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  • il y a 2 semaines
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h. 

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Transcription
00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans le débrief de ce long format consacré donc aux dernières révélations chocs de l'affaire
00:06Liana.
00:07Pour en parler ce soir, maître Nathalie Tomasini, merci d'être avec nous, maître avocate spécialisée dans les violences conjugales
00:14et sexuelles.
00:15Frédéric Caparos, ancien gendarme du Gers et vous étiez présent à la marche blanche pour Liana.
00:22Jules Thores et Johan Uzaï du service politique à la fois du JDD et de CNews.
00:30Stéphanie Alexandrian, fondatrice de l'association Carles, juriste spécialisée en protection de l'enfance, auteur de Les violences qui tuent
00:37l'enfance, l'enfer intrafamilial aux éditions de l'Observatoire.
00:41Et puis je signale aussi un documentaire qui sortira dès lundi sur Arte.
00:45Et puis enfin, Farid Alib, vous êtes le papa de Yanis, vous allez nous raconter, bonsoir à vous, votre histoire
00:52dans un instant.
00:53Votre fils s'est donné la mort après des agressions sexuelles et aujourd'hui vous devez vivre avec l'agresseur
01:01de votre fils qui vit à quelques dizaines de mètres de chez vous
01:04et qui en plus nargue votre famille à différentes occasions. On va y revenir dans un instant.
01:08Mais puisqu'on sort de ce documentaire sur l'affaire Liana, je veux qu'on s'arrête sur les propos
01:13d'Emmanuel Macron qui ont fait couler énormément d'encre cette semaine
01:18puisque face au drame que nous vivons actuellement, face au cri des victimes, il a dit la chose suivante.
01:24On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne
01:28sont pas à la hauteur et qui ne sont pas respectueuses.
01:31Je voulais savoir, Stéphie Alexandrian, vous qui accompagnez de nombreuses victimes, vous avez vous-même été victime d'inceste.
01:38Votre petit frère s'est donné la mort car il était lui-même victime d'inceste de la part de
01:43votre père.
01:43Comment vous avez pris cette phrase d'Emmanuel Macron qui s'en prend à ceux qui poussent des cris et
01:47à ceux qui feraient de la démagogie ?
01:49Je l'ai pris comme ce que je ressens depuis près de cinq ans maintenant, à savoir du mépris, du
01:53mépris encore et toujours du mépris,
01:56l'incapacité de faire preuve d'humanité, d'empathie. Et pour ma part, j'ose lui répondre, heureusement que j
02:02'ai crié il y a cinq ans.
02:03Heureusement que je crie depuis cinq ans. Sinon, je ne serais pas devant vous aujourd'hui. Sinon, mon association n
02:07'aurait pas sauvé X enfants depuis.
02:08Je crois qu'il faut aussi respecter la souffrance des Français et notre besoin de crier face à l'injustice
02:14que représente le décès de l'IANA.
02:16Maître, comment vous accueillez ces propos d'Emmanuel Macron ?
02:19C'est incompréhensible. C'est assez effrayant qu'un chef de l'État puisse employer ces termes, puisque l'écrit,
02:28la colère du peuple, de la société française aujourd'hui,
02:32est parfaitement légitime. Parfaitement légitime. Et il balaye ça d'un revers de main. Donc c'est à la fois
02:40indécent, je dirais, incompréhensible et pathétique.
02:47Comment vous vous accueillez ces propos ?
02:49Que dire ? On ne peut être que d'accord avec Stéphie et Maître. Vraiment, zéro empathie, pas de respect.
02:59On se demande pour qui il demande du respect. C'est ce qu'il dit qui est irrespectueux pour nous.
03:04On souffre. Il ne faut pas oublier que nous avons perdu des enfants. Il y a des victimes.
03:12Je ne comprends plus notre cher président de la République. Voilà. J'attends avec impatience la fin de son mandat
03:20et j'espère que le suivant sera à la hauteur.
03:24C'est intéressant, Jules Therès, d'entendre des familles de victimes, des victimes, répondre à Emmanuel Macron.
03:29On l'a fait aussi toute la journée d'hier sur l'antenne de CNews parce que c'est tout
03:33de suite plus concret.
03:34C'est-à-dire qu'il y a le décryptage des journalistes politiques que vous pouvez être.
03:37Mais il y a aussi des victimes qui souffrent.
03:40Ces mots blessent des gens. Ces mots blessent des gens, ces mots blessent des victimes.
03:44Ces mots blessent des gens qui sont déjà blessés.
03:46C'est-à-dire que ce sont des gens qui, pour la plupart et en permanence, ont connu l'horreur,
03:52ont connu l'indicible, ont connu des moments extrêmement compliqués.
03:56Et à cela s'ajoute, oui, le manque d'empathie, le mépris, l'incapacité du président de la République à
04:04même concevoir ne serait-ce qu'une émotion.
04:06Ça, je pense que ça heurte beaucoup de gens, mais pas seulement les personnes qui ont été blessées dans leur
04:10chair par ça.
04:10Je pense que tous les Français qui ont été confrontés à ce verbatim ignoble d'Emmanuel Macron, ils ont été
04:16choqués.
04:16Les journalistes politiques, les premiers.
04:18C'est-à-dire que dire cela et en plus le faire dire, c'est pire que ça.
04:22Le faire dire par la porte-parole du gouvernement.
04:25Je vais vous dire, il y a même quelque chose d'obscène derrière tout cela.
04:28D'ailleurs, la porte-parole du gouvernement, moi je ne l'ai pas vue au téléphone, mais pour la connaître
04:32un petit peu dans la manière dont elle parlait.
04:33Elle n'avait pas l'air non seulement très convaincue, mais non seulement très contente de lire ces propos-là.
04:39Parce que ces propos, ils sont inqualifiables et je pense qu'ils ont choqué 66 millions de Français.
04:44Yoann Uzaï ?
04:46Je crois que la réalité, c'est que les mots commencent à manquer pour décrire l'attitude du président de
04:51la République.
04:51Moi, j'ai le plus grand respect pour la fonction qui est la sienne, donc je ne veux pas aller
04:54trop loin.
04:55Mais ces mots-là sont évidemment lamentables.
04:59Si le président de la République ne voulait pas s'occuper des problèmes de Français, il ne fallait pas être
05:03président en fait.
05:03Parce qu'être président de la République, ça n'est pas simplement s'occuper de l'Ukraine, préparer le G20,
05:08préparer le G7.
05:09Non, être président de la République, c'est s'intéresser à ce que vivent les Français au quotidien.
05:13Ce qu'il a très peu fait depuis 9 ans en réalité.
05:16Donc je crois qu'à défaut d'avoir présenté sa démission quand elle était demandée,
05:20il devrait au moins présenter ses excuses aux Français pour l'ensemble de son œuvre.
05:25Vous voulez réagir là-dessus ?
05:26L'ancien gendarme que vous êtes, Frédéric Caparros, quand on a été toute la semaine au milieu de ce drame
05:32absolu que vit actuellement le Gers avec la disparition de Liana,
05:36quand on voit le profil absolument horrible de Jérôme Barrella et même de l'entièreté de sa famille,
05:42puisqu'on se pose la question de est-ce une famille de pédos criminels ?
05:45Et au milieu de tout ça, on a la réaction du président de la République qui dit il ne faut
05:48pas crier, il ne faut pas de démagogie.
05:50Il en veut à qui ? Il en veut à la maman de Rosa qui a poussé effectivement un cri
05:54parce que sa petite fille a été violée à au moins 10 reprises par le même Jérôme Barrella ?
05:59Oui, c'est à se poser des questions.
06:00Moi, je trouve que ses propos sont plus que déplacés, difficilement qualifiables,
06:05dans la mesure où moi j'assistais à la marche blanche et il y avait des cris de douleur, mais
06:11des cris de révolte.
06:13Le peuple gersois, comme le peuple français, est totalement révolté par ce laxisme.
06:18Et cette affaire supplémentaire, comme je l'ai dit lors d'une interview,
06:23bien évidemment, on se demande combien d'autres faits vont se produire pour que le gouvernement prenne la mesure de
06:31la chose.
06:32Donc quand on entend de tels propos, bien évidemment, ça ne peut que nous révolter et nous mettre dans une
06:38incompréhension totale.
06:40Alors la compréhension, elle va continuer parce que je vais faire témoigner Farid, qui est le papa de Yanis et
06:45Stéphi Alexandrian,
06:46puisque vos deux situations sont juste hallucinantes.
06:49On va commencer avec vous, Farid.
06:51Donc racontez ce qui s'est passé pour votre petit garçon, pour Yanis,
06:56qui s'est donné la mort suite à des agressions sexuelles commises par quelqu'un qui aujourd'hui ne vit
07:01pas très loin de chez vous.
07:02Clairement, il habite à trois kilomètres.
07:05Alors il faut savoir que Yanis a été victime d'agressions sexuelles.
07:09Il nous l'a annoncé trois ans plus tard, donc a suivi la procédure et tout ce qui va avec.
07:15Jean-Claude Priolo, multi-récidiviste, a été condamné à cinq ans de prison.
07:22Non, il en fait deux ans et quatre mois et on le relâche gentiment.
07:29Personne n'est au courant.
07:30Donc pour des agressions sexuelles sur votre fils, c'était deux ans et quatre mois ?
07:33Il a pris cinq ans et il a fait deux ans et quatre mois, même pas la moitié de la
07:36peine.
07:38Donc ça nous a déjà posé problème.
07:40Il avait quel âge, Yanis, au moment des faits ?
07:41Douze ans.
07:42Douze ans ?
07:43Douze ans au moment des faits.
07:45Donc des agressions sexuelles sur un enfant de douze ans, c'est deux ans et quatre mois en France ?
07:48C'est ce qu'il faut croire.
07:50C'est pour ça que ça me fait sourire quand j'entends qu'ils veulent appliquer des vraies peines à
07:55perpétuité.
07:56Déjà cinq ans, ils ont eu du mal à le faire et ils ne l'ont pas fait.
07:59Donc je me dis que la perpète, ça risque d'être compliqué.
08:02Mais bon, c'est encore un autre débat.
08:05Sachant qu'après, il a été relâché.
08:08Pas de courrier, rien du tout, malgré les dires du procureur qui nous a certifié qu'il nous avait envoyé
08:12un courrier.
08:13Je l'attends toujours.
08:14Bref, du coup, j'ai été obligé de l'annoncer quand même à mon fils.
08:18Il faut dire les choses telles qu'elles sont.
08:21Vous avez annoncé à votre fils Yannis que son agresseur sexuel était remis en liberté.
08:24Il était remis en liberté.
08:26Donc de là, un mois et demi plus tard, il s'est donné la mort.
08:32Il n'a pas supporté tout compte fait.
08:34Il avait peur, peur de le recroiser.
08:37Tous les jours, il nous demandait est-ce qu'on a reçu un courrier du procureur ?
08:41Est-ce que rien, rien, rien.
08:43Jusqu'au jour où il s'est donné la mort.
08:46Bon, c'est comme ça.
08:49Maintenant, on est obligé de vivre à côté de Jean-Claude Priolo.
08:53Votre fils, il avait recroisé son agresseur ou pas ?
08:55Alors là, on n'en a aucune idée.
08:57Il ne nous en a jamais parlé.
08:58Et vous, vous recroisez son agresseur combien de temps après sa libération ?
09:02Personnellement, moi, je ne le recroise pas.
09:04C'est mon épouse, malheureusement, qui le croise régulièrement, que ce soit au supermarché
09:10où il attend, où il fait passer des gens exprès devant lui à la caisse jusqu'à ce qu'elle
09:16se retourne
09:16pour qu'il capte leur regard, sachant qu'il n'a pas le droit de rentrer en contact avec nous.
09:21Mais bon, ce n'est pas du contact.
09:24Moi, mon épouse l'a croisé au cimetière quand même.
09:28Sur la tombe de votre fils ?
09:30Qu'est-ce que vous voulez ? C'est comme ça.
09:32Voilà, c'est un lieu public.
09:34On ne peut rien faire.
09:35Donc, il a agressé sexuellement votre fils à 12 ans.
09:38Il a fait deux ans et demi de prison.
09:40Votre fils s'est suicidé.
09:41Et ensuite, il va narguer votre famille en allant sur la tombe de votre fils.
09:44Tranquille, normal.
09:46Voilà, et on ne peut rien faire.
09:47On ne peut rien faire.
09:49Le cimetière, c'est un lieu public.
09:51Les réseaux sociaux, parce qu'il avait liké une publication deux semaines après sa sortie de prison,
09:55une publication qui datait du procès.
09:58Ben non, mais ça, ce n'est pas rentré en contact.
10:00Et personne ne lui a interdit de s'installer dans un rayon, je ne sais pas moi,
10:04de moins de 100 kilomètres de la famille de Yanis.
10:06Non, non.
10:07Non, non, pas du tout.
10:09Non, c'est normal.
10:10Il a le droit de vivre à proximité.
10:13Non, non, mais clairement, on nous a dit, vous vous rendez compte,
10:15quand j'ai eu mon entretien de deux heures avec le procureur de la République de Bonneville,
10:20il m'a dit, vous vous rendez compte, sa situation familiale,
10:23il faut qu'il reste en famille, il en a besoin et tout.
10:26Non, mais et nous ?
10:27Et nous ?
10:28Nous, dans tout ça ?
10:29Qu'est-ce qui me vient ?
10:30Vous me disiez même que, quand on s'est parlé pendant le documentaire,
10:35qu'il s'est retrouvé en présence d'enfants il n'y a pas si longtemps que ça.
10:37Oui.
10:38Le pédocriminel qui s'en est pris à votre fils.
10:39Alors, tout un paradoxe, parce que, bon, il a été condamné, voilà,
10:43et il a eu 15 ans de suivi, je ne me rappelle plus du terme, socio-judiciaire.
10:48Donc, un soir, je reçois un coup de téléphone, on me dit, dis donc, t'es au courant ?
10:52Jean-Claude, il est au monde du jeu à Bonneville,
10:55il faisait des démonstrations, un mercredi après-midi, s'il vous plaît.
10:59Donc, je vais quand même vérifier les dires, on ne sait jamais.
11:01Et en effet, les gérants, ils acquiescent, ils me disent...
11:04Il était dans un magasin de jouets ?
11:05Ouais, ouais, ouais.
11:06Pour faire des démonstrations aux enfants, un mercredi après-midi ?
11:09Voilà, tranquille, ça va très bien.
11:11Mais bon, moi, ce qu'on m'a dit après, c'est que, oui, mais c'est sur prescription.
11:16C'est sa psy qui lui a dit d'aller faire cet exercice.
11:18En fait, ce qu'on va comprendre dans cette émission,
11:21c'est que des affaires Liana, il n'y en a pas qu'une.
11:22Il y en a des dizaines.
11:23Il y en a plein.
11:24Des folies judiciaires, il y en a des dizaines.
11:25Mais il y en a plein, malheureusement, c'est comme ça.
11:28Et Farid, je vais vous poser une question très intime,
11:30parce que là, on entend depuis le début de la semaine
11:34beaucoup de craintes, la justice ne fait plus son œuvre,
11:37donc certains vont être tentés de faire justice eux-mêmes.
11:41Est-ce que cette idée vous a traversé l'esprit ?
11:42Bien sûr.
11:45Mais je l'ai dit au procureur,
11:47j'ai dit considérez-le comme un homme mort.
11:50Alors, vous vous rendez compte ?
11:53Comment transformer une famille, des citoyens français
11:57qui respectent les règles, pas de casier judiciaire,
11:59ni rien du tout, en criminels ?
12:01C'est par leur inaction, tout simplement,
12:03parce qu'ils n'ont pas su nous protéger.
12:06Et ce sera une faillite pour le système judiciaire,
12:08parce qu'ils n'auront ni réussi à protéger mon fils,
12:11ni réussi à protéger leur agresseur.
12:13Si je devais passer à l'acte,
12:14mais ce n'est pas dans mes intentions.
12:15On a trouvé un substitut, on va dire.
12:19On se bat pour que, plutôt que de...
12:22Pour moi, c'est une action égoïste que de tuer cette personne.
12:26Voilà.
12:26Moi, je veux que le décès de mon fils serve aux autres.
12:30Et si, pour que ça serve aux autres,
12:32il faut qu'on se batte pour faire passer des lois,
12:34eh bien, on le fera.
12:35Puisque vous portez une loi qui porte le prénom de votre fils, Yanis,
12:38pour qu'on prévienne systématiquement,
12:40ce qui n'a pas été le cas avec vous,
12:42de la libération du bourreau.
12:43C'est-à-dire que vous, on ne vous a même pas prévenu.
12:45Entre autres, libération du bourreau,
12:48interdiction de résider à proximité, normal.
12:51Et, bien sûr, quelque chose qu'il faudra mettre en place impérativement,
12:56et Stéphie pourra mieux vous expliquer que moi,
12:59mettre en place le guichet unique.
13:02Alors, je ne vais pas vous mentir.
13:03Tiens, vous savez, quand est apparu,
13:07quand est sortie l'affaire de la petite Liliana,
13:10moi, personnellement, je n'en ai pas dormi pendant trois jours.
13:13Je me suis vu, une fois à trois heures du matin,
13:15assis à me dire,
13:17on a fait, on essaye de faire pour l'après-condamnation,
13:21et on n'est pas déjà capable de faire l'avant-condamnation.
13:24Et vous savez ce qui m'est venu à l'esprit ?
13:26Je vais me lever, et je vais aller le tuer.
13:29Et au moins, ça va régler le problème.
13:31Ça craint, quand même.
13:32Et du coup, j'ai demandé ce matin
13:34à avoir rendez-vous avec ma psy
13:37que je n'ai pas vue depuis deux ans.
13:39Un an et demi.
13:40C'est-à-dire que ça a tout réveillé, évidemment.
13:41Rien n'est éteint, mais ça a tout remis encore plus.
13:43Automatiquement, vous vous rendez compte,
13:45quand on entend ça,
13:46mais ce n'est pas possible.
13:48On vit dans quel monde ?
13:50Quand est-ce que la justice va faire son travail ?
13:53Moi, je suis désolé, le procureur,
13:54il se moque un petit peu de nous.
13:55Quand on l'a vu cette semaine au rassemblement,
13:57devant le tribunal,
13:58qui nous dit que ma femme l'interpelle,
14:00en lui disant, oui, Jean-Claude, ceci, cela.
14:02J'ai fait appel pour qu'il y ait...
14:05Appel, ça remise en liberté,
14:07pour qu'il y ait une mesure d'éloignement.
14:09Mais d'où on fait appel un an après ?
14:12Il me semble que techniquement,
14:13ce n'est pas possible.
14:14Si je me trompe, maître...
14:16Ça me paraît très compliqué.
14:18Un peu compliqué.
14:18Des délais d'appel d'un an,
14:20je n'en connais pas.
14:21Donc voilà, vous voyez,
14:22et il dit ça en public.
14:23Il y a un moment où il y a un problème de compétence,
14:26où il se moque éperdument de nous.
14:27Votre histoire, Farid, est juste édifiante.
14:30Elle fait réagir tout le monde,
14:31même en régie, on me dit que ce que vous dites,
14:34votre histoire, ce que vous devez subir,
14:35est juste hallucinant.
14:37Et vous vous battez maintenant pour les autres
14:38avec la loi que vous portez.
14:40Exactement comme Stéphi Alexandrian,
14:42vous aussi, vous êtes une victime.
14:43Stéphi a décidé de se battre pour les autres.
14:45On va raconter un peu votre histoire.
14:47Vous avez été victime d'inceste
14:48de la part de votre père,
14:49ainsi que votre frère,
14:51Karl, qui est justement le nom de votre association.
14:54Karl, il a mis fin à ses jours,
14:56comme Yanis,
14:57après avoir été victime de votre papa.
14:59Et votre mère aussi a mis fin à ses jours
15:01en raison de ce qu'a fait votre père.
15:05Et aujourd'hui, votre père, il est libre.
15:07Oui.
15:07Et non seulement il est libre,
15:08mais il a la charge de votre demi-frère.
15:10Oui.
15:10Alors que j'ai signalé au parquet
15:12au juge des enfants
15:13et que mon histoire a fait un petit tour de France.
15:15Donc oui, en pleine conscience,
15:17la justice française aujourd'hui
15:18considère qu'il est normal
15:19de laisser voir son enfant à un père
15:22condamné pour des faits de pédocriminalité
15:24de nature incestueuse.
15:26C'est-à-dire qu'il a été prouvé, démontré
15:28qu'il pouvait agresser, violer l'un de ses enfants.
15:33Et derrière, d'autres enfants de sa part,
15:35de sexe masculin, ont également dénoncé.
15:37Donc moi, je me demande ce qu'il faut à la France.
15:39Ce qui n'a pas été précisé, juste c'est que...
15:41Il a quel âge votre demi-frère qui vit avec vous ?
15:42Il a 10 ans.
15:43Donc votre demi-frère.
15:44Alors même que vous-même, vous avez été victime d'un...
15:46Est-ce que votre frère Karl a été victime d'un...
15:48Est-ce qu'il s'est suicidé ?
15:49La justice n'a pas interdit
15:51parce que votre père est à la charge
15:52de votre demi-frère de 10 ans ?
15:54Bien sûr.
15:54Et puis là aussi, la fille de sa compagne
15:56qui a l'âge qu'aurait eu Karl aujourd'hui,
15:57c'est-à-dire 17 ans.
15:58Ça fait des années qu'il est seul avec des enfants.
16:01J'ai plein de gens qui m'écrivent sur les réseaux sociaux
16:03pour me donner des nouvelles et qui s'inquiètent.
16:05Et comment on peut expliquer que la justice
16:07ne mette pas un terme
16:08et que ne sorte pas votre frère,
16:10votre demi-frère de 10 ans,
16:11des griffes de votre père ?
16:12Parce qu'aujourd'hui, en France,
16:14dans les tribunaux,
16:15je pense que M. Tomasini adhérera à mon propos,
16:19il y a encore cette culture de se dire
16:21oui, il a été condamné,
16:22mais on maintient le lien,
16:24on laisse sa chance.
16:26Maître, les deux histoires sont incroyables.
16:28Je vais rebondir parce que
16:30ce ne sont pas des cas isolés.
16:32Je vais prendre l'exemple d'une affaire.
16:35Elle se situait à Saint-Pierre-et-Miquelon.
16:37Donc c'est une petite île.
16:39C'est dramatique parce que
16:42ce que vous disiez, monsieur,
16:44le fait qu'on ne peut pas interdire
16:46déjà un condamné
16:48pour viol,
16:50violence sexuelle
16:51sur des enfants,
16:52d'être à côté de sa victime,
16:54eh bien c'était le cas.
16:55Et Saint-Pierre-et-Miquelon,
16:56c'est une toute petite île.
16:57Donc forcément,
16:59il croisait sa victime
17:00tous les matins
17:01et tous les soirs.
17:03Ça, c'est un premier point.
17:04Mais cet homme-là,
17:05et là, je repense
17:08à l'histoire de ses filles,
17:10cet homme-là,
17:11il avait été condamné
17:12pour un viol
17:13sur sa belle-fille.
17:17Nous étions devant
17:18le juge pour enfants
17:20pour justement
17:21faire suspendre
17:22ses droits
17:22sur sa fille à lui
17:24de trois ans.
17:26Le juge des enfants
17:27a fait asseoir
17:28la petite-fille
17:29de trois ans
17:30sur les genoux
17:32de son père
17:33qui était un violeur
17:34condamné,
17:35en disant,
17:36regardez,
17:37comme le papa
17:38s'entend bien
17:39avec la petite.
17:40Un problème de moyens ?
17:42Ce n'est pas
17:43qu'un problème de moyens.
17:46Donc,
17:47je vous confirme
17:48qu'il y a
17:49un laissé-faire
17:52qui interroge.
17:53Bien sûr.
17:53C'est ce que disait Jules Thorez.
17:54C'est-à-dire qu'on nous a senti
17:55le problème de moyens.
17:56Personne ne dira
17:56qu'il y a assez de magistrats
17:57dans ce pays,
17:58assez de gendarmes
17:58et assez de policiers.
17:59Mais là,
18:00ce n'est pas un problème de moyens
18:01que de laisser le papa de Yanis
18:02avec le bourreau de son fils
18:03à trois kilomètres de chez lui.
18:04Ce n'est pas un problème de moyens
18:05que de laisser
18:06le demi-frère de Stéphie
18:07en présence de son père
18:09qui s'en est déjà pris
18:10à deux de ses enfants.
18:12Mais ce ne sont encore une fois
18:14pas des cas isolés.
18:15Bien sûr.
18:15Mais c'est ça
18:16qu'on va comprendre ce soir.
18:16C'est ça qu'on comprend ce soir.
18:18L'affaire Liana
18:18n'est pas du tout
18:19un cas isolé.
18:20Les dysfonctionnements,
18:22ce mot qu'on choisit,
18:24qui est bien en deçà
18:25de la réalité,
18:26ce n'est pas un cas isolé.
18:27Non,
18:28ce n'est absolument pas
18:28un cas isolé.
18:29On le sait.
18:29Je pense que cette émission
18:30est d'ailleurs d'utilité publique
18:32pour montrer à tous les Français
18:34finalement que non,
18:35ce n'est pas seulement
18:36un problème de moyens
18:37que oui,
18:38on manque sans doute
18:38de magistrats dans ce pays.
18:40Oui,
18:40on manque sans doute
18:40de greffiers.
18:41Oui,
18:41on manque sans doute
18:42de magistrats enquêteurs.
18:44Oui,
18:44on manque sans doute
18:45de juges d'instruction.
18:47Mais le sujet aujourd'hui,
18:48c'est pourquoi
18:49on a une justice
18:49qui est complètement déconnectée
18:51des victimes.
18:52Gérald Darmanin,
18:53c'est très bien.
18:53Quand il est arrivé
18:54au ministère de l'Intérieur,
18:55il a dit qu'il voulait lutter.
18:57Il avait donné deux objectifs,
18:58le narcotrafic
18:59et la protection des enfants
19:00en disant notamment
19:02qu'il fallait faire
19:02en faisant une circulaire
19:04pour l'information des victimes.
19:05C'est très bien tout ça,
19:07mais quand on voit
19:07qu'il y a des procureurs,
19:08quand on voit
19:09qu'il y a des magistrats
19:10qui sont autant déconnectés
19:11et qui finalement
19:12font comme s'ils avaient
19:14un travail lambda,
19:15non,
19:15un magistrat,
19:16il n'a pas un travail lambda.
19:17Quand on touche
19:17à ce genre de choses
19:18qui relèvent de l'intime,
19:20du familial
19:21et qui peut amener
19:22à des drames
19:23ou même quand il y a déjà
19:24eu des drames,
19:25eh bien non,
19:26il faut agir
19:27avec beaucoup plus
19:27de discernement.
19:28Alors,
19:28c'est le cas
19:29de la maman de Rosa
19:30qui a vécu aussi l'enfer.
19:31Sa petite fille de 10 ans
19:32a été violée au moins 10 fois
19:34sur laquelle on a laissé
19:35des...
19:36Jérôme B et Jérôme Barrella
19:37ont laissé des lésions
19:38vaginales et anales
19:39qui ont été constatées
19:41par des médecins.
19:42Ensuite,
19:42analyse psychiatrique,
19:43il y avait toutes les preuves.
19:44Confirmé.
19:45Et on n'a pas cru cet enfant,
19:47enfin en tout cas
19:47on n'a pas donné suite,
19:48on n'a pas fait venir
19:48en garde à vue
19:49ou en audition
19:51le fameux Jérôme Barrella.
19:53On a même dit à la mère
19:53si vous continuez
19:54à nous appeler,
19:55les gendarmes,
19:56on va déposer
19:57une main courante
19:58contre vous.
19:58Et vous avez le directeur
19:59de la gendarmerie
20:00qui a dû s'exprimer
20:01et faire un 20h de TF1
20:03cette semaine.
20:04Et présenter ses excuses.
20:05Donc écoutez la maman de Rosa
20:06qui a poussé un fameux cri
20:08pour reprendre le mot
20:09d'Emmanuel Macron
20:09en conférence de presse
20:10cette semaine.
20:12Pendant des mois,
20:13tous les lundis,
20:14Audrey appelle le commissariat
20:15pour tenter
20:16de faire avancer l'affaire.
20:17Et aussi lunaire
20:19que cela puisse paraître,
20:20les gendarmes
20:21vont lui demander
20:21de cesser de les contacter,
20:23allant même
20:24jusqu'à la menacer.
20:26La dernière fois
20:27que j'appelais,
20:28ils m'ont dit
20:28si je continue à harceler,
20:30ils m'ont fait porte-pleinte.
20:31Elle appelait les gendarmes
20:33pour savoir
20:33où ça en était
20:34et les gendarmes
20:34lui disaient
20:35écoutez arrêtez de nous appeler,
20:36c'est du harcèlement
20:36et si vous continuez comme ça
20:37on va vous poursuivre
20:38pour harcèlement.
20:39C'est le monde à l'envers.
20:41C'est vraiment
20:42le monde à l'envers.
20:44Je ne dors pas,
20:46je ne mange pas,
20:47je ne suis pas capable
20:48de travailler.
20:50C'est compliqué.
20:51Très, très compliqué.
20:52Vous qui êtes
20:53ancien gendarme
20:53Frédéric Caparot,
20:55comment c'est possible
20:56d'avoir aussi mal
20:57traité cette maman ?
20:59Sincèrement,
21:00c'est difficile à comprendre.
21:02Difficile à comprendre
21:03parce que...
21:04Alors j'entends,
21:05j'entends que les gens disent
21:07oui, le département
21:08d'Urgers
21:08n'est pas surchargé
21:09de procédures,
21:10la brigade de lecteur
21:11est une petite brigade.
21:14Il y a une enquête
21:14qui est diligentée
21:15en interne
21:17à la demande
21:18du ministère de l'Intérieur
21:19par le directeur
21:20général de l'Agenre
21:21de l'Agenre national.
21:22Les conclusions
21:23devront être rendues
21:24semaine prochaine.
21:26Il est évident
21:26qu'il y a eu des manquements.
21:28C'est difficile pour moi
21:29de me prononcer,
21:30j'ai quitté l'institution.
21:32Je ne sais pas exactement
21:34les tenants et les aboutissants,
21:35mais les manquements
21:36sont évidents.
21:38Et comme le dit
21:39le directeur
21:40de la gendarmerie,
21:41Hubert Bonneau,
21:43à partir du moment
21:44où ça va être mis en lumière,
21:45les sanctions vont tomber.
21:46On ne peut pas
21:47laisser une famille
21:48dans la détresse
21:51et se permettre
21:52en plus
21:52de la menacer
21:54de faire une main courante
21:56alors que
21:58ces gens sont victimes.
21:59En fait,
21:59c'est le reflet
22:00de ce qu'on retrouve
22:00au niveau de la justice.
22:01On a l'impression
22:02dans ce contexte-là
22:05qu'on protège
22:07les mauvais
22:09au détriment
22:10des victimes.
22:12C'est-à-dire
22:12que c'est la double peine
22:13quand même.
22:13Vous avez votre fille
22:14qui a été violée
22:15à une dizaine de reprises
22:16à l'âge de 10 ans.
22:17Bien sûr.
22:17Vous faites tout
22:18pour qu'il y ait
22:18quand même des conséquences judiciaires
22:20et c'est vous
22:20qui pouvez vous retrouver
22:21avec une plainte sur le dos.
22:22Tout à fait.
22:22Et si la maman de Rosa
22:24avait été écoutée,
22:25c'était fait Alexandréan,
22:26Liana serait vivante.
22:28Oui, oui, oui, oui et oui.
22:30Mais ce qui me choque
22:31quand je vous entends parler,
22:32c'est que je me dis
22:32qu'aujourd'hui,
22:33on parle de Liana
22:33qui n'est plus là.
22:34Mais qu'est-ce qu'on fait
22:34pour tous ces enfants
22:35qu'on va peut-être
22:36enterrer demain,
22:37après-demain, etc.
22:38Je s'insisterai aussi
22:39sur le fait
22:41que Darmanin a pu dire
22:43que...
22:43Darmanin a dit
22:44tellement de bêtises.
22:45Il a dit
22:45qu'il y avait
22:46quelques enfants victimes
22:46par semaine.
22:47On parle d'un enfant
22:48toutes les trois minutes
22:50de 160 000 enfants.
22:51et la statistique
22:52au niveau de l'Europe
22:53qui vaut pour notre pays,
22:53c'est un enfant sur cinq.
22:54Il dit aussi sur LCI
22:55il y a quelques mois,
22:56notamment dans le dossier
22:57de Dianis
22:57que mon association a accompagné,
22:59qu'il allait changer la loi
23:00avec une circulaire.
23:01Comment notre ministre de la Justice
23:02peut dire autant de bêtises ?
23:04Je suis juriste,
23:05je fais une thèse d'endroit
23:06aujourd'hui,
23:07il ne faut pas faire
23:08plus de deux ans
23:08à la fac de droit maître
23:09pour savoir qu'on ne change pas
23:10la loi avec une circulaire.
23:11Donc il faut arrêter...
23:13J'ai entendu un mot
23:14très intéressant
23:14cet après-midi
23:15dans un média,
23:16c'est l'annonce cosmétique.
23:17Moi je suis fatiguée,
23:18les entendent tous un chacun
23:19prononcer des annonces cosmétiques
23:21face aux milliers d'enfants.
23:22Quand bien même
23:23il arriverait à examiner
23:2370 000 plaintes,
23:24il fait quoi
23:25tous ses classements sans suite ?
23:27Et j'ai envie de vous demander,
23:28vous-même,
23:28quand vous avez porté plainte
23:29contre votre père,
23:30est-ce que votre parole
23:30a été entendue
23:31et correctement accueillie ?
23:33Moi j'ai dénoncé des viols,
23:34il y avait à l'examen
23:35gynécologique une déchirure.
23:36Et pour autant,
23:37ça a été correctionnalisé.
23:38Donc il a été condamné
23:39seulement à trois ans
23:40pour des faits d'agressions sexuelles,
23:41c'est-à-dire que mon hymen
23:42il a disparu dans la nature
23:43et si j'écoute le conseil
23:44de monsieur à l'époque,
23:46peut-être que c'était
23:46avec un temps pack,
23:47je ne sais pas,
23:47à dix ans, neuf ans,
23:48que sais-je,
23:49je n'étais pas réglé,
23:50bref.
23:51Et donc mon père
23:51était condamné qu'à trois ans
23:52dont un enfer.
23:53Mais quand il est sorti
23:54de détention,
23:55il a obtenu le droit,
23:56un week-end sur deux,
23:57la moitié des vacances,
23:58de voir mes frères
23:58sans surveillance,
23:59y compris pendant sa détention
24:00au Parloir,
24:01de la part du juge
24:01le plus médiatisé de France
24:02qui est Édouard Durand
24:03et qui n'a pas de problème
24:04à expliquer depuis cinq ans
24:05qu'il est si évident
24:06de protéger les enfants.
24:07Vous imaginez ce que je ressens ?
24:08Enfin, l'hypocrisie,
24:10c'est très difficile d'entendre ça.
24:12Il y a vraiment
24:12un manque de moyens,
24:13il faut le dire.
24:14Mon association accompagne
24:15plus de 2000 enfants aujourd'hui.
24:16Oui, il y a un manque de moyens,
24:17il y a des gens
24:17qui font bien leur travail
24:18et qui souffrent
24:18de ce manque de moyens.
24:19Mais il y a,
24:20et j'ose l'affirmer,
24:21j'ai été fair play
24:22je crois les cinq dernières années,
24:23mais maintenant je vais le dire,
24:24au effort,
24:25il y a un manque de volonté,
24:26bien sûr.
24:26Vous nous dites que
24:28que vous avez été violée
24:31par votre père
24:31à l'âge de 9-10 ans ?
24:32De mes plus jeunes souvenirs,
24:33à l'âge de 11 ans,
24:34où je demande à ma mère
24:35de m'aider,
24:35mais elle me demandera
24:36de me taire.
24:37Elle me demandera de me taire.
24:38Et votre père prend un an,
24:39à la fin des fins,
24:40votre père fait un an de prison ?
24:41Oui, il fait un an
24:42en détention provisoire,
24:43ce qui fait que
24:44le dossier est correctionnalisé,
24:45il fait le procès
24:46dans la journée
24:46au tribunal de Marseille
24:48et il sort libre.
24:48Et moi me renvoie
24:49au foyer d'urgence
24:50avec des barreaux
24:50aux fenêtres de ma chambre
24:51où je me fais casser la figure.
24:53Donc j'imagine
24:54pour des dizaines de viols
24:55contre vous,
24:55c'est un an de prison ferme ?
24:57C'est ainsi que la justice
24:58l'a jugé.
24:59Et aujourd'hui,
25:00on est en 2026,
25:00sa condamnation date de 2011.
25:02C'est-à-dire 15 ans plus tard,
25:03rien n'a changé.
25:04Et là, il est avec votre demi-frère.
25:05Je rappelle qu'il est
25:06avec votre demi-frère.
25:06Et il a fait subir
25:08des choses aussi absolument
25:08épouvantables à votre frère Karl.
25:10Oui.
25:10Et Karl en est mort.
25:12Face à une justice civile
25:13de plus ou que le pénal,
25:14au pénal, il ne se passe pas.
25:15Et sur votre frère Karl,
25:16il a pris quelque chose ?
25:17Il n'a jamais été placé
25:18en garde à vue.
25:19Étant précisé que ce n'est pas
25:20parce que la victime décède
25:21qu'on ne peut pas poursuivre
25:23la personne mise en cause.
25:24Donc il pourrait tout à fait
25:25aujourd'hui être en détention.
25:26Et pourquoi il n'a jamais été
25:27placé en garde à vue
25:27pour ce qu'il a fait subir
25:28à votre frère Karl ?
25:29Parce qu'il semblerait
25:30que le parquet
25:30n'en ait pas la volonté.
25:32Je me demande sincèrement
25:33ce qu'il faut aujourd'hui
25:34à notre pays.
25:34Combien de morts ?
25:35Combien de drames ?
25:36Combien de milliers de frères ?
25:37Sachant qu'il est en présence
25:38d'un enfant de 10 ans ?
25:39Oui, un enfant de 10 ans
25:40qui dit à sa maman
25:41depuis quelques années
25:41« Papa est trop occupé
25:42à la piscine pour s'occuper de moi
25:43parce qu'il est trop occupé
25:44à regarder les petites filles. »
25:47Et puis vous avez dit
25:47quelque chose là
25:48que j'ai attrapé à l'oreille.
25:51C'est-à-dire que vous avez dit
25:52que c'est le juge Durand
25:53qui s'est chargé de votre dossier
25:55donc qui est l'ancien président
25:56de la Civise
25:56qui est devenu
25:57le haut commissariat à l'enfance
25:59donc qui est le magistrat
26:00présenté comme le numéro 1
26:02sur ces dossiers-là
26:03de la protection de l'enfance
26:05et vous dites que ce juge,
26:06ce magistrat
26:07est le premier à avoir
26:08Édouard Durand
26:08a pris votre dossier
26:09et que c'est lui
26:10qui a permis à votre père
26:12de se retrouver au parloir
26:12avec vos frères, c'est ça ?
26:13Je dis que c'est le premier magistrat
26:15à s'être saisie ce dossier.
26:16Il m'a placé en urgence
26:17dans un foyer.
26:17Il avait mon père
26:18les menottes au poignet
26:19donc pour des faits
26:20de pédocriminalité
26:21et non seulement
26:22il a autorisé,
26:23enfin il n'a pas vu de problème
26:24en tout cas à ce que mes frères
26:25aillent voir mon père au parloir
26:26alors qu'il était en prison
26:27pour des faits de viol incestueux
26:29sur ma personne
26:29si je suis claire
26:30et quand il a été condamné
26:32ensuite mes frères
26:32ont pu aller voir librement
26:34mon père
26:34un week-end sur deux
26:35la moitié des vacances
26:36il faut imaginer ce que je vis
26:37il y a dans quelques jours
26:38ça fera 5 ans
26:39que mon petit frère Karl est mort
26:40et donc il y a 5 ans
26:41je décroche un enfant de 12 ans
26:42je vis, j'ai pris perpétuité
26:44il faut imaginer
26:45ce que je porte sur mes épaules
26:45en termes de souffrance
26:46les larmes ne sont pas là
26:47parce que je suis en colère
26:48mais c'est dur
26:50c'est dur
26:50et parfois c'est insoutenable
26:51et donc je décroche cet enfant
26:52je dois vivre avec l'impossible
26:54et quand j'atterris
26:55dans la sphère médiatique
26:56je découvre qu'on a créé
26:57cette civile
26:57et qu'à la tête
26:58est le premier magistrat
26:59à avoir échoué
27:00alors Edouard Durand
27:01n'est pas responsable de tout
27:01il faut distinguer culpabilité
27:03et responsabilité
27:03mais dans cette chaîne de magistrats
27:04il est le premier
27:05à ne pas avoir fait ce qu'il fallait
27:07pour dire maintenant
27:07depuis 5 ans
27:08il est évident
27:09qu'il faut protéger les enfants
27:10et les fratries
27:11des enfants victimes
27:12et c'est lui qui a condamné
27:13votre père aussi ?
27:14Non, c'était un juge civil
27:15donc lui son obligation
27:16c'est un juge des enfants
27:17un juge des enfants intervient
27:18alors il peut avoir
27:19une casquette pénale
27:19pour les mineurs délinquants
27:20ou criminels
27:21mais il intervient notamment
27:22pour protéger les enfants
27:23Ce qu'on comprend
27:24avec cette soirée
27:25c'est que l'affaire Lianel
27:26n'est pas du tout
27:27un cas isolé
27:27on a deux exemples
27:28sur ce plateau
27:29d'absurdité judiciaire totale
27:31c'est-à-dire qu'on a un homme
27:33qui agresse sexuellement
27:34un enfant de 12 ans
27:362 ans et demi de prison
27:37on en a un autre
27:39qui viole sa fille
27:40pendant de longues années
27:41un an de prison ferme
27:43il est avec son fils
27:44de 10 ans actuellement
27:45enfin c'est des folies judiciaires
27:47Je rajoute juste une parenthèse
27:48qui pourra intéresser
27:49vos chroniqueurs
27:50c'est que mon père
27:50a conservé l'autorité parentale
27:51quand il est condamné
27:52pour ce qu'il m'a fait
27:53on lui laisse le droit
27:54d'être mon père
27:54quand Edouard Durand
27:55le reçoit dans son cabinet
27:56il lui demande son avis
27:57sur ma santé
27:57sur mon lieu de vie
27:59sur ma scolarité
28:00etc.
28:01Moi je ne sais plus
28:02quoi vous dire
28:02Yoann
28:02je ne sais plus quoi vous dire
28:03Moi je suis tout à fait
28:04atterré par ce que j'entends
28:05depuis le début
28:06de cette émission
28:07et en entendant
28:08ces témoignages
28:09je pense à l'indécence
28:11d'une partie des magistrats
28:12qui ont envisagé
28:14de manifester
28:15et de faire grève
28:15pour protester
28:16contre le lynchage
28:18dont ils se disent victimes
28:20on en est là
28:21malgré tout cela
28:22malgré ces nombreux témoignages
28:23les magistrats
28:24continuent à faire bloc
28:25alors un peu moins
28:26quand même manifestement
28:27j'ai le sentiment
28:27qu'il y a une petite faille
28:29et qu'il commence
28:29tout doucement
28:30à reconnaître
28:31qu'il y a effectivement
28:31un problème
28:32dans la justice
28:33Il s'est sûr dit
28:34que s'il manifestait
28:34le divorce
28:35était terminé
28:36avec l'opinion publique
28:37naturellement
28:38j'espère bien
28:38qu'ils l'ont compris
28:40mais il faut renverser
28:41la table
28:42c'est une expression
28:42qu'on emploie souvent
28:44qui est un peu galvaudée
28:45mais là c'est véritablement
28:46le cas
28:46d'abord il faut qu'une partie
28:48de l'idéologie des magistrats
28:49change naturellement
28:50mais si ces magistrats
28:51peuvent appliquer
28:52les décisions
28:52qui viennent d'être décrites
28:53c'est parce que la loi
28:54le leur permet également
28:55donc il y a un double problème
28:57il y a vraisemblablement
28:58une idéologie
28:59auprès d'une partie
29:00des magistrats
29:00La loi leur permet aussi
29:01d'enfermer les pédocriminels
29:02pendant bien longtemps
29:03Oui j'entends
29:04mais c'est ce que je vous dis
29:05le problème
29:07c'est en partie
29:08l'idéologie
29:08d'une partie des magistrats
29:10et la loi
29:11qui est aussi
29:11en partie mal faite
29:13Alors ce qu'on apprend aussi
29:14dans le dossier Liana
29:15c'est le profil
29:17de la famille
29:17de Jérôme Barrella
29:18c'est à dire qu'on a
29:19donc Jérôme Barrella
29:19pédocriminel multirécidiviste
29:21le père de Jérôme Barrella
29:22qui est accusé
29:23de s'en être pris
29:24à ses deux petites filles
29:25et ça a été classé
29:26sans suite la première fois
29:27donc là il peut y avoir
29:28un nouveau scandale judiciaire
29:29si le grand-père
29:29termine condamné
29:30puisque le dossier est rouvert
29:31et puis on a le frère
29:32le frère de Jérôme Barrella
29:33qui est allé à la gendarmerie
29:34vous comprenez
29:35pour dire qu'il avait
29:36des plaintes
29:37suite à son nom
29:38et qu'il était victime
29:38de menaces
29:39et après les gendarmes
29:40ont fait le job là
29:41ils ont tapé son nom
29:42et ils se sont rendus compte
29:43qu'il était sujet
29:45à de multiples plaintes
29:46pour viol
29:47et donc il est mis
29:47en examen pour viol
29:48donc vous voyez le profil
29:49très inquiétant
29:50de cette famille
29:51est-on en présence
29:52d'une famille
29:52de pédocriminels
29:53de père en fils
29:54c'est la question
29:55qu'on peut se poser
29:56on va voir l'extrait
29:58Yannick Barrella
29:59est placé en garde à vue
30:00pour viol sur mineur
30:01de plus de 15 ans
30:02viol par conjoint
30:04séquestration
30:04et menace de mort
30:05et curieusement
30:07comme si c'était
30:08une coutume
30:08dans cette région
30:10il ne s'est rien passé
30:11depuis 2024
30:13il n'a jamais été convoqué
30:15il n'a jamais été entendu
30:16il n'a jamais été
30:16encore moins mis en examen
30:18donc du coup
30:19le policier
30:19un petit peu échaudé
30:21par les mésaventures
30:22de l'affaire
30:24qui concerne
30:24Jérôme Barrella
30:26on se dit
30:26là il y a une plainte
30:27elle n'a pas été traitée
30:28j'ai le mec en face de moi
30:29donc on le met en garde à vue
30:32tout de suite
30:32le même jour
30:34un autre membre
30:35de la famille Barrella
30:35va se révéler problématique
30:40en 2013
30:41le père de Jérôme
30:42et Yannick Barrella
30:43avaient été accusés
30:44de viol
30:45sur l'une de ses petites filles
30:46alors qu'elle était
30:47âgée de moins de 13 ans
30:49Maître Tomazini
30:50vous avez déjà vu ça
30:51dans votre carrière
30:51des familles
30:52de pédocriminels
30:54alors là
30:54c'est une famille
30:56particulièrement dysfonctionnelle
30:57ah oui c'est moi
30:58qu'on puisse dire
30:58on a vraiment le sentiment
30:59qu'on assiste
31:00à une mauvaise série
31:01Netflix
31:01puisque tous les jours
31:03on a des révélations
31:05dramatiques
31:05je dirais simplement
31:07à titre d'observation
31:09qu'il n'est pas rare
31:12tout de même
31:13qu'un pédocriminel
31:15ait été lui-même
31:16abusé
31:17dans son enfance
31:19après
31:20ce n'est pas toujours
31:22le cas
31:23c'est-à-dire
31:24qu'il peut y avoir
31:25des abus
31:26sur un mineur
31:28et ce mineur
31:29au contraire
31:29va être
31:31un excellent
31:32père de famille
31:33et va détester
31:35la personne
31:35qui lui a fait subir
31:36tout cela
31:37et ne va pas
31:38reproduire
31:39mais tout de même
31:41nous on se pose
31:43la question
31:43souvent
31:44de la famille
31:46de l'auteur présumé
31:47dans un dossier
31:49et très très souvent
31:50c'est vrai
31:51qu'il y a des cas d'abus
31:52mais là c'est pas ça
31:53là c'est le frère
31:55et le père
31:56j'entends
31:56mais ce que ça veut dire
31:58ça veut dire
31:59que le père
32:02vraisemblablement
32:02là je m'avance
32:03un petit peu
32:04vous pensez
32:04qu'il a abusé
32:05ses enfants
32:07bien sûr
32:08et d'ailleurs
32:09on peut se poser
32:10la question
32:10on ne se la pose
32:11pas assez
32:11des filles
32:13de Barrella
32:15s'il s'en est pris
32:16parce que là
32:17on parle
32:18de les plaintes
32:19sur le grand-père
32:20donc le père
32:20de Barrella
32:21c'est les nièces
32:23de Jérôme Barrella
32:24c'est pas les filles
32:24c'est pas les filles
32:25donc tout le monde
32:25se pose la question
32:26et puis je rappelle
32:28je rappelle
32:29je rappelle
32:29qu'il se servait
32:31de ses propres filles
32:33par contre Jérôme Barrella
32:34comme à part
32:35comme à part
32:36est-ce que vous avez
32:37déjà vu dans votre
32:38carrière de gendarme
32:39l'équivalence
32:40de cette famille
32:42à ce point là
32:43non
32:44à ce point là
32:45non
32:45là c'est vraiment
32:46plus que pervers
32:48et encore
32:49aujourd'hui
32:50je discutais
32:50avec une dame
32:52de Florence
32:52qui me disait
32:54moi je l'ai vu
32:55au supermarché
32:55Carrefour
32:56de Florence
32:57entouré de gamins
32:59donc je pense
33:00que c'était
33:00sa manière de faire
33:02rayons bonbons
33:03enfin voilà
33:04Jérôme Barrella
33:05oui bien sûr
33:06entouré de gamins
33:06au supermarché
33:07en train d'acheter
33:08des bonbons
33:08bien sûr
33:09parce que nous
33:10ce que nous a dit
33:10notre reporter sur place
33:11Pauline Trefzer
33:12qui a parlé avec énormément de monde
33:14c'est que
33:15ceux qu'ont porté plainte
33:16celles qu'ont porté plainte
33:17c'est un petit nombre
33:19des victimes
33:21de Jérôme Barrella
33:23en fait il y en a beaucoup plus
33:24qui n'ont pas porté plainte
33:25et les langues vont se délier
33:26et on va se retrouver
33:27à mon avis
33:28avec un pédocriminel
33:29multi
33:30multi
33:30multi
33:30multi
33:31multi
33:31je pense qu'on va en sortir d'autres
33:33écoutez pas plus tard
33:34que lors de la marche blanche
33:36nous étions dans le cortège
33:37avec mon épouse
33:39Pauline en question
33:39était derrière
33:40elle interviewait un monsieur
33:41et j'entends ce monsieur
33:42qui dit
33:42écoutez moi je viens
33:44d'aller déposer plainte
33:44à la gendarmerie de Florence
33:46parce que ma fille
33:47j'ai appris que ma fille
33:48avait été violée
33:49par monsieur Barrella
33:50et alors il y a aussi une chose
33:51il s'est servi de ses enfants
33:53de ses propres enfants
33:54comme appât
33:54ses enfants
33:55c'est la question que tout le monde
33:56se pose
33:56ces deux filles
33:56ont-elles été victimes
33:58d'un Barrella
33:59que ça soit le père
34:00ou donc le grand-père
34:01et puis
34:02que savait sa femme
34:03parce que les soirées pyjama
34:05avec des pizzas
34:06où il attirait les petites filles
34:07c'était chez lui
34:08donc le profil de sa femme
34:10pose question
34:10et nous avons passé
34:11un premier documentaire lundi
34:12dans lequel
34:13nous avons eu un témoignage
34:15que quand il était au travail
34:16puisqu'il a été
34:17longtemps au chômage
34:18il avait
34:19il avait une tradition
34:21c'est qu'il appelait
34:22sa femme
34:22en visioconférence
34:24sur son portable
34:25que sa femme lui répondait
34:26elle était entièrement nue
34:27sachant qu'il était au travail
34:28et qu'il exhibait sa femme nue
34:30à ses collègues
34:31ça vous pose quand même
34:32quelques questions
34:32sur le profil de son épouse
34:34voyez cet extrait
34:36mon fils à l'époque
34:38il travaillait avec lui
34:40il avait remarqué
34:41qu'il n'était pas
34:42pas tout à fait normal
34:43il recevait des appels
34:47de sa femme
34:47elle était nue
34:48sur le portable
34:51en vidéo
34:52au travail
34:53il ne se cachait pas
34:54de montrer
34:55enfin à un moment donné
34:57non mais c'est un cingri
34:58enfin
34:58il trouvait à plusieurs moments
35:00de la journée
35:01le temps de faire des visios
35:03alors soit elle se trouvait
35:05chez elle
35:06pour faire ses visios
35:08soit elle se trouvait
35:09sur son lieu de travail
35:11dans ces cas là
35:12elle s'isolait
35:12dans les toilettes
35:13se déshabillait
35:14et faisait
35:16un espèce
35:17d'une visio
35:18un peu érotique
35:19un peu pornographique
35:23une ancienne collègue
35:24de travail d'Alexia
35:25nous confirme
35:26elle allait souvent
35:27aux toilettes
35:28pour faire plaisir
35:29ou répondre
35:29au message de son mari
35:30donc
35:32excusez-moi du peu
35:33mais c'est quand même
35:34pas tout à fait classique
35:35même si j'ai pas
35:36de jugement de valeur
35:37à apporter
35:38sur la sexualité
35:39de ces gens-là
35:39mais quand on sait
35:40ce qui s'est passé
35:42c'est quand même
35:43assez éclairant
35:43quel est votre sentiment
35:44d'ancien gendarme
35:45elle savait sa femme ou pas
35:47moi
35:47à mon propre avis
35:49maintenant ça n'engage
35:49que moi
35:50je me dis
35:51c'est impossible
35:52qu'elle ne soit pas
35:53au courant
35:53de ce qui s'est passé
35:54à travers ce que vous venez
35:55de diffuser
35:56elle s'exhibe nue
35:58et il diffuse ça
35:59alors qu'il est
36:01entouré de collègues
36:04on peut pas
36:04et les soirées pyjama
36:05étaient chez elle
36:06et les soirées pyjama
36:06étaient chez elle
36:07on va d'ailleurs
36:07rebaptiser ces soirées pyjama
36:08ces soirées viol
36:09les soirées viol
36:10étaient chez elle
36:11donc qu'est-ce qu'elle faisait
36:12pendant ces soirées
36:13soirées viol
36:15elle n'était pas
36:15dans une autre pièce
36:16en train de regarder un film
36:17vous n'allez pas me dire
36:18qu'elle n'était pas là
36:19à cautionner
36:19ça l'enquête le dira
36:20et Maître Tomazzini
36:22la jurisprudence
36:23nous montre
36:24dans bien des dossiers
36:25que la femme était au courant
36:26voire la femme
36:27a parfois participé
36:28je pense au dossier
36:29Fourniray
36:29je pense au dossier
36:30Dutroux
36:30les femmes
36:31les femmes ont joué un rôle
36:32central
36:32il faut pas faire
36:35d'amalgapes
36:35parce qu'il y a
36:36certaines mères de famille
36:39qui ignoraient absolument
36:40ce qui se passait
36:41puisque moi
36:42on parle de dizaines
36:43de soirées pyjama
36:44non j'entends
36:44mais il faut pas
36:46non plus penser
36:46que les femmes
36:48qui sont
36:48qui vivent
36:50avec des pédocriminels
36:52ont finalement
36:54laissé faire
36:55à minima
36:57voire participer
36:58ça peut être le cas aussi
37:00c'est pas toujours vrai
37:01donc il faut faire attention
37:03parce que
37:04il y a certaines mères de famille
37:05qui ont été abusés également
37:07dans la confiance
37:09qu'elles pouvaient avoir
37:10en leurs compagnons
37:11enfin là
37:11elle se filmait
37:11avec son portable
37:12en sachant qu'il est au travail
37:14pour qu'elle soit exhibée
37:15oui il est content
37:15mais ça c'est une
37:16on va dire
37:17c'est la libido
37:18d'adultes
37:20consentants
37:20donc
37:21c'est pas courant
37:22comme pratique
37:22les collègues
37:23sont pas très consentants
37:24enfin
37:25bon voilà
37:26au travail
37:27à partir du moment
37:28où c'est consenti
37:29après on peut porter
37:30des jugements de valeur
37:31sur ce qui est bien
37:32pas bien
37:33mais en l'état
37:35il n'y a pas d'infraction
37:36et puis
37:37c'est une révélation
37:38de ce long format
37:39Jérôme Barrella
37:40organisait
37:41une soirée pyjama
37:42quelques jours encore
37:44avant son arrestation
37:45et avant l'affaire Liana
37:46vous voyez cet extrait
37:48selon cette mère de famille
37:50Jérôme Barrella
37:51avait organisé
37:52une soirée pyjama
37:53quelques jours seulement
37:54avant la disparition
37:55de Liana
37:56sa fille collégienne
37:57de 12 ans
37:58y avait été conviée
37:59justement dans la même semaine
38:00avant que Liana disparaisse
38:02elle avait invité
38:03Shanna à une soirée pyjama
38:05comme moi
38:05j'avais répondu
38:06on verra
38:07parce que
38:08moi je suis pas
38:09spécialement
38:10en confiance
38:11et puis j'ai envie
38:12aussi de vous poser
38:12la question
38:13et de mettre ça
38:13en parallèle
38:14avec le scandale
38:14du périscolaire
38:15puisqu'on a appris
38:16aujourd'hui
38:16que le Sénat
38:16allait ouvrir
38:17une commission d'enquête
38:18où la mairie de Paris
38:19et les responsables
38:20de la mairie de Paris
38:22allaient être auditionnés
38:23Stéphie Alexandrian
38:23quand vous voyez que
38:24lors des premières réquisitions
38:26des deux premiers pédocriminels
38:27jugés dans l'affaire
38:28du périscolaire parisien
38:29le premier
38:3018 mois de prison
38:31avec sursis
38:31requis
38:32le deuxième
38:33un an de prison
38:34aménageable
38:35sous bracelet électronique
38:36pour
38:379 agressions sexuelles
38:38sur des enfants
38:39de 3 à 5 ans
38:41mais
38:41que fait cette justice
38:43qu'est-ce qu'elle cherche
38:44en fait
38:44à lancer un grand appel
38:46aux pédocriminels
38:46en leur disant
38:47en fait c'est open bar
38:48c'est un an
38:48sous bracelet électronique
38:49de s'en prendre
38:50à 9 enfants
38:50entre 3 et 5 ans
38:52Je vais faire ma juriste
38:53et vous rappeler
38:54ce qu'est la fonction
38:55de la peine
38:55à savoir principalement
38:57outre la réinsertion
38:58de la personne condamnée
38:59le fait de prévenir
38:59la récidive
39:00et donc je vous pose la question
39:01je pense qu'on est tous d'accord
39:01autour de cette table
39:02est-ce que vous prévenez
39:03la récidive
39:03quand vous prononcez
39:04de telles peines
39:05d'autant qu'on sait
39:05que lorsqu'elles sont exécutées
39:06du fait de la bonne conduite
39:08de ces délinquants
39:09et criminels sexuels
39:10ils font au mieux
39:11si vraiment vous avez
39:12de la chance
39:12la moitié
39:13sinon c'est moins
39:14comme dans le cas de Yanis
39:15et dans tant d'autres
39:16donc je ne vois pas
39:16comment aujourd'hui
39:17on dissuade
39:18ces délinquants
39:18et ces criminels sexuels
39:20avec les peines qu'on prononce
39:21je crois que vous disiez tout à l'heure
39:22qu'il y avait la possibilité de peine
39:24mais en réalité aujourd'hui
39:25on prend plus cher
39:26si on fraude fiscalement
39:27si on vole
39:28que si on touche un enfant
39:29or ce crime
39:30tue l'enfance
39:31bien sûr
39:31mais vous avez raison
39:33en ce moment
39:33les politiques
39:35pour des délits financiers
39:36prennent bien plus cher
39:37que les pédocriminels
39:38bien sûr
39:38on a de la place pour eux en prison
39:40mais pas pour tous ceux
39:40qui tuent nos enfants
39:41ah bah ça
39:42on est complètement d'accord
39:43c'est proprement hallucinant d'ailleurs
39:45et vous j'aimerais comprendre
39:46comment le juge
39:47a justifié
39:50la seule année de prison
39:51qu'a passé votre père
39:52pour les multiples viols
39:53qu'il a fait contre vous
39:54c'était quoi sa justification ?
39:55alors il faudrait que je revienne
39:56avec la motivation
39:57je vous la lirais de vive voix
39:58je pense que ça serait très intéressant
39:59peut-être de lire des extraits
40:01mais de mémoire en fait
40:02mon père étant du coup
40:03le père d'une fratrie de 4 enfants
40:05dont un enfant très malade
40:06il a aussi beaucoup plaidé
40:07comme le bon papa
40:08qui allait s'occuper de son enfant
40:09qui ne parlait pas
40:09ne marchait pas
40:10donc il allait pouvoir abuser
40:12tranquillement
40:13moi j'ai vu des choses pas normales
40:14mais la justice n'a jamais investi aussi
40:16donc à l'époque
40:16ça se pratiquait comme ça
40:17c'est-à-dire que de mon temps
40:19du temps de la condamnation de mon père
40:20c'était très rare
40:21qu'on aille jusque la cour d'assises
40:22parce que ça prend du temps
40:23qu'on n'avait pas les moyens
40:24enfin etc
40:24et donc on correctionnalisait
40:26c'est-à-dire qu'on condamnait
40:28généralement le monsieur
40:2998% presque
40:30sont des hommes
40:32au niveau des agresseurs sexuels
40:33pour des faits d'agression
40:35en fait les magistrats
40:36ont énormément de mal
40:36à prononcer des peines lourdes
40:38mais systématiquement
40:40ça fait 5 ans que je reviens
40:40donc c'est vraiment un problème
40:42de laxisme judiciaire
40:43mais c'est systématique
40:44je veux dire
40:45j'ai quasiment pas un dossier
40:46où j'ai la peine maximale
40:47et quand bien même
40:48j'obtiens 15 ans
40:49au mieux
40:50vraiment au mieux du mieux
40:51il sort au bout de 7-8 ans
40:52est-ce que vous pensez
40:53que l'affaire Liana
40:54peut servir d'électrochoc
40:55aux magistrats
40:55pour qu'ils arrêtent
40:56d'être aussi laxistes
40:57et qu'ils protègent
40:57les victimes et leurs familles
40:58alors les magistrats
40:59ils font aussi avec la loi
41:01alors la loi est bien faite
41:02à Saint-Azagar
41:02mais sur cette question
41:03de quantum des peines
41:04je ne suis pas sûre
41:05qu'ils soient si aidés
41:05la loi permettait
41:06que votre père
41:07passe plus d'une année
41:08en prison
41:08pour de multiples viols
41:09oui mais ça dépendait
41:10de la juge d'instruction
41:11qui a préféré
41:11le tribunal correctionnel
41:13et ne pas motiver les viols
41:15ça a dépensé aussi
41:16après des magistrats
41:17qui étaient face à moi
41:18en plus sachez
41:19c'est très drôle
41:19une des magistrats
41:20qui composait
41:21la cour du tribunal correctionnel
41:23s'est avérée
41:23être une parent d'élève
41:24à l'école primaire
41:25avec ma fille
41:26où j'étais parent d'élève aussi
41:27donc ces gens sont des parents
41:28sont des humains
41:30mais je ne sais pas
41:31ce qu'ils ont parfois
41:32ils ne sont pas tous comme ça
41:33moi j'ai des amis juges
41:33ils font très bien le travail
41:34en tout cas ils font ce qu'ils peuvent
41:35et ils se battent vis-à-vis
41:36de leurs collègues
41:37parce que vous savez
41:37qu'il y a un président
41:38dans ses audiences
41:39aussi notamment correctionnel
41:40et qui vraiment
41:40essaie de faire entendre qu'eux
41:42mais il rentre le soir
41:43il bouffe des antidépresseurs
41:44un verre d'alcool
41:45et je pense qu'à un moment
41:47il rentre l'établi
41:47et qu'est-ce qu'on peut faire
41:48parce que moi je pense
41:50à lui depuis le début
41:50de cette émission
41:51je pense à votre petit frère
41:52votre demi-frère de 10 ans
41:53qui est en présence
41:55du bourreau
41:55de ses frères et soeurs
41:56qu'est-ce qu'on peut faire
41:57pour le sortir de là ?
41:58Parler, crier
41:59dans des places d'Emmanuel Macron
42:01il faut arrêter
42:02de passer sous silence
42:03en fait l'autorité judiciaire
42:04n'aime pas la médiatisation
42:05et c'est pourquoi
42:06j'ai mis tant de temps
42:06à m'exprimer
42:07de manière peut-être
42:08aussi dure
42:08mais aussi vraie je crois
42:09puisque je m'en tiens au fait
42:10je pense qu'à un moment
42:11il faut qu'on ait le courage
42:12de dire les choses
42:13il faut qu'on ait le courage
42:14quand bien même ce magistrat
42:15dont je vous parle
42:15le juge des enfants
42:16est adulé
42:16de dire ça suffit d'hypocrisie
42:18je crois qu'il faut oser
42:19témoigner, parler
42:20et renvoyer aussi l'État
42:21à sa propre responsabilité
42:23et la justice également
42:24dans ce qu'elle cautionne
42:25parce que les magistrats
42:26il ne faut pas l'oublier
42:26ils ont quand même
42:27une marge de manœuvre
42:27ils peuvent aussi
42:29être forts de propositions
42:30c'est-à-dire que si
42:31là on apprend
42:32qu'il s'est passé
42:33quoi que ce soit
42:33contre votre petit frère
42:35de 10 ans
42:36alors qu'on savait
42:37tout du profil
42:38de votre père
42:38il y a des magistrats
42:39qui seront responsables également
42:41déjà moi j'engage
42:42la responsabilité de l'État
42:43vous dites pas
42:44Thomasini
42:45ce sera une autre affaire
42:46Ligana
42:46je ne sais pas
42:47comment s'appelle
42:47votre petit frère
42:49Carl
42:49non
42:50celui qui est ton car
42:52je ne sais pas
42:52si je suis autorisée
42:53à le dire
42:53mais ça sera une autre affaire
42:55qui portera le nom
42:56de votre petit frère
42:57de toute façon
42:57on porte tous le même nom
42:58ça je n'ai pas besoin
42:59de m'en cacher
43:00mais dès aujourd'hui
43:02j'engage la responsabilité
43:03de l'État
43:03la France répondra
43:04vraiment vous avez dit
43:05un truc tout à l'heure
43:05très fort
43:06c'est que moi
43:06j'avais posté une vidéo
43:07un texte qui a fait
43:08des millions de vues
43:09il y a quelques années
43:09où je disais
43:10un jour la France
43:10s'excusera
43:11je voulais des excuses
43:12d'Emmanuel Macron
43:13je voulais qu'il s'excuse
43:14il ne l'a pas fait
43:15justement
43:16je propose qu'on se quitte
43:17avec les mots
43:18d'Emmanuel Macron
43:18on a ouvert l'émission
43:19avec eux
43:20effectivement
43:20vous dites que le président
43:21devrait s'excuser
43:22il dit on ne répond pas
43:23à un drame
43:24par des cris
43:25et bien monsieur le président
43:25on a poussé un
43:27ce soir dans cette émission
43:28et pensez
43:29au demi-frère
43:31de Stéphi Alexandrian
43:32qui doit vivre
43:32avec
43:33aux côtés
43:33d'un pédocriminel
43:36multirécidiviste
43:36et l'État
43:38français
43:38permet cette situation là
43:40qu'un homme
43:41qui a violé
43:42à de multiples reprises
43:43sa fille
43:43qui s'en est ensuite
43:44pris à son fils
43:45qui a mis fin
43:45à ses jours
43:46puissent être encore
43:47en présence d'un mineur
43:48de 10 ans
43:48et être chargé
43:49de son éducation
43:50on est donc chez les fous
43:51merci à tous
43:51d'avoir été là ce soir
43:52puisqu'on a montré
43:53que l'affaire Liana
43:54n'était pas
43:54une affaire isolée en France
43:56mais bien
43:56le résultat
43:57d'un problème systémique
43:58Mickaël Dorian
43:59tout de suite
44:00pour la suite
44:01de vos émissions
44:02ce soir sur CNews
44:03à lundi
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