- il y a 2 jours
À LA UNE / Après Lyhanna : plus jamais ça !
Les obsèques de Lyhanna ont eu lieu le vendredi 12 juin à Fleurance dans le Gers, une semaine après la découverte du corps de la jeune fille. Les révélations sur les antécédents du principal suspect, Jérôme Barella, ont mis en lumière des dysfonctionnements majeurs au sein de la justice française et provoqué de vives réactions. Des rassemblements se sont tenus partout en France, lundi 8 juin, et les associations de protection de l'enfance appellent à poursuivre les mobilisations dans les prochaines semaines. En première ligne dans cette affaire, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a exigé une revue des 70 000 plaintes concernant des enfants victimes d'ici le 14 juillet. Peu de temps après le scandale dans le périscolaire, ce drame dégrade la confiance des concitoyens envers l'institution judiciaire : ils sont désormais 70% à exprimer une mauvaise opinion quant à son fonctionnement, soit une hausse de 14 points depuis février 2026, selon un sondage Odoxa-Backbone. Un projet de loi sur la protection de l'enfance doit être examiné à partir du 15 juillet. Quelles mesures mettre en oeuvre pour protéger les enfants des violences sexuelles ?
Invités :
- Isabelle Santiago, députée socialiste du Val-de-Marne,
- Karine Lebon, députée « Gauche Démocrate et Républicaine » de la Réunion,
- Martine Brousse, présidente de « La Voix de l'Enfant ».
Les obsèques de Lyhanna ont eu lieu le vendredi 12 juin à Fleurance dans le Gers, une semaine après la découverte du corps de la jeune fille. Les révélations sur les antécédents du principal suspect, Jérôme Barella, ont mis en lumière des dysfonctionnements majeurs au sein de la justice française et provoqué de vives réactions. Des rassemblements se sont tenus partout en France, lundi 8 juin, et les associations de protection de l'enfance appellent à poursuivre les mobilisations dans les prochaines semaines. En première ligne dans cette affaire, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a exigé une revue des 70 000 plaintes concernant des enfants victimes d'ici le 14 juillet. Peu de temps après le scandale dans le périscolaire, ce drame dégrade la confiance des concitoyens envers l'institution judiciaire : ils sont désormais 70% à exprimer une mauvaise opinion quant à son fonctionnement, soit une hausse de 14 points depuis février 2026, selon un sondage Odoxa-Backbone. Un projet de loi sur la protection de l'enfance doit être examiné à partir du 15 juillet. Quelles mesures mettre en oeuvre pour protéger les enfants des violences sexuelles ?
Invités :
- Isabelle Santiago, députée socialiste du Val-de-Marne,
- Karine Lebon, députée « Gauche Démocrate et Républicaine » de la Réunion,
- Martine Brousse, présidente de « La Voix de l'Enfant ».
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00:00:04Générique
00:00:07...
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP c'est vendredi
00:00:27et comme chaque vendredi puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons la parole au terme d
00:00:33'une semaine
00:00:33qui a été marquée par le choc, la colère et même l'exaspération suscité par le meurtre de Liana
00:00:40dont les obsèques ont eu lieu cet après-midi à Florence dans le Gers.
00:00:44Marche blanche, manifestation devant les tribunaux, les Français réclament des comptes et attendent des réponses
00:00:50et ces réponses viendront en partie d'ici, de l'Assemblée Nationale
00:00:54où le projet de loi protection de l'enfance doit par exemple être examiné d'ici un mois.
00:00:59Et nous en parlons ce soir avec vous Isabelle Santiago, bonsoir.
00:01:02Bonsoir.
00:01:03Vous êtes députée socialiste du Val-de-Marne, vice-présidente de la délégation aux droits des enfants.
00:01:08Merci d'être là aux côtés de Karine Lebon, bonsoir.
00:01:10Bonsoir.
00:01:11Députée gauche démocrate et républicaine de La Réunion, merci de votre présence.
00:01:15Et bonsoir Martine Brousse.
00:01:16Bonsoir.
00:01:16Présidente fondatrice de La Voix de l'Enfant, vous n'êtes pas venue seule, vous êtes venue ce soir avec
00:01:21Rétro
00:01:21qui est un chien de soutien et d'assistance émotionnelle.
00:01:25Vous nous direz de quelle façon Rétro vous aide dans le contexte actuel.
00:01:30Et je salue également Stanislas Godon, déléguée nationale du syndicat de Police Alliance.
00:01:34Merci d'avoir accepté de venir ce soir sur le plateau de chaque voix compte
00:01:38et merci d'avoir accepté aussi de répondre aux questions de notre public.
00:01:42Ce soir, nous allons donner la parole à des familles qui se sont elles aussi heurtées
00:01:46à des murs de silence ou d'indifférence, à des avocats qui les accompagnent dans les méandres de ce système,
00:01:53à des médecins qui prennent en charge les enfants victimes
00:01:55et puis donc à des policiers qui apprennent à recueillir la parole de l'enfant.
00:01:59Plus jamais ça, c'est ce que crient les Français et c'est aussi le titre de cette émission ce
00:02:04soir.
00:02:04Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:13Ce que nous vivons en ce moment, c'est sans doute l'histoire d'une onde de choc
00:02:18dont on ne mesure pas encore la portée.
00:02:20Un mélange de tristesse, de colère, d'incompréhension,
00:02:24mais peut-être vivons-nous aussi un moment de bascule.
00:02:28Un sondage publié ce matin dans le Figaro résume cette onde de choc.
00:02:3291% des Français interrogés estiment aujourd'hui que les délais de justice sont trop lents.
00:02:3889% estiment que les services de justice locaux ont une responsabilité dans l'affaire Liana.
00:02:4483% estiment que la justice ne fonctionne pas bien en France aujourd'hui.
00:02:49Il va falloir que ça change.
00:02:50Plusieurs textes sont prêts ici, à l'Assemblée nationale.
00:02:54On les détaille avec Dario Borgogno d'abord.
00:03:01Un village entier derrière le cercueil de Liana, pour lui rendre un dernier hommage.
00:03:08Nous ne sommes pas dans un combat, mais dans un deuil.
00:03:12Un deuil intime.
00:03:15Celui des parents.
00:03:17Celui d'une famille.
00:03:19Et un deuil collectif.
00:03:20Celui d'une ville et d'un pays qui perd un enfant de trop.
00:03:24La mort de la fillette a été une onde de choc pour la nation.
00:03:27Des défaillances dans le système judiciaire sont pointées du doigt.
00:03:30Notamment dans l'écoute de la parole des enfants.
00:03:3360 000 Français ont manifesté lundi pour protester contre ces manquements.
00:03:37Beaucoup, beaucoup de colère que ça puisse arriver encore.
00:03:39Ça fait des années, des années qu'il y a des enfants qui souffrent dans le silence.
00:03:44Maintenant, la justice, il faut qu'elle bouge.
00:03:46Parce que les enfants, on ne les croit pas.
00:03:48Il faut les croire.
00:03:49Émotion aussi pour la représentation nationale.
00:03:51Je vous invite à observer une minute de silence.
00:03:59160 000 enfants sont victimes chaque année en France de violences sexuelles.
00:04:03Et combien de cas similaires à Liana ?
00:04:05Les députés sont alertés régulièrement de situations semblables.
00:04:09Dans ma circonscription, en Saône-et-Loire,
00:04:12une plainte a été déposée par les parents d'un mineur le 25 juin 2025
00:04:18pour viol commis par un proche de la famille déjà condamné pour des faits similaires.
00:04:23À ce jour, le père de la victime m'écrit
00:04:25que l'homme accusé n'a toujours pas été entendu près d'un an après le dépôt de sa plainte,
00:04:31alors que son fils, lui, a déjà dû se soumettre à deux expertises psychologiques.
00:04:36En réponse aux critiques, le gouvernement a demandé aux procureurs généraux
00:04:39de revoir l'intégralité des 70 000 plaintes pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
00:04:44C'est une question de confiance dans l'autorité judiciaire
00:04:47que d'être capable de dire précisément où nous en sommes.
00:04:51Sébastien Lecornu a aussi amendé le projet de loi sur la protection des enfants.
00:04:54Au lieu de 20 ans de prison maximum actuelle,
00:04:57les violeurs en série pourront encourir la perpétuité.
00:05:00Et les enquêteurs auront l'obligation de boucler les principaux actes d'enquête
00:05:04dans un délai maximal de trois mois.
00:05:06Le Parlement veut aller plus loin et inscrire à l'ordre du jour
00:05:09une proposition de loi déposée à l'automne dernier.
00:05:12Ce texte, dite « loi intégrale », permettrait de réformer en profondeur
00:05:16la législation dans tous les domaines.
00:05:18C'est un sujet qui dépasse largement les clivages politiques.
00:05:21Nous nous retrouvons tous pour protéger nos enfants
00:05:25et pour protéger les femmes de notre pays.
00:05:28Le Premier ministre va recevoir à lundi prochain
00:05:30plusieurs représentants de ce texte transpartisan,
00:05:33co-signé par 114 députés.
00:05:36Avant de donner la parole à plusieurs témoins dans le public,
00:05:39je voulais d'abord vous demander à toutes les trois,
00:05:41c'est une formule de le dire comme ça,
00:05:43mais je l'ai beaucoup entendu cette semaine
00:05:45dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
00:05:47Est-ce que vous pensez, Karine Lebon,
00:05:49qu'on est dans un moment de bascule ?
00:05:52En tout cas, je le souhaite.
00:05:54Parce que, comme beaucoup de Français,
00:05:59cette semaine, j'étais particulièrement en colère.
00:06:02J'étais en colère parce que j'ai l'impression
00:06:05qu'on a cette succession de drames,
00:06:08qu'à chaque fois qu'il y a un drame,
00:06:09on a un émoi qui est légitime, qui est normal,
00:06:12de la société, qui est immense.
00:06:14Mais quand cette émoi redescend,
00:06:16quand cette vague d'émotions, elle redescend,
00:06:18il n'y a pas de transformation du système.
00:06:20On passe à autre chose.
00:06:21Voilà.
00:06:22Et nous, on veut une transformation du système.
00:06:24On pense que le problème est systémique.
00:06:25Alors Gérald Darmanin nous dit,
00:06:27ce sont des défaillances individuelles.
00:06:29Il peut y en avoir eu,
00:06:30mais je crois qu'il faut quand même
00:06:32réformer le système en profondeur.
00:06:34Isabelle Santiago ?
00:06:35Oui, je partage évidemment ce que dit ma collègue.
00:06:40Je pense surtout qu'on a dit,
00:06:42je rappelle toujours,
00:06:43et je vous l'ai dit l'autre jour sur ce plateau,
00:06:45en 2021, on a dit aux enfants,
00:06:48je te crois, je te protège.
00:06:51Et à partir de ce moment-là,
00:06:53il y a eu un texte de loi
00:06:55qui a inversé la partie du seuil d'âge
00:06:58où la France était le seul pays d'Europe
00:07:00à ne pas avoir calé un seuil d'âge
00:07:03qui disait qu'en dessous de 15 ans,
00:07:04dans le non-consentement,
00:07:05un adulte ne pouvait pas consentir
00:07:07à une relation avec un enfant.
00:07:10Il ne peut pas, évidemment,
00:07:12dans sa minorité,
00:07:13mais le droit français avait besoin d'inversion.
00:07:15Et ce qui me choque,
00:07:16et ce qui m'agace,
00:07:18et ce qui me met en colère,
00:07:19et ce que j'ai pu dire,
00:07:20c'est qu'il est inabstable
00:07:22qu'en 2021, on ait fait des avancées,
00:07:25qu'en 2023, la civise a rendu
00:07:28ce que vous évoquez, les 160 000,
00:07:30il y avait 82 recommandations.
00:07:32À part le retrait de l'autorité parentale
00:07:35et de la suspension,
00:07:36dans le cadre du texte, là aussi,
00:07:37que j'avais déposé,
00:07:38in fine, au bout du bout,
00:07:40on n'a pas fait de la réforme systémique
00:07:42dont nous avions besoin.
00:07:43Je veux juste signaler
00:07:44que ce qui est terrible,
00:07:46c'est qu'il faut bien regarder
00:07:47que tout ça est récent
00:07:48dans notre société.
00:07:50Donc, c'est une crise qui est systémique,
00:07:51mais en même temps,
00:07:52la prise de conscience
00:07:54de faire bouger les lignes,
00:07:55elle ne démarre qu'en 2021.
00:07:57Martine Brousse,
00:08:00est-ce que vous percevez
00:08:01qu'on est dans un moment de bascule ?
00:08:02Je voudrais d'abord avoir une pensée
00:08:03pour la famille
00:08:04qui a accompagné la petite
00:08:08au cet après-midi.
00:08:10Je crois qu'il faut que
00:08:12on garde,
00:08:14que chacun et chacune
00:08:16ait cette dignité
00:08:17qu'a cette famille
00:08:18et que dignement,
00:08:23nous recherchions des réponses.
00:08:25Alors, c'est vrai.
00:08:26On va dire,
00:08:27il y a eu 2000,
00:08:29Mme Santiago a raison,
00:08:302021,
00:08:31mais combien de lois,
00:08:33combien de lois
00:08:34depuis la loi
00:08:35de Mme Elisabeth Guigou
00:08:36de 1998,
00:08:38qui était à deux pendants
00:08:40auteurs et victimes,
00:08:42combien de lois
00:08:44depuis 5 ans,
00:08:4610 ans,
00:08:48nous ce que nous attendons,
00:08:50c'est les évaluations
00:08:51de ces lois
00:08:54avant
00:08:55d'en faire adopter d'autres.
00:08:57Pourquoi ça n'a pas fonctionné ?
00:08:59Et moi je suis ravie
00:09:00parce qu'on a aussi
00:09:00sur le plateau
00:09:01une de nos pédiatres
00:09:03qui recueille
00:09:03la parole de l'enfant.
00:09:04On n'attend pas,
00:09:06on ne l'a pas attendu aujourd'hui
00:09:07les premières unités
00:09:08d'accueil pédiatrique
00:09:09qu'en font en danger,
00:09:10elles datent de 1998.
00:09:13Et donc,
00:09:14il y a des choses
00:09:14qui ont été faites,
00:09:15il y a des choses
00:09:16qui sont faites
00:09:17ce qu'il faut ensemble,
00:09:18c'est rassembler
00:09:19ce qui fonctionne,
00:09:22voir ce qu'il faut renforcer
00:09:24et puis voir ce qui manque
00:09:26mais pas dire
00:09:28rien n'a été fait.
00:09:29Pour nous,
00:09:30pour les professionnels
00:09:32et pour nous,
00:09:32un certain nombre
00:09:33d'associations,
00:09:34c'est difficile à entendre.
00:09:36Quand j'entends
00:09:36les pédiatres appeler
00:09:37à 22h,
00:09:38ils sortent d'une audition,
00:09:40un enquêteur,
00:09:42on a un représentant,
00:09:43ce n'est pas 35 heures.
00:09:46Et les magistrats,
00:09:47c'est la même chose.
00:09:48Et poursuivons
00:09:51dans la sérénité
00:09:53pour trouver
00:09:54les meilleures réponses
00:09:55face à tant de souffrances.
00:09:57Et c'est bien aussi
00:09:58de vous entendre le dire.
00:10:00Vous parliez de la police.
00:10:01La police est en effet
00:10:02sur le plateau
00:10:03de chaque voie compte.
00:10:04Ce soir,
00:10:04Stanislas Godon,
00:10:05il se trouve que
00:10:05le ministère de l'Intérieur
00:10:06a invité policiers
00:10:07et gendarmes
00:10:08à garder le silence
00:10:09suite au meurtre de Liana.
00:10:11Vous vous exprimez
00:10:12en tant que délégué national
00:10:13du syndicat de police Alliance.
00:10:15Est-ce que vous dites,
00:10:16vous aussi,
00:10:17comme beaucoup de Français,
00:10:18que c'est la faillite
00:10:19d'un système submergé,
00:10:21ce qui est arrivé à Liana ?
00:10:23Bonjour à tous.
00:10:24Alors quand on parle de faillite,
00:10:26c'est en fait,
00:10:27on parle aussi de budget.
00:10:28Et je suis désolé,
00:10:29mais la question des moyens,
00:10:31il va falloir
00:10:32qu'elle soit mise sur la table.
00:10:33Plus de 155%
00:10:35des agressions sexuelles
00:10:37et notamment des viols
00:10:37et tentatives de viols
00:10:38avec des mineurs,
00:10:39une part des mineurs
00:10:40extrêmement importante,
00:10:41notamment 19%
00:10:42des moins de 10 ans.
00:10:43Plus de 267%
00:10:45sur les agressions sexuelles
00:10:46en l'espace de 9 ans.
00:10:48Ça, c'est aujourd'hui
00:10:49l'héritage terrible
00:10:52de la délinquance
00:10:53et des violences
00:10:54à l'encontre des mineurs.
00:10:55Quand on a été auditionné,
00:10:56notamment la commission d'enquête
00:10:57de l'Assemblée nationale
00:10:58sur les violences sexuelles incestueuses,
00:11:00nous avons beaucoup insisté
00:11:01sur l'histoire des moyens.
00:11:02Comment on peut expliquer aujourd'hui
00:11:04que des policiers enquêteurs
00:11:05ne soient pas formés
00:11:06ce qu'on appelle
00:11:07au protocole niche
00:11:07que vous connaissez
00:11:08et qu'on n'ait pas assez
00:11:10de sale Mélanie
00:11:10pour pouvoir recueillir
00:11:11la parole de l'enfant.
00:11:13Ce protocole,
00:11:13il est essentiel
00:11:15en matière d'enquête,
00:11:16vous le savez bien,
00:11:17parce qu'on sait tous
00:11:18qu'on ne peut pas auditionner
00:11:19plusieurs fois,
00:11:20notamment les enfants
00:11:21qui sont victimes.
00:11:22C'est bien pour ça
00:11:22qu'on fait de la sonorisation,
00:11:24on fait de la vidéo
00:11:25pour qu'après,
00:11:26on puisse exploiter
00:11:27notamment toutes les données
00:11:28qui sont à l'intérieur.
00:11:30après,
00:11:30sur l'histoire des moyens,
00:11:32pardon,
00:11:32je vais prendre un peu de temps
00:11:33mais quand même,
00:11:34la chaîne pénale,
00:11:35elle est en sous-dotation
00:11:36à tous les étages
00:11:37et pas seulement du côté
00:11:38de la police.
00:11:39On manque de 2500 enquêteurs,
00:11:41on a un logiciel de rédaction
00:11:42de procédure pénale
00:11:43qui ne marche pas encore
00:11:44et puis,
00:11:45il n'est pas coordonné
00:11:46avec le logiciel
00:11:47notamment de la justice.
00:11:48C'est vous dire
00:11:49les dysfonctionnements
00:11:50et quand on voit
00:11:51qu'on a trois procureurs
00:11:52pour 100 000 habitants
00:11:53alors que la Bulgarie
00:11:54en a 24
00:11:54et que la moyenne européenne
00:11:55est à 12,
00:11:56on se dit quand même
00:11:57qu'on a raté quelque chose
00:11:58depuis de nombreuses années
00:12:00et ça ne date pas d'aujourd'hui.
00:12:01Et c'est bien ça le constat
00:12:02qu'aujourd'hui
00:12:02on doit faire ensemble.
00:12:04Et mesdames les parlementaires,
00:12:06vous savez que nous sommes
00:12:07à quelques semaines
00:12:07des arbitrages
00:12:08notamment budgétaires
00:12:09de Matignon
00:12:10et je crois qu'il faudra peser
00:12:12de toute votre force
00:12:13avec tous les groupes d'appui
00:12:15pour qu'effectivement
00:12:16on fasse une grande loi
00:12:18de programmation
00:12:18pour doter
00:12:21je dirais
00:12:21la chaîne pénale
00:12:23des moyens
00:12:23pour qu'on puisse
00:12:24parce que vous savez
00:12:25les enquêteurs
00:12:26ils s'épuisent évidemment
00:12:27vous avez raison de le dire
00:12:29ils ne comptent pas leurs heures
00:12:30c'est bien pour ça
00:12:31qu'on a plus de 20 millions
00:12:31d'heures supplémentaires
00:12:32dans la police nationale
00:12:33et puis ils sont surtout
00:12:35à même de faire
00:12:37en sorte qu'il y ait
00:12:38un aboutissement
00:12:39dans les enquêtes.
00:12:40Alors on ne va pas faire
00:12:41de procès d'intention
00:12:42je crois que ça n'apportera
00:12:43rien à personne
00:12:44mais on attendra
00:12:45les conclusions des enquêtes
00:12:46et il faut qu'elles soient suivies
00:12:48que les responsabilités
00:12:49soient déterminées
00:12:50mais vous savez
00:12:51comme certains disent
00:12:52la police tue
00:12:53la justice
00:12:54elle n'est pas
00:12:55totalement défaillante
00:12:56il y a des procureurs
00:12:57il y a des magistrats
00:12:58qui font leur boulot correctement
00:12:59et il faut le saluer aussi
00:13:00par contre
00:13:01effectivement
00:13:02l'histoire des moyens
00:13:03est au coeur du problème
00:13:04et je suis vraiment navré
00:13:05que le président de la république
00:13:06ait prononcé cette phrase
00:13:08que ne me parlez pas de moyens
00:13:09je suis désolé
00:13:10mais on ne pourra pas
00:13:12occulter ce sujet là
00:13:14vous dites que les policiers
00:13:16sont épuisés
00:13:16les magistrats le sont aussi
00:13:18et puis les familles aussi
00:13:19parfois
00:13:19je voudrais que vous donniez
00:13:21votre micro à Gwen
00:13:22qui est juste derrière vous
00:13:23Gwen
00:13:25merci d'être là Gwen
00:13:27vous êtes la maman d'Alessandro
00:13:28et je vous remercie vraiment
00:13:29d'avoir accepté de venir
00:13:30sur le plateau
00:13:31de chaque voix compte
00:13:32Alessandro
00:13:33votre fils a aujourd'hui
00:13:348 ans
00:13:35il a été agressé sexuellement
00:13:37à l'âge de 4 ans
00:13:38par son oncle
00:13:39votre frère
00:13:40qui à l'époque
00:13:40avait 16 ans
00:13:41vous avez découvert les faits
00:13:43un soir où votre fils
00:13:44jouait avec une copine
00:13:46et a tenté de l'embrasser
00:13:47votre fils vous a dit
00:13:48que c'est ce que lui faisait
00:13:49son oncle
00:13:49et c'est une longue bataille
00:13:51judiciaire
00:13:52qui a alors commencé
00:13:53que vous avez menée
00:13:55depuis ces 4 années
00:13:57vous êtes tout de suite
00:13:58allée au commissariat
00:13:59Gwen
00:13:59oui
00:14:00tout de suite
00:14:01directement
00:14:01avec votre fils
00:14:03ou seule
00:14:03non sans
00:14:04sans
00:14:04on vous a cru
00:14:06comment s'est passé
00:14:07l'accueil du commissariat
00:14:09racontez-moi
00:14:10racontez-nous
00:14:12j'avais un peu honte
00:14:13de dire devant
00:14:14parce qu'il y avait
00:14:15du public
00:14:15qui était à la gendarmerie
00:14:16ce jour-là
00:14:17du coup j'avais un petit peu
00:14:18honte de dire
00:14:19que j'étais venue
00:14:19pour ça
00:14:22alors le gendarme
00:14:23m'a pris
00:14:25sur le côté
00:14:27il vous a isolé
00:14:28il nous a isolé
00:14:31vous êtes allée
00:14:31dans une salle
00:14:32à part peut-être
00:14:33ou vous êtes restée
00:14:33dans la salle d'accueil
00:14:35de la gendarmerie
00:14:36on est allée
00:14:36dans d'autres bureaux
00:14:38en fait
00:14:39et il a
00:14:40en fait
00:14:41j'avais enregistré
00:14:42mon fils
00:14:42le soir
00:14:43le soir même
00:14:44quand il a
00:14:45répété les choses
00:14:46parce que vous
00:14:46vous avez fait parler
00:14:47à Alessandro
00:14:48pour qu'il mette des mots
00:14:49sur ce qu'il avait vécu
00:14:50c'est ça
00:14:51et pour qu'il n'ait pas
00:14:52à le répéter en fait
00:14:53vous l'aviez enregistré
00:14:54au dictaphone
00:14:54je savais très bien
00:14:55qu'après une enquête
00:14:56comme ça
00:14:57il allait devoir se répéter
00:14:58qu'il allait filmer
00:15:00et je ne voulais pas
00:15:01ce jour-là
00:15:01en déposant la plainte
00:15:03qu'il soit là
00:15:03de nouveau
00:15:04pas tout de suite
00:15:04pas tout de suite
00:15:05il venait déjà
00:15:05de nous annoncer
00:15:07l'impensable
00:15:07je voulais le laisser
00:15:08tranquille
00:15:10donc les gendarmes
00:15:12nous ont
00:15:13à peu près cru
00:15:15sur le moment
00:15:16pas trop
00:15:16à partir du moment
00:15:18où je leur ai fait
00:15:18écouter l'enregistrement
00:15:19de mon fils
00:15:20ils nous ont dit
00:15:23cette fois-ci
00:15:24ça part au parquet
00:15:25il va devoir passer
00:15:26l'audition
00:15:27Mélanie
00:15:27ainsi que
00:15:28l'expertise
00:15:30médecin légiste
00:15:31et des expertises
00:15:32psychologiques
00:15:35donc mon fils
00:15:35a passé
00:15:36cette audition
00:15:37Mélanie
00:15:38qui a duré
00:15:39presque
00:15:40une journée
00:15:41je vous interromps
00:15:42Martine Brousse
00:15:43quand elle dit
00:15:44audition Mélanie
00:15:45c'est-à-dire que
00:15:45c'est l'audition
00:15:46d'un enfant
00:15:46qui se déroule
00:15:47dans une salle dédiée
00:15:48qui s'appelle
00:15:49une salle Mélanie
00:15:50du nom du premier enfant
00:15:51qui a eu droit
00:15:53à cette procédure
00:15:54et le docteur
00:15:55Tania en parlera
00:15:56puisqu'elle est responsable
00:15:58de l'unité d'accueil
00:15:59pédiatrique
00:16:00enfant d'Angers
00:16:00à Robert Debray
00:16:01ça ressemble
00:16:02à ce qu'on voit
00:16:02à l'écran
00:16:03il y a une différence
00:16:04et c'est complémentaire
00:16:05ça ne s'oppose pas
00:16:06mais l'unité d'accueil
00:16:09lui appelle
00:16:09l'enfant arrive
00:16:11il est accueilli
00:16:12par une équipe
00:16:14pluridisciplinaire
00:16:15médicale
00:16:16pédiatre
00:16:17parfois pédiatrégiste
00:16:20infirmière
00:16:21péricultrice
00:16:22psychologue
00:16:23l'enquêteur arrive
00:16:25et il y a un contact
00:16:27avec l'enfant
00:16:28l'enfant est amené
00:16:29dans la salle d'audition
00:16:30et après je laisserai
00:16:32ça c'est dans les UAPED
00:16:32et la salle Mélanie
00:16:34la différence
00:16:35elle est toute simple
00:16:36l'enfant il arrive
00:16:37il va être auditionné
00:16:38certes avec le protocole Nietzsche
00:16:40pas toujours
00:16:40parce qu'il faut quand même
00:16:41le reconnaître
00:16:42vous l'avez dit vous-même
00:16:42le manque de formation
00:16:43par des enquêteurs
00:16:44qui ne sont pas formés
00:16:45ou parce qu'ils sont
00:16:46partis sur un autre terrain
00:16:48et on appelle celui
00:16:48qui est présent
00:16:49et il repart
00:16:51alors que dans l'UAPED
00:16:52il arrive
00:16:53c'est unité de lieu
00:16:55de temps
00:16:56et d'action
00:16:56et donc vous
00:16:57vous étiez dans une salle
00:16:58Mélanie
00:16:59où Alessandro a été reçu
00:17:00c'est ça
00:17:01par une brigade
00:17:01des mineurs apparemment
00:17:03et quelle a été
00:17:04la suite de la procédure
00:17:05alors ?
00:17:06en fait à l'audition
00:17:07de cette
00:17:08enfin à la fin
00:17:09de cette audition
00:17:10on a récupéré mon fils
00:17:12et les gendarmes
00:17:13qui se sont occupés
00:17:14de son audition
00:17:15sont venus nous voir
00:17:16avec le papa
00:17:17et ils nous ont dit
00:17:19cette fois-ci
00:17:20on n'est plus sur
00:17:20juste de l'agression sexuelle
00:17:22on est sur du viol
00:17:24donc votre dossier
00:17:25il va partir en criminel
00:17:27donc attendez-vous
00:17:28à ce que justement
00:17:28la justice
00:17:29soit très longue
00:17:31à partir de là
00:17:32mon fils
00:17:33il a seulement passé
00:17:33une expertise psychologique
00:17:35deux mois après
00:17:37pour la première
00:17:39qui a été
00:17:40plutôt un échec
00:17:41parce que mon fils
00:17:43il s'est dit une fois
00:17:44je lui avais dit
00:17:45qu'il avait juste besoin
00:17:46de le répéter une fois
00:17:48et il l'a fait
00:17:49toute une journée entière
00:17:50en étant filmé
00:17:51et en fait
00:17:52il ne voulait plus répéter
00:17:53il se braque
00:17:54enfin il se braquait
00:17:55tout ça
00:17:56donc après
00:17:57ils ont demandé
00:17:58une autre expertise
00:17:59du coup
00:18:01il me semble
00:18:01c'était un an
00:18:03un an après
00:18:04donc à ce moment-là
00:18:05il a 5 ans
00:18:06à ce moment-là
00:18:06il a 5 ans
00:18:08qui s'est
00:18:10un peu
00:18:11un peu mieux passé
00:18:13on va dire
00:18:13il a réussi
00:18:14à mettre des mots
00:18:15parce qu'en attendant
00:18:16il avait un an de plus déjà ?
00:18:17il avait un an de plus
00:18:18il a réussi à mettre
00:18:19plus de mots
00:18:19et puis on l'a suivi
00:18:20enfin il est suivi
00:18:21psychologiquement aussi
00:18:24et qu'est-il arrivé
00:18:25pendant ce laps de temps
00:18:25à l'agresseur d'Alessandro ?
00:18:29on a déposé plainte
00:18:31en décembre
00:18:31et l'agresseur
00:18:33a seulement été auditionné
00:18:34en septembre 2024
00:18:37soit presque
00:18:389 mois après
00:18:41et pendant ces 9 mois
00:18:42pendant ces 9 mois
00:18:43nous on a tout enduré
00:18:44les gendarmes à la maison
00:18:46les gendarmes
00:18:47qui sont venus
00:18:47prendre notre photo
00:18:48enfin la maison
00:18:49en photo
00:18:50toutes les pièces
00:18:51les gendarmes
00:18:52qui venaient à tout bout de champ
00:18:53les auditions
00:18:54avec le petit
00:18:55nos auditions à nous
00:18:56et pendant que
00:18:57tout ça
00:18:59l'agresseur présumait
00:19:00il était dehors
00:19:01il vivait sa meilleure vie
00:19:04aucune audition
00:19:05aucune garde à vue
00:19:06rien du tout
00:19:07et mon fils
00:19:08il me disait
00:19:08mais maman
00:19:09j'ai parlé
00:19:10on m'a dit
00:19:11que c'était bien
00:19:12que j'ai parlé
00:19:13on m'a dit
00:19:14que c'était bien
00:19:14de dire la vérité
00:19:15de dénoncer
00:19:16les gendarmes
00:19:17lui avaient aussi dit
00:19:17que c'était un courageux
00:19:18petit garçon
00:19:19et il me regardait
00:19:20tous les jours
00:19:20et il me disait
00:19:21mais pourquoi
00:19:22pourquoi lui
00:19:23il est dehors
00:19:23et pourquoi
00:19:23maintenant je souffre
00:19:24beaucoup
00:19:25pendant que lui
00:19:25il est encore dehors
00:19:26comme ça
00:19:27je ne savais pas
00:19:28quoi répondre à mon fils
00:19:29à part lui dire
00:19:29qu'il fallait attendre
00:19:31quatre ans plus tard
00:19:32où en est la procédure
00:19:34là on est sur
00:19:35une fin d'instruction
00:19:36depuis décembre
00:19:37d'accord
00:19:37vous attendez le procès
00:19:39une date de procès
00:19:40entre temps
00:19:41l'agresseur a fait
00:19:42une année de détention
00:19:43provisoire
00:19:44il est sorti
00:19:45il est sorti
00:19:46en septembre 2025
00:19:48avec une ordonnance
00:19:49d'éloignement peut-être
00:19:50oui
00:19:51qui concerne le domicile
00:19:52mais par contre
00:19:53l'école
00:19:53ça ne concerne pas
00:19:55l'école
00:19:56et mon fils
00:19:57depuis qu'il est sorti
00:19:58de détention
00:20:00l'école c'est devenu
00:20:01très compliqué
00:20:02il n'ose même plus y aller
00:20:03il ne travaille plus
00:20:05je suis censée le faire
00:20:06tester HPI
00:20:07alors que quand je l'emmène
00:20:08à l'école
00:20:08c'est le matin
00:20:09il arrive
00:20:10il pose son sac
00:20:10sur la table
00:20:11et il attend
00:20:12qu'on revienne le chercher
00:20:14il n'ose plus aller à l'école
00:20:15parce qu'il ne se sent plus
00:20:16en sécurité
00:20:17en décembre
00:20:18il a
00:20:19en décembre
00:20:20il a voulu mettre fin
00:20:21à ses jours
00:20:23il est suivi
00:20:23bien sûr
00:20:24psychologiquement
00:20:25oui
00:20:25il va au rendez-vous
00:20:27il y va
00:20:28ou il faut le pousser
00:20:28non non
00:20:29il aime bien aller
00:20:29il aime bien parler
00:20:30il aime bien
00:20:32et toujours
00:20:32je le laisse parler
00:20:33tout seul
00:20:33parce que j'ai besoin
00:20:34qu'il vide son sac
00:20:35tout seul
00:20:35sans que maman
00:20:36elle soit à côté
00:20:38donc en décembre
00:20:40il a essayé
00:20:40de mettre fin
00:20:40à ses jours
00:20:42parce qu'il ne comprend pas
00:20:43que justement
00:20:44il ait parlé
00:20:45qu'ils l'ont déjà
00:20:45laissé sortir
00:20:46et qu'à côté de ça
00:20:48l'enquête
00:20:48n'était toujours pas terminée
00:20:51et actuellement
00:20:52c'est toujours très compliqué
00:20:53psychologiquement pour lui
00:20:54autant que pour nous
00:20:55d'ailleurs
00:20:57parce que je tiens à préciser
00:20:58que pendant les neuf mois
00:20:59où il n'était pas auditionné
00:21:01j'ai dû enterrer mon papa
00:21:04avec mon fils
00:21:06et l'agresseur présumé
00:21:07de mon fils
00:21:08à côté de lui
00:21:08puisque c'est votre frère
00:21:10voilà
00:21:10j'ai demandé
00:21:11au gendarme
00:21:12si on pouvait faire
00:21:13quelque chose
00:21:13parce que je ne pouvais pas
00:21:14non plus priver mon fils
00:21:15de dire au revoir
00:21:15à son papy
00:21:16évidemment
00:21:17ils m'ont dit
00:21:18on ne peut rien faire
00:21:19il faut attendre
00:21:21quand on parle
00:21:22des dysfonctionnements
00:21:23de la justice
00:21:25j'ai l'impression
00:21:25qu'il y en a beaucoup
00:21:26quand même
00:21:26dans la procédure
00:21:27qu'a subie Gwen
00:21:31c'est normal
00:21:32ce qui s'est passé
00:21:33pour elle
00:21:34c'est normal
00:21:35qu'il ne soit rien arrivé
00:21:37à l'agresseur présumé
00:21:38pendant tout ce temps
00:21:39c'est normal
00:21:39qu'aujourd'hui
00:21:40il n'ait pas de mesure
00:21:41d'éloignement
00:21:42de l'école
00:21:43d'Alessandro
00:21:44pas du tout
00:21:46et vraiment
00:21:48il y a beaucoup d'émotions
00:21:50et je suis évidemment révoltée
00:21:55par ces situations
00:21:56votre histoire
00:21:57celle qu'a vécue
00:22:00votre petit garçon
00:22:01votre famille
00:22:02mais avec beaucoup d'humilité
00:22:06je veux vous dire
00:22:07qu'il y a une incompréhension
00:22:11pour moi
00:22:12et une colère
00:22:12et je le dis souvent
00:22:14c'est que
00:22:15l'État
00:22:16pour moi
00:22:17c'est le parent
00:22:17le plus défaillant
00:22:18je le dis souvent
00:22:19c'est une expression
00:22:20que j'exprime
00:22:24l'enfance
00:22:25c'est globalement
00:22:25un impensé
00:22:26des politiques publiques
00:22:28si on avait
00:22:29pensé
00:22:30les politiques publiques
00:22:30autour de l'enfance
00:22:32ce que vous décrivez
00:22:34ne pourrait pas exister
00:22:36on a
00:22:37une problématique
00:22:38individuellement
00:22:39on peut toujours
00:22:39trouver des failles
00:22:41mais
00:22:41que ce soit
00:22:42Martine Brousse
00:22:43que ce soit moi
00:22:44que ce soit Karine
00:22:45il y a des personnes
00:22:47ça fait des années
00:22:48dans les associations
00:22:49qui portent
00:22:50des grands sujets
00:22:52de société
00:22:53autour de l'enfance
00:22:54il y a eu
00:22:55des moments
00:22:56où la société
00:22:57ça a bougé
00:22:58comme en ce moment
00:22:59et où il y a eu
00:23:00des mouvements
00:23:01et je repense
00:23:02à l'inceste
00:23:03et donc à MeToo
00:23:04inceste
00:23:05qui a fait aussi
00:23:05libérer la parole
00:23:06et aussi qui explique
00:23:08des chiffres
00:23:09très importants
00:23:10de paroles
00:23:11qui se libèrent
00:23:11mais quand on dit
00:23:12à un enfant
00:23:13je te crois
00:23:14je te protège
00:23:15alors il faut que
00:23:16de manière transversale
00:23:17tout le monde
00:23:18réponde à cette obligation
00:23:20et donc pas une chaîne
00:23:21de dysfonctionnement
00:23:22une chaîne cohérente
00:23:24c'est un enjeu
00:23:25de santé publique
00:23:26l'enfance
00:23:26à travers ce que vous évoquez
00:23:28c'est au-delà
00:23:31de la situation
00:23:32c'est évidemment
00:23:34une chaîne
00:23:35et je pense que
00:23:36Madame
00:23:36qui est pédiatre
00:23:37pourra le dire
00:23:39la parole de l'enfant
00:23:40l'accompagnement
00:23:41de la famille
00:23:42la procédure
00:23:43qui va avec
00:23:44tout doit être
00:23:46regardé
00:23:46au prisme
00:23:47de l'enfant
00:23:48c'est que ça
00:23:49où on doit consacrer
00:23:52notre temps
00:23:52on ne doit pas considérer
00:23:54qu'on met des années
00:23:56à régler
00:23:56et à réformer
00:23:57c'est une question
00:23:59de moyens
00:23:59mais aussi
00:24:00pas que
00:24:01c'est les moyens
00:24:02plus la transformation
00:24:03du modèle
00:24:04que nous avons
00:24:05créé
00:24:06les pratiques
00:24:07professionnelles
00:24:08si on vous répond
00:24:09pratiques professionnelles
00:24:10on ne change rien
00:24:11on peut faire des lois
00:24:12on peut mettre
00:24:13même des budgets
00:24:14je vous le dis
00:24:15sur le terrain
00:24:15il ne changera rien
00:24:16donc il faut absolument
00:24:18que ça change globalement
00:24:20il faut tout décloisonner
00:24:22et donc partir
00:24:24des besoins fondamentaux
00:24:25de cet enfant
00:24:27c'est sa parole
00:24:28et
00:24:28à quel moment
00:24:29dans l'histoire de Gwen
00:24:31la parole d'Alessandro
00:24:32elle a vraiment pesé
00:24:33même lui
00:24:34est capable
00:24:35à 5 ans
00:24:35de dire
00:24:36mais maman
00:24:37j'ai parlé
00:24:37et il ne s'est rien passé
00:24:39c'est fréquent
00:24:40mais c'est fréquent
00:24:41nous dans nos associations
00:24:43vous ne pouvez pas imaginer
00:24:44et je peux vous dire
00:24:46que
00:24:46dans les UAPED
00:24:47et en pédiatrie
00:24:49combien de fois
00:24:49ils accueillent des enfants
00:24:50que l'on a déjà fait parler
00:24:52deux fois
00:24:53trois fois
00:24:53mais j'ai sa parole
00:24:54mais qu'est-ce qu'elle peut faire Gwen
00:24:55aujourd'hui
00:24:55à part attendre ce procès
00:24:57en espérant que l'agresseur
00:24:58ne vienne pas à l'école
00:25:00en espérant qu'Alessandro
00:25:01reprenne le goût
00:25:02de vivre
00:25:03et de retourner à l'école
00:25:07c'est ça qui est le plus rageant
00:25:08c'est ça qui est le plus rageant
00:25:10et c'est ce qu'on demande
00:25:11c'est quand on demande
00:25:12la loi intégrale
00:25:13que j'ai co-signée
00:25:15avec Céline Thiebaud-Martinez
00:25:16c'est pas pour dire
00:25:17bon il faut une loi
00:25:18de plus
00:25:19au contraire
00:25:20non c'est pour se placer
00:25:21du côté de la victime
00:25:22pour mettre la victime
00:25:23au coeur
00:25:24et repenser
00:25:25toute la chaîne
00:25:26autour d'elle
00:25:28et je suis d'accord
00:25:29avec vous
00:25:29les moyens
00:25:29ils sont indispensables
00:25:31on ne peut pas dire
00:25:32aujourd'hui
00:25:33que notre système
00:25:34va bien
00:25:35quand on attend
00:25:364 ans
00:25:37pour qu'une affaire
00:25:38comme ça
00:25:39soit jugée
00:25:40quand on attend
00:25:42quand on voit son enfant
00:25:43dépérir
00:25:45on se dit
00:25:45mais c'est pas possible
00:25:46on doit pouvoir bouger les choses
00:25:48on doit pouvoir changer les choses
00:25:49donc oui
00:25:50c'est aussi une question de moyens
00:25:51moi Gérald Darmanin
00:25:52il nous a dit
00:25:53je suis pour la loi intégrale
00:25:55mais alors
00:25:55on touche pas au budget de la justice
00:25:56on touche pas au budget de l'intérieur
00:25:57on touche pas au budget d'éducation
00:25:59mais dans ce cas là
00:26:00mais comment on fait
00:26:01comment on fait
00:26:01si on n'augmente pas
00:26:02ces budgets là
00:26:03pour que les victimes
00:26:04soient prises en charge
00:26:05correctement
00:26:06pour replacer les victimes
00:26:07au centre de la chaîne
00:26:08en fait c'est ça qu'on demande
00:26:10parce que des initiatives
00:26:11de proposition de loi
00:26:12de projet de loi
00:26:13il y en a plein
00:26:14mais tant que ça reste disséminé
00:26:16et que ce sont des lois
00:26:17comme ça
00:26:17qui sont votées
00:26:18les unes après les autres
00:26:19de temps en temps
00:26:20disséminées au fil des mois
00:26:21au fil des années
00:26:21il n'y a pas de cohérence globale
00:26:24et nous ce qu'on demande
00:26:25c'est une cohérence globale
00:26:26pour que la personne
00:26:27elle soit véritablement entendue
00:26:29je voudrais passer la parole
00:26:31à Anaïs Baziz
00:26:32Anaïs pour donner un micro
00:26:33vous êtes avocate pénaliste
00:26:35quand vous entendez
00:26:36l'histoire de Gwen
00:26:39pardon mais je me dis
00:26:40comment on peut l'aider Gwen
00:26:41parce que vous avez
00:26:42un avocat évidemment Gwen
00:26:43donc vous avez deux avocats
00:26:48est-ce que ces histoires
00:26:49elles sont fréquentes ?
00:26:50alors je dirais même
00:26:51que 4 ans malheureusement
00:26:52c'est rien
00:26:55ça va pas consuler Gwen
00:26:56c'est malheureux
00:26:58de se dire que 4 ans
00:26:59c'est pas grand chose
00:27:00par rapport à d'autres dossiers
00:27:01j'ai des dossiers
00:27:01où les personnes
00:27:02attendent depuis 10 ans
00:27:05les dysfonctionnements
00:27:05de l'affaire Liana
00:27:06est-ce que vous dites
00:27:07que c'est ceux auxquels
00:27:08vous aussi vous êtes confrontés
00:27:09dans votre pratique
00:27:10chaque jour ?
00:27:11totalement
00:27:11mais les plus gros
00:27:13parce qu'on attend évidemment
00:27:15des rapports d'inspection
00:27:16sur ce qui s'est passé
00:27:17dans le Gers
00:27:18autour du tribunal Doche
00:27:19mais les plus gros dysfonctionnements
00:27:21que vous vous identifiez ?
00:27:23alors moi ce que j'identifie
00:27:24et je rejoins finalement
00:27:25ce qui a pu être dit
00:27:26c'est un manque de moyens
00:27:27tout simplement
00:27:28parce qu'aujourd'hui
00:27:29quand on voit
00:27:31qu'on est bien inférieur
00:27:32à la moyenne
00:27:33des juges présents
00:27:35dans les pays européens
00:27:37on se rend compte
00:27:38qu'il y a un réel sujet
00:27:39moi aujourd'hui
00:27:40j'interviens tant
00:27:41en défense
00:27:42des mises en cause
00:27:43que des parties civiles
00:27:44des victimes
00:27:44et j'ai du mal
00:27:45à expliquer
00:27:47aux personnes
00:27:48mises en cause
00:27:48mais également aux victimes
00:27:49qu'elles doivent attendre
00:27:50dix ans parfois
00:27:51avant d'être jugées
00:27:51parce qu'il y a un traumatisme
00:27:53forcément des deux côtés
00:27:55aujourd'hui
00:27:56on a des victimes
00:27:57qui ne comprennent pas
00:27:58c'est vrai que nous
00:27:59on le comprend
00:28:00parce qu'on y est confronté
00:28:01de façon constante
00:28:04mais qui ne comprennent pas
00:28:05pourquoi
00:28:05lorsqu'elles vont
00:28:06déposer plainte
00:28:07en expliquant
00:28:07qu'il y a
00:28:08tous les éléments de preuve
00:28:09parfois dans l'appartement
00:28:10que les policiers
00:28:11ne se déplacent pas
00:28:12et ce n'est pas
00:28:13un manque de volonté
00:28:14des policiers
00:28:14c'est un manque de moyens
00:28:16lorsque l'enquête
00:28:17la plainte
00:28:18pardon
00:28:18est enregistrée
00:28:19encore faut-il
00:28:20qu'elle soit traitée
00:28:21et lorsque cette plainte
00:28:23est transmise
00:28:24au parquet
00:28:25encore faut-il
00:28:26qu'il y ait suffisamment
00:28:27de procureurs
00:28:28pour traiter le dossier
00:28:29encore faut-il
00:28:30qu'il y ait suffisamment
00:28:31de greffiers
00:28:32pour travailler également
00:28:32encore faut-il
00:28:33qu'il y ait suffisamment
00:28:33des pénalistes
00:28:34qui m'ont dit
00:28:34cette semaine
00:28:35on sent que ça bouge
00:28:36cette semaine
00:28:37ça va beaucoup plus vite
00:28:38ça va beaucoup plus vite
00:28:40vous l'avez perçu
00:28:40vous aussi
00:28:41mais combien de temps
00:28:43bien sûr
00:28:43Stanislas Godon
00:28:44je vous vois
00:28:47dos de l'inné
00:28:48du chef
00:28:48ah oui parce que
00:28:49les chiffres sont têtus
00:28:50il y a 3 millions
00:28:51de procédures
00:28:51aujourd'hui en souffrance
00:28:52il y en a 4 millions
00:28:533 qui arrivent chaque année
00:28:55enfin je veux dire
00:28:56il y a un moment
00:28:57il y a quelque chose
00:28:58qui ne marche pas
00:28:58dans l'équation
00:28:59vous voyez bien
00:29:00donc l'histoire
00:29:01en fait des moyens
00:29:02à la fois des moyens
00:29:03et puis après tout le relais
00:29:04évidemment avec
00:29:05avec les parquetiers
00:29:07va forcément nous percuter
00:29:09par rapport à la charge
00:29:10de travail
00:29:10et quand je vous disais
00:29:11tout à l'heure
00:29:12les chiffres notamment
00:29:13exponentiels
00:29:14en 9 ans de temps
00:29:15par rapport aux violences
00:29:16à l'inculte des mineurs
00:29:17ça aussi on n'a pas pu
00:29:18anticiper
00:29:19et je crois qu'en France
00:29:20on a du mal
00:29:20à anticiper les choses
00:29:21vous savez il y a un rapport
00:29:23mais quoi il faut une campagne
00:29:24massive de recrutement
00:29:25d'abord et avant tout
00:29:26juste si vous me permettez
00:29:27parce qu'il y a un rapport
00:29:28de l'IGPN
00:29:28qui est sorti en 2023
00:29:29et qui avait déjà anticipé
00:29:31qu'on allait se retrouver
00:29:33dans un entonnoir
00:29:35au niveau des procédures
00:29:36donc en fait
00:29:37les constats ont été faits
00:29:38il y a eu
00:29:39des missions d'information
00:29:40des commissions d'enquête
00:29:41il y a un excellent rapport
00:29:42du Sénat
00:29:43c'est à dire que
00:29:43ce que vous dites
00:29:44c'est qu'on se félicite
00:29:45tous les jours
00:29:46de la libération de la parole
00:29:47mais on n'est pas capable
00:29:48de la compagnie
00:29:49on ne sait pas quoi en faire
00:29:51et parfois il y a aussi
00:29:52un phénomène
00:29:52de correctionnalisation
00:29:53des viols
00:29:54parce qu'on dit aux gens
00:29:55si vous restez
00:29:56sur cette plainte de viol
00:29:58ça va prendre
00:29:58beaucoup trop de temps
00:29:59donc requalifier les faits
00:30:00en agression sexuelle
00:30:02ça sera jugé
00:30:03beaucoup plus rapidement
00:30:05mais oui
00:30:05mais c'est ce qu'on dit aux gens
00:30:07ça sera jugé
00:30:08beaucoup plus rapidement
00:30:09mais c'est pas la même chose
00:30:10c'est pas un crime
00:30:15l'agression sexuelle
00:30:29qui travaille
00:30:30et si on renforce
00:30:32si on travaille
00:30:33en transversalité
00:30:35je pense que
00:30:35après on va voir
00:30:37tout ce qui manque
00:30:37et il y a beaucoup de choses
00:30:38comme ce que vit madame
00:30:39et d'autres
00:30:40tant d'autres mamans
00:30:42et tant d'autres papas
00:30:43parce que ce sont aussi
00:30:44des familles entières
00:30:45parfois
00:30:46qui sont brisées
00:30:47moi ce que je voudrais
00:30:48c'est que
00:30:48voilà
00:30:49on peut désespérer
00:30:51mais là on est dans
00:30:52une assemblée
00:30:53ce soir on essaie
00:30:53de trouver des solutions
00:30:54voilà
00:30:55voilà exactement
00:30:56on essaie pas de désespérer
00:30:57non
00:30:57par exemple
00:30:58là on désespère moi
00:30:59parce que
00:31:00tous les enquêteurs
00:31:01qui s'occupent des mineurs
00:31:02il y ait l'obligation
00:31:03d'avoir la formation
00:31:04de 15 jours
00:31:05au protocole
00:31:06mais ça suffit pas
00:31:0715 jours
00:31:07c'est la pratique
00:31:08c'est un minimum
00:31:10la pratique
00:31:10ils l'ont
00:31:11le problème c'est
00:31:12qu'ils n'ont pas le protocole
00:31:13ils n'ont pas la formation
00:31:14la certification
00:31:14il y a même des stages
00:31:15de formation
00:31:16qui ont été interrompus
00:31:17à la première semaine
00:31:18parce qu'il n'y avait pas
00:31:18vous pouvez me décrire
00:31:20ce que c'est
00:31:20ce protocole NICHD
00:31:23vous vous dites NICHD
00:31:24qui apprend
00:31:25comment on pose
00:31:26des questions
00:31:27en fait à l'enfant
00:31:27pour pas faire de la suggestion
00:31:28pour qu'il y ait
00:31:29la parole de l'enfant
00:31:30qui soit reconnue
00:31:31en termes de crédibilité
00:31:32et que surtout
00:31:34ils ne subissent pas
00:31:35la pression
00:31:35entre guillemets
00:31:36de l'adulte
00:31:36je fais un résumé
00:31:37très succinct
00:31:37parce que le protocole
00:31:38il fait beaucoup
00:31:39si vous permettez
00:31:41je voudrais vous interrompre
00:31:41pour vous faire écouter
00:31:43Émilie
00:31:45Émilie
00:31:45merci d'être là
00:31:46vous êtes la maman
00:31:47d'un petit garçon
00:31:48de 4 ans
00:31:48qui a subi
00:31:49des attouchements
00:31:50de la part
00:31:50d'un éducateur
00:31:51périscolaire
00:31:52Colombe au mois d'avril
00:31:53là
00:31:542026
00:31:56d'abord
00:31:57comment l'avez-vous découvert ?
00:31:58il m'a parlé
00:31:59tout de suite ?
00:32:00alors tout de suite
00:32:01on n'en sait rien
00:32:01le problème c'est qu'à 4 ans
00:32:03ils sont incapables
00:32:04de dater
00:32:05les faits
00:32:05mais en tout cas
00:32:06il m'a parlé un soir
00:32:08il m'a parlé
00:32:09parce qu'on était
00:32:10dans la salle de bain
00:32:12parce que
00:32:12à ce moment-là
00:32:13on parlait d'intimité
00:32:15et il m'en a parlé
00:32:17de manière
00:32:18très naturelle
00:32:20vous pouvez me dire
00:32:21ce qui s'est passé ensuite ?
00:32:23quand il m'en a parlé
00:32:24j'ai vraiment essayé
00:32:26de garder mon sang froid
00:32:27le but c'était
00:32:27je me suis dit tout de suite
00:32:29ne suggère rien
00:32:30ne panique pas
00:32:31et essaye de l'interroger
00:32:33vraiment
00:32:34sans suggestion
00:32:36donc je lui ai demandé
00:32:37de me reformuler
00:32:37ce qu'il m'avait dit
00:32:38et ensuite
00:32:40j'en ai parlé à mon mari
00:32:40en lui disant
00:32:41pareil
00:32:42pose-lui des questions
00:32:43mais sans suggestion
00:32:44essaye de
00:32:45l'ouvrir la parole
00:32:46on a fait ça
00:32:47pendant quelques jours
00:32:48et en fait
00:32:49mon fils
00:32:49ne démordait pas
00:32:51d'un seul mot
00:32:52il ne variait pas
00:32:53sa version
00:32:54absolument pas
00:32:56donc immédiatement
00:32:56avec mon mari
00:32:57on s'est dit
00:32:57qu'il fallait
00:32:58qu'on fasse quelque chose
00:33:00et là
00:33:00on s'est retrouvés
00:33:01dans un espèce de vide
00:33:02en se disant
00:33:02mais en fait
00:33:02qu'est-ce qu'on doit faire
00:33:03à ce moment-là
00:33:05donc mon mari
00:33:05est parti à l'école
00:33:06après venu
00:33:07il s'est retrouvé
00:33:08face aux directrices de l'école
00:33:09qui leur ont dit
00:33:09bah non
00:33:09c'est le périscolaire
00:33:11bref c'est la mairie
00:33:12c'est la chaîne de la mairie
00:33:13je vous passe les détails
00:33:16où finalement
00:33:17on a eu la mairie
00:33:19immédiatement
00:33:19ils nous ont dit
00:33:20très bien
00:33:20on le suspend
00:33:21à titre conservatoire
00:33:22donc on était plutôt
00:33:23extrêmement confiants
00:33:24en se disant
00:33:24on a entendu
00:33:25les choses sont faites
00:33:26c'est formidable
00:33:29sauf que
00:33:29bah finalement
00:33:30après
00:33:32après cette suspension
00:33:33à titre conservatoire
00:33:33on a eu un rendez-vous
00:33:34avec la mairie
00:33:35où là
00:33:36on a compris
00:33:37qu'on était face
00:33:38à des gens
00:33:38qui étaient
00:33:39au mieux incompétents
00:33:42au pire
00:33:43pas très bienveillants
00:33:46et
00:33:47on a commencé
00:33:48du coup
00:33:48à insister
00:33:49et à insister
00:33:49notamment
00:33:49sur l'article 40
00:33:51en leur demandant
00:33:52s'ils avaient fait
00:33:53le signalement
00:33:54au procureur de la république
00:33:55et là
00:33:56on a eu
00:33:57aucune nouvelle
00:33:57de la mairie
00:33:58plus aucune nouvelle
00:33:59silence radio
00:34:00silence radio
00:34:01on a demandé également
00:34:02que la mairie
00:34:03communique
00:34:04aux parents
00:34:05aux autres parents
00:34:06de l'école
00:34:07il faut savoir
00:34:08que cet animateur
00:34:08était dans plusieurs écoles
00:34:09et qu'il communique
00:34:11en urgence
00:34:12on nous a répondu
00:34:13à ça
00:34:13que notre enfant
00:34:14allait être stigmatisé
00:34:17donc on a continué
00:34:18à forcer
00:34:18pendant 15 jours
00:34:19parce que c'était
00:34:20la colère
00:34:20pendant 15 jours
00:34:21on n'a plus
00:34:22aucune réponse
00:34:23il faut savoir
00:34:24que du coup
00:34:24c'est moi
00:34:25en tant que maman
00:34:25qui ai prévenu
00:34:26les autres mamans
00:34:27les autres papas
00:34:28sur un groupe
00:34:30en devant
00:34:31me mettre
00:34:31face à tout le monde
00:34:34et bizarrement
00:34:35le lendemain
00:34:36la mairie
00:34:37a finalement
00:34:37fait un communiqué
00:34:38en indiquant
00:34:39que des informations
00:34:41incomplètes
00:34:43incomplètes
00:34:44potentiellement fausses
00:34:45leur avaient été transmises
00:34:46donc c'est immédiatement
00:34:47notre parole
00:34:47qu'on a remis en cause
00:34:49et quand au bout
00:34:49d'un certain temps
00:34:50on a fini par savoir
00:34:51quand est-ce qu'avait été
00:34:52fait le signalement
00:34:52parce que signalement
00:34:53il y a eu
00:34:53ça a été le 28 avril
00:34:55nous avons fait nous
00:34:55le signalement
00:34:56à la mairie
00:34:56le 13
00:34:56et bizarrement
00:34:57ce signalement
00:34:58est intervenu
00:34:59deux jours
00:34:59après notre propre plainte
00:35:00donc ce qu'on a remarqué
00:35:02c'est qu'à chaque fois
00:35:03que nous
00:35:03on agissait
00:35:05la mairie
00:35:05se forçait à agir
00:35:07donc voilà
00:35:08on sent que
00:35:09il y a vraiment
00:35:10tout un système
00:35:10qui se renferme sur nous
00:35:11à ce moment là
00:35:13on a averti également
00:35:14l'éducation nationale
00:35:16alors là
00:35:16des psys ont été dépêchés
00:35:17à la hâte
00:35:18du jour au lendemain
00:35:19à l'école
00:35:20sans qu'on comprenne
00:35:21très bien
00:35:21je précise que
00:35:22l'association SOS
00:35:23périscolaire
00:35:24vous a apporté
00:35:24une aide précieuse
00:35:25dans vos démarches
00:35:26mais il y a quand même
00:35:27un scandale
00:35:28dans le scandale
00:35:29c'est que des agents
00:35:30de la brigade des mineurs
00:35:31ont fini par venir
00:35:32à l'école
00:35:33oui tout à fait
00:35:34de quelle façon
00:35:36alors
00:35:37finalement
00:35:37ils ont débarqué
00:35:39à l'école
00:35:40sans prévenir
00:35:41aucun parent
00:35:42mais en tenue de policier
00:35:43non
00:35:43en civil
00:35:45alors
00:35:45c'est ce qu'on nous a rapporté
00:35:47parce que
00:35:48bien sûr
00:35:48nous n'étons pas
00:35:49vous n'aviez pas été avertis
00:35:50personne
00:35:50aucun parent n'a été averti
00:35:52donc imaginez bien
00:35:52si je n'avais pas
00:35:53au moins
00:35:54averti les parents
00:35:55de cette affaire
00:35:57ils auraient découvert
00:35:59toute cette affaire
00:35:59par le biais de leurs enfants
00:36:01qui ont été interrogés
00:36:02à la chaîne
00:36:0290 enfants
00:36:03en une demi-journée
00:36:04donc on est très très loin
00:36:06du protocole
00:36:06mais ils ont été interrogés
00:36:07dans une salle de classe
00:36:08dans la cour d'école
00:36:09non dans une salle
00:36:10qui a été mise à disposition
00:36:12par les directrices
00:36:13et donc les enfants
00:36:15qui étaient sur
00:36:15c'est des petites maternelles
00:36:16on parle bien de petits
00:36:17qui ont entre 3 et 5 ans
00:36:19absolument pas madame
00:36:20ni même enregistrés
00:36:21et les témoignages
00:36:22des enfants
00:36:23donc il faut savoir
00:36:24qu'ils ont pu
00:36:26faire ce protocole là
00:36:28sous couvert
00:36:29que c'était
00:36:29pour des enfants témoins
00:36:31mon enfant
00:36:32dans les toilettes
00:36:33il y avait juste
00:36:33un autre petit garçon
00:36:34donc pas d'autres témoins
00:36:36et on occulte complètement
00:36:37deux potentielles victimes
00:36:39suite à cet interrogatoire
00:36:41qu'ils ont eu
00:36:42donc les enfants
00:36:43c'était aux parents
00:36:44d'appeler la brigade des mineurs
00:36:45s'ils voulaient des renseignements
00:36:47et non la brigade des mineurs
00:36:48qui a appelé
00:36:49et il faut savoir
00:36:50que donc des parents ont appelé
00:36:51et qu'il y a eu d'autres cas
00:36:52du coup révélés
00:36:53et que la brigade des mineurs
00:36:55a dit à ces parents là
00:36:56que ça ne pouvait pas là
00:36:57vraiment être des attouchements sexuels
00:36:58c'était plutôt une faute grave
00:36:59on parle exactement
00:37:01de fait
00:37:01un petit garçon
00:37:02s'étant fait à toucher
00:37:03donc bien entendu
00:37:04les parents ont aussi porté plainte
00:37:05mais il y a une silenciation
00:37:06à chaque niveau
00:37:08donc
00:37:08et j'entends
00:37:09les moyens
00:37:10vous avez raison
00:37:11je pense qu'il y a plein de choses
00:37:12à faire sur les moyens
00:37:13mais il y a
00:37:14un vrai problème aussi
00:37:15de silenciation
00:37:16alors je pense
00:37:18la mairie de leur côté
00:37:19pour ne pas faire de scandale
00:37:20et pour ne pas affoler
00:37:22puisque
00:37:23ils venaient d'être mis en place
00:37:24et que ça ne fait pas très joli
00:37:25dans une commune
00:37:26et puis qu'on est dans le contexte
00:37:27du scandale du périscolaire
00:37:28à Paris aussi
00:37:29Colombes
00:37:30c'est à côté
00:37:31je pense que
00:37:33au niveau de la police
00:37:34ils savent très bien
00:37:35que derrière
00:37:35il n'y aura sûrement
00:37:36pas d'autres moyens
00:37:36et que la justice
00:37:38donnera rien
00:37:39ou voire même
00:37:39que l'enquête sera classée
00:37:40en non-lieu
00:37:41mais on sent
00:37:43nous en tout cas
00:37:43une pression
00:37:44de silenciation permanente
00:37:46et on retourne d'ailleurs
00:37:48on essaye de retourner
00:37:49finalement
00:37:50la pression sur nous
00:37:51c'est aujourd'hui
00:37:52on se demande
00:37:53si on est victime ou coupable
00:37:54oui et puis vous vous demandez
00:37:55si vous allez changer d'école
00:37:55en fait non ?
00:37:57et de toute façon
00:37:58le problème est systémique
00:37:59donc changer d'école
00:38:00c'est encore mon fils
00:38:01qui va devoir s'adapter
00:38:02à une nouvelle école
00:38:04donc in fine
00:38:05le problème
00:38:06c'est vraiment ça
00:38:07c'est que
00:38:08c'est dans chaque CEO
00:38:10où l'état est censé
00:38:11protéger nos enfants
00:38:13que ce soit
00:38:14les institutions
00:38:15l'éducation nationale
00:38:16la justice
00:38:17à chaque endroit
00:38:18notre enfant
00:38:19même quand il est entendu
00:38:20même quand il est cru
00:38:22finalement
00:38:22il n'est absolument pas protégé
00:38:24je ne vous parle pas
00:38:24des conséquences
00:38:25que mon fils a croisé
00:38:26la personne
00:38:27qui l'avait interrogée
00:38:28en salle Mélanie
00:38:28dans l'école
00:38:29sans même qu'on lui en parle
00:38:30dans les couloirs
00:38:31et ce que ça a pu créer
00:38:33chez lui
00:38:35c'est lourd
00:38:36très lourd
00:38:37c'est fou
00:38:38on se dit
00:38:39c'est pas une histoire
00:38:40qui date d'il y a 5 ou 10 ans
00:38:41c'est ça
00:38:435 semaines
00:38:44en fait
00:38:46Martine pourrait
00:38:47donner des exemples
00:38:49parce qu'il y a aussi
00:38:49des exemples
00:38:51d'approches
00:38:52qui sont
00:38:52qu'elle porte
00:38:53depuis
00:38:53très longtemps
00:38:54et on se connaît
00:38:54de longue date
00:38:55bien avant que je sois députée
00:38:56quand j'étais à l'époque
00:38:57vice-présidente
00:38:58du département
00:38:59du Val-de-Marne
00:38:59chargée de la prévention
00:39:00et de la protection
00:39:01de l'enfance
00:39:01si je dis ça
00:39:02c'est qu'en fait
00:39:03l'observation
00:39:04et je pense que Karine
00:39:05pourrait le voir aussi
00:39:06c'est que
00:39:06la réalité
00:39:08c'est que
00:39:09nous n'avons pas
00:39:10une vision globale
00:39:11c'est pour ça que
00:39:12la loi intégrale
00:39:13est importante
00:39:14nous on est plutôt
00:39:15pour ouvrir
00:39:15l'Assemblée nationale
00:39:16s'il le faut
00:39:17en septembre
00:39:18sur une partie
00:39:20qui permettrait
00:39:21de le travailler
00:39:22de manière sereine
00:39:24parce qu'il y a
00:39:24beaucoup de choses
00:39:25à regarder
00:39:26mais il faut aussi
00:39:28bien penser
00:39:29qu'il faut
00:39:30des protocoles
00:39:31de mise en oeuvre
00:39:33je prends l'exemple
00:39:35par exemple
00:39:35de l'Espagne
00:39:36il y a d'autres exemples
00:39:37mais l'Espagne
00:39:38quand ils ont eu
00:39:39un très grand scandale
00:39:41ils ont réagi
00:39:42sur une loi
00:39:43on va dire
00:39:44intégrale
00:39:45cadre
00:39:46qu'ils ont
00:39:47ils l'évaluent
00:39:48au mois par mois
00:39:50et ça a donné
00:39:51pour un état
00:39:52vous n'évaluez pas
00:39:52les députés
00:39:53vous votez des lois
00:39:54au fur et à mesure
00:39:55excusez-moi
00:39:55quand on évalue
00:39:56alors je finis
00:39:57ce que je dis
00:39:57parce que je vais expliquer
00:39:59ce que c'est une évaluation
00:39:59surtout ce qui est important
00:40:01c'est que notre médiatre parle
00:40:02oui mais je voudrais
00:40:03simplement
00:40:04non mais c'est important
00:40:04c'est quand même important
00:40:06de dire
00:40:06qu'on est un état
00:40:08décentralisé
00:40:09avec des modèles
00:40:10d'accompagnement
00:40:12des familles
00:40:12à Colombes
00:40:13c'est comme ça
00:40:14il y a une brigade
00:40:14qui débarque
00:40:15et qui va
00:40:16à quel moment
00:40:17il n'y a pas de protocole
00:40:18il n'y a pas de protocole
00:40:20qui existe désormais
00:40:21pour le périscolaire
00:40:22il n'y a pas d'organisation
00:40:24la preuve
00:40:24avec ce que dit madame
00:40:25peut-être chez elle
00:40:26ça s'est passé comme ça
00:40:27dans une autre école
00:40:28ça se passerait
00:40:29dans un autre cadre
00:40:30il n'y a pas de référentiel
00:40:31qui à un moment
00:40:32décide d'envoyer
00:40:33cette brigade
00:40:33il n'y a pas de référentiel
00:40:35national
00:40:35qui dirait
00:40:36aux personnels
00:40:37que ce soit la police
00:40:38et le recueil de la parole
00:40:39de l'enfant
00:40:40aujourd'hui
00:40:44à quel moment
00:40:45est écrit
00:40:46que dans le cas
00:40:47d'un témoignage
00:40:49d'un enfant
00:40:49dans une école maternelle
00:40:50on envoie
00:40:51la brigade des mineurs
00:40:52en civil
00:40:53interrogée
00:40:54pendant une demi-journée
00:40:5590 enfants
00:40:57je me permets juste
00:40:59mais en fait
00:40:59ils ont utilisé
00:41:00quelque chose
00:41:01qui existe
00:41:01dans la loi
00:41:02qui est pour le recueil
00:41:03des témoignages
00:41:04ou notamment
00:41:04pour les problèmes
00:41:05intrafamiliaux
00:41:06c'est à dire
00:41:07qu'ils estiment
00:41:08que l'école
00:41:08peut être un lieu de sûreté
00:41:09pour certains enfants
00:41:10effectivement
00:41:10en cas d'inceste ou autre
00:41:11donc ils ont utilisé ça
00:41:13pour faire
00:41:14mais
00:41:15à priori
00:41:16est-ce qu'il n'est absolument
00:41:20pas un lieu de sécurité
00:41:21parce qu'après
00:41:22le seul lieu de sécurité
00:41:24c'est quand même
00:41:25un lieu
00:41:25où les professionnels
00:41:26savent ce qu'un enfant
00:41:28la pédiatrie
00:41:29il va être accueilli
00:41:30etc
00:41:30enfin moi je pense
00:41:31qu'il faut qu'on arrête
00:41:32de vouloir
00:41:34un cadre
00:41:34il faut décloisonner
00:41:35que chacun soit bien
00:41:36dans son rôle
00:41:37et je partage
00:41:38ce que tu as dit
00:41:39mais je pense
00:41:40qu'il faut aller
00:41:41s'appuyer
00:41:42sur ce qui existe déjà
00:41:44et il y a notamment
00:41:45les UAPED
00:41:46je me permets
00:41:47juste un point
00:41:48avant les UAPED
00:41:49parce que Martine
00:41:50a eu la gentillesse
00:41:51de nous dire
00:41:52les députés
00:41:53dans notre rôle
00:41:53on fait la loi
00:41:54mais aussi
00:41:54on évalue
00:41:55les politiques publiques
00:41:55il faut juste savoir
00:41:57qu'est-ce que c'est
00:41:57les évaluations
00:41:58la semaine de contrôle
00:41:59on pose des questions
00:42:00et le ministre nous répond
00:42:01c'est pas ce que j'appelle
00:42:02évaluer une politique publique
00:42:04il y a aussi les commissions
00:42:05d'enquête pour ça
00:42:06oui on l'a fait
00:42:07mais quand la commission
00:42:08d'enquête
00:42:09elle est faite
00:42:10elle dure un certain temps
00:42:12ensuite
00:42:13l'exemple
00:42:14suite à la commission
00:42:15d'enquête
00:42:15sur les manquements
00:42:16des politiques publiques
00:42:16en protection de l'enfance
00:42:17un an plus tard
00:42:18il y a un texte qui arrive
00:42:19qui est le PSGL
00:42:20dont nous parlons
00:42:21au mois de juillet
00:42:22et il concerne
00:42:23normalement la ZEU
00:42:24les 400 000 enfants
00:42:25sur lesquels
00:42:26l'aide sociale à l'enfance
00:42:27mais on a bien compris
00:42:29cette semaine
00:42:29que Sébastien Lecornu
00:42:30va aller ajouter
00:42:33des mesures
00:42:34des amendements
00:42:35à cette loi
00:42:35protection de l'enfance
00:42:36mais il ne faut pas
00:42:36invisibiliser
00:42:37pourquoi on a fait
00:42:38la commission d'enquête
00:42:39et pourquoi il y a
00:42:39un texte de loi
00:42:40on parle bien
00:42:40des 400 000 enfants
00:42:42qui sont en protection
00:42:43de l'enfance
00:42:44c'est ce qu'on se disait
00:42:44avec Isabelle Santiago
00:42:45c'est que cette loi cadre
00:42:48elle a été pensée
00:42:49donc dans un parcours
00:42:50de victime
00:42:52le PSGL enfance
00:42:53c'est autre chose
00:42:55là ce qu'on est en train
00:42:56de faire
00:42:56c'est de sortir
00:42:58quelque chose
00:42:59donc de la loi
00:43:00intégrale
00:43:01on sort
00:43:02quelques dispositifs
00:43:03on essaye
00:43:04de les raccrocher
00:43:05comme on peut
00:43:05au PJL enfance
00:43:07au risque
00:43:08de déséquilibrer
00:43:09d'ailleurs
00:43:10la loi intégrale
00:43:11qui n'a pas été pensée
00:43:11de la détricoter
00:43:12en tout cas
00:43:13pardonnez-moi
00:43:14c'est ce qui risquera
00:43:15d'arriver
00:43:15étant donné
00:43:15que cette loi intégrale
00:43:16comporte 79 articles
00:43:18vous savez comme moi
00:43:19que dans un an
00:43:20il y a une élection présidentielle
00:43:21et que le calendrier parlementaire
00:43:23est complètement embouteillé
00:43:25comment est-ce que
00:43:25vous aurez les moyens
00:43:26et bien c'est une question
00:43:28de priorité politique
00:43:29je pense que déjà
00:43:31je pense que c'est un des rares sujets
00:43:34sur lesquels on arrive à s'entendre
00:43:36sur lesquels on arrive à voter des textes
00:43:38à l'unanimité
00:43:38dans une assemblée nationale
00:43:40comme elle est fréquentée
00:43:41c'est ça qui est grave pour nous
00:43:42et pour les professionnels
00:43:45et pour nous les associations
00:43:46vous votez d'un seul homme
00:43:48à l'unanimité
00:43:49et après vous dites
00:43:50ça ça va pas
00:43:50ça il manque ci
00:43:51ça il manque ça
00:43:52donc je pense qu'il faut prendre le temps
00:43:54et écouter les professionnels
00:43:56oui mais ce que je disais
00:43:58sur cette globalité
00:44:00elle est importante cette globalité
00:44:02si on arrive
00:44:03à être unanime
00:44:04bon après il faut que ce soit
00:44:05suivi des faits
00:44:06parce qu'une loi intégrale
00:44:07sans budget
00:44:07c'est du vent
00:44:08c'est des chouettes intentions
00:44:09qu'on a couché sur papier
00:44:11mais ça répond pas
00:44:11à la détresse des gens
00:44:12d'autant que la loi intégrale
00:44:13elle a été chiffrée
00:44:14à 2 milliards
00:44:15700 millions d'euros
00:44:16voilà 3 milliards
00:44:16on table sur 3 milliards
00:44:18si on arrive à trouver
00:44:1936 milliards pour faire la guerre
00:44:20j'ai envie de dire
00:44:21on arrive à trouver 3 milliards
00:44:22pour protéger
00:44:22les plus vulnérables
00:44:23de notre société
00:44:23je le disais
00:44:24c'est une question
00:44:25de priorité politique
00:44:26je voulais parler
00:44:27de ce dispositif
00:44:28clé aussi
00:44:29dans la protection
00:44:29de l'enfant
00:44:30on a beaucoup prononcé
00:44:31cet acronyme
00:44:32depuis le début
00:44:32de cette émission
00:44:33c'est l'UAPED
00:44:34l'unité d'accueil pédiatrique
00:44:36enfants en danger
00:44:37ce sont des unités
00:44:38qui sont donc implantées
00:44:39dans des hôpitaux
00:44:40Tania
00:44:41Tania, bonsoir
00:44:42Tania Ikovski
00:44:43vous venez justement
00:44:44vous de prendre
00:44:44la direction de l'UAPED
00:44:46qui a été inaugurée
00:44:47par Emmanuel Macron
00:44:48avant-hier
00:44:48à l'hôpital Robert-Debré
00:44:49à Paris
00:44:51racontez-moi
00:44:51comment fonctionnent
00:44:52ces unités
00:44:53qui sont toutes
00:44:55basées sur le même schéma
00:44:56c'est vous qui en êtes
00:44:57à l'origine
00:44:57Martine Brousse
00:44:58et elles essaiment
00:44:59aujourd'hui
00:44:59il faudrait qu'il y en ait
00:45:00plus et il faudrait
00:45:01qu'elles aient plus
00:45:01de moyens
00:45:02mais vous par exemple
00:45:03comment va fonctionner
00:45:04votre unité à vous
00:45:05votre UAPED
00:45:08bonsoir
00:45:09bonjour à tous
00:45:09merci de m'accorder
00:45:10la parole
00:45:11c'est vrai que depuis
00:45:12tout à l'heure
00:45:12je suis toute ouïe
00:45:15et j'entends vraiment
00:45:16les protestations
00:45:17et la souffrance
00:45:18la souffrance c'est en effet
00:45:19notre quotidien
00:45:19la souffrance des enfants
00:45:20avant tout
00:45:21mais celle des familles
00:45:22et des parents
00:45:23des professionnels aussi
00:45:24et ces unités
00:45:26en fait c'est très révélateur
00:45:27que vous ne m'ayez pas
00:45:28demandé à moi
00:45:30comme aux autres participants
00:45:31qu'est-ce que moi
00:45:32j'aurais fait dans cette situation
00:45:33et ça c'est pas de votre fait
00:45:35c'est parce que nos unités
00:45:36sont très mal connues
00:45:39sont un modèle
00:45:40qui n'est pas nouveau
00:45:41n'est pas si nouveau que ça
00:45:42il y en a 150
00:45:43en France
00:45:44évidemment il en faudrait plus
00:45:45mais c'est quelque chose
00:45:46qui existe
00:45:47et c'est vrai que
00:45:48entre réformer
00:45:50toute la justice
00:45:50et se dire
00:45:53et désespérer
00:45:54en fait il y a quelque chose
00:45:55qui se fait déjà
00:45:56peut-être est-il heureux
00:45:57que certains
00:45:58ne sachent pas
00:45:59ce que c'est
00:45:59une UAPED
00:46:00et n'est jamais à voir
00:46:01avec ces unités
00:46:03mais par exemple
00:46:04Gwen qui est à côté de vous
00:46:05vous aviez entendu parler
00:46:06des UAPED
00:46:06vous dans votre parcours ?
00:46:08Non mais c'est tout à fait
00:46:10important que je puisse dire
00:46:11que ces enfants
00:46:12donc les deux mamans
00:46:13dont j'admire beaucoup
00:46:14le courage de parler
00:46:15là en témoignage
00:46:16devant les caméras
00:46:17on sait à quel point
00:46:18c'est émouvant
00:46:21mais ces enfants-là
00:46:22on entend bien
00:46:23et pour revenir
00:46:24au parcours de l'enfant
00:46:25et c'est très important
00:46:26je pense pour illustrer
00:46:27les besoins
00:46:27qu'on reparle du parcours
00:46:29très pratique
00:46:30de l'enfant
00:46:31c'est qu'en fait
00:46:32ces enfants ont eu besoin
00:46:33de quoi ?
00:46:33ont eu besoin d'abord
00:46:34d'être écoutés
00:46:35par leur famille
00:46:36ont ensuite eu besoin
00:46:37d'être examinés
00:46:38sur le plan physique
00:46:39ont eu besoin
00:46:40d'avoir une évaluation
00:46:41de l'impact psychologique
00:46:42de la violence
00:46:43qu'ils ont vécu
00:46:44ils ont eu besoin
00:46:46à un moment
00:46:46que le médecin légiste
00:46:47mette un tampon
00:46:48ils ont eu besoin
00:46:50à un moment
00:46:50de parler à un enquêteur
00:46:51sous forme d'audition
00:46:52libre mais dans un cadre
00:46:54rassurant
00:46:54qu'il ne nuise pas
00:46:56à la confiance
00:46:56qu'il mettait
00:46:57dans l'enquêteur
00:46:58qu'il ne se sente pas
00:47:00jugé ni culpabilisé
00:47:01et enfin
00:47:02il a eu besoin
00:47:03qu'un signalement
00:47:04arrive sur le bureau
00:47:05du parquet
00:47:06ou qu'une enquête pénale
00:47:07soit ouverte
00:47:08par tout moyen
00:47:08soit par la plainte
00:47:09des parents
00:47:09soit par un professionnel
00:47:11sauf que tout ça
00:47:12ça se fait
00:47:13dans des vues à peine
00:47:14en fait
00:47:15ce que les gens
00:47:15ne savent pas
00:47:16c'est que dans
00:47:16des vues à peine
00:47:17il y a l'ensemble
00:47:18des professionnels
00:47:19qui interviennent
00:47:20déjà dans le parcours
00:47:21de l'enfant
00:47:21sauf que ça se passe
00:47:22en effet du côté du soin
00:47:24ça se passe dans l'ombre
00:47:25et en fait
00:47:26il faut savoir
00:47:27que ces enfants
00:47:27quand ils viennent
00:47:28ils peuvent être âgés
00:47:29d'entre 0 et 18 ans
00:47:30on s'occupe même
00:47:31de femmes enceintes
00:47:32on fait beaucoup de prévention
00:47:33et de guidance parentale
00:47:34pour prévenir la violence
00:47:35mais lorsque la violence
00:47:36est là
00:47:37en fait
00:47:37c'est nous
00:47:38qui allons nous adapter
00:47:39à la temporalité
00:47:40de l'enfant
00:47:40on ne va pas demander
00:47:41comme d'habitude
00:47:42et depuis de trop
00:47:42nombreuses années
00:47:43à l'enfant
00:47:44d'aller s'adapter
00:47:45aux différents lieux
00:47:45d'exercice des professionnels
00:47:46c'est encore ce qui se passe
00:47:47beaucoup en dehors
00:47:48de vos unités
00:47:49c'est encore ce qui se passe
00:47:49beaucoup
00:47:50mais les choses
00:47:51sont en train de changer
00:47:52maintenant
00:47:53on est en train
00:47:54d'entrer dans une dynamique
00:47:55nouvelle
00:47:55où il ne faut pas se leurrer
00:47:57il y a quand même
00:47:58eu des progrès
00:47:58il y a quand même eu
00:47:59alors la libération
00:48:00de parole
00:48:01des enfants
00:48:01c'est évidemment
00:48:03un fait important
00:48:03mais il y a eu
00:48:04une conjoncture
00:48:04d'autres éléments
00:48:05il y a eu néanmoins
00:48:06depuis quelques années
00:48:07une meilleure sensibilisation
00:48:08des professionnels
00:48:09un meilleur repérage
00:48:10il y a eu aussi
00:48:12le fait que l'intolérance
00:48:13des parents
00:48:14à la victimisation
00:48:15de leurs enfants
00:48:16est très nette
00:48:17les parents ne se taisent plus
00:48:18non plus
00:48:18les parents ne se taisent plus
00:48:19ça c'est évident
00:48:20et puis la société
00:48:21ne supporte plus
00:48:21les discriminations
00:48:22donc tout ça
00:48:23c'est du positif
00:48:24ça fait exploser
00:48:25le nombre de situations
00:48:25traitées en UAPN
00:48:26mais il faut bien voir
00:48:28que nous
00:48:28quand on insiste
00:48:29et qu'on tape du poing
00:48:30en disant
00:48:30l'enfant est là
00:48:31dans une demi-journée
00:48:32en une journée
00:48:33tout le monde vient à lui
00:48:34et on fait tout
00:48:34en une fois
00:48:35mais vous dites
00:48:36l'enfant est là
00:48:37mais comment il arrive
00:48:38chez vous
00:48:39est-ce que c'est des parents
00:48:40qui prennent l'initiative
00:48:41de l'amener
00:48:41est-ce que c'est
00:48:42la police ou la gendarmerie
00:48:44qui le flèche
00:48:45chez vous
00:48:45ce qu'on aimerait vraiment dire
00:48:46c'est que
00:48:47l'ensemble des professionnels
00:48:48du milieu médical
00:48:50social
00:48:50ou même juridique
00:48:52a maintenant conscience
00:48:53que les UAPN
00:48:54peuvent être un lieu
00:48:55de prise en charge
00:48:56directement pour l'enfant
00:48:57amené par ses parents
00:48:58ça c'est pas le cas
00:48:59dans tous les départements
00:49:00et dans toutes les UAPN
00:49:01ou à la demande
00:49:02d'un policier
00:49:03ou d'un enquêteur
00:49:03ou d'un magistrat
00:49:04donc il y a plusieurs voies
00:49:06d'orientation vers nous
00:49:08mais une fois que l'enfant
00:49:09est entre nos murs
00:49:10on va nous se démener
00:49:12et j'utilise le mot démener
00:49:13parce qu'on y laisse
00:49:14beaucoup d'énergie
00:49:14nous sommes de petites équipes
00:49:16avec en effet
00:49:17peu de moyens
00:49:18on doit renforcer
00:49:18ce qui existe
00:49:19mais je voudrais donner
00:49:21une toute petite lumière
00:49:22enfin une petite couleur
00:49:24d'espoir
00:49:25et un peu de lumière
00:49:26parce que dans les cas
00:49:26qu'on prend en charge
00:49:27on se bat
00:49:27dans la situation
00:49:29de certains enfants
00:49:30dont le début du parcours
00:49:32a été fait
00:49:33une plainte
00:49:33une audition
00:49:34des parents présents
00:49:36des demandes de soins
00:49:37mais que le temps
00:49:38est trop long
00:49:38jusqu'à l'éloignement
00:49:39de l'agresseur
00:49:40on ne fait pas rien
00:49:41en fait les UAPN
00:49:42vont évaluer au départ
00:49:43le danger
00:49:43mais ensuite on va accompagner
00:49:45tout au long du processus
00:49:46accompagner ça veut dire
00:49:47être lanceur d'alerte
00:49:48lanceur d'alerte
00:49:50c'est utiliser
00:49:50notre pouvoir institutionnel
00:49:52de savoir qu'on fait
00:49:54tous les mois
00:49:55quelques fois
00:49:55deux fois par mois
00:49:56des réunions
00:49:57avec les partenaires
00:49:58de terrain
00:49:58avec le parquet
00:49:59avec des médecins
00:50:01avec des médecins légistes
00:50:03avec la CRIP
00:50:04avec la police
00:50:05et on se transmet
00:50:06les situations urgentes
00:50:07donc si une famille
00:50:08est en désespoir
00:50:09parce que la situation
00:50:10n'avance pas
00:50:11il faut utiliser
00:50:12les acteurs de protection
00:50:13de l'enfance
00:50:13dont les UAPN font partie
00:50:15pour relancer l'alerte
00:50:17nous on réécrit
00:50:18on tape du poing
00:50:19on va s'agiter
00:50:20jusqu'à ce que
00:50:21les autres comprennent
00:50:22je pense à la maman
00:50:24de Rosa
00:50:25qu'on a entendu parler
00:50:26cette semaine
00:50:26à la télévision
00:50:28et qui elle a fait
00:50:29ce travail
00:50:30sans doute n'avait-elle
00:50:31pas du HAPED
00:50:32près de chez elle
00:50:34elle raconte
00:50:35qu'elle appelle
00:50:35elle-même
00:50:36les gendarmes
00:50:37tous les lundis
00:50:38et que les gendarmes
00:50:38finissent par lui dire
00:50:39bon maintenant
00:50:40vous allez arrêter
00:50:40de nous casser les bonbons
00:50:41parce que sinon
00:50:42on va porter plainte
00:50:43pour harcèlement
00:50:43donc vous en fait
00:50:45c'est vous qui harcelez
00:50:46après la gendarmerie
00:50:47c'est ça ?
00:50:48c'est institutionnel
00:50:48donc ça marche mieux
00:50:49parce que c'est institutionnel
00:50:51mais vous avez raison
00:50:51il y a quelque chose de ça
00:50:52il y a quelque chose
00:50:53d'une parole
00:50:55d'une valeur ajoutée
00:50:56à un écrit
00:50:57qui vient d'un partenaire
00:50:58mais il faut construire
00:50:59ce partenariat
00:51:00et il faut nous donner
00:51:01les moyens
00:51:02de renforcer nos équipes
00:51:03mais aussi des outils
00:51:04de travail concerté
00:51:05cette coopération
00:51:06elle se fait
00:51:06dans certains départements
00:51:07très bien
00:51:08dans d'autres
00:51:08beaucoup moins bien
00:51:09mais si on avait
00:51:10des outils
00:51:11de partage d'informations
00:51:12et de réactivité
00:51:13en un temps très court
00:51:14tous ensemble
00:51:15je vous assure
00:51:15que ça marcherait
00:51:16donc il n'y a pas rien
00:51:17c'était juste un détail
00:51:19pour donner un peu
00:51:19d'espoir à certaines familles
00:51:21il n'y a pas rien
00:51:22on luttera avec eux
00:51:23parce qu'ils sont souvent
00:51:23trop seuls
00:51:24mais il faut aller nous chercher
00:51:26il faut nous trouver
00:51:27on n'a pas beaucoup
00:51:28de publicité
00:51:28mais si un jour
00:51:30nos équipes se déploient
00:51:31encore davantage
00:51:32et qu'on est plus visibilisés
00:51:34on y arrivera
00:51:35on y arrivera
00:51:36mais c'est en effet
00:51:36une lutte collective
00:51:38mais il vous faut
00:51:39plus de moyens encore
00:51:40et une généralisation
00:51:42à tout le territoire
00:51:43oui
00:51:43plus de moyens
00:51:44et du qualitatif aussi
00:51:45et puis par rapport
00:51:47à ce que dit Tania
00:51:48c'est plus de moyens
00:51:50pas que financiers
00:51:51ce sont aussi
00:51:52des moyens humains
00:51:53et qu'aujourd'hui
00:51:54on le sait tous
00:51:55que ce soit dans le social
00:51:56et tu sais bien
00:51:57que ce soit
00:51:58il y a de moins en moins
00:52:01de travailleurs sociaux
00:52:02d'assistantes sociales
00:52:04difficile encore Paris
00:52:05bon les pédiatres
00:52:06on en trouve
00:52:07mais des légistes
00:52:09pédiatres légistes
00:52:10il n'y en a pratiquement pas
00:52:11des légistes formés
00:52:12à l'enfant
00:52:13parce que l'enfant
00:52:14c'est quand même
00:52:14c'est un être
00:52:15c'est pas
00:52:17pour un légiste
00:52:17c'est pas un adulte
00:52:18on fait pas un examen
00:52:19comme on fait
00:52:21sur une femme
00:52:22pas en gynécologie
00:52:23par exemple
00:52:23donc quand je vois
00:52:24qu'on est obligé
00:52:25d'amener des tables
00:52:27et dans l'UAP
00:52:28de Robert Debré
00:52:29comme dans toutes
00:52:30les UAP d'Aménager
00:52:32il y a des tables
00:52:33qui sont à dimension
00:52:34de l'enfant
00:52:34avant
00:52:35mais dans beaucoup
00:52:36d'autres endroits
00:52:37on examine
00:52:38on fait l'examen
00:52:39sur une table
00:52:40de femmes
00:52:40où on examine
00:52:41une femme
00:52:42c'est
00:52:43voilà
00:52:43donc
00:52:43c'est aussi fabriquer
00:52:45une société
00:52:46à hauteur d'enfant
00:52:46exactement
00:52:47c'est vraiment
00:52:48c'est ce qu'ils vivent
00:52:49vous disiez
00:52:50je vous interromps
00:52:51parce qu'il est là
00:52:52à côté de moi
00:52:52depuis tout à l'heure
00:52:53et je le vois
00:52:54c'est rétro
00:52:55vous parliez
00:52:56de moyens humains
00:52:57mais il y a aussi
00:52:57des moyens canins
00:52:58et moi j'aimerais
00:52:59beaucoup que vous me parliez
00:53:00de la peluche
00:53:01avec laquelle vous êtes venu
00:53:02bah oui rétro
00:53:04rétro c'est un chien
00:53:05de soutien
00:53:06et d'assistance émotionnelle
00:53:07qui sert
00:53:08dans des salles
00:53:10Mélanie notamment
00:53:10ou dans des UAPET
00:53:11pour recueillir
00:53:12la parole des enfants
00:53:13vous voulez bien me raconter
00:53:14comment travaille rétro ?
00:53:16alors rétro
00:53:17et lui
00:53:17il est un peu à part
00:53:18parce que
00:53:20il est
00:53:20il est plus
00:53:21toujours de passage
00:53:23mais les chiens
00:53:24qui sont des
00:53:25là c'est un
00:53:25caniche royal
00:53:26mais ce sont
00:53:27essentiellement des golden
00:53:29il y en a à peu près
00:53:30une dizaine
00:53:32dans nos UAPED
00:53:34Orléans
00:53:34Libourne
00:53:35où est aujourd'hui
00:53:36la haute commissaire
00:53:37à l'enfance
00:53:40Évreux
00:53:41Lonsenier
00:53:42et autres
00:53:42et ce chien
00:53:43l'enfant
00:53:43il arrive
00:53:44et on propose
00:53:45à l'enfant
00:53:45le chien
00:53:46alors bien entendu
00:53:47ça se prépare
00:53:48avec les entêteurs
00:53:49et c'est extraordinaire
00:53:51parce qu'on a vu
00:53:52une petite fille
00:53:52avec Orko
00:53:54qui est le gros golden
00:53:55d'Orléans
00:53:56elle cassait tout
00:53:57quand elle est arrivée
00:53:58elle est arrivée
00:53:58avec les gendarmes
00:53:59elle cassait tout
00:54:00elle était en colère
00:54:01en colère
00:54:02elle a eu une colère
00:54:03et le docteur
00:54:05Tisseron lui a proposé
00:54:06la pédiatre lui a proposé
00:54:08en lui disant
00:54:08mais tu sais
00:54:08il y a un chien ici
00:54:09il y a Orko
00:54:10ils ont appelé Orko
00:54:11la petite fille
00:54:13a pris Orko
00:54:13par la laisse
00:54:14et elle est partie
00:54:15dans la salle d'audition
00:54:16avec
00:54:18et l'audition
00:54:19s'est passée
00:54:20sans problème
00:54:21vos collègues enquêteurs
00:54:23ils ont mené l'audition
00:54:24le problème
00:54:25c'est qu'il a fallu
00:54:27après
00:54:27arrêter l'audition
00:54:28une fois que c'était terminé
00:54:30et donc
00:54:31alors parce que
00:54:32pendant le protocole Nietzsche
00:54:34c'est aussi un avantage
00:54:34le chien
00:54:35c'est que
00:54:36pendant le protocole Nietzsche
00:54:37il y a une coupure
00:54:37pour les enquêteurs
00:54:38parce qu'ils vont croiser
00:54:40leur regard
00:54:40avec les autres personnes
00:54:42qui sont derrière
00:54:43une glace centain
00:54:44et pendant ce temps-là
00:54:45l'enfant reste
00:54:47avec le chien
00:54:47c'est les chiens
00:54:49ce sont les chiens
00:54:50les plus brossés au monde
00:54:51il y a une brosse
00:54:52je vous confirme
00:54:52qu'il est tout doux
00:54:54et je vous assure
00:54:55qu'il est brosse
00:54:56qu'il est brosse
00:54:56qu'il est brosse
00:54:57il est carré
00:54:57et en même temps
00:54:58la caméra continue de tourner
00:55:00c'est-à-dire que
00:55:01si les magistrats
00:55:03et c'est ce qu'on voudrait
00:55:04prennent le temps
00:55:06de visionner
00:55:07parce que
00:55:08dans les UAPED
00:55:09les auditions
00:55:10ne durent
00:55:12la moyenne
00:55:13c'est 40 minutes
00:55:14c'est entre 5 minutes
00:55:15et une heure
00:55:15dans les commissariats de police
00:55:17ou les gendarmeries
00:55:18parce que manque de moyens
00:55:20manque de formation
00:55:21c'est entre une heure
00:55:23à cinq heures
00:55:24on a des enfants
00:55:25de 5 ans
00:55:256 ans
00:55:26qui sont auditionnés
00:55:27pendant 3 heures
00:55:284 heures
00:55:29maître
00:55:29vous savez bien
00:55:31ce n'est pas normal
00:55:32d'où l'intérêt
00:55:34de ces lieux
00:55:35unités de lieux
00:55:36de temps
00:55:36et d'action
00:55:37que portent
00:55:38ces pédiatres
00:55:39ces équipes
00:55:40parce que ce sont
00:55:40des équipes pluridisciplinaires
00:55:42à qui vraiment
00:55:42je rends hommage
00:55:44comme je rends hommage
00:55:45parce que de plus en plus
00:55:46il y a un travail
00:55:46qui se recoupe
00:55:47avec les salles Mélanie
00:55:49donc ça ne va bientôt
00:55:50plus faire qu'un
00:55:51c'est par un jeune
00:55:52ou une petite
00:55:53est entendue
00:55:54dans une salle Mélanie
00:55:55ils vont appeler l'UAPED
00:55:56en disant non
00:55:57là c'est trop lourd
00:55:59il faut la prendre
00:56:00entièrement en charge
00:56:02Gérald Darmanin
00:56:02a dit aussi
00:56:03cette semaine
00:56:03il n'y a pas besoin
00:56:04d'une nouvelle loi
00:56:04il n'y a pas besoin
00:56:05de moyens
00:56:06il y a besoin
00:56:06de prioriser
00:56:07et de prendre conscience
00:56:09quand on voit
00:56:10une solution
00:56:10comme les unités
00:56:12UAPED
00:56:13quand on voit
00:56:14ces chiens
00:56:15de soutien
00:56:16et d'assistance émotionnelle
00:56:17on se dit
00:56:18effectivement
00:56:18il faut savoir
00:56:19répondre à la libération
00:56:20de la parole
00:56:21en sachant recueillir
00:56:23la parole de l'enfant
00:56:23et ça c'est pas une loi
00:56:25non
00:56:26et en fait
00:56:27et la loi on l'a
00:56:27alors c'est pas la peine
00:56:28et surtout
00:56:29je voudrais dire
00:56:30à Martine
00:56:31et vous dire madame
00:56:32franchement
00:56:34moi je sais
00:56:35évidemment
00:56:35qu'on a envie
00:56:36d'avoir des lueurs
00:56:37d'espoir
00:56:37et
00:56:38l'UAPED
00:56:39correspond
00:56:40à cet espoir
00:56:41pour l'accompagnement
00:56:42et la prise en charge
00:56:43de cette parole
00:56:44de l'enfant
00:56:44mais ça fait 15 ans
00:56:46avec Martine
00:56:46qu'on parle de ça
00:56:47ça fait 15 ans
00:56:48qu'on fait
00:56:49entre guillemets
00:56:50des UAPED
00:56:50dans les territoires
00:56:51donc au bout de 15 ans
00:56:53quand je me retrouve
00:56:53sur un plateau
00:56:54ça n'a pas aidé Gwen
00:56:55non mais
00:56:55ce que je veux dire
00:56:56c'est qu'au bout de 15 ans
00:56:57avec les partenaires
00:56:59avec lesquels
00:56:59j'ai pu croiser ma route
00:57:01et qu'on se retrouve
00:57:03à ce soir
00:57:05échanger
00:57:05sur des solutions
00:57:07qui marchent
00:57:08ah bah oui
00:57:08ça fait 15 ans
00:57:09que ça se met en place
00:57:10petit à petit
00:57:11mais ça fait seulement 10 ans
00:57:12et c'est la loi Taquet
00:57:13qui a donné
00:57:14les moyens
00:57:15non moi je veux que
00:57:16les choses soient
00:57:17c'est la loi Taquet
00:57:18qui a relancé
00:57:20en disant
00:57:20il en faut une par département
00:57:22qui a fait débloquer
00:57:232 millions d'euros
00:57:25bon
00:57:26le problème c'est que
00:57:27il fallait accompagner
00:57:29par une coordination
00:57:29que nous n'avons pas
00:57:30mais nous ne désespérons
00:57:32pas de l'avoir
00:57:32ce qui est important
00:57:33parce que c'est important
00:57:34la coordination
00:57:35c'est essentiel
00:57:36la preuve
00:57:37on le voit
00:57:37dans ce que vous évoquez
00:57:38vous êtes en train
00:57:39d'énerver rétro
00:57:40Martine Brousse
00:57:40alors Martine
00:57:41il faut rester
00:57:42en tout cas
00:57:42ce que je veux dire
00:57:43c'est que
00:57:44dans les 15 ans
00:57:45qui sont passés
00:57:46il y a eu
00:57:47la loi Taquet
00:57:49qui a mis
00:57:49en place des choses
00:57:50il y a des éléments
00:57:52comme vous
00:57:52récemment
00:57:53qui donc
00:57:54prenez votre poste
00:57:56sur Robert Debré
00:57:57il y a Orléans
00:57:58qui est très connu aussi
00:57:59et là c'est la gendarmerie
00:58:00c'est donc pas
00:58:01en zone police
00:58:02et c'est l'ensemble
00:58:04il y a plein d'éléments
00:58:05en France
00:58:06qui sont connus
00:58:06c'est ça en fait
00:58:08qui doit être mis en oeuvre
00:58:09avec des gens
00:58:10qui sont formés
00:58:11et la parole de l'enfant
00:58:12qui est évidemment
00:58:13prise en charge
00:58:14je voudrais encore
00:58:15vous poser une dernière question
00:58:16il nous reste peu de temps
00:58:17vous savez que ça passe
00:58:18très vite une heure
00:58:20je vous en prie
00:58:21juste en un mot
00:58:21mais vous avez raison
00:58:22il y a une urgence
00:58:23à être plus réactif
00:58:25à déployer des moyens
00:58:26et cette urgence
00:58:27elle se justifie aussi
00:58:28encore une fois
00:58:29du côté de l'enfant
00:58:30parce que les parents
00:58:32en détresse
00:58:32finissent par faire appel
00:58:34à des gens
00:58:34qui ne sont pas experts
00:58:35dans les domaines
00:58:36et finissent par faire appel
00:58:37à des gens peu compétents
00:58:38or l'évaluation
00:58:40de violences sexuelles
00:58:41sur mineurs
00:58:41de violences sexuelles
00:58:42agies par mineurs
00:58:43des violences intrafamiliales
00:58:44ça doit rester
00:58:45l'apanage de spécialistes
00:58:47d'experts en psychologie
00:58:48de l'enfant
00:58:48en psychotrauma
00:58:49en recueil de parole
00:58:50en médecine légale
00:58:51et ça il ne faut pas le laisser
00:58:52à des charlatans
00:58:53ou des gens
00:58:54qui s'improvisent compétents
00:58:56donc voilà
00:58:56c'est un dernier mot
00:58:57pour renforcer
00:58:58ce que vous dites
00:58:59je voudrais qu'on aborde
00:59:00un dernier sujet
00:59:01l'affaire Liana
00:59:02elle illustre aussi
00:59:03de façon presque caricaturale
00:59:05l'échec du recoupement
00:59:06des informations
00:59:07entre services
00:59:09il y a un député de droite
00:59:11Antoine Vermorel
00:59:12qui a dévoilé aujourd'hui
00:59:13une proposition de loi
00:59:14qu'il va déposer
00:59:14la semaine prochaine
00:59:15pour créer un fichier national
00:59:17des agresseurs sexuels
00:59:18sur le modèle des fiches S
00:59:19lui il veut des fiches AS
00:59:20agresseurs sexuels
00:59:21est-ce que vous y êtes
00:59:22favorables toutes les deux
00:59:23il la dépose la semaine prochaine
00:59:24sa proposition de loi
00:59:25moi je n'ai pas vu
00:59:26sa proposition de loi
00:59:27donc je ne peux pas
00:59:29vous répondre
00:59:29en deux mots
00:59:30mais est-ce que vous vous dites
00:59:31qu'il faut un fichier
00:59:32qui centralise
00:59:33les informations
00:59:34en fait là aussi
00:59:35je me permets
00:59:36ça existe déjà
00:59:37la question
00:59:38on les a les fichiers
00:59:40mais non
00:59:40enfin le tâche
00:59:41le tâche c'est un fichier
00:59:43qui recense les plaintes
00:59:44par victime
00:59:44et pas par auteur
00:59:45oui
00:59:46il y a beaucoup de fichiers
00:59:46qui ne sont pas interopérables
00:59:48le figès
00:59:50il ne concerne que
00:59:52les personnes déjà condamnées
00:59:56donc par exemple
00:59:57Barrella
00:59:57ne serait pas apparu
00:59:58dans ce fichier
01:00:01prenez votre micro
01:00:02Stanislas Gondon
01:00:04vous êtes habitué quand même
01:00:05oui
01:00:06pardon
01:00:07j'ai peut-être la voix qui porte
01:00:08c'est pour ça
01:00:09non mais il existe
01:00:10le figès
01:00:11effectivement
01:00:11pour les personnes
01:00:12qui sont condamnées
01:00:14après il y a
01:00:15pas de vocation préventive
01:00:16le figès
01:00:16exactement
01:00:17et puis il y a le traitement
01:00:18des antécédents judiciaires
01:00:19qui lui répertorie
01:00:20en fait l'ensemble
01:00:21y compris ceux qui ont été
01:00:22qui ont fait l'objet
01:00:23notamment de signalements
01:00:24d'accusations
01:00:25oui mais sauf que
01:00:26dans le cas de Jérôme Barrella
01:00:27pardonnez-moi de revenir à Liana
01:00:29ça recense les plaintes
01:00:30par victime
01:00:31et non par auteur
01:00:31donc si on cherchait
01:00:33on aurait trouvé Rosa
01:00:34mais on n'aurait jamais trouvé Barrella
01:00:36il faut une unité de fichiers
01:00:38et une unité de fichiers
01:00:39je pense que ce qui est très intéressant
01:00:41c'est qu'on est un peu
01:00:43à l'âge de pierre
01:00:44sur le numérique
01:00:45et donc du coup
01:00:46on peut sortir du Moyen-Âge
01:00:48quand on est la septième puissance
01:00:49du monde
01:00:50donc pour sortir du Moyen-Âge
01:00:52il faut mettre là
01:00:53pour le coup des moyens
01:00:54avec les compétences numériques
01:00:56pour avoir des fichiers
01:00:58et là ça toucherait
01:00:59l'ensemble
01:01:00c'est-à-dire que c'est
01:01:01tous les fichiers
01:01:01qui ne sont pas interopérables
01:01:03il y a toute la partie
01:01:04justice, gendarmerie
01:01:06et police
01:01:07mais aussi si on veut
01:01:08aller plus loin
01:01:09et dans l'enfance
01:01:10en danger
01:01:10il faut aller plus loin
01:01:12et donc en effet
01:01:13il faut que des UAPED
01:01:14aient des accès
01:01:15parce qu'il y a des personnels
01:01:17compétents
01:01:18pluridisciplinaires
01:01:19il faut que des fichiers
01:01:20de la santé
01:01:22avec l'éducation nationale
01:01:23en fait
01:01:24il faut à un moment donné
01:01:25qu'on arrête
01:01:26de fonctionner les sports
01:01:27il faut que l'on arrête
01:01:28d'avoir des fichiers
01:01:29qui ne sont pas du tout
01:01:31interopérables
01:01:31dès qu'on parle des enfants
01:01:32que ce soit
01:01:33la protection de l'enfance
01:01:34au sens
01:01:35c'est-à-dire
01:01:36des enfants
01:01:37qui sont confiés
01:01:38par la République
01:01:39au sens de l'État
01:01:41vers les départements
01:01:42tout ça
01:01:43ce n'est pas des fichiers
01:01:43interopérables
01:01:44et je rappelle aussi
01:01:45que ces enfants-là
01:01:46sont victimes
01:01:47de très nombreuses
01:01:48agressions sexuelles
01:01:49parfois dans les foyers
01:01:50et arrivent en étant
01:01:52victimes d'inceste
01:01:53je voudrais sincèrement
01:01:54prioriser le décloisonnement
01:01:56oui
01:01:56prioriser
01:01:58prioriser
01:01:58décloisonnement
01:01:59on sort du Moyen-Âge
01:02:00merci
01:02:01je voudrais vraiment
01:02:01infiniment vous remercier
01:02:03en particulier Gwen
01:02:03et Émilie
01:02:04parce que c'est courageux
01:02:05de venir aussi
01:02:06en parler ici
01:02:06à la télévision
01:02:07donc merci infiniment
01:02:08d'être venu ce soir
01:02:09sur le plateau
01:02:09de chaque voix compte
01:02:10cette émission sera
01:02:11rediffusée tout à l'heure
01:02:12à 23h30
01:02:14merci à vous
01:02:14de l'avoir suivie
01:02:16chaque voix compte
01:02:17revient mardi
01:02:17à 19h30
01:02:18bonne fin de semaine
01:02:19sur la 8
01:02:20et au revoir rétro
01:02:21à 19h30
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