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  • il y a 2 jours
Thierry Breton, ancien commissaire européen, et ancien ministre de l'Économie était l'invité du Face-à-Face de ce mardi 16 juin sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Breton.
00:02Bonjour.
00:03Merci de répondre à mes questions ce matin.
00:04Vous êtes bien sûr ancien commissaire européen, ancien ministre de l'économie
00:08et l'arrivée de Donald Trump hier.
00:10Donald Trump, dont on peut repréciser ici,
00:13que vous n'êtes toujours pas officiellement autorisé à fouler le sol américain.
00:18On en est où ?
00:19À ce stade, non, mais on va voir. Ça peut évoluer.
00:21On va voir. Vous voulez dire que peut-être que dans les 24 heures,
00:23vous obtiendrez votre visa plus sérieusement, Thierry Breton,
00:27si précisément il vous a été refusé.
00:30C'était le signe déjà, sans doute, d'une difficulté à trouver la meilleure manière
00:36d'être à la fois indépendant, autonome, concurrent même avec les États-Unis,
00:41sans en être les vassaux.
00:43Conférence de presse de Donald Trump cet après-midi.
00:45Grand dîner à Versailles demain soir.
00:47On va parler évidemment du G7, mais d'abord cet accord, ou ce pré-accord,
00:52dont on commence à connaître les détails.
00:54Peu de détails, ça devrait tenir sur un bristol quasiment.
00:57C'est ce que nous disait François Clémenceau tout à l'heure.
01:00Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, cet accord ?
01:02La bonne nouvelle, c'est que cette guerre qui n'avait aucun sens,
01:06puisqu'on voit maintenant qu'aucun début de guerre n'a été atteint,
01:11touche à sa fin. En tout cas, il faut vraiment l'espérer.
01:14Donc ça, bien sûr, les uns et les autres vont dire,
01:16et on va y revenir très certainement, finalement c'est pire qu'avant, etc.
01:20La bonne nouvelle, c'est qu'on voit enfin le bout du tunnel.
01:24Et pardon de le dire, mais il faut s'en réjouir.
01:27D'abord, pour les Iraniens, parce que c'est quand même le peuple martyre.
01:30Le peuple martyre à qui on a fait croire qu'on viendrait les libérer.
01:33C'était l'un des éléments de déclencheur de la guerre, on s'en souvient.
01:35Je fais allusion évidemment à Donald Trump,
01:37lorsqu'il a dit, après son succès de l'exfiltration,
01:41je mets des guillemets, de M. Maduro.
01:45Attendez, j'arrive, j'arrive, et on a vu ce qui s'est passé,
01:48des dizaines de milliers de morts.
01:49On sait que c'était évidemment la première logique,
01:52le changement de régime, on a vu ce qu'il en est.
01:56Le deuxième objectif, c'était évidemment l'arrêt de la capacité
02:00dont l'Iran s'est doté d'être très proche de l'arme nucléaire.
02:05On voit ce qu'il en est.
02:06Je dis on voit ce qu'il en est parce que maintenant,
02:08cette interdiction légitime, encore une fois, je le redis,
02:11elle est reléguée au calandre.
02:13Bien sûr, on va en discuter, on va se donner 60 jours.
02:16Vous n'avez pas l'air d'y croire beaucoup à ça.
02:17Non, parce que derrière, il faut évidemment revenir
02:20quasiment à ce qui avait été fait avec l'accord du JCPOA,
02:23c'est-à-dire la possibilité d'avoir sur le terrain
02:26des inspecteurs indépendants, et notamment ceux de l'AIEA,
02:29pour aller contrôler...
02:30On ne peut pas prendre pour argent comptant la parole iranienne.
02:32Non, bien entendu, on le sait, on les connaît bien.
02:35Donc voilà, on verra, et je le souhaite évidemment,
02:37je souhaite évidemment qu'on puisse y arriver.
02:39Mais enfin, ça va prendre un temps fou.
02:40Et puis surtout, Pauline de Manerbe,
02:41surtout, on va et on l'espère tous,
02:46arriver à se cesser le feu qui va durer,
02:49la fin des hostilités,
02:50la réouverture progressive du létro-normouze.
02:53Mais il est inconcevable, je pense,
02:56pour toute personne sensée,
02:57de penser que les États-Unis vont redémarrer une guerre.
03:00Donc ce spectre qui avait quand même fait bouger l'Iran,
03:05il est derrière.
03:06Donc on va rentrer dans une phase de discussion de 60 jours,
03:0890 jours, que sais-je, sans avoir ce spectre.
03:11Donc on espère tous, évidemment, qu'on va convaincre les Iraniens
03:15d'avoir à tout le moins, peut-être à tout le mieux du reste,
03:18à un temps pendant lequel on dit 20 ans, on dit 15 ans,
03:23et ils vont s'interdire de procéder à la nécessité.
03:26Mais il faudra rester au minimum vigilant,
03:28si je le comprends, plus que vigilant.
03:30Avec quand même, pardon, quelques contradictions
03:32dans ce que vous venez de dire, Thierry Breton.
03:33Parce que vous commencez par dire,
03:34il faut malgré tout s'en réjouir,
03:35y compris pour le peuple iranien.
03:37Est-ce que vraiment, on peut se réjouir pour le peuple iranien
03:39que l'Iran sorte, alors je ne sais pas renforcer,
03:42mais au minimum pas affaibli ?
03:43Vous avez raison de le signaler,
03:45sans réjouir, parce que c'est quand même,
03:46ils ont été victimes de bombardements, pardon, excusez du peu,
03:48y compris, on se souvient, des écoles avec des petites filles.
03:51Donc ça a été quand même épouvantable.
03:53On sait qu'aujourd'hui, il y a 68%, 68%,
03:56vous m'entendez, d'inflation depuis le début de l'année en Iran.
03:59Donc on sait qu'aujourd'hui, l'Iran,
04:01et donc le peuple iranien,
04:03ne peut disposer de l'ensemble des matières premières dont il a besoin,
04:05y compris pour se nourrir à cause du blocus, dans le blocus.
04:08Mais lorsque vous dites vous-même,
04:09c'est évidemment, je ne parlais pas des bombardements,
04:11mais lorsque vous dites vous-même que dans ce début d'accord,
04:14en gros, on va donner pendant 60 jours
04:15une sorte de coup d'effranche aux Iraniens,
04:17puisqu'ils n'ont plus le pistolet sur la tempe
04:20d'une menace de reprise de la guerre,
04:22que tout le monde a compris, éloignée désormais,
04:25est-ce qu'il n'y a pas une forme d'abandon quand même du peuple iranien ?
04:28Alors ça, c'est le deuxième point, évidemment.
04:30Le premier, c'était quand même pour l'instant.
04:32Bien sûr, sur le fait que les canons se taisent, bien sûr.
04:34Les canons se taisent, les hôpitaux puissent refonctionner,
04:36il faut aussi les reconstruire, etc.
04:38Mais le deuxième élément, et c'est ce que je disais peut-être au préalable de nos propos,
04:43c'est que le changement de régime qui avait été, je dirais,
04:47la raison principale, en tout cas vu américain,
04:52officiellement, il est complètement derrière nous,
04:53et malheureusement, et vous avez parfaitement raison de le rappeler,
04:56malheureusement, on a là un régime qui s'est survécu à lui-même,
05:00qui a résisté, qui va du reste revendiquer cette victoire stratégique,
05:06clairement, puisqu'il a résisté, c'est comme ça qu'il le vend, évidemment,
05:10et à sa population, mais aussi à l'ensemble des autres pays de la région,
05:14y compris plus élargie au sein du BRICS.
05:16Donc, voilà donc David qui a résisté contre Goliath.
05:21Et donc, évidemment, ça va être le narratif iranien,
05:26et donc le peuple iranien, eh bien, on n'a toujours pas réussi à lui rendre sa liberté,
05:32et il va continuer à vivre sous ce régime.
05:34Au-delà des scénarios, du récit que chaque parti va en faire,
05:38lorsque l'on regarde les faits, est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui,
05:41Donald Trump est un homme puissant ou un homme faible ?
05:44Il va arriver de toute façon en majesté, c'est ce qu'il voulait.
05:47Il va arriver là au G7, il est arrivé hier soir au G7,
05:49donc il va se revendiquer de cet accord, encore une fois,
05:53de la fin probable des hostilités qu'il avait lui-même déclenchées,
05:58et donc on va avoir un narratif triomphant,
06:02on sait qu'il est très fort pour cela,
06:05donc on va entendre pendant trois jours le narratif triomphant,
06:07l'ensemble des six autres membres, le G7, ils sont sept, donc six plus un,
06:12donc qui avaient peur qu'ils ne viennent pas,
06:13parce qu'évidemment, c'est quelque part le temple, le symbole du multilatéralisme.
06:16– Est-ce que tout le monde vit dans une forme de crainte désormais vis-à-vis de Donald Trump
06:20?
06:20– Bien entendu, bien entendu, une sorte de crainte, le mot est peut-être un peu fort,
06:25mais en tout cas, tout le monde a compris que nous étions désormais dans une logique de rapport de force,
06:30puisque la confiance qui était, je dirais, l'élément qui nous a permis de rebâtir le monde d'après-guerre,
06:36a volé en éclats, c'est Donald Trump qui l'a fait voler en éclats,
06:39et donc c'est remplacé aujourd'hui par des rapports de force.
06:41Les États-Unis exercent ces rapports de force, pas toujours du reste avec succès,
06:45on le voit aujourd'hui en Iran, on a exercé des rapports de force,
06:48et au fond, qu'est-ce qui se passe ?
06:49On rouvre le détroit d'Hormuz, mais on va être obligé de payer.
06:53On a quand même aujourd'hui, je dirais, détruit à peu près 0,8 à 0,9% de la
06:58croissance mondiale,
06:59ce qui crée des répercussions dramatiques dans un certain nombre de pays,
07:02y compris les pays en voie de développement, et en particulier l'Afrique.
07:05On a, nous, en Europe, une croissance qui était estimée à 1,2%,
07:09qui va être au mieux à 0,8%, donc on paye tout ça.
07:12Et ça, c'est vraiment le coup de ce qu'il s'est joué,
07:16au niveau européen, au niveau français aussi,
07:18puisque notre croissance a été revue à la baisse.
07:21Si on est à 0,6-0,7%, ce sera quand même le maximum, le bout du monde,
07:24alors qu'on était plutôt à 0,9%, voire 1%.
07:27Et puis tous ceux qui nous écoutent ce matin, l'ont payé aussi,
07:31parce qu'on a vu quand même les conséquences directes à la pompe.
07:33Donc voilà, ça va baisser.
07:35Ça baissera du reste moins rapidement qu'on ne le souhaiterait.
07:38On va prendre du temps, maintenant,
07:40parce qu'il va falloir libérer le détroit d'Hormuz,
07:42ça va prendre un peu de temps.
07:43Les bateaux, ils ne vont pas sortir comme ça du jour au lendemain.
07:46Reconstituer les stocks, ça va prendre du temps.
07:48Donc il ne faut pas s'imaginer que dès la semaine prochaine,
07:51on va repasser à 1,65% le prix du SP95.
07:55Thierry Breton, vous avez été commissaire européen,
07:57vous avez été ministre de l'économie française, vous l'avez dit.
08:00On va payer à Hormuz.
08:02C'est en tout cas ce qui est en train de se dessiner dans cet accord.
08:05Alors ça ne s'appellera pas un péage, ça s'appellera un service.
08:08Mais enfin, globalement, on a quand même l'impression que là-dessus,
08:10au moment où on se parle en tout cas, Donald Trump s'est plutôt couché.
08:13La France dit, on n'acceptera pas ça.
08:15Mais qu'est-ce qu'on peut faire concrètement ?
08:17Eh bien, et ce qui va se passer vraisemblablement, alors encore une fois, on va voir,
08:20parce que vous l'avez rappelé, ça tient sur une page, on n'a pas encore signé.
08:23On va signer maintenant ensuite, vendredi, qu'est-ce qu'on va signer à Pauline de Malherbe ?
08:27Ce qu'on appelle en anglais un memorandum of understanding, c'est-à-dire un accord cadre.
08:31Donc ce n'est pas encore un accord, c'est un accord cadre.
08:34C'est maintenant qu'on va cadrer les discussions, on va dire voilà exactement ce sur quoi il faut s
08:38'entendre.
08:38Et on n'a pas cette feuille, on n'a pas cet accord cadre encore,
08:41c'est-à-dire les éléments de la négociation.
08:43Parce qu'évidemment, Donald Trump ne va pas les donner pendant le G7,
08:46parce qu'il veut encore une fois garder le flou,
08:48parce que quand on va rentrer dans le détail, évidemment, ce ne sera pas glorieux.
08:52Donc on va garder ce flou, on va rentrer évidemment dans ces négociations après le G7.
08:56On va voir ce qui se passe vendredi à Genève, on espère tous évidemment...
08:59Pour l'instant, on a la version iranienne, on n'a pas vraiment la version américaine.
09:02J.G. Vence dit qu'il pourrait éventuellement, dans les heures qui viennent,
09:05commencer à en dévoiler le contenu.
09:06Enfin, on sent que c'est encore très flou.
09:08Mais bien sûr, et pour la raison que je viens d'indiquer.
09:09Mais derrière, on voit bien que ce qui va se passer,
09:12c'est une recomposition, y compris du Proche-Orient.
09:15Et ça, c'est vraiment en route.
09:17Il y a évidemment, je dirais, un grand perdant à l'heure où nous parlons.
09:20À l'heure où nous parlons, c'est évidemment Israël.
09:23Israël, et on voit du reste comment aujourd'hui,
09:25Donald Trump traite Benjamin Netanyah,
09:27où il emploie des mots...
09:29Très méprisants.
09:30Très méprisants.
09:31Et par parenthèse, celui qui a ses grâces,
09:34c'est le nouvel Ayatollah.
09:36Un homme bien, ils sont pragmatiques, intelligents.
09:39Vous voyez, ça bouge, ça évolue.
09:41C'est inouï.
09:42Je vois dans votre regard que vous êtes,
09:44j'allais presque dire, affligé.
09:46Non, c'est la réalité du monde dans lequel nous sommes.
09:48Voilà, il faut le prendre pour ce que c'est.
09:49Mais qu'est-ce que ça veut dire derrière Apolline de Malab ?
09:51La géographie, elle reste.
09:53Donc on va recomposer évidemment le Proche-Orient.
09:56Et ça va être comment ?
09:57Le Proche et Moyen-Orient vont être complètement recomposés.
09:59Évidemment, Israël sera un acteur majeur.
10:01Il va rester, par définition, bien entendu.
10:03L'Iran, l'Iran qui est renforcé.
10:05Il va en sortir renforcé.
10:06Bien sûr, ça va prendre du temps.
10:07Parce qu'il y a eu beaucoup de destruction.
10:09Ils avaient lu ça à 280 milliards de dollars.
10:11On verra bien.
10:13Et donc, oui, ils vont essayer de se faire refinancer la reconstruction.
10:16Et puis, des nouveaux acteurs, des acteurs qui sont là,
10:18mais qui vont jouer un rôle important,
10:20qui ont déjà joué un rôle important.
10:21On pense évidemment à la Turquie.
10:22Vous avez déjà ces trois acteurs
10:24qui vont reconfigurer quelque part la région
10:27et les rapports de force.
10:28Vous avez vu que je n'ai ni cité les Etats-Unis,
10:30ni cité l'Europe.
10:31Donc, à charge pour nous d'y revenir très vite.
10:34Et puis, vous avez aussi le Pakistan, bien entendu,
10:35et derrière, la Chine,
10:37qui est là et qui a observé de façon clinique
10:40ce qui se passait,
10:40qui a continué à soutenir l'Iran,
10:42notamment dans sa nécessité
10:45pour la propulsion de ses missiles balistiques.
10:46Missiles balistiques, dont vous avez constaté comme moi,
10:49qui sont sortis de l'accord,
10:50alors que ces missiles, ils peuvent toucher l'Europe.
10:52Donc, on est quand même concernés.
10:54Donc, voilà.
10:54Ça, c'est la recomposition du monde
10:56qui est en route aujourd'hui et qui va...
10:58Et une recomposition qui,
10:59quand je regarde effectivement le dessin que vous en faites,
11:03met l'Europe quand même à la marge.
11:05Il faut que nous arrivions à reconquérir.
11:07Est-ce que la symbolique,
11:08est-ce que le fait que, par exemple,
11:09demain soir, on garde Donald Trump sur le sol
11:12pour un dîner à Versailles,
11:13est-ce que c'est important ?
11:15Est-ce que ça peut jouer ?
11:16Ou est-ce qu'on n'est pas en train de se faire avoir
11:17par Donald Trump ?
11:18Alors, j'entends ceux qui raillent et moquent
11:21cette soirée de demain.
11:22Je ne suis pas de ceux-là.
11:23Je pense que c'est très important.
11:25Personne n'est dupe sur ce qui se passe désormais aux Etats-Unis.
11:28Personne n'est dupe sur ces nouveaux rapports de puissance.
11:30Pour autant.
11:31Mais pour autant,
11:32il faut évidemment
11:34qu'on en tienne compte.
11:35Et donc, il faut continuer
11:36à parler.
11:37Il faut s'adapter, évidemment,
11:39à ces nouveaux interlocuteurs.
11:40Et j'allais dire,
11:42épouser leur grammaire.
11:43Mais pour autant,
11:44il faut qu'on en tire les conclusions.
11:46Ça veut dire que pour nous,
11:47l'Europe puissance,
11:48c'est maintenant une urgence absolue.
11:51Non pas encore une fois
11:52parce que nous sommes une puissance
11:53ou nous voulons,
11:54nous aspirons à être une puissance hégémonique,
11:56mais pour peser dans ces rapports de force
11:58dont je rappelais tout à l'heure
11:59qu'ils vont façonner le monde qui vient.
12:01Alors moi, je veux bien
12:01qu'on essaye de peser dans ces rapports de force.
12:03Mais enfin, la réalité des derniers jours,
12:05avec notamment ce qui s'est passé
12:05sur l'intelligence artificielle.
12:06Donald Trump,
12:07qui a littéralement coupé l'accès
12:09aux plus aboutis des outils
12:11de Claude Fable 5,
12:13qui est donc censé être
12:14l'un des meilleurs moteurs
12:16d'intelligence artificielle au monde.
12:18Et vendredi soir,
12:18il a décidé,
12:19pour des raisons de sécurité intérieure,
12:21de couper cet accès
12:23à tout le reste du monde,
12:25européen compris.
12:26Nous sommes dépendants.
12:28C'est-à-dire que s'il décide ensuite
12:29de couper d'autres choses,
12:31s'il décide de couper nos iPhones,
12:32nos Outlook, Google,
12:35il peut le faire d'un coup,
12:38en fait.
12:38Vraiment, on a l'impression
12:39qu'il a l'interrupteur.
12:40Appelé de Malherbe,
12:41il peut le faire d'un coup,
12:42pour peu que ça n'ait pas
12:43de répercussions économiques.
12:45Alors aujourd'hui,
12:45couper nos iPhones,
12:46couper Outlook, etc.,
12:48ça aurait beaucoup trop
12:48d'implications économiques
12:49par rapport aux connaisseurs.
12:50Il a besoin de nous comme client.
12:51Mais bien entendu,
12:51donc il ne le fera jamais.
12:52En revanche,
12:53vous avez parfaitement raison,
12:54ce qui s'est passé sur Anthropique
12:55est absolument systémique.
12:57Mais je voudrais le relier
12:58à autre chose.
12:59Pour lui,
13:00ce qui a été très important
13:01la semaine dernière,
13:02c'était deux choses,
13:03me semble-t-il.
13:04La première,
13:04c'était d'abord préparer
13:05son anniversaire.
13:06Parce que c'était finalement,
13:08je réunis le peuple maga
13:10autour de moi,
13:10je rassemble la famille.
13:12Il l'a fait notamment
13:13avec...
13:13À la Maison Blanche,
13:14avec la grande soirée
13:15de MMA et de motocross.
13:16Et puis le deuxième,
13:17c'était de réussir
13:18la plus grande mise en bourse
13:20jamais réalisée.
13:21Elon Musk.
13:22Celle d'Elon Musk,
13:22qui est totalement...
13:23Alors il y a une base
13:24de réalité évidemment,
13:25mais les analystes,
13:26je m'abrite derrière les analystes,
13:27sur la valorisation
13:29de 1 800 milliards,
13:30excusez du peu,
13:31c'est-à-dire la moitié
13:32du PIB français.
13:33Pour une entreprise
13:34qui fait 18 milliards
13:35de chiffre d'affaires,
13:36c'est-à-dire 100 fois
13:37une valorisation
13:37sur son chiffre d'affaires,
13:39c'était du jamais vu.
13:40Il fallait qu'il la réussisse.
13:41Il fallait qu'il la réussisse.
13:42Les analystes disent
13:43que ça valait 700 milliards
13:44ou 750 milliards.
13:45Bon, il y a donc
13:461000 milliards
13:47uniquement sur la marque
13:48Elon Musk,
13:48ce qui n'est du jamais vu
13:49dans l'histoire.
13:50J'ai envie de vous dire,
13:50c'est la liberté
13:51de ceux qui décident d'y aller.
13:52Et pourquoi je dis
13:53qu'il fallait que ça réussisse ?
13:54Parce que précisément,
13:55si jamais ça ratait,
13:57alors c'était précisément
13:58la bulle intelligence artificielle
14:00qui risquait d'exploser
14:00et qui aurait eu
14:01des répercussions massives
14:03sur le cours...
14:04Mais ce que vous êtes
14:05en train de nous dire,
14:05c'est que c'est une bulle.
14:07Mais bien entendu,
14:07je vous dis qu'il y a 1000 milliards.
14:09Ce n'est pas moi qui le dis,
14:09c'est des analystes.
14:10Donc c'est 1000 milliards de plus
14:11qu'on ne sait pas expliquer.
14:12Il n'en demeure pas moins
14:13que lorsqu'on fait
14:14une introduction en bourse
14:15où le Nasdaq est à moins de 2%,
14:17c'était le cas jeudi matin
14:18parce qu'il avait déclaré
14:19que les choses vont vite
14:20à Pauline de Malherbe.
14:21Jeudi matin,
14:22il relançait la guerre,
14:23vous vous en souvenez,
14:23en Iran.
14:24Et donc les bourses se plongeaient.
14:26Ce que je veux vous dire,
14:27c'est que dans le milieu
14:29de l'après-midi,
14:30on a annoncé qu'enfin
14:32on allait avoir un accord.
14:33Les bourses ont remonté.
14:34Ce que je veux dire,
14:34c'est que c'était très important
14:36et pour les Etats-Unis
14:37et pour lui,
14:39que précisément
14:39dans la recomposition
14:40de l'intelligence artificielle...
14:41Est-ce que ça veut dire
14:42qu'au fond,
14:43vous êtes en train
14:43de laisser entendre
14:44que c'est une forme
14:45de super délit d'initié ?
14:46C'est-à-dire que c'est
14:47une sorte d'amitié faite,
14:50de tripoutons...
14:51Je dis que lorsque
14:52Donald Trump...
14:54Tripatouillage,
14:54c'est le mot que je cherche.
14:56Je vais être très précis
14:57sur ce point.
14:58Lorsque Donald Trump,
14:5939 fois ou 40 fois
15:00depuis le début
15:01des hostilités
15:02avec l'Iran,
15:03va dire qu'on y arrive,
15:04on n'y est pas arrivé,
15:05on y arrive,
15:05on ne veut pas arriver,
15:06il s'adresse aussi
15:07au marché.
15:09Il ne faut jamais
15:09qu'on l'oublie.
15:10Car ses propos,
15:11ses propos pèsent
15:13dans un sens,
15:13et on l'a vu,
15:14sur les marchés.
15:15Et on l'a vu...
15:16Est-ce que ça veut dire
15:17Thierry Breton ?
15:17C'est quand même très important
15:18ce que vous êtes en train de dire.
15:19Est-ce que ça veut dire
15:19Thierry Breton
15:19que vous considérez
15:20qu'au fond,
15:21ce qu'on vient de se dire
15:22depuis le début
15:22de cet entretien,
15:23la question d'un accord,
15:25le timing choisi,
15:27est en réalité
15:27avec une arrière-pensée
15:29économique
15:30et en particulier
15:32le momentum,
15:33le moment
15:33de la mise en bourse
15:35d'Elon Musk ?
15:35Je suis de nouveau
15:36très précis.
15:36Cette mise en bourse
15:37est un élément
15:38absolument majeur
15:38dans l'histoire.
15:39Il ne fallait pas qu'elle rate.
15:40Je vais être très précis
15:41dans ce que je vous dis.
15:42Il y a évidemment
15:43la lecture géopolitique,
15:43on vient de le faire
15:44au cours de cet entretien.
15:45Il y a la lecture économique
15:46mais il y a aussi toujours
15:48pour Donald Trump
15:50la logique marché.
15:52Du reste,
15:52les premiers propos
15:53qu'il va tenir
15:53c'est que les navires
15:56recommencent à circuler,
15:57que le pétrole
15:57recommencent à circuler
15:58à flot
15:58et les marchés
16:01repartent en avant.
16:02Donc pour lui,
16:02ce que je veux dire
16:03c'est que ses actions,
16:05toutes ses actions
16:06sont à lire désormais
16:07avec cette vision
16:09multicritère.
16:10La dernière d'entre elles
16:12n'est pas la moins importante.
16:13C'est tout ce que je dis
16:14parce qu'encore une fois
16:15c'est le financement
16:16des Etats-Unis
16:17et de la tech américaine
16:19et c'est pour répondre
16:20à votre question
16:21très légitime
16:22sur Anthropique.
16:22Sur l'intelligence artificielle.
16:23Évidemment,
16:24on sait qu'il faut quoi ?
16:25On sait qu'il faut des talents.
16:26Désormais,
16:27avec Anthropique,
16:27on vient de dire,
16:28il dit que les talents
16:30non américains
16:30n'auront pas accès
16:31au développement.
16:32À charge pour nous
16:32de réinviter ces talents.
16:34Il y a beaucoup d'Européens
16:35qui ont des visas H1B
16:36qui sont aux Etats-Unis
16:37qui ne peuvent plus
16:38donc désormais travailler
16:39dans l'intelligence artificielle.
16:41Mais il faut leur proposer
16:42évidemment de leur proposer
16:44Est-ce que vous diriez
16:45comme Raphaël Glucksmann
16:45qui a dit
16:46notre ennemi a un visage,
16:47il a un nom,
16:48il s'appelle Elon Musk,
16:49il s'appelle Sal Altman.
16:50Est-ce que vous diriez
16:51ces formules ?
16:51Ce n'est pas une question d'ennemis.
16:52C'est aujourd'hui
16:53une question, encore une fois,
16:54c'est pour ça que je voulais
16:55représenter dans cette
16:56reconfiguration du monde
16:57les éléments qui pèsent.
16:59C'est évidemment
17:00la capacité
17:01à attirer des financements
17:03majeurs du monde entier
17:04pour financer
17:06l'incertain.
17:07L'IA, c'est du certain
17:08mais aussi de l'incertain.
17:10Donc il ne fallait pas rater ça,
17:11il ne faut pas rater ça
17:12et on va continuer.
17:13Vous avez vu que Donald Trump
17:14a également annoncé lundi
17:15que c'est le New York Post
17:17qui l'assure,
17:18que les Etats-Unis
17:19n'allaient pas avoir
17:20d'autre choix
17:20que d'imposer des droits
17:22de douane de 100%
17:23sur le vin français
17:24si Paris ne supprimait pas
17:25sa taxe numérique
17:26sur les gens américains
17:27de la technologie.
17:28Ça repart quoi.
17:29Et pourquoi Paris ?
17:29Il y a 8 pays européens
17:31aujourd'hui
17:31qui ont imposé,
17:32qui ont mis une taxe imposée.
17:34Qui ont mis une taxe
17:34parce que c'est légitime
17:35encore une fois.
17:36On offre notre marché intérieur
17:37à ceux qui veulent y pénétrer.
17:39Il faut qu'ils respectent
17:40nos règles
17:40par rapport à la première question
17:42que vous m'avez posée.
17:42Mais vous y croyez
17:43ou est-ce que c'est une menace ?
17:44Ça fait partie des menaces.
17:45Ça fait partie des menaces
17:46de déstabilisation.
17:47Il y a 8 pays,
17:48encore une fois,
17:49européens
17:49qui ont mis ces taxes.
17:50Donc j'imagine que
17:51si jamais il veut
17:52qu'elles soient supprimées,
17:53je ne sais pas pourquoi,
17:54du reste parce que
17:54encore une fois,
17:55c'est vraiment l'objet
17:57de notre démocratie
17:58qui est souveraine
17:59d'avoir décidé ceci.
18:00Ce n'est pas contre quelqu'un.
18:01C'est vraiment uniquement
18:02pour pouvoir bénéficier
18:03de notre marché intérieur.
18:05Il va falloir sans doute
18:06le faire aussi à l'Italie,
18:07il va falloir le faire au Danemark,
18:08il va falloir le faire
18:08à l'Autriche,
18:09à 8 pays, à l'Espagne.
18:10Mais pour ça,
18:10il faudrait qu'on soit solidaires
18:11nous, entre nous.
18:12Oui, mais je rappelle
18:13qu'on a accepté
18:1415% de droits de douane
18:15de façon unilatérale
18:16pour aller vendre
18:17des produits aux Etats-Unis
18:18contre zéro désormais
18:19pour les produits américains
18:20en Europe.
18:20La contrepartie,
18:21c'était la stabilité.
18:22Alors il faut que
18:23la Commission européenne
18:24fasse respecter la stabilité
18:26parce qu'encore une fois,
18:27c'est l'engagement
18:27qui a été pris.
18:28Merci beaucoup Thierry Breton
18:30d'avoir répondu à mes questions.
18:31Une dernière,
18:31vous êtes à la fois français
18:32et sénégalais.
18:33Je crois que vous avez reçu
18:34la nationalité sénégalaise
18:36à 21h ce soir.
18:37Vous serez partagé
18:38devant le match ?
18:39Je ne vais pas regarder.
18:39Vous ne regarderez pas du coup.
18:41Thierry Breton,
18:42ancien commissaire européen
18:42et ancien ministre de l'économie,
18:44merci d'avoir répondu
18:45à mes questions
18:45sur AMC BFM TV.
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