- il y a 3 semaines
- #hdpros2we
Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros2WE à 20h du vendredi au dimanche
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Il est 20h sur CNews, merci d'être avec nous pour l'heure des pros 2.
00:04On est avec Hélène Roué, journaliste au journal du dimanche.
00:06Chère Hélène, bonjour.
00:08Vous êtes un visage connu désormais de CNews, un visage connu du Sénat,
00:15mais rares sont les fois où vous prenez la parole ces derniers mois, ces dernières années.
00:20Isabelle Debré, c'est un plaisir de vous recevoir.
00:22Vous êtes ancienne vice-présidente du Sénat
00:25et vous êtes surtout présidente de l'association L'Enfant Bleu.
00:28Et peut-être pour les téléspectateurs qui nous regardent, en 30 secondes,
00:33savoir ce que c'est cette association et pourquoi est-ce si important de vous avoir,
00:38alors que dans quelques instants nous reviendrons sur les toutes dernières informations
00:41concernant le drame bien sûr qui bouleverse la France et la disparition de la petite Liana.
00:46L'Enfant Bleu existe depuis 1992 et moi j'y suis depuis...
00:51Non, 1989 pardon, j'y suis depuis 1992.
00:54Ça fait 34 ans que je suis bénévole au sein de l'association, je ne suis présidente que depuis 8
00:58ans.
00:59C'est une association qui lutte contre la maltraitance des enfants et qui a trois missions.
01:04La première, accompagner les enfants qui sont victimes de maltraitance,
01:08tout type de maltraitance, physique, psychologique, sexuelle et les graves négligences,
01:13et qui accompagne aussi de plus en plus d'adultes qui ont été victimes de maltraitance sexuelle dans leur enfance.
01:19Et nous avons énormément de demandes et nous avons une grande liste d'attentes malheureusement.
01:23La deuxième mission de l'association c'est de faire de la prévention.
01:26Nous avons l'agrément national pour faire de la prévention dans toutes les écoles de France.
01:31Et ça c'est très important parce que je crois que ça passe aussi par là.
01:34C'est bien de guérir mais il faut prévenir avant toute chose.
01:37Nous faisons aussi de l'information et de la sensibilisation, beaucoup, grâce à vous, grâce aux médias,
01:45et aussi grâce à nos personnels qui vont dans les sociétés, dans les entreprises pour sensibiliser les salariés.
01:53Et la troisième mission, et non des moindres, c'est notre travail de plaidoyer de façon à faire avancer les
02:00lois.
02:00Je vous donnerai juste un exemple. Lorsque je suis arrivée à l'association, la prescription était de 10 ans.
02:06Elle est passée à 20 ans, vraiment grâce à l'association L'Enfant Bleu et d'autres.
02:10Mais nous avons beaucoup travaillé avec notre avocat, Yves Crespin, qui est décédé malheureusement.
02:15Et puis là maintenant, la prescription, comme vous le savez, elle est de 30 ans, avec la prescription glissante.
02:21Beaucoup parlent de l'imprescriptibilité, beaucoup de parlementaires travaillent sur l'imprescriptibilité.
02:27Alors évidemment, d'avoir été ancien parlementaire, pour moi, c'est très bien, parce que je connais un petit peu
02:33les rouages.
02:34Et vous pouvez aller dans les couloirs de l'Assemblée nationale ou du Sénat.
02:37Je suis aussi auditionnée régulièrement, mais lorsque j'étais parlementaire, personne ne savait que j'étais à l'Enfant Bleu.
02:42Donc c'est ça, parce que je ne voulais pas m'en servir, bien sûr.
02:45Je comprends bien.
02:46Et aujourd'hui, je n'ai pas honte de le dire, et je m'en sers pour les enfants.
02:50Eh bien, soyez certaine que ce studio et les portes de Sénieux seront toujours ouvertes pour parler, justement,
02:56des maltraitances contre les enfants et la possibilité de pouvoir vous exprimer, évidemment, de manière la plus libre qu'il
03:03soit.
03:03Je vous remercie pour les enfants.
03:06Olivier Vial est avec nous et Amine El Khatmi.
03:08Bonsoir à tous les deux.
03:09Vous le voyez en synthé, la marche blanche qui sera organisée demain en hommage à la petite Liana
03:17et y ont évidemment une pensée pour sa famille.
03:19C'est une marche blanche qui sera organisée demain à 15h.
03:24Et j'ai cru comprendre que la famille refusait, dans ce moment terrible, qu'il y ait la présence de
03:30responsables politiques.
03:32Peut-être faut-il y voir, mais je ne veux pas travestir la pensée et trahir la pensée des parents
03:38ou de la famille.
03:39Mais il y a peut-être une envie aussi que ce soit cette France qui se rassemble au-delà des
03:48idées partisanes des uns ou des autres,
03:50au-delà des volontés des uns ou des autres de se mettre en première ligne,
03:55alors qu'ils ont pour certains été responsables, directement ou indirectement,
04:00de la faillite judiciaire sécuritaire dans laquelle nous vivons aujourd'hui.
04:05Je vous propose de voir le sujet et d'essigner Olivier de Caranfèque sur cette marche blanche.
04:11C'est ici, devant le collège de Liana, que s'élancera ce dimanche à 15h la marche blanche.
04:17Jamais les quelques 6000 âmes de Florence, cette petite commune de Gascogne,
04:21n'auraient imaginé devoir participer à un tel hommage.
04:25Jean-Marie, lui, a déjà acheté une fleur.
04:27Sa présence est indispensable pour entourer les parents de la fillette.
04:31Je suis solidaire surtout, parce que la solidarité, c'est une chose très importante avec tous les gens de la
04:38ville.
04:39L'avocat des parents de Liana a prévenu, il ne souhaite pas la présence de politique hormis les maires des
04:44alentours.
04:45Les larmes des habitants qui se mêlent aujourd'hui à celles des parents de Liana sont des larmes de tristesse,
04:51mais pas seulement, ce sont aussi des larmes de colère.
04:55La justice n'a pas fait son boulot, alors pourquoi ? Je ne l'en sais rien.
04:59Ça a été envoyé à droite, ça a revenu à gauche.
05:02Le gars, il était connu depuis janvier.
05:04La marche blanche se terminera devant la mairie de Florence.
05:07Un rassemblement nécessaire pour faire face à l'horreur,
05:10mais à un rituel devenu trop familier en France,
05:13et qui attend fermement des réponses exigeantes de l'État.
05:18Et j'espère véritablement que des milliers de Français vont se retrouver demain
05:23autour de cette famille qui vit un drame absolu,
05:27et personne ne peut imaginer dans quel état sont les parents de Liana.
05:32Mais on a pu malheureusement commenter, couvrir des marches blanches,
05:36où en première ligne, il y avait des responsables politiques
05:40qui, devant les photographes, promettaient qu'il y allait avoir du changement,
05:47promettaient que ce serait la phrase « ne plus jamais ça ».
05:51Et aujourd'hui, les Français ne veulent peut-être plus de ça.
05:55Ils veulent se retrouver, Olivier Vial.
05:56Oui, je pense que, de toute manière, c'est d'abord un moment de reconnument,
05:59parce qu'en plus, ça se passe dans un département
06:01où, finalement, toute la communauté s'est sentie.
06:04On a entendu le maire qui disait même qu'il se sentait presque coupable
06:08de ne pas avoir pu empêcher ça.
06:10Les maires peuvent y aller.
06:10Oui, effectivement, eux, en fait, il y a eu cette communion autour de cette famille.
06:15Et donc, je pense qu'effectivement, il y a d'abord cette nécessité de reconnument.
06:18Et après, oui, on sait qu'aujourd'hui, malheureusement,
06:21la parole politique sur ces questions-là, elle est totalement dévaluée.
06:25En 2021, déjà, Emmanuel Macron lance un grand état généraux de la justice
06:30et il annonce un big bang de la justice
06:32pour que, justement, il n'y ait plus cette défiance vis-à-vis de la justice.
06:37Or, la défiance, elle est plus importante que jamais,
06:39parce qu'on s'aperçoit qu'aujourd'hui, la justice est toujours en faillite.
06:43Et malheureusement, cet exemple de Liana, on en a eu tellement ces dernières années
06:49qu'on ne peut que comprendre cette défiance-là.
06:52Comment vous voyez et décryptez cette défiance, Amin El Khatmi ?
06:56La défiance, elle naît de, effectivement, vous l'avez dit,
07:01de promesses, d'engagements qui sont annoncés, qui ne sont pas tenus,
07:04et par ailleurs d'une justice qui rend des décisions qui deviennent incompréhensibles.
07:09La confiance des citoyens dans la justice est un des fondements de la vie démocratique,
07:13du pacte démocratique.
07:14La justice est rendue au nom du peuple français.
07:17Et donc, ça devient un problème démocratique majeur
07:20lorsque la justice donne le sentiment de rendre des décisions qui sont hors sol,
07:24qui sont incompréhensibles.
07:25Lorsque ceux qui rendent ces décisions sont dans une forme d'irresponsabilité,
07:29puisqu'ils ne rendent pas de compte.
07:30La question de la responsabilité des juges est posée depuis longtemps.
07:35Moi, quand j'ai vu cette affaire, j'ai pensé à Stéphanie, la maman d'Elias,
07:39qui a ému la France entière en posant une question simple.
07:42Pourquoi deux individus qui avaient interdiction de se rencontrer par décision judiciaire
07:47ont pu se retrouver dans le même immeuble, croiser la route de son fils
07:51et le massacrer à coups de machette ?
07:53Ce n'est pas un débat hors sol, ce n'est pas un débat philosophique,
07:56c'est une question concrète d'une mère de famille qui se dit
07:59« La justice a rendu une décision et cette décision n'a pas été respectée
08:02et elle a coûté la vie de mon fils ».
08:04Et la parole d'une autre mère, celle de Maïlis.
08:06Vous savez, cette jeune fillette qui avait été tuée en 2017 par Nordal Lelandais,
08:12condamnée à la prison à perpétuité,
08:13elle a publié un message bouleversant où on voit également la photo de la petite Lola.
08:20Elle dit « Tu avais la vie devant toi, plein de choses à partager avec ta famille, tes amis.
08:24C'est inadmissible que dans ce pays, nos enfants ne soient pas écoutés ni protégés.
08:28Leurs bourreaux, eux, ont le droit au silence, à se reproduire en prison, au téléphone, à Internet pendant que leurs
08:36victimes subissent.
08:37La perte d'un enfant, on ne s'en remet jamais.
08:41On vit pour les enfants qui nous restent, ils nous font tenir debout.
08:44Combien faudra-t-il encore d'enfants assassinés pour que la justice française et l'État agissent ? »
08:51À travers ce message-là, il y a tout ce délitement et toute cette faillite du politique, du judiciaire, du
08:59sécuritaire.
09:00Et c'est le témoignage bouleversant d'une maman.
09:04Et finalement, quand elle met aussi ses visages, on aurait pu en mettre des dizaines de visages.
09:09Et il y a des dizaines de prénoms. La liste, elle est non exhaustive.
09:12C'est une faillite, mais tellement triste, tellement grave pour notre pays, Madame la Sénatrice.
09:19Alors, je vais vous dire, surtout pour le cas de Liana, c'est inadmissible.
09:24Ça n'est pas acceptable. Il y avait déjà eu un non-lieu pour cette personne.
09:29Et il y a un an, une femme avait déposé plainte parce que sa petite-fille s'était fait violer
09:35par cet homme,
09:36qui aujourd'hui est présumé innocent pour Liana, mais qui visiblement n'est pas innocent pour la petite-fille de
09:42cette maman.
09:43Et cette maman a porté plainte. Cette maman a porté plainte.
09:47Comme elle n'avait plus de nouvelles, elle avait eu un examen, la petite-fille,
09:52et donc on savait que c'était vrai puisqu'il y avait eu un examen médico-légal.
09:56Donc il y avait des traces et on savait qu'elle avait véritablement été violée.
09:59Et la maman, n'ayant pas de nouvelles, a appelé régulièrement, régulièrement à la police.
10:04Qu'est-ce qu'on lui a dit au bout d'un certain temps ?
10:06On lui a dit, si vous continuez comme ça, eh bien on va vous mettre une main courante pour harcèlement.
10:14Non mais attendez, on est dans quel pays ?
10:16Une petite-fille se fait violer, sa maman porte plainte et on va porter plainte contre la maman parce qu
10:20'elle n'a pas de nouvelles et qu'elle harcèle ?
10:23Non mais attendez, ça n'est pas acceptable dans notre pays.
10:25Ça n'est pas acceptable.
10:26Avec des séquelles, et pardonnez-moi de rentrer dans les détails, mais c'est vrai que c'est important aussi
10:31de parler du réel.
10:32Cette petite constatation médicale présentait des séquelles vaginales et anales.
10:38Voilà où on en est.
10:39Et donc vous aviez finalement cet individu qui restait libre, libre d'agir.
10:44Et vous avez eu raison de parler de la présomption d'innocence.
10:48Mais dans la société française aujourd'hui, Hélène Rouet, il y a évidemment une défiance de la justice.
10:5562% des Français n'ont pas confiance en la justice pour sanctionner fermement les délinquants, les criminels.
11:03C'était un sondage de septembre dernier, vous le faites la semaine prochaine, vous rajoutez 15 points, bien sûr.
11:09Mais il y a aussi cette défiance du politique.
11:13Il y a de nombreuses reprises promis des choses qui ne sont jamais arrivées.
11:17Oui, bien sûr, parce que les politiques continuent de promettre.
11:20On a vu quand même, là, les réactions sont extrêmement fermes.
11:22Alors ça va d'Emmanuel Macron à Gérald Darmanin qui présente carrément les excuses de la justice en son nom
11:27à la famille de Liana.
11:28Ce sont des mots qui sont très forts, ce sont des mots qui sont toujours plus forts.
11:32Et pourtant, aujourd'hui, on voit des maires comme la mère de Maëlys qui a le courage de prendre la
11:36parole
11:36et qui, par ailleurs, accuse directement la justice et l'État.
11:39Il faut quand même voir dans l'histoire de Liana quelque chose aussi qui est extrêmement grave.
11:42Et c'est d'ailleurs Eugénie Bastier qui l'a pointé dans un tweet.
11:45Le vrai problème avec ça, c'est évidemment ce qu'a fait la procureure d'eau,
11:51c'est-à-dire hiérarchiser certains dossiers, hiérarchiser certaines informations.
11:55Et Eugénie Bastier a fait tout un tweet là-dessus.
11:57C'est quelque chose qui est en train de circuler dans les boucles WhatsApp pour l'instant dans le GERS.
12:01Vous savez quand il y a eu notamment les agriculteurs qui ont commencé à se révolter.
12:04Les agriculteurs, c'est là où on se rend compte qu'en fait l'État et la justice,
12:08quand ils veulent mettre les moyens, ils peuvent mettre les moyens.
12:10Et on était avec le président de la coordination rurale du GERS, M. Pendelon, ce matin,
12:16qui expliquait qu'il avait passé des heures en garde à vue au moment où il luttait contre le Mercosur.
12:23Et puis vous avez aussi une justice qui peut être extrêmement ferme
12:27quand il y a des déclarations politiques qui peuvent déranger.
12:31Je pense également par exemple au collectif Némésis.
12:34Lorsqu'ils arrivent avec une pancarte à une manifestation aussi contestable soit-elle,
12:40ce n'est pas le problème.
12:41C'est-à-dire que le lendemain, vous avez ces jeunes filles, ces militantes,
12:46qui sont en garde à vue.
12:50Et puis la faillite, elle est aussi médiatique, je le dis depuis hier.
12:54C'est-à-dire que tous les médias qui font des heures,
12:56et enfin, oserais-je dire, sur ce drame et la mort de Léana,
13:00ils étaient où pour se poser les mêmes questions concernant les faillites judiciaires,
13:06administratives, sécuritaires, pour Lola, pour Elias, pour Philippines ?
13:10Ils étaient où ? Ils brandissaient et ils faisaient venir sur les plateaux
13:14les gens qui osaient dire « halte à la récupération, ce n'est pas le moment ».
13:18Je pense qu'il y a également un dernier élément que les Français ne supportent plus aujourd'hui.
13:21On a beaucoup entendu cette semaine l'expression « échec collectif ».
13:24Vous savez, c'est un échec collectif.
13:25On dit qu'en fait, si vous voulez, l'échec, il s'est fait dans la justice,
13:29il s'est fait dans le politique, il s'est fait dans les erreurs d'appréciation, etc.
13:31Sauf qu'en fait, dire un échec collectif, ça veut de toute façon dire
13:36qu'il n'y a pas de responsabilité.
13:38Sauf qu'en fait, dans ce pays, personne n'est jamais responsable de rien.
13:40Et ça, je pense que les Français, tout simplement, ne le supportent plus.
13:44Le risque, ça peut être le contraire aussi.
13:45Le risque, ça peut être le contraire.
13:46C'est qu'effectivement, on a l'impression, et quand vous parlez des médias,
13:49on a l'impression que là, les médias,
13:51alors il y a une responsabilité individuelle sans doute,
13:53mais il ne faudrait pas que cette responsabilité individuelle
13:55fasse oublier qu'il y a une vraie responsabilité
13:57de l'ensemble du système judiciaire
14:00et de l'ensemble du système politique.
14:01Et là, on a un peu l'impression quand même
14:03que petit à petit, on se dirige vers une sorte de contrefeu.
14:07Trouver le fusible.
14:08Il y aurait un fusible et après, tout le reste n'aurait pas besoin de changer.
14:10Et ça, effectivement, quand on rappelle toutes les affaires,
14:13on s'aperçoit bien que le mal est beaucoup plus profond
14:15que simplement ce qui s'est passé avec la procureure de Hoche.
14:18Mais quand même, cette affaire est un condensé de choses absolument sidérantes.
14:21L'autre soir, nous étions en plateau avec Sacha Stropkan,
14:24qui est le porte-parole du ministère de la Justice,
14:26qui était chez Gauthier Lebrecht.
14:28On a par exemple découvert qu'une plainte
14:29qui est déposée dans un département
14:31où les faits n'ont pas été commis n'est pas transmise.
14:33Que les plaintes entre gendarmeries
14:35sont transmises par voie postale, par courrier.
14:37À l'heure d'Internet et de l'intelligence artificielle,
14:39on envoie des plaintes par la poste.
14:41Et ça, ça ne coûte rien.
14:43Ce n'est pas une question de moyens.
14:44Par ailleurs, le budget du ministère de la Justice
14:46a été sensiblement augmenté ces dernières années.
14:48C'est une question de bon sens, de mauvaise organisation.
14:52Vous me permettez, il n'y a pas qu'une question de moyens,
14:54mais c'est aussi une question de moyens.
14:55Oui, mais là, on le pense, c'est une question de moyens.
14:57Ce n'est pas une question de moyens.
14:58Je pense qu'il faut voir ce drame dans une globalité
15:02d'échecs et de problématiques.
15:04Il y a aussi une question de moyens humains et financiers.
15:07Quand, par exemple, vous considérez que dans la justice,
15:10en France, c'est 75 à 77 euros par habitant,
15:14alors qu'en Allemagne, c'est 135 euros par habitant,
15:17vous voyez qu'aussi, il peut y avoir un problème de moyens.
15:20Il y a des magistrats, des greffiers, des avocats
15:23qui font un travail admirable avec peu de moyens,
15:27avec peu de bras.
15:27Des enquêteurs aussi qui font un travail, là aussi, admirable
15:30avec peu de moyens et peu de bras.
15:32Mais vous ne pouvez pas, lorsqu'il y a une faille comme celle-ci,
15:36agiter tout de suite l'idée d'un problème de moyens.
15:40C'est ce qu'a fait le syndicat de la magistrature.
15:41Mais vous attendez à quoi ?
15:44Vous savez, le syndicat de la magistrature,
15:46lorsqu'il y a des émeutes, il se concentre à parler
15:50de révolter, non pas d'émeutier.
15:51Et lorsqu'il y a des manifestations violentes,
15:54vous avez un petit fascicule qui est parfois réédité
15:56qui s'appelle le fascicule du manifestant arrêté.
15:58Donc c'est pour ça que je dis que le mal est plus profond.
16:01C'est la difficulté.
16:02En France, la crise, elle est bien plus profonde.
16:05Il faut renverser cette table.
16:06Vous parlez de moyens humains.
16:09Mais vous savez qu'en France, nous avons quatre fois moins
16:12de procureurs que la moyenne européenne.
16:16Deux fois moins de juges que la moyenne européenne.
16:19Et en France, aujourd'hui, il faut mettre les moyens humains
16:22et il faut aussi former ces personnes.
16:25Il faut former ces personnes au recueil de l'enfant.
16:28Tout le monde ne peut pas recueillir la parole d'un enfant.
16:30Et l'enfant bleu demande depuis longtemps justement cette formation.
16:34Et si on revient à cette triste affaire de Liana,
16:39il est incroyable que cette personne n'ait pas été même auditionnée.
16:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, moi j'applique quelque chose.
16:49Je dis qu'on doit appliquer un principe de précaution
16:51quand il s'agit d'une victime mineure.
16:53Un enfant qui parle, c'est déjà très difficile.
16:56Si on ne l'écoute pas, c'est encore double peine.
16:59Et si on ne l'accompagne pas, c'est triple peine.
17:01Il faut tout de suite, quand il y a une plainte d'un mineur,
17:04surtout avec des preuves, au moins convoquer la personne.
17:08Peut-être que si on l'avait convoquée et qu'il avait su
17:10qu'il avait quand même les feux de projecteur contre lui,
17:13peut-être aurait-il, je ne peux pas préjuger,
17:16mais en tout cas, il était hors de question de laisser cette personne
17:19comme ça dans la nature sans le convoquer
17:21et lui dire, voilà, vous avez une plainte contre vous.
17:24Nos équipes sont évidemment sur le terrain depuis plusieurs jours
17:27et tendent le micro aux habitants de la région
17:31qui sont absolument bouleversés,
17:32qui ont connu de près ou de loin la petite Liana.
17:37Et là, vous allez entendre un chauffeur de bus
17:38qui voyait régulièrement Liana
17:41et qui va s'effondrer en prenant la parole.
17:45Je pense que je suis une des personnes
17:48qui la connaît le mieux,
17:49comme je la transportais tous les jours.
17:51Et donc, voilà, ça me pesait de ne pas être interviewé
17:55et de ne pas pouvoir dire ce que je pensais de cette gamine
17:58très sympathique, très joviale,
18:00et qui me manquera beaucoup.
18:13Et je pense à ses parents
18:15que je voyais tous les jours, surtout son papa.
18:17Je lui faisais coucou tous les matins.
18:19J'arrivais, coucou papa, et sa fille montait.
18:24C'est horrible.
18:25Le siège de Liana,
18:26où elle se mettait tous les matins et tous les soirs,
18:29elle se mettait assise comme ça,
18:30s'attachait et on discutait de tout et de rien.
18:37Une fille éclatante, intelligente, gentille, polie.
18:43Que c'est triste, ça me fait tout drôle.
18:46D'ailleurs, j'aurais presque envie de prendre le siège
18:49et de le garder, pour moi, en souvenir.
18:52Ayant une pensée ce soir aussi,
18:54je ne sais pas s'il nous regarde,
18:56et saluons Gérald, évidemment,
18:59quand on entend son témoignage,
19:01on a envie de pleurer.
19:03Et il y a l'émotion, bien sûr,
19:04mais il y a une rage,
19:06il y a une colère
19:08qui est difficile à contrôler.
19:10Oui, parce que là, effectivement,
19:12on a vraiment cette impression
19:14à la fois d'un drame,
19:16mais d'un drame qu'on aurait pu éviter.
19:17C'est ce qui provoque cette colère.
19:19Olivier, combien de fois je vous ai dit
19:21est-ce que ce drame aurait pu,
19:23aurait dû être évité ?
19:24Oui, bien sûr.
19:24Je peux vous citer peut-être
19:2610, 20 affaires aussi dramatiques,
19:30avec des faillites aussi béantes
19:32que ce qui s'est passé cette semaine
19:34avec Liana.
19:36Est-ce que ce drame aurait-il pu,
19:37aurait-il dû être évité ?
19:39Malheureusement, cette formule-là,
19:41mais je vous assure,
19:42c'est désespérant.
19:43C'est désespérant.
19:44Mais comment ils peuvent se regarder
19:46dans une classe,
19:46tous ces politiques
19:47qui ont été incapables
19:48de faire bouger les choses ?
19:49Effectivement, je pense qu'aujourd'hui,
19:50on a vraiment quand même,
19:51la question des moyens,
19:52elle est quand même un peu centrale,
19:53parce qu'on a 160 000 signalements
19:55de violences sur mineurs par an.
19:58160 000.
19:59Donc, il faut bien comprendre
20:00que face à ça,
20:02on a aujourd'hui besoin
20:03de beaucoup plus d'enquêteurs
20:04que ce qu'on a aujourd'hui.
20:06On a besoin d'un vrai travail.
20:07Oui, mais Olivier,
20:08à ce moment-là,
20:09vous ne faites pas la promesse
20:11aux Français
20:12que c'est votre priorité absolue.
20:15Vous dites aux Français,
20:16il y a 160 000 à 200 000
20:18signalements par an,
20:20on est incapable de les traiter.
20:21Voilà, vous dites ça,
20:23ou sinon, vous dites,
20:24moi, je suis incapable,
20:25et puisque c'est ma priorité
20:25et que je ne peux rien faire,
20:26je prends mes valises
20:27et je m'en vais.
20:28Je suis incapable de le faire.
20:29On ne dit pas, justement,
20:30que parce qu'on a augmenté
20:31légèrement le budget,
20:32on a tout fait.
20:33Il y a encore un vrai travail à faire.
20:37Quand Emmanuel Macron dit
20:38je ne veux pas en entendre parler
20:39parce que j'ai fait le job,
20:40non, il n'a pas fait le job.
20:41Mais l'Enfant Bleu demande
20:42depuis des années
20:43que la protection de l'enfance
20:45soit grande cause nationale.
20:46Les enfants d'aujourd'hui,
20:48ce sont nos adultes de demain.
20:49Que deviendra notre société
20:50si on ne prend pas soin
20:52de nos enfants ?
20:53Enfin, c'est la moindre des choses.
20:54Mais alors,
20:55je voulais l'écouter
20:56un peu plus tard
20:57parce que, évidemment,
21:00certains pourraient vous répondre
21:01ah ben, il n'y a qu'à Faucon,
21:02il y en a beaucoup.
21:03Ce n'est pas ça
21:03et ce n'est pas aussi simple
21:05que vous l'imaginez.
21:06Merci, évidemment,
21:07que ce n'est pas aussi simple
21:08qu'on ne l'imagine.
21:08mais lorsque vous promettez
21:10des choses,
21:11lorsque pendant un débat
21:13d'entre-deux-tours
21:13en 2022,
21:15vous êtes candidat
21:17à la présidentielle,
21:18candidat à sa propre réélection
21:21et que vous dites
21:22pour les 40 dernières secondes,
21:23c'est vraiment
21:23la dernière phrase,
21:25la dernière promesse,
21:27ben,
21:27ma boussole,
21:28c'est les enfants.
21:29Ma boussole,
21:29c'est les enfants.
21:30et qu'on se retrouve
21:31avec cette situation
21:33cinq ans plus tard,
21:34ben,
21:35vous avez une responsabilité politique
21:37qui est immense
21:38dans cette situation.
21:39Bien sûr.
21:40Écoutez Emmanuel Macron.
21:43Les 40 dernières secondes
21:45qui me restent,
21:46je veux les consacrer
21:47à nos enfants.
21:49On a parlé de notre jeunesse
21:50qui a tant souffert
21:51pendant le Covid
21:51et, au fond,
21:53on se bat tous,
21:53chacun avec nos différences,
21:55nos sincérités
21:55pour nos enfants.
21:57Et moi,
21:58l'une des choses
21:58qui m'importe le plus,
21:59si les Françaises
22:00et les Français
22:00me font confiance,
22:01c'est de continuer
22:02à leur bâtir
22:02un monde meilleur
22:03à travers toutes les politiques
22:05que j'ai défendues,
22:06mais aussi de mieux les protéger.
22:08Et la protection de l'enfance
22:09sera au cœur
22:10des cinq années qui viennent.
22:12Leur solitude,
22:13parfois leurs doutes,
22:14leurs difficultés
22:15à vivre dans ce monde
22:16de plus en plus incertains,
22:17je crois,
22:17doivent être au cœur
22:19de nos combats politiques.
22:20Ce sera en tout cas
22:20au cœur du mien
22:21et de mon engagement.
22:22Je ne dirais pas qui,
22:23mais j'ai entendu
22:24autour du plateau
22:25quelqu'un dire
22:25« mon Dieu »
22:26en écoutant le président.
22:27Ben oui,
22:27c'est vrai.
22:28Vous imaginez ?
22:29Cinq ans plus tard ?
22:30Il se moque du monde.
22:32En fait,
22:33quand on regarde...
22:33Non,
22:33en tous les cas,
22:34je ne sais pas si...
22:34Je pense qu'il est convaincu
22:36de cela il y a cinq ans.
22:37Mais en revanche,
22:38si, évidemment,
22:40c'est une promesse qu'il fait,
22:41il veut s'engager là-dedans.
22:42Cinq ans plus tard,
22:43force est de constater
22:44malheureusement
22:44que la situation
22:46n'est absolument pas suffisante.
22:49C'est un fiasco généralement.
22:50Comme souvent avec Emmanuel Macron,
22:52il croit que parce qu'il l'a dit,
22:54ça a été fait
22:54et ça a changé les choses.
22:55Il a cette croyance
22:57dans la performativité
22:59de son expression,
23:01ce qui n'est malheureusement
23:01pas le cas.
23:02Il faut un peu plus d'enjeux
23:03et surtout beaucoup plus d'efforts.
23:05Aujourd'hui en France,
23:06pour donner quelques chiffres,
23:07il y a un enfant
23:07qui est victime d'inceste,
23:09de viol,
23:09d'agression sexuelle
23:10toutes les trois minutes.
23:1272% des affaires
23:13de pédocriminalité
23:14sont aujourd'hui
23:15classées sans suite.
23:16Donc,
23:16c'est toujours très intéressant,
23:18vous avez raison de le faire,
23:18de ressortir les archives,
23:20mais je maintiens
23:21malheureusement ce que j'ai dit.
23:22Emmanuel Macron
23:23est sur beaucoup de sujets,
23:25mais celui-là étant selon moi
23:26le plus grave,
23:26c'est pour ça que c'est
23:27d'autant plus grave,
23:28se moque du monde
23:29et en réalité,
23:29il a pris ce jour-là
23:30les Français
23:31pour des imbéciles
23:32étant donné que ça ne s'est
23:33absolument pas suivi
23:34de ses actes.
23:35C'est votre regard Hélène,
23:37je pense qu'il a peut-être
23:39à ce moment très précis
23:40la conviction
23:41qu'il pourra protéger
23:42les enfants,
23:43il a la conviction
23:44qu'il pourra les changer
23:45des choses,
23:46mais factuellement,
23:47c'est comme pour
23:48les places de prison,
23:49il avait promis
23:4915 000 places de prison,
23:50factuellement,
23:51elles n'y sont pas.
23:52Il avait promis
23:54100 % d'OQTF exécutés,
23:56force est de constater
23:57qu'on est entre 10 et 15 %.
23:59Force est de constater
24:00que quand vous n'exécutez pas
24:02des obligations
24:03de quitter le territoire français,
24:04vous pouvez vous retrouver
24:05parfois avec des drames absolus.
24:08C'est Lola
24:08et c'est Philippine.
24:10Donc quand vous êtes
24:13responsable politique,
24:14le mot responsable
24:15a, je l'espère,
24:16encore un sens parfois.
24:18Et c'est pour ça d'ailleurs
24:19que par exemple,
24:19vous avez un ministre
24:20de la justice qui a présenté
24:22ses excuses au nom
24:23de l'institution judiciaire.
24:25Et j'imagine que dans
24:27les couloirs des syndicats
24:28de magistrats
24:29et dans les couloirs
24:30des syndicats d'avocats,
24:32ça ne plaît pas à tout le monde
24:33parce qu'il y a une notion
24:34aujourd'hui,
24:36c'est une forme
24:36d'irresponsabilité
24:38dans le monde
24:38de la justice.
24:39C'est peut-être
24:40le seul secteur
24:41où quand vous avez
24:42une difficulté,
24:44un problème,
24:44une faute lourde,
24:45une faute grave,
24:46il n'y a pas de sanction.
24:47Bruno Retailleau...
24:48Vous êtes populiste,
24:48Elio Devin.
24:49Bruno Retailleau,
24:50il expliquait que
24:51le conseil supérieur
24:52de la magistrature,
24:53une sorte de conseil
24:54de discipline
24:54pour les magistrats,
24:55sur les 15 dernières années,
24:57c'est une sanction
24:58et c'est un blâme.
24:59Mais je crois rêver.
25:01On va en parler
25:01dans un instant
25:02parce qu'il veut
25:03créer une cour disciplinaire
25:04de la magistrature.
25:06Est-ce qu'aujourd'hui,
25:07les magistrats,
25:08lorsqu'ils font des fautes
25:10aussi lourdes,
25:11doivent rendre des comptes ?
25:12C'est la question
25:12qu'on va se poser.
25:13Comment la justice
25:15peut être responsable
25:16tout en restant indépendante ?
25:18C'est important,
25:18l'indépendance de la justice.
25:19C'est la question
25:20qu'on va se poser
25:21dans un instant.
25:21A tout de suite.
25:24On poursuit notre discussion
25:25après ce drame national
25:27et la mort de l'IANA,
25:29un scandale d'État
25:30qui fait réagir
25:31bon nombre de politiques
25:33et certains sont candidats
25:35à la présidentielle.
25:36Bruno Retailleau,
25:37l'ancien ministre
25:37de l'Intérieur,
25:39s'en prend à la magistrature.
25:40Il parle d'un naufrage
25:43judiciaire,
25:43abominable naufrage judiciaire.
25:46Il dit qu'il faut créer
25:47une cour disciplinaire
25:49de la magistrature.
25:51Aujourd'hui,
25:52en France,
25:52il n'y a pas de cour disciplinaire.
25:54Il n'y a qu'un conseil supérieur
25:55de la magistrature.
25:56C'est un naufrage
25:57de la justice
25:58qui appelle une révolution pénale.
26:00Ce que je propose,
26:01c'est de créer
26:01une cour disciplinaire
26:02de la magistrature
26:03à la place du conseil supérieur
26:05de la magistrature.
26:07C'est ce que vous voyez marqué
26:07avec CSM.
26:09Elle pourra être saisie
26:10par les citoyens,
26:11les supérieurs hiérarchiques,
26:13des magistrats en cause
26:14ou le ministre de la justice.
26:17Il veut complètement refonder
26:18aussi la composition
26:20de cette cour disciplinaire
26:23de la magistrature
26:24parce qu'il considère
26:25que le conseil supérieur
26:26aujourd'hui
26:27est bien trop corporatiste
26:31et qu'à travers les saisines,
26:33c'est lui qui le dit,
26:35par rapport aux saisines,
26:36des centaines de saisines
26:37de justiciables,
26:38mais sur les 15 dernières années,
26:39il n'y a eu qu'une sanction
26:40et c'était un blâme.
26:41Après, il y a eu un blâme
26:42et il y a eu d'autres sanctions
26:43en dessous.
26:44Il y a eu quelques autres sanctions
26:46disciplinaires
26:46qui sont de dons.
26:47Mais effectivement,
26:48quand on voit par exemple
26:49ce que fait l'IGPN
26:50pour la police,
26:51on est sur des...
26:52C'est ça qui est fascinant.
26:53C'est-à-dire que dans la justice
26:54aujourd'hui,
26:55il y a une irresponsabilité
26:57qui interroge tout le monde.
26:59Dans chaque secteur de vie,
27:01vous avez une responsabilité
27:03dans ce que vous faites.
27:05Si je dérape complètement...
27:07L'ARCOM ne vous ratera pas.
27:08Mais pas que l'ARCOM.
27:09Si je dis une horreur à l'antenne,
27:12ma direction peut me demander
27:15de rendre des comptes
27:16et me sanctionner.
27:18Donc, il y a évidemment
27:21une idée de la responsabilité,
27:23Amine Alcatmi.
27:23Vous avez l'IGPN pour la police.
27:26Un avocat doit rendre des comptes
27:27devant l'ordre des avocats.
27:28Un médecin qui commettrait une erreur
27:30doit rendre des comptes
27:31devant l'ordre des médecins.
27:32Donc, la quasi-totalité
27:34des professions doivent rendre des comptes
27:36sur l'exercice de la profession
27:37et rendre des comptes
27:38en cas d'incident ou d'accident.
27:41Et effectivement, les juges...
27:43Et il y a plein d'histoires
27:44dans lesquelles, vraiment,
27:45les décisions étaient incompréhensibles
27:47de gens qui ont été libérés.
27:49Et donc, on se dit
27:50que le juge d'application des peines
27:51qui a pris cette décision
27:52devrait à minima s'en expliquer.
27:54Et il ne s'en expliquera.
27:55Une chaîne d'irresponsabilité
27:57a conduit à la mort d'une enfant.
28:00Cet agresseur d'enfants multisignalés
28:01n'a jamais été entendu, explique-t-il.
28:04Il n'a jamais été inquiété
28:05alors que des violences sexuelles
28:06sur un autre enfant.
28:07La petite Rosa avait été constatée
28:09par le médecine légale.
28:10C'est un fiasco absolument total
28:13qui dépasse, bien entendu,
28:15la seule question des moyens.
28:17Les moyens ne doivent pas être
28:19le paravent derrière lequel
28:21l'institution cacherait sa faute.
28:24C'est l'ancien ministre de l'Intérieur
28:27qui parle, le candidat à la présidentielle,
28:29celui qui a osé exprimer une idée
28:32sur l'état de droit
28:34et qui s'est fait, mais attaqué
28:36au sein même du gouvernement,
28:38d'ailleurs, sur cette notion-là,
28:40Hélène Rouet.
28:41Oui, bien sûr, c'est très important.
28:42Je pense que Bruno Retailleau
28:43a 100% raison de par ailleurs
28:45demander sur ce sujet-là.
28:46Et pour rebondir ce que vous disiez,
28:48c'est d'ailleurs le combat
28:49de la Maman d'Elia.
28:50C'est-à-dire que maintenant,
28:50c'est le combat de sa vie.
28:52C'est de précisément faire en sorte
28:53que les magistrats rendent des comptes.
28:55Moi, je pense que c'est essentiel
28:56que les juges, même au-delà
28:57de rendre des comptes,
28:58même expliquent aussi parfois
28:59leur décision.
29:00Parce qu'on le voit,
29:01bon, là, dans l'affaire du périscolaire,
29:02en l'occurrence,
29:03ça n'est que des réquisitions
29:04pour l'instant.
29:04Mais quand on voit
29:05qu'avec les responsables directs,
29:0718 mois de prison avec sursis
29:08ou un an de prison ferme,
29:09on comprend qu'en réalité,
29:11il ne mettra jamais un pied en prison.
29:12Moi, j'attendrai, en fait,
29:13que les juges expliquent cette décision,
29:15la justifient notamment
29:16auprès des victimes.
29:17Pourquoi vous êtes allés
29:18dans ce sens-là ?
29:19Et en plus, évidemment,
29:20quand il y a des erreurs
29:21qui sont commises,
29:21comme vous avez mentionné
29:22avec l'interdiction précisément
29:23des deux personnes
29:24qui ont tué Elias,
29:26là, la justice doit rendre des comptes.
29:27Vous devez, je suis désolée,
29:28mais nommer qui a fait ça,
29:30qu'il y ait des sanctions véritables,
29:32qu'il soit radié.
29:32Je ne sais pas quelles sanctions
29:33il faudrait y réfléchir,
29:34mais c'est la raison pour laquelle
29:35je pense que la cour disciplinaire
29:36de Bruno Que propose
29:37Bruno Norteaillot
29:38est une très bonne idée.
29:39Mais sur l'affaire des émeutes,
29:40pardon, en 10 secondes,
29:41sur l'affaire des émeutes,
29:42quand vous voyez le coup
29:43entre les réquisitions du parquet
29:45et les décisions et les peines
29:46qui ont été effectivement
29:48prononcées à la fin,
29:49quand on voit l'émotion
29:50que ça suscite
29:51de se dire que quelqu'un
29:52qui a tiré au mortier
29:53contre un policier
29:54ne passera pas une nuit en prison,
29:56à minima, le juge
29:57qui a pris, le magistrat
29:58qui a pris cette décision
29:59devrait s'en expliquer.
30:01Voilà, les procureurs
30:02font des conférences de presse.
30:03Lorsqu'il y a des faits divers
30:05ou des faits de société,
30:06on peut imaginer
30:07qu'un juge fasse une conférence de presse
30:08pour expliquer sa décision.
30:10Mais vous n'imaginez pas
30:12le désarroi des forces de l'ordre
30:14qui ont vu 233 de leurs frères d'armes
30:18policiers et gendarmes
30:19blessés le week-end dernier
30:20où ils ont interpellé
30:22plus de 500 individus
30:24qui étaient en garde à vue
30:26et vous vous retrouvez
30:27avec trois personnes
30:29qui ont été condamnées
30:30à de la prison ferme.
30:31Mais ils se disent
30:33mais dans quelle société on vit ?
30:35Qu'est-ce qu'on va faire
30:35en mois de juin ?
30:36Mais c'est une incitation
30:37à ce qu'ils recommencent.
30:38Tout à fait.
30:39D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé.
30:40L'année dernière,
30:41c'était exactement le même traitement.
30:42Cette année, c'est pire.
30:43Oui, mais l'année dernière,
30:44c'était exactement
30:45le même traitement.
30:46Donc du coup, effectivement,
30:47impunité,
30:48donc permission de recommencer
30:50et l'année prochaine,
30:52ça sera encore pire
30:52s'il y a un troisième titre
30:53pour le PSG
30:54pour vous faire plaisir.
30:55Mais ça sera encore pire
30:56si on est le président
30:57à qui serait intraitable.
30:57J'en mets 203.
30:59Heureusement que le président
30:59de la République
31:00a dit qu'il serait intraitable.
31:01On écoute David Lissnard
31:03qui débattait
31:04cet après-midi
31:05avec Édouard Philippe.
31:07Il y avait un débat
31:08entre deux candidats
31:10à la présidentielle.
31:11David Lissnard
31:11qui a émis
31:12quelques propositions
31:13pour éviter
31:13que ces fiascos
31:14se reproduisent.
31:16Les parquets
31:17s'envoient
31:17des courriers postaux
31:18on peut.
31:20C'est-à-dire qu'il n'y a pas
31:21un dossier partagé numérique
31:23à la justice française.
31:25Dès qu'on arrive
31:26au pouvoir,
31:26dès que...
31:27Alors, je vous présente
31:28mes excuses
31:29parce que le son
31:31est absolument inaudible.
31:32Donc j'invite
31:33les personnes en régie
31:34à trouver
31:35les bons sons
31:36s'il vous plaît
31:37et nous éconterons
31:38David Lissnard
31:40un peu plus tard.
31:41Je voudrais qu'on revienne
31:42sur les fiascos
31:43judiciaires en règle.
31:44il est signé
31:45le sujet
31:45Alexis Prince.
31:49On voit le sujet
31:50donc ce que je disais
31:51c'est que le cas
31:51de Liana
31:52n'est pas
31:53un fait
31:55exceptionnel
31:56isolé.
31:58La mort de Liana
31:59laissa beaucoup
32:00l'impression
32:01d'un triste déjà vu
32:02celui d'un meurtre
32:03d'enfant
32:03que l'appareil judiciaire
32:05aurait pu permettre
32:05d'éviter.
32:06En l'occurrence
32:07les préconisations
32:08de Gérald Darmanin
32:09sur l'accompagnement
32:10des mineurs
32:11victimes d'agressions
32:11sexuelles
32:12n'auraient pas été suivies.
32:14Ça serait grave.
32:14C'est une forme
32:15de trahison
32:17par rapport
32:18à leur devoir
32:19de leur charge
32:20et en tout cas
32:21ça impliquerait bien
32:22d'examiner
32:22les responsabilités
32:24individuelles
32:25et fonctionnelles
32:25de la chaîne
32:27judiciaire.
32:28Des failles
32:28qui évoquent
32:29des affaires antérieures.
32:30Lina Delsart
32:31enlevée en 2023
32:32près d'une voie ferrée
32:33en Alsace
32:34et finalement retrouvée morte
32:35avait déposé
32:36deux ans plus tôt
32:37et sans lien
32:37avec sa disparition
32:38une plainte
32:39pour viol en réunion
32:40classée sans suite
32:42par le parquet.
32:43En 2022,
32:44le calvaire
32:45de la jeune Lola Davier
32:46torturée et tuée
32:47dans son propre immeuble
32:48à 12 ans
32:48posait cette fois
32:49la question
32:50d'une défaillance judiciaire
32:51du côté de la coupable.
32:53Dalia Benkired
32:53était frappée
32:54d'une OQTF
32:54au moment du meurtre
32:55et la liste est longue.
32:57On trouve pratiquement
32:58à 99,9% toujours
33:00à l'origine
33:01d'un homicide
33:03un motif
33:05pour lequel
33:05l'administration
33:07policière
33:07mais plus généralement
33:09pénitentiaire
33:10ou judiciaire
33:11a eu une responsabilité
33:12si cette faute
33:13ou ce dysfonctionnement
33:14n'avait pas eu lieu
33:16le meurtre,
33:17l'assassinat
33:17ou l'attentat
33:18de l'assassinat
33:18n'aurait peut-être pas eu lieu.
33:20L'enquête administrative
33:21diligentée par le ministre
33:23de l'Intérieur
33:23Laurent Nunez
33:24devra précisément
33:25établir des responsabilités
33:27au sein de la chaîne pénale.
33:29Je vous propose
33:29d'écouter Gérald Darmanin
33:30qui hier présentait
33:31ses excuses
33:32au nom de l'institution judiciaire
33:34à la famille
33:35et aux Français
33:36et il a employé
33:38cette formule
33:39qui sont terrifiées
33:40par cette succession
33:41de familles.
33:43L'institution judiciaire
33:45que je représente
33:46elle a pour but
33:47de protéger
33:47au nom du peuple français
33:48les Français
33:49et notamment
33:50les plus vulnérables
33:51et notamment
33:51les enfants.
33:53Et aujourd'hui
33:53l'institution judiciaire
33:54elle n'a pas su
33:55protéger cette petite fille.
33:56J'en tirerai
33:57toutes les conséquences
33:58et au nom de la justice
33:59comme ministre
34:00je veux présenter
34:01mes excuses
34:01à cette famille
34:03et aux Français
34:04qui sont légitimement
34:05choqués
34:06terrifiés
34:07de voir
34:08de telles défaillances.
34:10Dans le sujet précédent
34:11qu'on a vu
34:11Alexis Prince
34:13rappelait
34:14le drame
34:14de la petite Lola.
34:16Demain
34:16parce que
34:17il faut revenir
34:18sur les archives
34:19je remontrerai
34:20l'échange
34:21qu'il y avait eu
34:21à l'Assemblée nationale
34:22entre Marine Le Pen
34:23et Eric Dupond-Moretti
34:26à l'époque.
34:27Vous vous souvenez ?
34:28Vous faites du cercueil
34:29de Lola
34:29un marche-pied.
34:30Exactement.
34:31Vous avez
34:32après
34:32les responsabilités
34:34elles sont engagées
34:35et j'entends
34:36beaucoup de personnes
34:36dire
34:36mais il présente
34:38ses excuses
34:38il ne présente
34:39pas sa démission.
34:40Je préfère
34:41mais c'est très personnel
34:42un ministre
34:43qui présente
34:44ses excuses
34:45plutôt qu'un ministre
34:46qui nous parlait
34:47de sentiments
34:47d'insécurité
34:48et qui n'avait pas
34:50le courage
34:51de dire
34:53la racine carrée
34:54de ce que vient de dire
34:55Gérald Darmanin
34:55c'est un
34:56il y a un problème
34:57avec le système judiciaire
34:58et deux
34:59on présente nos excuses
35:00et d'ailleurs
35:00c'était d'abord
35:01on présente nos excuses
35:02et ensuite il y a un système judiciaire.
35:03Il n'y a pas
35:03chez M. Darmanin
35:05l'arrogance
35:05qu'il y avait
35:06chez son prédécesseur
35:07et il y a
35:08pardon
35:08ou le déni
35:09de l'échec
35:10il y a une lucidité
35:11chez Gérald Darmanin
35:12et certains pourraient vous dire
35:14pas tous les sujets
35:15par exemple
35:15Mathéo Kévin
35:16et la Ligue des Champions
35:17ça reste dans la mémoire
35:19des Français
35:19mais sur ce cas
35:21très précis
35:21je préfère
35:23un ministre
35:24qui vous dit
35:25je présente
35:26mes excuses
35:26au nom de l'institution
35:27plutôt
35:28que Eric Dupond-Moretti
35:30le ministre du Sentiment
35:31d'Insécurité
35:31qui avait cette formule
35:33que j'avais oubliée
35:34mais qui m'avait
35:35sidéré les Français
35:36lorsqu'on posait
35:37une question
35:38sur les faillites
35:38administratives
35:39et judiciaires
35:40concernant la petite Lola
35:43je voudrais vous lire aussi
35:45il parle de la loi
35:46Taubira
35:46Gérald Darmanin
35:47il dit
35:47le ministre de la Justice
35:48n'a plus le droit
35:49de donner des instructions
35:50individuelles aux magistrats
35:52qui sont indépendants
35:53il peut donner
35:54des instructions
35:55collectives
35:56appelées circulaires générales
35:57depuis mon arrivée
35:58au ministère de la Justice
35:59il y a un an
36:00j'ai donné
36:01et demandé
36:01à trois reprises au parquet
36:02de traiter en priorité absolue
36:04les plaintes
36:04pour des violences
36:05faites aux femmes
36:05et aux enfants
36:06ces instructions
36:06n'ont manifestement
36:07pas été suivies
36:08l'inspection
36:09qui rendra son rapport
36:10dans 15 jours
36:12définira
36:13les fautes commises
36:16il faut supprimer
36:17cette loi Taubira
36:17de toute urgence
36:18il faut appliquer
36:19le principe de précaution
36:21lorsqu'il s'agit d'un mineur
36:22c'est simple
36:23je crois qu'on ne doit pas
36:24traiter une plainte de mineur
36:26comme on doit traiter
36:27une plainte de majeur
36:28un enfant
36:29il ne peut pas se défendre
36:30tout seul
36:30il faut le traiter différemment
36:32alors je ne suis pas magistrat
36:33donc je ne sais pas
36:34comment le faire
36:35est-ce qu'il faut passer
36:35par la loi
36:36il doit y avoir
36:37une procédure différente
36:39lorsqu'il s'agit d'un enfant
36:40je rappelle que vous êtes
36:41la présidence
36:41de l'association
36:43l'enfant bleu
36:44ancienne vice-présidente
36:45du Sénat
36:46Amine El Capou
36:46en plus on est dans un pays
36:47qui croule littéralement
36:49sous les normes
36:50et la bureaucratie
36:51totalement absurde
36:52lorsque vous êtes agriculteur
36:54on vient vous enquiquiner
36:55sur la hauteur de vos haies
36:56et sur un sujet
36:57aussi primordial
36:58où précisément
36:59on aimerait qu'il y ait
37:00des règles
37:00des normes
37:01de l'encadrement
37:02et de la bureaucratie
37:03c'est-à-dire protéger
37:04nos enfants
37:04et bien on ne le fait pas
37:05non mais il y en a trop
37:06justement
37:06parce qu'en fait
37:07un des vrais problèmes
37:08qu'il y a eu
37:10ça prend du temps
37:11de magistrats
37:11ça prend du temps
37:12d'enquêteurs
37:12c'est qu'on a augmenté
37:13toutes les règles
37:14de procédure
37:15qu'on a augmenté
37:16toutes les dispositions
37:18bureaucratiques
37:18et qu'effectivement
37:19aujourd'hui
37:19que ce soit la justice
37:20ou encore pire
37:21les enquêteurs
37:21ils le disent tous
37:22ils passent un temps fou
37:23à regarder
37:24mais là le fait
37:24qu'il n'ait pas été placé
37:25en garde à vue
37:25c'est pas une histoire
37:26de bureaucratie
37:27ou de normes
37:27c'est en partie
37:29c'est parce qu'effectivement
37:30en partie
37:31parce que justement
37:31tout devient très compliqué
37:33tout doit être justifié
37:34un mois pour enregistrer
37:36la plainte
37:36un mois pour désigner
37:37un magistrat
37:38pour qu'en fait
37:38finalement
37:38ils donnent l'enquête
37:40à la brigade territoriale
37:40et donc même
37:40les moyens
37:41qu'on rajoute
37:42sur la justice
37:43si en même temps
37:44on rajoute
37:44des contraintes
37:45administratives
37:45en fait finalement
37:46on arrose le désert
37:48parce qu'il va falloir
37:49aussi simplifier
37:50et la loi Tobira
37:52fait partie des choses
37:53mais il y en a plein
37:54aujourd'hui
37:54le vrai problème
37:55des enquêteurs
37:56c'est que la procédure
37:57est de plus en plus lourde
37:59et donc si on veut
38:00donner du temps d'enquête
38:01il faut aussi simplifier
38:02le travail des enquêteurs
38:03et simplifier le travail
38:04des juges
38:06et des procureurs
38:07aussi
38:07la dernière question
38:08qu'on peut se poser
38:10puisque vous apportez
38:10chacun des solutions
38:12pour éviter que ce drame
38:13se répète
38:14malheureusement
38:14l'actualité a montré
38:16que des faillites
38:20judiciaires
38:21sécuritaires
38:22se multiplient
38:23ces derniers mois
38:24mais est-ce qu'on peut
38:25imaginer
38:26et cette formule
38:28est parfois insupportable
38:29un avant
38:30et un après
38:30vous savez
38:31on avait promis
38:31un avant
38:32et un après
38:32Samuel Paty
38:33il y a eu Dominique Bernard
38:34et on voit
38:35à quel point
38:36aujourd'hui
38:36il est difficile
38:37pour les professeurs
38:37de faire court
38:39et certains
38:40s'autocensurent
38:41est-ce qu'aujourd'hui
38:43le drame
38:44qui a frappé
38:45la France
38:46avec la mort
38:47de l'IANA
38:47aura des conséquences
38:49directes
38:49pour les élections
38:50présidentielles
38:51dans un an
38:52est-ce qu'on y pensera
38:54lorsqu'il y aura
38:56cette campagne
38:57on y est encore loin
38:58bien sûr
38:58je pense qu'à minima
39:00les candidats
39:01à l'élection
39:01vont se positionner
39:03on parlait
39:03de David Lissnard
39:04tout à l'heure
39:04il a débatté
39:06à Taverni
39:06à l'invitation
39:07de Florence Portelli
39:08il a émis des propositions
39:10qui pour le coup
39:10étaient intéressantes
39:11d'ailleurs il se trouvait
39:12face à Edouard Philippe
39:13qui était un peu gêné
39:14puisqu'il lui a rappelé
39:15qu'il était
39:16d'une certaine manière
39:17comptable du bilan
39:18puisqu'il a été
39:18premier ministre
39:19d'Emmanuel Macron
39:20mais David Lissnard
39:22tout à l'heure
39:22a questionné
39:23le fonctionnement
39:24de l'ENM
39:24l'école nationale
39:25de la magistrature
39:26en remettant même
39:27en cause
39:28éventuellement
39:28son existence
39:29il a évoqué
39:30la question
39:31de la syndicalisation
39:32des magistrats
39:33en disant
39:33pourquoi est-ce que
39:35les militaires
39:36n'ont pas le droit
39:36d'être syndiqués
39:37et les juges
39:38qui rendent précisément
39:39la justice au nom
39:40du peuple français
39:41peuvent être syndiqués
39:42et ce syndiqué
39:43c'est être militant
39:44donc cet engagement-là
39:46peut venir heurter
39:47la décision qui est rendue
39:48ou encore
39:49la question
39:50de la responsabilité
39:50des juges
39:51donc c'est des sujets
39:51qui seront au cœur
39:52de la prochaine présidence
39:53je vous avais
39:55je le disais
39:55plus de 6 français
39:57madame Isabelle Debré
39:58oui je voulais juste
39:59dire que l'enfant bleu
40:00fait toujours
40:01à chaque élection
40:02présidentielle
40:02fait des propositions
40:04qu'elle envoie
40:05à tous les candidats
40:06et on l'avait fait
40:07la dernière fois
40:08certaines de ces propositions
40:09ont été reprises
40:10et en 2023
40:12nous avons édité
40:13nous avons publié
40:14notre deuxième livre blanc
40:15avec 23 propositions
40:16et dans une des propositions
40:18était justement
40:20que dès qu'un enfant
40:21portait plainte
40:22il fallait immédiatement
40:23instruire
40:24c'était très important
40:25je pense qu'aujourd'hui
40:26je sais que certains candidats
40:28ont déjà fait appel
40:29à l'enfant bleu
40:30nous allons aller les rencontrer
40:31nous allons leur
40:32faire part de notre expérience
40:34de terrain
40:35et nous allons leur donner
40:36nos propositions
40:37la question que je me posais
40:38c'est que
40:39vous dites
40:39ça fait plus de 30 ans
40:40que je suis
40:41au sein de cette association
40:43vous êtes désormais
40:44la présidente
40:44de l'enfant bleu
40:45le périscolaire
40:46parce que c'est là aussi
40:48une faillite sécuritaire
40:49une faillite judiciaire
40:50une incapacité
40:51à entendre
40:52la parole des enfants
40:53on s'en souvient
40:55que le maire
40:55du 6e arrondissement
40:56dès 2015
40:58alerté sur des premiers
41:00signalements
41:00d'agression sexuelle
41:01est-ce que vous
41:02ces dernières années
41:03vous aviez eu
41:05vent d'agression
41:07de violences
41:08physiques ou sexuelles
41:09sur les enfants
41:10dans le périscolaire
41:11à Paris
41:12à Paris
41:13spécialement
41:14pas forcément Paris
41:15mais bien sûr
41:15nous avons des plaintes
41:16nous avons des signalements
41:18régulièrement
41:19malheureusement
41:20aujourd'hui
41:21mais quand on voit
41:22l'ampleur du scandale
41:23on se demande
41:24mais comment se fait-il
41:25que personne n'ait vu
41:26ce qui était en train
41:27de se passer
41:28c'est bien le problème
41:29et c'est bien le problème
41:30que c'est bien de dire
41:31la justice etc
41:32mais moi je voudrais
41:32faire aussi appel
41:33à nos concitoyens
41:34il faut que tout le monde
41:35aussi
41:36ouvre les yeux
41:37alors après le Covid
41:38nous avons remarqué
41:39à l'enfant bleu
41:40que beaucoup
41:41de nos concitoyens
41:42ont pris conscience
41:43du rôle qu'ils pouvaient jouer
41:44sur la protection de l'enfance
41:45c'est-à-dire ouvrir les yeux
41:47regardez ce petit garçon
41:48qu'on a retrouvé
41:49dans le camion
41:49c'est une personne
41:50qui a alerté
41:51c'est un voisin
41:52donc beaucoup
41:53aujourd'hui
41:54arrivent à ouvrir les yeux
41:55et à alerter
41:56le problème
41:57c'est qu'ils ne savent pas
41:58où aller
41:59ils ne connaissent pas
42:00alors bien sûr
42:00je vais reparler du 119
42:02je vais parler de l'enfant bleu
42:03où il y a un numéro de téléphone
42:04mais une fois qu'ils ont
42:05cette information
42:06et qu'ils veulent parler
42:07ils ne savent pas toujours
42:08quoi faire
42:09donc il ne faut pas
42:10s'ils n'ont pas envie
42:11de voir la police
42:12parce qu'eux
42:12ils ont peur
42:13voilà
42:13des éventuels représailles
42:15ce qui est ridicule
42:17il faut savoir aussi
42:18qu'aujourd'hui
42:19vous avez l'obligation
42:21de signaler
42:21vous risquez
42:23une peine de prison
42:24et vous risquez
42:25jusqu'à 75 000 euros
42:26d'amende
42:26c'est l'article 434-3
42:29du code pénal
42:30aujourd'hui
42:31vous avez
42:31l'obligation
42:32de signaler
42:33mais quand je vous dis
42:35que c'est une histoire
42:35sans fin
42:36avec des hiérarchies
42:38bien évidemment
42:39dans la gravité
42:41des faits
42:42et on va passer
42:43sur un autre sujet
42:45mais qui rejoint
42:45la faillite judiciaire
42:47la faillite administrative
42:48et encore une fois
42:49ayant une pensée
42:50pour la famille
42:51de Liana
42:52pour tous les habitants
42:53du Gers
42:53et on suivra
42:55bien sûr
42:55sur les antennes
42:56de Seigneuse
42:57la marche blanche
42:58à 15h
42:59pour la petite Liana
43:01c'est une information
43:02qui a été relayée
43:03moi je l'ai vue nulle part
43:04sauf chez nos confrères
43:05de Valeurs Actuelles
43:06chercher l'erreur
43:07vous avez une étudiante
43:08de 18 ans
43:09qui souhaite aller
43:10à Roland-Garros
43:1018 ans
43:12elle est dans
43:12les transports en commun
43:14à Paris
43:15elle va être agressée
43:16sexuellement
43:17et Frontière
43:18l'a republiée
43:19elle va être
43:21agressée sexuellement
43:22il va être l'individu
43:24pris en flagrant délit
43:25par des policiers
43:26en civil
43:27c'est un Pakistanais
43:28sous le coup
43:29déjà d'une OQTF
43:31condamné donc
43:33pour les faits
43:34qui lui sont reprochés
43:35actuellement
43:35mais il avait déjà
43:36été condamné
43:37en 2021
43:39qu'est-ce qu'il fait
43:40encore chez nous
43:41qu'est-ce qu'il fait
43:42encore sur notre sol
43:43qui est responsable
43:45qui est responsable
43:47de laisser
43:48cet individu
43:49qui a donc
43:50agressé
43:51et condamné
43:51en 2021
43:53agressé
43:53de nouveau
43:54une gamine
43:55de 18 ans
43:56qui allait tranquillement
43:57à Roland-Garros
43:58qu'est-ce qu'il fait
43:59encore sur notre sol
44:00qui est responsable
44:01de ne pas avoir
44:02exécuté
44:03cette fameuse
44:04obligation
44:04de quitter
44:05le territoire français
44:05c'est le même sujet
44:07avec des degrés
44:08bien sûr différents
44:09effectivement
44:10c'est le même sujet
44:10et les OQTF
44:11on en a beaucoup parlé
44:12mais là
44:13on voit bien
44:13effectivement
44:14qu'il y a
44:15une responsabilité
44:15administrative
44:16juridique
44:17et puis il y a
44:17une responsabilité
44:18aujourd'hui
44:19de bras de fer
44:20diplomatique
44:21parce que très souvent
44:22c'est parce qu'on n'a pas
44:22les moyens
44:24de les renvoyer
44:25chez eux
44:25parce qu'on n'a pas
44:26les laissé passer
44:27diplomatique
44:27mais là
44:28il faut vraiment
44:29une fermeté
44:30beaucoup plus
44:31de fermeté
44:31parce qu'on ne peut pas
44:32continuer comme ça
44:33on voit bien
44:34que petit à petit
44:35en érodant
44:37la confiance des français
44:38on risque d'avoir
44:39des choses
44:40de plus en plus graves
44:41et des français
44:41qui vont finir
44:42par se faire justice
44:43eux-mêmes
44:43parce qu'ils n'ont plus
44:44du tout confiance
44:44dans la justice
44:45pour rendre justement
44:46et les protéger
44:47vous imaginez
44:48vous allez à Roland-Garros
44:49vous êtes tranquillement
44:51en train d'aller
44:51vous avez 18 ans
44:52et vous vous faites
44:53agresser sexuellement
44:54dans le métro
44:56il y a eu une intervention
44:56heureusement
44:57qui a eu l'intervention
44:59des services
45:00de sécurité
45:00de police
45:02rapidement
45:02Hélène Roux
45:04alors là par exemple
45:05ce sujet
45:05est-ce qu'il va être
45:06pris en compte
45:06est-ce qu'on va en parler
45:07c'est aussi ça
45:08le déni médiatique
45:10dans lequel on vit
45:11dans ce système
45:12où il y a des cas
45:14qu'il faut traiter
45:14et il y a des cas
45:16qu'il ne faut pas traiter
45:16l'affaire Betaram
45:18a été sur-médiatisé
45:20le périscolaire
45:21à Paris
45:22c'est plus difficile
45:23visiblement
45:23de le traiter
45:24l'affaire Lola
45:26interdiction formelle
45:27de revenir
45:28sur ce scandale absolu
45:29c'est-à-dire
45:30la non-exécution
45:31de l'obligation
45:32de quitter
45:32le territoire français
45:33et en revanche
45:35aujourd'hui
45:36tant mieux
45:38tant mieux
45:38que les médias
45:39se réveillent
45:40et parlent
45:41des faillites judiciaires
45:42dans le drame
45:43de la petite Liana
45:45la région fait beaucoup
45:46sur les violences
45:48notamment dans
45:49les transports en commun
45:50et la sécurité
45:51la région Île-de-France
45:51si je t'abuse
45:52la région Île-de-France
45:53est très mobilisée
45:54sur la question
45:54des violences
45:55sexistes et sexuelles
45:57dans les transports
45:58en commun
45:59via Île-de-France
45:59mobilité
46:00la région soutient
46:01aussi le travail
46:03d'Isabelle Debré
46:04et l'Enfant Bleu
46:05et effectivement
46:06c'est une priorité
46:07de Valérie Pécresse
46:09souvenez-vous
46:10le fiasco précisément
46:11ça rejoint le métro
46:13et ça rejoint la personne
46:13sous OQTF
46:14vous souvenez de ce monsieur
46:15qui s'était baladé
46:16dans le métro
46:17et qui avait à trois stations
46:18différentes
46:18avait asséné trois coups de couteau
46:19à trois femmes différentes
46:20je m'en souviens
46:21et vous vous rendez compte
46:22à Hidalgo
46:22c'était même pas rendu sur place
46:23non mais non seulement ça
46:24mais surtout
46:25on s'était rendu compte
46:25après qu'en fait
46:26il avait un passeport français
46:27on ne sait même plus
46:28qui est sur le territoire
46:29on pensait qu'il avait une OQTF
46:31on s'est rendu compte
46:31qu'il était français
46:32ça n'a aucun sens
46:33aujourd'hui on a complètement
46:34on lui avait délivré une OQTF
46:35alors qu'il avait un passeport français
46:36alors qu'il avait un passeport français
46:38mais vous avez entièrement
46:39effectivement c'est le problème
46:40de démocratisation
46:41et de tout ça
46:42effectivement il y a un moment
46:42on s'y perd
46:43mais sur le périscolaire
46:44et le scandale du périscolaire
46:46vous avez entendu une réaction
46:47d'Anne Hidalgo ?
46:48parce que moi je l'ai vu
46:48aux Etats-Unis
46:49faire un discours à l'université
46:51je ne l'ai pas vu sur ce sujet
46:51là on ne peut pas dire
46:52qu'il faut effectivement
46:53que les gens parlent
46:54mais il faut qu'ils soient écoutés
46:55parce qu'en 2015
46:56il y a le maire du 6ème
46:58mais il y a surtout
46:58un rapport de l'inspection
47:00générale des services
47:00de la ville de Paris
47:01qui va étayer concrètement
47:06il y a déjà un rapport
47:07il y aura une commission d'enquête
47:08je ne doute pas
47:10qu'Anne Hidalgo sera interrogée
47:1220h50 sur CNews
47:14et évidemment l'actualité
47:15aujourd'hui
47:15c'est la disparition
47:16de la première
47:18des premières dames
47:19même si le statut
47:20n'existe pas en France
47:21elle l'a créé
47:22elle a peut-être créé
47:23ce statut-là
47:25Bernadette Chirac
47:25elle nous a quittés
47:26à l'âge de 93 ans
47:28figure évidemment
47:30marquante de la vie politique
47:31parce qu'elle a été élue locale
47:32en Corrèze
47:33réélue à de nombreuses reprises
47:36ils ont eu
47:37ça a été un mariage
47:38c'est 63 ans de mariage
47:40avec Jacques Chirac
47:42qui nous a quittés
47:42lui en 2019
47:43je vous propose
47:44juste une archive
47:45c'est Bernadette Chirac
47:47qui revient sur
47:48la prétention
47:49des politiques
47:50écoutez
47:51ce que je crois aussi
47:53c'est que
47:53on n'est pas malade
47:55mon beau-père
47:56était comme ça
47:57on n'est pas malade
47:58on tient le coup
47:59et vous êtes comme ça aussi
48:00j'imagine
48:01non
48:01les femmes sont différentes
48:03quand même
48:04les femmes sont quand même
48:05pas faites comme les hommes
48:07vous avez une réputation
48:08de tenue
48:09par exemple
48:09j'avais très peur de vous
48:11moi j'avais peur de vous
48:14l'expérience
48:14vous a appris quoi ?
48:18peut-être un peu
48:18l'humilité
48:20parce qu'en politique
48:21c'est rare
48:23les hommes politiques
48:24en général
48:24sont très contents d'eux
48:27et c'en est ridicule
48:29donc parfois
48:30je me suis bien amusée
48:31d'assister à certains spectacles
48:33ou d'entendre
48:34même à la radio
48:35certaines remarques
48:36l'humilité
48:38et puis
48:40on va dire
48:41l'honnêteté intellectuelle
48:44la franchise
48:45vous dites
48:46je me suis amusée
48:47c'est l'impression
48:48que vous donnez souvent
48:49observer
48:50la curiosité
48:51il faut rire un peu
48:51on ne peut pas toujours avoir
48:53une tête
48:54un visage sinistre
48:56j'espère qu'on a
48:57malheureusement
48:58malgré l'actualité
48:59on n'a pas cet air sinistre
49:01il est 20h52
49:03merci à tous les quatre
49:04pour la préparation
49:05de cette émission
49:06et d'être venu ce soir
49:07dans un instant
49:08c'est face à Michel Onfray
49:10à demain
49:101
49:101
49:121
49:121
49:122
49:131
49:131
Commentaires