- il y a 2 jours
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans 60 minutes.
00:00:02Evian aujourd'hui et Versailles demain, la France et le G7 déroulent le tapis rouge à Donald Trump
00:00:08comme si la guerre en Iran était déjà un lointain souvenir.
00:00:11On vous raccoutera ce dîner de Versailles demain soir donc qui fait couler tant d'encre et qui déclenche aussi
00:00:16la polémique.
00:00:17Un témoignage également, elle s'appelle Karine, elle sera sur ce plateau.
00:00:20Elle vient de découvrir que l'homme qui l'a violé pendant des années, qui a été condamné pour cela,
00:00:25est sorti de prison et qu'il s'est installé quasiment à côté de chez elle, à quelques centaines de
00:00:30mètres.
00:00:30Elle était reçue à l'Assemblée aujourd'hui et elle sera avec nous tout à l'heure.
00:00:33Et puis l'invité de 60 minutes, il est maire de Cannes, président de l'Association des maires de France,
00:00:38candidat à l'élection présidentielle, c'est David Lissnard qui nous rejoindra tout à l'heure.
00:00:42C'est parti pour 60 minutes, soyez tous les bienvenus.
00:00:56Et d'abord, cette information de dernière minute, on l'a appris il y a quelques instants.
00:01:01Un navire de guerre russe a tiré aujourd'hui des coups de semence, non pas loin de chez nous,
00:01:07mais dans la Manche, c'est-à-dire à quelques dizaines de kilomètres seulement des côtes françaises.
00:01:11Bonsoir Ulysse Gosset.
00:01:13Bonsoir.
00:01:13Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:01:14Alors on ne peut pas parler de bataille navale puisque c'est en fait un navire russe,
00:01:18l'amiral Grigorovitch, un bâtiment de 4000 tonnes qui appartient à la faute russe,
00:01:23qui a effectivement tiré sur un yacht.
00:01:26Pourquoi ? Comment ? On n'a pas tous les détails.
00:01:29C'est un yacht.
00:01:30Un yacht. Pas un autre bâtiment militaire, pas un pétrolier, un yacht.
00:01:34Alors évidemment, immense émotion en Grande-Bretagne parce qu'on voit la tension qui règne
00:01:39avec, vous savez, ces opérations commando contre les pétroliers de la flotte fantôme russe
00:01:44qui cherchent à livrer du pétrole russe en dépit des sanctions.
00:01:49Et donc ce que l'on sait, c'est que ce navire russe, un navire de guerre donc,
00:01:55a tiré à peu près à 20 milles nautiques de l'île de White,
00:01:59c'est-à-dire qu'il se trouvait dans les eaux internationales.
00:02:01C'est donc liberté de navigation parce que vous pourriez me demander
00:02:04est-ce qu'il y a des navires russes qui passent à travers la Manche ?
00:02:07Oui, ils ont droit.
00:02:07Liberté de navigation mais pas liberté de tirer.
00:02:09Et évidemment, c'est quasiment son précédent mais ça intervient dans un contexte très particulier
00:02:14parce que dimanche, des commandos britanniques de la Royal Navy
00:02:18ont arraisonné justement un pétrolier fantôme pour justement le détourner
00:02:23et le saisir et infliger une amende au commandant de bord et à l'armateur.
00:02:28Et puis hier après-midi, deux bâtiments de la Royal Navy
00:02:31avaient suivi justement cette frégate russe, l'amiral Grigorovitch,
00:02:35pendant une bonne partie de l'après-midi.
00:02:37On sait si c'est lié, si les deux événements sont liés ?
00:02:40Alors justement, c'est très bonne question.
00:02:40La réponse pour l'instant est incertaine.
00:02:43Mais la presse britannique a interrogé la Royal Navy.
00:02:46Ils disent qu'il n'y a pas de lien entre l'arraisonnement du pétrolier de la flotte fantôme
00:02:50et le tir sur un yacht.
00:02:51La question c'est pourquoi tirer sur un yacht ?
00:02:54Qui était à bord du yacht ?
00:02:55Il y a des marins britanniques qui sont allés voir sur le yacht
00:02:59pour constater qu'il n'y avait pas de blessés, pas de gros dégâts.
00:03:02Donc simplement ce tir qui est quand même sans précédent, inquiétant,
00:03:07parce qu'il faut savoir que la marine russe militaire,
00:03:11elle escorte désormais les pétroliers de la flotte fantôme à travers la Manche.
00:03:15Et donc pour la flotte britannique comme pour la flotte française
00:03:18qui cherche à arraisonner ces pétroliers fantômes,
00:03:21il y a un risque effectivement de confrontation avec les navires russes.
00:03:26Et évidemment c'est très délicat.
00:03:28Et du côté français, il faut savoir qu'il y a déjà eu 4 bâtiments de la flotte russe
00:03:31qui ont été arraisonnés depuis le mois d'octobre 2025.
00:03:35Donc je ne dis pas que c'est fréquent,
00:03:37mais disons que c'est un nombre d'incidents qui se multiplient
00:03:39et avec cette volonté de faire appliquer les sanctions.
00:03:42Parce que les pétroliers russes, c'est de l'argent pour la guerre en Ukraine.
00:03:45C'est pour ça qu'ils sont arraisonnés.
00:03:46Et donc la Russie a pris ces mesures d'escorte militaire dans les eaux internationales
00:03:52pour empêcher l'arraisonnement de ces bâtiments
00:03:55par des commandos britanniques ou français.
00:03:57On voit donc qu'on est dans un climat de haute tension
00:04:00alors que le G7 aujourd'hui ne parlait non pas que de ça,
00:04:05mais du conflit qui est à l'origine de tout,
00:04:07c'est-à-dire la guerre de Poutine en Ukraine.
00:04:10Avec nous également ce soir, Christine Ocren.
00:04:12Bonsoir.
00:04:12Soyez la bienvenue.
00:04:13Et le général Dutard, bonsoir.
00:04:15Général, c'est vers vous peut-être, si vous le permettez, Christine, que je vais me tourner.
00:04:18Pourquoi tirer des coups de semences sur un yacht,
00:04:21c'est-à-dire un bateau civil,
00:04:23à quelques dizaines de kilomètres des côtes ?
00:04:25Les Britanniques ont lancé une enquête.
00:04:28Moi, ce que j'imagine le plus probable comme scénario,
00:04:31c'est que tout d'abord, le contexte qu'a rappelé très brièvement Lys Gosset,
00:04:38c'est qu'effectivement, il y a le raisonnement de certains pétroliers,
00:04:42la flotte fantôme, à juste titre.
00:04:44Il est temps de mettre de l'ordre dans cette flotte fantôme.
00:04:47C'est la première chose.
00:04:48Et la seconde, qu'on oublie un peu, c'est le conflit, bien sûr, avec l'Ukraine.
00:04:51Et ça veut dire quoi ?
00:04:53C'est que le nombre de bateaux qui ont été coulés par l'Ukraine
00:04:56est quand même significatif.
00:04:58Et donc, cette frégate, à mon sens, a dû se sentir menacée.
00:05:03Menacée par un voilier, de peur que ce soit un commando.
00:05:06Menacée par un yacht ?
00:05:07Non, mais qu'il y ait une opération commando ukrainienne,
00:05:12comme il y a eu en Méditerranée, en mer Noire, bien sûr, en Méditerranée.
00:05:16Ils ont peut-être pensé que les passagers du yacht allaient arraisonner le bateau ?
00:05:19Absolument.
00:05:19Enfin, pas arraisonner, mais envoyer quelque chose, mettre une bombe,
00:05:23je n'en sais rien, s'approcher.
00:05:25Et je pense qu'il y a eu probablement une menace de cet ordre.
00:05:29Mais comme le rappelait Ulysse Gosset,
00:05:30c'est une première quasiment dans les eaux de la Manche, en fait.
00:05:34Mais si on est en eau internationale, au-delà de 20 kilomètres des côtes,
00:05:37que l'on tire comme ça sur un navire civil,
00:05:41pour le dissuader probablement de s'approcher,
00:05:43je pense que c'est plutôt le scénario qui doit être envisagé.
00:05:45Quand on parle de coup de semence, ça veut dire quoi ?
00:05:48On tire pour de vrai, on tire à côté ?
00:05:50Vous pouvez le faire à blanc ou vous pouvez le faire à balle réelle, effectivement.
00:05:54Il est possible que ce soit à balle réelle, en fait.
00:05:56Et dans ce cas-là, vous tirez, bien sûr, au sens du moment,
00:05:59mais pas en direction de l'individu.
00:06:01Vous tirez soit devant, soit derrière,
00:06:04pour montrer que vous êtes prêt à tirer vraiment si la menace est avérée.
00:06:09Le capitaine de ce navire de guerre russe, avant de tirer,
00:06:13il en réfère à qui ?
00:06:15Et jusqu'où ça remonte de prendre une décision comme ça ?
00:06:18Franchement, je ne pense pas que ça remonte jusqu'à Poutine.
00:06:22Alors, quelle délégation il a ?
00:06:23Vous avez vu ma question, oui.
00:06:24Oui, bien sûr.
00:06:25Est-ce que c'est un message de Poutine ou pas ?
00:06:26Non, je ne pense pas.
00:06:28Je pense qu'il a des consignes du patron de la flotte maritime russe.
00:06:36Mais de là, à mon avis, il s'est senti menacé.
00:06:39C'est quand même une première.
00:06:40Ça montre effectivement qu'il y a une haute tension, quand même,
00:06:44entre les navires russes et tout autre pays, d'ailleurs,
00:06:48y compris la France, les pays de l'OTAN, de manière générale,
00:06:50et qu'il s'est, je pense, senti menacé.
00:06:53Tout cela se passe donc au large des côtes françaises,
00:06:55qui accueille depuis hier le G7 à Evian.
00:06:58Voici les images du jour de ce sommet des grandes puissances économiques.
00:07:02D'abord, la traditionnelle photo de famille, sous le soleil d'Evian,
00:07:05c'était cet après-midi.
00:07:06Tout le monde est là, tout le monde a le sourire.
00:07:09Donald Trump peut-être un peu moins que les autres,
00:07:11mais voilà, il sourit lui aussi.
00:07:12On se tape sur l'épaule et on se félicite, évidemment, de ces retrouvailles.
00:07:18Et puis, l'autre image du jour, aujourd'hui, également, plus insolite, peut-être,
00:07:23c'est le chancelier allemand, Friedrich Merz,
00:07:26qui vient, avant une réunion de travail, offrir un maillot de foot,
00:07:29le maillot de l'équipe allemande, le maillot de la Mannschaft,
00:07:32floqué du numéro 47, comme le numéro de Donald Trump,
00:07:36dans l'ordre des présidents américains.
00:07:38Christine Ockern, quand on voit ces images,
00:07:40on a l'impression qu'il n'y a pas eu de guerre,
00:07:43que tout est fini, que tout est pardonné,
00:07:45et que Donald Trump est parmi ses amis.
00:07:48Non, mais les images sont évidemment parfois trompeuses.
00:07:52Il est bien évident que c'est une réunion sous haute tension,
00:07:55où Emmanuel Macron essaye désespérément d'imposer l'Ukraine et Zelensky
00:08:01au centre du jeu.
00:08:03Et il y a eu des jeux d'attitudes, de mouvements,
00:08:08où on a vu Trump saluer tout le monde,
00:08:11en tournant ostensiblement le dos à Zelensky.
00:08:13Enfin, il y a un théâtre du pouvoir, comme à chaque fois.
00:08:17Et là, Donald Trump, manifestement, souhaiterait qu'on ne parle que de son triomphe immense.
00:08:24Enfin, vous savez que Trump a ce génie de transformer des échecs,
00:08:29de vrais échecs ou des échecs relatifs.
00:08:31On peut penser que le mémorandum avec l'Iran,
00:08:35qui sera en principe signé non pas à Genève,
00:08:38mais à Birkenstock, près du lac de Lucerne,
00:08:42près de Lucerne, je crois, à la fin de la semaine,
00:08:44vous savez, c'est une page et demie,
00:08:47ce fameux mémorandum, et 14 points sur une page et demie.
00:08:51Donc, néanmoins, Donald Trump, encore une fois,
00:08:54a vu Zelensky, je crois, deux fois dans la journée.
00:08:57Et donc, on peut espérer que sur ce dossier-là,
00:09:01il y aura une avancée, et en particulier,
00:09:04et ça rejoint ce qu'expliquait le général Dutard,
00:09:07en particulier, un rétablissement des sanctions sur le pétrole russe.
00:09:12Puisqu'il a dit aujourd'hui, j'envisage, je vais appeler Vladimir Poutine ce dimanche.
00:09:16Et comme, oui, Vladimir Poutine, qui l'avait appelé pour lui souhaiter
00:09:20un très bon anniversaire dimanche dernier.
00:09:22Mais surtout, le pétrole a redégringolé,
00:09:25enfin, le Brent, ce n'est pas le prix à la pompe.
00:09:27Pas encore le prix à la pompe, malheureusement, oui.
00:09:29En dessous des 80 dollars, ce qui veut dire que pour l'économie russe,
00:09:33c'est évidemment le début d'une très mauvaise séquence.
00:09:36On a un Donald Trump qui se projette sur l'Ukraine,
00:09:39qui dit, je vais appeler Vladimir Poutine.
00:09:41D'ailleurs, il y a trop de morts côté russe, en ce moment, en Ukraine.
00:09:44Oui, apparemment, ce qu'il a marqué, ce sont les images que lui a montrées Zelensky,
00:09:50des bombardements sur cette église célébrissime dans le monde orthodoxe,
00:09:55donc à Kiev, la colline de l'Or.
00:09:58Et là, apparemment, Trump a dit, mais non, ça c'est trop.
00:10:03Mais le problème, pour nous, monde occidental et planète tout entière,
00:10:07c'est que le Détroit, aujourd'hui, n'est pas rouvert comme avant la guerre générale,
00:10:12qu'il faut encore aller le déminer, aujourd'hui,
00:10:14avant que les bateaux puissent reprendre leur chemin normal.
00:10:16Ça va prendre combien de temps ?
00:10:17Alors, si oui et non, parce qu'il y a quand même des passages,
00:10:20il y a des bateaux qui passent…
00:10:21Il y a une route, mais il n'y a plus l'autoroute.
00:10:22Voilà, il n'y a pas d'autoroute, mais il y a trois voies, peut-être.
00:10:26Et il y a des bouchons.
00:10:27Voilà, et des bouchons, pas trop, en fait.
00:10:29Bien sûr, ça peut être un bout bouchonné,
00:10:31on sent quand même une réticence des armateurs
00:10:33à se lancer dans l'ouverture complète.
00:10:36Mais on peut espérer, en fait, qu'il y ait une ouverture progressive,
00:10:39dans la mesure où les bateaux iraniens, maintenant,
00:10:41les pétroliers iraniens, commencent à sortir du Détroit
00:10:44et sont libres de passage, entre guillemets,
00:10:48de la part des autorités américaines.
00:10:50Donc, c'est un bon signe, en fait,
00:10:52que l'on avance vers une ouverture Détroit.
00:10:54Mais effectivement, il y aura une séquence d'e-minage.
00:10:57Il semblerait que le Détroit ne soit pas trop miné.
00:11:01On estime être dix ou une douzaine de mines.
00:11:03Mais c'est vrai qu'il faudra faire le travail.
00:11:05Pour l'instant, ça n'empêche pas, si vous voulez,
00:11:06surtout les sorties du Détroit.
00:11:08Quand vous dites qu'il faudra faire le travail
00:11:09pour trouver dix ou douze mines dans une surface
00:11:11qui n'est pas non plus un terrain de foot,
00:11:13il va falloir combien de temps pour être sûr qu'il n'y a plus de mines ?
00:11:15Il faudra demander à nos amis marins.
00:11:16Mais je pense que trois, quatre semaines de campagne,
00:11:19on devrait nettoyer tout ça, en fait.
00:11:21C'est ça que vont faire les deux bâtiments français chasseurs de mines ?
00:11:25Alors, s'ils sont effectivement utilisés,
00:11:27ça peut être des chasseurs de mines belges et néerlandais,
00:11:30des britanniques ou des Allemands.
00:11:33Je crois qu'il y en a un ou deux.
00:11:34Et donc, oui, c'est une très bonne occasion que l'Europe a
00:11:38de revenir, entre guillemets, dans le jeu.
00:11:41Mais il faut que l'accord soit bien signé,
00:11:44qu'on soit à peu près content de ce qu'il y a dedans.
00:11:47Et c'est une séquence diplomatique qui va être extrêmement importante.
00:11:50Et ça, ce sera donc en fin de semaine,
00:11:52la signature de l'acte 2 de ce préaccord Etats-Unis-Iran, vendredi ?
00:11:58La signature de l'acte 1.
00:11:59Et ensuite, 60 jours pour venir à bout de l'essentiel,
00:12:03de l'essentiel, c'est-à-dire le programme nucléaire iranien.
00:12:08Et donc, on peut imaginer que 60 jours, c'est très court,
00:12:11et que Donald Trump sera confronté à son obsession, comme toujours,
00:12:16qu'il y a d'essayer de faire mieux qu'Obama avec l'accord de 2015.
00:12:21Et on peut douter que ce laps de temps soit respecté.
00:12:25Et surtout, qu'Israël respecte cet accord,
00:12:29alors qu'Israël, aujourd'hui, a tapé dans le sud-Liban,
00:12:33et que le Hezbollah a riposté.
00:12:36Et donc là, ce sont véritablement des brèches.
00:12:38C'est vraiment le point le plus sensible de cet accord.
00:12:42On sait que Donald Trump s'est déjà emporté contre le Premier ministre israélien,
00:12:46qui lui-même est en fait le grand perdant de cet accord jusqu'à présent.
00:12:52Avant cette signature de vendredi, donc de cette étape 1 de l'accord,
00:12:57il y aura le dîner de Versailles.
00:12:59Demain soir, bonsoir Raphaël Grady.
00:13:01Emmanuel Macron a donc décidé d'inviter Donald Trump au château de Versailles.
00:13:04D'abord, qu'est-ce qu'on sait de ce qui va se passer demain soir à cette heure-ci
00:13:08?
00:13:08Écoutez, je vais vous faire une confidence, c'est assez difficile à dire.
00:13:12C'est assez rare qu'un événement ne soit tenu aussi secret du côté de l'Élysée.
00:13:15C'est simple, c'est silence radio.
00:13:17Alors, officiellement, l'idée, je le rappelle quand même,
00:13:20c'est de célébrer les 250 ans des États-Unis.
00:13:23Sauf que dans les faits, ça semble être destiné à éviter
00:13:26que Donald Trump ne quitte le G7 avant la fin,
00:13:29comme il l'avait fait l'an dernier au Canada.
00:13:31C'était devenu du coup un G6.
00:13:33C'est en tout cas ce que sous-entendait Emmanuel Macron.
00:13:35Hier midi, il était interviewé.
00:13:37Et quand il évoquait ce dîner, il expliquait
00:13:39qu'on veut que Donald Trump reste jusqu'au bout,
00:13:42notamment pour un autre sujet très épuné
00:13:44qui sera évoqué demain au G7.
00:13:46C'est l'intelligence artificielle, notamment, et ses dérives.
00:13:49Ça veut dire quoi ?
00:13:50Il aura droit à un Versailles low-cost, Donald Trump ?
00:13:54À quoi est-ce qu'il faut s'attendre ?
00:13:55En tout cas, ça ne ressemblera pas à la visite de Charles-3.
00:13:56Difficile de faire des Versailles low-cost, quand même.
00:13:58On ne va pas enlever les peintures et tout ça.
00:14:03Les dorures seront là pour le grand plaisir de Donald Trump,
00:14:06qui en est plutôt friand.
00:14:07Mais c'est vrai qu'Emmanuel Macron joue la sobriété.
00:14:10Il a prévenu.
00:14:10Ce n'est pas un délai de gala.
00:14:12Du côté, comme on dit, des éléments de langage de l'Elysée,
00:14:15on parle plutôt d'un dîner de travail.
00:14:16Il y a des articles de presse qui ont évoqué des feux d'artifice.
00:14:19A priori, ce ne sera pas le cas.
00:14:21Ça, on devrait pouvoir surveiller en restant à côté du château.
00:14:23A priori, les feux d'artifice, ça sera vérifié.
00:14:25Il ne devrait pas y avoir, a priori, de feux d'artifice.
00:14:27Donald Trump, ce qu'on sait, ce qu'on peut imaginer, supputer,
00:14:30c'est qu'il pourrait peut-être profiter de la nouvelle exposition du château de Versailles.
00:14:33Je la retrouve sur le site du château de Versailles,
00:14:34qui est justement dédié aux États-Unis pour cet anniversaire,
00:14:37à condition éventuellement de porter le casque de réalité virtuelle sur le dé.
00:14:41On aura éventuellement les photos d'ici quelques heures.
00:14:43Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Donald Trump est absolument ravi de cette invitation.
00:14:47Regardez.
00:14:49J'adore les lieux magnifiques.
00:14:55Et le président français, qui est un homme très gentil,
00:15:00il m'a invité à dîner à Versailles.
00:15:05Versailles, ce n'est pas du plaqué or, c'est du lourd.
00:15:10Alors j'ai dit que j'y participerai.
00:15:12Cela retardera mon départ au lendemain matin.
00:15:19Mais de toute façon, je dors peu, donc je serai rapidement de retour à la Maison-Blanche.
00:15:25J'adore cette phrase.
00:15:26Versailles, ce n'est pas du plaqué or, c'est du lourd.
00:15:29Est-ce qu'il fallait l'inviter ou pas ?
00:15:31Pardon ?
00:15:32Est-ce qu'il fallait l'inviter ?
00:15:33Oui, c'est une très bonne idée.
00:15:35D'abord, Versailles, ça marche toujours.
00:15:37On l'a même fait avec Poutine.
00:15:39On l'a fait avec Poutine, au tout début, le premier mandat du président Macron.
00:15:44Donc oui, c'est une très bonne idée.
00:15:46Et manifestement, ça marche.
00:15:48Et le fait que le président des États-Unis dise, et ce n'est pas du plaqué or.
00:15:52Il faut savoir qu'il est obsédé par le plaqué or.
00:15:55Celui qui l'utilise à Mar-a-Lago et qui l'a voulu, évidemment, coller partout dans le bureau oval.
00:16:00Donc tout cela rejoint des propos absolument sidérants, tenus à la Maison-Blanche, en plein conseil des ministres,
00:16:08quand il demande à ses conseillers.
00:16:09A votre avis, est-ce que le lustre, est-ce que là aussi, du plaqué or, c'est une bonne
00:16:14idée ?
00:16:15Alors on voit évidemment tous les ministres confondus d'obséquiosité et qui disent,
00:16:21mais bien sûr, monsieur le président, que vous avez raison.
00:16:24Ce qu'on peut dire d'un mot, c'est que Trump, il est élu encore pendant quelques années, mais
00:16:28il va partir.
00:16:29Par contre, la relation entre la France et l'Amérique, elle va durer.
00:16:32Or, qu'est-ce qu'on célébrera à Versailles demain soir, surtout ?
00:16:35Au-delà du G7, c'est le 250e anniversaire de l'indépendance de l'Amérique.
00:16:39Et qui a permis aux Américains de se libérer de la Grande-Bretagne ?
00:16:42C'est la France, c'est Louis XVI, c'est Beaumarchais, c'est Rochambeau,
00:16:46c'est les forces françaises envoyées se battre contre les Anglais, à l'époque,
00:16:51qui ont permis aux Américains de devenir indépendants.
00:16:54Et c'est ça que le président de la République a voulu marquer,
00:16:56mais avec aussi cet enjeu formidable du G7, parce que l'enjeu, il est très lourd.
00:17:00L'Ukraine, est-ce que Trump va faire marche arrière
00:17:03et revenir aux côtés des Européens pour les aider à soutenir l'Ukraine ?
00:17:06Le Golfe, est-ce que la coalition menée par la France et la Grande-Bretagne
00:17:10va se déployer pour aller chasser les mines ?
00:17:12Et puis, l'intelligence artificielle.
00:17:15Il y a une bataille absolument majeure aujourd'hui
00:17:18entre les États-Unis, la France et le reste du monde
00:17:20qui va réguler l'IA ?
00:17:23Ou est-ce que c'est champ libre pour tout le monde ?
00:17:25Donc, ces enjeux-là, il pourra en parler.
00:17:27Et c'est utile de pouvoir parler en tête-à-tête
00:17:30avec un Trump plutôt décontracté,
00:17:32plutôt qu'en colère,
00:17:33pour qu'il ne quitte pas, effectivement, le G7,
00:17:35furieux, en disant,
00:17:36les Européens, je vous avais prévenu,
00:17:38c'est la fin du monde.
00:17:39Et effectivement, de ce point de vue-là,
00:17:41ça a marché, puisque Donald Trump n'a pas claqué
00:17:42la porte du G7 à Evian,
00:17:43et qu'il sera demain à Versailles.
00:17:45On suivra évidemment ce dîner de l'extérieur.
00:17:48Si vous avez des informations,
00:17:49vous nous les donnerez, Ulysse Gosset.
00:17:50On a envie de tout savoir de ce qui va se passer
00:17:52demain soir à Versailles.
00:17:53Merci beaucoup à tous les trois
00:17:54d'être venus ce soir sur ce plateau.
00:17:55On en vient maintenant à la justice.
00:17:57La justice face à la montagne
00:17:59des violences sexuelles sur les enfants.
00:18:01On va parler d'abord de cette nouvelle plainte
00:18:03déposée contre Jérôme Barrella,
00:18:05l'homme soupçonné d'avoir tué la petite Liana.
00:18:07On recevra également une victime de viol.
00:18:09Elle s'appelle Karine.
00:18:10Son violeur sorti de prison
00:18:11vient d'être autorisé à habiter
00:18:12dans la même ville qu'elle.
00:18:14Et puis, on va aborder également
00:18:15la question du périscolaire à Paris
00:18:17avec un jugement qui est tombé aujourd'hui
00:18:19et qui fait beaucoup parler.
00:18:20Le premier animateur jugé dans cette affaire
00:18:22vient d'être relaxé.
00:18:23Pour en parler ce soir,
00:18:24Pauline Revena, bonsoir.
00:18:26On va d'abord évoquer avec vous
00:18:27cette nouvelle plainte déposée
00:18:30qui va être déposée contre Jérôme Barrella,
00:18:32suspect numéro un de l'affaire Liana.
00:18:34Qui vient d'être déposée.
00:18:35L'information nous est parvenue il y a quelques instants.
00:18:37Alors, c'est l'histoire de Léa
00:18:38qui a 12 ans aujourd'hui
00:18:39et qui, au moment des faits,
00:18:40est une enfant placée à l'aide sociale à l'enfance.
00:18:42Elle a été entendue hier par les enquêteurs
00:18:44avec ce signalement, souvenez-vous,
00:18:46qui avait été oublié par la justice en mars dernier.
00:18:49Et selon son avocate,
00:18:50elle a révélé de nouveaux faits
00:18:51lors de ses soirées pyjama.
00:18:52Elle a révélé des agressions sexuelles à répétition.
00:18:55C'est la raison pour laquelle son avocate
00:18:56a décidé de porter plainte en son nom.
00:18:59Et ce qui est intéressant dans ce témoignage,
00:19:00c'est qu'il a évolué.
00:19:01Parce qu'elle a mis six mois à parler
00:19:02auprès d'un indicateur.
00:19:03Que d'abord, elle a parlé de gestes déplacés
00:19:06et que maintenant, elle raconte
00:19:07des faits beaucoup plus caractérisés.
00:19:08On verra ce que décidera la justice
00:19:10d'agressions sexuelles.
00:19:11Et ce qui me frappe, moi,
00:19:12c'est qu'elle-même a décidé
00:19:13de couper court à ses soirées pyjama
00:19:15car elle avait compris le danger,
00:19:16nous explique son avocate.
00:19:17Elle avait vu les deux visages.
00:19:19Elle avait vu le papa joueur
00:19:20puis le papa agresseur.
00:19:21Rappelons que Jérôme Barrella
00:19:22organisait ses soirées pyjama
00:19:24avec ses filles à son domicile.
00:19:26Et la deuxième chose qui me frappe,
00:19:27c'est la vulnérabilité de cette petite fille,
00:19:3011-12 ans,
00:19:30amie de la fille aînée de Jérôme Barrella.
00:19:32Une petite fille peut-être plus isolée
00:19:34que les autres
00:19:34parce que placée à l'aseux.
00:19:36Et du coup, c'est une question
00:19:36qu'on peut se poser.
00:19:37À qui est-ce qu'on peut se confier
00:19:38quand on n'est pas avec ses deux parents
00:19:39et qu'on est dans une situation
00:19:41un peu plus délicate ?
00:19:42Est-ce que c'est pour ça
00:19:43que Jérôme Barrella a ciblé
00:19:45cette petite fille ?
00:19:46En tout cas, c'est des questions
00:19:47que la justice et que les enquêteurs
00:19:48devront se poser.
00:19:49On en est à combien de plaintes ?
00:19:50Neuf procédures au total
00:19:51contre Jérôme Barrella,
00:19:52donc quatre depuis
00:19:53qu'il est en détention provisoire.
00:19:54En comptant, évidemment,
00:19:55la procédure de la petite Liana
00:19:58et celle de Léa aujourd'hui.
00:20:00Bonsoir Suzanne Frugier.
00:20:02Merci d'être avec vous.
00:20:03Vous êtes membre
00:20:03de l'association Mouv'Enfants.
00:20:05J'accueille également
00:20:05et je vous remercie
00:20:06d'être ce soir sur ce plateau
00:20:08Laurence Brunet-Jambu.
00:20:09Bonsoir.
00:20:10Vous êtes à la fois la tante
00:20:11et la mère adoptive de votre fille
00:20:13qui est donc à côté de vous
00:20:14qui s'appelle Karine.
00:20:15Bonsoir.
00:20:16Merci d'être ici.
00:20:17Je pense que ce n'est pas
00:20:18un témoignage évident
00:20:19que vous allez porter ce soir
00:20:20sur ce plateau.
00:20:20Merci de la confiance
00:20:22que vous nous accordez.
00:20:23Laurence, Karine,
00:20:24vous venez de déposer
00:20:25aujourd'hui même
00:20:25à l'Assemblée nationale
00:20:26une pétition qui a rassemblé
00:20:27plus de 100 000 signatures
00:20:29pour modifier la loi.
00:20:31On va rentrer dans le détail
00:20:32de ce que vous réclamez aujourd'hui
00:20:34mais je pense qu'il faut d'abord
00:20:35nous expliquer les raisons
00:20:36de votre combat.
00:20:38C'est avec vous, Karine,
00:20:39parce que l'homme
00:20:39qui vous a violé
00:20:40pendant des années,
00:20:41qui est un multi-récédévis,
00:20:43qui a été condamné
00:20:43par la justice pour cela,
00:20:45vient d'être libéré,
00:20:46qu'il habite d'ailleurs
00:20:48ville que vous.
00:20:49Est-ce que vous pouvez
00:20:50nous raconter le début
00:20:51de cette histoire ?
00:20:52C'est-à-dire,
00:20:53non pas ce qu'il vous a fait subir,
00:20:54on ne va pas rentrer
00:20:55dans le détail,
00:20:56mais c'était à quel âge tout d'abord
00:20:58et ça a duré combien d'années ?
00:20:59J'avais 5 ans
00:21:00et ça a duré pendant
00:21:012 ans et quelques mois.
00:21:04On parle de centaines,
00:21:06de dizaines de viols ?
00:21:08Un certain nombre
00:21:09parce qu'en général,
00:21:11c'était 3 fois par semaine,
00:21:13donc 3 fois semaine
00:21:15fois 2 ans et quelques mois.
00:21:18Des centaines.
00:21:19Des centaines de fois.
00:21:20Ça se passait chez vous,
00:21:22à la maison ?
00:21:23Ça se passait au domicile familial
00:21:25et aussi dans le logement
00:21:28de son frère
00:21:28chez qui il est hébergé aujourd'hui.
00:21:30Ça, c'était donc de l'âge
00:21:32de 5 à 7 ans.
00:21:34À quel âge vous avez eu
00:21:35le courage ou la possibilité
00:21:37de pouvoir raconter
00:21:38ce que vous aviez vécu ?
00:21:41C'était...
00:21:42J'avais 11 ans.
00:21:44Et c'est à vous
00:21:45qu'elle s'est confiée
00:21:47à ce moment-là ?
00:21:48Quand vous recueillez
00:21:49ce témoignage
00:21:50d'une petite fille
00:21:51de 11 ou 12 ans,
00:21:52vous réagissez comment ?
00:21:53En fait, je savais
00:21:55depuis très longtemps
00:21:56qu'elle subissait des viols.
00:21:57J'ai fait des signalements,
00:21:59j'ai été mise en garde à vue,
00:22:00poursuivie, condamnée
00:22:01pour dénonciation calomnieuse.
00:22:03Je n'ai pas lâché.
00:22:05J'ai toujours veillé
00:22:06sur Karine de près,
00:22:07de loin, enfin, voilà.
00:22:08À un moment donné,
00:22:09les choses, en fait,
00:22:10que sa mère a voulu s'en débarrasser,
00:22:12excusez-moi de dire ça comme ça,
00:22:13mais c'est factuel,
00:22:14s'en débarrasser.
00:22:15Elle m'a dit
00:22:15« Puisque tu la veux,
00:22:16tu n'as qu'à la prendre. »
00:22:17Effectivement, je l'ai prise.
00:22:19On ne l'a plus lâchée.
00:22:20Et vous l'avez adoptée.
00:22:21Et on l'a adoptée.
00:22:22Voilà, c'est notre sixième enfant.
00:22:25Et c'est quand on voyait
00:22:26toutes ces difficultés
00:22:27qu'on a tout de suite pensé
00:22:28qu'il y avait quelque chose
00:22:29qui la bloquait.
00:22:29Et c'est grâce à des séances
00:22:31où on cherchait
00:22:32de la distrographie
00:22:33et de l'orthophonie
00:22:35à grand renfort.
00:22:36On voyait bien
00:22:36qu'il y avait quelque chose
00:22:37qui ne marchait pas.
00:22:38Et c'est surtout sa mémoire
00:22:39qui partait.
00:22:40Elle savait une table
00:22:41de multiplication à 8h,
00:22:42à 9h, il n'y avait plus rien.
00:22:44Elle avait déjà...
00:22:45Le cerveau refusait
00:22:46de se souvenir.
00:22:48Et le psychologue
00:22:49a tout de suite orienté Karine
00:22:50en lui disant
00:22:51« À côté de toi,
00:22:52tu as quelqu'un
00:22:53à qui tu peux te confier. »
00:22:55Et effectivement,
00:22:55en sortant du bilan,
00:22:57elle a tout raconté.
00:22:58Cet homme a finalement
00:23:00été condamné
00:23:00longtemps après,
00:23:01en 2018.
00:23:0230 ans de réclusion,
00:23:03dont 20 ans de sûreté.
00:23:04Il est sorti de prison
00:23:05il y a quelques jours,
00:23:06le mois dernier,
00:23:078 ans après sa condamnation.
00:23:10D'abord,
00:23:10comment vous l'avez su
00:23:11qu'il sortait de prison ?
00:23:13Vous avez reçu
00:23:13un courrier,
00:23:15un mail ?
00:23:15Oui,
00:23:16un mail avec une pièce jointe.
00:23:18« A vie à victime »,
00:23:19ça s'appelle.
00:23:19Voilà.
00:23:20Une lettre.
00:23:21Qu'est-ce qu'on vous disait ?
00:23:23On avait l'honneur
00:23:25de m'informer
00:23:26que M. Roland Bloddy
00:23:29sortait de prison.
00:23:30Un courrier type.
00:23:31Voilà.
00:23:31J'ai l'honneur
00:23:32de vous annoncer
00:23:33que l'homme
00:23:33qui vous a violé,
00:23:34c'est ça ?
00:23:35Oui,
00:23:35à sortir.
00:23:35On le voit là,
00:23:36on le voit le document.
00:23:37J'ai l'honneur
00:23:38de vous informer.
00:23:39Qui vient inviter à Rennes.
00:23:40Je mesure combien
00:23:41ces informations
00:23:42constituent pour vous
00:23:42un réel bouleversement
00:23:44au regard de la confusion de peine.
00:23:46Et donc,
00:23:46cet homme,
00:23:46à l'heure où l'on se parle,
00:23:47il habite où ?
00:23:48À Rennes,
00:23:49dans une tour d'immeuble
00:23:51remplie d'enfants.
00:23:5215 étages.
00:23:53Et vous,
00:23:53vous habitez où ?
00:23:54J'habite pas dans ce quartier-là,
00:23:56mais en fait,
00:23:58sur le chemin de mon travail,
00:24:02je passe à côté.
00:24:03Vous passez à côté de chez lui
00:24:04chaque matin et chaque soir
00:24:06quand vous rentrez.
00:24:08Ça,
00:24:08on vous le dit
00:24:08dans ce courrier,
00:24:10on vous informe
00:24:10qu'il va venir habiter
00:24:11la même ville que vous ?
00:24:12Oui.
00:24:13Oui ?
00:24:13C'est expliqué ?
00:24:14Il y a quelque chose ?
00:24:15Non, non.
00:24:17On dit que malheureusement,
00:24:18on ne pouvait pas faire autre chose.
00:24:18Oui,
00:24:19il n'y avait pas d'autre solution.
00:24:20Il n'y avait qu'une personne
00:24:21pour l'héberger,
00:24:22c'était son frère.
00:24:23Ça veut dire quoi ?
00:24:24Que vous vous empêchez
00:24:26de sortir,
00:24:27de fréquenter certains quartiers
00:24:28que vous vous dites
00:24:28que vous pourriez tomber sur lui ?
00:24:31Je sais que je fais plus attention
00:24:32du coup
00:24:33quand je me rends au travail.
00:24:35J'ai une alerte.
00:24:37Après,
00:24:37au tout début,
00:24:38quand j'ai reçu le courrier,
00:24:39j'ai été pétrifiée,
00:24:41j'ai eu très peur.
00:24:42Et aujourd'hui,
00:24:43je dirais que je suis plus en colère
00:24:45en fait.
00:24:45Parce que pour moi,
00:24:46je ne comprends pas
00:24:46comment est-ce que la justice
00:24:48peut laisser faire ça.
00:24:49Comment c'est possible ?
00:24:52Vous êtes en colère également ?
00:24:54C'est pire que ça.
00:24:55Parce qu'on va de dysfonctionnement
00:24:57en dysfonctionnement
00:24:57dans ce dossier.
00:24:58Déjà,
00:24:59il n'aurait pas dû venir
00:24:59vivre à Rennes.
00:25:00Ça,
00:25:00c'est un peu ce que font
00:25:01d'habitude la magistrature.
00:25:03On essaye de ne pas les mettre
00:25:04dans la même ville
00:25:05que la victime.
00:25:06Enfin,
00:25:06on essaye.
00:25:07Du moins,
00:25:07ça n'a même pas été essayé.
00:25:10Par contre,
00:25:11c'est encore des dysfonctionnements
00:25:12parce qu'il lui restait
00:25:14un certain nombre d'années
00:25:16à purger.
00:25:18Au moment du procès,
00:25:19on a entendu parler
00:25:20de la confusion des peines.
00:25:21Le magistrat l'a évoqué.
00:25:23Mais,
00:25:24quand on a posé la question
00:25:25aux avocats,
00:25:25on nous a dit,
00:25:26vu le profil,
00:25:2720 victimes,
00:25:284 condamnations,
00:25:29la justice ne le laissera pas
00:25:31sortir comme ça.
00:25:32Et en fait,
00:25:32on s'aperçoit que si,
00:25:33en fait...
00:25:34Je m'arrête sur le terme
00:25:35que vous venez d'utiliser
00:25:36que tout le monde ne connaît pas
00:25:37forcément la confusion des peines.
00:25:38On va l'expliquer aux téléspectateurs.
00:25:39C'est quand la peine la plus forte
00:25:41absorbe la plus faible.
00:25:42En l'occurrence,
00:25:43les 30 ans mangent,
00:25:45si on peut dire,
00:25:45ce n'est pas très joli,
00:25:46les 18 ans.
00:25:47C'est juste la peine de sûreté.
00:25:49Voilà.
00:25:49Et dans les 30 ans,
00:25:50il y avait les 20 ans.
00:25:51Donc les 20 ans gagnent
00:25:53sur les 18 ans.
00:25:54Comme il est rentré
00:25:55en détention provisoire en 2005,
00:25:57il avait terminé en 2025.
00:25:59Il a 9 ans de réduction de peine
00:26:00depuis 2005.
00:26:02Résultat,
00:26:02fin de peine le 12 mai 2026.
00:26:05quand on calcule,
00:26:05il a plus que ça
00:26:06parce qu'il avait été condamné
00:26:07en 1997.
00:26:08Il ne purge qu'une partie
00:26:10de sa peine.
00:26:10Il lui restait 5 ans.
00:26:12Mais le principe
00:26:12de la confusion des peines...
00:26:13Et donc,
00:26:13qu'on n'additionne pas.
00:26:15Il aurait dû faire 52 ans,
00:26:17il en fait 21.
00:26:18Qu'est-ce que vous demandez
00:26:19aujourd'hui ?
00:26:20Il faut que ça s'arrête.
00:26:21Il faut qu'il n'y ait plus
00:26:22de confusion de peine.
00:26:23En fait,
00:26:23ce n'est pas possible
00:26:23parce que là,
00:26:24on a relâché un prédateur
00:26:25dans une tour
00:26:26où il y a à peu près
00:26:27300 enfants
00:26:28à 50 mètres d'une école,
00:26:29maternelle et primaire.
00:26:31Donc vous vous dites
00:26:32que la confusion des peines
00:26:33pour les crimes sur enfants
00:26:34ne doit pas exister
00:26:35et que ça doit être
00:26:36une disposition spéciale.
00:26:38Voilà.
00:26:38Il faut que ça s'arrête.
00:26:39En ce sens,
00:26:39vous pouvez rejoindre aussi
00:26:40des propositions
00:26:41de Sébastien Lecornu
00:26:42qui expliquait
00:26:42qu'il fallait une imprescriptibilité.
00:26:45Alors moi,
00:26:45je parle de la confusion des peines
00:26:47et je ne veux vraiment
00:26:48parler que de ça
00:26:49parce que des femmes
00:26:50sont mortes
00:26:51parce qu'il y a eu
00:26:51la confusion des peines.
00:26:52Des enfants sont tués
00:26:55parce qu'il y a
00:26:55la confusion des peines.
00:26:56C'est un prédateur
00:26:57et qu'à un moment donné,
00:26:58les prédateurs...
00:26:59Je ne sais pas
00:26:59où il faut les mettre.
00:27:00Je n'ai pas la réponse.
00:27:01Mais il ne faut pas
00:27:02les laisser dans la société.
00:27:05Mais c'est ce que vous craignez,
00:27:06vous, Karine.
00:27:06C'est qu'effectivement,
00:27:08il y ait d'autres victimes.
00:27:09Je précise qu'il a été condamné
00:27:10combien de fois au total ?
00:27:11Quatre fois.
00:27:11Quatre fois au total.
00:27:13C'est qu'il y ait d'autres victimes.
00:27:15Mais qu'est-ce qu'on fait
00:27:17dans ces cas-là ?
00:27:18Il est sous bracelet électronique.
00:27:19Oui, pendant deux ans.
00:27:20Il est sous bracelet électronique.
00:27:21Ça n'a pas l'air
00:27:21de vous rassurer plus que ça.
00:27:22Il est sous bracelet
00:27:22et il a un certain nombre
00:27:23de bracelet électronique.
00:27:23Le bracelet électronique
00:27:24ne l'empêche pas
00:27:25d'attraper un enfant
00:27:25dans le couloir.
00:27:26Il va faire ses courses.
00:27:28Donc, il peut ramener
00:27:28n'importe quel enfant.
00:27:29Il ne faut pas oublier
00:27:31qu'il vit chez son frère
00:27:32et que son frère,
00:27:34quand il arrivait avec Karine,
00:27:36s'en allait pour qu'il puisse
00:27:38violer Karine, en fait.
00:27:38C'est ça, l'individu.
00:27:40Il est hébergé.
00:27:41Il n'a pas été poursuivi.
00:27:43Et la justice le sait.
00:27:44La justice le sait.
00:27:45Et au final,
00:27:46ils le remettent chez lui.
00:27:48Donc, il y a un moment,
00:27:49il y a quelque chose qui ne va pas.
00:27:50Elle dit quoi, Pauline,
00:27:51la justice sur le fait
00:27:52que cet homme,
00:27:53à sa sortie de prison,
00:27:54puisse habiter
00:27:55dans la même ville
00:27:56à quelques centaines de mètres
00:27:57que sa victime.
00:27:58En fait, la justice,
00:27:58elle est coincée.
00:28:00Elle informe la victime,
00:28:02vous Karine,
00:28:02avec cette lettre à avis.
00:28:04Elle met les formes
00:28:05dans un courrier,
00:28:05mais elle valide, en fait,
00:28:07l'installation à proximité
00:28:08parce qu'elle n'a pas
00:28:09d'autre choix, dit-elle.
00:28:10C'est écrit noir sur blanc.
00:28:11Il n'y a pas d'autre possibilité.
00:28:13Et c'est vraiment ça qui coince.
00:28:14Parce que ça met tout le monde,
00:28:17en fait,
00:28:17dans une impossibilité.
00:28:19Ils le reconnaissent par écrit,
00:28:20mais il n'y a pas
00:28:21de solution alternative.
00:28:22Simplement,
00:28:22il y a une série d'obligations.
00:28:23C'est un peu un aveu d'impuissance.
00:28:25Il y a un aveu d'obligation
00:28:26de fixer sa résidence,
00:28:27interdiction de paraître
00:28:28dans un lieu
00:28:29habituellement fréquenté
00:28:30par des mineurs.
00:28:31C'est pas possible.
00:28:31Si vous dites que c'est le cas,
00:28:32ça marche pas.
00:28:33C'est-à-dire qu'en fait,
00:28:34la décision de justice,
00:28:35elle est inapplicable.
00:28:36Elle est quasiment caduque
00:28:37au moment où on la publie.
00:28:40Mais ils n'ont pas
00:28:41d'autre solution.
00:28:41Parce qu'il n'a pas
00:28:42d'autre domicile, c'est ça ?
00:28:43Donc, c'est un aveu d'impuissance.
00:28:44Il avait une obligation de soin
00:28:45au moment où il violait Karine.
00:28:46Il était sous mandat de dépôt.
00:28:48C'est-à-dire que ça faisait
00:28:48un an qu'il était recherché
00:28:49par la justice française
00:28:50pendant qu'il violait Karine.
00:28:52S'il avait purgé sa peine
00:28:53de 1997,
00:28:56jamais elle aurait été violée.
00:28:58Et les quatre autres enfants
00:28:59qui ont été violés
00:29:00pendant la même période,
00:29:01non plus.
00:29:02C'est ça la responsabilité
00:29:03de la justice, en fait.
00:29:04C'est de rendre des comptes.
00:29:05Et de neutraliser
00:29:06ces individus.
00:29:08Mais en plus,
00:29:08dans le courrier,
00:29:09c'est quand même mis
00:29:09qu'il est encore dangereux.
00:29:11Donc la justice sait
00:29:12qu'il est dangereux,
00:29:12mais il le laisse quand même
00:29:13sortir.
00:29:13Et il stipule que s'il ne respecte
00:29:16pas ses obligations,
00:29:17alors il repart en détention
00:29:17pour sept ans.
00:29:18Mais qui le contrôlera ?
00:29:19Qui le surveillera ?
00:29:20Pour vous, Karine,
00:29:21la place de cet homme,
00:29:22aujourd'hui, elle est où ?
00:29:23En prison.
00:29:25En prison ?
00:29:25Pas ailleurs en France,
00:29:26loin de vous ?
00:29:28Je pense que ce genre
00:29:30de personne, en fait,
00:29:31restera comme il est.
00:29:32Il ne changera pas.
00:29:33Donc soit le mettre en prison
00:29:35ou dans un endroit
00:29:36où il n'a pas accès
00:29:37à des enfants.
00:29:39Et malheureusement...
00:29:40Je parlais il y a quelques minutes
00:29:41de la pétition,
00:29:42parce que vous avez lancé
00:29:43une pétition,
00:29:44donc sur l'aspect
00:29:45confusion des peines,
00:29:46pas sur l'aspect
00:29:47cet homme peut-il vivre
00:29:48à côté de chez vous.
00:29:49Vous étiez à l'Assemblée
00:29:50aujourd'hui ?
00:29:51Oui.
00:29:51Vous avez été reçue ?
00:29:52On a été reçue par
00:29:53Laure Miller,
00:29:53152 000...
00:29:54Laure Miller qui est une députée
00:29:56Macroniste.
00:29:57Très engagée sur le sujet.
00:29:57Vous avez combien de signatures ?
00:29:58152 000.
00:29:59Ah oui, j'en ai raté
00:30:00quelques-unes.
00:30:00Je dis 100 000 tout à l'heure.
00:30:01C'est pas grave.
00:30:02Mais ça montre aussi
00:30:04qu'il se passe peut-être
00:30:05quelque chose.
00:30:05Il se passe quelque chose
00:30:06et Laure Miller en a pris conscience.
00:30:08Je repars avec le projet de loi
00:30:10qu'elle m'a remis,
00:30:12qui pourrait être voté
00:30:13mi-juillet,
00:30:15si M. Lecornu accepte
00:30:16qu'il fasse partie
00:30:17de la loi sur la protection
00:30:19de l'enfance.
00:30:19C'est-à-dire que ça pourrait
00:30:19être ajouté à la loi
00:30:20qui arrive en juillet ?
00:30:21C'est ça l'idée ?
00:30:22Oui.
00:30:22Laure Miller,
00:30:23qui n'est pas ministre
00:30:24aujourd'hui.
00:30:25Mais les choses ont été faites
00:30:26dans ce sens,
00:30:26c'est-à-dire que les conseillers
00:30:28de M. Lecornu
00:30:29ont le projet de loi,
00:30:31que le projet de loi
00:30:32est parti aussi à l'étude
00:30:33dans l'Assemblée nationale,
00:30:34parce qu'apparemment,
00:30:35il faut que les gens l'étudient.
00:30:37Mais si la volonté est là,
00:30:39les choses peuvent être faites
00:30:40au 15 juillet.
00:30:41Vous avez le sentiment,
00:30:42en tout cas,
00:30:42d'avoir été entendue aujourd'hui ?
00:30:43Tout à fait.
00:30:44Oui ?
00:30:44Tout à fait.
00:30:46Laure Miller a été disponible,
00:30:47elle a été ouverte.
00:30:48On a parlé d'autres choses,
00:30:49parce qu'il y a tellement
00:30:49de choses importantes.
00:30:51On a parlé de la loi intégrale,
00:30:52on a parlé de l'omission volontaire
00:30:53de déclarer un crime,
00:30:55on a parlé du quantum des peines.
00:30:57Voilà, c'est les choses
00:30:58qui me travaillent, moi,
00:30:59parce qu'une personne
00:31:02qui viole 5 enfants
00:31:03ou qui agresse 9 enfants,
00:31:04qui prend 6 mois de prison
00:31:06avec sursis,
00:31:07c'est indigne de notre République,
00:31:10en fait.
00:31:10Qu'est-ce qu'on dit aux parents ?
00:31:11Qu'est-ce qu'on dit aux enfants ?
00:31:12Finalement,
00:31:13vous n'avez pas assez subi,
00:31:15parce qu'on va lui mettre
00:31:16une petite peine.
00:31:17C'est innommable,
00:31:18c'est le monde à l'envers,
00:31:20en fait.
00:31:20Dans le dossier de Karine,
00:31:21tous les dysfonctionnements
00:31:23ont été nommés.
00:31:23On a fait condamner la France
00:31:255 fois,
00:31:26à 5 remises.
00:31:27Il n'y a pas un petit homme gris
00:31:28au ministère de la Justice
00:31:29pour lire le jugement ?
00:31:31Parce que si on avait lu
00:31:32le jugement
00:31:32de la Cour d'appel de Paris,
00:31:34l'IANA ne serait pas morte.
00:31:35Parce qu'on est dans
00:31:36les mêmes dysfonctionnements.
00:31:38Exactement les mêmes.
00:31:40Ça a été repris
00:31:40par le défenseur des droits
00:31:41en 2020,
00:31:42signé de Jacques Toubon.
00:31:44Il avait tout nommé.
00:31:45Et en 2021,
00:31:46la magistrate de la Cour d'appel,
00:31:48dans sa motivation,
00:31:50énonce tous les dysfonctionnements
00:31:51de l'affaire de l'IANA.
00:31:52Ça sert à quoi,
00:31:53le combat qu'on mène,
00:31:54s'il n'y a pas quelqu'un
00:31:56qui est capable de lire
00:31:56un jugement au ministère
00:31:57de la Justice ?
00:31:59Enfin, excusez-moi,
00:32:00mais ils sont payés pour ça
00:32:01quand même,
00:32:01nos petits hommes gris,
00:32:02pour réfléchir ?
00:32:03Vous avez un jugement.
00:32:05La France est condamnée.
00:32:06Ce n'est pas rien.
00:32:07Enfin, je ne sais pas.
00:32:08On se dit,
00:32:09ben zut,
00:32:09il y a eu des fautes quand même.
00:32:10Pas d'excuses.
00:32:11Déjà, on ne reçoit pas
00:32:12la victime pour s'excuser
00:32:13des fautes du dysfonctionnement
00:32:15qui ont bousillé sa vie,
00:32:16qui l'ont mutilé à vie.
00:32:18C'est une chose quand même.
00:32:19C'est innommable,
00:32:19déjà, de ne pas s'excuser.
00:32:21Et en plus,
00:32:22on ne prend pas les mesures
00:32:23qui pourraient faire
00:32:25que ça ne se reproduise pas.
00:32:26Parce que des affaires
00:32:27comme la petite Liana,
00:32:28il y en a eu d'autres
00:32:29pendant ce temps-là.
00:32:30Malheureusement,
00:32:31ce petit ange est décédé.
00:32:33Certains ne sont pas décédés,
00:32:34mais ils ont subi
00:32:35la même chose que Karine,
00:32:36en fait.
00:32:36Parce qu'on ne prend pas
00:32:37la mesure de ce qu'est
00:32:38un viol sur mineur.
00:32:40On ne prend pas la mesure
00:32:41de la parole de l'enfant.
00:32:42On ne les écoute pas.
00:32:43et les magistrats
00:32:45sont dans leur route,
00:32:48dans leur starting block.
00:32:49Et ce qu'il y a à droite,
00:32:50ce qu'il y a à gauche,
00:32:51ma foi,
00:32:52on verra demain.
00:32:53Excusez-moi.
00:32:54Non, mais on vous a écouté
00:32:55jusqu'au bout,
00:32:56Suzanne Friget,
00:32:56je rappelle que vous êtes
00:32:57membre de l'association
00:32:57Move Enfants.
00:32:58Elle dit quoi,
00:32:59cette histoire-là ?
00:33:00Elle dit quoi,
00:33:01l'histoire d'une mère
00:33:02et de sa fille
00:33:02qui font condamner la justice
00:33:04et qui aujourd'hui...
00:33:06Ça fait des années
00:33:07que c'est comme ça.
00:33:08C'est tous les jours.
00:33:10Tous les jours,
00:33:11ces dysfonctionnements
00:33:12sont énormes.
00:33:13en réalité.
00:33:14Ce ne sont pas
00:33:15des faits isolés.
00:33:16Sur la confusion des peines,
00:33:18il n'y a pas de dysfonctionnement.
00:33:19Aujourd'hui,
00:33:19c'est l'application de la loi
00:33:20telle qu'elle est rédigée
00:33:21par nous.
00:33:23C'est inentendable.
00:33:25C'est absolument inentendable.
00:33:27Et puis,
00:33:28qu'on se pose la question
00:33:28de la prise en charge
00:33:29de ces pédocriminelles
00:33:30parce qu'on le sait
00:33:31qu'il est récidive.
00:33:32On le sait qu'il est récidive.
00:33:34Un pédocrimine
00:33:34n'a jamais une seule victime
00:33:35ou alors c'est quasiment
00:33:37une exception.
00:33:38On le sait.
00:33:39Donc,
00:33:39on ne peut pas...
00:33:42Je ne sais même pas.
00:33:43C'est impossible de se dire
00:33:45c'est quoi ?
00:33:45C'est la victime
00:33:45qui doit déménager
00:33:46parce que lui,
00:33:47il est sorti en prison ?
00:33:48Vous vous rendez compte
00:33:49dans quelle société on est ?
00:33:50Et ça,
00:33:51c'est le quotidien en fait.
00:33:52C'est le quotidien.
00:33:52C'est comme des femmes
00:33:53qui sont victimes
00:33:54de violences conjugales
00:33:56ou même pour certains
00:33:57quand ils sont condamnés.
00:33:59Combien de femmes après sont...
00:34:00On ne les prévient même pas.
00:34:02Elles ne sont même pas prévenues.
00:34:03C'est-à-dire qu'à présent,
00:34:03il faut que ce soit
00:34:03la personne condamnée
00:34:04qui change de ville.
00:34:06Il n'y a rien qui va.
00:34:07Et la confusion des peines,
00:34:08il faut absolument
00:34:09revenir dessus.
00:34:09Enfin, je veux dire,
00:34:10une peine suffit.
00:34:11On parle de crimes massifs,
00:34:12systémiques.
00:34:13Une peine suffit.
00:34:13Rappelez-vous l'affaire
00:34:14du chirurgien Joël Le Squarnec
00:34:16l'année dernière.
00:34:17Le procès.
00:34:17Il sort dans 5 ans.
00:34:19Vous vous rendez compte
00:34:20qu'il a plus de 299 victimes.
00:34:22Après, ça,
00:34:23c'est au niveau des procédures.
00:34:23On sait très bien
00:34:24qu'il a encore plus
00:34:25de victimes que ça,
00:34:26en réalité.
00:34:27Vous faites le ratio,
00:34:28en fait,
00:34:30par victime,
00:34:30connue en tout cas,
00:34:32et il y a du temps
00:34:33qu'il passe en prison.
00:34:35Ça veut dire quoi ?
00:34:36Ça veut dire qu'en fait,
00:34:37les enfants,
00:34:38les femmes,
00:34:39c'est pas grave.
00:34:40On peut les massacrer,
00:34:41on peut les violer,
00:34:42on peut tout faire.
00:34:43C'est OK.
00:34:44C'est pas grave.
00:34:45C'est pas une priorité.
00:34:46Donc voilà.
00:34:46Donc, encore une fois,
00:34:49tous les jours,
00:34:49on répète la même chose.
00:34:51Et donc là,
00:34:51il faut que...
00:34:52C'est pas une...
00:34:53Enfin, pour moi,
00:34:54pour nous d'ailleurs,
00:34:55pardon,
00:34:55c'est pas qu'une question
00:34:56de justice.
00:34:56Pour le coup,
00:34:57c'est une question
00:34:57de responsabilité politique,
00:34:58c'est une question
00:34:59de responsabilité collective.
00:35:01Madame a été...
00:35:02Elle a fait des signalements
00:35:03qui n'ont pas été pris en compte.
00:35:05Combien de lanceurs d'alerte
00:35:06ou de parents qui protègent
00:35:08se font condamner
00:35:09parce qu'ils alertent
00:35:11et qu'ils veulent protéger
00:35:12des enfants.
00:35:13Ça aussi,
00:35:13c'est une réalité
00:35:14qui est quotidienne.
00:35:15Il faut changer de paradigme.
00:35:17Il faut vraiment...
00:35:19Est-ce que vous pensez
00:35:19que ça va bouger ?
00:35:20Enfin, moi,
00:35:20j'essaie de mettre
00:35:21un tout petit peu d'espoir.
00:35:21J'allais demander à Karine,
00:35:23il y a votre histoire,
00:35:24il y a l'affaire
00:35:24de la Psycliana,
00:35:26il y a la loi intégrale
00:35:27aujourd'hui
00:35:27qui est portée
00:35:28par une partie des députés,
00:35:29il y a la loi sur l'enfance
00:35:30qui doit arriver en juillet.
00:35:32Est-ce que là,
00:35:33ça bouge un peu ?
00:35:33Les choses ne pourront se faire
00:35:35que si c'est bien expliqué
00:35:36dans la population.
00:35:37Pourquoi on fait ça ?
00:35:38Quel prix ça va avoir ?
00:35:39Quel prix ça va coûter
00:35:40de protéger les enfants ?
00:35:42Parce que tout ça a un prix
00:35:43et on n'entend rien là-dessus.
00:35:45Mais les réformes,
00:35:45elles ne vont pas se faire
00:35:46comme ça,
00:35:47d'un coup de baguette magique.
00:35:47Ça va coûter cher.
00:35:49Et j'en parlais
00:35:50avec Laure Miller
00:35:51cet après-midi.
00:35:52Je pense qu'il faut vraiment
00:35:53aller chercher
00:35:53du côté assuranciel
00:35:54parce qu'il va falloir
00:35:55investir massivement.
00:35:57Il va falloir protéger
00:35:58les enfants,
00:35:59offrir des avocats.
00:36:00Tous les enfants,
00:36:01on a offert des avocats
00:36:01uniquement aux enfants placés.
00:36:03On oublie toutes
00:36:04les autres victimes
00:36:05qui n'ont pas d'avocat.
00:36:06On l'espère qu'elles le sont.
00:36:07Parce que les enfants placés
00:36:08sont quand même
00:36:08les enfants les plus vulnérables.
00:36:09Oui, mais il y a beaucoup
00:36:10d'enfants dont les mères
00:36:11n'ont pas les moyens
00:36:12de protéger
00:36:13ni de payer un avocat
00:36:14parce que l'aide juridique
00:36:15elle est très peu.
00:36:16Je crois beaucoup
00:36:17au secteur assuranciel
00:36:18et à un fonds souverain
00:36:19pour aller chercher
00:36:20tout l'âge.
00:36:21Et la prise en charge
00:36:22du psychotrauma
00:36:23parce que, malheureusement,
00:36:25j'ai bien passé aussi
00:36:26pour le savoir
00:36:27et on était victime d'inceste.
00:36:29Ces traumas,
00:36:30on les a à vie.
00:36:31Et en fait, ça aussi,
00:36:32c'est nous qui devons
00:36:34les prendre en charge.
00:36:34Ce n'est pas normal.
00:36:36Oui, donc,
00:36:37en tout cas,
00:36:38ce que vous dites
00:36:39sur expliquer ce qu'il y a
00:36:42derrière les lois,
00:36:42vous avez entièrement raison.
00:36:44Moi, avant d'arriver
00:36:44sur ce plateau,
00:36:45j'étais à l'Assemblée nationale,
00:36:46on était en réunion,
00:36:47la coalition pour la loi intégrale,
00:36:48donc plusieurs associations
00:36:50avec des parlementaires.
00:36:51On a échangé justement
00:36:52là-dessus en se disant
00:36:53là, la population,
00:36:55elle vient,
00:36:56elle descend dans la rue.
00:36:57C'est la première fois
00:36:58qu'on voit
00:36:59des enfants,
00:37:00des adolescents,
00:37:01des personnes âgées,
00:37:02vraiment de toutes
00:37:03les générations.
00:37:04On a peur que ça retombe.
00:37:06Voilà.
00:37:06Parce que, malheureusement,
00:37:07c'est souvent comme ça.
00:37:08Les vacances aussi,
00:37:09en plus, scolaires approchent.
00:37:10Voilà.
00:37:11Et on s'est dit,
00:37:11il faut absolument que
00:37:12quand on parle de loi intégrale,
00:37:13nous, on est dedans,
00:37:14associations, victimes,
00:37:16donc ça nous parle,
00:37:17évidemment.
00:37:17Je ne suis pas sûre
00:37:18qu'effectivement,
00:37:18on fait un micro-trottoir,
00:37:19la plupart des gens,
00:37:20ils passent à côté,
00:37:21ils ne savent pas.
00:37:22Donc, on a évoqué,
00:37:23effectivement,
00:37:24ce travail de pédagogie
00:37:25dont vous parlez
00:37:25parce que c'est extrêmement important.
00:37:27Je voudrais, mesdames,
00:37:27qu'on dise aussi un mot
00:37:28d'une autre information
00:37:29qui est tombée aujourd'hui
00:37:30qui concerne le périscolaire
00:37:31à Paris.
00:37:32Autre affaire,
00:37:33autre scandale possible.
00:37:36Je rappelle simplement
00:37:36les chiffres,
00:37:37132 agents suspendus à Paris,
00:37:38dont 52 pour des soupçons
00:37:41de violences sexuelles
00:37:42sur des enfants.
00:37:43Le tout premier jugement
00:37:44est tombé aujourd'hui.
00:37:46Pauline,
00:37:46il s'agit d'un animateur
00:37:47qui était poursuivi
00:37:48pour agression sexuelle.
00:37:49Il a été relaxé aujourd'hui.
00:37:51Il a été relaxé.
00:37:53La question,
00:37:53c'est de la difficulté
00:37:55à caractériser
00:37:56les agressions sexuelles
00:37:57et l'intention sexuelle.
00:37:58Il y a une énorme colère
00:38:00des parents qui l'accusaient.
00:38:01Il avait été recus
00:38:0218 mois sur 6
00:38:03contre cet animateur.
00:38:05Il est relaxé.
00:38:06Le parquet a encore
00:38:0810 jours pour faire appel.
00:38:08Mais c'est vrai
00:38:09que la nouvelle,
00:38:09quand elle est tombée,
00:38:10elle a fait quand même,
00:38:11elle a beaucoup indigné
00:38:12les parents d'élèves.
00:38:12Et on va entendre justement
00:38:14la réaction de la maman
00:38:15de l'une de ces jeunes
00:38:17plaignantes
00:38:17qui réagissent à cette relaxe.
00:38:19Cette affaire révèle
00:38:21d'intolérables angles morts,
00:38:22des harcèlements
00:38:23et des agressions sexuelles
00:38:25ont été commis
00:38:26sous les yeux
00:38:27d'adultes aveugles.
00:38:28Plus grave encore,
00:38:29la CASP
00:38:30et la ville de Paris
00:38:31ont sciemment choisi
00:38:31de protéger l'institution
00:38:32et l'agresseur,
00:38:33sacrifiant les enfants
00:38:35sur l'autel
00:38:35de leur réputation.
00:38:36Quant à la justice,
00:38:38elle vient de prononcer
00:38:39une relaxe totale.
00:38:41Je suis indignée
00:38:43et en colère.
00:38:45Ce verdict traduit
00:38:46la lâcheté systémique
00:38:48d'institutions
00:38:48et de tribunaux
00:38:49d'une indulgence coupable.
00:38:51Votre réaction à ça,
00:38:52Karine ?
00:38:53Je ne comprends pas
00:38:54comment c'est possible.
00:38:56Comment on peut
00:38:59faire ça ?
00:39:00Comment on peut
00:39:01ne pas
00:39:04ne pas croire ?
00:39:07La parole de l'enfant
00:39:08ne vaut pas grand-chose.
00:39:09On voit bien
00:39:10qu'il y a des choses
00:39:10qui ne vont pas
00:39:11et au final,
00:39:12ils sont relaxés.
00:39:14C'est-à-dire
00:39:15on vous croit
00:39:16et vous ne croyez pas ?
00:39:19En plus,
00:39:19on a une explication
00:39:21puisqu'ils ont tenu
00:39:23à faire une explication
00:39:24de texte.
00:39:24L'explication,
00:39:25c'est qu'il y a
00:39:25des surnoms
00:39:26et des gestes
00:39:26qui ont été inadaptés
00:39:27mais il n'y a pas
00:39:27d'infraction
00:39:29matériellement
00:39:29et intentionnellement
00:39:30caractérisée.
00:39:31Il n'y a pas
00:39:31de caractère,
00:39:32par exemple,
00:39:33volontairement humiliant
00:39:34ou dégradant.
00:39:34Et ça,
00:39:35les parents,
00:39:35ils ont beaucoup de mal
00:39:36à l'accepter
00:39:37parce que,
00:39:38par exemple,
00:39:38il a expliqué
00:39:38que les traumatismes
00:39:40psychologiques des enfants
00:39:41ne sont pas forcément
00:39:42liés à l'animateur
00:39:43mais peut-être
00:39:43au retentissement
00:39:44de l'affaire.
00:39:44Donc,
00:39:44vous voyez,
00:39:45c'est un peu...
00:39:45Oui,
00:39:45c'est joué sur les mots.
00:39:47Et les enfants concernés,
00:39:49comment ils peuvent
00:39:49comprendre ça ?
00:39:51Vous vous rendez compte ?
00:39:52C'est compliqué.
00:39:5318 mois sur 6,
00:39:54demandés
00:39:54et relax
00:39:55et on attend aussi
00:39:56le...
00:39:57Et peut-être
00:39:58un appel à venir.
00:39:59On a des enfants
00:40:00qui ne vont pas
00:40:01être reconnus victimes
00:40:02mais qui vont sans doute
00:40:03être traumatisés
00:40:03ne serait-ce que
00:40:04parce qu'ils ont vécu
00:40:05des choses.
00:40:06Le comportement inadapté,
00:40:08c'est souvent ce que disent
00:40:09les magistrats en fait
00:40:09parce que je me rappelle
00:40:10d'un procureur
00:40:11de la République à Rennes
00:40:12qui m'a dit
00:40:13ouais,
00:40:14bon,
00:40:14c'était joué à touche pipi.
00:40:15Donc,
00:40:16insuffisamment caractérisé,
00:40:17c'est ça ?
00:40:18Ben non,
00:40:19c'était un viol.
00:40:20Ah bah.
00:40:21Donc,
00:40:21non,
00:40:22voilà,
00:40:22c'est aussi ça
00:40:24à laquelle on est confronté
00:40:25quand on est victime.
00:40:26C'est des magistrats
00:40:28qui ne veulent pas entendre
00:40:29ou qui ne peuvent pas,
00:40:30peut-être qu'ils ne peuvent pas,
00:40:31la question devrait leur être posée,
00:40:32qui ne peuvent pas entendre
00:40:34ce que c'est
00:40:34qu'un viol sur mineur.
00:40:36Et la plupart des gens
00:40:37à qui on parle,
00:40:38parfois on a cette réaction
00:40:40quand on dit
00:40:41moi je sais ce que Karine a vécu,
00:40:43j'ai décortiqué l'instruction,
00:40:45j'ai tout épluché
00:40:46et je me dis
00:40:48mais c'est quoi
00:40:49pour l'intellect des gens
00:40:51aujourd'hui,
00:40:51c'est quoi un viol de petits en fait ?
00:40:53Ben c'est des sodomisations,
00:40:55c'est des fellations.
00:40:56Ah bon ?
00:40:57Oh mais nous on ne fait pas ça
00:40:58des petits ?
00:40:59Ben si.
00:41:00Et il faut nommer les choses,
00:41:01je suis bien d'accord.
00:41:02Et en fait,
00:41:03le défaut des magistrats
00:41:04c'est qu'ils ne nomment pas les choses,
00:41:05le défaut des plaintes
00:41:06c'est qu'ils ne nomment pas les choses
00:41:08et les avocats
00:41:09pendant les audiences
00:41:09ne nomment pas les choses.
00:41:11Un enfant qui est agressé,
00:41:13un toucher rectal,
00:41:14ben c'est un toucher rectal,
00:41:16il n'y a pas d'autres mots,
00:41:18une vulve,
00:41:19c'est une vulve,
00:41:19une verge,
00:41:20c'est une verge,
00:41:21on ne fera pas de prévention
00:41:22si on n'emploie pas
00:41:23les bons mots
00:41:23avec les enfants.
00:41:24Il y a tout un boulot là-dessus,
00:41:26vous avez en mirage.
00:41:26C'est ce que j'allais dire,
00:41:26on mesure en vous écoutant
00:41:27tout le travail collectif
00:41:29qu'on va devoir faire.
00:41:31Je ne parle pas que de loi
00:41:32à l'Assemblée nationale.
00:41:33Chacun dans sa famille.
00:41:34Pour ça que je disais,
00:41:35dans la famille,
00:41:35ça peut être un sujet compliqué,
00:41:37il ne faut absolument pas
00:41:37que ce soit que,
00:41:38parce que 80% des violences sexuelles
00:41:39faites aux enfants
00:41:40sont au sein de la famille.
00:41:42Donc là,
00:41:43ça rend les choses plus compliquées.
00:41:44Quand on parle,
00:41:45nous,
00:41:45de responsabilité collective,
00:41:49la loi ne peut pas non plus
00:41:50tout résoudre.
00:41:50Non, l'éducation.
00:41:52Voilà,
00:41:52donc on a besoin
00:41:53d'une poétique publique
00:41:53qui soit vraiment à la hauteur
00:41:55où on va travailler
00:41:56sur du repérage,
00:41:57de la formation,
00:41:58de la présence charge du soin.
00:42:00Le repérage,
00:42:01c'est important
00:42:02d'aller au devant
00:42:04de ces enfants.
00:42:06C'est d'ailleurs
00:42:07une des premières préconisations
00:42:08du rapport de la CIS,
00:42:09la commission en dépense
00:42:10sur le sexe et les violences sexuelles.
00:42:10Et ça fait partie aussi
00:42:11de la loi intégrale,
00:42:12c'est-à-dire d'écouter les enfants,
00:42:13de leur permettre chaque année
00:42:14de témoigner.
00:42:14En fait, car il y a un entretien
00:42:15systématiquement,
00:42:16effectivement, annuel
00:42:16avec des professeurs
00:42:17qui sont formés
00:42:18parce qu'on manque énormément
00:42:19de professeurs formés
00:42:22au recueil
00:42:22de la parole des enfants.
00:42:24Merci beaucoup
00:42:24à toutes les quatre.
00:42:25J'ai oublié de vous poser
00:42:26une question, Karine,
00:42:27tout à l'heure
00:42:27et je m'en veux.
00:42:28Comment vous allez aujourd'hui ?
00:42:29Comment vous tenez le coup ?
00:42:30Je fais avec.
00:42:31Je n'ai pas le choix.
00:42:32Et vous avez quand même
00:42:33un très beau sourire
00:42:34et vous êtes là
00:42:35parmi nous aujourd'hui.
00:42:36Parce qu'il faut que
00:42:37les choses changent.
00:42:38Donc il y a de l'espoir ?
00:42:39Oui.
00:42:40Et je vous en remercie
00:42:41d'être venu jusqu'à nous ce soir.
00:42:42Merci beaucoup
00:42:42à toutes les quatre.
00:42:43On va accueillir
00:42:44à présent
00:42:46un homme politique
00:42:47qui brigue l'Elysée
00:42:48et on va parler
00:42:48de ses questions avec lui.
00:42:50Il est maire de Cannes.
00:42:51Il est président
00:42:52de l'Association
00:42:52des maires de France.
00:42:54Il est également candidat.
00:42:56Donc en 2027,
00:42:57c'est David Lissnard
00:42:59qui nous rejoint
00:43:00le temps de saluer.
00:43:02Et je vous entends dire
00:43:03bravo.
00:43:04Bonsoir David Lissnard.
00:43:06Je ne peux pas commencer
00:43:08cet entretien
00:43:08sans vous parler
00:43:09de ce qu'on vient d'entendre
00:43:10sur ce plateau.
00:43:11C'est-à-dire cette mère
00:43:11et cette fille
00:43:12et cette fille
00:43:13qui vient nous dire
00:43:14j'ai été violé par un homme.
00:43:15Il a été condamné
00:43:16par la justice.
00:43:1730 ans de réclusion.
00:43:18Il sort 8 ans
00:43:19après son procès.
00:43:21Et je suis informé
00:43:23il y a un mois
00:43:24par une lettre type
00:43:25de la justice
00:43:25du fait qu'il sort,
00:43:26ça c'est la loi,
00:43:27mais du fait
00:43:28qu'il va habiter
00:43:29à quelques centaines
00:43:30de mètres de chez moi.
00:43:31Courrier type,
00:43:32j'ai l'honneur madame
00:43:33de vous annoncer que.
00:43:34Votre réaction ?
00:43:36C'est absurde.
00:43:38C'est injuste.
00:43:39C'est indécent.
00:43:40Mais ne croyez pas
00:43:41malheureusement
00:43:42que ce soit une anomalie.
00:43:43C'est ça le problème.
00:43:44c'est que
00:43:46ces dysfonctionnements-là
00:43:47ne sont pas
00:43:49des erreurs rares.
00:43:50Ces dysfonctionnements-là
00:43:52ils révèlent
00:43:53une dysfonction publique.
00:43:55Ils révèlent
00:43:56un système
00:43:57qui malgré la qualité
00:43:58de nombreux magistrats,
00:44:01d'enquêteurs,
00:44:03il y a des gens
00:44:04bien formés en France.
00:44:05Un système
00:44:06qui ne sait pas faire,
00:44:08qui ne veut pas faire,
00:44:09qui manque de moyens
00:44:10pour faire.
00:44:11Tout cela
00:44:11se conjugue.
00:44:13Nous sommes le pays
00:44:15et je le rappelle
00:44:16à chaque fois
00:44:17qui a le record
00:44:17du monde
00:44:18des impôts
00:44:19et des charges.
00:44:20Où va notre argent ?
00:44:21Nous sommes le pays
00:44:22qui a le record
00:44:23du monde
00:44:23de la dépense publique.
00:44:24Ce n'est pas
00:44:25un propos de bistrot,
00:44:26c'est 57%
00:44:27de la dépense publique
00:44:28par rapport à la richesse.
00:44:29Et 4 fois moins
00:44:30de magistrats
00:44:31que nos voisins en moyenne.
00:44:33On dépense
00:44:34deux fois moins
00:44:34que l'Allemagne
00:44:35pour la justice,
00:44:36etc.
00:44:38Tout le budget
00:44:39de la justice
00:44:39avec les prisons,
00:44:40c'est à peine
00:44:41le double
00:44:42des retraites annuelles
00:44:44de la SNCF.
00:44:45Ce n'est pas
00:44:45pour stigmatiser
00:44:46la SNCF,
00:44:46c'est pour remettre
00:44:47des ordres de grandeur.
00:44:48Pourquoi ?
00:44:49Parce que d'abord,
00:44:50on a eu
00:44:51une inflation du droit
00:44:53bien supérieure
00:44:54aux autres pays.
00:44:55Donc,
00:44:56ce qui crée
00:44:57une bureaucratie juridique.
00:44:59Les procédures
00:45:00sont plus longues
00:45:01qu'ailleurs.
00:45:01Les délais de jugement
00:45:02sont plus longs
00:45:03qu'ailleurs.
00:45:04Il faut bien comprendre
00:45:05que la bureaucratie,
00:45:06elle implique
00:45:06une triple peine.
00:45:07Un,
00:45:08elle multiplie le droit,
00:45:09donc elle multiplie
00:45:11l'obstruction des tribunaux
00:45:12puisqu'on invoque
00:45:13des faisceaux juridiques.
00:45:14J'espère que c'est clair.
00:45:15On pourrait,
00:45:16je vous écoute,
00:45:17David Nettard,
00:45:17on pourrait vous dire
00:45:18c'est l'inverse.
00:45:19On pourrait vous dire
00:45:19c'est parce qu'il n'y a pas
00:45:20assez de gendarmes
00:45:21dans cette brigade
00:45:22qui devait enquêter
00:45:22sur la petite Liana,
00:45:23parce qu'il n'y a pas
00:45:24assez de juges
00:45:25qu'on n'a pas réussi
00:45:26à traiter tout ça à temps.
00:45:32de bureaucratie
00:45:33qui détourne du terrain.
00:45:35Il faut comprendre
00:45:35que la bureaucratie,
00:45:37la bureaucratie,
00:45:38en fait,
00:45:38elle crée la pénurie
00:45:40alors qu'on dépense
00:45:41plus d'argent.
00:45:41C'est tout le paradoxe.
00:45:43C'est la motivation.
00:45:44Si je suis là
00:45:45sur ce plateau,
00:45:46c'est parce que ça fait
00:45:46des années
00:45:47que je constate
00:45:48sur le terrain,
00:45:49dans la mairie,
00:45:49j'ai constaté
00:45:49dans mes commerces
00:45:51qu'on paye plus
00:45:52d'impôts carré,
00:45:53il y a plus de dépenses
00:45:54et pourtant,
00:45:54on manque de l'essentiel.
00:45:56Plus l'État s'est occupé
00:45:57de ce qu'il ne devait pas faire
00:45:58et plus on a multiplié
00:46:00la bureaucratie,
00:46:02on crée de la pénurie
00:46:03parce qu'on détourne
00:46:04l'argent public
00:46:06du terrain,
00:46:06de l'exécution des choses
00:46:07et deux,
00:46:08on crée de la pauvreté.
00:46:09On appauvrit le pays.
00:46:09Et pour aller au bout
00:46:11de ce qu'on dit,
00:46:12comment on s'attaque
00:46:13à la bureaucratie ?
00:46:14On supprime
00:46:14les trois organismes ?
00:46:15Ça ne suffit pas.
00:46:16C'est-à-dire qu'il faut
00:46:16revoir l'État du droit
00:46:18et il faut repartir
00:46:19sur des principes.
00:46:20Il y a eu dans la France
00:46:21des moments où on a réécrit
00:46:22le droit.
00:46:23Il y a eu des grands membres.
00:46:23On est à ce moment-là.
00:46:25C'est-à-dire qu'on peut
00:46:25se retourner dans trois mois,
00:46:27dans six mois.
00:46:27On aura l'absurdité
00:46:28de quelqu'un,
00:46:30d'un multi-récidiviste.
00:46:31Ensuite,
00:46:32il faut récrire le droit.
00:46:32La confusion des peines.
00:46:34C'est la justice confuse,
00:46:36pardonnez-moi cette expression.
00:46:37C'était le combat
00:46:37de cette mère et de cette fille
00:46:38il y a quelques instants.
00:46:39Comment quelqu'un condamné,
00:46:41on n'est même plus dans la confusion,
00:46:42on est même dans la peine,
00:46:42dans l'exécution.
00:46:43Condamné à 30 ans
00:46:44sort au bout de 8 ans.
00:46:45Comment n'a-t-il pas
00:46:46une interdiction de paraître
00:46:47sur la commune
00:46:48où il y a ses victimes ?
00:46:49Comment n'est-il
00:46:49tout simplement pas en prison ?
00:46:51Donc,
00:46:51on dépense plus qu'ailleurs,
00:46:52mais on n'a pas de peine
00:46:54de place de prison.
00:46:55Mais ça sera valable.
00:46:56La mère d'Elias,
00:46:58son fils est mort
00:47:00par deux adolescents
00:47:02qui avaient 19 condamnations
00:47:04et zéro exécution de peine.
00:47:07Donc,
00:47:08ça renvoie aussi
00:47:08à la mentalité
00:47:09d'une certaine forme de justice.
00:47:11Donc,
00:47:11on marche sur la tête.
00:47:13Et c'est pourquoi
00:47:14il ne s'agit plus maintenant
00:47:16de rafistoler un système
00:47:17qui fuit de partout.
00:47:19Il s'agit de reconstruire un système.
00:47:20On en a la capacité.
00:47:21On en a les moyens.
00:47:22Mais ça va être
00:47:23un travail colossal.
00:47:25Les magistrats
00:47:26adaptent la doctrine
00:47:28à la pénurie
00:47:29de places de prison.
00:47:30On sait qu'il manque
00:47:3020 000 places de prison.
00:47:32Ce qui fait qu'on a
00:47:33une surpopulation carcérale,
00:47:34ce qui est indigne
00:47:35d'une grande démocratie.
00:47:36On met 4-5 personnes
00:47:37dans une cellule.
00:47:38Et que,
00:47:38deuxièmement,
00:47:39on ne condamne pas
00:47:40des gens à la prison
00:47:41qui devraient faire de la prison,
00:47:42qui devraient être en tol.
00:47:44Donc,
00:47:45ça fait que ces gens-là
00:47:46sont en dans la rue,
00:47:47ils commettent d'autres faits
00:47:48et ça obstrue les tribunaux.
00:47:49Le laxisme judiciaire,
00:47:52crée aussi
00:47:53l'encombrement
00:47:54des tribunaux.
00:47:55C'est-à-dire ?
00:47:56Alors là,
00:47:56vous m'expliquez.
00:47:57Bien sûr.
00:47:57Si vous condamnez
00:47:58quelqu'un plusieurs fois,
00:47:59que vous ne le protégez
00:48:01ni les victimes
00:48:02ni la société,
00:48:02il ne va pas en prison.
00:48:03Parce qu'il repasse,
00:48:04ça enlève
00:48:06la justice.
00:48:07J'ai discuté
00:48:08avec le procureur
00:48:08du ressort de ma commune.
00:48:10On a passé
00:48:10quelques heures samedi.
00:48:12Il m'a alerté aussi
00:48:13sur les différences
00:48:14de niveau
00:48:15des chefs de juridiction.
00:48:17Il y a des chefs
00:48:18de juridiction
00:48:19qui sont des bons juristes,
00:48:19mais ils sont incapables
00:48:20d'organiser leur juridiction.
00:48:21Donc avec les mêmes moyens,
00:48:22ils auront 4 ou 5 ans d'attente.
00:48:24Et d'autres,
00:48:24avec les mêmes moyens,
00:48:25auront 6 mois d'attente.
00:48:26Donc il est temps aussi
00:48:27qu'on crée,
00:48:28qu'on ait des chefs
00:48:30de juridiction
00:48:31qui soient des grands organisateurs.
00:48:32– Bien clair, David Listin,
00:48:33vous dites,
00:48:33et on entend très bien,
00:48:35moins de bureaucratie,
00:48:38revoir le code pénal,
00:48:40sans doute,
00:48:40réécrire,
00:48:41et au final,
00:48:42plus de magistrats ?
00:48:43– Bien sûr.
00:48:44– Autant qu'aujourd'hui,
00:48:45moins ?
00:48:45– On manque de parquetiers,
00:48:47c'est-à-dire de procurer
00:48:48la République.
00:48:49– Vous, le libéral,
00:48:50vous dites qu'il y a des choses
00:48:51qui doivent échapper
00:48:52au moins d'États.
00:48:53– Écoutez,
00:48:54quand il y avait
00:48:55moins d'impôts
00:48:56et moins de charges
00:48:56et moins de règles,
00:48:58c'est-à-dire plus de liberté,
00:49:00libéral,
00:49:00il y avait un État plus fort.
00:49:02C'est-à-dire que
00:49:03si on veut retrouver
00:49:04un État fort,
00:49:06il faut enlever
00:49:07toutes les surcharges
00:49:09de l'État,
00:49:09notamment les surcharges
00:49:10bureaucratiques.
00:49:11Si vous voulez plus de magistrats,
00:49:12plus de greffiers,
00:49:13plus de policiers,
00:49:14plus de gendarmes,
00:49:15il faut qu'il y ait
00:49:15moins de bureaucrates.
00:49:16Et pour qu'il y ait
00:49:16moins de bureaucrates,
00:49:17il faut qu'il y ait
00:49:17moins de bureaucratie.
00:49:18Pour qu'il y ait moins
00:49:19de bureaucratie,
00:49:19je dis toujours la même chose,
00:49:20il faut qu'il y ait
00:49:21moins de règles absurdes.
00:49:22Le nombre de règles
00:49:23qui se contredisent.
00:49:24Je sors de 3h30
00:49:25de bureaux
00:49:25de l'Association
00:49:26des maires de France.
00:49:27Il y a trop de bureaucratie
00:49:28à l'AMF ?
00:49:29L'AMF, non,
00:49:29c'est une association.
00:49:30En revanche,
00:49:31dans nos mairies,
00:49:32on est victime
00:49:32d'un jonction contradictoire.
00:49:34C'est un autre sujet,
00:49:35mais tout ça est lié.
00:49:36Dans la même journée,
00:49:37on peut vous enjoindre
00:49:38de faire 300 logements
00:49:39sociaux avant la fin de l'année
00:49:40et vous interdire
00:49:41de faire des logements
00:49:43parce qu'il y a
00:49:44une grenouille
00:49:45à ventre rouge
00:49:46qui est passée
00:49:47sur le terrain
00:49:47où il devait y avoir
00:49:48les logements
00:49:48il y a 6 mois.
00:49:49Donc tout ça,
00:49:50on le vit tous les jours.
00:49:51Il faut comprendre
00:49:55donc on a aujourd'hui,
00:49:57je répète,
00:49:58on dépense plus qu'ailleurs
00:49:59et on est moins bon
00:50:00dans l'exécution
00:50:01parce qu'il y a un détournement
00:50:02de notre argent
00:50:03de contribuable.
00:50:04Tout euro
00:50:05qui est donné
00:50:06à la bureaucratie,
00:50:07c'est un euro en moins
00:50:08pour l'école,
00:50:10c'est un euro en moins
00:50:10pour la justice de terrain,
00:50:12c'est un euro en moins
00:50:13pour la police.
00:50:14C'est ça qu'il faut comprendre
00:50:15et c'est pourquoi
00:50:16c'est la révolution
00:50:18du bon sens
00:50:18que je propose
00:50:19par la liberté
00:50:20et la responsabilité individuelle
00:50:21y compris des magistrats
00:50:23qui va permettre
00:50:24de retrouver
00:50:25un État
00:50:26recentré sur ses missions
00:50:27est fort.
00:50:28Que l'État
00:50:28arrête de nous dire
00:50:29combien on doit manger
00:50:31de fruits et légumes,
00:50:32combien de fois
00:50:32on doit avec l'ADEME
00:50:33nettoyer ses slips
00:50:34et ses caleçons
00:50:35mais qu'en revanche,
00:50:36parce que c'est la réalité,
00:50:37on a payé ça quand même,
00:50:38mais qu'en revanche,
00:50:39on est des magistrats,
00:50:40on est des greffiers,
00:50:41on est des places de prison
00:50:42et c'est tout cela
00:50:43qu'on va mettre en place.
00:50:44Et j'entends ce que vous dites,
00:50:44ce sera votre ligne
00:50:45dans cette campagne présidentielle.
00:50:47mais c'est tout le sens
00:50:48de mon engagement
00:50:49depuis des années.
00:50:49Est-ce que vous aimez
00:50:50la Formule 1 ?
00:50:52Oui, alors je dois avouer
00:50:53que je la regardais
00:50:54beaucoup plus
00:50:54quand j'étais jeune.
00:50:55Vous voyez pourquoi
00:50:56je vous pose la question ?
00:50:56Non.
00:50:57Non ?
00:50:58Non.
00:50:58Le jour de la marche blanche
00:51:00pour Liana,
00:51:02est-ce que vous seriez allé
00:51:02à un Grand Prix de Formule 1
00:51:03comme l'a fait Jordan Bardella ?
00:51:06Cette photo est extrêmement
00:51:07commentée depuis plusieurs jours.
00:51:08Le jour de la marche blanche,
00:51:09lui dit,
00:51:10des marches blanches,
00:51:11de toute façon,
00:51:11il y en a tous les jours.
00:51:12La famille de Liana
00:51:13avait demandé que les politiques
00:51:14ne soient pas là
00:51:15mais ça lui vaut pas mal de critiques.
00:51:18Le fait de s'exposer,
00:51:19d'exposer,
00:51:20il est avec sa compagne,
00:51:21ce qui est évidemment son droit.
00:51:24Le jour de la marche blanche,
00:51:25est-ce que pour vous
00:51:25c'est matière apolémique
00:51:26ou est-ce que vous dites comme lui,
00:51:27c'est ma vie privée ?
00:51:29Des marches blanches,
00:51:30il y en a tout le temps
00:51:31donc je ne vais pas m'empêcher
00:51:32de vivre ces jours-là
00:51:32même si je suis aujourd'hui
00:51:33l'un des favoris de l'élection.
00:51:35La marche de blanche de Liana
00:51:36était quand même particulière
00:51:37parce que
00:51:39cet horrible assassinat,
00:51:42meurtre ou assassinat,
00:51:43je ne vais pas le qualifier,
00:51:45a suscité une émotion puissante
00:51:49et le fait que vous posiez la question
00:51:51montre que
00:51:53quand vous êtes un élu,
00:51:54après, vous savez,
00:51:54les lucidités rétrospectives,
00:51:56c'est facile.
00:51:56Mais vous, par exemple,
00:51:57ce jour-là,
00:51:59c'est pas très loin de chez vous d'ailleurs,
00:52:00Monaco,
00:52:00si vous me dites
00:52:01que j'étais au Grand Prix,
00:52:01moi aussi,
00:52:02forcément,
00:52:03vous seriez interdit,
00:52:04vous vous êtes interdit
00:52:05certaines choses
00:52:06ou vous lui jetez la pierre ?
00:52:07Vous savez,
00:52:08quand vous êtes...
00:52:08Alors moi,
00:52:09c'est différent,
00:52:09je suis élu en plus,
00:52:10enfin,
00:52:11j'en ai aussi député européen,
00:52:12moi j'ai un exécutif,
00:52:13donc moi j'ai un peu
00:52:14la tête dans le guidon,
00:52:15si vous voulez,
00:52:16du travail quotidien
00:52:17et pas du vilain
00:52:18de la Formule 1.
00:52:19Mais,
00:52:21pourquoi je vous réponds comme ça ?
00:52:22parce que je trouve
00:52:23toujours très facile
00:52:24de donner des leçons de morale.
00:52:26Oui,
00:52:26évidemment,
00:52:27c'est une faute de goût.
00:52:30Faute de goût ?
00:52:31Certainement,
00:52:32mais chacun jugera,
00:52:33voilà,
00:52:33j'ai pas envie,
00:52:34moi je suis pas là
00:52:34pour commenter cela,
00:52:35je suis là pour poser
00:52:36un projet de redressement
00:52:37de la France,
00:52:37pour que la France
00:52:38retrouve sa grandeur,
00:52:39pour que les artisans,
00:52:40les commerçants,
00:52:41les ouvriers
00:52:41gagnent mieux leur vie
00:52:42par leur travail.
00:52:43Vous voyez,
00:52:44donc,
00:52:45les affres de Jordan Bardella,
00:52:48ou...
00:52:48chacun se fait son opinion,
00:52:50je suis pas plus qualifié
00:52:51que n'importe quel Français
00:52:51pour juger ça.
00:52:52Bon,
00:52:53on entend ce que vous dites.
00:52:53En revanche,
00:52:53j'essaie de me qualifier
00:52:54pour porter une espérance.
00:52:56Puisque vous parlez de qualifié,
00:52:57vous me tendez la perche,
00:52:58ce soir,
00:52:58les Bleus jouent leur premier match
00:53:00en Coupe du Monde
00:53:01face au Sénégal.
00:53:02Face au Sénégal.
00:53:03Ça nous rappelle
00:53:03les mauvais souvenirs ?
00:53:04Le foot,
00:53:05ça rappelle les mauvais souvenirs.
00:53:06Vous savez,
00:53:06je suis un fusel footballeur professionnel.
00:53:07Je le sais,
00:53:07je sais,
00:53:08j'étais sûr de pas vous piéger
00:53:09sur cette question-là.
00:53:10Est-ce que,
00:53:10après le match,
00:53:12vous craignez des violences ?
00:53:15Ben maintenant,
00:53:15on est obligé
00:53:16de les craindre tout le temps.
00:53:17Parce que c'est devenu
00:53:19un prétexte.
00:53:19Mais je les crains
00:53:20pour la fête de la musique.
00:53:21Je les crains
00:53:21pour le 14 juillet.
00:53:23J'ai l'expérience.
00:53:24Je vois bien que...
00:53:25C'est-à-dire que même à Cannes,
00:53:26qui est une ville...
00:53:27Qui est une ville comment, tiens ?
00:53:29Allez,
00:53:29comment je vais la qualifier ?
00:53:30Dont les revenus sont peut-être
00:53:31un peu supérieurs
00:53:32à ceux de la moyenne en France ?
00:53:33Alors,
00:53:33le taux de pauvreté,
00:53:34ce qui est supérieur à Cannes,
00:53:35c'est le taux de pauvreté.
00:53:36Le taux de pauvreté à Cannes,
00:53:37c'est 21%.
00:53:38La moyenne nationale,
00:53:39c'est 14%.
00:53:40Pourquoi ?
00:53:40Parce que Cannes est une ville
00:53:41qui a beaucoup de logements sociaux
00:53:42par rapport au reste du département
00:53:43et qui est une ville
00:53:44d'immigration pauvre historique.
00:53:46Je le dis parce qu'il y a
00:53:47la partie prestigieuse de Cannes.
00:53:48Il y a la partie people tapis rouge.
00:53:49Mais c'est une ville d'habitants
00:53:52et c'est une ville d'habitants
00:53:53qui a toujours été un réceptacle
00:53:55d'immigration pauvre.
00:53:56Est-ce que vous avez mis en place
00:53:57en tant que maire
00:53:58un couvre-feu pendant les soirs ?
00:54:01Vous ne le ferez pas ?
00:54:01Certaines villes ont décidé
00:54:02de le faire.
00:54:02Peut-être que je le ferai.
00:54:04J'ai vu que Clermont Ferrand
00:54:04l'avait fait.
00:54:05Il y a un très bon jeune maire.
00:54:06Il n'y a pas de souci.
00:54:08Chacun est pragmatique.
00:54:09Le problème, c'est que
00:54:09quand vous prenez une décision,
00:54:10il faut la faire appliquer.
00:54:11Donc aujourd'hui,
00:54:12je suis incapable de vous dire
00:54:13la réalité des effectifs
00:54:14de police nationale
00:54:15que j'aurai sur ma commune
00:54:16sur certains événements.
00:54:18Vous comprenez ?
00:54:19Donc il y a une police municipale
00:54:20qui est la première de France
00:54:22par habitant à Cannes,
00:54:23qui est très bien formée,
00:54:24qui a un très bon service.
00:54:27Il y a des policiers nationaux
00:54:28qui sont très bons
00:54:29mais qui sont très peu nombreux.
00:54:31J'ai bien vu qu'il y a eu
00:54:32un gros problème d'anticipation
00:54:33de la part de l'État
00:54:34le soir de la finale
00:54:35de la Coupe d'Europe
00:54:37victorieuse pour le Paris Saint-Germain
00:54:38où il y avait un sous-effectif notoire
00:54:40dans toutes les Alpes-Maritimes
00:54:42mais notoire.
00:54:43C'était le cas à Nice,
00:54:44c'était le cas à Cannes
00:54:44où il y avait des 4-5 000 personnes
00:54:46dont 400-500 voyous
00:54:48qu'on a tenus comme on pouvait.
00:54:52Donc là-dessus,
00:54:53s'il s'avérait qu'un couvre-feu
00:54:54peut être efficace,
00:54:55je n'hésiterais pas à le prendre.
00:54:57Pourquoi pas un couvre-feu
00:54:58pour les mineurs
00:54:59certains soirs
00:54:59pendant la Coupe du Monde
00:55:00chez vous à Cannes ?
00:55:01Mais pourquoi pas ?
00:55:02Pour l'instant,
00:55:02je ne le prends pas
00:55:03parce que je me méfie aussi
00:55:05de mesures
00:55:05qui pourraient être liberticides
00:55:07parce qu'on est incapable
00:55:08de sanctionner
00:55:09les gens qui dégradent.
00:55:10Est-ce qu'il faut justement
00:55:12faire payer les casseurs ?
00:55:13Le gouvernement prépare une loi.
00:55:14C'est ce que j'en pense.
00:55:15Faire payer les casseurs ?
00:55:16Mais bien sûr.
00:55:16Alors,
00:55:17beaucoup de gens aujourd'hui
00:55:18disent oui,
00:55:19il faut faire payer.
00:55:20Ensuite,
00:55:20quand on rentre dans le détail,
00:55:21c'est plus compliqué.
00:55:22Faire payer,
00:55:22ça veut dire quoi ?
00:55:23Ils signent un chèque
00:55:24s'ils cassent
00:55:24ou par exemple,
00:55:26on suspend
00:55:26le RSA,
00:55:27les allocs ?
00:55:28Mais en fait,
00:55:29c'est bien,
00:55:29c'est là où...
00:55:30Personne n'est d'accord
00:55:31sur ce sujet.
00:55:32Je vais vous dire,
00:55:32ma position,
00:55:33que je vais défendre
00:55:34depuis des années,
00:55:35c'est d'abord,
00:55:35je ne crois pas
00:55:36qu'on puisse retrouver
00:55:37de l'autorité républicaine
00:55:39s'il n'y a pas
00:55:39de responsabilité individuelle.
00:55:41Moi,
00:55:41j'ai des enfants,
00:55:42je suis responsable
00:55:42de mes enfants mineurs.
00:55:43Ce n'est pas vous
00:55:44qui devez payer
00:55:44pour mes gosses.
00:55:46Si mes enfants
00:55:46font quelque chose,
00:55:47je suis solvable,
00:55:48je dois payer.
00:55:49Si je ne suis pas solvable
00:55:50et que j'ai des aides sociales,
00:55:52il faut supprimer
00:55:53les aides sociales
00:55:54correspondant au montant
00:55:55de ce qui doit être payé.
00:55:56Parce qu'il est quand même
00:55:59absurde
00:56:00que nous soyons
00:56:00le seul pays au monde
00:56:02où nous subventionnons
00:56:03la délinquance.
00:56:05Dans le pays,
00:56:05je le disais tout à l'heure,
00:56:06qui a le record du monde
00:56:07et des impôts,
00:56:08ceux qui bossent,
00:56:08ceux qui travaillent,
00:56:09ceux qui se comportent bien
00:56:10payent pour ceux
00:56:11qui n'assument pas
00:56:12leurs responsabilités.
00:56:13Donc, oui, évidemment,
00:56:14il faut du code pénal,
00:56:15mais il faut de la responsabilité
00:56:16familiale.
00:56:17Et il faut,
00:56:18comme le propose
00:56:19la députée
00:56:19Alexandra Martin,
00:56:21revoir le code pénal
00:56:21des mineurs.
00:56:22Soit le mineur,
00:56:23donc on abaisse
00:56:24l'âge de responsabilité pénale,
00:56:27on réduit l'excuse
00:56:28de minorité.
00:56:29Et si le mineur
00:56:30n'est pas responsable,
00:56:32ce n'est pas à vous et moi
00:56:33d'être responsable
00:56:34des gosses des autres,
00:56:34c'est aux parents
00:56:35de ses enfants.
00:56:35Quand on fait des enfants,
00:56:36on doit s'en occuper,
00:56:37on doit être responsable.
00:56:38La société n'a plus
00:56:40à subventionner,
00:56:41surtout dans un pays
00:56:42surendetté,
00:56:44la délinquance
00:56:44et ceux qui cassent.
00:56:45Ça, c'était pour les casseurs.
00:56:47Et j'avoue que j'ai compris
00:56:48votre proposition.
00:56:49On en redébattra sans doute
00:56:50pendant la campagne.
00:56:51Donald Trump est en France,
00:56:52Donald Trump est à Evian.
00:56:53Demain, il sera au château
00:56:55de Versailles,
00:56:55invité par Emmanuel Macron.
00:56:57Ça suscite pas mal
00:56:57de débats, de critiques,
00:56:59de polémiques
00:56:59dans la classe politique.
00:57:00Voici les réactions
00:57:01d'Edouard Philippe
00:57:01et Jordan Bardella.
00:57:03Quand on est président
00:57:04de la République française,
00:57:05on parle au président américain.
00:57:07On ne choisit pas
00:57:07le président américain.
00:57:08Ce sont les Américains
00:57:09qui choisissent leur président.
00:57:10Mais on parle
00:57:11au président américain.
00:57:12Le président de la République
00:57:13choisit d'accueillir
00:57:14le président américain.
00:57:15Il le fait comme il le souhaite.
00:57:17Il montrait que la France
00:57:17est un pays
00:57:18qui est à la fois
00:57:18une grande histoire
00:57:19et un grand présent
00:57:20et à mon avis
00:57:21un grand futur
00:57:22ne me pose pas de problème.
00:57:23Au contraire.
00:57:24Je pense que le président Macron
00:57:26a cherché à faire en sorte
00:57:30que le président Trump
00:57:32reste jusqu'au bout
00:57:34de ce G7
00:57:36alors qu'il avait tourné
00:57:37les talons
00:57:38du précédent sommet
00:57:40au Canada.
00:57:41Ils sont plutôt d'accord
00:57:42pour le coup,
00:57:43Jordan Bardella
00:57:44et Edouard Philippe.
00:57:45C'est pas toujours le cas.
00:57:45Est-ce que vous l'auriez
00:57:46invité, vous ?
00:57:47Oui, évidemment.
00:57:51Évidemment.
00:57:52Vous êtes président
00:57:52de la première puissance mondiale.
00:57:54On pourrait faire ça
00:57:54ailleurs qu'à Versailles.
00:57:56Oui, sauf qu'il y a
00:57:57une symbolique quand même.
00:57:57Ce sont les 250 ans
00:57:59de l'indépendance
00:58:00des États-Unis
00:58:03et la France a eu
00:58:04un rôle primordial
00:58:05dans l'indépendance
00:58:06des États-Unis d'Amérique.
00:58:07Et il est très important
00:58:08aussi, indépendamment
00:58:10de la personnalité
00:58:10du président,
00:58:12là-dessus je partage
00:58:12ce qui a été dit,
00:58:13de construire
00:58:14une relation
00:58:15transatlantique.
00:58:16C'est fondamental.
00:58:17Il y a une implication,
00:58:19une imbrication
00:58:19de nos intérêts.
00:58:21Donc tant pis
00:58:22si ce même
00:58:22Donald Trump
00:58:23arrive en France
00:58:24en disant
00:58:24je vais taxer
00:58:25de 100%
00:58:26votre vin.
00:58:26Non, c'est autre chose
00:58:27et c'est ce que j'allais vous dire.
00:58:28Est-ce qu'on lui déroule pas
00:58:29un peu trop le tapis rouge ?
00:58:31Vous devez accueillir
00:58:32des chefs d'État.
00:58:33Le rôle de la diplomatie
00:58:34c'est de discuter
00:58:34avec tout le monde
00:58:35et c'est de défendre
00:58:36les intérêts.
00:58:37Sauf que,
00:58:38est-ce que
00:58:38c'est qu'une séquence
00:58:39de com'
00:58:40pour montrer que
00:58:41le président de la République
00:58:42parle au grand de ce monde ?
00:58:44Ça fait 10 ans
00:58:45qu'on vit ça
00:58:45à ras-le-bol.
00:58:46Ou est-ce qu'on a été
00:58:47capable de poser
00:58:48nos intérêts ?
00:58:49Quels sont les objectifs
00:58:50de cette rencontre
00:58:51pour défendre
00:58:52les intérêts de la France ?
00:58:53Et dans les intérêts
00:58:54de la France,
00:58:55évidemment,
00:58:56doivent être posés
00:58:57des intérêts stratégiques
00:58:59en Indo-Pacifique,
00:59:01doivent être
00:59:02qu'est-ce que l'on peut apporter
00:59:04aujourd'hui
00:59:04dans la résolution
00:59:05du conflit
00:59:06au Moyen-Orient,
00:59:07prendre des initiatives
00:59:08pour déminer Hormuz,
00:59:09c'est-à-dire montrer
00:59:10qu'on a une utilité
00:59:11et une puissance
00:59:12pour créer un rapport
00:59:13plus équilibré.
00:59:14La diplomatie
00:59:15est fondée
00:59:16sur des principes
00:59:17que l'on doit
00:59:18toujours affirmer
00:59:19et sur des intérêts
00:59:21que l'on doit défendre,
00:59:22donc sur un rapport de force.
00:59:23Le problème,
00:59:24aujourd'hui,
00:59:24c'est pas qu'on reçoive
00:59:25ou pas Trump,
00:59:26c'est que la France
00:59:27est devenue tellement faible
00:59:28à l'intérieur.
00:59:29On est surendetté,
00:59:3054% de nos dettes,
00:59:31on le doit aux étrangers,
00:59:32donc ça nous enlève
00:59:33de la souveraineté.
00:59:35On annonce
00:59:36une loi de programmation militaire
00:59:38qui est une bonne loi,
00:59:38mais les crédits de paiement
00:59:39ne sont pas tous là.
00:59:4036 milliards de rallonge.
00:59:41Donc,
00:59:43on dit
00:59:44qu'on veut réindustrialiser,
00:59:45on vient de passer
00:59:46derrière l'Espagne
00:59:47en industrie manufacturière.
00:59:50Donc,
00:59:50si vous voulez,
00:59:52la puissance,
00:59:53ça se travaille,
00:59:54ça vient d'abord
00:59:55de l'intérieur.
00:59:56Et donc,
00:59:56ça se travaille aussi,
00:59:56si je vous suis bien,
00:59:57en utilisant
00:59:58l'outil diplomatique
01:00:00qu'est le château de Versailles.
01:00:01Mais il faut déçu
01:00:02la compétitivité.
01:00:03Je voudrais vous entendre
01:00:04sur ce qui s'est passé
01:00:05ces dernières heures
01:00:06à Nice.
01:00:07Vous êtes sans doute
01:00:08au courant de la polémique
01:00:09après des propos
01:00:09qui sont attribués
01:00:10au ministre des Transports,
01:00:12Philippe Tabarro.
01:00:13le maire de Nice.
01:00:15Je remets parce qu'il y a un appel
01:00:17à la démission.
01:00:18Ce soir,
01:00:18le maire de Nice,
01:00:19Éric Ciotti,
01:00:19accuse le ministre des Transports
01:00:21avec qui il est fâché
01:00:21depuis des mois
01:00:22de l'avoir menacé de mort.
01:00:24Il porte plainte.
01:00:25Il affirme que Philippe Tabarro
01:00:26lui aurait dit
01:00:27je vais te faire disparaître
01:00:28en t'envoyant
01:00:28des géorgiens.
01:00:30Il l'aurait aussi,
01:00:31ça c'est le canard enchaîné
01:00:31qui en fait le récit
01:00:32traité de Nabot.
01:00:34Éric Ciotti demande
01:00:35à Sébastien Lecornu
01:00:36de virer
01:00:37son ministre des Transports.
01:00:39Qu'est-ce que vous dites vous ?
01:00:40Je dis que depuis des mois
01:00:43et des années,
01:00:44avec l'Association des maires
01:00:45de France,
01:00:46nous soulevons le problème
01:00:47de la violence sur les élus.
01:00:48C'en est là ?
01:00:49Et si les faits sont avérés...
01:00:52Là, on parle d'un ministre.
01:00:53Oui, par quelqu'un.
01:00:55Si les faits sont avérés,
01:00:56ils sont évidemment graves.
01:00:58Évidemment.
01:00:58Avec quelles conséquences ?
01:00:59Vous me posez une question
01:01:00en sachant que j'ai, moi,
01:01:03une histoire avec Philippe Tabarro
01:01:04puisque j'ai gagné contre lui
01:01:05aux élections à Cannes
01:01:06dans un contexte en 2014,
01:01:08une élection qui a été très dure.
01:01:09Vous ne lui avez jamais dit ça ?
01:01:11Vous n'avez jamais eu
01:01:11ce ton-là entre vous ?
01:01:12C'était très dur.
01:01:13À ce point-là ?
01:01:14Non, moi, jamais
01:01:15et on ne s'est pas insultés.
01:01:16Si ses propos sont confirmés,
01:01:18bien sûr.
01:01:18Mais si ses propos sont confirmés,
01:01:19ils sont évidemment graves
01:01:21et ils traduiraient
01:01:23une approche un peu clanique,
01:01:26voire violente,
01:01:26de la vie publique.
01:01:27Si ses propos sont confirmés,
01:01:29est-ce qu'il peut rester
01:01:30au gouvernement ?
01:01:31Je pense que si un ministre,
01:01:34lors d'un accueil diplomatique
01:01:36du Premier ministre de l'Inde,
01:01:38qui est une des plus grandes puissances
01:01:39au monde en présence
01:01:40du Président de la République,
01:01:41alors qu'il n'y a pas eu
01:01:42en plus d'altercation,
01:01:43d'après ce que j'ai vu,
01:01:44j'ai vu ça tout à l'heure.
01:01:45C'était verbal,
01:01:46mais pas au-delà.
01:01:47Mais il faut que ce soit avéré.
01:01:48Mais si c'est avéré,
01:01:49s'il n'y a pas eu de provocation
01:01:51de la part d'Éric Ciotti,
01:01:52ce que dit Éric Ciotti,
01:01:53et que le ministre
01:01:54l'insulte sur son physique
01:01:56et lui dit
01:01:58je vais te faire disparaître,
01:02:00ça pose un problème.
01:02:00Avec des géorgiens.
01:02:01C'est extrêmement grave.
01:02:01Avec des géorgiens.
01:02:04Honnêtement,
01:02:04je ne sais pas pourquoi
01:02:05les géorgiens sont arrivés
01:02:06dans la discussion.
01:02:06On a une communauté géorgienne
01:02:07sur la Côte d'Azur,
01:02:07il y a la Dote,
01:02:08il y a des Tchétchènes,
01:02:09on a tout ce qu'il faut.
01:02:10Mais tout ça,
01:02:11à la fois,
01:02:12j'ai envie de rire,
01:02:12mais c'est très grave.
01:02:14De toute façon,
01:02:14c'est grave,
01:02:15puisqu'on en parle sur ce plateau.
01:02:17Et dans ce cas-là,
01:02:18évidemment,
01:02:19c'est grave.
01:02:20Et il ne pourrait pas
01:02:21rester ministre.
01:02:23Un ministre
01:02:23qui, devant le Président de la République,
01:02:25menace un maire
01:02:26lors d'un accueil diplomatique
01:02:27parce qu'il y a des divergences politiques,
01:02:29c'est scandaleux,
01:02:29c'est honteux.
01:02:30Ce serait le cas.
01:02:31On a tellement d'autres sujets
01:02:33à évoquer.
01:02:34On a fait deux minutes là-dessus
01:02:35et on va évidemment
01:02:35laisser faire la justice
01:02:36puisque Éric Ciotti
01:02:38a porté plainte
01:02:40contre M. Tabarro.
01:02:41Il y a une plainte.
01:02:42Il y a à la fois
01:02:43une procédure judiciaire
01:02:45et à la fois
01:02:45une dimension politique
01:02:46à la faire.
01:02:47Merci beaucoup David Cichard.
01:02:48Bonne soirée à vous.
01:02:48Le 20h, Julie Ahmed,
01:02:50à suivre dans un instant.
01:02:51Bonne soirée.
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