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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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00:01Bonsoir à tous et ravis de vous retrouver pour face à Mathieu Bocoté.
00:05Cher Mathieu, bonsoir.
00:06Bonsoir.
00:08Bonsoir, non pas Arthur Devatrigan, mais Ophélie Ayroc.
00:11Bonsoir Eliott, je le remplace le temps.
00:13Il est grand remplacé.
00:15Voilà, il est grand remplacé, mais il le savait.
00:16Une formule, on a le droit d'employer maintenant que Jean-Luc Mélenchon l'employait.
00:19Si vous êtes Jean-Luc Mélenchon, sinon vous êtes un théorici, un conspiratiste d'extrême droite.
00:23C'est une formule consacrée.
00:25Ophélie Ayroc a grand remplacé Arthur Devatrigan, qu'on retrouvera j'imagine la semaine dernière.
00:29Et qu'on salue, bien sûr.
00:32A la une de face à Mathieu Bocoté, c'est un visage que vous ne connaissez certainement pas.
00:37Une histoire quasiment jamais traitée dans les médias français.
00:41Celle d'Henri Novak, qui est ce garçon de 18 ans seulement,
00:45tué à coups de couteau en décembre dernier en Grande-Bretagne.
00:47Le procès s'est ouvert à Southampton, ex-implication, dans un instant avec Mathieu Bocoté.
00:53A la une également, les amours de Charles Aloncle passionnent la presse people.
00:57Rien de neuf sous le soleil, il fait partie des révélations politiques de ces derniers mois.
01:02Les méthodes pour y parvenir laissent déjà plus de place à la polémique ou au malaise.
01:07Mais plus sidérant encore, c'est que la présidente de l'Assemblée nationale,
01:11Yael Brown-Pivet, s'en empare.
01:12Qu'est-ce que Yael Brown-Pivet vient faire dans cette affaire ?
01:16On en parle dans cette émission.
01:17Enfin, vous recevez Jonathan Sicsou pour son livre « Triompher en festin »
01:23à l'heure où le canon français, mais également les chaînes de fast-food sont au cœur des débats.
01:28Entretien à suivre dans la seconde partie de notre émission.
01:31Cher Mathieu Bocoté, lorsque vous avez préparé cette émission et que j'ai vu qui connaît Henri Novak,
01:38je me suis dit « Mais qui est cet homme ? »
01:40Qui est Henri Novak ?
01:40L'histoire d'Henri Novak est peu connue en France, pour ne pas dire presque inconnue.
01:45Mais elle mérite qu'on s'y attarde.
01:47Elle s'est passée en Grande-Bretagne
01:48et semble révéler les tendances les plus troubles de notre époque
01:52et jette un regard brutal sur la question du racisme anti-blanc.
01:56Oui, en fait, c'est une histoire qui peut, à certains égards, j'y reviendrai,
02:01faire penser à celle de Thomas.
02:03Vous savez, c'est moi, Perrotto, qui…
02:04Crépole.
02:05Et de Crépole.
02:06Donc, j'y reviendrai dans un instant.
02:08Donc, voilà cette histoire qui occupe beaucoup d'espaces médiatiques au Royaume-Uni,
02:13qui a très peu d'écho à travers le monde.
02:15Or, il s'agit d'une histoire qui a une dimension politique très forte.
02:18Donc, Henri Novak, étudiant, 18 ans, étudiant brillant, apprécié de ses proches,
02:24et de suite revient un soir de foot, si je ne me trompe pas, avec des amis.
02:30Et il croise dans la rue un accusé, celui qui sera, en fait, qui conduira à la mort,
02:37Vikrum Singh Digva, donc qui est un Sikh.
02:40Et il le filme du point… ce qu'il nous a raconté pour l'instant,
02:43parce qu'encore, il y a des faits à préciser.
02:45Il le voit dans la rue avec un très grand poignard.
02:47Donc, pas seulement le poignard…
02:48Vous savez, chez les Sikhs, il y a le kirpan.
02:50Le kirpan, c'est le poignard cérémonial
02:52qu'ils doivent porter une obligation religieuse.
02:54Mais il y a aussi un très grand poignard, et il le voit.
02:57Et Henri Novak le filme dans la rue.
03:00Il le filme.
03:01La situation tourne mal.
03:04Et, à terme, Henri Novak est poignardé à cinq reprises,
03:08deux fois aux jambes, notamment une fois à la poitrine,
03:10et il en meurt.
03:12Déjà, c'est une histoire assez tragique, c'est le moins qu'on puisse dire.
03:15Mais une dimension s'ajoute à cela.
03:18Les policiers arrivent.
03:21M. Digva, qui est Sikh, donc, vous savez, pour reconnaître avec les turbans et tout ça,
03:27accuse Novak, dit, il va faire contre moi une agression raciale.
03:30Une agression raciale.
03:31Donc, que font les policiers?
03:33Ils passent des menottes à l'homme qui saigne par terre,
03:37qui est en train de se vider de son sang.
03:39Donc, il décide de menotter ce pauvre garçon,
03:43parce que la victime, dans les circonstances,
03:45c'est celui qui a été victime de propos racistes
03:47et non pas celui qui s'est fait poignarder.
03:50L'histoire, donc, pendant...
03:52Et là, je sous-précise qu'avec des vidéos,
03:54tout ce qu'on comprend pour l'instant,
03:55parce que le procès, bon, se tient,
03:57mais ce qu'on comprend pour l'instant,
03:58c'est que les propos racistes n'ont pas eu lieu.
04:00Si je peux me permettre, aurait-il eu lieu
04:02que ça ne donne pas le droit de poignarder quelqu'un?
04:04Parce que M. Digva dit,
04:06il a cherché à m'arracher mon turban,
04:08à m'enlever mon kirpan, à m'enlever mon couteau, tout ça.
04:11Il me filmait.
04:12Donc, pour ce qu'on comprend pour l'instant,
04:14il y a un récit fantasmé,
04:16d'autant que la maire de Digva
04:18était accusée d'avoir,
04:19de s'être présentée sur les lieux,
04:20d'avoir retiré l'arme.
04:22Donc, autrement dit,
04:22d'avoir cherché à dissimuler des preuves.
04:24Qu'est-ce qui est intéressant,
04:25en travers cela, sur le plan politique,
04:27pourquoi ça occupe tant d'espaces médiatiques
04:28en Grande-Bretagne?
04:30Parce que dans une situation comme celle-là,
04:32l'accusation de racisme verbal
04:34a été jugée plus importante
04:36que la situation d'un homme
04:38qui saignait poignardé par terre.
04:40Donc, ce que l'on peut dire pour l'instant,
04:42c'est qu'on ne sait pas
04:45s'il a été tué parce que blanc.
04:47Ça, c'est une chose.
04:48Mais ce qu'on sait,
04:49c'est que les policiers,
04:50dans les circonstances,
04:51décident de considérer
04:52que c'est lui le danger principal
04:54parce que blanc,
04:55et le récit de ce meurtre atroce
04:59est occulté médiatiquement
05:01parce que blanc.
05:03Alors, vous me direz,
05:03c'est peut-être exceptionnel,
05:05je ne vous répondrai pas vraiment.
05:06Les grooming gangs,
05:07dont on parlait encore
05:08la semaine dernière ici.
05:09Pourquoi on a décidé
05:10de ne pas porter attention
05:11pendant des années
05:12à ces gangs pakistanais,
05:14dans ce cas-là,
05:15qui pratiquaient l'esclavage sexuel
05:17des jeunes blanches
05:19issus de la classe ouvrière?
05:20Et je dis le mot blanche,
05:21pourquoi?
05:22Parce que c'était un esclavage sexuel
05:24racialement cherché.
05:25C'est-à-dire,
05:25cette dimension-là était cherchée.
05:27Eh bien, on ne l'a pas mentionné
05:28parce qu'il ne fallait pas
05:29troubler le récit
05:30de la diversité heureuse
05:32et du multiculturalisme lumineux.
05:34De la même manière,
05:35en Allemagne,
05:36ça c'est toute autre chose,
05:37c'était il y a un an et demi,
05:38je m'en souviens encore,
05:39donc il y a une scène
05:40un peu de troubles
05:40à l'ordre public
05:41et les policiers se jettent
05:43sur l'agressé
05:44plutôt que sur l'agresseur
05:45parce que l'agressé
05:46était associé
05:47à l'extrême droite,
05:49comme on dit,
05:49on le suspectait
05:50d'être d'extrême droite,
05:50donc les policiers
05:51se tournaient vers celui,
05:53l'agressé dans les circonstances,
05:54parce qu'il était
05:56mal connoté idéologiquement
05:57ou politiquement.
05:59Donc, qu'est-ce qu'on voit
06:00à travers cela?
06:01Il y a un système
06:02de préférence raciale
06:03inavoué ou avoué
06:04qui existe dans nos sociétés,
06:06mais, contrairement
06:07à ce qu'on dit,
06:08ce n'est pas un racisme
06:09systémique à l'avantage
06:10de ceux qu'on appelle
06:11les Blancs,
06:12mais c'est un racisme
06:13anti-Blanc militant
06:14mais que l'on ose nommer.
06:16Autre question
06:17que l'on se pose
06:18à travers ce sujet,
06:20bien évidemment,
06:22Mathieu Bocoté,
06:23c'est comment expliquer
06:24cette difficulté
06:24à nommer
06:26le racisme anti-Blanc?
06:27Vous savez,
06:28dans la structure mentale
06:29des sociétés occidentales
06:30contemporaines,
06:31il faut comprendre,
06:32l'imaginaire d'une société,
06:33ça ne flotte pas
06:34dans le ciel éthéré
06:35des idées pures.
06:36C'est produit
06:36par des institutions,
06:37produit par des courants
06:38de pensée.
06:39Ceux qui maîtrisent
06:40l'université et les médias
06:41ont une véritable capacité
06:42d'influence.
06:43Or, la thèse dominante
06:44est la suivante,
06:45le racisme est blanc
06:46et le blanc est raciste.
06:48Et le non-Blanc
06:48ne peut pas être raciste
06:50parce qu'à la rigueur,
06:51il peut y avoir
06:51des réflexes
06:51d'autodéfense raciale,
06:53mais le racisme
06:53est un système
06:54à l'avantage des Blancs.
06:55Et, de l'autre côté,
06:57le racisme anti-Blanc
06:58est une théorie
06:58d'extrême droite.
06:59On a fini par le comprendre.
07:01Dans cette logique,
07:03eh bien,
07:03c'est une lecture
07:04de l'histoire aussi
07:04qui se présente.
07:05L'Occident a un encens,
07:06le monopole du mal.
07:08L'Occident,
07:08le monopole du mal,
07:09il est racisé,
07:10donc ce sont ceux
07:10qui auraient subi
07:11la domination de l'Occident.
07:12Eux ne peuvent jamais
07:13être dans une situation
07:14d'agression,
07:15de conquête,
07:15de contre-conquête.
07:17On a commémoré
07:18cette semaine
07:18les 25 ans
07:19de la loi Taubira.
07:20La loi Taubira,
07:20notamment sur la reconnaissance
07:22de la traite négrière,
07:22de l'esclavage,
07:23et ainsi de suite.
07:24Rappelez-vous
07:25ce que Mme Taubira
07:26disait à l'époque
07:27à propos
07:28de la traite négrière.
07:29Elle disait
07:30« Je ne veux pas reconnaître
07:31dans cette loi
07:31notamment la traite
07:33issue du monde arabe
07:35parce que je ne veux pas
07:36que la jeune génération
07:37issue du monde arabe,
07:38les jeunes arabes,
07:39portent le poids
07:40de la traite négrière
07:41de leur point de vue
07:42dans la formation
07:43de leur identité
07:44et dans la vie publique. »
07:46Pourquoi n'avaient-elles
07:46pas le même souci
07:47pour ceux qui n'étaient
07:47pas arabes en France
07:48ou il y en a encore
07:49quelques-uns ?
07:50Donc, il y avait cette idée
07:51d'une forme de système
07:52de différenciation ethnique
07:54portée à l'époque
07:56par Mme Taubira
07:57qui disait
07:58« Certains groupes
07:59doivent être épargnés
08:00d'une mémoire négative.
08:02Certains groupes
08:03doivent se définir »
08:04Donc, les fameux blancs,
08:06les français de souche,
08:07on ne sait plus
08:07comment les nommer,
08:08doivent être définis
08:09par cette mémoire négative.
08:11Plus largement,
08:12dans nos sociétés,
08:13les tensions liées
08:14à la société multiculturelle
08:15sont partout présentes.
08:16Il faut le constater,
08:17aucune société
08:18qui fait l'expérience
08:19des grandes migrations,
08:20du multiculturalisme,
08:21ne fait l'économie
08:23de ces tensions.
08:24Pendant longtemps,
08:25on s'est dit
08:25qu'on va nier ces tensions,
08:26on va dire que ça n'existe pas,
08:28circuler,
08:28il n'y a rien à voir.
08:29Quand ces tensions
08:30arrivent inévitablement,
08:31quand on ne peut plus nier,
08:33quand la société explose,
08:34quand la violence
08:35est partout,
08:35qu'est-ce qu'on fait ?
08:36On trouve un système
08:37d'explication
08:38qui permet de neutraliser
08:39la dimension ethno-culturelle.
08:41Je vais vous donner
08:41quelques exemples.
08:42Rappelez-vous,
08:43tout récemment,
08:43on en a parlé ici,
08:45la loi portée au Sénat
08:46et demain à l'Assemblée
08:48sur l'antrisme islamiste.
08:50Le ministre de l'Intérieur,
08:51pour l'instant,
08:51veut une loi non plus
08:52sur l'islamisme,
08:53non pas sur l'antrisme islamiste,
08:54mais sur l'antrisme en soi.
08:56Donc,
08:56une loi qui officiellement
08:58prétendait au tout début,
08:59le prétexte d'origine,
09:00c'était lutter contre l'islamisme,
09:01mais dans un deuxième temps,
09:03finalement,
09:03c'était pour lutter
09:04contre tous les potentiels
09:04ennemis de la République.
09:06Je vous annonce,
09:06c'est certain,
09:07demain,
09:08avec une telle loi,
09:09eh bien,
09:10ce sont les groupes identitaires,
09:11ou dits d'extrême-droite
09:12qui seront ciblés
09:12parce qu'on est incapable
09:13de nommer le danger
09:14de l'islamisme,
09:15alors on décide
09:16de frapper sur tout le monde
09:17et finalement,
09:17on frappera sur ceux
09:18qu'on devrait protéger.
09:19De la même manière,
09:20quand on parle
09:21d'ensauvagement général
09:22de la société,
09:23sans noter que la violence
09:24qui vient
09:24est inégalement distribuée
09:26parmi les groupes culturels
09:27ou ethno-culturels
09:28que nous connaissons
09:29à cause des vagues migratoires.
09:31De même,
09:32quand on parle
09:33du harcèlement de rue,
09:34les femmes victimes
09:34de harcèlement de rue,
09:35on va nous dire
09:36qu'on en connaît
09:37tout autant à Versailles,
09:39par exemple,
09:40que dans le 9-3,
09:41ou dans d'autres quartiers
09:43de Paris.
09:44Donc on va dire
09:44oui, Versailles,
09:45c'est le véritable lieu.
09:46Rappelez-vous,
09:46dans l'issue
09:47de la Manif pour tous,
09:47on disait l'homophobie
09:48en France,
09:49non, il n'y a aucune
09:50dimension culturelle
09:51ou alors c'est Versailles
09:52qui nous contamine.
09:53Alors j'y reviens,
09:54il y a l'idée
09:55d'une forme de racisme
09:56structurel
09:56qui domine nos sociétés.
09:58Les Blancs en sont
09:58seuls coupables.
09:59Le problème,
10:00c'est lorsque les Blancs
10:01sont tués en tant que Blancs,
10:02rappelez-vous
10:03la séquence de Thomas
10:04à Crépole,
10:05eh bien on fait tout
10:11panie et lorsque
10:12vous vous êtes poignardé,
10:14c'est encore vous le coupable
10:14potentiellement,
10:15c'est ce qu'on a vu
10:16au Royaume-Uni.
10:17La crise de la société
10:18multiculturelle
10:19peut aussi apparaître
10:19de manière plus ludique,
10:21n'est-ce pas,
10:21ce qu'on a vu
10:22en France cette semaine ?
10:24Expliquez-nous Mathieu.
10:25Ah, on en parlera
10:26dans un instant d'ailleurs
10:27avec Ophélie Roch,
10:27mais rappelez-vous
10:28cette vidéo,
10:29donc, une vidéo floutée.
10:31Donc je pense
10:32que c'est à Paris
10:32si je ne me trompe pas
10:33et on voit en arrière-fond,
10:35je pense que c'est
10:36Benjamin Morel,
10:37le politologue
10:37qui est invité.
10:38Et en arrière-fond,
10:39il y a une statue
10:39globalement de pierre
10:40ou de marbre,
10:41à tout le moins,
10:41ce n'est pas de la chair humaine,
10:42je vous rassure.
10:43Et ce sont deux amoureux
10:45qui ne sont pas encore,
10:46si je peux me permettre,
10:46dans les galipettes.
10:47On n'est pas exactement
10:48au moment des grands élans.
10:50On est au moment
10:51de la séduction
10:52et de la tendresse.
10:53Eh bien,
10:54cette affiche a été,
10:55cette affiche que dit
10:56cette statue à la télé
10:57a été floutée
10:58par le service public.
11:00Floutée.
11:01C'est exceptionnel quand même.
11:02Ah bien, on l'a ici.
11:03Donc là,
11:03juste au cas où les gens
11:04pourraient avoir
11:04des pensées troubles
11:05et coupables
11:06et un désir absolument pervers
11:07en voyant ces deux statues
11:08au seuil de l'accouplement.
11:09Donc, on décide,
11:11au nom d'une conception
11:11de la pudeur,
11:12qui dans les circonstances,
11:13on l'aura compris,
11:14relève sinon de l'islamisme
11:15à tout le moins
11:16de codes culturels étrangers
11:18aux mœurs françaises,
11:19eh bien,
11:20on décide de flouter.
11:21La France doit être absente
11:23en France
11:23pour ne plus déranger
11:24la Nouvelle-France.
11:25Dans le même état d'esprit,
11:27quand on décide
11:27de bannir le cochon,
11:30quand on a la guerre,
11:31la cochonophobie aujourd'hui
11:32autour du canon français,
11:34qu'est-ce qu'il y a derrière ça?
11:35C'est cette idée
11:35que quand la France
11:36s'affiche en France,
11:37eh bien,
11:38elle est de trop en France.
11:39Quand on décide de dire
11:40l'alcool est de trop aussi
11:41dans certains restaurants
11:42pour ne pas heurter
11:43les mœurs de l'islam.
11:44Donc, qu'est-ce qu'on voit ici?
11:45Il y a cette idée
11:46qu'on doit s'effacer chez soi
11:47pour accueillir
11:48la saine diversité.
11:50De la même manière,
11:51quand vous êtes dans
11:52cette logique d'effacement,
11:53quelquefois,
11:54on le fera aussi.
11:54Encore une fois,
11:55je disais tantôt,
11:55il y a des principes détournés,
11:56la lutte contre l'antrisme,
11:57mais cette fois-là,
11:58la lutte pour la laïcité.
12:01Et là, il y a une chose
12:01qui s'est passée à Montréal
12:02cette semaine
12:03qui est exceptionnelle.
12:04On a connu l'été dernier
12:05à Montréal et à Québec
12:06des prières musulmanes
12:08dans les rues
12:08et animées par des islamistes
12:10sans le moindre doute.
12:11Le gouvernement du Québec
12:12fait une loi
12:13contre les prières musulmanes,
12:15pas musulmanes,
12:15contre les prières dans les rues.
12:17Qu'est-ce qu'on a vu?
12:18L'arrondissement du plateau Mont-Royal,
12:19qui est une forme
12:20d'arrondissement français
12:21à Montréal,
12:22soit étant passant,
12:23l'arrondissement du plateau Mont-Royal
12:25a interdit
12:26une procession religieuse portugaise
12:28parce qu'elle leur tait
12:29la laïcité.
12:31Donc, autrement dit,
12:31on prétend lutter
12:32contre l'islamisme
12:33et à la fin,
12:33on tape sur des Portugais
12:34qui veulent se promener
12:35avec des croix
12:35sans avoir causé
12:37le moindre souci
12:38à l'ordre public.
12:39Ce qui nous rappelle,
12:40je me permets,
12:40je le recevrai bientôt
12:41à l'émission,
12:42Benoît Dumoulin
12:43a écrit un livre
12:43absolument remarquable,
12:44« Quelle laïcité pour demain! »
12:46où il revient
12:47sur les bons et les mauvais usages
12:49de la laïcité aujourd'hui.
12:50On peut être d'accord
12:50ou non avec lui,
12:51mais ce livre mérite
12:52d'être mentionné
12:52parce qu'il prend
12:53une renouvelle
12:54le rapport
12:54à la question de la laïcité.
12:55Ce qui est certain,
12:56je conclurai avec cela,
12:57quand vous ne voulez pas
12:58vous nommer comme peuple,
12:59comme civilisation
13:00dans votre identité culturelle,
13:01dans votre identité civilisationnelle,
13:03que vous ne vous définissez
13:04que par des principes,
13:05que vous ne vous nommez
13:07que pour vous accuser,
13:08le blanc n'existe
13:09que pour être accusé,
13:10le français n'existe
13:11que pour être accusé,
13:12sinon nous ne sommes
13:12que des principes immatériels,
13:14eh bien à la fin,
13:15vous vous effacez,
13:15vous disparaissez
13:16et on vous demande par ailleurs
13:17de vous effacer
13:18toujours davantage
13:18parce que vous êtes
13:19encore là un peu trop,
13:20ne serait-ce que par le souvenir.
13:21Et heureusement
13:21qu'il existe les réseaux sociaux
13:22pour les deux sujets
13:23que vous avez traités.
13:24Bien sûr !
13:24Henri Novak,
13:25jamais les français
13:26ne se seraient posés
13:28la question
13:28sur cette victime
13:30de 18 ans
13:31puisque je sens
13:32les réseaux sociaux
13:32et la statue floutée,
13:34idem.
13:35Oui, bien sûr !
13:35Il y avait ces lanceurs d'alerte.
13:37Cher Aurélie,
13:39Ophélie, pardon,
13:40Roch,
13:40C'est pas grave !
13:40Cher Ophélie Roch,
13:42vous souhaitez revenir
13:43également
13:44sur les fameuses
13:45statues floutées.
13:46Oui, c'est en fait
13:48à deux titres d'ailleurs.
13:49Le premier titre,
13:51c'est parce que
13:51j'avais fait l'école du Louvre
13:52donc c'est vrai que moi
13:53l'art,
13:53c'est une sensibilité
13:54particulière
13:55et surtout parce qu'on se tue
13:57en tant que professeur
13:57à dire aux élèves
13:58que certaines choses
13:59qui ne se font pas
14:00entre guillemets
14:01dans la vraie vie
14:01peuvent se faire dans l'art.
14:02Or ici, déjà,
14:03le premier message c'est
14:05non, regardez
14:05cette statue-là,
14:07la télé française,
14:08donc l'État français
14:09considère que c'est quelque chose
14:10qui est un petit peu tabou
14:12ou en tout cas
14:12qui est indécent
14:13et qui puisse choquer.
14:14Donc c'est déjà
14:15un premier point qui est inquiétant,
14:17c'est-à-dire laisser croire
14:18finalement aux plus jeunes
14:20ou à des élèves
14:21que l'art
14:22et cette forme d'art
14:24en particulier
14:24qui est un art
14:25qui en effet
14:25est un art classique,
14:26la statue n'avait rien
14:27de révoltant.
14:28D'ailleurs,
14:29elle est dans le parc
14:30d'ici Les Moulinots,
14:31elle est placée
14:31juste à côté
14:32d'un jardin pour enfants,
14:34donc c'est-à-dire
14:34que personne n'a estimé
14:36que cette statue-là
14:36pouvait choquer
14:37des plus jeunes enfants.
14:38Donc on se demande bien
14:39pourquoi elle choquerait
14:40un téléspectateur
14:41peut-être attablé
14:42à 20 heures.
14:43On se demande
14:44qui est à l'origine du floutage
14:45et c'est là finalement
14:46où ça devient
14:47un petit peu plus compliqué
14:48que ça.
14:48C'est-à-dire que France 2,
14:50suite au tollé
14:50qu'il y a eu
14:51sur les réseaux sociaux
14:52parce qu'il y a des personnes
14:53en effet
14:53qui se sont intriguées
14:54de mais qu'est-ce que c'était
14:55que cette tâche un peu blanche
14:56qu'on voyait au loin ?
14:57Est-ce que c'était
14:58une scène de crime ?
14:58Est-ce que c'était un massacre ?
14:59Non, pas du tout.
15:00C'était Zéba
15:01qui dure depuis plus de 130 ans
15:03de deux amants en pierre
15:04donc a priori
15:05il n'y a rien
15:05pour choquer le spectateur.
15:08Mais France 2
15:09se fendent un tweet
15:10et explique qu'en effet
15:12c'est une initiative individuelle
15:15ce qui n'avait certes
15:16pas lieu d'être
15:17qui présentait leurs excuses
15:19aux téléspectateurs.
15:21Bref, ça serait un geste isolé
15:23d'un salarié anonyme
15:25qui de son propre chef
15:27a jugé qu'une sculpture
15:28du 19e siècle
15:29n'avait pas sa place
15:30tout simplement
15:31sur les écrans
15:31de la télévision française.
15:33Alors c'est peut-être
15:33un maniaque,
15:34un excité du caillou
15:35qui ne souhaitait pas
15:36que les autres
15:36aient exactement
15:37la même réaction que lui
15:38mais ce qui est certain
15:39en revanche
15:39c'est que la rédaction
15:40de France 2
15:41elle se dédouane
15:42en un battement d'elle.
15:44C'est-à-dire que
15:44ce n'est pas nous
15:46ce n'est pas lui
15:47ou ce n'est pas elle
15:47d'ailleurs on ne sait pas
15:49d'ailleurs on ne sait pas
15:50et puis combien même
15:51on le saurait
15:51on ne vous le dirait pas
15:52parce qu'on se doute bien
15:53que les agents du service public
15:54ne se dénoncent pas entre eux.
15:56Là où ça devient
15:57un peu plus compliqué
15:58et problématique
15:59c'est que ce n'est pas
16:00qu'une affaire d'individualité
16:01cette histoire de la statue
16:03pour que la personne
16:04ait jugé bon
16:04de pouvoir flouter
16:05d'elle-même
16:07la dite image
16:08c'est bien que
16:08d'une certaine manière
16:09dans les couloirs
16:10de France Télévisions
16:11il y a une petite atmosphère
16:12qui permet de le faire
16:12sans que ça puisse même
16:14nous choquer.
16:15Et ce climat-là
16:16il porte un nom en fait
16:17alors un nom
16:18que France 2
16:19n'aime pas nommer
16:19mais c'est soit
16:20une forme de walkisme
16:22et cervelé
16:22c'est-à-dire qu'on a
16:23peut-être estimé
16:24que la femme
16:24n'avait pas l'air
16:25assez contentante
16:25sur la statue
16:26je n'en sais rien
16:27soit on a estimé
16:28que c'était
16:29pour ne pas choquer
16:30des membres
16:31d'une certaine religion
16:32et dans ce cas-là
16:32c'est d'autant plus grave
16:33parce qu'il faut nommer
16:34surtout à l'heure
16:35où on n'arrête pas
16:36de nous parler
16:36de Samuel Paty
16:37à quel point
16:38c'est un grand film
16:39mais on voit
16:39que l'État français
16:40nous dit ça
16:41et en même temps
16:41l'État français
16:42n'est pas capable
16:42de montrer des statues
16:44sans les flouter
16:44et aussi un peu
16:46et beaucoup
16:46de bêtises crasses
16:47quand on arrive jusque-là.
16:48Donc pour finir
16:49en gros
16:50nous avons une statue
16:51qui a été rénovée
16:52très récemment
16:52sur des fonds publics
16:53par la municipalité
16:54d'Issylée Moulineau
16:55et on a
16:56le service public
16:57toujours payé
16:57par notre argent
16:58qui lui décide
16:59de flouter
17:00la statue à l'image
17:01en gros
17:01nous avons payé
17:02deux fois
17:02une fois pour l'avoir
17:03et une fois
17:04pour ne pas l'avoir.
17:06Eh bien
17:07je regardais
17:08en même temps
17:08la réponse
17:09de France Télévisions
17:10parce qu'un sujet
17:11aux 20h de France 2
17:13il est monté
17:14voicé
17:15checké par un rédacteur
17:17en chef
17:17et puis potentiellement
17:18par le présentateur
17:19donc c'est pas
17:19une personne
17:20C'est un fait divers
17:22des faits divers
17:23partout
17:23Non mais c'est
17:24quand même
17:25dans toute rédaction
17:26d'ailleurs
17:26Oui on appelle ça aussi
17:27le programme
17:27pour des imbéciles
17:28Écoutez
17:29c'est vous qui le dites
17:30c'est vous qui serez
17:30arcomisé
17:32Autre sujet
17:33on va parler
17:34amour
17:34et intelligence artificielle
17:36parce que pour
17:37ce deuxième édito
17:38de manière exceptionnelle
17:39vous tenez à parler
17:40de deux sujets distincts
17:41Charles à l'oncle
17:42et ses amours
17:43et l'intelligence
17:45artificielle
17:46mais vous ne parveniez pas
17:47à trancher
17:48pourquoi donc ?
17:49Parce qu'il y avait
17:49tellement de sujets
17:50cette semaine
17:50aujourd'hui
17:51je devenais fou
17:52je veux parler de tout ça
17:53donc qu'est-ce que je vais faire
17:54je vais trancher
17:55tout simplement
17:55en essayant d'être assez
17:56comment dire
17:58bref et pertinent
17:59néanmoins sur les deux sujets
18:00Charles à l'oncle
18:01d'abord depuis hier
18:02si je ne me trompe pas
18:02moi qui sois avant-hier
18:03mais c'est hier
18:04donc c'est Paris Match
18:06une image
18:07qui nous montre
18:08qu'il est à Paris
18:09avec son assistante parlementaire
18:11qui est aussi sa compagne
18:12ou peut-être son amie
18:13ou quand sais-je
18:14donc c'est sur les réseaux sociaux
18:16sur le mode
18:16Charles à l'oncle
18:17prend quelques minutes
18:17à Paris
18:18pour s'amuser
18:18après tant et tant
18:21des péripéties
18:21de la fameuse commission
18:22qui porte son nom
18:23et là
18:24ça devient un scandale
18:25très rapidement
18:26pourquoi ?
18:27parce qu'on nous dit
18:27ah ah
18:28il a donc fait embaucher
18:30sa compagne
18:31qui que je sache
18:32n'est pas encore son épouse
18:33il a fait embaucher
18:34sa compagne
18:35dès lors
18:35il est à l'extérieur
18:36du périmètre
18:37de la déontologie
18:38et de l'éthique parlementaire
18:39et là
18:40je vois se mobiliser
18:41sur les sociaux
18:42toute une série
18:43de petits agents
18:44du KGB
18:44de l'intime
18:45qui décident
18:46ah nous voulons
18:47tout savoir
18:48sur les amours
18:48de ce monsieur
18:50l'hypothèse
18:51l'hypothèse
18:52comme quoi
18:53il aurait d'abord
18:53travaillé avec cette jeune femme
18:54et finalement
18:55une relation
18:56se serait nouée entre eux
18:57et bien ne semble pas
18:58avoir traversé
18:58j'en sais rien
18:59les amours de Charles à l'oncle
19:00ne font pas partie
19:00sur l'enmoi
19:01des sujets d'intérêt public
19:02mais puisqu'il nous oublie
19:03j'en parlais
19:03parlons-en
19:04l'hypothèse
19:05selon laquelle
19:05il a travaillé avec elle
19:07et une relation
19:08aurait pu naître
19:08entre eux
19:09ne semble pas
19:10considérée pour l'instant
19:11je vais jusqu'au bout
19:12de la logique
19:13de ces braves gens
19:14parce qu'ils nous disent
19:14que puisqu'une relation
19:15s'est développée entre eux
19:17ils devraient la virer maintenant
19:18dégage
19:19nous sommes ensemble
19:20on passe du temps ensemble
19:21dégage maintenant
19:22ou alors inversement
19:24est-ce qu'il doit dire
19:25bon tu m'aimes
19:25je t'aime
19:26une relation née entre nous
19:28mais elle ne peut pas
19:28advenir
19:29parce que si on a
19:30la morale publique
19:31d'aujourd'hui
19:31cet amour doit être empêché
19:33alors ça c'est intéressant
19:35je ne sais pas
19:35laquelle des deux options
19:36est la bonne
19:36mais Mme Brown-Pivet
19:38semble le savoir
19:38elle qui sait parfaitement
19:40gérer son assemblée
19:41à ce qu'on dit
19:41a décidé de mobiliser
19:43le déontologue
19:44de l'assemblée
19:45il y a toujours quelqu'un
19:46qui a un job payé par l'État
19:47quelque part
19:47qui ne devrait pas exister
19:49et donc
19:51ce déontologue
19:52va-t-il se pencher
19:53sur ce qu'on pourrait appeler
19:53les culbutes autorisés
19:55entre M. Alloncle
19:56et sa compagne
19:57est-ce qu'il va dire
19:57bon est-ce que vous vous êtes embrassé
19:59est-ce que vous avez fait davantage
20:00vous avez fait plus d'une fois
20:01et de quelle manière
20:02et dans quelle position
20:03comme dirait Brassens
20:04ça nous intéresse
20:05parce qu'à partir de quel moment
20:06le déontologue
20:07peut-il se comporter
20:08un parfait policier
20:09de l'intime
20:10et on peut pousser
20:11la réflexion plus loin
20:13devons-nous déclarer
20:14nos amours
20:15en toutes circonstances
20:16aux autorités
20:16est-ce que la transparence totalitaire
20:18doit s'imposer partout
20:19en toutes circonstances
20:20est-ce qu'il faut codifier
20:22juridiquement
20:22et formellement
20:23toutes les relations intimes
20:25qui existent
20:25entre les êtres humains
20:26qui peuvent naître
20:27sur le lieu de travail
20:28ou ailleurs
20:28je serais curieux
20:29de savoir
20:29qui sont
20:30comme je dis
20:30ces petits passionnistes
20:31et KGB de l'intime
20:32qui voudraient savoir
20:33expliquer à Charles
20:34à l'oncle
20:35et sa compagne
20:35ou sa compagne
20:36son ami
20:36j'en sais rien
20:37ça nous concerne pas
20:37de quelle manière
20:38vivent leur vie
20:39parce que depuis
20:402017
20:41il y a une loi
20:42qui dit qu'on n'a pas le droit
20:43d'embaucher sa femme
20:44que risque prudence
20:45François-Philippe
20:46chaque fois que quelque chose
20:47se passe
20:47on en fait une loi
20:48et cette loi devient folle
20:49c'est une constante
20:51autre sujet
20:52à présent
20:53vous vouliez aussi parler
20:54d'une polémique sur Twitter
20:55concernant
20:56l'intelligence artificielle
20:58de quoi s'agit-il ?
20:59un truc qui m'a rendu fou
20:59cette semaine
21:00alors il y a un type
21:01je le donne de nom
21:02Brivaël Lepogam
21:04qui a fait un texte
21:06sur la French Theory
21:07donc vous savez
21:07l'influence
21:08de la pensée française
21:09dans la formation
21:10du wokisme
21:10aujourd'hui globalement
21:12un texte produit
21:13par l'intelligence artificielle
21:14assez inadéquat
21:16si je peux me permettre
21:17un texte pas très
21:18c'est pas lumineux
21:19c'est pas mauvais
21:20mais c'est pas lumineux
21:21il est retweeté
21:22par Musk
21:22et par d'autres
21:23ça devient un succès planétaire
21:25plusieurs dizaines
21:26de millions de vues
21:26plus de 50
21:27si j'ai bien compris
21:29réaction chez plusieurs
21:30en disant
21:30un instant quand même
21:31on est devant
21:32un texte qui est produit
21:32par la machine
21:33est-ce qu'on peut néanmoins
21:34distinguer les textes
21:35produits par une machine
21:36et les textes
21:37produits par un humain
21:38est-ce qu'il existe
21:38une telle chose
21:39que l'authenticité
21:40de l'écriture
21:41réponse de plusieurs
21:42et ça c'est ça
21:42qui m'a frappé
21:43sur les réseaux sociaux
21:43plusieurs personnes disent
21:44non mais c'est très bien
21:45qu'on puisse aujourd'hui
21:46produire un texte
21:47ainsi par la machine
21:48d'une certaine manière
21:49ça permet de démocratiser
21:50l'accès à l'espace public
21:51l'authenticité de l'écriture
21:53c'est secondaire
21:53c'est un résidu aristocratique
21:55dont on doit se détacher
21:56moi ce qui me frappe
21:57avec cela
21:57ce sont deux choses
21:58premièrement voilà des gens
21:59qui ne se contentent pas
22:00d'avoir une prothèse
22:01s'ils ont le bras tranché
22:02mais qui décident d'avoir
22:03un cerveau en forme de prothèse
22:04c'est-à-dire
22:04je mets mon cerveau en panne
22:06et je décide simplement
22:06d'utiliser l'IA
22:07comme nouveau cerveau
22:08à la place du mien
22:09voilà qui m'inquiète
22:10et l'absence de honte
22:11vous publiez un texte
22:12vous n'avez jamais lu
22:13vous n'avez pas écrit
22:13vous n'avez pas travaillé
22:14la machine le fait pour vous
22:15vous vous l'appropriez
22:16et vous dites c'est à moi
22:17mais où est la honte là-dedans
22:19la honte normalement
22:20est censée nous interdire
22:21de faire le zouave en public
22:22et bien non
22:23les zouaves se multiplient
22:24parce que la honte
22:24a pris congé
22:25je me demande si c'est moi
22:26qui ai écrit ce texte
22:27à tel point
22:28je ne veux pas vous regarder
22:30vous ne voulez plus regarder
22:31j'ai l'impression
22:32de me faire gronder
22:33Ophélie
22:33la professeure que vous êtes
22:34c'est d'autant plus étonnant
22:36alors l'information
22:36est complètement
22:37quasiment pas si inaperçue
22:38mais l'état de Malte
22:40décide
22:40pour faire plaisir à Mathieu
22:41probablement
22:42d'offrir à tous ses habitants
22:44donc quand même
22:45550 000 personnes
22:46l'accès gratuit
22:48achat de GPT
22:49pendant un an
22:50c'est-à-dire qu'ils ont passé
22:51un partenariat
22:51qui coûte quand même
22:52500 millions d'euros
22:53avec tout simplement
22:54Open et Haïf
22:55celle qui gère
22:57chez GPT
22:57et en fait
22:58les citoyens
22:59pourront suivre
23:00une formation en ligne
23:01qui s'appelle
23:01Haïf for All
23:03pour apprendre
23:04tout simplement
23:04à savoir
23:05justement
23:05comment débrancher son cerveau
23:07pour mettre
23:07un cerveau numérique
23:08à la place
23:08alors en fait
23:09l'IA d'une certaine manière
23:10elle est traitée
23:10sous le format
23:11de l'utilité publique
23:12c'est au même titre
23:12que l'eau
23:13l'électricité
23:14ou même le tout à l'égout
23:16selon le ministre
23:17de l'économie Maltais
23:19il dit qu'il souhaite
23:21combler le fossé
23:21qui peut exister
23:22entre un pêcheur
23:23d'un côté
23:23et un cadre supérieur
23:24de l'autre
23:25donc c'est-à-dire
23:26que voilà
23:26ça permettrait d'égaliser
23:27la technologie serait là
23:29pour permettre
23:29d'égaliser l'intelligence
23:30entre tout le monde
23:31puisque si plus personne
23:32ne réfléchit par lui-même
23:33forcément
23:33tout le monde réfléchit
23:35à minima
23:36par la machine
23:37mais il y a
23:38en effet
23:38pour rejoindre un peu
23:39ce que dit Mathieu
23:39il y a une vraie question
23:40c'est-à-dire
23:40est-ce qu'on peut penser
23:42sans penser
23:43la réponse elle est non
23:45on ne peut pas penser
23:46si on ne fait pas
23:46l'effort nécessaire
23:48de se heurter
23:49un peu soi-même
23:50d'entrechoquer
23:51ces mots entre eux
23:52et c'est de là
23:53en fait
23:53que naît une pensée
23:54qui soit véritable
23:55quelque chose
23:56qui soit construit
23:57cohérent
23:57qui nous appartienne
23:58en propre
23:58le problème
23:59c'est qu'à force
24:00de déléguer
24:01en effet
24:01tout
24:01voilà
24:02un petit peu
24:03notre pensée
24:04à un outil
24:05comme le marteau
24:06finit par finalement
24:07forger la main
24:08de celui qui le tient
24:09et bien finalement
24:10on va avoir quelque chose
24:11qui s'atrophie
24:12qui devient un petit peu
24:12un peu fluide
24:13un peu sans substance
24:15et puis surtout
24:16100 millions
24:18d'euros
24:19500 millions
24:20pardon
24:20d'euros
24:21pour payer
24:22une IA
24:23comme ça
24:23à tout le monde
24:24c'est surtout faire ensemble
24:25que la nation
24:26jamais en fait
24:27ne puisse trouver
24:27ces mots ensemble
24:28et que tout le monde
24:29finalement
24:30à force de ne pas
24:31travailler par soi-même
24:32à force de ne pas aimer
24:33à force de ne pas lire
24:34à force de ne rien goûter
24:35en soi
24:36finissent par ne plus
24:37aimer personne
24:38et surtout par ne plus
24:39savoir qui ils sont
24:40et c'est comme ça
24:40je pense qu'une partie
24:41des peuples et des nations
24:42vont peut-être mourir
24:43on revient dans un instant
24:45parce qu'on va aimer
24:46parler banquets
24:47ah oui
24:47festin
24:49résistance
24:50résistance
24:50ça va me donner fin
24:52cette affaire
24:53j'ai toujours fin
24:53effectivement
24:54triompher en festin
24:55c'est ce qui nous rapproche
24:57cher Mathieu Bocoté
24:58on revient dans un instant
24:59puisque c'est
25:00Jonathan Sixou
25:01qui sera votre invité
25:02à tout de suite
25:05il est 19h30
25:06sur CNews
25:07merci d'être
25:08avec nous
25:09pour la deuxième partie
25:10de
25:11face à Mathieu Bocoté
25:12toujours avec
25:13Mathieu
25:14Ophélie Roque
25:14bien sûr
25:15et peut-être
25:16à quelques minutes
25:17du repas
25:18et on va parler
25:20grand festin
25:20et c'est un plaisir
25:21de vous recevoir
25:22cher Jonathan Sixou
25:24pour venir sur le plateau
25:26pourquoi inviter
25:27même si je l'ai un peu dit
25:28Jonathan Sixou
25:29ce samedi soir
25:30d'abord parce que
25:31je considère que le banquet
25:31est le point culminant
25:32de l'existence humaine
25:33ensuite l'actualité
25:35nous a fourni
25:35quelques sujets
25:36ces derniers temps
25:36d'un côté
25:37le canon français
25:38de l'autre côté
25:40le déploiement
25:41du poulet croustille
25:42comme nouveau
25:42symbole identitaire
25:44et à travers cela
25:45c'est l'occasion
25:45de réfléchir
25:46dans ce livre
25:46absolument magnifique
25:47triomphé en festin
25:49c'est le titre exactement
25:50donc qui est paru
25:50chez Perrin
25:51il y a quelques mois
25:52déjà
25:52mais franchement
25:53un livre exceptionnel
25:54qui permet à la lumière
25:55de l'histoire
25:56de voir ce que veut dire
25:58le banquet
25:59le repas
26:00la gastronomie
26:01au coeur de l'identité française
26:02qu'est-ce que ça veut dire
26:04le banquet
26:05ou la gastronomie
26:06comme symbole
26:06non seulement culinaire
26:07mais politique
26:09et identitaire
26:10donc tout ça
26:10c'est l'occasion
26:11d'en parler
26:11enfin Jonathan Sixou
26:12bonsoir
26:13bonsoir Mathieu Beuc-Preté
26:14alors je ne commencerai pas
26:15par l'actualité politique
26:16mais nous y viendrons
26:17donc canon français
26:18banquet
26:18cochon
26:19rillette
26:20et poulet croustille
26:21mais point de départ
26:22est-ce qu'on pourrait dire
26:23quand on cherche un marqueur
26:24identitaire pour la France
26:25certains peut-être
26:26des esprits plus politiques
26:27diront immédiatement
26:27la république
26:28la laïcité
26:29et ainsi de suite
26:30est-ce qu'on pourrait dire
26:31que d'abord
26:31le premier marqueur identitaire
26:32de la France
26:33à l'échelle du monde
26:33c'est son rapport à la table
26:34absolument
26:35absolument
26:36parce que comme vous le savez
26:37la France n'est pas née
26:38avec la république
26:39et quelques temps
26:40avant la naissance
26:41de la république
26:42la France existait déjà
26:44et avec elle
26:45ce marqueur
26:46qui était celui
26:46de la gastronomie
26:47très tôt dans l'histoire
26:48les français
26:49la France
26:51se sont distingués
26:52par la gastronomie
26:53vis-à-vis
26:54de leurs voisins
26:55européens
26:56ça s'explique
26:57par différents
26:58facteurs
26:59il y a
27:00dans un premier temps
27:00le facteur politique
27:01la France a eu un état puissant
27:03un état fort
27:03qui a permis
27:04très vite
27:05en avance
27:06sur ses voisins
27:07de pouvoir imposer
27:08une vision
27:08si elle était gastronomique
27:10ou politique
27:10c'était à peu près
27:11la même chose
27:12et puis
27:12avec une bonne fortune
27:14de mère nature
27:15qui fait que
27:15sous le ciel de France
27:16nous avons
27:16une diversité
27:18de production
27:19possible
27:20et avec aussi
27:21des paysans
27:22qui depuis
27:23mille ans
27:23si ce n'est plus
27:24savent travailler
27:26la terre de France
27:27et tout ça
27:28va de pair
27:29et ça a ensuite
27:30été philosophé
27:32ça a ensuite
27:32été pensé
27:33un peu tardivement
27:34mais tardivement
27:36par rapport
27:36à l'échelle
27:37de notre histoire
27:37j'entends
27:38que ça commence
27:39au tournant
27:39du 18ème
27:40et surtout
27:41au 19ème siècle
27:42et vous avez
27:43des hommes
27:43comme Bria Savarin
27:45comme Antonin Carême
27:47alors ce ne sont pas
27:48les mêmes
27:48Antonin Carême
27:49est un grand cuisinier
27:49Bria Savarin
27:51si vous me permettez
27:52l'expression devant vous
27:53est une sorte de sociologue
27:54de la table
27:55qui invente
27:55la sociologie de table
27:57et puis
27:57des grands chefs
27:59je vous parlais
28:00d'Antonin Carême
28:01et c'est aussi ça
28:02qui distingue
28:02la gastronomie française
28:04d'autres gastronomies
28:05des chefs qui vont
28:06eux aussi
28:07conceptualiser
28:07la cuisine
28:08ils ne vont pas faire
28:09comme tant d'autres chefs
28:10l'ont fait dans le passé
28:11ébriamment
28:12consigner leurs recettes
28:13dans des livres
28:14Antonin Carême
28:15va lancer
28:16la mode
28:16si je puis dire
28:17avec le brio
28:17de ces chefs
28:18qui consignent leurs recettes
28:20pour qu'elles soient
28:20transmises aux générations futures
28:22mais aussi
28:23qu'est-ce que
28:24sous-tend
28:25telle ou telle recette
28:26tel ou tel plat
28:27à travers l'intitulé
28:28une référence historique
28:30à travers
28:30un travail
28:31sur l'allègement
28:32d'une sauce
28:34l'allègement
28:35d'un accompagnement
28:35tout ça est vraiment pensé
28:37dès la fin du 18ème siècle
28:38et
28:40vous avez
28:40d'autres grands chefs
28:41qui vont
28:42dans la lignée
28:43d'Antonin Carême
28:43je pense par exemple
28:44à Jules Gouffet
28:45qui lui va faire sa carrière
28:47sous le second empire
28:48et dans les premiers feux
28:49sous les premiers feux
28:50de la troisième république
28:52qui lui
28:52dans l'un de ses livres
28:53va jusqu'à dire
28:54que la cuisine
28:55est une partie
28:56de notre identité
28:57et puis plus près de nous
28:58vous avez un grand chef
28:59qui s'appelait
29:00Michel Guérard
29:02qui est mort il y a
29:03quelques années seulement
29:03Michel Guérard
29:05qui a eu trois étoiles
29:05pendant des décennies
29:06et qui disait
29:07que la gastronomie française
29:09la cuisine française
29:10est une cuisine
29:11de civilisation
29:12et avec cette expression
29:14de cuisine de civilisation
29:15on boucle la boucle
29:17de ce que je viens
29:18de vous dire
29:19en somme
29:19c'est-à-dire
29:20qu'il y a eu
29:21un moment
29:22sur une centaine d'années
29:23150 ans
29:25une sorte d'enchaînement
29:27qui s'est constitué
29:28entre ceux qui
29:29savaient faire la cuisine
29:30ceux qui ont su
29:31la penser
29:32et ceux qui ont su
29:33la transmettre
29:34je rajoute un chaînon
29:35dans cette boucle
29:37dans cette chaîne
29:37c'est le travail
29:38incroyable
29:39pour la promotion
29:40et la diffusion
29:41du savoir-faire français
29:42c'est Auguste Escoffier
29:43qui là aussi
29:45au tournant
29:45lui du XXe siècle
29:46à la fin du XIXe siècle
29:48et au tournant
29:49du XXe siècle
29:50va s'associer
29:50avec un homme d'affaires
29:51génial
29:52qui s'appelle
29:53César Ritz
29:54et à eux deux
29:55ils inventent
29:56quelque chose
29:57qui n'existait pas
29:57avant eux
29:58c'est le palace
29:59ce grand hôtel
30:00ce grand établissement
30:01qui va fleurir
30:03un peu partout
30:03dans le monde
30:04sous la marque Ritz
30:06d'abord
30:07puisque César Ritz
30:09dépose son nom
30:10il est l'un des premiers
30:10à le faire dans l'histoire
30:11et ces deux hommes géniaux
30:13ont l'idée
30:14de mettre au coeur
30:14de la vie sociale
30:16et moderne du palace
30:17le restaurant
30:18le restaurant
30:19qui est forcément
30:20gastronomique et français
30:21et à partir de là
30:22vous allez avoir
30:23partout sur terre
30:24des restaurants
30:25gastronomiques français
30:26vous nous dites
30:27dans ce livre
30:27il y a un lien
30:28par ailleurs
30:28gastronomie ou cuisine
30:29et pouvoir
30:30je pense à Donald Trump
30:32un instant
30:32rappelez-vous
30:32je crois que c'est
30:32dans son premier mandat
30:33mais est-ce dans son deuxième
30:34quand pour marquer
30:35le fait que c'est le retour
30:36de l'Amérique authentique
30:37à la Maison-Blanche
30:38il accueille je crois
30:39une équipe de football américaine
30:40et il présente
30:41des tonnes de Big Mac
30:42de mémoire
30:42de mémoire
30:43c'était l'occasion
30:44d'un shutdown
30:44oui oui
30:45donc là il y a du fast-food partout
30:49en France
30:50mais c'est un geste de pouvoir
30:51qu'il fait à travers ça
30:52en France
30:53la cuisine est un geste de pouvoir
30:54mais d'une autre nature
30:55comment ?
30:55la cuisine est un geste de pouvoir
30:57parce que historiquement
30:58encore une fois
30:59elle l'est
31:00c'est un geste de pouvoir
31:02effectivement
31:03j'allais vous dire
31:04en France
31:04on ne joue pas
31:05avec la cuisine
31:05comme on joue
31:07vous citiez Trump
31:08avec les symboles
31:10on est en revanche
31:12plus prudent
31:12quand on est à la tête
31:13du pouvoir
31:14c'est-à-dire qu'on ne va pas
31:15en temps de crise
31:16par exemple
31:16avoir des signes ostensibles
31:19de gaspillage
31:21ou de dépenses
31:22qui seraient mal vus
31:24de la part des Français
31:25ça pourquoi ?
31:27parce qu'on est aussi
31:27sur une sorte
31:28d'égalitarisme
31:29qui nimbent un peu
31:30les esprits
31:31et même si on est très content
31:33de savoir qu'on a un monarque
31:34républicain à l'Elysée
31:35quel qu'il soit
31:35on peut être un peu envieux
31:37de savoir à quoi ressemblerait
31:38la table de l'Elysée
31:39c'est un peu l'état d'esprit
31:40si vous voulez
31:41alors que je pense
31:42et j'en suis sincèrement convaincu
31:44que les Français
31:45sont très honorés
31:46et très fiers
31:47de savoir que la table
31:47de l'Elysée
31:48est l'une des plus belles
31:49de France
31:51et surtout
31:51l'une des plus belles du monde
31:52et que tous les souverains
31:53et chefs d'État étrangers
31:54qui viennent en France
31:55sont toujours ravis
31:56alors qu'on pourrait
31:57les croire blasés
31:58de venir dîner à l'Elysée
31:59Ophélie Roch
32:00oui non
32:01je réfléchissais
32:02parce que moi dans ma tête
32:03je pense surtout
32:04à ce que mangent les jeunes
32:05puisque moi je vois ça
32:06tout le temps
32:07et qui sont de plus en plus
32:09nombreux à vouloir
32:10échapper à la cantine
32:10alors qui certes
32:11n'est pas toujours
32:11très très bonne
32:12mais bon quand même
32:13c'est quand même
32:13relativement équilibré
32:14il y a des plats
32:15qui sont quand même
32:15relativement traditionnels
32:18servis dans les cantines
32:19même si c'est pas
32:19de la haute gastronomie
32:20et qui en fait
32:22délaissent entièrement
32:23tout ça
32:23pour se ruer
32:24notamment sur tout
32:24ce qui est testic roustille
32:25et autre master poulet
32:26et je me demandais
32:28en fait si c'est pas
32:28justement ce flottement
32:30culturel qui existe
32:30un peu dans tous les pays
32:31et qui fait que le fast food
32:32semble de plus en plus
32:33être partout
32:34si c'est pas parce qu'en fait
32:35les civilisations disparaissent
32:36et avec elles leur nourriture
32:37en fait d'une certaine manière
32:39la question serait assez complexe
32:41pour pouvoir vous y répondre
32:43dans le détail
32:44parce que je pense
32:45qu'il y a toujours eu
32:46quelle que soit l'époque
32:47une volonté de rupture
32:48dès lors qu'on est un groupe
32:49dès lors qu'on est jeune
32:50et qu'on constitue
32:52un groupe de jeunes
32:53on a à Pompéi
32:54les restes de ce qui s'assimile
32:56à de la street food
32:56on a les comptoirs
32:57avec les trous à fourneaux
32:58etc.
32:59qui donnent directement sur la rue
33:00donc il y avait déjà
33:01de la street food
33:03dans la Rome antique
33:05cette volonté de rupture
33:07on peut y voir
33:08une sorte de rebelle attitude
33:10si vous voulez
33:11j'aurais quelque chose
33:12un plat équilibré
33:13à la cantine
33:14mais il faudrait que je respecte
33:15des horaires
33:15que je m'assoie derrière une table
33:16et que peut-être
33:18je débarrasse même mon plateau
33:19si c'est un self-service
33:21vous achetez un sandwich dégueulasse
33:23avec vos bandes de copains dehors
33:25et bien vous passez peut-être
33:27un meilleur moment
33:27c'est comme ça
33:28que j'interprète la chose
33:29mais ensuite
33:31il y a la qualité en elle-même
33:32Mathieu parlait des croustilles
33:34machin etc.
33:35il se trouve que pour les besoins
33:36du prochain dossier
33:37de causeur du mois de juin
33:39consacré à la Nouvelle-France
33:40j'ai donné de ma personne
33:41pour aller goûter
33:42un croustille poulet
33:43à quoi ça ressemble
33:44comme expérience ?
33:45je ne la recommande pas
33:46mais j'ai voulu quand même goûter
33:48j'ai été pendant des années
33:49critique gastronomique
33:50alors je me suis dit
33:51qu'il fallait quand même
33:51essayer de goûter
33:53puisque ça draine
33:54tellement de foules
33:55et de masse
33:57je ne le recommande pas
33:58parce que c'est infect
33:59et parce que
34:00au-delà de la bombe calorique
34:03et de ces éléments
34:04qui n'ont pas vraiment de goût
34:05et je ne vous parle même pas
34:06de l'apparence extérieure
34:08qui est au-delà du pré-maché
34:11ça reste une grande énigme
34:13de savoir que
34:14des barquettes
34:14qui pèsent 600
34:16voire 850 grammes
34:17pour quelques euros
34:18sont dévorées
34:19parfois quotidiennement
34:20par des jeunes
34:21justement
34:21quand je suis allé
34:22dans l'un de ces restaurants
34:24entre guillemets
34:24ce n'était que des jeunes
34:25qui constituaient
34:26la clientèle
34:27en tout cas
34:28d'ailleurs sachez
34:29que pour éviter
34:29de me faire lyncher
34:30par mes élèves
34:30je me dissocie entièrement
34:32de vos propos
34:32voilà
34:33si jamais vous passiez par là
34:34non non
34:35c'est génial
34:35les tessies crousties
34:36il n'y a pas de problème
34:36alors il y a
34:37l'autre pot de l'actualité
34:40donc il y a le croustit truc
34:41et de l'autre côté
34:42il y a le canon français
34:43ce n'est pas le sujet
34:44de votre livre
34:44mais votre livre
34:45nous y conduit
34:46d'une certaine manière
34:46parce que si la cuisine
34:48est identitaire
34:48j'ai l'impression
34:49qu'aujourd'hui
34:50on a une charge identitaire
34:51j'ai l'impression
34:52qu'autant le croustit
34:53quand on nous racontait
34:58après c'était le kebab
34:59après c'est le croustit
35:00aujourd'hui machin
35:00donc on envoyait un signal
35:02quand on disait
35:03que le couscous
35:03c'était plus important
35:04que la blanquette de veau
35:05est-ce qu'aujourd'hui
35:06quand l'entente français
35:06se tourne vers des banquets
35:07où le cochon
35:08est l'élément central
35:09est-ce qu'au-delà du plaisir
35:10et fini de bien manger
35:12fromage
35:12il n'y a pas aussi
35:13un désir de réappropriation
35:14de soi-même
35:15oui exactement
35:16c'est du moins comme ça
35:16que je l'interprète également
35:18comme une sorte de
35:19de remise à l'heure
35:20de certaines
35:20de certaines
35:23orientations dirais-je
35:24dans la mesure où
35:25d'ailleurs il est intéressant
35:26de voir si la nouvelle France
35:28a sa nouvelle malbouffe
35:30il est intéressant de voir
35:31que dans un sondage
35:32Ipsos de l'année dernière
35:33qui était paru
35:34à l'occasion de la parution
35:34du guide rouge
35:35guide Michelin
35:37le plat préféré des français
35:38il y en avait trois
35:39et dans l'ordre de mémoire
35:40c'était le bœuf bourguignon
35:42le cassoulet
35:43et la blanquette de veau
35:44le couscous a disparu
35:47des radars
35:47du plat préféré
35:48des plats préférés
35:49des français
35:50donc c'est assez intéressant
35:51de voir que
35:51à une grande échelle
35:53pour ne pas dire
35:54une échelle nationale
35:55il y a une sorte
35:55de retour
35:56à ce que certains appellent
35:58j'aime pas trop l'expression
35:59mais les plats réconfortants
36:00les plats en sauce
36:01les plats mijotés
36:01les plats de toujours
36:02les plats tradition
36:03vous appelez ça
36:04comme vous voulez
36:04les plats de famille
36:05et parallèlement à cela
36:07effectivement
36:08parce que nous vivons
36:09dans un monde contemporain
36:11où les vents sont
36:12souvent contraires
36:12et bien il y a
36:14effectivement
36:14ces croustis machins
36:15qui déboulent
36:16et qui constituent
36:19un drapeau
36:20parmi d'autres
36:20et il y a
36:21le canon français
36:22parmi d'autres
36:23initiatives également
36:24qui n'ont pas
36:25forcément ce label
36:26mais on voit
36:27de plus en plus
36:29vous sillonnez un peu
36:30la France
36:30de plus en plus
36:31de communes
36:32de villages
36:33qui organisent des fêtes
36:34tout ce qu'il y a
36:35de plus populaire
36:36et immémorial
36:37dirais-je
36:37où vous avez
36:38les banderoles
36:39à l'entrée
36:39des agglomérations
36:41pour vous dire
36:41tel jour
36:42il y a le cochon rôti
36:43tel jour
36:43il y a la marmite
36:45sur la place
36:45etc
36:46donc peut-être
36:47qu'on le voit plus
36:48ou parce qu'il y a
36:49une offensive en face
36:50peut-être qu'on y attache
36:52davantage d'importance
36:53aujourd'hui
36:54alors il y a quelque chose
36:55qui me frappe aussi
36:56et ça je parle
36:56comme l'étranger
36:57qui a fait l'expérience
36:58de la chose
36:58vous avez le déjeuner
36:59le nord américain
37:00que je suis
37:01normalement
37:01le midi
37:02bon c'est 30-45 minutes
37:04max
37:04une heure
37:04si on a vraiment
37:05beaucoup de temps libre
37:06vous avez fait du déjeuner
37:07un moment de
37:08non seulement de sociabilité
37:10particulière
37:11mais presque de pouvoir
37:12c'est un moment
37:12où on règle des choses
37:13vous l'évoquiez
37:14je crois dans les ou
37:15sinon à tout le monde
37:15dans un location du Figaro
37:16en quoi la France
37:17a trouvé le moyen
37:17de ritualiser ses repas
37:19comme des moments
37:19de pouvoir aussi
37:20mais il faut pour
37:21le commune immortel
37:22parfaitement
37:23la bascule se fait
37:25au début du 19ème siècle
37:26avec un autre homme
37:28génial
37:28qui était Talleyrand
37:30qui a été
37:31le chef de la diplomatie
37:32française
37:33que l'on sait
37:33durant quelques mandats
37:35et quelques
37:36sous quelques régimes
37:38bien différents
37:39mais il disait
37:40qu'il n'était pas traître
37:41mais qu'il suivait le vent
37:42lui
37:42et il s'était
37:44le centriste
37:45voilà
37:46et il se trouve
37:47qu'il a découvert
37:48parce que jusqu'aux années
37:511810-1820
37:52le grand repas
37:54le festin
37:55était un moment
37:56qui marquait
37:57le passage
37:57d'un avant
37:58à un après
37:58on célébrait
37:59quelque chose
38:00le festin
38:00célèbre un événement
38:01quel qu'il soit
38:02que ce soit un mariage
38:03ou une fête religieuse
38:04Talleyrand
38:05invente le repas
38:06comme lieu
38:08de préparation
38:09de l'événement
38:09c'est à dire
38:10qu'on doit négocier
38:11quelque chose
38:12qui sera célébré
38:13par la suite
38:13mais pour mieux
38:15le négocier
38:16on va partager
38:17un repas
38:17en même temps
38:18et ça
38:19aujourd'hui
38:19on entend régulièrement
38:20parler déjeuner de travail
38:21tel chef d'état
38:22a reçu tel autre
38:23pour un déjeuner de travail
38:24etc
38:24avant Talleyrand
38:25ça n'existe pas
38:26cette notion
38:27de déjeuner de travail
38:27ça ne veut pas dire
38:28qu'on n'ait pas parlé
38:29des affaires du monde
38:30autour d'une table
38:30mais ça n'était pas
38:32institutionnalisé
38:33et à partir
38:33de ce moment là
38:34et bien
38:37aussi bien
38:38ce qu'on pourrait appeler
38:39aujourd'hui
38:39trop d'anachronisme
38:41des chefs d'entreprise
38:41que des chefs d'état
38:42en général
38:43vont comprendre
38:44que le lieu
38:45de la table
38:46est le lieu
38:47aussi de la négociation
38:49ce qui n'empêchera pas
38:49après le festin
38:50pour sceller
38:51l'accord
38:51qui aura été négocié
38:52à table
38:52Ophélie Roch
38:53oui j'avais une petite question
38:55encore une fois
38:55moi je suis un peu prosaïque
38:57je suis loin
38:57de toute cette grande gastronomie
38:59dans laquelle vous parlez
39:01je me posais la question
39:02justement de savoir
39:03si c'est encore possible
39:04de transmettre
39:05un petit peu
39:05des éléments
39:06justement
39:06de notre culture gastronomique
39:08quand on voit
39:08que des choses
39:09comme le croust
39:10tentent de faire
39:11en effet des repas
39:12à 1 euro
39:12pour tout le monde
39:12alors avec tout ce que ça signifie
39:14finalement je pense
39:15peut-être d'approximation
39:17esthétique
39:18et gastronomique
39:18mais est-ce que
39:19finalement ça peut
39:20quand même
39:21avec des repas à 1 euro
39:22est-ce que vous pensez
39:22qu'on arrive quand même
39:23à retransmettre
39:24un petit peu
39:24le goût d'être français
39:25à travers des plats comme ça
39:26je pense
39:27le prix
39:28le prix très faible
39:30d'un repas à 1 euro
39:31ça paraît invraisemblable
39:33c'est le volume
39:34que c'est parce que
39:35vous avez beaucoup
39:36de repas à servir
39:38que vos fournisseurs
39:40sont en mesure
39:41de pouvoir vous faire
39:42des prix qui sont
39:43moins élevés
39:44que si vous n'achetez
39:45qu'un kilo de poulet
39:46par exemple
39:48la préparation de repas
39:49en quantité
39:50mécaniquement
39:51fait que ça n'est pas
39:52forcément
39:52de très bonne qualité
39:55et je pense
39:56alors là
39:57je suis assez
39:59paradoxalement optimiste
40:00je crois qu'il y a
40:01pour toutes les raisons
40:02qu'on évoquait d'ailleurs
40:03à l'instant
40:03il y a aussi
40:05chez toute une frange
40:06de la société jeune
40:08un retour
40:09aux bonnes choses
40:10le goût
40:10de pouvoir
40:11que ce soit
40:12le temps d'un déjeuner
40:13mais pourquoi pas
40:14le temps d'un apéro
40:15le temps d'un dîner
40:16évidemment
40:16mais se retrouver
40:18dans des places
40:19à Sandrine Rousseau
40:20mais des jeunes
40:20qui se retrouvent
40:21pour faire des barbecues
40:22par exemple
40:23donc savoir acheter
40:24une bonne viande
40:25le plaisir de bien cuire
40:26sa viande
40:27trouver la bouteille
40:29qui l'accompagnera
40:29pour eux
40:30c'est un tout
40:31c'est le repas français
40:33est d'ailleurs
40:33classé par l'UNESCO
40:35à ce titre
40:35qui classe
40:36la gastronomie
40:37mais qui classe aussi
40:38dans l'argument
40:40de son classement
40:41la sociabilité
40:42de la table
40:42et ça c'est très important
40:44alors justement
40:44de ce point de vue
40:45il y a plusieurs menaces
40:46à l'identité française
40:47aujourd'hui
40:48est-ce qu'une forme
40:48de puritanisme
40:49n'est pas aussi
40:50une de ces menaces
40:51par exemple
40:51le rapport hostile
40:52à l'alcool
40:54une formule récemment
40:55j'étais dans un dîner
40:56et quelqu'un me dit
40:57moi je ne bois pas
40:57du tout d'alcool
40:58je ne bois que du vin
40:59je trouvais ça
40:59formidable comme formule
41:00mais la disparition
41:01de l'apéritif
41:02du digestif
41:04le rapport trouble
41:05aux charcuteries
41:05la méfiance envers le fromage
41:07la méfiance envers la viande
41:08un certain éque
41:09écolo-puritanisme
41:10est-ce qu'il n'y a pas
41:11à travers ça
41:11une forme de dégoût
41:13programmé
41:14de la culture française
41:15chez les plus jeunes ?
41:17ça dépend de leur aptitude
41:20à être influencée ou pas
41:21parce que ce sont souvent
41:21si vous faites attention
41:23des effets de mode
41:24de diététiciens
41:25et autres
41:26à qui on donne
41:27plus ou moins la parole
41:28une nouvelle mode
41:29de diététicien
41:30et de vous dire
41:30que de manger du fromage
41:32au lait cru
41:33est très bon pour la santé
41:34alors que pendant 15 ans
41:36on nous a dit
41:36que c'était très mauvais
41:37de manger du fromage
41:39tous les jours
41:40il y a un hygiénisme
41:41plus qu'un puritanisme
41:42me semble-t-il
41:45paradoxalement
41:45et là on est en plein dedans
41:47il y a de moins en moins
41:48de français
41:48qui boivent d'alcool
41:49et surtout de vin
41:51la consommation de vin
41:52s'effondre
41:53notamment les vins de Bordeaux
41:55et dans le même temps
41:56et vous avez
41:56près de 20% de français
41:57qui vous disent
41:57ne plus du tout boire de vin
41:58et dans le même temps
41:59les français ne se sont jamais
42:00autant drogués
42:02si moi j'y vois
42:02un paradoxe de taille
42:03néanmoins
42:04mais il y a
42:05cette atmosphère hygiénique
42:07hygiéniste
42:09qui nimble
42:10depuis les débats
42:12sur l'assiette française
42:13depuis de nombreuses années
42:14je n'ai jamais vu
42:15un marqueur identitaire
42:16mais plutôt peut-être
42:17une sorte d'influence
42:19venue
42:19de l'anglo-saxonie
42:21à savoir
42:23à savoir
42:26imaginer que tout ce qui nous entoure
42:27est dangereux
42:28imaginer que tout ce qu'on ingère
42:30en soi
42:31est dangereux
42:32et il y a peut-être
42:35une légèreté
42:35toute raisonnable
42:38très française
42:38de se dire
42:39qu'après tout
42:40on peut faire un écart
42:41de temps en temps
42:42et pourquoi pas
42:42même plusieurs fois
42:43qu'une fois par mois
42:45par le convaincu
42:47parmi tous les plats
42:48dont vous avez sans doute vu
42:51quand vous avez travaillé
42:53dans les archives
42:53il doit y avoir des pièces
42:54comme ça
42:54vous parliez tout à l'heure
42:55de Bria Savarin
42:56qui nous détaille
42:57quand même les plats
42:58est-ce qu'il y en a un
42:59que vous n'avez jamais goûté
42:59parce que ce sont des choses
43:00parfois qui sont infaisables
43:02ou avec des aliments
43:03qui n'existent plus
43:04de nos jours
43:04est-ce qu'il y en a un
43:06particulièrement
43:06un plat
43:07où vous vous dites
43:08quel dommage
43:09que je ne puisse le goûter
43:10celui-ci
43:13je réfléchis
43:14mais rapidement
43:16il y avait plein plein de choses
43:17si vous voulez
43:18la plupart des aliments
43:19qu'on mange
43:21depuis 1500 ans
43:22à peu près
43:23on peut les retrouver
43:25aujourd'hui
43:25plus ou moins facilement
43:26mais ils existent toujours
43:28les choses
43:29qu'on ne retrouverait pas
43:30aujourd'hui
43:30si on voulait
43:32reproduire
43:32à l'identique
43:34un repas médiéval
43:35par exemple
43:36ce serait des associations
43:37de saveurs
43:38rien ne vous empêche
43:39de les faire
43:39mais on ne sait pas
43:40dans quelle proportion
43:40exactement les faire
43:42parce que ce qui est intéressant
43:43dans l'histoire de la gastronomie
43:44c'est que l'histoire de la gastronomie
43:46est un temps long
43:46on a à peu près mangé
43:48la même chose
43:48de l'antiquité au Moyen-Âge
43:50et du Moyen-Âge
43:51au 19ème siècle
43:51et donc
43:52si vous voulez
43:53c'est pour ça
43:54qu'il est
43:54entre guillemets
43:55très facile
43:56de pouvoir retrouver
43:57des produits
43:58qu'on mangeait à l'époque
44:00et par ailleurs
44:01ou paradoxalement encore
44:02que de paradoxes
44:03ce qui est peut-être
44:04introuvable aujourd'hui
44:05est le moins spectaculaire
44:07je pense par exemple
44:07aux poissons de rivière
44:08il y avait des dizaines
44:09et des dizaines
44:10de catégories de poissons de rivière
44:11qui étaient vendues
44:12sur les étals des marchés
44:13en France
44:14pendant des siècles
44:15et aujourd'hui
44:15il n'y en a quasiment plus
44:16parce qu'il n'y a plus
44:17beaucoup de poissons
44:17dans nos rivières
44:18il nous reste 40 secondes
44:19de question finale
44:205ème République
44:21sous l'autorité
44:22de quel président
44:23mange-t-on le mieux ?
44:25on mange je pense
44:26très bien
44:26sous l'autorité
44:27de tous les présidents
44:29indépendamment
44:30de leur goût personnel
44:30parce que la table
44:32de l'Elysée
44:32à partir du général de Gaulle
44:33est la vitrine
44:34de la France
44:35donc c'est le général
44:36qui insiste sur ça
44:37sur ce point
44:38et il met un point d'honneur
44:39même s'il est très attentif
44:41aux dépenses de l'Etat
44:41il estime que
44:42lorsqu'on reçoit
44:43le monde étranger
44:45lorsque l'on reçoit
44:46à l'Elysée
44:47il n'y a pas
44:48de dépenses inutiles
44:49et donc
44:50la table de l'Elysée
44:51dès le début
44:52de la 5ème
44:53se doit d'être somptueuse
44:54sans excès
44:55un grand merci
44:57d'être venu nous voir
44:58Jonathan Sigsou
44:59on a tous très faim
45:00mais j'impose
45:02aux téléspectateurs
45:03de Seigneuse
45:04de rester avec nous
45:05quelques heures de plus
45:07puisque dans un instant
45:08ce sera l'heure des pros
45:10et on va parler
45:10d'une légende
45:12du sport français
45:13Alain Prost
45:13qui selon les médias suisses
45:16a été victime
45:16d'un on-jacking
45:18qui a été cambriolé
45:19dans un réelage violent
45:20l'histoire est incroyable
45:22je vous la raconte
45:24dans quelques instants
45:25de rester avec
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