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Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:138h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Vincent Jean-Brun.
00:17Bonjour Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et du Logement.
00:21Merci beaucoup d'être avec nous.
00:22On va balayer évidemment tous les sujets d'actualité.
00:25Demain soir se jouera la finale de la Ligue des Champions PSG Arsenal.
00:29A Budapest, on craint des violences en France et notamment dans la capitale.
00:33Déjà, qu'est-ce que ça dit de l'état de la France ?
00:36Qu'est-ce que ça dit de l'état de la société ?
00:37Qu'à l'occasion d'un match de foot, qui devrait être une grande joie, on craigne des violences ?
00:43Moi j'espère que ce sera une grande joie parce que j'espère qu'on va gagner.
00:46Et j'espère qu'il y aura plein de Français qui auront envie d'aller faire la fête un peu
00:49partout.
00:49Et ce que doit faire l'État, c'est les protéger, faire en sorte que la fête se passe bien.
00:53Ça veut dire, une chose simple, mobiliser toutes les forces de police et ce qu'a fait Laurent Nunez
00:57pour faire en sorte qu'il y ait tolérance zéro avec les casseurs.
01:00Parce que vous avez raison de le dire, il y a aujourd'hui une petite minorité
01:03qui n'a plus peur d'aller affronter la police.
01:06Une petite minorité qui rêve d'aller...
01:09Une petite minorité, excusez-moi, mais qui est très visible.
01:09Qui est extrêmement visible.
01:10Je veux juste rappeler que c'est une minorité parce que les Français majoritairement
01:13vont vouloir faire la fête.
01:14C'est ça le sujet.
01:15Et nous, les pouvoirs publics, on doit leur permettre de faire la fête sereinement.
01:18Ça veut dire que les individus qui veulent aller casser, piller, fracasser,
01:24il doit y avoir en face une réponse immédiate.
01:27C'est ce qu'a promis le ministre de l'Intérieur.
01:28Et de fait, tolérance zéro avec les casseurs, les pilleurs et les troubles faites.
01:32Ça, ça va être extrêmement clair.
01:34Et le dispositif a été mesuré en conséquence, fort de l'expérience des dernières fois.
01:40Et donc, on a le droit à la fête dans notre pays.
01:42On a le droit de se réjouir.
01:43On a le droit à la sécurité.
01:44Et c'est ce qu'a mis en place le ministre de l'Intérieur.
01:46Il y a déjà eu des violences, le soir de la demi-finale, il y a quelques jours.
01:50Comment est-ce que vous qualifiez ceux qui commettent ces agressions ?
01:52Ce sont des casseurs, des voyous, des criminels.
01:55C'est le même substrat qui a mobilisé les émeutes en 2023, par exemple.
02:01C'est des gens qui n'ont pas peur de l'autorité de l'État,
02:05pas peur des forces de l'ordre.
02:06Ils ont raison.
02:06Et qui même veulent aller casser, défier.
02:09Mais quelle autorité de l'État ?
02:11Quand on mobilise 22 000 policiers, comme le fait le ministre de l'Intérieur pour Sergi,
02:15où est l'autorité de l'État ?
02:17On a un dispositif de sécurité.
02:19Maintenant, il y a deux choses.
02:20Il y a la police qui va être pleinement mobilisée.
02:21Et puis, vous avez raison.
02:22Une fois qu'on a attrapé un criminel...
02:24La police, elle fait son travail.
02:26Il y a la question.
02:26La police fait son job.
02:27Exactement.
02:27Mais c'est important de le rappeler.
02:29Parce que moi, j'étais dans l'hémisle hier.
02:31Vous avez certaines formations politiques, la LFI pour ne pas la citer,
02:35qui nous expliquent que la police, c'est eux les méchants,
02:37que la police tue nos enfants, etc.
02:40Donc, c'est bien aussi de rappeler notre soutien à nos policiers
02:42qui sont extrêmement courageux.
02:44Et qui, pour le coup, eux, pendant que les autres font la fête,
02:46viennent protéger nos concitoyens.
02:49Donc, c'est important.
02:50Et ensuite, il y a le système judiciaire qui, probablement,
02:52doit être réformé et amélioré pour que la sanction soit beaucoup plus certaine
02:56et beaucoup plus immédiate, parce que vous avez raison,
02:59parfois, vous avez des personnes qui rentrent par la case prison
03:03et qui en sortent un peu trop vite, à mon goût.
03:05Mais ils ne rentrent pas par la case prison.
03:06Il y a des racailles qui ont jeté les objets sur des policiers,
03:11qui ont jeté des barrières vaubants sur des voitures de police
03:14et qui ne sont pas allées en prison.
03:17Et qui n'ont même pas été condamnées.
03:19Vous connaissez mon parcours.
03:20Vous savez à quel point je suis ferme sur ces questions-là
03:23et à quel point je pense qu'il faut qu'on ait une réponse extrêmement puissante
03:26Vous aviez, il y a quelques jours, Frédéric Péchenard à votre antenne,
03:30qui est un ami, et qui dit souvent
03:33« C'est moins la gravité de la peine que la certitude de la peine qui est importante. »
03:38Donc, moi, je pense qu'il faut qu'on réforme.
03:39Et l'élection présidentielle sera probablement le moment
03:42pour pouvoir avoir ce débat en profondeur.
03:45Après, il y a déjà des choses qui se sont améliorées.
03:47Je pense à la loi narcotrafic, par exemple.
03:49On a maintenant des outils beaucoup plus puissants qu'avant.
03:52Et pour ce qui me concerne sur le logement, par exemple,
03:54la possibilité, à la première condamnation pour narcotrafic,
03:57d'expulser de leur logement social les familles connectées au narcotrafic.
04:01Ça n'a l'air de rien, mais ça fait la différence
04:03quand il y a justement cette certitude.
04:05Quand on dit « Si vous fautez, il y aura une sanction, n'en ayez aucun doute. »
04:10Ça, c'est fondamental.
04:10Alors, vous y faisiez allusion, mais mardi dernier à Marseille,
04:14la justice a refusé l'expulsion de leur HLM
04:16de deux familles dont l'enfant a été condamné pour trafic de drogue.
04:20Pourquoi ? Parce que cet enfant, cet adolescent, causait des troubles à l'ordre public,
04:26non pas en bas de chez lui, mais dans un autre quartier.
04:29Et si on commet des troubles à l'ordre public dans un autre quartier,
04:32la loi ne s'applique plus, on ne peut plus expulser le délinquant.
04:36Il y a un petit souci.
04:36C'est évidemment un souci.
04:40C'est pour ça que moi, je propose depuis longtemps que le bail social soit un bail renouvelable
04:47tous les trois ans, ce qui fait que dans ces cas-là, il n'y a même pas besoin de
04:50judiciariser.
04:51On constate les troubles et le bailleur dit « Ça suffit, au bout de trois ans, on arrête. »
04:57Comme ça, on évite d'emboliser aussi la justice.
04:59On arrête sans reloger ou en relogant ?
05:01On peut reloger une partie de la famille, par exemple.
05:03Moi, j'ai connu…
05:04Donc, vous déplacez le problème ? Vous relogez dans un autre HLM ?
05:07Non, non. Quand j'étais maire, j'ai rencontré des mamans solos
05:10qui étaient dépassées par des jeunes majeurs multirécidivistes.
05:16Et au fond, c'était la question de dire comment on relogent la maman et les enfants tout petits.
05:22Et par contre, on sort définitivement du quartier, si possible de la ville, le délinquant récidiviste.
05:28C'est d'ailleurs pour ça que dans le projet de loi logement, on en reparlera.
05:30Mais je veux qu'il y ait un droit de veto pour les maires,
05:33pour que justement les maires puissent dire « Ça suffit, ces familles-là ou ces individus… »
05:37Oui, oui, le maire de la ville puisse effectivement dire
05:42« Stop, il y a des profils, on ne les veut plus sur le territoire. »
05:45Parce que là où vous avez raison, c'est que parfois, on expulse une famille de délinquants
05:48et on les reloge, voire même on les reloge dans plusieurs logements sur la ville.
05:52Ça veut dire que le criminel revoit ses victimes et ça, c'est inacceptable.
05:56Vous êtes ministre du Logement et de la Ville.
05:58Les narcomicides se multiplient, les homicides sur fond de trafic de drogue.
06:03Donc, mardi soir à Nantes et à Grenoble, il y en a eu.
06:0610 personnes sont mortes en 6 mois à cause du narcotrafic à Grenoble.
06:10On assiste impuissant à la mexicanisation de la France.
06:13On l'a dit des centaines de fois, mais elle est là ?
06:17Ce qui est sûr, c'est qu'on est en train de vivre un phénomène qui est profond,
06:20qui est en train de s'enraciner dans les grandes villes telles que celles que vous citez,
06:23mais aussi dans la ruralité.
06:25Et que la réponse doit être à la hauteur de ce qu'on a su faire pour la lutte contre
06:29le terrorisme.
06:30Ça veut dire une mobilisation de tous les instants, de tous les efforts et de toutes les strates possibles,
06:34de la police jusqu'à la justice, en passant par la prison.
06:38C'est ce qu'a commencé à faire le gouvernement.
06:41Il y a eu ces lois narcotrafiques qui ont été une première avancée.
06:43Il y a eu ces prisons spécialisées portées par Gérald Darmanin en tant que ministre de la Justice,
06:49qui fait que déjà, on augmente notre arsenal.
06:52Maintenant, plus on embête ces narcotrafiquants, plus la violence est exacerbée et explose.
06:59Et donc, il faut que collectivement, en tant que pays, en tant que société,
07:02on se dise oui, ça va être un peu dur.
07:04Parce que quand on fait passer, par exemple, sur une grande ville de 22 points de deal
07:08à seulement deux points de deal, ça tend énormément ces narcotrafiquants.
07:12Ils se font une guerre acharnée et ça fait des tirs de rafale,
07:16un peu à la mexicanisation, dans les rues.
07:19Mais il ne faut pas lâcher.
07:20Il ne faut pas lâcher.
07:21Et au contraire, il faut aller jusqu'au bout.
07:23Et là-dessus, je le dis, il faut que les citoyens soutiennent nos policiers
07:26qui mènent un combat terrible à ce niveau-là.
07:29Je le disais, il y a des mesures aussi à prendre,
07:31comme l'expulsion systématique des narcotrafiquants.
07:34Je pense que ça, là-dessus, il faut qu'on avance.
07:36Mais de manière générale, moi, je crois qu'il faut qu'on nettoie
07:39les quartiers sur lesquels ils prennent appui
07:41avec une idée simple, c'est que pas de logement social,
07:45pas de solidarité pour ceux qui sont condamnés pour des crimes et délits graves.
07:50Et c'est une façon aussi, petit à petit,
07:52de leur enlever ces points d'accroche qu'ils ont aujourd'hui.
07:56Et il y a un enjeu aussi, c'est de reloger les familles victimes
07:59de ces narcotrafiquants beaucoup plus vite.
08:01Il y a un enjeu aussi de réfléchir à comment on a un système d'informateurs
08:05qui soit protégé.
08:06Parce qu'aujourd'hui, vous êtes forcé par des narcotrafiquants
08:09à être nourrice, c'est-à-dire à cacher la drogue chez vous.
08:11Si jamais vous allez voir la police pour le dire,
08:14le risque, il est quand même majeur d'avoir des conséquences
08:17et des répercussions parce qu'on ne va pas vous reloger tout de suite.
08:19Donc il y aurait un intérêt à aller aussi créer,
08:22au fond, faire une opération manipulite comme on a eu en Italie
08:25où on fait toute la chaîne.
08:27Il y a une volonté, une mobilisation totale du gouvernement là-dessus.
08:29Il va falloir, on sait que ça va prendre du temps.
08:31Donc il va falloir que ce soit au cœur de nos politiques publiques
08:33pour les années qui viennent.
08:34J'ai l'impression que vis-à-vis du narcotrafique
08:37et de la grande délinquance et de la délinquance en général,
08:40la France joue souvent en défense et pas en attaque.
08:44Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur,
08:46refuse de faire le lien entre délinquance et immigration.
08:49Et vous ?
08:51En fait, si la question posée, c'est
08:53est-ce que quand on est immigré et qu'on arrive sur notre territoire,
08:56on en revient forcément en délinquant ?
08:57La réponse est évidemment non.
08:59Ce n'est pas la question.
09:00Non, mais c'est pour ça que je le dis.
09:01Oui, mais ce n'est plus la question depuis Belize.
09:02On a eu une difficulté à protéger nos frontières.
09:05Vous avez des personnes qui sont rentrées illégalement sur le territoire.
09:08Donc déjà, par définition, quand vous êtes illégalement sur le territoire,
09:10c'est que vous êtes déjà en infraction avec les lois de la République.
09:13Donc il y a déjà de fait un lien majeur.
09:15Et puis derrière, effectivement, vous avez des profils
09:17qui viennent alimenter des réseaux clandestins,
09:20qui viennent alimenter des réseaux de prostitution,
09:22qui viennent alimenter des réseaux de narcotrafic.
09:25Et donc, évidemment, que mieux contrôler qui rentre et qui sort de notre pays,
09:29c'est aussi une façon d'influencer les enjeux de délinquance et de criminalité.
09:34C'est logique.
09:34Mais ce n'est pas une question d'origine ethnique,
09:37ce n'est pas une question d'origine culturelle.
09:40C'est une question de est-ce qu'on rentre légalement ou pas dans un pays.
09:42Déjà, par définition, on se met hors-la-loi.
09:44Est-ce que la lutte contre la délinquance, pour être très clair,
09:46nous oblige à durcir notre politique migratoire ?
09:49Vous savez, moi, je crois au fait qu'il faut évidemment contrôler nos frontières
09:54et donc protéger.
09:56Je le dis à tout le monde de manière très apaisée.
09:59Chez vous, vous avez une porte d'entrée avec un verrou.
10:01Et vous le faites parce que vous aimez savoir qui rentre et qui sort de chez vous.
10:04Pas pour laisser tout le temps la porte verrouillée et fermée,
10:06non, mais juste pour pouvoir avoir le contrôle.
10:08Et ça, c'est quelque chose qui doit être notre objectif.
10:10Et c'est évidemment fondamental.
10:12Et puis, vous avez un deuxième sujet.
10:14Là aussi, Frédéric Pechner en parlait très bien avant 30 ans hier.
10:16Il y a la question des OQTF.
10:18L'État prononce une OQTF, dit cette personne n'a plus à être sur notre sol et notre territoire.
10:23Et ces OQTF ne sont pas appliqués.
10:25Et ça, évidemment, c'est une difficulté.
10:27Moi, sur mon périmètre, je m'occupe de ce qu'on appelle l'hébergement d'urgence.
10:31Vous savez, en France, on est très généreux.
10:33On paye 200, 3 000 places par an à des personnes qui sont sinon à la rue.
10:38Et c'est une politique publique très humaine et qu'il faut défendre.
10:42Pour autant, c'est vrai que se pose la question,
10:44qu'on voyait que le nombre de personnes OQTF,
10:46donc qui ne sont plus censées se trouver là...
10:48En réalité, cet hébergement d'urgence qui est censé héberger des Français qui sont sans abri
10:53sert à héberger des étrangers en situation irrégulière.
10:56C'est une politique humaine, donc on ne regarde pas l'origine des personnes.
11:01Mais par contre, quand vous avez des gens qui ne sont plus censés se trouver là
11:04et qui continuent à être hébergés, là, on a une question.
11:08Il va falloir résoudre là aussi ce problème,
11:09parce que sinon, ça déborde déjà beaucoup et ça risque de déborder encore plus demain.
11:13Et comment on le résout, ce problème ?
11:15Il faut qu'on puisse appliquer nos OQTF.
11:17Vous avez un combat, notamment au Parlement européen,
11:20avec la directive retour qui devrait faciliter de manière significative le retour.
11:24Vous êtes pour l'utilisation des hubs, comme le prévoit cette directive retour ?
11:29Les hubs à l'étranger où on expulserait les émirats en situation irrégulière ?
11:33Je ne peux parler qu'en mon nom, puisque ce n'est pas la position du gouvernement.
11:36Mais je le défendais quand j'étais député, donc je ne vais pas vous dire le contraire aujourd'hui.
11:39Je pense que ça fait sens et que ce sont des outils qui permettent d'améliorer notre capacité
11:43à la fois à protéger les frontières et à renvoyer ceux qui n'ont pas à être sur notre territoire.
11:47Ça réglerait le problème de non-expulsion, notamment des OQTF algériens.
11:52L'Algérie qui ne veut pas les récupérer, ils seraient expulsés vers des hubs.
11:55En fait, c'est fondamental parce que quand vous avez des OQTF qui ne sont pas censés être là
11:59et qui commettent des crimes, comment on va voir les familles qui sont endeuillées, par exemple,
12:05en leur disant qu'il n'avait pas à être là, mais on n'a pas été capable de le
12:08renvoyer chez lui ?
12:08Donc effectivement, ça fera, à mon avis, partie des grands sujets de la présidentielle.
12:12Il faut que la France se dote d'outils comme celui que vous citez pour qu'on ait un vrai
12:15contrôle.
12:16Il faut que ce soit des sujets de la présidentielle, mais surtout que ça se transforme en acte.
12:20Bien sûr.
12:21Mais je pense que pour que ça se transforme en acte, il faut que les Français tranchent.
12:24Il faut un soutien massif de la population française qui s'exprime en disant
12:28« ça suffit, maintenant il faut qu'on se dote de ces outils-là ».
12:32Le maire Danière a envoyé la facture à des familles d'adolescents qui avaient ouvert des bouches à incendie.
12:36Tiens, 1000 euros par famille, vous en avez entendu parler.
12:39Vous le soutenez ?
12:40Totalement.
12:40Manuel H. Liman a raison de le faire et je pense qu'il faut là aussi
12:43que ce soit beaucoup plus simple et facile pour les maires
12:46d'attaquer et de porter plainte sur ces familles.
12:48Vous ferez en sorte que ces familles payent vraiment, même si elles disent « on n'a pas l'argent
12:52» ?
12:52Il faut qu'elles contribuent.
12:54Encore une fois, je crois à la responsabilité individuelle.
12:57Et donc à un moment donné, s'il faut mettre 30 ans pour payer, il faut le payer.
13:02Il faut juste le dire une seconde.
13:04Ce n'est pas un peu d'eau qui est perdu.
13:06Ce n'est déjà pas très chouette de perdre un peu d'eau.
13:09Mais le vrai sujet, c'est que vous mettez en carafe tout le système de défense incendie.
13:12Ça veut dire que potentiellement, vous mettez en danger les milliers,
13:15voire les dizaines de milliers d'habitants du quartier autour de vous.
13:18C'est ça le vrai danger.
13:19C'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des amendes et qu'il y ait des sanctions.
13:22Votre projet de loi logement devrait être examiné courant juillet à l'Assemblée nationale.
13:29Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement.
13:31Le calendrier parlementaire est très chargé.
13:33Déjà, vous ne craignez pas que votre texte soit enterré ?
13:35Il va passer ?
13:36Enterré, je n'ai aucun doute là-dessus.
13:37Il y a un soutien plein et entier du Premier ministre qui a annoncé les mesures qui sont dans ce
13:42plan logement.
13:43Est-ce qu'on arrive à le passer au Sénat ?
13:45Puisque c'était l'objectif avant juillet, on va pouvoir le déterminer dans les jours qui viennent.
13:49Mais en tout cas, je continue à être pleinement mobilisé pour ça.
13:52Les sénateurs sont en demande, les sénateurs sont en attente de pouvoir avancer sur les projets de loi logement.
13:57Il y a déjà eu d'ailleurs une PPL portée par la sénatrice Dominique Asseline, qui était, vous avez vu
14:02notre proposition de loi, sur le logement et un choc d'offres pour le logement.
14:07Et donc, le Sénat est très en demande et en attente.
14:09Je pense qu'on peut l'espérer.
14:11Mais ce qui est le plus important surtout, c'est qu'on ait le projet de loi qui vient de
14:14répondre à une crise majeure du logement.
14:17Vous ambitionnez de construire 2 millions de logements d'ici 2030 ?
14:20C'est les annonces du Premier ministre.
14:21400 000 par an ?
14:23Exactement.
14:23Et ce sont des annonces qui ont été faites.
14:24Et on en est combien là ? Quelques dizaines de milliers ?
14:272 millions, c'est l'objectif d'ici 2030.
14:30400 000, c'est la moyenne.
14:32On savait que la première année, de toute façon, le démarrage serait un petit peu lent.
14:35Et pour pouvoir atteindre ces objectifs, il faut qu'on mette en place le plan logement,
14:37qui derrière, à travers ce plan de relance, amène de la simplification, l'accélération des projets, etc.
14:43Et donc, c'est grâce aussi à ce plan logement qu'on arrivera à atteindre ces objectifs.
14:47Mais ce sont des objectifs qu'on n'a pas inventés tout seul dans un bureau.
14:50On les a partagés avec ce que j'ai appelé l'équipe de France du logement,
14:53c'est-à-dire tous les représentants de la construction, de la promotion immobilière, du logement social,
14:59de manière à ce que tous ensemble, on se dise, on va produire les 2 millions de logements que les
15:02Français attendent.
15:03C'est du logement privé ou c'est du logement social ?
15:05De tout.
15:06On mobilise toute la chaîne.
15:08Parce qu'il faut du logement très social, il faut du logement intermédiaire,
15:11il faut du logement en accession libre, il faut de la rénovation de logements anciens.
15:14Et c'est toute la chaîne qu'on mobilise pour réussir à atteindre cet objectif,
15:18qui est un objectif majeur.
15:19Moi, je crois que la présidentielle se jouera sur cette thématique du logement,
15:24parce que derrière, vous avez toutes les autres thématiques.
15:27Derrière, il y a la question du pouvoir d'achat, il y a évidemment la question de la transition écologique.
15:31Il y a aussi, d'une certaine façon, la question de la sécurité.
15:35On le voit, on a annoncé dans ce plan de relance logement un an Rue 3, la rénovation urbaine,
15:39avec au cœur et un des piliers fondamentaux, la sécurité.
15:42Ça n'avait pas été assez le cas par le passé.
15:44Et on voit que quand on transforme la ville, quand on transforme l'urbain,
15:47qu'on rajoute des rues, qu'on désenclave, ça sécurise.
15:50Et d'ailleurs, ceux qui ne s'y trompent pas, ce sont les narcotrafiquants eux-mêmes,
15:53parce que dès que vous avez une rue qui arrive pour réparer un quartier,
15:57quelle est la première chose qu'ils attaquent ?
15:58C'est les bâtiments des ouvriers, la grue, le bulldozer.
16:01Eux, ils ne veulent pas qu'on désenclave ces quartiers.
16:03Vincent Jambrun, ministre du Logement, je voulais vous entendre sur ce rapport très critique
16:08sur l'encadrement des loyers, qui dit que ça ne fonctionne pas.
16:10Il faut le poursuivre ou pas, l'encadrement des loyers ?
16:12La loi s'arrête dans six mois à l'automne.
16:14Déjà, j'ai dit de manière très simple qu'il ne fallait surtout pas généraliser,
16:17parce que c'était quand même l'ambition.
16:18Est-ce qu'il faut l'arrêter ?
16:19Au départ, on nous a dit, on va expérimenter, puis vous verrez, c'est génial,
16:22donc il va falloir généraliser.
16:23C'est la demande aujourd'hui d'une partie de l'hémicycle à l'Assemblée nationale.
16:26Moi, je dis non, Nietz, et c'est d'autant plus facile de dire non
16:29qu'effectivement, il y a un rapport indépendant.
16:30C'est formidable d'encadrer les loyers, c'est la solution miracle.
16:34Mais ça ne marche pas.
16:35Le rapport qui est fait par deux économistes totalement indépendants,
16:38il nous dit quoi ?
16:38Il nous dit, quand vous avez une petite réduction de loyer, c'est 2, 4 %,
16:42donc ce n'est franchement pas énorme quand on sait ce que ça coûte aux finances publiques.
16:46Et on est très loin d'atteindre l'objectif que veut la gauche,
16:49puisqu'en fait, ce sont les deux derniers déciles, comment dire ça ?
16:52En fait, la classe moyenne très supérieure qui bénéficie de ce plafonnement des loyers.
16:58Donc effectivement, à titre personnel, moi, je ne suis pas du tout pour poursuivre l'expérimentation,
17:04mais je vais malgré tout concerter les maires qui ont, eux, bénéficié de cette expérimentation
17:08et voir s'il est utile de leur laisser un délai et voir comment on peut aménager les choses.
17:13Donc, vous êtes pour le statut quo, que ça ne bouge pas ?
17:15Ce n'est pas ce que je dis.
17:16Ceux qui ne veulent pas l'utiliser ne l'utilisent pas,
17:18les maires de gauche pourront continuer à l'utiliser ?
17:20Moi, j'ai été maire et j'ai toujours respecté la volonté des maires.
17:23Et j'entends de toutes parts, y compris de maires, d'autres tendances politiques.
17:26Par exemple, les maires qui sont dans des zones frontalières
17:29et qui nous disent qu'on n'arrive plus à loger les nôtres.
17:32Peut-être que cet outil, si on l'a dans la boîte à outils, peut nous intéresser.
17:36Et donc, j'essaie d'aller sans dogmatisme dans la discussion et la concertation.
17:40Pour autant, sincèrement, j'invite chacun à lire ce rapport.
17:43On voit bien que quand on contracte les prix, en général, c'est l'offre qui se contracte avec.
17:48Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement.
17:51Certains élus France Insoumise, comme Bali Bagayoko,
17:54appellent à une insurrection populaire en cas d'une victoire du Rassemblement national
17:59à la prochaine présidentielle, donc en 2027.
18:03Déjà, quelle a été votre réaction quand vous avez entendu ça ?
18:08Pas étonné.
18:10Toujours choqué parce qu'on voit bien que la France Insoumise
18:12jette de l'essence sur les braises en permanence.
18:15On n'utilise pas le moins insurrection en vain.
18:18C'est quelque chose d'important et ça montre quelque chose dans l'ADN même
18:22de la France Insoumise.
18:23Je me souviens, pendant les émeutes de 2023, de M. Mélenchon
18:26qui expliquait par tweets que les émeutiers avaient le droit de brûler ou pas brûler,
18:31donnant finalement une espèce de caution, un blanc-seing aux casseurs.
18:35On se souvient de M. Bompard qui disait
18:37« Moi, je veux foutre en l'air la République »
18:39avant de préciser, un peu tremblant, « La cinquième, la cinquième ».
18:42C'est ça, aujourd'hui, la France Insoumise.
18:45Et leur logiciel de conflictualisation de tout.
18:48Donc non, on n'utilise pas le mot insurrection de manière négligée,
18:52comme ça, ce n'est pas acceptable.
18:53Et puis derrière, pardon, mais il y a un enjeu démocratique.
18:56Donc, est-ce qu'on peut combattre un parti politique ?
18:59Oui, et je le fais sans aucune difficulté.
19:03Ce sont des adversaires politiques.
19:04Mais si on accepte les règles de la démocratie,
19:06on accepte que les Français choisissent leurs représentants.
19:09Et si le peuple français choisit, il choisira son candidat.
19:12Moi, je ne fais pas une logique d'insurrection.
19:15Sinon, ce n'est pas la démocratie.
19:16À propos de 2027, vous faites partie des LR frondeurs
19:19qu'on rejoint le gouvernement sous la présidence d'Emmanuel Macron.
19:23Le président des Républicains, Bruno Retailleau,
19:26s'est lancé dans la course à la présidentielle.
19:27Il était en Ukraine il y a quelque temps.
19:29Il a fait une proposition, d'ailleurs, sur le logement.
19:32Il veut faire cavalier seul.
19:34Vous le soutenez, aujourd'hui ?
19:35Moi, je l'ai dit très clairement,
19:37je soutiens le rassemblement du bloc central avec la droite
19:41pour pouvoir, demain, gagner la présidentielle,
19:44pour que nos idées le remportent, remportent le match.
19:47Et donc...
19:47Donc vous voulez la victoire des macronistes ?
19:49Non.
19:50Non, je veux la victoire de mes idées,
19:52des valeurs que je défends depuis toujours.
19:54Vous êtes dans un gouvernement macroniste ?
19:56Eh bien, je travaille avec le bloc central avec plaisir,
19:59puisqu'on a plus de choses qui nous rassemblent
20:01que de choses qui nous divisent.
20:04Mais encore une fois,
20:05les valeurs de la droite que je défends
20:06depuis le tout premier jour de mon engagement politique,
20:09c'est celles-là que j'ai envie de voir gagner.
20:11La droite, c'est toujours allié avec le centre,
20:13ce sont nos alliés et amis naturels.
20:15Et c'est ce bloc-là qui doit pouvoir remporter le match en 2027.
20:19Mais pour ça, et les sondages sont très clairs,
20:21ça passe par un rassemblement large
20:22et un rassemblement autour d'un programme,
20:24parce que c'est ça la clé.
20:26Vincent Jambrun était l'invité de la grande interview
20:28chez News Européen, ministre de la Ville et du Logement.
20:30Merci beaucoup, monsieur le ministre.
20:31Bonne journée à vous, à bientôt.
20:32Merci également.
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