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Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.

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00:02Bonsoir à tous, Sabrina Medjeber, Gilles William, Guenadelle, Louis Dragnel, André Valigny.
00:06Vous n'étiez pas là ces derniers jours ?
00:08Non, j'étais dans mon département.
00:09Mais vous avez bonne mine.
00:11Oui, il a fait beau.
00:12C'est facile.
00:14Quand on est au soleil, c'est facile.
00:16Mais non, mais vous nous avez manqué, moi j'aime bien quand vous êtes là.
00:18Je vous ai manqué ?
00:19Bien sûr.
00:20Vous manquez de contradictions ?
00:22Un peu ?
00:22Oh non mais voilà.
00:24Il y avait un bon coup.
00:25Oui, mais pourquoi pas ?
00:27Non, mais pourquoi pas ?
00:29Mais pas que.
00:30Pas que la contradiction, bien sûr.
00:33Et puis, Yohann Ouzahi.
00:35D'ailleurs, merci Yohann et Gilles William, parce qu'hier soir, M. le ministre garde des souhaits avec nous.
00:41Et nous avons fait une audience assez remarquable, donc bravo à vous.
00:45Mais c'était intéressant.
00:46Exactement.
00:47Le chanteur et acteur Patrick Bruel, accusé du viol et d'agression sexuelle par plusieurs femmes,
00:51est auditionné depuis 18h30 par quatre juges d'instruction.
00:56Il était en garde à vue pendant 48 heures.
00:58Après, il est allé manifestement à ce qu'on appelle au dépôt.
01:02Et puis, il est auditionné par quatre juges du siège.
01:08Et puis ensuite, il passera devant le juge des libertés de la détention pour savoir s'il va ou non
01:14en prison.
01:15Nous sommes avec Mathieu Devesse, qui, je crois, est devant le tribunal et qui va nous donner peut-être des
01:19informations.
01:20Bonjour Mathieu.
01:49Bonsoir Pascal.
01:51On parle donc de faits qui auraient été commis entre 2000 et 2019.
01:58Des faits pour lesquels le procureur de la République a requis sa mise en examen et son placement en détention
02:04provisoire.
02:04Viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel commis donc entre 2000 et 2019.
02:10En France, mais également en Belgique.
02:13Pascal et en Suisse.
02:14Des faits qui concernent neuf plaignantes.
02:16Alors, à l'issue donc de cette audition, Patrick Bruel pourrait être convoqué devant un juge des libertés et de
02:25la détention.
02:25Et c'est seulement lui, ce juge-là, qui pourrait décider du placement en détention provisoire de l'artiste de
02:3167 ans.
02:32Ça, on le saura dans les prochaines heures.
02:34Patrick Bruel, qui est présumé innocent et qui continue de clamer son innocence.
02:38Pascal.
02:39Merci Mathieu.
02:39Alors, il faut comprendre parce que les uns et les autres ne connaissent pas exactement la procédure.
02:43D'abord, il y a eu une garde à vue pendant 48 heures.
02:46Pendant 48 heures.
02:47Oui, durant cette garde à vue, il n'a pas retrouvé son domicile.
02:52Il a été interrogé, toujours et tout le temps.
02:54Et il a dormi deux fois sur place.
02:58Bon, ensuite, donc, ce matin, à 8h30, la garde à vue s'est arrêtée.
03:02Donc, il a été donc placé, ce qu'on appelle...
03:04Non, il a été d'abord au dépôt.
03:06Oui, en attente de son défaire.
03:07Et on retourne, donc, pour une deuxième séance, si j'ose dire, avec quatre juges qui reposent des questions.
03:12Et là, il est assisté toujours de ses avocats.
03:15Ses avocats, pour la première fois, si j'ai bien compris, ont accès au dossier chez William Gonadal.
03:19Quand on arrive devant le juge.
03:20Mais ils doivent découvrir un dossier en très peu de temps.
03:23J'imagine que ça vous est arrivé régulièrement.
03:26Donc, vous découvrez un dossier.
03:28Absolument, qui doit être quand même assez volumineux.
03:30Et qu'il faut avaler, si j'ose dire, en quelques minutes ou quelques heures.
03:35C'est peut-être pourquoi, d'ailleurs, l'audition est à 18h.
03:37C'est les avocats qui demandent peut-être que l'audition soit à 18h pour découvrir le dossier.
03:41Et là, on repart, donc, devant quatre juges.
03:44Ces quatre juges interrogent.
03:46Et là, vous avez deux solutions.
03:47Soit vous parlez, soit vous ne parlez pas.
03:49Oui, mais on peut imaginer qu'il va parler.
03:52Je pense.
03:54Je pense.
03:54Et alors, on sait qu'il a parlé.
03:59À la garde à vue.
04:00On fait savoir qu'il niait les accusations.
04:03Mais on est effectivement dans une période...
04:07Je fais attention à tout ce qu'on dit.
04:08Parce qu'à chaque fois qu'on dit une chose, on a l'impression que certains peuvent imaginer qu'on
04:12défend ou non, en l'occurrence, Patrick Bruel.
04:14Mais c'est vrai que ça arrive après 48 heures passées.
04:18Donc, il est 18h30 ce soir.
04:19Et il y a une forme de fatigue, sans doute.
04:23Est-ce qu'il doit parler, ne pas parler ?
04:25Je ne sais pas ce que le conseil, dans ces cas-là, c'est les avocats.
04:27Mais ces quatre juges, ça peut durer combien de temps ?
04:30Je ne sais pas.
04:31Moi, je pense qu'il est au terme de l'épreuve, je pense.
04:35Je pense qu'il va être déféré devant un juge déliberté très prochainement.
04:39Et donc, nous sommes d'accord que ce ne sont pas ces juges qui prennent la décision ?
04:43Non, c'est un ou une juge délibérée.
04:44Mais qu'est-ce qu'ils disent, ces juges, à la fin de la séquence ?
04:49D'abord, ils vont écouter.
04:50C'est eux qui le mettent ?
04:51Ils vont écouter d'abord.
04:52Les réquisitions du parquet, d'abord.
04:55Parce que le parquet a son mot à dire.
04:57Pour savoir si le parquet souhaite l'incarcération,
05:00ou bien au contraire, une mise en liberté sous contrôle judiciaire.
05:05Le parquet, manifestement, a requis la détention.
05:07Oui, je crois.
05:08Mais si je peux me permettre...
05:10Non, mais ce qui m'intéresse, vous êtes avocat, je vous pose des questions.
05:12J'ai l'impression que mes questions vous ennuient.
05:17Donc, moi, je souhaite que les gens comprennent la procédure.
05:20Je veux dire...
05:22Excusez-moi, je perds non d'être...
05:24Non, mais c'est important, les gens...
05:25Je vous assure, ceux qui nous écoutent, ils sont un peu perdus.
05:28Après, je crois savoir, n'étant pas dans l'affaire.
05:30Non, mais au-delà de l'affaire, moi, ce qui m'intéresse, c'est la procédure.
05:33Il est entendu par des juges d'instruction, avec sans doute la présence d'un procureur.
05:41Et puis, et puis, et puis, il va finir par être déféré...
05:46Mais bien sûr, mais ça, c'est la procédure habituelle.
05:50Justement, enfin, on est dans quelque chose de normal.
05:54Pardon de vous le dire.
05:55Oui, mais...
05:56Donc, après...
05:58Après ces juges...
06:00J'ai l'impression que c'est moi qui suis l'avocat.
06:02Après ces juges, donc, il y a le parquet qui va requérir.
06:06Donc, c'est une nouvelle audience.
06:07C'est une audience qui peut s'être en pleine nuit, aujourd'hui.
06:10C'est une audience, oui, absolument, devant le...
06:12Ou la juge des...
06:13Et qui sera peut-être à minuit, à une heure, je n'en sais rien.
06:15C'est possible, oui.
06:16D'accord.
06:17Oui, parce que comme il sait...
06:18Et donc, le parquet requiert...
06:19Oui.
06:20Et alors, le juge, en dernier instant, c'est lui qui décide.
06:22C'est lui qui décide.
06:23D'accord.
06:24Selon quels critères ?
06:25Ah ben, selon, notamment, le critère des garanties de représentation.
06:30Et aussi, de pouvoir quitter la France ou pas, de pouvoir...
06:35C'est ça, les garanties de représentation.
06:37De pouvoir parler aux plaignants ou non.
06:40Peut-être de payer une caution.
06:42Effectivement, le fait de pouvoir avoir la possibilité de faire pression sur les témoins.
06:49Voilà.
06:49Donc, ça, c'est des critères.
06:51Sur les partis civils, ça fait partie des critères.
06:52Il y en a sept.
06:53Oui, absolument.
06:53Et paraît-il que si deux sont simplement retenus, il y a des tensions.
06:59Oui, enfin, c'est quand même...
07:00Permettez-moi de vous le dire que c'est quand même soumis à la subjectivité de la juge des libertés.
07:06C'est pas...
07:07C'est quelque chose, quand même, d'assez...
07:08C'est normal, mais c'est subjectif.
07:10Voilà.
07:12Ce qui est tout à fait étonnant, c'est le nombre de plaignants, évidemment, qui, chaque jour, j'ai envie
07:18de dire, vient grossir la liste, étonnant ou pas, d'ailleurs.
07:22Parce que chaque mot, là aussi, étonnant ou pas.
07:25Je ne juge pas, mais je fais attention, forcément, pour, précisément, ces plaignantes.
07:30Et je vous propose d'écouter Myriam Gedge Benayoun, qui est une des avocates de deux nouvelles plaignantes.
07:39C'est une étape importante, primordiale.
07:42Ça veut dire que l'enquête préliminaire débouche sur l'ouverture d'une information judiciaire,
07:47ce qui n'avait pas été le cas, par exemple, pour Ophélie, quand elle avait déposé sa plainte en 2021.
07:53Elle reprend confiance en la justice et elle souhaite travailler avec le juge d'instruction, tout comme Karine Wieser, pour
08:00que la manifestation de la vérité soit établie.
08:03En ce qui les concerne, ce qu'elle souhaite, c'est que la justice passe, comme vous dites.
08:07Mais pour que la justice passe, il faut un travail important avec les juges d'instruction.
08:11Il y en a quatre qui ont été nommés.
08:12J'imagine que le parquet a des éléments dans son dossier dont on n'a pas connaissance, pour qu'il
08:18ait fait ses réquisitions.
08:21Qu'il soit mis en détention ou pas, comme elles disent, ça c'est à la justice d'en décider.
08:27C'est les réquisitions du procureur de la République et c'est au JLD de décider, en fonction du code
08:32de procédure pénale,
08:33si cette détention provisoire, qui doit être l'exception, est nécessaire pour protéger la société ou pour d'autres raisons.
08:40En ce qui les concerne, elles savent ce qu'elles ont vécu, elles maintiennent ce qu'elles ont vécu.
08:45Et ce qu'elles veulent, c'est arriver au bout de l'instruction, convaincre les juges d'instruction, le parquet,
08:50pour qu'il y ait un procès à l'issue et bien sûr qu'elles soient reconnues victimes.
08:55Donc Ophélie et Karine, vous l'avez compris, font partie des neuf dossiers retenus à ce stade par le parquet
08:59de Nanterre à l'encontre du Chanteur.
09:01Il y a trois viols.
09:042012 à Dinard, 2015 à Lille-sur-la-Sorgue et 2019 à Paris.
09:08En tout cas, des informations judiciaires requises contre Patrick Ruel pour viol.
09:13Moi, je sais gré à cette consoeur d'avoir parlé, je trouve, sans haine, sans détestation et en n'insistant
09:19pas sur la détention.
09:21Je trouve que c'est tout à son honneur.
09:23Maintenant, je vais vous dire quelque chose en ce qui me concerne.
09:25Ça fait longtemps qu'on en parle de l'affaire, de cette affaire-là.
09:29On est enfin dans une phase classique et normale.
09:33J'ai été outré d'une part de la médiatisation de cette affaire, que je trouvais que vous savez très
09:40bien à quel point je suis opposé à la médiatisation de ce genre d'affaires,
09:44et aussi aux interventions contre les tournées de Bruel.
09:54Maintenant, on est dans une phase classique.
09:58Personnellement, je trouve que la détention, elle l'a très bien dite, ma consoeur, c'est l'exception.
10:03Pour le reste, il faut reconnaître qu'il y a beaucoup.
10:05Il y a quand même beaucoup de femmes qui se plaignent, y compris de viol.
10:13Dedans, il est possible qu'il y ait un effet d'entraînement.
10:16Il est possible aussi qu'il ait des...
10:19Il est présumé innocent, mais il faut tenir compte, je crois aussi,
10:23j'essaye d'être juste jusqu'au bout du nombre de plaignants.
10:29Je suis d'accord, Gilles William, c'est vrai.
10:31C'est vrai, il faut respecter la présomption d'innocence, en effet.
10:34Mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec le fait que la médiatisation,
10:38parfois, entache les procès.
10:40Parfois, la médiatisation libère la parole.
10:42Parfois, la médiatisation permet un retentissement
10:45qui, justement, octroie une parole plus libre
10:49de la part de victimes qui se sentent plus à l'aise, plus confiantes,
10:52parce qu'elles estiment avoir un peu plus de pouvoir de persuasion
10:56sur ce qu'elles ont vécu.
10:57C'est aussi une réalité.
11:00Oui, mais...
11:01Pardon, je ne veux pas...
11:02André Vadini ?
11:03Moi, je souscris à ce qu'a dit Gilles William Golnadel,
11:07mais il n'y a pas de solution.
11:10Lorsque la personnalité mise en cause est très connue,
11:13vous ne pourrez pas empêcher la médiatisation.
11:15C'est vrai que ça attend souvent à la présomption d'innocence,
11:18mais c'est quasiment insoluble.
11:21Alors, médiatisation pour médiatisation,
11:22je vais ouvrir mon cœur complètement.
11:24Comment se fait-il qu'on ait fait des tonnes par rapport à Bruel
11:27et qu'on ne dit pas un mot sur Gérard Miller ?
11:29Il y a quand même, quelquefois, une sélection dans la médiatisation
11:33qui a tendance à me rendre mon esprit un peu chagrin.
11:37Je suis désolé de le dire.
11:39Il y a quelquefois, il me semble, des choix un peu idéologiques
11:43qui me gênent un peu.
11:44Mais indépendamment de ça, pardon de le dire...
11:46Pardonnez-moi, j'essaie toujours d'être d'une très grande honnêteté,
11:51Gérard Miller ne pèse pas dans la société française
11:54le poids de Patrick Bruel sur les 40 dernières années.
11:58Il a quand même une...
11:59On n'est pas exactement quand même...
12:02Il a une notoriété particulière.
12:04Il a été sur toutes les chaînes publiques.
12:07Mais j'entends ce que vous dites.
12:08C'est pas un inconnu notoire.
12:09Je vous dis pas que c'est un...
12:10Pardon de vous dire, mais j'en viens, je voudrais répondre là-dessus.
12:12Terminez ma phrase.
12:13Il n'y a pas de solution idéale.
12:16Bien sûr.
12:17Mais pardon de le dire, en tant qu'avocat, en tant qu'homme,
12:20la médiatisation outrancière à laquelle nous avons assisté
12:24depuis maintenant des semaines,
12:26y compris encore une fois des manifestations...
12:28Je suis entièrement d'accord là-dessus.
12:29...ne va pas dans le sens de la justice.
12:30C'est sereine.
12:31Les manifestations des féministes devant le théâtre Édouard VII,
12:34je suis entièrement d'accord là-dessus.
12:36Moi, je parle juste de la libération de la femme.
12:38On a écouté tout à l'heure Myriam Gage Benayoun une première fois.
12:42On va l'écouter une deuxième fois.
12:43Elle est avocate des plaignantes, je l'ai dit,
12:46et elle a rapporté que Patrick Bruel nie les faits.
12:50Ce que Mme Fachefer dénonce a été nié par M. Bruel,
12:56en ce qui concerne Karine, c'est pareil, il nie les faits.
13:00Maintenant, ce seront aux juges de décider de la suite.
13:04Elles n'ont pas subi de pression.
13:06Par contre, leur avocat, c'est-à-dire moi-même,
13:10en subi, mais pas forcément de la part de l'entourage,
13:13plutôt des fans de M. Bruel.
13:14Je ne connais pas les éléments qui ont permis au procureur
13:18de requérir la mise en détention.
13:20Je ne pourrais vous le dire que quand je connaîtrai le dossier.
13:25Ce que je pensais, moi, c'est qu'on allait lui interdire
13:28de faire des spectacles,
13:31parce que vraisemblablement, c'est là
13:32que les victimes sont rencontrées,
13:36les victimes présumées.
13:40Sincèrement, je ne m'attendais pas à ce qu'une mise en détention
13:43soit demandée, mais parce que je suis comme tout le monde
13:46et que l'image de Patrick Bruel nuit finalement,
13:50même à moi qui suis avocate,
13:52parce qu'on sait que dans ce genre de dossier,
13:54quand il y a une pluralité aussi importante de victimes,
13:58c'est extrêmement fréquent que le procureur réclame
14:00la mise en détention.
14:01Je vais vous poser une question théorique.
14:03Évidemment, c'est toujours difficile de prouver un viol.
14:05Les éléments matériels manquent.
14:09Mais si 30 personnes disent la même chose
14:13et si 30 personnes sont incapables d'apporter une preuve matérielle,
14:18est-ce que quand même le juge se fait une idée différente
14:22à partir de tous ces témoignages ?
14:24Et comment opère-t-il dans ces cas-là
14:26pour voir chaque cas et pour expertiser chaque cas ?
14:31Dans son intime conviction,
14:34un juge, lorsqu'il voit qu'il y a de nombreuses personnes
14:37qui ne se connaissent pas et qui disent la même chose,
14:42est tenté, et je le comprends,
14:44de prendre chaque accusation en considération,
14:48certaines moins que d'autres,
14:50mais je ne peux pas dire en conscience
14:53que le nombre ne peut pas influencer
14:56un juge digne de ce nom.
14:57Non, ça n'est pas vrai.
14:58Et je veux encore rendre hommage
15:00à cette avocate que je ne connais pas
15:02pour son honnêteté intellectuelle,
15:04pour son manque de...
15:05Franchement, il est rare
15:07que je voie autant d'honnêteté intellectuelle
15:10et aussi peu d'agressivité
15:12chez une partie civile.
15:13Alors, je vous propose de l'écouter une dernière fois
15:16puisqu'elle annonce de nouvelles plaintes,
15:19cette avocate.
15:22Est-ce que vous vous attendez
15:23à ce que d'autres témoignages,
15:24d'autres plaintes puissent survenir
15:26dans les prochains jours ?
15:28Oui, bien sûr.
15:29Moi-même, je vais en déposer une autre
15:30pour une personne qui a été...
15:33qui dit avoir été victime également
15:35de tentatives de viol.
15:36Je sais que mes consœurs aussi,
15:38par l'intermédiaire de la presse,
15:39je l'ai entendue.
15:40Donc, je pense que c'est pour ça
15:43que quatre juges d'instruction ont été nommés
15:44parce que le parquet s'attend
15:46à avoir beaucoup de plaintes.
15:47La plainte de Mme Flamand,
15:50et sa prise de parole publique
15:53a vraiment donné un coup de fouet.
15:55Et surtout, vous avez l'image du pot de fer
15:58contre du pot de terre,
16:00les pots de terre étant les victimes.
16:02Mme Flavie Flamand est aussi un pot de fer.
16:05Et donc, elle s'est positionnée en pot de fer
16:07face à M. Bruel
16:08et en protection des victimes.
16:11Et ça, c'est très important
16:13et ça a permis d'avoir un tournant
16:16dans cette affaire.
16:17Bon, on va marquer une pause
16:19parce que d'autres questions se posent
16:20et notamment, est-ce qu'il y aura
16:22une influence du drame Ligana ?
16:27Est-ce que cette triste affaire,
16:30ce drame peut peser sur la décision des juges ?
16:34Voilà une question que je vais vous poser
16:36dans une seconde.
16:37A tout de suite.
16:43Dernier chapitre du dossier Bruel
16:45que nous traitons ce soir
16:47et le passage ou le parallèle
16:50avec Ligana.
16:51Est-ce que ce drame peut influencer
16:53la décision des juges ?
16:54Écoutez ce que disait M. Garbarini
16:56qui était à la fois ce matin avec nous
16:58et puis qui était sur Europe 1 également
16:59cet après-midi.
17:02Un des critères du placement en détention
17:05c'est le trouble à l'ordre public.
17:06On peut estimer, encore une fois,
17:10le magistrat en pleine conscience
17:12et le juge des libertés de la détention
17:14ne prend jamais les décisions à la légère
17:16surtout en matière de détention.
17:18Donc, il va se poser la question
17:20parce que là, il y a une opinion publique
17:22qui est énormément secouée,
17:25qui est énormément choquée
17:28par l'affaire Luana, bien évidemment.
17:30Mais il n'y a pas de rapport, a priori,
17:31avec Patrick Gray.
17:33Il n'y a aucun rapport, mais également
17:37M. Bruel conteste les faits.
17:38Il est présumé innocent,
17:40il faut bien le répéter, etc.
17:42Il est défendu par quatre confrères,
17:44mais bien évidemment,
17:46les faits qui lui sont reprochés
17:47sont également des faits
17:49qui sont commis contre des femmes
17:51dans un contexte aujourd'hui
17:52où les femmes considèrent
17:54qu'elles ne sont pas suffisamment entendues,
17:57qu'il y a trop de classements sans suite
18:00lorsqu'elles vont déposer plainte.
18:02Et donc, toute cette situation-là,
18:04vis-à-vis en plus de quelqu'un
18:06qui est célèbre,
18:08où on va nous dire
18:09que s'il n'est pas placé en détention,
18:10on peut le dire,
18:11ben voilà, il y a le privilège
18:12de la célébrité.
18:13Donc, tous ces éléments-là
18:14font que je pense
18:16que l'affaire Luana,
18:19elle n'est pas sans retentissement,
18:21ce n'est pas possible.
18:24– Maître Garbarinier a tout dit.
18:26Il y a deux questions
18:27qu'on peut se poser.
18:27La première, c'est
18:28est-ce que s'il ne s'agissait pas
18:29de Patrick Bruel,
18:32il serait allé en garde à vue,
18:33enfin, il serait allé en détention,
18:35enfin, il aurait eu le même sort
18:37que celui qu'il a actuellement
18:38et peut-être un placement en détention.
18:40Et la deuxième question,
18:41c'est la pression par rapport au contexte,
18:43évidemment, par rapport à l'affaire Luana.
18:45Est-ce que s'il n'y avait pas eu
18:46l'affaire Luana,
18:47est-ce que si cette affaire
18:48avait été examinée il y a six mois,
18:50est-ce que Patrick Bruel
18:51aurait dormi en détention
18:53si c'est la décision qui est prise ce soir ?
18:56– Pardon, mais cette affaire-là
18:58a été extrêmement médiatisée
19:00avant le drame de Luana.
19:02On n'a pas attendu le drame de Luana.
19:04– Ça répond à la première question,
19:05c'est la célébrité.
19:05– Pour en parler,
19:06mais là où Pascal,
19:07là où Pascal Garbarin a raison,
19:10c'est la notion d'ordre public.
19:12À tort ou à raison,
19:13parce que, à tort,
19:14parce que, pardon,
19:15vous avez vu que je ne fais pas de cadeau
19:16si j'ose dire à Patrick Bruel,
19:18mais il n'est pas taxé de pédophilie.
19:23Patrick Bruel, on ne parle pas.
19:24Ça n'a rien à voir comme affaire,
19:26mais malheureusement,
19:27l'opinion publique,
19:29qui ne se caractérise pas
19:31par la rationalité,
19:33écoute ce qui se passe,
19:34et il y a un risque, effectivement,
19:37de détention
19:38en raison de cette notion d'ordre public.
19:42– On vous peut écouter d'Aurore Berger,
19:44qui est intervenu ces dernières heures.
19:47– Moi, je n'ai pas à saluer
19:51de victoire judiciaire
19:52dans la place qui est la mienne.
19:53Moi, ce que je dis depuis le début
19:54sur cette affaire,
19:55pas parce que c'est Patrick Bruel,
19:56je dis la même chose,
19:57quels que soient à la fois
19:58les auteurs présumés
19:59et les victimes présumées,
20:01c'est qu'il faut qu'on arrête
20:02de penser que par principe
20:02les femmes mentent.
20:03– Et on a l'impression
20:04qu'enfin les femmes sont entendues.
20:06– Rassemblement,
20:06on a l'impression
20:07qu'elles sont entendues,
20:08en tout cas qu'elles sont crues
20:09dans leurs paroles,
20:10et ensuite, évidemment,
20:11c'est la justice,
20:12la justice seule,
20:12qui peut établir la vérité des faits,
20:14la vérité judiciaire,
20:15et c'est ça qui est le chemin nécessaire
20:17dans un état de droit,
20:18et c'est le chemin qui est
20:19en train d'être pris,
20:20en tout cas,
20:21au regard des réquisitions
20:22qui ont été faites.
20:22– Moi, c'est un raisonnement
20:24qui met en tant qu'avocat
20:26et en tant qu'homme insupportable.
20:27Je suis désolé de vous dire,
20:29on ne peut pas,
20:29il n'y a pas les femmes,
20:31il n'y a pas les femmes.
20:32Il y a des femmes
20:32qui disent la vérité,
20:33il y a des femmes qui mentent.
20:34C'est dans l'intime conviction
20:36des juges qu'on doit savoir,
20:38le nombre, ça compte,
20:39mais les femmes mentent
20:42c'est pour moi,
20:44en tant qu'avocat, insupportable.
20:45Voilà.
20:47– Moi, je pense, effectivement,
20:49en théorie,
20:49il n'y a pas de lien
20:50entre l'affaire Liana
20:51et l'affaire Bruel.
20:52Ce sont deux affaires
20:53complètement différentes,
20:55mais c'est vrai que
20:56dans le subconscient des juges,
20:58ça peut jouer, effectivement.
20:59C'est ce que tu disais.
21:00Ça peut jouer,
21:01alors qu'un juge
21:02ne doit se prononcer
21:03que sur le dossier
21:04qui lui est soumis.
21:05– Le problème, par exemple.
21:06– Ce n'est pas en fonction
21:06de la médiatisation
21:08d'autres affaires.
21:09– L'institution judiciaire,
21:10elle est très attaquée
21:11en ce moment.
21:12Est-ce que ça ne va pas
21:13pousser les magistrats
21:14à prendre le risque minimum ?
21:16Parce qu'imaginez un instant
21:17que Patrick Bruel
21:18soit remis en liberté
21:19et qu'il parte à l'étranger.
21:21C'est une possibilité.
21:22Non, mais ça n'est pas
21:22le plus probable.
21:23Mais dans l'esprit d'un juge,
21:24ça peut arriver.
21:26Il peut se dire
21:27je le remets en liberté,
21:28il s'en va.
21:29À un moment où
21:29l'institution judiciaire
21:30est déjà extrêmement fragilisée
21:32et attaquée.
21:33Est-ce que ça ne les conduit pas
21:34à prendre le risque minimum ?
21:36Non ?
21:36– Non, mais sans raisonnement,
21:39le principe de précaution
21:40pour le juge
21:41qui prend la décision
21:42et qui ne veut pas
21:43se retrouver pointé du doigt
21:45si après,
21:46il y a ce type de souci...
21:48– Surtout dans le contexte actuel.
21:49Voilà.
21:50– Moi, je pense que c'est même
21:51plus simple.
21:51C'est-à-dire que les juges
21:52ne veulent surtout pas
21:53qu'on puisse leur reprocher
21:54parce que c'est Patrick Bruel
21:55de lui faire bénéficier
21:57d'une sorte de traitement
21:58de faveur.
21:58et la pression populaire,
22:00pour le coup,
22:01elle est extrêmement forte.
22:02– Alors, je ne sais pas.
22:03Je ne mesure pas du tout
22:04la pression populaire.
22:05Je ne sais pas si les gens
22:07ont envie que Patrick Bruel
22:09soit en prison
22:10ou si, au contraire,
22:12ils ont envie
22:13qu'il ne le soit pas.
22:14Je m'aperçois simplement
22:15qu'il a pu jouer
22:16jusqu'au dernier moment
22:18ses pièces
22:18qui étaient plutôt applaudies
22:19le soir.
22:20Donc, je ne peux pas
22:21le mesurer.
22:22Je ne peux pas le mesurer.
22:23– C'est plus par rapport
22:24à la pression de l'opinion public,
22:25par rapport à la justice,
22:26par les accusations de laxisme.
22:27– On a quand même vu
22:29des manifestations,
22:30là, c'est plus par rapport
22:31à l'affaire Liana,
22:32mais dans certaines villes
22:33où moi, j'ai eu des préfets
22:34au téléphone
22:35qui m'ont dit
22:35« Je n'ai jamais vu
22:36des manifestations
22:37d'une telle nature
22:38avec des gens
22:39qui avaient une exigence
22:40de justice aussi pure. »
22:41– Oui, ça, vous avez
22:42parfaitement raison.
22:42– Et c'est un phénomène nouveau.
22:44– Oui.
22:44– Et c'est pour ça
22:45que moi, je suis convaincu
22:46que l'affaire Liana
22:47ou les conséquences possibles
22:49de l'affaire Liana
22:49seront déterminantes
22:51dans la campagne présidentielle.
22:52– Vous avez raison.
22:53Et effectivement,
22:54et c'est pour ça aussi
22:55que l'attitude de Gérald Darmanin
22:56qui semble vouloir
22:59entrer en conflit
23:00avec les magistrats,
23:01je ne sais pas
23:01si c'est le bon terme,
23:02mais en tout cas…
23:03– Il a fait ce choix-là.
23:03– Il a fait le choix
23:04de l'opinion publique
23:05en se mettant à dos
23:06son administration.
23:06– Il veut afficher
23:07son autorité.
23:09Il a, on en a parlé hier,
23:11il a convoqué les procureurs.
23:13Il y en a huit d'ailleurs
23:13qui ne sont pas venus.
23:15Huit qui ne sont pas venus.
23:16Il ne voulait pas venir.
23:18Forcément au départ, d'ailleurs.
23:19ils sont censés lui obéir.
23:20– Oui, exactement.
23:21Donc il est allé jusqu'au bout
23:23et ça va être intéressant
23:24de voir s'il prend des sanctions
23:25et des sanctions fortes
23:26qui peuvent aller
23:27jusqu'à la révocation.
23:28On disait ce matin
23:29il n'y a jamais de sanctions
23:30pour les magistrats.
23:32Je citais le vice-procureur
23:33de Bobigny
23:36qui achetait la drogue
23:40aux dealers
23:40qu'il jugeait par ailleurs.
23:43Bon, cet homme,
23:43c'est quand même extraordinaire.
23:45Le vice-procureur de Bobigny.
23:47– Il n'a pas été réévoqué, je crois.
23:48– Il n'a pas été réévoqué.
23:49Il n'y a aucun magistrat
23:52qui a été réévoqué
23:53sous la Ve République
23:54pour des faits professionnels.
23:56Certains ont été révoqués
23:58parce qu'ils avaient fait
23:59des choses de droit commun,
24:01mais pour des affaires
24:02ou des manquements,
24:04il n'y en a jamais eu.
24:05C'est quand même extraordinaire, d'ailleurs.
24:06– Il n'y a même eu un comportement sexuel
24:08à l'audience
24:09et il ne s'est pas retrouvé en prison.
24:11– Je crois que c'est l'unique profession.
24:13Ce que je dis est extraordinaire.
24:15C'est-à-dire qu'il n'y a jamais eu
24:16dans une entreprise,
24:17dans des entreprises,
24:17il y a des gens qui sont virés
24:18parce qu'ils font des fautes lourdes.
24:19Il n'y a aucun,
24:22je le répète,
24:22aucun magistrat révoqué
24:24sous la Ve République
24:26pour une cause purement professionnelle
24:28dans l'exercice de son métier.
24:30– C'est sidérant.
24:32Je vous assure,
24:33j'ai appris ça ces dernières heures,
24:35comme tout le monde.
24:36– Certains sont sanctionnés.
24:37– Oui.
24:38– Ils sont déplacés, mutés.
24:39– Non, non,
24:40il y a des sanctions aussi
24:41qui tombent.
24:42Ce qu'on avait obtenu
24:43à l'issue de la commission Outreau…
24:45– Il est toujours là,
24:46le juge Burgaud.
24:46– Oui, mais il n'a pas fait la carrière
24:48qu'il aurait pu attendre.
24:49– Ah bah oui,
24:49tu parles.
24:50– Il pourrait ne plus être magistrat,
24:51ça ne serait pas un drame.
24:52– C'est extraordinaire.
24:54– Et c'est une grande avancée,
24:55c'est que depuis la commission Outreau,
24:57une réforme a eu lieu en 2007 ou 2008.
25:01Aujourd'hui, un justiciable
25:03peut saisir le CSM,
25:05le Conseil supérieur de la magistrature,
25:07pour une faute
25:09du magistrat qu'il a jugé
25:10ou qu'il a mal jugé.
25:12– Donc, il y a des saisies.
25:13– Oui, puis on peut compter
25:14sur la sévérité du CSM par rapport à…
25:16– Ah oui, il y a des filtres.
25:18– C'est le CSM dont je parlais,
25:19le vice-président,
25:20le vice-procureur.
25:22– La justice a trois soucis,
25:24si on veut vraiment les résumer.
25:26Évidemment, il y a un problème de moyens.
25:27On est tous d'accord.
25:28– Oui.
25:28– Et on l'a découvert.
25:30La deuxième chose,
25:31c'est l'idéologisation
25:32ou la privatisation des magistrats.
25:35Écoutez…
25:35– Ça, vous pourrez empêcher
25:36les magistrats d'avoir des idées politiques.
25:38– Oui, enfin j'entends.
25:38– Si vous êtes syndicat ou pas syndicat,
25:39et le problème du juge a envie d'être de gauche,
25:42vous ne pourrez pas l'empêcher d'être de gauche.
25:44– Le problème, c'est que c'est quand même assez massif.
25:45– Mais non, non, non.
25:46– Ah non, non, c'est pas mal.
25:47– Ça, c'est la deuxième chose.
25:48– Tous les juges sont de gauche.
25:49– Je ne dis pas ça.
25:50– La majorité…
25:51– Mais qu'est-ce que vous en savez ?
25:52– Je ne dis pas ça.
25:53– Je connais beaucoup de magistrats de droite.
25:55– Il y a quelqu'un qui s'est amusé
25:57à comptabiliser le nombre d'heures
25:59dans le procès Sarkozy.
26:00100 000 heures, 100 000 heures,
26:03des greffiers, des commissions rogatoires,
26:05des 15 ans de procédures,
26:07Big Malion, l'affaire libyenne,
26:09100 000 heures consacrées à Nicolas Sarkozy.
26:12C'est extraordinaire.
26:13Je voudrais qu'on fasse la même chose
26:14pour les pédocriminels, je vous assure.
26:16Et puis, comme ça tombe toujours du même côté,
26:18François Fillon, Marine Le Pen,
26:19bon, ça c'est le deuxième problème.
26:21Et puis le troisième problème,
26:21ce n'est pas de sanctions.
26:22Voilà, après, on a fait le résumé de la justice.
26:25On peut peut-être progresser sur ces trois choses-là,
26:27c'est tout.
26:27– Il y a des sanctions,
26:28il faut peut-être revoir le chale des sanctions,
26:30il faut peut-être revoir…
26:31– Attends, il faut peut-être revoir
26:33la composition du CSM.
26:34– Bravo.
26:35– Il faut peut-être la revoir,
26:37et faire siéger des justiciables,
26:38des citoyens tirés au sort.
26:40Le tirage au sort est une bonne méthode,
26:41issue de la Grèce antique.
26:43Il faut peut-être, je le répète,
26:44revoir l'échelle des sanctions.
26:46Quant au parallèle avec Sarkozy et les procès…
26:49– 100 000 heures, j'ai appris ça.
26:50– Mais ça n'a rien à voir,
26:51vous béanger les affaires politiques et financières.
26:52– Mais rien n'a jamais rien à voir.
26:53– Mais non, André, je te pose.
26:54– Mais sinon, quand même,
26:55qu'on met des moyens d'un côté,
26:57et moi, ces moyens-là,
26:57j'aimerais qu'on les mette ailleurs, en fait.
26:59– Au périscolaire, par exemple.
27:00– Voilà, c'est tout ce que je dis.
27:01– André, est-ce que c'est normal
27:03qu'un juge, contre l'avis de Parquet,
27:06comme je l'ai vu,
27:08prenne la décision de mettre en liberté quelqu'un ?
27:11Que ce quelqu'un, au bout de quelques heures,
27:14aille tuer sa victime,
27:16contre lesquelles déjà il nourrissait de l'agressivité,
27:18est-ce qu'il est normal
27:19que le juge en question ne soit pas inquiété ?
27:23Pardon.
27:24Moi, je trouve ça totalement anormal.
27:26– Alors, l'affaire Liyana, si j'ose dire,
27:28le drame Liyana,
27:29Emmanuel Macron a déclaré,
27:30une nouvelle fois,
27:31ce président de la République nous sidère.
27:33Je ne peux pas vous dire autre chose,
27:34je ne sais pas ce qu'il vient faire
27:36dans ce drame pour dire ce qu'il a dit.
27:39C'est absolument incroyable.
27:41Est-ce un manque d'empathie,
27:43de psychologie minimum,
27:44d'absence de délicatesse,
27:46de volonté de provoquer ?
27:48Je n'en sais rien,
27:49je n'ai pas la clé.
27:51Allez dire,
27:52après ce qui se passe,
27:53on ne répond pas à un drame par des cris,
27:55quand il y a une petite fille
27:56qui n'est pas encore enterrée.
27:58Je t'assure,
27:59je ne sais pas ce qui passe
28:00par la tête de ce président.
28:01La précipitation et la démagogie
28:03sont des réponses
28:03qui ne sont pas à la hauteur
28:04et qui ne sont pas respectueuses.
28:06Même si, sur le fond,
28:08ce qu'il dit n'est pas faux.
28:09Évidemment qu'on ne répond jamais
28:10avec la démagogie.
28:11Bien sûr que ce n'est même pas
28:12le sujet de ce qu'il dit.
28:13– Le gouvernement a en partie
28:16répondu avec démagogie.
28:17– Tout est fallacieux dans cette phrase.
28:18– Mais qu'est-ce qu'il passe
28:20par la tête d'un président ?
28:21– Les gens qui s'indignent
28:22sont des hystériques.
28:23– Oui.
28:23– Oui, c'est ça.
28:24– Très bien.
28:24Et par ailleurs,
28:27il pointe la démagogie
28:28de ceux qui proposent des solutions.
28:30Moi, je veux bien,
28:30mais en fait,
28:31ce n'est pas comme s'il n'était pas président.
28:31– Il l'a dit après Naël ?
28:32– Il l'a dit ça après Naël ?
28:35– Il est président de la République
28:36depuis dix ans.
28:37– Il est comptable de ce qui se passe.
28:39– Il n'a pas dit ça
28:40après les manifestations de Naël.
28:43Pardon,
28:43il n'a pas parlé de démagogie.
28:45– J'ai une explication
28:46qui vaut ce qu'elle vaut,
28:48mais observant le chef de l'État
28:49depuis un long moment maintenant
28:50et notamment en ces derniers mois,
28:52j'ai le sentiment
28:53qu'il ne veut pas être embêté.
28:54Il aimerait que les Français
28:55lui fichent la paix
28:56dans les dix mois
28:57qui lui restent à passer à l'Élysée.
28:58– Mais alors qu'il se taisent ?
28:59– Mais là, c'est une question de responsabilité.
29:01– Mais non, ça ne se tient pas à votre truc.
29:03Et d'abord, il se tairait.
29:05– Non, mais ça l'énerve
29:06parce qu'il a peur
29:07que ça prenne encore plus d'ampleur.
29:09– Et c'est lui qui...
29:10– D'où ces mots-là.
29:14– Il est retourné d'adieu.
29:15Il lui reste dix mois à l'Élysée.
29:17Il a l'international à gérer.
29:18Il sera à Evian dans pas longtemps.
29:20Il aimerait se concentrer
29:21sur les sujets qui lui tiennent à cœur
29:23et ne pas perdre de temps
29:24avec des choses qui l'embêtent.
29:25– André Valigny.
29:27– Il y a deux choses dans ce qu'il a dit.
29:29Il a raison.
29:30Pas de précipitation, pas de démagogie.
29:32Là, on lui donne raison, évidemment.
29:34En revanche, le mot « cri »
29:36était vraiment inapproprié.
29:37Il n'avait pas à dire
29:38qu'on ne réagit pas avec des cris
29:40parce que devant l'affaire Léanen,
29:42on a tous envie de crier.
29:43Donc le mot « cri » était vraiment mal inapproprié.
29:47Mais je pense que,
29:48pour revenir à son état d'esprit,
29:50on fait un peu de psychologie de bazar là,
29:52je pense qu'il est très énervé
29:55de voir que malgré tous les moyens,
29:56parce qu'il en a mis des moyens,
29:57Dupond-Moretti a obtenu des budgets formidables
29:59pour la justice, plus 38%.
30:01On est encore très en retard par rapport à l'Europe,
30:03mais on a beaucoup augmenté.
30:04– On est quand même dernier au niveau européen
30:06ou avant-dernier.
30:07– Oui, mais on est parti très bas.
30:09On a commencé à augmenter le budget de la justice,
30:11je me souviens, sous Jospin, avec Guigou.
30:13Perben a continué, sous Chirac.
30:15Ensuite, Sarkozy a continué.
30:17Hollande a continué.
30:18Et Macron, avec Dupond-Moretti,
30:20a fait encore beaucoup plus.
30:21Donc Macron se dit,
30:22avec tout ce que j'ai mis comme moyen sur la justice…
30:25– Mais attendez, tout ce que j'ai mis,
30:26arrêtez, tout ce que j'ai mis…
30:28– C'est vous et c'est nous qui payons au bon sang.
30:30– Oui, bien sûr, mais c'est lui qui rend les arbitrages.
30:31– Mais enfin, c'est lui qui rend les arbitrages.
30:33– Mais il a qu'à en rendre d'autres
30:35et donner un peu moins au social.
30:37Je veux dire, t'as l'impression que ça sort de sa poche
30:40quand je vous entends.
30:41– André, au début de cette affaire…
30:42– Je comprends pas votre…
30:43– Il a rendu les arbitrages favorables
30:45à l'augmentation du budget de la justice.
30:47– Oui, au début de cette affaire.
30:48– Tu parles ?
30:48– C'est le minimum ?
30:49– Ce n'est pas un exploit quand même ?
30:51– Il a fait beaucoup plus que les autres.
30:52– Mais ce n'est pas un exploit ?
30:55– Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'il soit très énervé,
30:58parce qu'il se dit qu'on a mis sur la justice.
31:01– Il est surtout très énervé
31:02parce que son bilan est catastrophique et vous le savez.
31:05– Sur cette affaire-là, au contraire,
31:07il a dit à juste titre, au tout début de l'affaire,
31:11que ce n'était pas un problème de moyens.
31:13Il l'a dit, on sait que ce n'est pas un problème de moyens.
31:16C'est un problème de mauvais traitement
31:19par des magistrats et par des gendarmes.
31:22On le sait, rien à voir avec les moyens.
31:25Le garde des Sceaux a expliqué
31:27que le tribunal d'Auch,
31:28il est en pénurie de rien.
31:30Il n'y a pas une surcharge de travail extraordinaire.
31:33– Oui, mais je trouve qu'à l'occasion de cette affaire,
31:35on parle beaucoup des moyens de la justice.
31:36– D'accord.
31:36– Depuis trois jours, on ne parle que de ça.
31:38– Mais il y a un problème de moyens.
31:40– Oui, il y a un problème.
31:40– Mais moi, je suis d'accord, vous avez raison.
31:42– Pardon, André, je suis désolée.
31:45Là, on ne parle pas du tout de question de moyens.
31:47Là, on parle de la réaction d'un président de la République
31:49face à une tragédie.
31:51Et moi, je suis désolée,
31:52le rapport que vient d'émettre Gilles William sur Naël,
31:55il est on ne peut plus flagrant.
31:57Moi, je me souviens que quand Naël est mort,
31:59il s'est précipité, il a convoqué la presse
32:01pour dire que la mort était inqualifiable et inexcusable,
32:04en bafouant accessoirement la présomption d'innocence
32:06de Florian M.
32:08À la suite de la mort de Naël,
32:09il s'est passé des débordements, justement,
32:11puisqu'il emploie ce mot,
32:12qui ont coûté 1,4 milliard aux contribuables.
32:14C'était plus que des cris, c'était des pillages,
32:16c'était de la casse,
32:17c'était des attaques aux paupiers,
32:18des attaques aux flics.
32:18Enfin, je veux dire,
32:19ça a été une semaine en France à feu complet.
32:23Et là, il s'est donné 100 jours pour réfléchir
32:25et il conclut par dire
32:27« Ah, cette éloisiveté, comprenez, les pauvres,
32:29ils ne vont pas à la mer, à la montagne,
32:30et la réforme du bac a joué. »
32:32Là, il a su être plutôt empathique, on va dire.
32:35Et là, hier,
32:37la mère de Rosa,
32:38de la petite Rosa,
32:39moi, je suis désolée,
32:40ça m'a vraiment bouleversée.
32:41Son témoignage,
32:43elle vient avec tout son courage
32:45exprimer sa culpabilité grandissante
32:47parce que les gendarmes,
32:48les gendarmes n'ont pas accueilli
32:51ces requêtes incessantes
32:52et l'ont même menacée
32:53de porter plainte contre elle.
32:55Elle dit
32:55« Pendant toute cette période,
32:57je culpabilisais,
32:58je ne me sentais pas en mesure
33:00de protéger ma fille. »
33:02Est-ce qu'Emmanuel Macron peut se rendre compte,
33:03juste se rendre compte,
33:04ce que c'est que la vie d'un parent,
33:06de voir son enfant souffrir
33:08et d'être impuissante
33:09et de sentir cette impuissance
33:12grandir chaque jour qui passe ?
33:14Est-ce que juste
33:14Emmanuel Macron peut comprendre ça
33:16et avoir des mots appropriés
33:17pour la souffrance d'une mère
33:19et la souffrance de tous les parents
33:21qui ont vu leurs enfants violés ?
33:22Est-ce que juste
33:23il peut avoir des mots
33:24humains et humanisants
33:25pour ce cas de figure-là ?
33:26Je demande beaucoup.
33:27Le mot de cri
33:27est totalement inapproprié.
33:29Il n'aurait pas dû
33:29en parler de ce mot.
33:31C'est sûr.
33:32Et les cris des personnes
33:33qui ont manifesté inopinément
33:35dans toutes les villes de France,
33:36c'est quoi ?
33:36Quels sont les cris ?
33:38On réclame juste justice.
33:38Elles n'ont rien cassé.
33:41Il n'y a pas eu de violence.
33:43Elles n'ont rien cassé.
33:44Ça fait des années
33:45qu'on attend.
33:46Ça fait des années
33:46qu'on nous promet
33:47que ça va changer.
33:48La précipitation,
33:49si on ne se précipite pas maintenant,
33:50ça ne se fera jamais.
33:52Évidemment qu'il faut agir.
33:53Écoutons Maude Bréjean
33:55qui porte parole du gouvernement
33:57et qui a pris la parole
33:57précisément sur la phrase
33:58d'Emmanuel Macron
33:59que je trouve,
34:01je vous assure,
34:02au-delà de scandaleuse,
34:04mais elle est tellement incroyable.
34:06Hors sol.
34:07Hors sol.
34:08Cynique.
34:09Non, même pas.
34:10Mais non,
34:11je ne crois pas que c'est du cynisme.
34:13Je n'assure,
34:13je ne crois pas que c'est du cynisme.
34:14Ça serait du cynisme
34:15parce qu'il n'y a pas d'intérêt.
34:16Non, non, absolument.
34:17Le cynisme,
34:18il y a un intérêt.
34:19Je pense que c'est quelqu'un qui...
34:21Surtout qu'on ne lui reproche rien.
34:22Voilà, exactement.
34:23On ne lui reproche rien.
34:25Il s'est mis tout seul au cœur
34:26d'une polémique
34:27qu'il pouvait éviter, évidemment.
34:30Vous ne me l'enlenderez pas de la tête
34:31que ce n'est peut-être pas la bonne victime.
34:33Vous ne me l'enlenderez pas de la tête.
34:35Bon, écoutez en tout cas Maude Bréjean.
34:38Il est évident
34:40qu'il y a eu
34:40des dysfonctionnements
34:42manifestes.
34:43Il faut comprendre désormais
34:44ce qui relève
34:45des responsabilités individuelles
34:47et des dysfonctionnements
34:49systémiques
34:50dans l'ensemble
34:51des services publics
34:53impliqués.
34:53Ce sont les mots
34:54du président de la République.
34:56On ne répond pas
34:57à un drame
34:58par décrit.
35:00La précipitation
35:01et la démagogie
35:02sont des réponses
35:04qui ne sont pas
35:05à la hauteur
35:06et qui ne sont pas
35:08respectueuses.
35:09Elle n'a pas l'air
35:10d'y croire elle-même.
35:12Dans l'analyse comportementale,
35:14je ne suis pas un grand spécialiste
35:16mais ça se voit.
35:18Juste à voir,
35:19elle baisse la tête.
35:20C'est extrêmement gênant
35:21de dire ça.
35:21Oui, comment ?
35:22C'est extrêmement gênant
35:23de dire ça.
35:24Bien sûr, elle-même.
35:24C'est marrant d'ailleurs.
35:26Bon,
35:27les manifestations
35:28qui ont eu lieu lundi
35:30étaient justement
35:31peuplées de gens
35:32qui ne manifestent jamais.
35:33Qui ne manifestent jamais.
35:34Donc c'était très intéressant.
35:35Et là, vous avez raison.
35:37Il faut toujours se méfier
35:38dans les gens.
35:39En Isère,
35:40il y a eu une manifestation
35:40à Grenoble,
35:41importante,
35:42à Bourgouin-Jalieu,
35:43à Vienne,
35:45à Voiron.
35:46Alors que d'habitude,
35:47les affaires judiciaires
35:48ne mobilisent pas
35:49les foules.
35:49Sans violence.
35:50Il y avait du monde
35:50sans violence
35:51et des gens
35:51qu'on ne voit pas
35:52dans les manifestations.
35:52La deuxième chose,
35:54j'écoutais Maude Bréjon.
35:55Alors le mot cri,
35:56je le répète,
35:57est totalement inapproprié.
35:58Mais en plus,
35:59quand elle dit,
36:00en répétant les mots
36:01du président,
36:03dysfonctionnement systémique,
36:04mais vous imaginez
36:05ce que ça...
36:06D'abord,
36:06ça ne veut rien dire
36:07pour la plupart des gens.
36:09Dysfonctionnement systémique.
36:10Il y a une petite fille
36:11qui est morte,
36:12sans doute violée,
36:12assassinée.
36:13On le saura
36:14quand l'autopsie
36:14aura été rendue publique.
36:15Pourquoi d'ailleurs
36:16l'autopsie ?
36:16Oui, c'est très long.
36:18Dysfonctionnement systémique.
36:18C'est une vraie question.
36:19L'autopsie,
36:20c'est toujours...
36:21Non, ça peut aller plus vite.
36:22Oui, je ne comprends pas.
36:23Non, non,
36:24ça peut aller plus vite.
36:25Bien sûr.
36:26Moi, je m'étonne aussi.
36:27Non, mais c'est un tout
36:28sur la justice.
36:29Quand vous avez vu
36:30ce qui s'est passé
36:32à Paris,
36:33le saccage
36:34et que les Français découvrent
36:35qu'il n'y a pas de sanctions,
36:37quand ils ont le sentiment
36:39que l'atteinte aux personnes
36:41est moins sanctionnée
36:42que l'atteinte politique
36:44ou l'atteinte financière,
36:46que sais-je,
36:46c'est un tout.
36:48Bien sûr,
36:48qu'il y a un problème
36:49de sécurité XXL
36:51et ceux qui parlaient
36:53de sentiments d'insécurité,
36:55combien ils se sont trompés.
36:57C'est tout cela
36:57qui est porté aujourd'hui
36:59et qui nous inquiète d'ailleurs
37:00parce qu'on a l'impression
37:02que c'est de pire en pire,
37:03que chaque jour,
37:04c'est de pire en pire.
37:06Alors, écoutez des familles
37:10d'enfants ou de parents,
37:12en l'occurrence,
37:14une mère et un père,
37:16vous allez entendre,
37:17dont les enfants ont été
37:19effectivement maltraités.
37:23que ça montre sa politique
37:25et ce qui se passe actuellement
37:26dans la justice.
37:27On ne réagit pas
37:28dans la précipitation,
37:29on ne réagit pas.
37:30On laisse se congréner
37:32notre justice
37:33et puis quand il y a des morts,
37:35on commence à se poser des questions
37:36et encore,
37:37on se dit qu'il faut attendre.
37:38Et si, en fait,
37:39en tant que maman,
37:40en tant que parent,
37:40on est obligé de crier
37:41pour être entendu.
37:42Aujourd'hui,
37:42si je n'avais pas crié,
37:43on n'aurait pas arrêté ces jeunes.
37:44Si je n'avais pas montré
37:45ces images,
37:47on ne nous aurait pas écoutés
37:48et puis d'autres victimes
37:49n'auraient pas été reconnues.
37:50Donc, si,
37:50on est obligé de crier,
37:51M. Macron,
37:51parce que vous nous ignorez,
37:53vous nous parlez de faits divers.
37:54Mais M. Lecornu,
37:55hier à l'Assemblée générale,
37:56a bien dit
37:57que ce n'est pas un fait divers.
37:58Mais en fait,
37:58il n'y a plus de faits divers,
37:59c'est des faits de société.
38:00Et c'est vous qui l'avez crié,
38:01justement,
38:02en ne répondant pas,
38:03en étant silencieux
38:04depuis des mois et des mois.
38:05Ça fait des années,
38:06en fait,
38:06qu'il ne faut rien.
38:08Il dit de ne pas se précipiter,
38:10mais vous n'avez jamais rien fait,
38:13en fait.
38:13Donc,
38:15on ne se précipite pas,
38:16mais selon la...
38:18Si je prends les chiffres
38:19de la civise,
38:20toutes les trois minutes,
38:21il y a un enfant
38:22qui se fait violer.
38:23Et il y a pas mal de personnes
38:24qui m'ont contacté,
38:25des amis,
38:26des connaissances,
38:27et pas mal de monde.
38:28Ils m'ont dit
38:29si tu veux,
38:29on peut y aller,
38:30on fait justice nous-mêmes.
38:32Mais non,
38:33il ne faut pas,
38:33il ne faut pas.
38:34Il faut avoir confiance,
38:35essayer d'avoir confiance
38:35en train de la justice,
38:36mais comment avoir confiance
38:37à la justice ?
38:39Vous savez,
38:39je n'en veux pas à la police.
38:40La police,
38:41ils ont arrêté immédiatement
38:43les deux personnes,
38:44le premier voleur
38:45ainsi que le deuxième.
38:49Et c'est qui
38:50qui l'a relâché ?
38:51C'est la justice,
38:52en fait.
38:52Je vous dis la vérité,
38:53ça va finir en guerre civile.
38:55Donc,
38:55je ne sais pas
38:56si c'est ce qu'il veut
38:56le président,
38:58mais ça ne sent pas bon.
39:02Franchement,
39:02ça ne sent pas bon.
39:03Et sur la tension,
39:04il rajoute de la tension,
39:05donc ça ne sent pas bon.
39:06Ce que ne doit pas apprécier
39:07non plus Emmanuel Macron
39:09dans la séquence qu'on vit,
39:10c'est que lui,
39:11il aime faire peur
39:11avec ce qui se passe
39:12à l'étranger.
39:13Et il aime faire peur
39:14en disant
39:14attention l'Ukraine,
39:15attention la Russie.
39:17Et là,
39:17ça se passe chez lui.
39:19Donc,
39:19il n'a pas envie de le voir.
39:21Donc,
39:21on est dans la négation.
39:22Et j'interprète aussi
39:24son intervention
39:25de cette manière-là.
39:26C'est-à-dire qu'il ne veut
39:27pas voir ça.
39:27Pourquoi il est dans la négation ?
39:28Parce que,
39:29un,
39:29ça le ramène à son bilan,
39:30il est piteux.
39:31Donc,
39:35ce que je vous ai dit,
39:36il veut,
39:37les dix derniers mois
39:37de son quinquennat,
39:39de son passage à l'Élysée,
39:40le plus tranquille possible.
39:42Oui,
39:42le plus tranquille
39:43en créant des peurs
39:46et pourquoi pas
39:47en les instrumentalisant
39:48et pourquoi pas
39:48en les exploitant.
39:49il ne l'a pas prévu
39:50et il ne veut pas
39:50que ça vienne gâcher
39:52sa tournée d'adieu.
39:53Il ne veut pas subir
39:54les événements.
39:55Bien sûr.
39:55Oui,
39:56oui,
39:57écoutez,
39:59ça fait plusieurs fois
40:00que je le dis,
40:00les dates de la présidentielle
40:01ne sont toujours pas données.
40:02Vous savez pourquoi ?
40:03C'est juste.
40:04C'est quand même très étrange.
40:06Oui,
40:06c'est très étrange.
40:07Pourquoi ?
40:08On devrait les connaître
40:09depuis un mois.
40:10Pourquoi ?
40:11Eh oui.
40:11Vous voulez dire
40:12qu'ils misent sur des troubles ?
40:14Je n'en sais rien.
40:15Je m'aperçois que...
40:16C'est une accusation grave.
40:21S'il vous plaît.
40:22Attention.
40:24Je m'aperçois ça.
40:25Je m'aperçois
40:26qu'effectivement...
40:27Factuel.
40:29Exactement,
40:29c'est factuel.
40:29Tenez,
40:30il y a Gauthier Lebrecht
40:31qui est en train d'arriver.
40:32Il pourrait nous donner
40:33cette information,
40:34cette information
40:35pourquoi les dates
40:36de la présidentielle
40:37ne sont-elles
40:38toujours pas données ?
40:39J'en sais rien.
40:39Merci.
40:41Je n'en sais rien.
40:42Non ?
40:43Personne n'en sait rien.
40:44D'ailleurs,
40:44je pose une question,
40:45mais personne,
40:45évidemment,
40:45par définition,
40:46n'en sait rien.
40:47Je vous propose
40:48de l'écouter Emmanuel Macron,
40:49c'est une séquence
40:51où il était dans un hôpital
40:53et il explique
40:54qu'on n'est pas allé
40:55assez vite
40:56sur les violences.
40:57Ça fait 9 ans
40:57qu'il est au pouvoir.
40:59Toujours pareil.
41:00Je ne sais pas
41:00sur quel sujet
41:01il est allé vite,
41:02d'ailleurs,
41:02pour tout vous dire,
41:03parce que tu as l'impression
41:03que le bilan est...
41:05La dette.
41:05Comment ?
41:06Sur la dette,
41:06il est allé vite.
41:07Oui,
41:08c'est vrai,
41:08c'est une bonne remarque.
41:09Oui,
41:09mais vous souriez,
41:10mais c'est nous qui payons.
41:12On pourrait pleurer.
41:14Sur l'insécurité aussi,
41:15il est allé assez vite.
41:16Écoutez le président Macron.
41:19On n'a pas été
41:20assez vite et fort
41:20sur l'éloignement
41:22des agresseurs
41:23ou agresseurs présents.
41:25Changement qui a eu
41:26davantage lieu
41:28dans les violences
41:31sexuelles,
41:33mais on a beaucoup moins fait
41:34pour les enfants.
41:35Je regarde.
41:36Bon,
41:37et puis ce nom,
41:37mais c'est important de le dire,
41:38vous dites que c'est classique
41:39les dates de la présidentielle.
41:40Non,
41:41mais si,
41:42je me suis.
41:42Alors là,
41:43Emmanuel Macron
41:44pourrait tout à fait
41:45les communiquer assez rapidement.
41:46Il n'y a rien qui l'en empêche
41:47et ça rassurerait tout le monde.
41:49Mais simplement,
41:50s'agissant par exemple
41:51de Nicolas Sarkozy
41:52et de François Hollande,
41:52ils avaient attendu
41:53la fin de l'été
41:54pour annoncer
41:55les dates
41:56de l'année présidentielle.
41:57Écoutez,
41:59je pensais que ce matin,
42:00il y avait quelqu'un
42:01qui disait autour de la table
42:02que c'était connu
42:03généralement
42:04un mois avant,
42:05un an avant.
42:07On sait que ce sera
42:08le 18 avril,
42:09le premier tour.
42:09Vous avez peur
42:10qu'il ne parte pas.
42:12Il veut rester.
42:15Là,
42:15vous avez vu ce qu'il dit,
42:16on n'est pas allé assez vite
42:17pour éloigner
42:18les agresseurs.
42:20Oui,
42:20quand il a fait campagne
42:21pour être réélu
42:22à l'Elysée,
42:22il avait dit
42:23qu'il voulait faire
42:24de la protection des enfants
42:24une priorité.
42:25Il l'a dit
42:26lors du débat
42:26du second tour
42:27face à Marine Le Pen.
42:29Il voulait en faire
42:29une priorité,
42:30maintenant,
42:30il n'est pas allé assez vite.
42:32Comme les 15 000 places
42:32de prison.
42:33comme les 100 %
42:35d'OQTF réalisés.
42:36J'essaie d'être juste.
42:37Autant il est gravement
42:38responsable
42:39de ne pas avoir
42:39respecté sa parole
42:41en matière de construction
42:42des prisons,
42:43ce qui fait que même
42:43les juges qui ne sont
42:44pas laxistes,
42:45ils sont obligés
42:46de choisir
42:47entre les futurs détenus.
42:49Autant,
42:50M. Macron
42:51n'est pas responsable
42:52de ce qu'on fait
42:55aux enfants.
42:55Il n'est même pas responsable,
42:57je pense,
42:58très sincèrement
42:59de ce qui s'est passé à gauche.
43:00Mais personne n'a dit ça,
43:01on parle de l'état général
43:02de la justice
43:03et de la protection
43:04des enfants.
43:05Personne n'a dit
43:05qu'il était responsable
43:06de la mort de Liana,
43:07ça n'aurait absolument
43:08aucun sens.
43:08Dites-moi,
43:09on va un peu accélérer
43:10parce qu'il nous reste
43:11cinq minutes.
43:11Vous avez vu que Darmanin
43:12finalement retire la loi,
43:13Gérald Darmanin retire la loi
43:14du plaidé coupable.
43:15Je pense que je ne vais pas
43:16être d'accord
43:16avec M. Valigny.
43:18Pourquoi ?
43:20J'étais hostile
43:20au plaidé coupable.
43:21Oui, mais ça a des engorges.
43:23Garbarini était pour,
43:24Golnadel était pour,
43:26et Darmanin finalement
43:27m'a donné raison.
43:30Il y a eu des pressions
43:31d'avocats dans ton genre
43:33et moi, malheureusement,
43:35compte tenu de la situation
43:37pénale,
43:38je préfère effectivement
43:39un plaidé coupable
43:40où évidemment
43:42la partie civile
43:43est d'accord
43:44pour ce bargain
43:46plutôt que des affaires
43:48qui durent encore des siècles.
43:50Il y a une autre raison.
43:52En commission,
43:53ça a été rejeté
43:53à l'Assemblée nationale
43:54et au Sénat
43:57et compte tenu de la pression
43:58qu'il subit en ce moment,
43:59il ne pouvait pas se permettre
44:00pour ce sujet précédent.
44:02Alors, je voudrais qu'on parle
44:03également de Belfast
44:04en Irlande du Nord.
44:04Des incidents ont éclaté
44:06mardi soir
44:06lors des manifestations
44:07anti-immigrés
44:08au lendemain
44:08d'une attaque au couteau
44:09imputée à un réfugié
44:10soudanais
44:11dont la vidéo a provoqué
44:12le choc du pays.
44:13On a beaucoup parlé
44:13ce matin avec Vincent Herouette.
44:15Je voudrais qu'on...
44:15C'est une décapitation.
44:16C'est une tentative
44:17de décapitation.
44:18Exactement.
44:18On va voir le...
44:19On lui crève un oeil.
44:20Vous voulez qu'on voit le...
44:22On regarde,
44:23si vous le voulez bien,
44:24le sujet
44:25et je sais que c'est un sujet
44:26qui vous fait réagir.
44:27Oui.
44:27Voyons.
44:28Ah oui.
44:29Dans cette petite rue,
44:31les habitants
44:32ne peuvent que constater
44:33l'ampleur des dégâts
44:34après une nuit de violence.
44:36Le propriétaire
44:37de cette maison
44:37entièrement ravagée
44:39est encore sous le choc.
44:40Voir ça,
44:41rester là
44:42à regarder ma propre maison
44:43partir en fumée,
44:44je ne m'en remettrai jamais.
44:46Jamais.
44:47Mardi soir,
44:48des centaines de personnes
44:49ont manifesté
44:50à plusieurs endroits
44:50de Belfast.
44:51Des rassemblements
44:52qui ont très vite dégénéré.
44:54A l'origine de la révolte,
44:56une attaque au couteau
44:57particulièrement violente
44:58qui a eu lieu lundi soir.
45:00L'auteur de l'agression
45:01a été interpellé
45:03et identifié.
45:04Il s'agit d'un ressortissant
45:05soudanais de 30 ans
45:06entré en Irlande du Nord
45:08en 2023
45:08depuis la République d'Irlande
45:10après être passé par Paris.
45:12Il a obtenu
45:13le statut de réfugié
45:14avec un titre de séjour
45:16valide jusqu'en 2028.
45:18La victime de cette agression,
45:20un homme d'une quarantaine d'années,
45:21a perdu un oeil
45:22et a été hospitalisé.
45:24Dans un communiqué,
45:25sa famille a lancé
45:26un appel au calme.
45:28La vidéo de l'agression
45:29partagée en ligne
45:30a choqué l'opinion
45:31et relancé le débat
45:32sur l'immigration.
45:33Le Premier ministre britannique,
45:35Keir Starmer,
45:36a condamné les violences
45:37de ces derniers jours
45:38visant notamment
45:39des personnes
45:40d'origine étrangère.
45:42Nous sommes unis pour rappeler
45:43au calme
45:44et déterminés
45:44à rétablir l'ordre,
45:45à soutenir la police
45:46et tous ceux
45:47qui sont en première ligne
45:48ainsi qu'à veiller
45:49que la justice soit faite.
45:53Belfast redoute
45:54de nouvelles violences.
45:55Les écoles
45:56ont fermé plus tôt,
45:57les bus et les trains
45:57sont à l'arrêt
45:58et le chef de la police
45:59a annoncé la mobilisation
46:01d'effectifs supplémentaires.
46:02Des renforts de police
46:04venus du Royaume-Uni
46:04sont également attendus.
46:07Ça met hors de moi.
46:09Il y a quelques jours,
46:10vous avez un certain
46:11Henri Novak
46:12qui a été tué
46:14parce qu'il était accusé
46:17de racisme
46:17par un SIC.
46:19En vérité,
46:20il avait pris un coup de couteau
46:21et le policier lui a dit
46:23je ne te crois pas mon pote.
46:24Il en est mort.
46:25Silence.
46:26Le monde a expliqué
46:27qu'on tentait
46:28d'instrumentaliser ça.
46:30Le monde s'était agenouillé
46:31pendant six mois
46:33devant la dépouille
46:35de George Floyd
46:36qui est mort
46:36dans des conditions
46:37à peu près identiques.
46:40Silence de France Inter.
46:41Là,
46:42vous avez donc
46:43un migrant soudanais
46:45qui s'en prend
46:46à un Irlandais.
46:48La police a été formée.
46:49La police britannique,
46:51ce n'est pas discutable,
46:53a été formée
46:54pour privilégier
46:56la parole des minorités
46:58par rapport à la majorité.
47:00On s'en prend.
47:01On tente de le décapiter.
47:03On les nuclé.
47:05Eh bien,
47:07pas un mot,
47:07pas un mot
47:08sur le service public
47:10et vous voyez
47:11la population irlandaise
47:13légitimement en colère.
47:15Il y a une omerta
47:17sur tout ce qui concerne
47:19les crimes de l'immigration
47:20que je ne peux pas accepter.
47:22Antiblant.
47:22Il est 20h59.
47:23On est en retard.
47:24On salue notre ami
47:25Eliott Deval
47:25qui s'est fiancé.
47:26Absolument.
47:27Il a mis une petite vidéo.
47:28Comme il l'a mis
47:29sur les réseaux,
47:30on peut la voir.
47:31Et on a mis une photo.
47:33Non,
47:34les fiançailles
47:35de notre ami
47:35Eliott Deval
47:37qui s'est fiancé,
47:38qui a trouvé l'amour
47:39et on le félicite.
47:41Donc,
47:41le fiançaille
47:43précède,
47:43comme chacun sait,
47:44le mariage.
47:46Il y a la constitution ensuite.
47:48Oui.
47:52Il en fait quelque chose.
47:55Il faut un petit Deval
47:56rapidement.
47:58On leur souhaite
47:59tout le bonheur.
47:59Je vous demande
48:00d'un très bonheur.
48:02Mais non,
48:02un petit Deval,
48:02vous ne voulez pas
48:03un petit Deval ?
48:04Ensuite,
48:05on en est aux fiançailles.
48:06C'est quoi maintenant
48:08le congé paternité ?
48:09Ça,
48:09ça vous aimez bien.
48:11Oui,
48:11ça je trouve.
48:12Ça vous aimez bien.
48:13Oui,
48:13parce que
48:14c'est tellement...
48:15Comment ?
48:16Je ne l'ai pas pris
48:16parce que sinon
48:17vous ne me prenez pas sûr.
48:17Je ne l'ai pas pris.
48:18Je trouve ça tellement
48:19fort.
48:23Je me souviens très bien
48:25passant à la clinique
48:26avec un bouquet de fleurs
48:28à 10h
48:28et à 11h
48:29étant au bureau
48:30parce que c'était la vie.
48:33Mais c'était sans doute mal.
48:34On ne faisait pas une couche,
48:35on laissait faire ta fave,
48:37on ne faisait pas un biberon,
48:38on ne se souvenait à peine
48:39du prénom de son enfant.
48:41C'était une belle période.
48:42Mais écoutez,
48:43alors ça c'est vraiment...
48:44Vous disiez bonjour monsieur
48:45quand il y a un grand...
48:46Mais c'est ce que vous dites
48:48évidemment faux
48:48et je ne relèverai pas.
48:51Mais donc l'époque est différente,
48:54c'est tout ce que je souligne.
48:55Qu'est-ce que vous voulez
48:56que je vous dise ?
48:57On travaille ?
48:58On travaille.
48:58Qu'est-ce que vous allez faire
48:59maintenant ?
49:00On travaille.
49:01On va parler de l'actualité internationale
49:02c'est l'heure interne
49:03100% politique,
49:04de grosses actualités.
49:05Trump qui rejoue
49:06l'escalade verbale
49:07avec l'Iran
49:08et puis l'Ukraine
49:09et la Russie
49:10avec la une
49:10du JD News
49:12avec cet appel
49:12à se rapprocher
49:14de la Russie,
49:14de Philippe Devilliers,
49:15de Nicolas Dupont-Aignan,
49:17de Luc Ferry,
49:17notamment d'Henri Guénaud
49:18dont on va parler ce soir.
49:19Et c'est maintenant
49:19Jean-Marc Lelouch
49:20était à la réalisation,
49:22Juliette était à la vision,
49:23Guillaume Marceau était au son.
49:24Merci à Benjamin Aneau,
49:25Lucas Consalves
49:26et Tess Lafettaire.
49:27Passez une excellente soirée
49:29et rendez-vous demain matin.
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