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  • il y a 3 semaines
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:02De retour dans BFM Grand Soir, soyez les bienvenus. L'autre grande info de ce vendredi concerne Patrick Bruel.
00:08Patrick Bruel qui décide d'annuler ses concerts prévus dans les festivals d'été, 24 heures après avoir accepté d
00:14'annuler sa participation aux Enfoirés l'an prochain d'un commun accord, nous dit-on avec la direction.
00:18La pression a été trop forte visée par des enquêtes pour viol. Patrick Bruel a donc décidé d'annuler sa
00:24participation.
00:25Chanteur toujours présumé, innocent, précisons-le, actuellement visé par au moins une trentaine de témoignages, au moins huit plaintes, quatre
00:32enquêtes pour viol en France et une enquête judiciaire pour agression sexuelle, cette fois en Belgique.
00:36Et voici comment la société 14 Productions, société gérée par Patrick Bruel, justifie les raisons de cette annulation.
00:43Plusieurs organisateurs, nous dit-on, de festivals, ont rapporté subir des pressions et être empêchés dans l'organisation sereine de
00:49leurs événements.
00:50Nous ne souhaitons en aucun cas exposer, ni les organisateurs, ni le public, à un climat de tension.
00:57Beaucoup de pression, disait Nicolas Béart autour de Patrick Bruel, qui est toujours au théâtre en ce moment.
01:03La pièce a pu être perturbée. On le verra dans un instant. C'était beaucoup de pression autour de ces
01:08concerts qui devaient avoir lieu.
01:09On parle de combien de concerts annulés ?
01:11On parle d'une quinzaine de dates. Il faut aussi rajouter les trois dates qu'il devait faire au Cirque
01:16d'Hiver, à partir du 16 juin.
01:18Et là, il annule donc, par un communiqué, vous l'avez dit, de sa société de production, toute sa série
01:24de festivals qui allaient l'occuper de juin jusqu'au mois de septembre.
01:28Il devait être à Salon de Provence, il devait être à Vaison-la-Romaine, à Salon-Rod-du-Var, à
01:31Saverne, à Toulon, à Julouville aussi, à Pau également.
01:34Il était la tête d'affiche à chaque fois de ces festivals.
01:36Oui, oui, oui. Donc ça va être aussi des pertes financières, évidemment, pour Patrick Bruel.
01:40À noter également que c'est Nagui aussi qui lâche aussi, parce que dans les candidats de N'oublions pas
01:46les paroles,
01:47les émissions sur le service public ne diffuseront plus, ne chanteront plus sur les chansons de Patrick Bruel.
01:53Marine Turquie, avant qu'on rejoigne le maire de Saverne, un festival, les Alpagas Bleus, qui justement est impacté, on
02:01lui posera la question, c'est inédit, nous disait le directeur de ce festival.
02:03Vous, vous recueillez un peu la parole des plaignantes depuis 2018, je crois que c'est une enquête au long
02:10cours que vous faites, et vous continuez à la poursuivre.
02:13Est-ce que vous avez déjà des réactions ? On parlera de sa non-participation aux enfoirés dans un instant,
02:17mais est-ce que vous avez déjà des réactions ce soir par rapport à ces annulations ?
02:20Vous savez, les 25 femmes qui ont parlé dans Mediapart, elles sont tétanisées depuis des années ou des mois pour
02:27certaines.
02:28Elles ont beaucoup hésité à parler, elles se sont dit qu'elles avaient tout à perdre, et donc je pense
02:32que là, elles ont l'impression que la société les entend.
02:34Pourquoi la société ? Parce que la justice s'est saisie, après nos révélations, d'une partie des choses, puisque
02:39la procédure de 2019 est rouverte,
02:42puisque des femmes qui ont témoigné en Mediapart...
02:43C'est la procédure des masseuses, c'est ça ?
02:44La procédure des masseuses qui avait été classée sans suite en 2020, il y avait 9 femmes qui s'étaient
02:49manifestées auprès de la justice,
02:508 en se disant victimes, 1 en se disant témoin. Une grande procédure.
02:55Certaines femmes ont témoigné dans Mediapart, la justice se saisit, vous l'avez dit tout à l'heure, dans une
03:00grande procédure qui est au parquet de Nanterre.
03:02Mais la société aussi, elle s'est emparée de nos révélations, un certain nombre de collectifs, citoyens, féministes, se sont
03:07emparés de tout ça.
03:08Nous, on a fait notre travail d'information et aujourd'hui, je vois qu'il est entendu, les gens s
03:13'en saisissent.
03:14Effectivement, ces femmes, elles sont, je pense, dans l'idée qu'aujourd'hui, on les entend.
03:18Et il y a une réaction, effectivement, qui est l'annulation de ces concerts et de ces festivals.
03:23On va en parler tout de suite, puisqu'on est en ligne avec le maire de Saverne, dans le Barin,
03:27Stéphane Leyenberger.
03:28Bonsoir, merci d'avoir accepté de témoigner sur le plateau de BFM Grand Soir.
03:33Il y a un festival qui devait se tenir chez vous, les Alpagas Bleus.
03:36C'était le 18 juillet prochain dans le cadre magnifique du château des Rohan.
03:40Patrick Bruel était la tête d'affiche de ce festival.
03:42Et vous mettiez en garde contre une éventuelle annulation, parce que ça voulait dire aussi pour vous des grosses conséquences
03:48financières.
03:49Oui, alors c'est d'abord trois jours de festival et Patrick Bruel était l'une des trois têtes d
03:54'affiche, bien sûr.
03:54Et effectivement, pour nous, petit festival de province, il n'était pas pensable que nous annulions de notre côté,
04:03parce que ça aurait véritablement signé l'arrêt de mort financier de ce festival.
04:09C'est quelque chose, dit Dendy. On a discuté avec Pascal Rille un peu plus tôt dans la journée,
04:14qui nous disait que ça a impacté pas mal sa société de production qui s'appelle Production.
04:19Qu'est-ce qu'il vous a dit, lui, concernant cette annulation ?
04:22Et est-ce que ce jour, ce samedi 18 juillet, était complet, était sold out ?
04:27Alors d'abord, la ville de Saverne et Production travaillent ensemble, main dans la main,
04:32depuis trois éditions de ce festival.
04:35Donc on est parfaitement sur la même longueur d'onde.
04:37Et toutes les décisions, on les prend ensemble.
04:40Alors bien sûr que ça impacte à la fois la partie privée,
04:43qui est le producteur ou le coproducteur du festival,
04:46et la ville de Saverne.
04:49Alors c'est quelque chose d'important pour nous.
04:54Et c'est sûr que l'impact est important.
04:57L'impact, il était important dans la mesure où aujourd'hui,
05:02on avait un certain nombre de pressions sur ce dernier jour du festival.
05:07Aujourd'hui, il est important différemment,
05:09puisqu'il va falloir qu'on trouve une nouvelle tête d'affiche,
05:12parce que notre volonté, c'est bien que le festival se tienne sur trois jours.
05:15– Vous dites des pressions, c'est-à-dire qu'il y avait quoi ?
05:18Des administrés qui vous disaient que ce n'était pas normal de recevoir Patrick Bruel
05:21et qui vous demandaient, vous-même, d'annuler ce festival ?
05:25Ou en tout cas, la venue du chanteur ?
05:27– La pression des Savernois, elle n'était pas spécialement là.
05:31Ils étaient dans l'attente, dans l'interrogation, comme on pouvait tous l'être.
05:34C'est plus la pression médiatique, il faut le dire,
05:38qui s'exerce sur l'ensemble, sans doute, des festivals.
05:42Et puis il y a un certain nombre de discussions qu'on a pu avoir.
05:44Mais je dois dire que toutes les personnes qui prônaient la déprogrammation de Patrick Bruel
05:50vis-à-vis des organisateurs que nous sommes étaient dans le dialogue
05:54et dans quelque chose de plutôt constructif.
05:56– Monsieur le maire, ils vous disent quoi, vos concitoyens, les Savernois,
06:00s'ils sont partagés sur cette affaire Patrick Bruel ?
06:02Quelles sont leurs réactions ? Est-ce qu'ils vous en ont parlé ?
06:05– Ils veulent surtout qu'on puisse avoir un beau festival,
06:09une belle fête avec de beaux artistes.
06:11C'est ce qui les préoccupe le plus.
06:13Alors bien sûr, un tel contexte fait que l'on peut se réjouir
06:19ou que l'on ne peut pas se réjouir de la même manière.
06:22Donc sans doute que la décision qu'a prise Patrick Bruel
06:26va nous aider à mieux vivre ce festival
06:29et à nous lâcher pleinement comme on a envie.
06:31Parce qu'un festival, c'est d'abord le vivre ensemble,
06:35c'est d'abord la fête et c'est ce qu'ont envie de faire les Savernois.
06:37– C'est aussi un festival des têtes d'affiche.
06:39Vous dites qu'on va tenter de remplacer Patrick Bruel.
06:41On sait que les artistes sont bookés plusieurs mois à l'avance.
06:46Ça ne va pas être facile.
06:47Est-ce que ça peut avoir des conséquences financières pour vous ?
06:50Je ne sais pas, des gens qui ont réservé les billets,
06:52qui vous demandent un remboursement par exemple.
06:53– Alors on a déjà Soprano qui est complet,
06:56on a Stéphane Echer, Matt Mata qui sont quasiment au complet.
06:59On avait le soir de Patrick Bruel
07:01où on n'avait pas tout à fait encore rempli la jauge,
07:04mais on allait la remplir.
07:05Alors bien sûr que si on n'arrivait pas à le remplacer,
07:08ça pourrait avoir un certain nombre de conséquences.
07:12Mais moi j'ai confiance et je suis sûr qu'on arrivera à se mobiliser
07:15et proposer non pas deux, mais bien trois jours de festival
07:18avec l'état d'esprit Alpaga bleu.
07:21– Monsieur le maire, il y a peut-être un événement
07:22qui explique aussi la décision de Patrick Bruel.
07:25On va vous le montrer en image.
07:26C'est cet événement mercredi soir au théâtre Édouard VII à Paris.
07:30L'interruption au bout de dix minutes de la pièce par le collectif Nous Toutes.
07:35Est-ce que vous, vous craignez ce qu'il s'est passé la mercredi soir ?
07:39Est-ce que c'est ça aussi dont vous nous parlez
07:41quand vous nous dites pression, pression médiatique ?
07:44Et pourtant ces femmes s'expriment quand même.
07:46– On s'y préparait potentiellement,
07:48mais je crois qu'on ne peut pas comparer des événements
07:50qui ne sont pas comparables.
07:51Si vous êtes dans un festival avec 5-6 000 personnes
07:54et que vous en avez 5-6 qui manifestent,
07:57peut-être qu'il aurait fallu les laisser manifester.
08:00Je ne sais pas, ce n'était pas de la crainte,
08:01c'était simplement la volonté qu'on puisse rester
08:05dans un esprit familial, convivial.
08:07Et c'est important, vous savez, dans nos régions,
08:10on a besoin de savoir se retrouver, faire la fête.
08:13Et c'est sûr que les événements de ces dernières semaines
08:16sont venus un peu gâcher l'enthousiasme.
08:18Aujourd'hui, on le retrouve et puis j'ai vraiment bon espoir
08:22qu'on puisse construire quelque chose de beau.
08:24– Merci Stéphane Leyenberger, merci M. le maire
08:26d'avoir accepté de nous parler quelques minutes
08:29juste après l'annonce de l'annulation de tous les concerts
08:33prévus cet été dans les festivals de Patrick Bruel.
08:36Laurent Valdiquier, la pression autour de Patrick Bruel
08:39était devenue trop forte ?
08:40– La pression était… Depuis les révélations de Mediapart,
08:43il s'est passé quelque chose d'inédit,
08:46c'est que la justice s'est mise en ordre de bataille.
08:49Laure BQO, la procureure de Paris, elle est venue dire
08:51« bon, on va réexaminer les dossiers ».
08:53– Et depuis la plainte de Flavie Flamand, peut-être aussi,
08:55ça a peut-être donné un coup d'accélérateur, non ?
08:56– Alors, il y avait dans les révélations de Mediapart
08:58la plainte de Flavie Flamand.
09:00Ça, ça a tout changé.
09:02Et comme ça a tout changé,
09:05Patrick Bruel, le tic-tac de sa convocation
09:09s'est enclenchée ce jour-là.
09:12Et pour deux raisons au moins,
09:14il était face à une décision urgente.
09:16La première, c'est une décision d'image.
09:19Parce qu'en réalité, il est au théâtre en ce moment.
09:21Au théâtre, il joue un rôle.
09:25Le rôle de sa pièce, du personnage de sa pièce,
09:27qui pourrait être joué par quelqu'un d'autre.
09:28Mais il joue un rôle.
09:29Là, sur scène, il joue Patrick Bruel.
09:32Et Patrick Bruel, qu'est-ce qu'il fait dans la vie ?
09:34Il chante des chansons d'amour.
09:37Donc, ce Patrick Bruel chantant des chansons d'amour,
09:40ce n'était pas compatible du tout
09:42avec ce que ces 25 femmes ont dit.
09:44D'abord sur Mediapart, devant les juges,
09:47dans les autres journaux, Nouvelle Obs, à l'aile, etc.
09:50Et en réalité, ça, ce n'était pas compatible.
09:52Et ils ont été extrêmement surpris,
09:55dans l'entourage de Patrick Bruel,
09:57par, on a vu les images,
09:58par l'irruption du collectif.
10:01Parce que c'est vrai que depuis une semaine,
10:02les représentations au théâtre se passaient sans intervention.
10:07Ils ont été sous le choc.
10:08D'ailleurs, on sait, même si personne n'en parle vraiment,
10:11qu'au théâtre, ça s'est mis à tanguer un peu.
10:14Alors, ça va s'arrêter le 7 juin.
10:17C'est pour ça qu'on va jusqu'au bout, finalement,
10:19parce que la pièce se termine bientôt.
10:20La pièce se termine, elle est complète.
10:23Mais en réalité, dans l'autre séquence publique,
10:27celui du personnage Patrick Bruel,
10:28ça allait poser des problèmes insurmontables.
10:31Et puis, l'autre raison qu'il a,
10:32c'est qu'il faut qu'il fasse un peu tomber la pression,
10:34parce que surtout, à partir de maintenant,
10:35il n'est plus maître du calendrier, Patrick Bruel.
10:38Il a un calendrier judiciaire qui l'attend,
10:41qui peut passer par une garde à vue ou pas,
10:43en tout cas une convocation, des auditions.
10:46Il est dans une séquence judiciaire
10:47dont il n'a pas du tout en main
10:50ni le calendrier, ni les tenants ou les aboutissants.
10:53Il y est prêt, d'ailleurs, à faire face à la justice.
10:55Il dit « j'espère vous retrouver ».
10:56Ça, c'est le message qu'il envoie à la troupe des enfoirés,
10:58puisqu'il annule également sa participation aux enfoirés.
11:00« J'espère vous retrouver lorsque la justice aura prouvé mon innocence ».
11:04Ça, il ne sait pas quand.
11:06Il ne sait pas sous quelle forme.
11:08Et puis, il sait dans son entourage,
11:10parce que dans son entourage, il y a des avocats,
11:11il y a des communicants,
11:12puis il y a des gens qui connaissent un peu les procédures judiciaires.
11:14Il sait qu'il est dans une procédure judiciaire
11:18extrêmement dangereuse pour lui,
11:20puisque dans d'autres cas similaires,
11:22ou voisins, ça peut passer par la case détention.
11:26Et si ça passe par la case détention à ce stade,
11:28voire par la case garde à vue,
11:31là, il est dans une autre séquence.
11:32Donc là, c'est vrai que c'était bien plus cohérent
11:34pour ces deux raisons de sa part,
11:36de se dégager du temps pour sa défense,
11:39et de faire retomber la pression
11:41qui n'est pas tous les soirs de concert
11:46une nouvelle affaire bruelle.
11:48Justement, vous évoquiez le théâtre
11:49avec l'irruption de ces manifestants.
11:52Hier, on va retrouver Isor de Lagorse,
11:54puisqu'il y avait une représentation ce soir encore,
11:57Isor, à l'intérieur du théâtre Édouard VII.
11:59Vous êtes juste devant la sortie.
12:01Comment ça s'est déroulé ?
12:04Effectivement, Patrick Bruel a annoncé
12:06annuler ses concerts en juin prévu à Paris,
12:08mais également au festival cet été,
12:10dans un souci d'apaisement.
12:11Mais il continue à se présenter
12:13et se représenter au théâtre Édouard VII.
12:15On a vu tout à l'heure les spectateurs
12:17rentrer dans ce théâtre.
12:19Leur sac était contrôlé par des agents de sécurité,
12:21car mercredi soir dernier,
12:22la représentation a été perturbée
12:25et interrompue une dizaine de minutes
12:26par des membres du collectif Nous Toutes.
12:28Aux abords du théâtre, on voit d'ailleurs des collages
12:30avec ces mots « culture du viol »
12:32ou également le nom « Flavie »
12:34en référence à l'animatrice télé
12:36qui a témoigné à l'encontre de Patrick Bruel.
12:39Patrick Bruel est visé par au moins 12 plaintes
12:41pour viol, tentative de viol et agression sexuelle.
12:44Une trentaine de femmes a témoigné à son encontre.
12:47Il reste présumé innocent
12:48et réfute toutes ces accusations.
12:50En tout cas, sur place,
12:51on sent quand même un malaise
12:52entre les spectateurs et les passants
12:55qui ont des visions qui divergent totalement.
12:57C'est un peu compliqué de séparer l'artiste
12:59de la personne qu'il est vraiment.
13:02Donc c'est important aussi de montrer
13:03que ce qui se passe,
13:05il ne peut pas faire comme si de rien n'était.
13:07En tant que personnage médiatique,
13:08il a un devoir d'exemplarité à avoir.
13:10Pour moi, c'est une bonne chose
13:11qui se retire de la sphère médiatique.
13:13Il doit certainement chercher
13:15un petit peu de calme
13:17et de recul par rapport
13:19à toute cette effervescence
13:22alors que rien n'est prouvé.
13:27C'est la parole de l'un contre l'autre.
13:29Et puis, il y a peut-être eu des choses,
13:32mais il n'y a peut-être pas eu.
13:33Donc on ne peut pas condamner nous
13:34avant de savoir exactement ce qui s'est passé.
13:37Dans ce contexte,
13:38le chanteur a également précisé
13:39se retirer du spectacle des Enfoirés
13:41pour ne pas mettre l'association
13:42dans l'embarras,
13:43a précisé la directrice artistique du projet.
13:46Emmanuel Anison,
13:47on va débattre justement
13:48de ce qui s'est dit là,
13:50mais vous y êtes rendu,
13:51vous au théâtre,
13:52pour faire votre travail.
13:53Vous êtes grand reporter au Nouvelle Obs.
13:54Vous y êtes rendu la semaine dernière,
13:56je crois, c'est ça ?
13:57Est-ce que vous avez vu un avant
13:58et un après entre la semaine dernière peut-être
14:00et ce qui s'est passé là depuis mercredi ?
14:02Dans le comportement de Palette Rigbruelle
14:04et dans le comportement de ses fans ?
14:06En fait, les fans,
14:07elles ont un rapport tellement,
14:09je dis elles parce que c'est beaucoup des femmes,
14:11tellement fort aux chanteurs
14:12qu'elles sont en fait comme lui,
14:14d'ailleurs,
14:15dans une forme de déni
14:16de ce qui se passe.
14:18Alors lui, là,
14:18il a basculé
14:19parce que face à la pression,
14:20il a dû basculer.
14:21Mais là,
14:23il y a quelque chose
14:24qui est de l'ordre
14:25de la fin
14:27de 30 ans,
14:29en fait,
14:30de relations
14:31qui se jouent.
14:32Et donc,
14:33c'est très difficile.
14:34On voit bien que Paul,
14:36pour ces femmes,
14:37c'est très difficile
14:37de dire,
14:38OK,
14:39cet homme
14:39dont j'avais le poster
14:41dans ma chambre,
14:41qui m'a fait rêver
14:42pendant 30 ans,
14:43dont j'ai écouté les chansons,
14:45avec qui j'ai pleuré,
14:46qui a été mon prince charmant putatif,
14:49voilà,
14:49c'est cet homme,
14:50c'est 30 ans
14:50qui s'envole en fait.
14:51Et on sent
14:54que ça va être long
14:56avant l'acceptation.
14:58Là, j'en ai eu rapidement...
14:59Et ça,
14:59c'était la majorité
15:00des gens
15:01que vous avez pu croiser
15:02qui vous ont dit ça ?
15:02Alors, au théâtre,
15:05il y avait ceux
15:05qui venaient pour la pièce de théâtre aussi,
15:07qui étaient, bon,
15:08moins,
15:08mais chez les fans,
15:09il y avait des groupes de fans
15:10qui venaient pour lui,
15:12qui étaient là aussi
15:13pour le 14 mai
15:14parce que c'est son anniversaire
15:15qui avait pris leur place
15:16pour le concert
15:17au Cirque d'hiver
15:18le 16 juin
15:19et qui était le premier jour
15:20le 16 juin
15:21et ces femmes-là,
15:23ces fans-là,
15:24et il y en a beaucoup,
15:25vont devoir faire un deuil
15:27et on sent
15:27que ça va être
15:28encore difficile.
15:30C'est-à-dire
15:30qu'elles ne sont pas du tout prêtes.
15:31On avait beau leur dire
15:32mais vous savez,
15:32il y a quand même
15:3230 témoignages,
15:3430 femmes,
15:35des plaintes
15:36et vous êtes des femmes
15:38et il y avait leur fille
15:39qui était là
15:39et même celles
15:41qui étaient
15:41une génération d'après,
15:43on sentait
15:44que c'était...
15:45Il y a quelque chose
15:46qui est de l'ordre du déni
15:47en fait,
15:48qui est vraiment
15:48du rêve
15:49qui s'écroule.
15:50La relation à un chanteur,
15:51c'est quelque chose
15:52de puissant,
15:53un chanteur d'amour,
15:54un chanteur très populaire
15:55et il y a toute une partie
15:56de la population
15:57qui est encore
15:58dans cette idée
16:00que...
16:00Justement,
16:01on a des images
16:02à vous montrer
16:02parce que vous parlez
16:03de cette Bruelmania
16:05dans les années 90,
16:06ça rappellera certainement
16:08des souvenirs
16:09à certains,
16:10à certaines.
16:10Justement,
16:11c'est l'époque
16:11où Flavie Flamand
16:13parle de cette plainte.
16:14On est dans les années 90
16:15et on ne parle
16:16et on ne crie que
16:17le nom de Patrick Bruel.
16:18Regardez.
16:19Le chanteur
16:21vient tout juste
16:21de sortir
16:22alors regarde
16:23son deuxième album.
16:26Je te le dis quand même,
16:27place des grands hommes
16:29et bien sûr
16:30casser la voix
16:32des titres
16:33qui provoquent
16:34l'hystérie
16:34de milliers de fans
16:37parfois très jeunes.
16:39C'est la voix !
16:46De ces salles de concert
16:48jusque dans la rue,
16:50Patrick Bruel
16:50devient une icône
16:51adulée
16:52et traquée.
16:55Sur scène,
16:56j'y vais
16:57encore plus
16:58que n'importe où.
16:59J'essaye de donner
17:00tout ce que je peux,
17:02tout, tout, tout,
17:02parce que je sais
17:03qu'après la scène,
17:03je ne peux pas donner plus.
17:06Je ne peux pas répondre
17:07aux attentes,
17:07il y a des gens
17:08formidables,
17:08je ne peux pas leur répondre,
17:09je ne peux pas leur écrire,
17:10je ne peux pas,
17:10il y a des gens
17:10qui viennent chez moi,
17:11ce n'est pas possible,
17:12c'est impossible.
17:14Le chanteur a-t-il
17:15profité de cette notoriété
17:17grandissante
17:18pour approcher
17:19puis abuser
17:20de certaines femmes ?
17:23Tout au long
17:24de sa carrière,
17:25Laurence Piau
17:26a interrogé
17:27Patrick Bruel
17:27sur son rapport
17:28aux femmes.
17:30On sait que c'est
17:31ce qu'on appelait
17:32un dragueur lourdingue
17:34aujourd'hui.
17:34On savait
17:35qu'effectivement,
17:35c'était quelqu'un
17:36qui fonctionnait,
17:38qui était sur les tournées,
17:39qui multipliait
17:40les conquêtes
17:41sur les tournées
17:41et qui était
17:43très offensif
17:44dans la drague.
17:45On savait,
17:45Patrick Bruel,
17:46que quand il était
17:47dans un hôtel,
17:48il draguait
17:48ou très justement
17:49la réceptionniste
17:49ou très justement,
17:50j'entends par là
17:51qu'il insistait
17:51pour avoir ses coordonnées,
17:52etc.
17:53Nicolas,
17:54il faut rappeler
17:54ce que c'était
17:55à la Bruelmania
17:55dans les années 90.
17:57Cette folie,
17:58il y avait la team
17:58rock voisine
17:59et puis il y avait
17:59la team Patrick Bruel.
18:01C'était une véritable folie
18:02qui sera peut-être terminée
18:03puisqu'il dit
18:04je sais que ma carrière
18:04est terminée.
18:05Il l'a annoncé
18:05à des proches
18:06dans Paris Match
18:06et on y reviendra.
18:07On y reviendra.
18:08Oui, ce deuxième album,
18:10il en vend beaucoup,
18:12beaucoup.
18:12C'est l'album
18:13qu'il a le plus enduit.
18:14Il en vend
18:153 millions d'exemplaires
18:16et effectivement,
18:17ça déclenche
18:17la Bruelmania.
18:19C'est des stades remplis,
18:20c'est des salles de concert
18:20qui sont pleines
18:21et puis même,
18:22à l'époque,
18:22j'étais collégien,
18:24c'était dans le cœur
18:27de tous les collégiens
18:28et surtout
18:29de toutes les collégiènes
18:29effectivement
18:30et c'est là
18:30qu'il noue
18:31un lien très très fort
18:33avec le public,
18:34avec le public français
18:35pendant 30 ans.
18:36Et encore maintenant
18:37puisqu'il y a
18:38pas mal de Zénith aussi.
18:39D'ailleurs,
18:40il n'annule pas
18:41sa participation aux Zénith
18:43à partir d'octobre-novembre.
18:44Il annule les festivals.
18:45À partir du 6 octobre,
18:46effectivement,
18:46et la tournée,
18:47il est question
18:48de célébrer justement
18:52ce...
18:52Voilà, en effet.
18:53Dylan Slama,
18:54vous êtes avocat pénaliste.
18:55C'est Patrick Drouel
18:56qui prend la décision
18:57d'annuler ses concerts.
19:00Personne ne lui interdit
19:01de se produire sur scène.
19:03S'il veut continuer
19:03de faire son métier,
19:05c'est-à-dire de chanter,
19:06de travailler,
19:06il a le droit de le faire.
19:07Alors,
19:08on a constaté quand même
19:09qu'il a changé d'avis,
19:10à minima,
19:10parce qu'il a fait
19:11sa seule expression publique,
19:12je crois.
19:13C'était une publication Instagram
19:14où il dit
19:14je continuerai à faire mon métier.
19:15Une semaine après,
19:16il change d'avis.
19:17Est-ce que c'est la décision
19:18d'un homme libre ?
19:19Est-ce que c'est la décision
19:20d'un homme libre ?
19:20Ou est-ce que c'est la décision
19:21d'un homme qui est acculé,
19:22qui est sous pression,
19:23qui a vu cette semaine
19:24qu'il n'a pas pu donner
19:25son spectacle dans des conditions
19:26sereines,
19:27et qu'il a vu qu'effectivement,
19:29à cause,
19:29je le dis,
19:30d'une poignée de personnes,
19:31d'une poignée de personnes
19:32en vérité,
19:32il ne peut pas exercer son métier
19:34dans des conditions convenables ?
19:35Vous voyez,
19:36est-ce que c'est la société
19:37qui ne veut pas
19:37passer de Patry Bouel
19:38ou est-ce que c'est,
19:39je le redis,
19:39une poignée de militants
19:40et de militantes,
19:41de pétitionnaires
19:43qui essayent de faire pression
19:44et qui réussissent
19:45à faire pression,
19:46qui sur les festivals,
19:47qui sur ceux
19:49qui peuvent le recevoir ?
19:50C'est le regard que vous portez
19:52en tant qu'avocat,
19:52c'est une minorité finalement
19:53qui réussit à imposer
19:55sa loi à Patry Bouel ?
19:56De toute évidence,
19:56on sait que ce n'est pas
19:57sa décision à lui
19:58parce qu'il avait dit
19:59depuis une semaine avant
20:00qu'il ne souhaitait pas le faire
20:01et on sait autre chose,
20:02c'est que judiciairement,
20:03rien n'interdit en vérité
20:04à Patry Bouel
20:04de pouvoir continuer
20:05à exercer son métier.
20:06Donc oui,
20:07moi je pense qu'il a subi des pressions
20:08et que c'est effectivement
20:09difficile d'y répondre.
20:10Non, là tu dis la doigt,
20:11c'est un préfet qui peut interdire
20:12s'il y a des risques
20:12pour la sécurité,
20:13c'est ça,
20:14c'est d'ailleurs un trouble
20:14à l'ordre public.
20:15C'est assez difficile,
20:16honnêtement,
20:17le seul exemple mois récent
20:18dans les décennies années.
20:19sur le trouble à l'ordre public.
20:21Officiellement,
20:21il annule parce que
20:22plusieurs organisateurs
20:23de festivals
20:23ont apporté subir des pressions.
20:25C'est juridiquement le point
20:25que peut soulever un préfet
20:26pour justifier la question.
20:27Il aurait pu,
20:27mais si vous voulez,
20:28il n'avait pas forcément
20:28à prendre les devants
20:29sur la décision éventuelle
20:30d'un préfet.
20:30La vérité,
20:31c'est qu'il sent bien
20:31effectivement qu'il est acculé.
20:33On aura du mal aujourd'hui
20:33à nous dire que la cancel culture
20:34n'existe pas en France
20:35quand on voit qu'il n'est plus
20:36diffusé sur les radios,
20:37qu'il n'est plus diffusé
20:38dans les jeux télé.
20:39Est-ce que le musée
20:40est-ce que le musée
20:51c'est compliqué aujourd'hui
20:52de programmer
20:52aujourd'hui Bruel
20:53à la radio ?
20:54Mais Nagui l'avait fait
20:55déjà pour Slimane
20:56et il applique
20:57ce qu'il appelle
20:57un principe de précaution,
20:59c'est-à-dire tant que la justice
21:00n'a pas fait son travail,
21:01il va interdire à cet artiste
21:03d'être dans son émission
21:04n'oublie pas les paroles.
21:04Mais vous voyez bien
21:04que ce que vous décrivez là
21:05et qui effectivement
21:06est la description
21:07de ce qui se passe
21:07va à rebours totalement
21:09de ce qu'on appelle
21:09la présomption d'innocence.
21:10Ça veut dire qu'en vérité,
21:11on devrait considérer
21:12qu'il est innocent
21:12jusqu'à ce qu'il y ait
21:13une décision de condamnation
21:14et en vérité,
21:15tout se passe exactement
21:16comme si c'était l'inverse.
21:17Pour l'instant,
21:18il est coupable,
21:19pour l'instant,
21:19il est radioactif,
21:20on verra s'il est innocenté,
21:21si on pourra le réhabiliter.
21:22Vous voyez,
21:22c'est dans ce sens-là
21:23que les choses se font.
21:24Normalement,
21:24si on appliquait les principes,
21:26ça se passerait exactement
21:27de manière inverse.
21:28Si vous nous rejoignez
21:28sur BFM TV,
21:29on continue évidemment
21:30de parler de Patrick Bruel
21:32qui décide d'annuler
21:34ses concerts durant l'été,
21:35sa participation
21:36à des festivals,
21:36Marine Turquie,
21:37quand vous entendez
21:38Dylan Slamat dire
21:38que c'est une minorité
21:40qui dicte sa loi
21:44des questions de journalistes
21:45avec des nouveaux témoignages.
21:46Nous, on a envoyé
21:47des questions hier à 16h.
21:48On a envoyé des questions
21:49aussi aux enfoirés.
21:50Je note que quelques heures après,
21:52les enfoirés nous ont indiqué
21:53qu'ils allaient ne plus avoir
21:55Patrick Bruel
21:56dans leur prochaine édition.
21:58On a publié ça à minuit et demi.
21:59À 2h du matin,
22:00Patrick Bruel envoyait un message
22:02pour dire à la troupe
22:03des enfoirés
22:03qu'il se retirait.
22:05Il y a eu cette petite phrase,
22:06j'espère vous retrouver
22:07lorsque la justice
22:07aura prouvé mon innocence.
22:09Est-ce que là,
22:10vous dites qu'il y a
22:10un couac de communication,
22:11il y a une communication,
22:12ce commun accord
22:13qui les arrange
22:14sous les deux ?
22:14Je pense qu'il y a
22:15une précipitation
22:16parce que tout à coup,
22:17ils voient arriver
22:18des nouvelles questions,
22:19une nouvelle enquête
22:20qui est amenée
22:20à être publiée
22:21et que donc,
22:22tout à coup,
22:22elle va vite.
22:23À 2h du matin,
22:24c'est quand même assez inédit,
22:25on envoie un message
22:26à la troupe des enfoirés
22:27pour dire que,
22:28en fait,
22:29non, non,
22:29c'est nous qui décidons,
22:30c'est Patrick Bruel
22:31qui décide de se retirer.
22:33Mais je voudrais aussi répondre
22:34sur la présomption d'innocence.
22:35C'est important de parler
22:35de la présomption d'innocence
22:36et vous avez raison,
22:37c'est une règle pénale
22:38fondamentale
22:39qui s'applique
22:39quand il y a une enquête
22:40en cours.
22:41Mais la présomption d'innocence,
22:42ça n'a jamais voulu dire
22:43une assignation au silence.
22:44Les militantes féministes
22:45ont le droit
22:46de manifester.
22:48En l'occurrence,
22:48elles n'ont pas le droit
22:49de pénétrer dans un théâtre
22:49pour trouver leur public.
22:51Ça, en l'occurrence,
22:51elles n'ont pas le droit
22:52de le faire.
22:52Les femmes ont le droit aussi
22:53de dénoncer
22:54ce qu'elles disent avoir vécu.
22:55Les témoins ont le droit
22:56aussi de se manifester.
22:57Les journalistes ont le droit
22:58d'enquêter,
22:59de publier des informations
23:00d'intérêt général.
23:01Chacun son rôle.
23:02C'est à la justice de dire
23:03s'il est coupable ou innocent.
23:05C'est aux journalistes
23:06d'enquêter sur des faits
23:07d'intérêt général.
23:08Et les violences sexuelles,
23:09les accusations de violences sexuelles
23:10sont des faits d'intérêt général.
23:12Mais j'ai l'impression
23:12que dans cette affaire,
23:14certains utilisent
23:15la présomption d'innocence
23:16d'une manière très,
23:16très excessive et dévoyée
23:19et de dire finalement
23:20circuler, il n'y a rien à voir.
23:21Je ne crois pas que ce soit
23:22une assignation au silence.
23:23Je pense qu'on a le droit
23:25à la parole
23:25et on a le droit aussi
23:26d'entendre ces témoignages
23:27qui sont nombreux,
23:28qui sont concordants.
23:29Et je rappelle quand même
23:30que parmi les 25 femmes
23:31dont j'ai recueilli
23:32le témoignage, recoupé, etc.,
23:34une grande partie s'est manifestée
23:36ensuite auprès de la justice.
23:37Donc ce n'est pas simplement
23:38des accusations en l'air
23:40comme ça ou des tours
23:40de colonnes dans Mediapart.
23:42C'est des témoignages
23:43qu'on a recoupés, nous,
23:44sur lesquels j'ai travaillé
23:44pendant des mois.
23:45On ne copie-colle pas
23:46les témoignages,
23:46on les vérifie.
23:47Si une femme me dit
23:48« Moi, j'étais éclairagiste
23:49au Bataclan
23:49quand j'ai été agressée,
23:51dit-elle, par Patrick Ouell »,
23:52je vais lui demander
23:52sa feuille de paix
23:53d'éclairagiste sur 92.
23:54On va faire ce travail-là.
23:55Non, mais il faut le dire
23:56à ceux qui nous regardent.
23:57Ce n'est pas un copier-coller.
23:58Donc c'est important de dire ça.
23:59Et donc la présomption d'innocence,
24:00ce n'est pas une assignation
24:01en silence.
24:01La prescription non plus, d'ailleurs.
24:03Les femmes, elles ont le droit
24:04de parler.
24:04Sinon, vous faites voler
24:05votre sac à main dehors,
24:06vous ne pouvez pas dire
24:06« Madame, présomption d'innocence ».
24:08Donc je pense qu'en fait,
24:09on peut rappeler
24:10le principe de présomption d'innocence,
24:11dire qu'il est essentiel.
24:12Et on peut aussi dire
24:13que les femmes ont le droit
24:14de parler et qu'ensuite,
24:15Patrick Ouell,
24:16il décide ou pas
24:16de faire sa tournée,
24:17que les spectateurs,
24:18il décide ou pas
24:19d'aller le voir.
24:20Moi, je pense que les spectateurs
24:21et les spectatrices
24:21doivent décider en étant informés.
24:23Et c'est pour ça que nous,
24:24journalistes,
24:24on doit informer le public.
24:26Et je pense que 30 témoignages
24:27qui visent la grande star française
24:30de variété,
24:31de chansons françaises,
24:32c'est une information
24:33et je pense que les gens
24:34ont le droit de le savoir.
24:35Justement,
24:36on va parler de témoignages.
24:37On va écouter.
24:38L'un de ces témoignages,
24:39elle s'appelle Ophélie Fachefer
24:41et elle raconte
24:43ce qu'il se serait passé.
24:44On va utiliser
24:45le conditionnel, évidemment.
24:47À l'île-sur-la-Sorque.
24:47À l'île-sur-la-Sorque,
24:48donc dans la propriété
24:50de Patrick Ouell.
24:51Écoutez.
24:53La plaignante a 19 ans
24:54quand elle croise
24:55Patrick Ouell
24:55pour la première fois
24:57lors de l'enregistrement
24:58d'un clip
24:59des Enfoirés
24:59à Montpellier.
25:02Passionnée de musique,
25:03elle tente de lancer
25:04sa carrière de compositrice
25:06et rêve d'une seule chose,
25:08que Patrick Ouell
25:09la guide
25:09et lui donne des conseils.
25:11Patrick Ouell
25:12invite Ophélie Fachefer
25:13chez lui,
25:14dans sa propriété
25:15de l'île-sur-la-Sorque,
25:16dans le sud de la France.
25:18L'homme
25:19aurait alors changé
25:20de comportement.
25:22Il va se jeter sur elle,
25:25faire des allers-retours,
25:26essayer de l'embrasser,
25:27lui faire comprendre
25:28qu'il a envie
25:28d'une relation sexuelle.
25:29Il va l'embrasser
25:31dans un premier temps.
25:33Elle n'a jamais
25:34embrassé un garçon.
25:35Elle le repousse,
25:37il va aller dans la piscine,
25:39il va lui crier dessus
25:40en lui disant
25:40« casse-toi alors
25:41si tu ne veux pas de ça ».
25:42Il va taper
25:43avec sa main
25:43dans l'eau.
25:45Donc,
25:45elle finit par rentrer
25:46dans la piscine
25:47en sous-vêtements
25:47et là,
25:48l'agression va continuer.
25:50C'est là qu'il va
25:52continuer à l'embrasser,
25:54lui mettre
25:55un doigt
25:56dans ses parties intimes,
25:58donc la pénétrer
25:59digitalement.
26:02Vous êtes en contact
26:02avec elle,
26:03vous nous avez raconté,
26:05dans quel état d'esprit
26:06est-elle ?
26:07On a l'impression
26:07qu'elle décrit
26:08le même système
26:09de fonctionnement
26:10que certaines autres
26:12qui ne sont plus
26:13de 30 au total.
26:14Ce que je pense,
26:15c'est qu'elle,
26:16comme son avocate,
26:17ont eu l'impression
26:18d'un combat perdu
26:19quand elle a porté plainte
26:20il y a quelques années.
26:21Elle était toute seule,
26:22Ophélie.
26:23C'est là où il faut
26:24un petit peu ramener
26:24les choses à leur juste mesure,
26:26c'est que toutes ces femmes
26:26ont leur dit
26:27« mais vous n'avez rien dit,
26:28vous n'avez rien dit ».
26:28Déjà, elles ont parlé,
26:29certaines ont porté plainte.
26:30C'est le cas de Karine Viseur,
26:32qui essaie d'attacher
26:32de presse en Belgique,
26:33qui en 2010
26:35va vouloir porter
26:35une première fois plainte
26:36et qui la retire
26:37en disant « mais je suis qui,
26:38moi, par rapport à Patrick Brouel ? »
26:39Oui, Karine Viseur,
26:40elle va au commissariat,
26:41on rigole.
26:42Imaginez,
26:42vous êtes en 2010…
26:43Et qui reportera plainte
26:43fin mars.
26:44Oui, on dit
26:45« on va porter plainte
26:46contre Patrick Brouel en 2010 ».
26:47Les gens vous regardent
26:48de manière extraterrestre,
26:49surtout en 2010,
26:50on est 7 ans avant MeToo.
26:52Donc, il faut bien
26:53entendre aussi ça.
26:54Mais il y en a quand même
26:54qui ont porté plainte.
26:55Et quand même,
26:55je voudrais qu'on s'arrête
26:56juste là-dessus.
26:57Dans la procédure des masseuses,
26:58dite des masseuses en 2019,
27:009 femmes se sont manifestées
27:02auprès de la justice,
27:038 en se disant victimes
27:04de Patrick Brouel,
27:05de faits différents
27:06entre 2000 et 2019.
27:08Il y avait, a priori,
27:094 faits non prescrits.
27:11J'ai lu tout le dossier.
27:12Évidemment qu'on se dit
27:13« mais qu'est-ce qui s'est passé ?
27:14Est-ce qu'il y a eu un trou
27:15dans la raquette ?
27:15Qu'est-ce qui s'est passé ? »
27:16Aujourd'hui,
27:16cette procédure,
27:17elle est versée à nouveau
27:24judiciairement.
27:25Et puis, il aura l'occasion
27:26de s'expliquer.
27:26Bien sûr, c'est le temps judiciaire.
27:28C'est un temps très long.
27:29Tout le monde dit
27:29« il n'a pas été entendu,
27:30Patrick Brouel ».
27:31Mais c'est tout à fait normal.
27:32Les enquêteurs sont en train
27:33d'auditionner les femmes.
27:34Il y a des femmes qui se manifestent,
27:36il y a des témoins qui se manifestent.
27:37Tout un tas d'auditions.
27:38Vous en payez encore
27:38de nouveaux témoignages
27:39parce que vous continuez d'enquêter.
27:40Est-ce qu'aujourd'hui,
27:41vous en avez des nouveaux ?
27:43Je fais ce métier depuis 10 ans
27:44sur les violences sexuelles.
27:45Je n'ai jamais eu
27:46autant de témoignages.
27:47Mais je ne peux pas vous donner
27:48un chiffre parce que
27:48je dois travailler
27:49sur ce que j'ai reçu.
27:50Depuis 10 jours,
27:51depuis la prise de parole
27:52notamment de Flavie Flamand
27:53et puis aussi la médiatisation
27:54ici et ailleurs
27:55de cette affaire,
27:56enfin, à sa juste mesure,
27:58je reçois un nombre
27:59incalculable d'alertes.
28:01C'est-à-dire des témoignages
28:02de personnes qui...
28:03Des témoignages de gens
28:03qui ont des choses à dire,
28:05de femmes qui se disent victimes,
28:06de témoins, de confidants...
28:07On parle de plusieurs dizaines
28:08de témoignages ?
28:08Je ne peux pas vous donner
28:09un chiffre parce que
28:09ce ne serait pas respectueux
28:10de toute la déontologie
28:11qu'on déploie sur ces affaires-là
28:13parce que justement,
28:14je vous explique
28:14qu'on copie-colle pas
28:15les témoignages,
28:15qu'on les travaille,
28:16qu'on les recoupe,
28:17qu'on en écarte certains,
28:18etc.
28:18C'est massif.
28:19Et je pense que les gens
28:20le comprennent aussi
28:21en voyant tout un tas
28:22de gens témoigner
28:23à travers les journaux
28:24ou ailleurs.
28:25Mais c'est du jamais vu
28:26depuis que vous enquêtez,
28:27vous, sur ces violences sexuelles ?
28:28Oui, en tout cas,
28:28j'ai travaillé sur beaucoup d'affaires
28:30de part Dieu, PPDA,
28:32que sais-je.
28:33Je n'ai jamais reçu
28:33autant de témoignages.
28:35Jamais,
28:36mais simplement,
28:37voilà,
28:37c'est le temps du recoupement maintenant,
28:39c'est le temps de la vérification
28:40et nous, à Mediapart,
28:41on prend du temps.
28:42Je rappelle que la première enquête,
28:43j'ai mis 7 ans à la faire aboutir,
28:44la seconde, 2 mois.
28:45Et donc là,
28:46on continue de travailler.
28:47Dylan Slama disait tout à l'heure
28:50qu'il avait changé,
28:51effectivement,
28:51sa manière de communiquer.
28:52Il y a eu un premier post
28:53sur Instagram
28:54il y a 15 jours
28:54où il disait
28:55« Je suis innocent
28:55et je vais continuer
28:56de faire mon métier ».
28:57Et puis là,
28:58Marine Turki disait
28:59qu'il y avait peut-être
28:59un peu de pression aussi
29:00qui fait qu'il change
29:03sa ligne de défense.
29:04Il a cru peut-être
29:05dans un premier temps
29:06que ça allait passer ?
29:07Clairement.
29:08Clairement,
29:09il a cru qu'il allait être
29:10plus fort
29:11que ce qui arrivait.
29:13Il faut dire aussi
29:14que Patrick Bruel,
29:14il est entouré
29:15d'un univers,
29:18d'un petit groupe
29:19de personnes
29:20qui le suivent
29:20depuis des années,
29:21depuis 20 ans
29:22et qui sont,
29:24je pense,
29:25tellement liés
29:27et qu'ils protègent
29:28tellement
29:28qu'il est en sol.
29:30Une sorte de bulle
29:30autour de lui,
29:31finalement.
29:31Il y a une bulle
29:31autour de lui.
29:32Comme beaucoup d'artistes.
29:33Exactement.
29:34Sachant que lui,
29:35particulièrement,
29:35il y a vraiment
29:35une famille autour de lui.
29:37D'ailleurs,
29:37ceux qui s'occupent
29:38même aujourd'hui
29:38de l'organisation,
29:39de sa boîte de prod,
29:41ce sont des anciennes femmes,
29:42par exemple.
29:43Il y a beaucoup
29:43d'anciennes femmes
29:44autour de lui.
29:45Donc,
29:45ce sont des personnes
29:46qui,
29:47de fait,
29:48ne vont pas
29:48lui apporter
29:48la contradiction
29:50très vite.
29:50Donc,
29:51je pense qu'il a été
29:51maintenu dans cette bulle
29:52et puis,
29:53c'est quelqu'un
29:53qui a vécu
29:54dans une impunité
29:54pendant toutes ces années.
29:56Quand on est
30:01personne ne vous dit
30:01en face
30:02que ce que vous faites
30:03ne va pas.
30:03Alors,
30:03en ce que vous disiez,
30:04il avait la réputation
30:05d'être un peu dragueur,
30:06un peu lourdeau,
30:07mais pas prédateur.
30:08Il avait la réputation
30:09d'être de quelqu'un
30:11qui avait beaucoup,
30:12beaucoup,
30:12beaucoup de femmes.
30:14Plus que dragueur,
30:15qui était un grand
30:16consommateur de femmes.
30:17Il avait des alertes
30:18autour de lui,
30:20manifestement,
30:20dans son entourage
30:21qu'il s'y fait gaffe quand même.
30:22Il y a quand même
30:23MeToo qui est passé
30:24entre temps.
30:26Il y a même des plaintes
30:26qui datent de 2019.
30:28Donc,
30:28on peut dire
30:29qu'il est resté
30:30très sourd
30:31aveugle,
30:32en tout cas,
30:32aux alertes
30:33qu'il aurait pu y avoir
30:34sur son comportement,
30:35en tout cas,
30:36tel que le dénoncent
30:37les victimes.
30:37Laurent Valiguier,
30:38un mot sur l'évolution
30:39de la défense
30:39de ses avocats
30:40parce qu'on est passé
30:41par plusieurs paliers.
30:42Au début,
30:42ça n'a jamais existé.
30:44Après,
30:44on nous a parlé,
30:45je parle de Flavie Flamand,
30:46d'une relation épisodique
30:47qu'elle nie,
30:48elle,
30:48en disant à RTL
30:49« je n'ai jamais eu de relation ».
30:50Il y a eu différents paliers
30:51dans la défense
30:52de Pascal Valiguier.
30:52Oui, parce que ses avocats,
30:53ils ont tenu deux versions
30:54alors que Flavie Flamand,
30:56elle n'en avait qu'une.
30:56Donc,
30:57ça a été tout de suite
30:58catastrophique.
30:58Ce qui n'est pas minoritaire,
31:00c'est la culture du viol.
31:03Il y a 277 000 viols
31:06recensés par an
31:07en France.
31:08Ça veut dire
31:08que c'est un
31:08toutes les 20 minutes.
31:10Et ça,
31:11ça n'a pas bougé
31:12depuis des années.
31:12Ce qui est en train
31:13de bouger,
31:14c'est que,
31:15vous ferez passer la porte
31:16d'un commissariat
31:17ou d'une gendarmerie,
31:19quand vous vouliez déposer plainte
31:20pour un viol
31:21pour lequel le gendarme
31:23ou le planton
31:24pensait que ça allait être
31:25prescrit de 10 ans,
31:26ils ne prenaient pas la plainte.
31:28Ce qui a changé,
31:29c'est que Marine Turquie,
31:30elle fait un travail,
31:31c'est quasiment un service public
31:33à elle toute seule.
31:34Parce qu'elle,
31:35elle...
31:35Ben, l'hommage.
31:36Oui, bien sûr.
31:38Parce qu'elle collecte,
31:39c'est extrêmement difficile
31:40de faire éclore cette parole,
31:42de la vérifier.
31:43Depuis 2018,
31:44on le disait.
31:44De la vérifier,
31:45parce qu'il y a plein d'idées reçues.
31:46Elle a un savoir,
31:47une expérience de tout ça.
31:48Mais quand vous venez
31:50raconter un viol
31:51qui s'est passé il y a 30 ans,
31:53un journaliste novice
31:56dirait,
31:57ben,
31:57on ne va jamais pouvoir le vérifier.
31:59Un imbécile va dire,
32:00il n'y aura jamais de preuves.
32:01Mais en réalité,
32:02plus ces affaires sont anciennes,
32:04et on le voit dans ces enquêtes,
32:05plus il y a des cailloux blancs
32:07dans la vie d'une femme
32:08où elle en a parlé plein de fois.
32:10Et si ça s'est passé
32:12il y a 15 ans,
32:13en 1991,
32:15en réalité,
32:15elle en a parlé plein de fois.
32:17Elle en a parlé
32:17à sa maman en général,
32:19au début.
32:19Elle en a parlé
32:20à un petit ami,
32:21à une amie.
32:23Et en fait,
32:23c'est la vie d'une femme,
32:25un viol.
32:25Et c'est ça
32:26qu'elle nous raconte
32:28en ayant dévoilé,
32:29alors c'est vrai
32:30que c'est des gens connus,
32:32je rajoute l'abbé Pierre
32:33dans votre liste,
32:34en ayant dévoilé
32:35les dessous de gens connus.
32:37Mais en réalité,
32:39c'est un travail
32:41d'intérêt général.
32:43Il n'y a que 3%
32:44pour finir avec un chiffre,
32:46il n'y a que 3%
32:46de femmes en détention.
32:48Attention,
32:49c'est une criminalité masculine.
32:51Alors,
32:52il faut documenter ces affaires.
32:54La présomption d'innocence,
32:55ça n'a rien à voir
32:55avec tout ça.
32:56C'est le monopole
32:57de la justice
32:57à la fin de dire
32:58si les gens sont coupables
32:59ou innocents.
33:00Mais entre ce moment
33:01et la fin,
33:02le rôle de la presse,
33:03l'honneur de la presse française,
33:05c'est d'enquérir
33:07enquêter
33:07et de donner la possibilité
33:09à des femmes
33:09de raconter
33:10ce qui leur est arrivé.
33:11On est en ligne
33:12avec Pascal Ril.
33:13Bonsoir,
33:14Pascal Ril.
33:14Vous êtes co-organisateur
33:16du festival
33:18Les Alpagas Bleus
33:19à Saverne
33:20dans le Barin
33:21dont Patrick Bruel
33:22devait être
33:23l'une des têtes d'affiche.
33:24On a appris ce soir
33:25qu'il annulait
33:25sa participation
33:26dans tous les festivals
33:28de l'été.
33:28Vous me disiez
33:29en préparant cette émission,
33:30c'est inédit pour nous.
33:31On n'a jamais vécu ça.
33:33Oui, oui,
33:34complètement.
33:34C'est une situation
33:36complètement inédite.
33:37de faire face
33:38à ce tsunami
33:39si vous voulez
33:41depuis la mi-mars
33:42maintenant.
33:43On a été
33:44évidemment
33:46préoccupés
33:46par la situation.
33:48On était
33:48dans le questionnement
33:49est-ce que l'artiste
33:50viendra,
33:51ne viendra pas.
33:52On a effectivement
33:54un concert
33:55qui était prévu
33:57le 18 juillet
33:58et on a appris
34:00pas plus tard
34:00que ce matin
34:02que Patrick Bruel
34:03avait finalement décidé
34:04de ne pas faire
34:05ses concerts
34:06sur les festivals
34:07de cet été.
34:09à quel degré
34:10ça impacte
34:11votre société
34:11de production ?
34:12Patrick Bruel
34:14justifie
34:14les raisons
34:14de cette annulation
34:15en disant
34:16que plusieurs
34:17organisateurs
34:18de festivals
34:18ont rapporté
34:19sur Bire
34:19des pressions
34:20être empêchés,
34:21nous dit-on,
34:21dans l'organisation
34:22sereine
34:22de leurs événements.
34:25Nous avons vécu
34:26des moments
34:27très difficiles,
34:28évidemment.
34:28Nous avons subi
34:29des pressions,
34:30on a envisagé
34:32pendant toute
34:34cette période
34:34différents schémas,
34:36d'hypothèses.
34:38On a été préoccupés
34:40par les problématiques
34:41de sécurité
34:42au cas où
34:42le festival
34:43devait se dérouler.
34:45Nous,
34:46par exemple,
34:46sur les Alpagues bleus,
34:48nous avons
34:48une capacité
34:50d'accueil
34:50de 7500 personnes.
34:52On avait quand même
34:54un peu plus
34:54de 5000 personnes
34:55qui avaient d'ores
34:56et déjà réservé
34:56la place.
34:57On savait
34:59qu'il y avait
34:59cette possibilité-là
35:03de groupes
35:05qui pouvaient arriver
35:06sur le festival
35:07et réserver des places
35:08et pouvoir
35:10perturber
35:11un petit peu
35:11la séance.
35:12On était
35:13en relation
35:13avec la préfecture
35:15pour envisager
35:17un plan de sécurité
35:18adapté
35:19à la situation.
35:20Il est vrai
35:21que ça a été
35:23une torture
35:24et ça nous a pris
35:26beaucoup de temps
35:27avec l'ensemble
35:28des organisateurs
35:29pour réfléchir
35:30à ces différentes hypothèses.
35:32On savait aussi
35:33qu'il y avait
35:34potentiellement...
35:35On se disait
35:36combien de temps
35:36ça peut tenir
35:37face à ce tsunami
35:39de plaintes.
35:40Je pense qu'en réalité,
35:42dans le monde
35:43du spectacle,
35:44on aura
35:44un avant
35:45et un après
35:46l'affaire Patrick Bruel.
35:47je crois
35:48que ça va
35:49nous nourrir
35:52tous
35:52cette situation.
35:54Je pense
35:54aussi
35:54que la profession
35:55doit se poser
35:56des bonnes questions
35:58face à cette problématique
36:00et peut-être
36:01envisager
36:02une relecture
36:03des contrats
36:04avec des...
36:05avec des...
36:08Oui, c'est ça
36:09M. Rille,
36:11c'est ça en fait.
36:11Vous pourriez imaginer
36:12des clauses
36:13à l'avenir
36:13peut-être
36:14dans les contrats ?
36:15Je pense que...
36:17On ne le fera pas
36:18tout seul,
36:18évidemment.
36:19Je pense que c'est
36:20avec les syndicats
36:20professionnels,
36:21avec l'ensemble
36:22de la profession.
36:23Effectivement,
36:24je pense qu'il serait
36:25intelligent de réfléchir
36:26autour d'une clause
36:27juridique
36:28qui pourrait
36:28nous permettre
36:30d'annuler
36:32un concert
36:34face à ce type
36:35de situation.
36:36Pour vous
36:37qui portez
36:38financièrement
36:38ce festival,
36:40l'annulation
36:41d'une tête d'affiche,
36:42Patrick Bruel,
36:43même si vous allez
36:44probablement essayer
36:45de le remplacer,
36:45on sait que c'est compliqué
36:46de réserver les artistes
36:48plusieurs mois à l'avance,
36:49il faut s'y prendre.
36:50Qu'est-ce que ça représente
36:50financièrement pour vous ?
36:53Si vous voulez,
36:53là,
36:54au moment où on se parle,
36:57on a pris
36:59un protocole
37:00d'accord
37:00à l'amiable
37:01avec la production
37:02de l'artiste,
37:03au moment où on se parle,
37:05tout le monde repart
37:06d'une page blanche
37:08et maintenant,
37:09à nous
37:09d'essayer
37:11de rebondir
37:12et de reprogrammer
37:15un artiste
37:15qui soit en cohérence
37:16avec le public
37:18qui a d'ores et déjà
37:19réservé la place.
37:20Mais le public
37:21était venu aussi
37:22pour Patrick Bruel,
37:23c'est-à-dire,
37:24vous leur expliquez quoi
37:24s'ils demandent, eux,
37:25le remboursement ?
37:26Le remboursement,
37:28s'ils demandent
37:28le remboursement,
37:29on sera bien obligés
37:30d'effectuer
37:31des remboursements,
37:32c'est clair.
37:33Maintenant,
37:34on va aussi,
37:35évidemment,
37:36communiquer
37:37envers notre public
37:38sur la dimension
37:41de soutien
37:41au festival
37:42des Alpagas Bleus,
37:43c'est important,
37:44c'est un festival
37:44qui a quand même
37:454 ans,
37:45qui a une très belle
37:46réputation
37:47avec un très beau public,
37:48je tiens à le dire,
37:49on est complet
37:50sur le jeudi soir,
37:51on est quasiment complet
37:52sur le vendredi soir
37:54et je pense que notre public
37:58sera compréhensif
37:59et restera fidèle au festival.
38:03On va en tout cas travailler
38:05dans ce sens.
38:07Une toute petite dernière question,
38:09vu les complications
38:09que vous avez dû traverser,
38:12est-ce qu'il n'y a pas une forme
38:12chez vous ce soir,
38:14le prenez pas mal,
38:15de soulagement,
38:16entre guillemets ?
38:18On ne va pas se mentir,
38:19évidemment qu'il y a
38:20une forme de soulagement,
38:21on était dans la préoccupation
38:26d'accueillir ce spectacle,
38:29même si,
38:31évidemment qu'on l'a programmé
38:32il y a quelques mois,
38:33on pensait qu'à l'époque
38:35ça allait être une belle soirée
38:37et puis depuis que l'affaire éclate,
38:40en fait,
38:42encore une fois,
38:43il y a tellement de plaintes,
38:45c'était quand même dur,
38:46c'est quand même difficile
38:48à supporter
38:49en tant qu'organisateur,
38:51faire face
38:52à toutes ces pressions
38:53du public,
38:54le questionnement,
38:56les médias aussi
38:57qui nous ont sollicité
38:59depuis quelques semaines,
39:00donc en réalité,
39:03pour nous,
39:03aujourd'hui,
39:04c'est un nouveau départ.
39:05Concrètement,
39:06c'est un nouveau départ,
39:08on travaille à reprogrammer
39:09un artiste,
39:10je pense que d'ici
39:11le début de semaine,
39:13on sera prêt
39:13à annoncer
39:14un artiste
39:15qui viendra
39:16sur la scène
39:17des Alpagames
39:18le 18 juillet
39:19et ça nous permet aussi
39:21de relancer
39:22toute une dynamique,
39:23de remotiver
39:23l'ensemble des bénévoles
39:25et puis de relancer
39:27cette communication
39:28et de remotiver
39:29les publics.
39:29Beaucoup, merci Pascal Rille
39:31en tout cas d'avoir été
39:32avec nous
39:32et bon courage
39:33pour l'organisation
39:34de ce festival.
39:36Nicolas Béard,
39:37est-ce qu'on sait
39:37aujourd'hui
39:38comment va Patrick Brouel ?
39:40Oui, et d'après
39:40les échos qu'on a
39:41à nouveau service culture,
39:42il est abattu,
39:44il est désespéré,
39:45il est perdu,
39:47même si autour de lui,
39:48son entourage
39:49est très soudé,
39:50il passe beaucoup de temps
39:50au téléphone
39:51avec ses proches,
39:52avec ses amis,
39:54ses amis du milieu musical,
39:56avec ses avocats aussi,
39:57pour élaborer une stratégie
39:59dont on commence
40:00à voir les prémices.
40:02Ça a été évidemment
40:03des coups durs
40:04parce qu'il comprend
40:04que sa participation
40:06sur la scène
40:06est problématique.
40:07On parlait des enfoirés
40:08tout à l'heure,
40:09je rappelle qu'il a fait
40:0933 éditions
40:10pour les enfoirés
40:11donc ça a dû être
40:12un deuil
40:13pour Patrick Brouel.
40:14Il a échanté
40:15226 morceaux sur scène
40:17et puis après,
40:18la tournée qui arrive
40:19donc en fait,
40:20effectivement,
40:21on doit passer
40:21beaucoup de temps
40:21avec ses avocats
40:22pour élaborer une stratégie.
40:23Ça en est peut-être une
40:24de faire cette pause
40:24finalement de 4 mois,
40:26se dire
40:27on va s'arrêter là,
40:28reprendre à la tournée
40:29le 6 octobre,
40:30voir comment ça se passe
40:31mais Patrick Brouel,
40:32oui,
40:33il est au cœur
40:34d'une tourmente
40:35et il le vit très mal.
40:35Très vite,
40:36Marine Turquie,
40:36comment va Flavie Flamand ?
40:38Je crois qu'elle a pris
40:40des coups
40:40mais qu'elle est combative.
40:41C'est ce que j'entends,
40:43c'est ce que je vois
40:43et je crois
40:45que ce qui est intéressant
40:45c'est que Patrick Brouel
40:46a beaucoup isolé
40:47Flavie Flamand
40:48dans sa défense,
40:48il a tenté en tout cas.
40:50C'est-à-dire que
40:50qu'est-ce qu'il a fait
40:50dans son communiqué
40:51sur Instagram ?
40:52Il a comme balayé
40:53les 29 autres femmes
40:54et ça c'est quand même
40:55intéressant d'analyser ça.
40:56C'est-à-dire qu'il ne répond
40:57qu'en nommant,
40:58qu'en ciblant Flavie Flamand.
40:59Je crois qu'elle a montré
41:01depuis déjà 10 ans
41:02et depuis l'affaire Hamilton
41:03combien elle était solide,
41:05combien elle était combative
41:05et engagée
41:06sur ces questions
41:07mais c'est important
41:07de voir l'évolution
41:08quand même aussi
41:09de la défense de Patrick Brouel
41:10parce que je dis juste
41:11un ouf là-dessus.
41:11En mars,
41:12il disait à Mediapart
41:12qu'il entendait
41:13la souffrance des femmes
41:14qui ressortaient
41:15des témoignages de Mediapart
41:16qu'on lui avait soumis.
41:17Je vois que deux mois après,
41:18il parle de rumeurs écœurantes
41:19et absurdes
41:20s'agissant de Flavie Flamand
41:21et d'autres
41:22et ses avocats parlent de chasse.
41:23Ce n'est plus du tout
41:24le même discours.
41:25Vous nous disiez
41:25que des témoignages
41:26arrivaient justement
41:27à Mediapart.
41:28Vous êtes en train
41:28de les vérifier.
41:29C'est sans doute
41:29le début en tout cas
41:31de cette affaire Brouel.
41:32Merci beaucoup à tous.
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