- il y a 13 heures
Après des mois de guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, après des milliers de morts civiles, les deux pays ont mis un terme au conflit au Moyen-Orient en signant un protocole d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi. Mais cette séquence laisse entrevoir la victoire totale du régime de Téhéran.
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00:00Aujourd'hui, vous allez comprendre tout ce qui se joue derrière l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:05Vous le savez, depuis le 28 février, entre les deux pays, il y a des bombardements, des milliers de civils
00:10iraniens libanais tués,
00:11la fermeture du détroit d'Hormuz, le blocus américain...
00:14Bref, une guerre de plusieurs mois aux conséquences multiples et dramatiques.
00:18Mais voilà, en signant un protocole d'accord dans la nuit du 17 au 18 juin,
00:22Téhéran et Washington ont mis un terme à ce conflit, du moins pour le moment.
00:26Et cette séquence, elle démontre deux choses.
00:28Un, une victoire totale du régime de Téhéran et deux, une capitulation brutale de Donald Trump.
00:36Bref, c'est une humiliation pour les Etats-Unis et pour le comprendre, je vous propose qu'on se plonge
00:40dans cette histoire.
00:41Et pour le faire, on va discuter avec Adèle Bacawan.
00:44Bonjour Monsieur Bacawan.
00:45Bonjour.
00:46Vous êtes chercheur à l'IFRI, spécialiste du Moyen-Orient.
00:49Vous êtes également directeur de l'Institut Européen sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
00:54Et votre dernier ouvrage, La décomposition du Moyen-Orient, trois ruptures qui ont fait basculer l'histoire, est disponible aux
01:00éditions Talendier.
01:01Bref, votre CV en dit long sur votre expertise.
01:03J'ai l'impression qu'on ne peut pas rêver mieux pour comprendre cette séquence.
01:06Merci.
01:07Moi, je m'appelle Corentin Courtois et vous regardez le Libescope.
01:11Ce que je vous propose, Monsieur Bacawan, c'est que pour commencer, je voudrais que vous nous expliquiez, avant qu
01:18'on rentre dans le fond de cet accord,
01:21qu'on puisse comprendre un point des dernières semaines de tension entre l'Iran et les Etats-Unis,
01:27qui ont ensuite mené à ces semaines de négociation et à cet accord du 17 dans la nuit du 18
01:34juin.
01:36Écoutez, le 27 février de cette année, les deux pays, les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d
01:47'Iran,
01:48étaient à la table de négociation.
01:52Il négociait à la fois le programme atomique, les 440 kg d'uranium enrichi, le programme balistique iranien,
02:05ce qu'on appelle le programme milicien, c'est-à-dire les proxys d'Iran au Moyen-Orient, au Yémen,
02:13au Liban, au Irak,
02:15mais aussi en Afghanistan ou au Pakistan, parce que ce qu'on appelle l'ex de la résistance,
02:21c'est un ensemble d'organisations, à peu près 125 organisations miliciennes.
02:26On négociait également pour les Iraniens les avoirs gelés, qui sont estimés à 120 milliards de dollars,
02:38les sanctions primaires et secondaires contre la République islamique d'Iran depuis 47 ans.
02:45Et on négociait aussi la réintégration de la République islamique d'Iran au sein de la communauté internationale.
02:53Donald Trump, le 27 février, était pressé, n'était absolument pas satisfait,
03:01et il a pris une décision de lourdes conséquences,
03:05à savoir, dans la stratégie de faire capituler les gardiens de la révolution islamique,
03:13il a décidé de frapper lourdement l'Iran.
03:18Toujours pour cette stratégie de la capitulation des gardiens de la révolution islamique.
03:26Seulement après 40 jours de bombardement et de la conflictualité militaire,
03:33et le reste d'une trêve qui a duré, et en tout, on est arrivé aujourd'hui à 112 jours,
03:41112 jours quand même de cette conflictualité.
03:45Le résultat, c'est qu'à Versailles, le président des États-Unis d'Amérique
03:53a signé le protocole d'accord, qui est pour moi à 180 degrés,
04:00à l'opposé de ce qu'il espérait le 28 février,
04:05à savoir, désormais, c'est Donald Trump qui capitule,
04:08c'est la capitulation de Donald Trump d'une manière factuelle,
04:12et non pas la capitulation des gardiens de la révolution islamique.
04:15Oui, c'est un petit peu le cœur de cette séquence.
04:18Ce qu'on a vu, pour rappeler un petit peu aux gens qui nous suivent,
04:21c'est évidemment la fameuse fermeture du ditro d'Hormuz,
04:24le blocus américain, comme je le disais dans l'intro,
04:26tous ces bombardements et des milliers de civils tués,
04:29et qui aboutit donc à cet accord.
04:31Concrètement, est-ce que vous pouvez nous expliquer, M. Bakawan,
04:34que contient l'accord entre Téhéran et Washington ?
04:37Écoutez, il y a 14 poids,
04:39mais on peut schématiser les 14 poids sans entrer dans les détails.
04:44Dans les 14 poids, vous avez deux catégories.
04:48Vous avez une catégorie qui concerne le programme atomique.
04:53Et quand je dis le programme atomique, je mets tout dedans,
04:57c'est-à-dire à la fois le programme en soi,
05:02mais aussi les 440 kilos uranium enrichis,
05:07mais aussi les centrifuges, mais aussi les infrastructures, etc.
05:11et les procédures qui vont avec.
05:13Donc si je comprends bien, à la fois tout ce qui est le programme potentiel civil iranien,
05:17et quand vous parlez d'uranium enrichi,
05:19c'est tous les doutes qu'a la communauté internationale autour du programme nucléaire iranien
05:23de potentiellement arriver à faire une arme nucléaire.
05:27Voilà, exactement.
05:28Et ensuite, vous avez le deuxième volet, la deuxième catégorie,
05:31qui concerne uniquement l'économie.
05:35Le détroit dormeuse, les avoirs iraniens gelés,
05:40la levée des sanctions primaires et secondaires.
05:44Et vous avez aussi un troisième, bien évidemment, volet, si je peux y ajouter,
05:49c'est la fin de la guerre.
05:50La fin de la guerre, immédiatement,
05:54donc ça c'est l'aspect militaire,
05:56donc programme atomique, programme économique et programme militaire.
06:02Militaire, c'est que la guerre doit s'arrêter immédiatement,
06:05pas seulement en Iran, mais sur l'ensemble des fronts,
06:08y compris le front libanais, d'accord,
06:10qui concerne bien évidemment à la fois Israël et le Hezbollah,
06:15et l'État libanais, et l'armée libanais.
06:17Et donc, ce sont les trois volets de cet accord-là.
06:20Et si on reprend un par un pour savoir qui a gagné,
06:25qui a perdu, si c'est ça le cœur de la question,
06:28c'est qu'on doit absolument, comme je dis depuis toujours,
06:32mettre entre parenthèses la communication,
06:34la propagande, la diversion, la capitalisation de cet événement,
06:41tout ça, ça ne nous concerne pas, ce n'est pas très important.
06:43Ce qui est très important, ce sont les faits,
06:47les données factuelles.
06:49Factuellement, il faut qu'on se pose la question,
06:51est-ce que Donald Trump, dans son mémorandum, d'accord,
06:55il y a une garantie pour récupérer le programme atomique ?
06:58Non.
07:00Est-ce qu'il a récupéré les 440 kilos d'uranium enrichis ?
07:05Non.
07:06Est-ce qu'il a récupéré les centrifuges et les infrastructures
07:10qui produisent une bombe nucléaire ?
07:14La réponse est non.
07:16Est-ce qu'il a récupéré le programme balistique
07:20avec lequel les Iraniens ont frappé,
07:23non seulement les bases militaires américaines,
07:25mais aussi Israël et la totalité des pays du Golfe ?
07:29La réponse est non.
07:30Est-ce que Donald Trump a réussi à couper la main des Iraniens
07:35concernant les proxys au Moyen-Orient ?
07:37La réponse est non.
07:38Est-ce que dans le protocole d'accord,
07:42Donald Trump cède sur le détroit d'Hormoz
07:45en lévant le blocus américain
07:48qui bloque, je dis bien,
07:51qui bloque 100 milliards de dollars des revenus
07:55des Iraniens qui passent par le détroit d'Hormoz ?
07:58La réponse est oui.
07:59Hier, officiellement, les Américains ont enlevé leur blocus.
08:03Et donc, désormais, le détroit d'Hormoz
08:05est totalement libre pour les Iraniens.
08:08Est-ce que, et je m'arrête là,
08:09les Américains ont cédé sur les avoir gelés des Iraniens ?
08:15Auparavant, ils négociaient uniquement 24 milliards.
08:19Mais ce qu'on a découvert dans le protocole d'accord,
08:22c'est que les Américains sont tout à fait disposés
08:24pas seulement de bloquer les 24 milliards,
08:27mais la totalité des avoir gelés,
08:30c'est-à-dire à peu près 120 milliards.
08:32Et ensuite, le dernier point,
08:34est que les Américains sont tout à fait disposés
08:37à supprimer la totalité des sanctions
08:40contre la République islamique d'Hormoz.
08:42Et donc, factuellement, Donald Trump n'a rien obtenu
08:46sauf la fin de la guerre.
08:48Et les Iraniens ont obtenu tout.
08:50Et cela, il y a une phrase qui résume tout cela,
08:53c'est que les Iraniens pensent qu'ils ont gagné la guerre.
08:56Et parce qu'ils ont gagné la guerre,
08:58ils s'imposent à Donald Trump.
09:00Et au contraire, c'est pour ça que vous parlez de propagande
09:02un petit peu, j'imagine, à côté, lui, Donald Trump,
09:05se vante d'un accord potentiellement réussi.
09:07Il y a eu cette séquence un peu hallucinante au G7
09:09où il arrive en disant « je suis le boss ».
09:11Cette séquence avec J.D. Vence
09:14où il dit « si jamais l'accord, c'est une réussite,
09:17c'est bon, c'est pour moi, j'ai réussi.
09:19Sinon, je dirais que c'est la faute de J.D. Vence ».
09:20Bref, il se marre un peu.
09:21On a l'impression que l'accord, pour lui, c'est une réussite.
09:24Au fond, il doit le savoir quand même que c'est un échec.
09:26En réalité, ce n'est que la communication, ce n'est que la diversion.
09:31Je pourrais même dire la démagogie, la propagande.
09:40Cette propagande de Donald Trump me rappelle vraiment d'autres personnalités
09:45dans notre histoire récente.
09:48Les Américains, en 2003, étaient aux abords de Bagdad.
09:53Et le ministre de l'Information de Saddam Hussein disait
09:58« mais ils n'ont pas encore dépassé les frontières de Basoura ».
10:05Donc, ça me rappelle à Mohamed Sahaf, le ministère de l'Information de Saddam Hussein.
10:11Bien évidemment, avec des nuances.
10:14Mais en réalité, au-delà de la communication, il n'y a rien.
10:19Il n'y a rien.
10:21Imaginez, la confiance est au niveau de zéro entre les Américains et les Iraniens.
10:27Les Iraniens pensent que Donald Trump est celui qui a assassiné leur guide suprême, Ali Khamenei.
10:36Il opère de l'actuel guide, Mouchtaba.
10:40Imaginez dans leur imaginaire collectif comment ils perçoivent Donald Trump.
10:47Donc, la confiance est zéro.
10:50Et donc, la seule chose qu'ils ont donné à Donald Trump, c'est la promesse.
10:53La promesse de quoi ? De s'engager dans la négociation sur le programme atomique.
10:59Mais s'engager ne veut pas dire que nous allons céder, n'est-ce pas ?
11:04Ils vont négocier.
11:06Et moi, je vais vous dire, ces Iraniens qui, à la fois les royalistes ou les ayatollahs,
11:14ce sont les héritiers de 3000 ans de civilisation.
11:18Ce n'est pas un État qui a été fondé il y a 250 ans.
11:22C'est un État, c'est une tradition étatique qui a 3000 ans.
11:27Ils maîtrisent à la perfection, ils maîtrisent à la perfection l'art de la négociation.
11:32Ils vont faire traîner, pas 60 jours, 60 jours renouvelables,
11:36jusqu'à probablement la fin du mandat de Donald Trump.
11:40Merci beaucoup de regarder cette vidéo, j'espère qu'elle vous plaît.
11:42Si c'est le cas, abonnez-vous à la chaîne YouTube de Libération.
11:45Sachez aussi que c'est une discussion qui est menée en direct sur Twitch,
11:48donc vous pouvez nous y retrouver chaque semaine.
11:51Et d'ici là, je vous souhaite un bon visionnage.
11:54Je vais partager un commentaire que j'ai eu dans le chat, c'est intéressant.
11:58Quelqu'un qui dit « Ce qui me fume dans le traitement médiatique de ce protocole d'accord,
12:02c'est que tout le monde fait comme si ça allait jusqu'au bout,
12:04alors que les chances que Trump change d'avis sur une période de 60 jours
12:07semblent quand même assez larges, à croire qu'on ne le considérera jamais pour ce qu'il est.
12:13C'est vrai que cet accord repose aussi sur une forme de...
12:18À tout moment, Trump peut changer d'avis.
12:20Est-ce qu'il est vraiment solide, cet accord-là ?
12:22Écoutez, ce qui est solide, ce n'est pas l'accord en soi,
12:27ou le protocole d'accord, ce n'est pas un accord, c'est un mémorandum.
12:31C'est une feuille de route pour négocier.
12:35Cette feuille de route n'est pas en soi solide.
12:37Au contraire, elle souffre des fragilités un peu partout,
12:45ne serait-ce que le front libanais.
12:47Le front libanais, pourquoi aujourd'hui la négociation ne débute pas ?
12:50Pourquoi on n'a pas la délégation iranienne ni américaine en Suisse ?
12:54Parce que tout simplement, le front libanais, la guerre n'est pas arrêtée.
13:00Benjamin Netanyahou refuse.
13:01Et pourtant, pour les Iraniens, le front libanais fait partie intégrante
13:05de ce protocole, d'accord ?
13:07D'autant qu'on a appris dès ce matin qu'Israël avait de nouveau bombardé...
13:11Absolument.
13:13Oui, voilà, on en discutera tranquillement,
13:16pendant cette heure que je suis à votre disposition,
13:19avec les 20% de territoires libanais occupés par Israël,
13:23avec le Hezbollah qui récupère sa force.
13:27Le Hezbollah, après le 7 octobre, a été relativement décapité.
13:32Mais là, à la fois socialement, politiquement et même militairement,
13:37ils sont en force.
13:38Et donc, est-ce que pourtant, cet accord Donald Trump pourrait changer d'avis ?
13:46Alors, écoutez, cela est peu probable.
13:49Vraiment peu probable.
13:50Nous pas parce que l'accord est solide.
13:53C'est parce qu'au contraire, Donald Trump ne souhaite absolument pas revenir à ce bourbier
13:59dans lequel il était.
14:00Il a fait tout pour sortir de ce bourbier iranien.
14:06Il ne voulait pas un autre Irak.
14:07Il ne voulait pas un autre Vietnam.
14:09Un autre Afghanistan.
14:11Pourquoi il n'a pas envoyé les troupes au sol ?
14:14C'est parce qu'il avait ce cauchemar.
14:16Mais par contre, son erreur stratégique, c'est que le 28 février, il a quitté la table de négociation
14:24en pensant, en frappant lourdement, les gardiens de la révolution reviennent à la table de négociation
14:30pour capituler en négociant, en capitulant pour négocier.
14:37Non, mais seulement cela n'est pas arrivé au bout d'une semaine, deux semaines, trois semaines, quatre semaines.
14:41Et donc, il a fait tout pour obtenir cet accord.
14:44Il a cédé sur tous les fronts.
14:47Ce n'est pas parce que, enfin, je voulais dire, parce qu'il a cédé sur tous les fronts,
14:53le retour à la guerre est peu probable.
14:56Vraiment peu probable.
14:57Vous avez d'où Donald Trump ?
14:58Et je m'arrête.
14:59Vous avez le Donald Trump de la communication, le Donald Trump de la propagande,
15:06et vous avez le Donald Trump des faits.
15:10en termes des faits, Donald Trump est vide, est vide.
15:14Et je pourrais même dire, pardonnez-moi, il est lâche.
15:18Pourquoi il est lâche ?
15:19Parce que tout simplement, il ne va jamais jusqu'au bout de sa communication.
15:24Qu'est-ce qu'il vous a dit sur Gaza ?
15:26En 24 heures, le problème, ça sera réglé.
15:29Est-ce que le programme est réglé ?
15:31Qu'est-ce qu'il vous a dit sur l'Ukraine ?
15:34En 48 heures, je règle la guerre de l'Ukraine.
15:37Mais c'est ça.
15:38C'est l'expression des marchés financiers du taco.
15:42Trump always chickens out.
15:44Je ne sais pas si dans le chat, vous connaissez cette expression.
15:45Les marchés financiers qui se disent, à chaque action de Trump, au final,
15:49il a peur, donc il arrête sa course.
15:52Et au final, les marchés financiers se stabilisent plus ou moins
15:55au gré des décisions brutales et surprenantes de Donald Trump.
16:00Mais quand même, je me pose une question.
16:04Les États-Unis gagnent quand même certaines choses dans cet accord.
16:07Par exemple, l'ouverture du Détroit d'Hormuz.
16:09Qui était déjà ouverte le 27 février.
16:14Comme on n'avait absolument aucun problème.
16:16Le Détroit d'Hormuz n'était absolument pas à la table de négociation,
16:21ni un problème pour personne.
16:23Tout le monde passait.
16:24Qui a préparé les conditions objectives de la fermeture du Détroit d'Hormuz ?
16:30Ce n'est pas les Iraniens.
16:32C'est Donald Trump en déclenchant la guerre.
16:35Et donc, il n'a absolument rien gagné.
16:37On est juste revenu au 27 février.
16:43Avec les mines, probablement, n'est-ce pas, dans le Détroit d'Hormuz,
16:48qui doivent être déminées.
16:49Un.
16:50Deux.
16:50Avec une autorité de gestion du Détroit d'Hormuz, mise en place par les Iraniens.
16:55Mais ils ont dit, pendant 60 jours, on va vous faire un cadeau.
16:59Pendant 60 jours, il n'y aura pas des frais de gestion.
17:02Mais au-delà de 60 jours, nous allons mettre en place des frais de gestion.
17:07J'ai un commentaire de Harryman FR dans le chat.
17:11The heart of self-humiliation.
17:12L'art de s'auto-humilier.
17:14J'imagine qu'il doit parler de Donald Trump.
17:16Oui, absolument.
17:17Il s'est auto-humilier.
17:20Mais par contre, il ne reconnaîtra jamais.
17:22Pour lui, c'est le sommet de la victoire.
17:26C'est le succès de sa vie.
17:28Cet accord, ce protocole d'accord.
17:30Parce que, tout simplement, il est dans la communication.
17:34Et nous, pas dans les faits.
17:35Mais par contre, on sait très bien que nous avons des journalistes très, très sérieux.
17:39Des médias très sérieux.
17:41Des centres de recherche très sérieux.
17:43Nous pouvons même avoir des diplomates très, très sérieux.
17:46Pour mettre en évidence cet échec sans précédent.
17:50Pour moi, si vous me permettez, c'est la fin de Donald Trump historique qu'on a connue jusqu'à
17:58aujourd'hui.
17:58Donald Trump arrive à terme en Iran.
18:02L'expérience iranienne met fin au phénomène historique de Donald Trump.
18:08Ce qui est tragique, c'est que cette guerre lancée le 27 février a des conséquences très concrètes sur le
18:16terrain.
18:17Donc, des conséquences, par exemple, aujourd'hui, dans les bateaux qui veulent passer le détroit d'Hormuz,
18:23comme vous le disiez, s'inquiètent de mines qui auraient été posées par l'Iran.
18:27Donc, il y a un processus de déminage qui pourrait être en cours.
18:30Mais aussi, des civils ont été tués dans ces affrontements.
18:35C'est-à-dire qu'on a une décision du président américain qui, aujourd'hui, amène quand même à des
18:41conséquences dramatiques et tragiques pour des milliers de civils iraniens.
18:43Vous avez des milliers iraniens tués.
18:46Vous avez des milliers libanais tués.
18:50Vous avez un million de libanais déplacés.
18:53Vous avez des Israéliens tués.
18:54Vous avez des golfiens tués.
18:56Vous avez des Irakiens, des Jordaniens tués.
18:59Vous avez aussi des Américains tués.
19:01N'est-ce pas ?
19:02C'est civil et militaire.
19:05Donc, vous avez beaucoup, beaucoup de monde.
19:06Sur les bases américaines qui ont été visées par l'Iran.
19:09Exactement.
19:10Vous avez plusieurs...
19:12Nous n'avons pas encore des chiffres exacts.
19:15Au moins, des centaines, pour ne pas dire plusieurs milliers américains blessés.
19:20Blessés sur ces bases-là.
19:21Alors, donc, oui, il y a des victimes un peu partout.
19:25Pourquoi ?
19:25Parce que le 28 février, Donald Trump a quitté la table de négociation pour y revenir 112 jours plus tard.
19:35Sans aucun changement.
19:38Sans rien obtenir.
19:39Au contraire, il a tout cédé.
19:41Alors, non seulement il a tout cédé, mais aussi le 27 février, on avait un bloc qui s'appelait le
19:50CCG.
19:51C'est-à-dire le Conseil de coopération du Golfe, c'est-à-dire les six pays réunis autour d
19:55'une stratégie.
19:57Mais désormais, à cause de cette guerre-là, les pays du Golfe, totalement fracturés.
20:03Et ils se voient dans l'obligation, aujourd'hui, à aller négocier avec les gardiens de la révolution islamique individuellement,
20:09état par état.
20:10Pourquoi ?
20:11Parce que Donald Trump, lui-même, négocie avec les gardiens de la révolution islamique.
20:16Et de plus, aujourd'hui, regardez ce qui se passe entre Israël et les États-Unis.
20:25Tout le monde pensait, tout le monde disait que c'est une alliance ultra solide et consolidée.
20:31Mais aujourd'hui, on voit que le torchon brûle entre le président américain et le premier ministre israélien.
20:40Et ensuite, est-ce que dans toute l'histoire des États-Unis, même en 2003, les États-Unis étaient aussi
20:47seuls dans le monde ?
20:48Non.
20:49Aujourd'hui, ni les Européens, ni les Golfiens, ni les Arabes, personne ne soutient l'action de Donald Trump dans
20:58cette guerre-là.
20:59Autrement dit, Donald Trump, non seulement il s'est auto-isolé, mais aussi il a isolé les États-Unis par
21:05rapport à la totalité de leurs allées.
21:08— Je vais faire une toute petite précision, parce qu'au début, je parlais du début de cette guerre au
21:1328 février.
21:14Là, on parle du 27. J'ai fait juste une petite confirmation.
21:17Donc vous parlez du 27, parce qu'il y a des déclarations de Donald Trump le 27 février.
21:21Le 28, les États-Unis et Israël font le premier bombardement sur l'Iran.
21:28Bon. Juste après cette petite précision, moi, j'ai quand même une question.
21:32Comment est-ce que c'est possible, en termes de rapport de force géopolitique,
21:36qu'on arrive à un stade où, après des mois de guerre, les États-Unis perdent autant dans un accord
21:43?
21:44Quand j'imagine les États-Unis face à l'Iran, j'ai l'impression d'un combat de David contre
21:47Goliath.
21:47À quel moment le Goliath perd autant et accepte autant de lâcher des choses dans un accord pareil ?
21:52Parce que, déjà, vous avez à la tête de la première puissance du monde un président imprévisible
22:02qui n'a aucun respect pour des institutions, ni diplomatiques, ni militaires.
22:08Un président qui pense que c'est sa subjectivité qui est au centre de gravité de tout.
22:15Un président qui fait à peu près entre 15 et 25 tweets par jour.
22:21Or, sans passer par des filtres traditionnels, un président que vous, vous êtes journaliste,
22:27vous récupérez son numéro de portable, vous l'appelez, il est devant la télé, il vous répond directement.
22:34Or, dans une présidence normale, pardonnez-moi pour parler comme ça, un président normal,
22:40pour, un grand diplomate français me disait, pour contacter Joe Biden,
22:47il fallait qu'on contacte d'abord l'ambassade, qui contacte le ministère des Affaires étrangères à Washington,
22:54qui contacte la Maison Blanche, qui contacte Joe Biden, qui...
22:58Il fallait passer par mille filtres.
23:00Aujourd'hui, il n'y a plus... Tous les filtres sont tombés.
23:03Un. Deux, bien évidemment, vous êtes dans le contexte d'un président qui n'avait pas une stratégie claire.
23:10Ok, d'accord, faire capituler les passes d'Aran, mais comment ?
23:13Mais par quel scénario ?
23:14Mais avec quelle méthode ?
23:16Mais par quels moyens ?
23:18On n'a jamais vu, dans la totalité de l'histoire des êtres humains,
23:22qu'un régime, qu'un régime basé sur la dictature, sur l'autoritarisme,
23:29et même la démocratie, tombe uniquement sous les bombes.
23:32Ça n'est jamais arrivé.
23:34Un régime, même le régime de Saddam Hussein, même le régime de Bachar el-Assad,
23:38tombe lorsqu'il y a des troupes au sol.
23:41Et vous avez un président qui a catégoriquement refusé d'envoyer des troupes au sol.
23:46Et il a également catégoriquement refusé d'armer et financer les différentes oppositions irradiennes.
23:56Les Kurdes, les Balouches, les Arabes, les Azaris, les Turkomanes, etc.
24:01Et donc, il s'est autoprivé de tous les moyens pour changer le régime.
24:06Et d'ailleurs, il nous dit lui-même qu'il n'avait jamais la stratégie du changement du régime, n
24:11'est-ce pas ?
24:12Du régime change.
24:12Et il nous parle tout le temps que le régime, de toute façon, a changé.
24:16Vous voyez, autrement dit, pour répondre à votre question,
24:20c'est un ensemble d'éléments à la fois objectifs et subjectifs
24:23qui ont préparé cette chute de Donald Trump.
24:26En fait, cette stratégie est à l'image de ce que Donald Trump a l'habitude de faire.
24:30On a tendance à parler des paix en carton de Donald Trump,
24:32notamment parce qu'il ne cesse de conclure des accords pour supposément terminer des guerres.
24:37Il s'était beaucoup vanté de ce qu'il avait réussi à faire à Gaza,
24:41alors que finalement, dans les faits, il n'y a pas les accords qu'il mène,
24:47n'ont pas de conséquences concrètes, pas de changement de régime, d'évolution, etc.
24:50Ce que vous décrivez, c'est ça, en fait.
24:51C'est la méthode de Donald Trump de paix en carton.
24:54Oui, ce qui compte pour lui, ce n'est pas le terrain,
24:58c'est la communication sur le terrain.
25:01Ce n'est pas les faits, c'est le récit des faits.
25:06C'est sa version de ce qui se passe sur le terrain.
25:09Seulement, il oublie qu'il y a des journalistes,
25:13il y a des chercheurs, il y a des think tanks,
25:16il y a des diplomates, il y a des États
25:18qui prennent en compte et qui sont parfaitement capables
25:22de faire la part des choses entre la communication et les faits.
25:28À Gaza, c'est un drame.
25:30C'est un drame.
25:32C'est un drame international.
25:34En Ukraine, c'est un drame, n'est-ce pas ?
25:37Ce qui se passe actuellement au Liban, c'est un drame.
25:40Ce qui se passe en Iran, c'était un drame.
25:46Mais lui...
25:48Pardonnez-moi pour parler d'une manière un peu franche,
25:54c'est qu'il s'en fiche royalement des drames.
25:57C'est son récit.
25:58C'est pourquoi, aujourd'hui, je pense,
26:02le récit de Donald Trump arrive à terme.
26:06Il n'y a plus personne,
26:08même parmi la base sociale,
26:11sa base sociale et sociologique,
26:13il n'y a plus personne pour acheter le récit de Donald Trump.
26:16Une chaîne conservatrice,
26:18ultra-conservatrice comme Fox News,
26:21même sur cette chaîne,
26:23on demande des comptes à Donald Trump.
26:25Autrement dit,
26:26OK, la communication pourrait passer
26:29dans certaines limites.
26:31Mais à un moment donné,
26:32les gens prennent compte
26:35ou les gens prennent conscience
26:37de la limite de cette communication.
26:38Je vous donne juste un exemple.
26:40Ce G7,
26:43juste prenez un quart d'heure,
26:4620 minutes,
26:47pour comparer
26:47ce qui s'est passé au mois de juin
26:50de l'année dernière,
26:52après la guerre des 12 jours,
26:54et ce qui s'est passé au mois de juin
26:56de cette année, le G7.
26:57Vous vous souvenez,
26:58après la guerre des 12 jours,
27:00il est venu en Europe
27:00pour participer au sommet
27:02de l'Alliance Atlantique,
27:03l'OTAN.
27:05Vous voyez son image,
27:07son système de comportement,
27:10sa communication,
27:12ses interactions
27:12avec les différents chefs d'État.
27:15Pourquoi ?
27:15Parce qu'il avait gagné
27:17relativement la guerre des 12 jours.
27:20Donc,
27:20il était au centre de gravité de tout
27:23et les chefs d'État
27:24se comportaient,
27:25vraiment,
27:26quand j'analyse les images,
27:27comme s'ils étaient
27:27les élèves de Donald Trump.
27:29Aujourd'hui,
27:30cette fois,
27:31lorsqu'on analyse
27:32toutes les images,
27:33on voit un Donald Trump,
27:35même en termes
27:36de systèmes de communication,
27:38de comportement,
27:40ultra fragilisés,
27:41ultra isolés.
27:42Les chefs d'État,
27:44selon les informations,
27:45bien évidemment
27:46que je ne peux pas dévoiler,
27:47que j'ai des coulisses
27:49de ce qui s'est passé.
27:50Les chefs d'État,
27:51ils demandaient
27:52des comptes à Donald Trump.
27:53Mais qu'est-ce que
27:54vous avez fait de nous ?
27:56Pour comprendre
27:57pourquoi Donald Trump
27:59accepte un accord
28:00si désavantageux,
28:01on peut le regarder
28:02par le prisme
28:03de ses comptes
28:04que sa base
28:05aux États-Unis
28:06lui demande.
28:07Je vous dis ça
28:08parce que
28:12Donald Trump
28:13a fait sa campagne
28:13beaucoup sur
28:15on va moins s'investir
28:16dans des conflits
28:17à l'international,
28:18on va s'occuper
28:19un peu de nous,
28:20ce qui était très ambivalent
28:21parce qu'en même temps
28:22on voulait s'y...
28:23Voilà.
28:24Et c'était une forme
28:25d'incompréhension
28:26pour sa base
28:26de ne pas comprendre.
28:27Donc, accepter un tel accord
28:29aussi désavantageux,
28:30est-ce que c'est lié
28:31à ses comptes
28:32que lui demande
28:33sa base aux États-Unis ?
28:34En partie, oui.
28:36Parce qu'il a été élu
28:37sur cette promesse,
28:39n'est-ce pas ?
28:39La priorité américaine.
28:41Jamais ça.
28:42Il disait jamais ça.
28:43Moi, président des États-Unis,
28:45jamais la guerre d'Irak,
28:47jamais la guerre d'Afghanistan,
28:49n'est-ce pas ?
28:49C'est ce qu'il disait
28:50tout le temps.
28:50Il critiquait George Bush,
28:52fils,
28:54il critiquait Joe Biden,
28:55il critiquait tout le monde,
28:57Barack Obama,
28:58même la guerre du Daesh,
28:59non ?
29:00Et il voulait absolument
29:02zéro guerre dans le monde.
29:04C'est pour ça qu'il disait
29:05je vais arrêter la guerre du Gaza,
29:07la guerre d'Ukraine.
29:08Or, dès la première occasion,
29:10il était en pleine négociation.
29:12Il était dans sa méthodologie,
29:15dans son paradigme
29:16pour lequel il a été élu,
29:18c'est-à-dire négocier,
29:19négocier, négocier
29:20pour sortir de la...
29:21Mais au bout
29:24de quelques jours
29:25de négociation,
29:26il a décidé
29:27de s'engager
29:28dans une guerre,
29:29non pas contre
29:30un tout petit pays
29:31comme Venezuela
29:32ou comme l'Irak
29:33de Saddam Hussein
29:34ou la Syrie
29:35de Boucher
29:36mais contre
29:38un État,
29:39un pays
29:39trois fois
29:41plus grand
29:41que la France.
29:42L'Iran,
29:43en termes de territoire,
29:45c'est l'Allemagne,
29:47la France
29:47et le Royaume-Uni
29:49réunis tous les trois
29:50et une population
29:51de 90 millions
29:53d'habitants
29:53et une civilisation
29:55de 3000
29:55années d'histoire.
29:58Et une armée,
29:59juste les gardiens
30:00de la révolution,
30:01c'est 170 000 hommes
30:03et sans compter,
30:05bien évidemment,
30:06l'armée régulière
30:07qui dépasse
30:08à peu près
30:08300 000 hommes
30:09et qui,
30:10sans compter,
30:11bien évidemment,
30:11les basségies,
30:12c'est 600 000
30:14hommes et femmes.
30:16Donc,
30:17non,
30:18Donald Trump
30:19a trahi
30:20avant tout le monde
30:21la promesse
30:23pour laquelle
30:23il était élu.
30:24Il a trahi
30:25sa base sociologique
30:26et sa base sociale
30:27et c'est trop tard.
30:29C'est trop tard
30:29par rapport
30:30à cette base sociale.
30:31Pourquoi ?
30:31Parce que la méfiance
30:32s'est installée
30:33entre lui
30:35et la base sociale.
30:36Et là,
30:37vous avez absolument raison.
30:38Une des raisons
30:39pour lesquelles
30:40il a signé
30:41cet accord-là,
30:42c'est récupérer
30:43sa base sociale.
30:44seulement pour moi,
30:45c'est trop tard.
30:46Je trouve que
30:47ce qui illustre
30:48très bien
30:48cette trahison
30:49de sa base,
30:50c'est certaines réactions
30:51que j'ai pu leur passer
30:52sur les réseaux sociaux
30:53des Américains
30:54qui s'étonnent,
30:56disons,
30:57pour être sympathiques,
30:59qu'on arrive
31:00à ce stade-là
31:01du conflit
31:02avec l'Iran
31:03et que dans l'accord,
31:05si j'ai bien compris,
31:06vous allez corriger
31:07si me le trompe,
31:08les États-Unis
31:08donnent 300 millions
31:09de dollars
31:10à l'Iran
31:10pour sa reconstruction.
31:11Ça,
31:12pour les Américains,
31:13en tout cas,
31:13dans ces réactions
31:14que j'ai vues,
31:14il y avait ce côté
31:15un peu hallucinant.
31:16Bon,
31:16on a fait une guerre
31:17depuis le 28 février.
31:19Super.
31:20Et là,
31:20maintenant,
31:20on la termine
31:20en donnant 300 millions
31:21d'euros
31:22à quelqu'un
31:23contre qui
31:23on a fait une guerre.
31:23Ce qui est complètement
31:26antinomique
31:27et très étrange.
31:28Oui,
31:28absolument.
31:29Et donc,
31:29là aussi,
31:29il y a la communication
31:30et la propagande
31:31de Donald Trump
31:32et son administration.
31:34Donald Trump
31:34nous dit
31:35qu'il n'y a pas
31:36un seul dollar
31:37de l'État
31:39américain
31:39qui sera versé
31:41aux Iraniens.
31:42mais il a raison.
31:44Il a raison seulement,
31:45il n'est pas honnête
31:46pour aller jusqu'au bout.
31:47Jusqu'au bout,
31:48ça veut dire quoi ?
31:48Ça veut dire
31:49Donald Trump
31:50va préparer
31:51les conditions
31:52objectives
31:52pour que les entreprises
31:54américaines,
31:56européennes
31:56et golfiennes
31:59s'engagent
32:00dans les différents
32:01projets
32:01de la reconstruction
32:03de la République
32:04islamique d'Iran
32:04et,
32:05à partir de cela,
32:07faire un fonds
32:08de 300 milliards
32:09de dollars.
32:09à 300 milliards ?
32:11Oui.
32:12Et donc,
32:14c'est que Donald Trump,
32:17là aussi,
32:18c'est vraiment
32:19l'absence totale
32:20de la transparence
32:21par rapport
32:22à cette affaire-là.
32:23Autrement dit,
32:23il y a encore
32:24dans l'instrumentalisation
32:26de cet article
32:27de l'accord.
32:28Bien évidemment,
32:29c'est noté
32:29noir sur blanc
32:30que les États-Unis
32:31s'engagent
32:33à réunir
32:34cette somme.
32:35Certes,
32:36pas l'argent public,
32:37mais bien évidemment,
32:40qu'est-ce que
32:40l'argent public ?
32:41C'est que lorsque
32:42vous avez Chevron,
32:44lorsque vous avez
32:44Total Energy,
32:46lorsque vous avez
32:50toutes ces entreprises
32:54multinationales
32:54ou internationales
32:55qui s'engagent
32:56pour la reconstruction
32:59de l'Iran,
32:59c'est qu'à un moment donné,
33:01on donne,
33:02on met à la disposition
33:04des gardiens
33:05de la révolution islamique.
33:07des sommes
33:10colossales
33:11qui pourraient
33:13être instrumentalisées,
33:15utilisées
33:16pour d'autres objectifs.
33:17Alors,
33:18pour terminer
33:19de comprendre
33:19pourquoi Donald Trump
33:21accepte
33:22un tel accord,
33:23on a parlé
33:24du fait que
33:25sa base lui demande
33:25des comptes.
33:26Il y a d'autres points
33:27qui permettent
33:28de comprendre
33:30cette signature de Trump ?
33:31Oui,
33:32par exemple,
33:33il y avait la pression
33:33des pays du Golfe aussi.
33:35Les pays du Golfe
33:36lui demandaient,
33:37les amis les plus proches
33:38des États-Unis,
33:39lui demandaient
33:40ou bien il faut aller
33:42très très fort
33:44d'une manière définitive
33:46pour finir
33:47avec le régime
33:49iranien
33:49ou bien à un moment donné,
33:51ce n'est plus
33:52tenable
33:53économiquement.
33:54Vous savez,
33:55le modèle
33:55golfeien est basé
33:57sur trois principes,
33:58la sécurité,
33:59la stabilité
34:00et le développement
34:00économique.
34:01Pendant cette guerre,
34:03ils ont perdu
34:03la sécurité.
34:04Pourquoi ?
34:04Parce que le parapluie
34:06américain
34:07ne fonctionnait pas.
34:08Et pourtant,
34:09ils ont investi
34:10des milliards
34:11et des milliards
34:12de dollars
34:12dans ce parapluie
34:13sécuritaire américain.
34:14Et ensuite,
34:15à cause de cette guerre,
34:16ils ont perdu
34:17leur stabilité.
34:18Et un diplomate
34:19golfeien me disait
34:20qu'en termes
34:21de développement
34:22économique,
34:22on a perdu
34:23au moins dix ans,
34:25dix longues années
34:26du développement
34:27économique.
34:28Donc,
34:28pour les pays du Golfe,
34:29ce n'était plus
34:30tout nable.
34:31Donc,
34:31il fallait ou bien
34:32aller jusqu'au bout
34:33pour aller à Téhéran,
34:34c'est-à-dire quoi ?
34:35Aller à Téhéran,
34:36c'est-à-dire mettre
34:37sur le sol
34:38les troupes
34:39à hauteur
34:40de 500 000 hommes,
34:41ce qui était hors
34:42de question
34:43pour Donald Trump,
34:43n'est-ce pas ?
34:44Ou bien il faut arrêter.
34:45Donc,
34:45c'est une nouvelle
34:46pression sur Donald Trump.
34:48Et bien évidemment,
34:48la troisième pression,
34:50c'est l'économie mondiale.
34:51Vous avez l'Eau des Trois-Dormos,
34:53ça vous dit quoi
34:54l'Eau des Trois-Dormos ?
34:55Regardez combien
34:56il a mal calculé,
34:58mal préparé
34:59sa stratégie.
35:00L'Eau des Trois-Dormos,
35:01ça veut dire
35:0220%
35:02de l'économie mondiale.
35:0520%,
35:05ça veut dire quoi ?
35:06Ça veut dire
35:07votre voiture,
35:08votre asset le soir,
35:10votre salaire,
35:12tout est...
35:13Vous êtes un habitant
35:15dans le dernier village
35:16des montagnes
35:17des Alpes,
35:18vous êtes impacté
35:19par la fermeture
35:21des Trois-Dormos.
35:23Autrement dit,
35:24il y avait cette pression économique.
35:25Mais aussi,
35:26bien évidemment,
35:27il y avait la pression
35:28de la diplomatie internationale.
35:31Et après,
35:32bien évidemment,
35:32la subjectivité
35:33de Donald Trump,
35:34il faut le prendre en compte.
35:36C'est un homme pressé.
35:37Il veut tout
35:38et maintenant.
35:39Et donc,
35:40ce n'est pas un stratège
35:41qui pourrait...
35:42On peut dire,
35:43moi,
35:43j'étais le premier
35:44qui critiquait
35:45matin,
35:45midi soir,
35:46Joe Biden.
35:47Mais Joe Biden
35:48avait quand même
35:49le minimum
35:51de réflexion stratégique,
35:52le minimum
35:53de respect
35:53pour les institutions.
35:55Donald Trump,
35:56c'est quelqu'un,
35:56un populiste
35:57qui n'a aucun respect
35:59pour les institutions américaines.
36:01Il y a un autre
36:03énorme trou
36:04dans la raquette
36:05de cet accord.
36:07C'est la question
36:08du front libanais.
36:09Oui.
36:10Israël n'est pas tenu
36:11par cet accord,
36:12si j'ai bien compris.
36:12Par ailleurs,
36:13on le disait tout à l'heure,
36:14ce matin,
36:15on a eu
36:15une DPCHFP
36:17annonçant
36:17des bombardements
36:18dans le sud du Liban
36:19par Israël
36:19qu'on fait
36:2116 morts
36:21dans le sud du Liban,
36:22en tout cas,
36:23avant qu'on rentre
36:25dans ce stream.
36:26C'est un trou
36:27de la raquette énorme.
36:28Qu'est-ce qui va se passer
36:28pour Israël ?
36:29Les Israéliens
36:30sont cohérents.
36:31Ils disent,
36:32les Américains,
36:33ils ne nous ont pas consultés,
36:35ils ne nous ont pas sollicités,
36:38ils ne nous ont pas associés
36:40à l'élaboration
36:42de son mémorandum.
36:45Il n'y a pas
36:46notre signature
36:48sur cet accord.
36:51Et donc,
36:52nous ne sommes absolument pas
36:54tenus
36:55et engagés
36:56dans la mise en place
36:57de cet accord.
36:58Un,
36:59deux,
37:00ça,
37:00c'est la communication.
37:01Maintenant,
37:02l'effet,
37:03c'est qu'Israël
37:04occupe 20%
37:05du territoire libanais
37:08et qu'Israël
37:09frappe
37:10non seulement
37:11le sud,
37:12mais aussi
37:12le sud
37:14de Beyrouth.
37:15Et face à Israël,
37:17vous avez le Hezbollah,
37:18beaucoup plus puissant
37:19que l'armée libanaise.
37:21Et vous avez
37:22une direction
37:23politique
37:24du Hezbollah,
37:25beaucoup plus solide
37:26et puissante
37:27que l'État
37:28libanais.
37:30Vous avez
37:31un front
37:32libano-israélien
37:34qui a
37:36ses propres impératifs,
37:38sa propre
37:39historicité,
37:40sa propre
37:41conflictualité.
37:43Ce n'est pas
37:43parce que Kralibaf,
37:45le président
37:46de l'Assemblée nationale
37:47iranienne,
37:48Égidie Vance
37:49ou Pzizhkian,
37:51le président iranien
37:52et Donald Trump,
37:54le président américain,
37:55signent
37:56un papier
37:57que tous
37:58les impératifs,
37:59tous les enjeux,
38:01tout le fonctionnement,
38:04toute l'historicité
38:05et la conflictualité
38:06d'un autre
38:07terrain
38:08s'étaient
38:10parce que
38:11les autres
38:12ont décidé.
38:13Non,
38:13pour signer
38:14un tel
38:15mémorandum,
38:15il fallait
38:16associer
38:17les acteurs
38:18engagés
38:19dans cette
38:19conflictualité.
38:20Donc,
38:20c'est quelque chose
38:20qu'on aurait pu
38:21quand même
38:21espérer
38:22de la part
38:23des Américains,
38:24de ces enjeux
38:25diplomatiques,
38:26qu'ils intègrent
38:27ces autres acteurs
38:28et qu'un processus
38:29de paix plus global
38:30au Moyen-Orient
38:30puisse se construire.
38:31Absolument,
38:32il fallait intégrer
38:33les Golfiens,
38:34il fallait intégrer
38:36les Talibanais,
38:37il fallait intégrer
38:38Israël,
38:39il fallait intégrer
38:40le Hezbollah.
38:41Le Hezbollah,
38:42d'accord,
38:43l'Iran est là,
38:44mais l'Iran
38:46a sa propre logique
38:49de fonctionnement,
38:49mais sur le terrain,
38:51le Hezbollah aussi
38:52a son système
38:54de fonctionnement.
38:56D'accord,
38:57le Hezbollah,
38:57c'est un proxy iranien,
38:59je n'ai aucun doute,
39:01je suis le premier
39:01dans mes projets
39:02de recherche,
39:03je l'ai développé,
39:04mais,
39:05sous des pas,
39:06parce que
39:07les Iraniens
39:08réfléchissent
39:10et élaborent
39:11ce cadre d'accord,
39:13le Hezbollah
39:14automatiquement
39:15pourrait,
39:16ou en situation,
39:18de s'engager.
39:19Il y a la logique
39:20de la confrontation
39:21sur le terrain.
39:22Et ensuite,
39:23il fallait intégrer
39:24l'Irak
39:25qui est concerné,
39:27il fallait intégrer
39:27la Jordanie
39:28qui est concernée.
39:29Le problème
39:30de Donald Trump,
39:31c'est qu'il pense
39:33qu'il décide,
39:34les autres
39:36exécutent.
39:36Aujourd'hui,
39:37c'est le désenchantement
39:39total pour Donald Trump.
39:40C'est pourquoi,
39:42pour parler comme Pierre Bourdieu,
39:43son habitus
39:44est déchiré.
39:45Pourquoi son habitus
39:46est déchiré ?
39:46Parce que vous avez
39:47un premier ministre
39:48qui dit
39:48« J'ai beaucoup,
39:50beaucoup de respect
39:50pour vous,
39:51monsieur le président,
39:52mais je ne suis pas
39:53objectivement en mesure
39:54de respecter
39:55ce que vous décidez. »
39:57J'ai une question
39:58qui est très intéressante
39:59dans le chat
40:00sur ce sujet,
40:01justement.
40:02c'est Koavikod
40:03qui se demande
40:03est-ce que,
40:04ou à quel point,
40:05Trump va faire pression
40:07pour qu'Israël se retire
40:08et arrête d'attaquer
40:09un peu partout.
40:10Il commence à y avoir
40:10un peu d'eau dans le gaz
40:11entre eux.
40:12Est-ce que c'est encore,
40:14vu qu'il y a,
40:15comme nous dit
40:17Koavikod,
40:17une forme d'eau dans le gaz
40:18entre Netanyahou,
40:19Trump,
40:20entre les États-Unis
40:20et Israël,
40:22est-ce qu'il peut y avoir
40:24une forme de pression
40:25de l'un sur l'autre
40:26pour arriver
40:28à une forme de paix
40:29sur les différents fronts ?
40:30Écoutez,
40:31d'une manière froide,
40:33est-ce que Donald Trump,
40:35en tant que président
40:36des États-Unis,
40:37a les levées de pression
40:38sur Benjamin Netanyahou ?
40:40La réponse est oui.
40:42Notamment en termes
40:43d'armement
40:44et de financement.
40:47Les deux aspects,
40:48financement,
40:48armement,
40:49armement,
40:49financement.
40:52Vous savez,
40:53Israël,
40:53depuis la guerre du Gaza,
40:55après le 7 octobre,
40:56a coupé presque
40:58avec tous les pays européens.
41:00Israël
41:02s'est isolé
41:03dans le monde arabe,
41:04à part les Émirats
41:05arabes unis.
41:06Eux aussi,
41:07bien évidemment,
41:09ils commencent
41:09à négocier
41:11unilatéralement
41:12avec les gardiens
41:12de la révolution islamique.
41:16Israël,
41:17dans les autres pays
41:19du système international,
41:20on sait très bien
41:21la relation
41:22des pays
41:23de l'Amérique latine,
41:25Afrique du Sud,
41:26etc.,
41:28etc.,
41:29avec Israël.
41:30Israël comptait
41:31uniquement,
41:32Israël,
41:33Dominique,
41:34Netanyahou,
41:34le gouvernement,
41:35comptait uniquement
41:36sur les États-Unis
41:38et au sein des États-Unis
41:40uniquement sur
41:41l'administration
41:42de Donald Trump
41:43et au sein
41:44de l'administration
41:44uniquement sur
41:45Donald Trump
41:46en tant que personne.
41:48Aujourd'hui,
41:49bien évidemment,
41:50c'est un désenchantement
41:50pour les Israéliens,
41:51pour le gouvernement
41:52israélien aussi.
41:53Pourquoi ?
41:54Parce que le seul
41:54levé,
41:55le seul principe
41:56sur lequel ils se reposaient
41:58aujourd'hui
41:59est très,
42:00très,
42:00très en colère
42:01contre la stratégie
42:03de Benjamin Netanyahou.
42:04Et donc,
42:05la question maintenant,
42:06est-ce que factuellement,
42:07est-ce que factuellement,
42:09Donald Trump
42:11est en mesure
42:12de couper,
42:13par exemple,
42:16le processus
42:18de l'armement
42:19américain
42:20pour Israël
42:20et le soutien
42:22financier
42:22américain
42:23pour Israël,
42:25celui-là
42:25est possible,
42:26mais peu probable.
42:28Peu probable,
42:29pourquoi ?
42:29Parce qu'au-delà
42:30de Donald Trump,
42:31il y a un ensemble
42:33de mécanismes,
42:34de lobbies,
42:35des infrastructures,
42:37des institutions
42:38qui s'imposent aussi
42:40malgré la subjectivité
42:42de Donald Trump
42:43à Donald Trump.
42:45Il est fort probable
42:46qu'on assiste
42:46à des réductions,
42:48mais une coupure totale,
42:50cela est peu probable.
42:53Adèle Bacaman,
42:54j'ai deux dernières questions.
42:55La première,
42:56je voudrais vous me répondre
42:56un petit peu en deux mots
42:57pour comprendre
42:58très concrètement
42:59quelles sont
42:59les prochaines échéances
43:02parce que là,
43:03on l'a bien compris,
43:04ce n'est pas un accord
43:04en lui-même,
43:05c'est un protocole d'accord
43:06qui va mener
43:06à d'autres négociations
43:07avant qu'il y ait
43:08un accord final.
43:09Quelles sont
43:09les prochaines échéances
43:10dans cette affaire-là ?
43:11Alors,
43:14rapidement,
43:15avant de répondre
43:15à votre question,
43:17il y a deux grandes fragilités
43:19pour cet accord.
43:20La première fragilité,
43:23pour moi,
43:23c'est le Liban.
43:25La deuxième fragilité,
43:26c'est la branche radicale
43:28au centre des gardiens
43:29de la révolution islamique
43:30qui considère
43:33les négociateurs
43:34iraniens
43:34à la fois
43:35Pzijkian,
43:36Qalibaf
43:36et Abassi
43:37comme des traîtres
43:38à la nation.
43:40Parce que l'Iran
43:41a gagné la guerre,
43:42il ne fallait absolument
43:43pas négocier
43:43avec les Américains,
43:44il fallait s'imposer
43:45aux Américains.
43:47Mais cette branche-là
43:49s'est mise
43:50entre parenthèses
43:52grâce à une intervention
43:53de Moustaba
43:55qui a validé
43:57le processus
43:58de négociation.
43:59Par contre,
44:00la grande fragilité
44:01libanais reste toujours là,
44:04cette fragilité libanaise.
44:06Est-ce que
44:07cette fragilité libanaise
44:08va mettre en danger
44:10la négociation
44:11entre les États-Unis
44:12et l'Iran ?
44:13Pour moi,
44:13cela est peu probable.
44:15Je pense
44:16dans les jours,
44:17voire les semaines
44:18et les mois à venir,
44:20les Américains
44:21et les Iraniens
44:22vont
44:25adopter
44:26le rôle
44:26du médiateur
44:28entre les Israéliens
44:30et le Hezbollah
44:32libanais.
44:32Le Hezbollah
44:33pour les Iraniens,
44:35Israël
44:35pour les Américains.
44:36Donc,
44:37au lieu d'entrer
44:38encore une fois
44:39dans la confrontation
44:40et mettre en échec
44:41total la négociation,
44:42ils vont jouer
44:43le rôle intermédiaire
44:45pour voir
44:45ce qui est possible.
44:46Voilà.
44:47Ça,
44:47ça convient à tout le monde
44:48parce que
44:48ni les Iraniens
44:49souhaitent revenir
44:50à la guerre,
44:51ni les Américains,
44:52ni Moustaba,
44:53ni Trump.
44:55Et ensuite,
44:56ce qui va passer,
44:57bien évidemment,
44:58c'est se lancer
44:59dans la négociation
45:00pour 60 jours.
45:01Ça,
45:02c'est l'échéance
45:03qui est fixée
45:04dans le mémorandum.
45:06Mais 60 jours,
45:09écoutez bien,
45:10renouvelable.
45:11Et quand on dit
45:12renouvelable,
45:14il n'a pas été dit
45:16renouvelable
45:1760 jours.
45:18Renouvelable
45:18un mois,
45:19deux mois.
45:20Juste renouvelable.
45:21C'est pourquoi
45:22les Iraniens
45:24et les Américains
45:26ont prévu
45:26des négociations
45:27de longue échéance,
45:31des mois,
45:32voire des années
45:33de négociations
45:34pour arriver
45:35à un accord.
45:36Et cela,
45:36comme j'ai dit
45:37dans l'introduction,
45:38pourrait aller
45:40jusqu'à la fin
45:41du mandat
45:41de Donald Trump.
45:42Et après,
45:43bien évidemment,
45:44Donald Trump
45:45va communiquer
45:45pour dire
45:46« De toute façon,
45:48j'ai stoppé la guerre,
45:49donc je vous ai mis
45:51et je vous ai ramené
45:52du contexte de guerre
45:53au contexte de diplomatie. »
45:55Il s'agira bien évidemment
45:56de ne pas se faire avoir
45:57par la communication
45:59de Donald Trump.
45:59Ma dernière question,
46:00Adèle Bakawan.
46:01Je comprends très bien
46:02que cet accord
46:02est très avantageux
46:04pour Téléran.
46:04Je comprends très bien
46:05qu'il est très désavantageux
46:06pour les États-Unis.
46:07Et quand même,
46:08est-ce qu'on peut se réjouir
46:09qu'une guerre
46:11de ce type
46:11se termine ?
46:14Ça dépend pour qui.
46:16Moi, je suis chercheur,
46:17n'est-ce pas ?
46:17Je ne suis pas militant.
46:19Peut-être,
46:20dans la vie privée,
46:21je pourrais avoir
46:21une opinion,
46:22un avis.
46:23Mais ici,
46:24vous m'avez invité
46:24en tant que chercheur
46:25pour analyser
46:26les données factuelles.
46:30Pour les Iraniens
46:33pro-régime,
46:35pour les Américains
46:36pro-Donald Trump,
46:38bien évidemment,
46:40la fin de cette guerre,
46:41c'est une bonne chose.
46:43Pour les Golfiens,
46:45ça pourrait être
46:46notamment les États
46:47une bonne chose.
46:49Pourquoi ?
46:50Parce que ces Golfiens,
46:52ils ont compris
46:53que Donald Trump
46:54ne va pas jusqu'au bout
46:56de son projet économique
46:58et de son projet militaire,
46:59c'est-à-dire
47:00faire chuter le régime.
47:01Donc, il fallait absolument
47:02que cette guerre s'arrête.
47:04Pour les entreprises
47:06et voire même
47:09les citoyens
47:10à l'échelle internationale,
47:12en termes économiques,
47:14c'est une bonne chose.
47:14Maintenant,
47:16mettez-vous
47:17à la place
47:18des Iraniens.
47:19N'est-ce pas ?
47:20Vous avez
47:2290 millions
47:23d'Iraniens.
47:24Selon les statistiques
47:25et les chiffres
47:27fournis par les gardiens
47:28de la révolution islamique,
47:29eux-mêmes,
47:30d'une manière officieuse,
47:31ils ne voulaient jamais,
47:32bien évidemment,
47:33ils ne souhaitaient jamais
47:33que ces chiffres
47:35soient dévoilés.
47:36Mais bon,
47:37vous savez,
47:38on est dans un monde
47:39où rien ne pourrait
47:40rester privé
47:41ou peu probable,
47:43eh bien,
47:44les sympathisants
47:45du régime
47:46ne dépassent pas
47:4620%.
47:48C'est-à-dire,
47:49vous avez au moins
47:5090%
47:51de la population
47:52iranienne
47:53qui ne soutient pas
47:54le régime.
47:54Et ce n'est pas
47:55parce qu'ils ne soutiennent
47:56pas le régime,
47:56ils soutiennent la guerre.
47:58Oui.
47:59Non, c'est deux choses
48:00différentes.
48:01Un changement de régime.
48:01Un changement de régime.
48:03Cette population,
48:04au mois de janvier,
48:06était dans la rue.
48:06Oui.
48:07Qui a été massacrée.
48:09Plusieurs milliers de morts,
48:10n'est-ce pas ?
48:10Et donc,
48:11est-ce que le renforcement
48:13des gardiens
48:14de la révolution islamique,
48:16grâce ou à cause
48:18de Donald Trump,
48:19est une bonne chose
48:19pour cette population ?
48:20Je ne sais pas.
48:22Est-ce que le fait
48:23des Libanais
48:24imaginez que vous êtes
48:25un Libanais.
48:26Vous rêvez d'avoir
48:27un État,
48:28n'est-ce pas ?
48:28Vous rêvez que Israël
48:30se retire des 20%
48:32de votre territoire.
48:33Mais si Israël
48:34a occupé les 20%
48:36du territoire libanais,
48:37c'est parce qu'il y a
48:38une guerre.
48:39Le Hezbollah a donné
48:40une excuse,
48:41une vraie excuse
48:42à Israël pour venir.
48:43S'il y avait
48:44un État libanais,
48:46est-ce qu'Israël
48:47pourrait encore
48:48utiliser cette excuse
48:49pour occuper 20%
48:50du territoire libanais ?
48:51Ce beau pays
48:52qui est
48:54vous savez,
48:56sur 6 millions
48:57de Libanais,
48:57vous avez 1 million
48:58de Libanais déplacés.
49:00Moi, j'étais à Beyrouth.
49:02Rien ne fonctionne.
49:03Ni des ministères,
49:05ni des institutions.
49:05Vous ne pouvez même pas
49:06retirer 10 dollars
49:08de la banque.
49:10Alors,
49:10donc,
49:12imaginez,
49:12vous êtes irakien
49:13et vous avez
49:1580 organisations
49:16militiennes
49:17qui sèment
49:19la terreur
49:20au sein de la population.
49:21pour répondre
49:22à votre question,
49:23c'est vraiment
49:23relatif,
49:24c'est-à-dire
49:26si on engage
49:27des jugements
49:28de valeur
49:28ou pas.
49:30Donc,
49:30oui,
49:31pour certaines catégories
49:32à l'échelle internationale,
49:34régionale
49:35et nationale
49:35et même locale,
49:37ça pourrait être
49:38une très,
49:38très bonne chose.
49:39Mais pour d'autres,
49:41voir les gardiens
49:42de la révolution islamique
49:43se renforcent
49:44d'une manière
49:45sans précédent
49:45et même,
49:46et je m'arrête là,
49:47après la guerre
49:48d'Irak,
49:49après la guerre
49:50d'Irak,
49:50c'était une épreuve
49:51terrible.
49:52Les gardiens,
49:53lorsqu'ils ont fini
49:54la guerre
49:54avec l'Irak
49:55de Saddam Hussein,
49:56ils n'étaient pas
49:57aussi renforcés.
49:58Pour moi,
49:59personnellement,
50:01un,
50:02ils ont gagné
50:02la guerre
50:03contre Donald Trump,
50:04deux,
50:05la perspective
50:06d'un changement
50:07du régime
50:09par,
50:10par,
50:11par les Iraniens
50:11eux-mêmes,
50:13s'éloigner encore
50:13des années
50:14et des années
50:15et des années.
50:16Merci.
50:17beaucoup,
50:18Adèle Bacaman,
50:18pour tous ces éclairages,
50:19c'était passionnant.
50:20Je vous en prie,
50:21avec plaisir.
50:22A bientôt.
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