00:00La question, elle sera sans doute abordée par le candidat que vous soutenez, qui est Bruno Rotailleau.
00:04Il se trouve qu'aujourd'hui, le candidat de droite le mieux placé dans les sondages, ça n'est pas
00:10le vôtre.
00:11C'est Édouard Philippe. Est-ce que vous lui reconnaissez ça aujourd'hui ?
00:14Est-ce que vous reconnaissez qu'aujourd'hui, celui qui fait la course en tête,
00:17même s'il a un peu perdu dans les sondages, mais on est loin, ça n'est pas le vôtre
00:20?
00:20Et donc c'est les sondages qui font l'élection, Marc Fowell ?
00:23Du coup, on annule le débat, on n'a même pas besoin d'attendre un an.
00:26Ça, c'est un argument qu'on sort quand on n'est pas dans les premiers, généralement.
00:29Pas du tout, mais c'est un argument qui s'impose.
00:31Je ne voudrais pas d'ailleurs aujourd'hui, même si mon candidat était en tête dans les sondages,
00:35qu'on annule le débat qui s'ouvre pour l'élection présidentielle.
00:37Mais si vous étiez en tête, si votre candidat était en tête, vous diriez,
00:41c'est celui qui sera en tête qui représente notre famille.
00:44Mais je vais vous dire une chose, quand on regarde la vie politique française avec un peu de recul,
00:48on voit qu'il n'est quasiment jamais arrivé que dans des élections aussi ouvertes,
00:52comme les celles de l'année prochaine, le candidat qui était en tête dans les sondages un an avant
00:56soit celui qui se retrouve à l'Élysée un an après.
00:58Donc ça ne m'inquiète pas beaucoup, si vous voulez.
01:01En 2016, à la même époque, Emmanuel Macron n'était même pas testé dans les sondages d'opinion.
01:05Donc on a encore du temps, et le temps, il doit être mis à profit,
01:09parce que c'est ça le plus important, pas de parler des sondages, mais de parler de la France.
01:12Il doit être mis à profit pour parler des problèmes des Français.
01:14Si celui qui arrive à l'Élysée dans 11 mois, c'est Édouard Philippe et pas Bruno Retailleau.
01:18Mais moi, je crois que celui qui arrivera à l'Élysée dans 11 mois n'est pas Édouard Philippe,
01:21pour une raison assez simple.
01:22C'est que je pense qu'en 2027, les Français ne vont pas chercher à continuer le macronisme.
01:27Ce n'est pas une question de personne, et je n'ai aucune animosité personnelle.
01:30Il l'a rompu de manière assez forte, on pourrait estimer,
01:35en disant, à la place d'Emmanuel Macron, j'aurais démissionné.
01:37Oui, parce que même les enfants du macronisme savent que le macronisme n'est plus tellement en vogue aujourd'hui.
01:42Et donc ils essayent par tous les moyens possibles...
01:44Je suis le droit de... C'est quoi ? C'est Brutus ?
01:45Ils essayent par tous les moyens possibles de prendre leur distance, Édouard Philippe, Gabriel Attal.
01:49Mais moi, je sais que Bruno Retailleau, comme moi-même...
01:51Qui a été ministre d'Emmanuel Macron.
01:52Qui a été ministre dans un gouvernement qui n'existait que parce qu'il fallait empêcher la gauche et l
01:58'extrême gauche d'arriver au pouvoir.
01:59Nous n'avons pas soutenu Emmanuel Macron, ni en 2017, ni en 2022.
02:03Nous n'avons pas fait partie des gouvernements d'Emmanuel Macron quand il avait la majorité absolue.
02:07Nous n'avons pas fait partie du macronisme.
02:09Nous avons été dans l'opposition depuis le début.
02:11On parlait du nucléaire, on pourrait parler d'immigration.
02:13Elle va vous coller à la peau ? Elle vous colle à la peau déjà aujourd'hui ?
02:15Non, bien sûr.
02:16Dans la bouche, par exemple, de Marine Le Pen qui dit qu'on sait très bien à la fin qu
02:19'Édouard Philippe et Bruno Retailleau, il y en a un des deux qui va rejoindre l'autre.
02:23Mais je comprends la facilité et je vois bien que Marine Le Pen et Édouard Philippe ont un même intérêt.
02:28C'est de faire croire qu'à la fin, Bruno Retailleau va se dissoudre dans le macronisme au moment de
02:34sa disparition.
02:35Mais moi, je sais l'inverse.
02:36Et encore une fois, je n'ai pas été dans l'opposition avec Bruno Retailleau pendant dix ans au macronisme.
02:42Et d'ailleurs, j'ajouterai même encore plus, pendant quinze ans.
02:45Parce qu'Emmanuel Macron, comme Gabriel Attal, ils ont commencé leur chemin dès l'élection de François Hollande.
02:50Et ça fait maintenant quinze ans qu'ils sont dans les allées du pouvoir.
02:53On n'a pas été dans l'opposition pendant tout ce temps-là pour se ranger au moment où tout
02:56le monde constate enfin la faillite du macronisme et du socialisme qu'il continuait.
03:01Si au mois de février ou mars de l'année prochaine, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont au coude à
03:05coude dans les sondages que vous regarderez sûrement à ce moment-là,
03:09il se passera quoi ? Les deux resteront jusqu'au bout ou pas ?
03:13On peut faire des si indéfiniment.
03:15C'est une hypothèse. Je suis sûr qu'en vous rasant le matin, vous y pensez forcément un peu à
03:20cette hypothèse-là.
03:21Si les deux se maintiennent, c'est l'assurance ou la quasi-assurance d'avoir soit le Rassemblement National, soit
03:27la France Insoumise dans l'état actuel des forces en présence.
03:29Encore une fois, parlons du fond, c'est la seule chose qui compte.
03:31Ma conviction, c'est que la proposition que Bruno Retailleau porte, et il est le seul en ce moment à
03:35dévoiler son projet de manière claire, étape par étape,
03:38cette proposition-là, elle n'est pas soluble dans même le projet que nous percevons, parce qu'encore une fois,
03:44pour l'instant, il n'est pas encore très clair, du côté d'Édouard Philippe.
03:47Parlons justement des questions migratoires.
03:49Parlons des questions migratoires.
03:52Les députés d'Édouard Philippe ont refusé de voter le règlement retour.
03:55Bruno Retailleau l'a porté au Parlement européen.
03:57On va avoir un problème. Bruno Retailleau et moi-même, nous disons depuis très longtemps qu'il y a un
04:01problème avec le volume, le nombre de l'immigration légale en France.
04:04Gérald Darmanin même dit la même chose.
04:06Édouard Philippe nous explique qu'il faut augmenter l'immigration de travail.
04:08Donc il y a un problème, on ne porte pas la même chose.
04:11Je ne dis pas ça parce que je voudrais expliquer qu'il y a une forme d'animosité irrécupérable.
04:15Ce n'est pas une question de personne, c'est une question de fond, c'est une question de ligne.
04:18Et si on ne parle que de sondage, on va finir par désespérer les Français de la démocratie.
04:21Une question de fond, c'est une question de fond, c'est une question de fond.
Commentaires