nouveau
38:255 ans de questions de science
38:27qu'on ne se posait pas
38:28il y a 5 ans
38:28c'est passionnant
38:29et c'est en kiosque
38:30en ce moment
38:30c'est en kiosque
38:31en ce moment
38:31il faut continuer
38:33à encourager la science
38:34Epsilon en particulier
38:35merci beaucoup
38:36à tous les deux
38:37merci Antoine Crémer
38:38merci à Joël Levers
38:40qui a préparé ce dossier
38:41Florent Dittre
38:41à la technique
38:42et Jérôme Boulet
38:43qui réalise l'émission
38:44et Jérôme Boulet
38:44et Jérôme Boulet
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