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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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News
Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel.
00:04Bonjour Laurence.
00:05Vous êtes en forme ?
00:05Oui.
00:06Alors de quoi va-t-on parler aujourd'hui ?
00:07De la psychose autour de l'antavirus.
00:10Pourquoi ce virus qui est pourtant sous contrôle dans notre pays
00:13provoque une telle inquiétude du côté du gouvernement
00:15et parfois aussi de nos concitoyens ?
00:17Cela réveille le mauvais souvenir du Covid et du confinement.
00:20On reviendra sur cet épisode qui a traumatisé la France.
00:24La tournée africaine d'Emmanuel Macron de l'Egypte au Kenya jusqu'en Éthiopie.
00:29Il souhaite faire rayonner la France et signer des contrats dans un continent
00:32où le sentiment anti-français ne cesse de progresser.
00:36Le président a fait de nombreuses déclarations sur la langue française,
00:40sur le sentiment des binationaux qui peuvent à la fois aimer à 100% la France
00:44et aimer leur pays d'origine.
00:46On vous entendra là-dessus Michel.
00:48On va s'intéresser aussi à ce qui se passe à gauche sur l'échiquier politique.
00:52Les portes claquent au Parti Socialiste.
00:55Et puis d'autre part, il y a une étude commandée par Place Publique.
00:58Le parti de Raphaël Glucksmann qui conseille de ne pas s'intéresser aux électeurs
01:02des classes modestes, qui gagnent moins de 1500 euros,
01:05ne pas s'intéresser à ceux des banlieues.
01:06Lui, M. Glucksmann, affirme ne pas s'en inspirer.
01:10Là encore, votre analyse sur la question.
01:12Le canon français, nouveau rebondissement.
01:15Le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte,
01:17veut interdire ses banquets festifs pour motifs d'alcoolisme.
01:21Un argument que nous allons étudier.
01:23Enfin, le point philo, Michel, de l'amitié, de Cicero.
01:27On confond souvent, dites-vous, les copains et les amis.
01:30Les Romains avaient une conception de l'amitié qu'ils élevaient au rang de vertu.
01:34Est-ce que l'amitié est encore possible ?
01:36J'espère que oui.
01:38En tout cas, on va en parler à la fin de l'émission.
01:39Ça vous va comme programme ?
01:41On y va.
01:42On commence par l'antavirus.
01:43Le gouvernement reste très mobilisé sur cette question,
01:46avec un virus qui est sous contrôle, a priori,
01:49avec des stocks de masques qui sont tout à fait à jour,
01:52nous disent les autorités sanitaires.
01:54Les réunions de crise se sont pourtant multipliées toute la semaine,
01:57à la fois à Matignon et au ministère de la Santé.
01:59Écoutons Stéphanie Riste, la ministre de la Santé.
02:03La responsabilité du gouvernement, c'est d'anticiper et d'anticiper
02:08tous les scénarios, même les inimaginables, et donc même les pires.
02:13Dès le début que nous avons eu cette alerte,
02:17j'ai demandé aux équipes et notamment aux services
02:19de faire un point sur, évidemment, les stocks stratégiques,
02:23donc les stocks de masques,
02:24mais aussi sur les appareils de poumons respiratoires
02:30qu'on appelle les ECMO.
02:31On voit l'attention qui est portée à cette question sanitaire.
02:36Est-ce que pour vous, ce déploiement d'activités,
02:38de réunions, de points presse du gouvernement
02:41est une bonne chose, Michel ?
02:42Est-ce qu'on a appris des leçons de l'épidémie de Covid ?
02:45Non, sûrement pas.
02:46Je pense qu'on fait beaucoup d'idéologies tout le temps, en permanence.
02:49Souvenez-vous, avec le Covid,
02:51il n'était pas question d'imposer des frontières
02:53parce que la frontière, c'est mauvais.
02:54Donc voilà, si vous avez un monstre qui arrive à la frontière,
02:58il n'y a pas de frontière, c'est formidable, il peut passer,
02:59et c'est mieux qu'on ait le monstre plutôt que les frontières.
03:02Je rappelle quand même que la leçon dans cette aventure,
03:04c'est que Pedro Sanchez, homme de gauche,
03:05ça fait savoir qu'il ne fallait pas être égoïste.
03:07Et j'ai trouvé ça formidable, tout à fait emblématique
03:09de ce qui est devenu la gauche,
03:11qui n'est plus la mienne, mais j'en ai toujours une autre,
03:14mais ce n'est pas celle-ci.
03:15Parce que ça, ça s'appelle la tyrannie des minorités.
03:17Cet homme nous dit, il n'y a pas dix personnes sur un bateau,
03:20et ce serait très égoïste de les confiner sur le bateau.
03:23Mais ce n'est pas égoïste, en revanche, de contaminer la planète entière.
03:26Il y a une disparition du sens de l'intérêt général et du bien public.
03:30C'est-à-dire que oui, ce n'est pas terrible de se retrouver contaminé sur un bateau.
03:34Un bateau, pardon.
03:35Ça peut arriver sur les plateaux, mais c'est un peu rare.
03:39Mais c'est quand même pire de contaminer la planète entière.
03:42Donc les Américains, qui sont des grands libéraux, disent
03:44liberté des droits humains, liberté de la circulation,
03:47on a bien le droit de faire ce qu'on veut, quand on veut, comme on veut,
03:49on rentre chez nous, et puis il n'y a aucun problème,
03:53en passant, on rentre chez nous comment ?
03:54En bateau, en avion, on va contaminer la totalité de l'avion,
03:58qui va contaminer la totalité de la planète ?
03:59Il y a une espèce d'arrogance et de suffisance.
04:01Je trouve ça d'ailleurs toujours très étonnant,
04:02chez certains chroniqueurs qui sont des libéraux,
04:05qui sont très opposés aux mesures étatiques,
04:08et qui ne sont pas du tout gênés par le fait de contaminer la planète entière.
04:13Mais sur la France, sur le côté français ?
04:14Oui, mais la France, c'est quoi dans cette aventure ?
04:16Puisque les Canaris, c'est l'Espagne, c'est la France,
04:18puisque nous sommes dans l'Europe.
04:19Donc quand vous commencez à dire, moi tout seul,
04:22responsable de gauche en Espagne,
04:23j'ai décidé que nous allions accueillir,
04:25c'est quelqu'un qui dit, maintenant, il n'y a aucun problème,
04:27l'Europe peut se trouver contaminée, il ne faut pas être égoïste.
04:30Mais nous avons récupéré, nous, à la fois les cas contacts,
04:32et à la fois les patients.
04:33Oui, mais nous aurions pu peut-être procéder autrement,
04:35parce qu'à chaque fois il y a des déplacements,
04:37parce qu'à chaque fois il y a des ambulanciers,
04:38parce qu'à chaque fois il y a des infirmières,
04:40parce qu'à chaque fois il y a des médecins,
04:41parce qu'à chaque fois il y a des camions qui sont peut-être désinfectés,
04:44pas désinfectés, moyennement désinfectés,
04:45on ne sait pas tout dans cette aventure.
04:47C'est-à-dire qu'on prend le risque de contaminer
04:49sous prétexte de principes du genre,
04:51la minorité a toujours raison,
04:52et la majorité, on s'en moque.
04:54Et on peut exposer la majorité de la planète entière
04:57sous prétexte que le principe d'il ne faut pas être égoïste
05:00pourrait triompher, mais c'est ce monsieur qui est égoïste
05:02en nous disant, mes principes d'abord,
05:06contaminons peut-être l'Espagne, contaminons l'Europe,
05:08mais au moins on n'aura pas été égoïste.
05:09Si on est égoïste, quand on estime qu'on fait primer
05:12l'idéologie sur l'intérêt général et le bien public.
05:14La France a confiné ces cas contacts,
05:16ils sont sous contrôle,
05:18donc on ne peut pas dire qu'on a la même politique.
05:20Sous contrôle.
05:21Sous contrôle.
05:21Oui, sous contrôle.
05:22On sait ce que c'est, c'est comme le nuage de Tchernobyl,
05:25il s'arrête là, et puis voilà.
05:26Donc dès que les gens ont commencé à contaminer partout,
05:28nous on les prend en charge et on ne contamine plus du tout.
05:30Nous on est formidables, on sait très bien,
05:32on a une médecine extraordinaire,
05:34on a des épidémiologistes formidables,
05:35on a des gens qu'on voit réapparaître là.
05:37On les a vus il y a 6 ans, on a vu un peu comment ils ont vieilli,
05:39comme moi aussi d'ailleurs,
05:40et puis ils sont encore en train de donner des leçons,
05:43et ils sont même parfois sur les plateaux en train de dire
05:44je ne me suis pas trompé, etc.
05:46Il suffit juste de googler les gens qui nous disent
05:48qu'ils ne sont pas trompés,
05:49pour voir toutes les sottises qu'ils ont pu raconter
05:51en long, en large et en travers.
05:52Moi j'ai écrit un livre qui s'appelait
05:52« La vengeance du pangolin ».
05:54On peut encore lire aujourd'hui.
05:55Exactement.
05:55Où je disais...
05:56Mon conseil.
05:57Où je disais, il y a quelque chose qui va arriver,
05:59c'est la disparition de toutes ces choses,
06:01ça a le pris, puisque finalement c'est du vivant.
06:03Et le vivant ça meurt.
06:04Tout ce qui naît, tout ce qui vit,
06:06naît, croît, décroît, les civilisations comprises.
06:09Et je disais, il y aura des mutations,
06:11et les mutations vont faire qu'à un moment donné,
06:13ça disparaîtra tout seul.
06:14Leçon extrêmement simple,
06:15il suffit d'avoir un minimum de réflexion
06:17sur les faits que tout le monde connaît.
06:19La grande peste en Europe au Moyen-Âge,
06:21pourquoi est-ce qu'elle s'est arrêtée ?
06:22Personne n'a inventé de vaccins.
06:23Il n'y a pas eu un moment donné où on a dit
06:24« Ah, il y a le docteur Machin
06:25qui a trouvé une potion miracle »
06:27et puis « Toc, d'un seul coup ».
06:28Non.
06:30Les virus travaillent comme ils ont à travailler,
06:33c'est-à-dire ce qu'on appelle une homéostasie,
06:35pour que la nature fonctionne comme elle fonctionne,
06:37pour détruire, pour ravager.
06:38Ce n'est pas les hommes.
06:38Je ne suis pas complotiste.
06:39Je dis simplement que la nature, elle travaille.
06:42C'est Darwin.
06:42Je sais qu'aujourd'hui,
06:43on n'a pas le droit de citer Darwin.
06:44Mais c'est Darwin qui nous fait savoir
06:46que ce que veut le vivant,
06:47c'est de persister dans son être.
06:49Et un virus, c'est du vivant.
06:51Lui, il veut persister dans son être.
06:52Donc, il veut se reproduire.
06:53Il y a un cycle, voilà.
06:54Voilà.
06:54Et personne ne peut faire le malin.
06:56Ils ont beau faire toute leur réunion, là,
06:57en disant « Il y a un cas, il faudrait,
06:58on a fait très attention, etc. »
07:00Et puis on dit « Ah, on a fait attention,
07:01mais finalement, il y a quand même une fuite quelque part. »
07:02Et après, on fait quoi ?
07:03Il y a un moyen de faire vraiment attention,
07:06c'est de dire « Hélas, pour les gens qui sont concernés,
07:08il y a aussi des gens qui ont des cancers
07:09et qui sont confinés dans des hôpitaux,
07:11hélas, pour les pauvres malheureux. »
07:12Et bien, il y a la possibilité de dire
07:14« Là, c'est un foyer d'infection,
07:16si on contient le foyer d'infection,
07:17mais si on contient, ça veut dire qu'il y a des frontières. »
07:20Et l'idéologie, aujourd'hui, c'est de détruire toutes les frontières.
07:22On a des raisons.
07:23Il y a aussi ce traumatisme que chacun a vécu
07:25en se disant « Ça va être le retour du confinement,
07:28le retour des masques. »
07:29Il y a quelque chose qui est resté très ancré
07:31dans la mémoire des Français.
07:32Oui, moi, je suis un moine soldat.
07:35Moi, je travaille à mon bureau
07:36et puis je peux très bien 3, 4, 5 jours s'en sortir.
07:39Et si j'ai fait mes provisions pour faire mes courses,
07:42ça ne me posera aucun problème.
07:43Donc, moi, je n'ai pas souffert à ce moment-là.
07:45Mais pour plein de gens, ça a été terrible.
07:47C'est surtout, pour plein de gens,
07:49ça a surtout été l'occasion de voir les volte-face du pouvoir.
07:52Il faut, il faut pas.
07:53Masque, pas masque.
07:54Il y a des gens qui...
07:55Madame Sibeth Ndiaye qui nous disait
07:57que c'était quand même très compliqué à mettre le masque.
08:00Et puis après, on nous a dit « De toute façon,
08:01le masque, ça ne protège pas. »
08:02Puis après, on nous a dit « Mais il faut le masque,
08:04ça protège bien sûr. »
08:05Après, il faut le masque pour les enfants.
08:06Puis après, non, pas pour les enfants.
08:08Puis après, on dit « Ça contamine. »
08:09Mais non, ça ne contamine pas.
08:10Si vous êtes debout à boire un café, ça ne contamine pas.
08:12Mais si vous êtes assis à boire votre café, ça ne contamine.
08:14Les gens, ils n'avaient que ça à faire.
08:16Regarder la télévision pour se dire
08:18« Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Combien de morts ? »
08:19Vous aviez un croque-mort officiel qui arrivait tous les jours.
08:21« Il y a encore eu tant de morts, etc. »
08:23On se dit « Comment ça se passe chez nous ? »
08:25Donc, les gens n'ont pas envie de revivre l'impéritie politique.
08:29Il n'y avait pas de masque.
08:30Vous avez reçu il y a peu Hervé Morin
08:33qui est le ministre de...
08:34Le ministre de rien du tout.
08:35Il est l'ancien ministre de la Défense.
08:37Mais le patron de la région de Normandie.
08:39Et qui m'avait fait savoir à une époque
08:40que lui connaissait tout à fait bien
08:41quelqu'un qui, dans la Manche,
08:43pouvait produire très rapidement des masques.
08:45Et là, d'un seul coup, l'administration, la bureaucratie,
08:47les règles de Bruxelles,
08:48où on a dit « Oh non, non, c'est pas possible, etc. »
08:50Donc, on a organisé la pénurie, etc.
08:52Les Français ne sont pas des crétins.
08:53Ils ont souvenir de l'impéritie des gens qui les ont gouvernés.
08:56Ils se disent « Comme ce sont encore les mêmes au pouvoir,
08:58on va avoir probablement les mêmes problèmes.
09:01Et je comprends qu'ils soient angoissés.
09:03D'autant qu'il y a un motif à angoisse
09:04avec ce qui se passe au Moyen-Orient,
09:07ce qui se passe avec Poutine et l'Ukraine,
09:09ce qui se passe avec Trump qui est très imprévisible,
09:11ce qui se passe avec le chat Xi Jinping
09:14qui est une espèce de chat qui...
09:15Une espèce de sourire oriental comme ça.
09:17Un sphinct, plutôt, alors.
09:18Oui, un sphinct, si vous voulez.
09:19Mais il y a du chat dans le sphinct.
09:20Absolument.
09:20Et qui, lui, tient le monde dans sa main.
09:24C'est-à-dire qu'on voit très bien, d'ailleurs, toutes ces images.
09:26Et je comprends que des gens soient un peu angoissés.
09:28Moi, je connais des gens qui me disent
09:29« Moi, j'arrête d'écouter la radio, de regarder la télévision,
09:31parce que ça m'angoisse. »
09:32On est sur CNews et sur Europe 1 avec vous, Michel Onfray.
09:35On va aussi s'intéresser à l'État,
09:38parce qu'on parle de l'État,
09:40de la façon dont l'État s'occupe des Français,
09:41de la santé des Français,
09:42du pouvoir d'achat des Français,
09:44parce qu'on sait que la crise au Moyen-Orient
09:46impacte grandement le pouvoir d'achat des Français.
09:48Est-ce qu'on ne demande pas trop au gouvernement ?
09:50Est-ce que nous ne sommes pas assistés dans une société assistée ?
09:53Est-ce que nous ne sommes pas dans le cadre d'un État nounou ?
09:55On a posé la question à François-Olivier Gisbert,
09:57qui était notre invité.
09:58Je vous propose de l'écouter.
09:59Je vous passe la parole ensuite.
10:01Le gouvernement, il est là pour protéger.
10:03Ça, c'est sûr, c'est un mot qu'ils emploient tout le temps.
10:05Voilà, on est là pour protéger.
10:06L'État nounou.
10:07Oui, mais c'est vrai, c'est sa fonction, la protection.
10:10Et donc, là-dessus, il doit aider.
10:11Mais quand on a cette politique ultra-dépensière depuis des années,
10:16ça ne marche pas.
10:17On n'a plus d'argent.
10:18Et c'est ça, le problème.
10:20Le pauvre, le cornu,
10:21je ne sais pas trop ce qu'il peut faire, d'ailleurs,
10:24en dehors d'essayer de...
10:25C'est une politique de bout de ficelle.
10:27Est-ce qu'on est dans le cadre d'un État nounou pour vous, Michel Onfray ?
10:31Ça, ça me sépare de Frantz,
10:32parce que, comme j'aime beaucoup,
10:34qui est un vieil ami qui m'a soutenu
10:36quand toute la gauche m'a laissé tomber au moment de mon Freud,
10:38il y a une douzaine d'années.
10:39C'était l'époque où mon père venait de mourir.
10:41Donc, Frantz, il peut me demander ce qu'il veut.
10:43Mais sur ce sujet, je ne suis pas d'accord.
10:45Parce que quand il dit...
10:46On se téléphone régulièrement,
10:48et on se voit trop peu,
10:49mais on a eu une discussion sur son livre récent
10:52où il dit que tant de pourcents de Français sont assistés.
10:55Mais si vous allez chez le dentiste
10:57et que vous vous faites rembourser, vous êtes assistés.
10:58Si vous allez à l'école, vous vous faites assister.
11:01Si vous... etc. etc.
11:02C'est quoi l'assistanat ?
11:03Ce n'est pas exactement non plus le fait
11:05qu'à chaque fois que l'État met la main à la poche,
11:06ce n'est pas forcément mauvais.
11:08Moi, je pense qu'il faut sauver une chose
11:10des deux quinquennats de Macron,
11:12c'est le quoi qu'il en coûte.
11:14Ok.
11:14Oui.
11:15Là, vous dites Monco.
11:16Oui.
11:16Non, mais là, il a bien fait.
11:17Parce que tous ces gens qui nous disent
11:18« Oh, oh, oh, oh, il voulait des faillites. »
11:20Et qu'est-ce qu'il voulait ?
11:20Comme faillite aux faillites qui sont déjà là.
11:22Je veux dire, moi, je vois mon boucher
11:24qui était un formidable garçon
11:26qui travaillait vraiment beaucoup, etc.,
11:28qui a été obligé de fermer sa boutique,
11:30un poissonnier qui a fermé sa boutique, etc., etc.
11:32Des boutiques qui ferment,
11:33qui font des ongleries,
11:34des chopes-machins, je ne sais quoi,
11:36à la place.
11:37Et c'est bien que l'État protège.
11:38Il est là pour ça, l'État.
11:40Quand on dit moins d'État,
11:41non, moi, je pense qu'on peut faire des économies.
11:42France dit « Mais qu'est-ce qu'il peut faire ? »
11:44Ben si, regardez Sarah Knafou
11:45qui vous amène une liste comme ça
11:47en disant « Voilà les dépenses. »
11:48Et quand vous avez des problèmes
11:49dans votre propre budget personnel,
11:51vous dites « On ne va peut-être pas partir
11:53en vacances aux Maldives trois mois cet été. »
11:56Et puis voilà.
11:56Et puis on ne va peut-être pas non plus
11:58donner ceci, cela.
11:59Enfin bon, voilà.
11:59Et là, vous avez un budget,
12:00vous avez un gâteau,
12:01il faut le partager.
12:02Le problème, c'est de dire
12:03« Peut-être que cette part-là,
12:04on peut la faire plus petite.
12:05Peut-être que celle-ci, on ne la fait pas.
12:06Il n'y aura pas de part
12:07qui sera consacrée à ceci ou cela. »
12:09La gestion d'un budget, c'est ça.
12:10Quand le général de Gaulle,
12:11que France aime beaucoup désormais,
12:13je suis très heureux
12:14qu'il soit sur ces lignes-là,
12:16mais quand le général de Gaulle
12:17demande à Jacques Rueff,
12:18et il le dit souvent d'ailleurs,
12:19France,
12:20« Vous allez me faire ça économiquement,
12:22je veux ça. »
12:22C'est l'intendance.
12:23Et l'intendance suit.
12:24Il obtient le général de Gaulle.
12:26Il dit « On est dans un mauvais état financier.
12:29Je suis général de Gaulle,
12:30je ne suis pas économiste. »
12:31Et Rueff et quelques autres
12:32travaillent en disant
12:32« On va faire ceci, on va faire cela. »
12:33Il n'y a pas de volonté aujourd'hui
12:35de faire des économies.
12:36Donc s'il n'y a pas de volonté
12:37de faire des économies,
12:38c'est normal qu'il y ait des dépenses.
12:39Et s'il y a des dépenses,
12:40il y a des dettes.
12:41Et s'il y a des dettes, etc.
12:42Ça me paraît extrêmement simple.
12:43Vous savez, un budget,
12:45tous les gens ont des budgets
12:46dans leur maison.
12:46Ils savent bien qu'il y a les vacances,
12:48il y a l'essence,
12:48il y a la nourriture,
12:49il y a l'école des enfants,
12:50il y a le logement, etc.
12:51Et à un moment donné,
12:52vous êtes obligés de vous dire
12:53« Bon, sur quoi on tape ? »
12:54Et la culture fait souvent les frais.
12:57On va en parler de la culture
12:58parce que vous faites la une
12:59du JD News
13:00pour nous parler de l'idéologie
13:02dans la culture.
13:02Michel Onfray.
13:03On va ouvrir le chapitre
13:05de la visite d'Emmanuel Macron
13:06en Afrique.
13:07Une tournée en Afrique
13:08qui a commencé en Égypte
13:10où il a inauguré un campus
13:11de l'université de la francophonie
13:13Senghor avant d'aller au Kenya.
13:15Et quand il était en Égypte,
13:17il a évoqué la langue française
13:18qui selon lui vit plus
13:20dans le bassin du fleuve Congo
13:21que sur les quais de la Seine.
13:22On va écouter ce qu'il a dit.
13:24Il a aussi évoqué
13:25la langue arabe en France.
13:26Écoutons.
13:28Et ces mots voyagent
13:30parce que cette langue voyage.
13:32Et je l'ai souvent rappelé,
13:33l'épicentre aujourd'hui
13:34de la langue française
13:35est sur les bassins du fleuve Congo.
13:38Elle n'est pas sur les quais de la Seine.
13:40Parce que c'est là
13:41qu'il y a le plus de locuteurs.
13:43Et à ce titre,
13:44l'alliance entre l'Égypte et la France
13:45est une alliance de paix,
13:47de stabilité,
13:48de générosité.
13:51Je veux que le français continue
13:52d'être la langue chérie
13:56des Égyptiennes,
13:57et des Égyptiens.
13:58C'est pourquoi on va continuer
13:59d'avancer.
14:00L'arabe est la deuxième langue
14:01parlée en France.
14:02Et c'est une réalité
14:04qu'il faut souvent rappeler.
14:06Et donc,
14:06la Méditerranée est unie
14:08par ce multilinguisme.
14:09Mais ce projet
14:10va nous permettre
14:11d'avancer.
14:12pour Emmanuel Macron,
14:13deux choses.
14:13Un, sur la langue française
14:14qui vit là où il y a
14:16des francophones.
14:16C'est vrai que numériquement,
14:18ça se trouve dans le bassin
14:19du fleuve Congo.
14:20Et après,
14:20le fait que l'arabe
14:21soit la deuxième langue.
14:21Qu'est-ce que ça vous inspire,
14:22Michel Onfray ?
14:24D'abord,
14:24je vois que pour Emmanuel Macron,
14:26la France,
14:26ce sont les quais de Seine.
14:27Et en dehors des quais de Seine,
14:28il y a aussi autre chose.
14:29Et même en dehors des quais de Seine,
14:30à Paris,
14:31il y a autre chose.
14:32Et il y a des quartiers
14:32dans Paris.
14:33Et puis,
14:34en dehors de Paris,
14:34il y a aussi la province.
14:36Et dans les provinces,
14:37il y a aussi des gens
14:37qui parlent le français.
14:38Et il y a des endroits
14:39où vous n'avez,
14:40dans certains villages,
14:41que des gens qui parlent français.
14:42C'est aussi ça,
14:43la France.
14:44C'est peut-être un parallèle
14:45avec le fleuve,
14:46le fleuve Congo,
14:46le fleuve de la Seine.
14:47Voilà, bref.
14:49Venons-en à la langue française.
14:50Non, non,
14:50on y est.
14:51On y est.
14:51Parce que justement,
14:53l'intérêt,
14:53ce n'est pas qu'on parle le français,
14:54c'est qu'on fasse quelque chose
14:55de la langue.
14:56Ce n'est pas juste de dire
14:56passe-moi le pain,
14:57je voudrais du sel,
14:58s'il vous plaît,
14:59merci, au revoir.
14:59Si on dit
15:00ah, il parle français,
15:01c'est formidable.
15:01Non, c'est faire vivre la langue.
15:03C'est-à-dire créer.
15:05Elle est où la littérature ?
15:06Elle est où ?
15:06Où sont les livrets d'opéra
15:08en français ?
15:09Où sont, etc.
15:10Où est-ce qu'elle vit la langue ?
15:11Elle ne vit pas
15:12du simple fait qu'elle soit.
15:13Quand vous allez demander
15:14votre baguette
15:15chez un boulanger,
15:16je veux bien que vous puissiez dire
15:17que vous faites vivre la langue.
15:19Je vais vivre la langue française.
15:20Je veux dire,
15:20il suffit d'avoir 300 mots
15:21à son répertoire.
15:23C'est à peu près tout.
15:24Oui, voire moins.
15:25Pardon ?
15:25Voire moins.
15:26Vous pouvez disposer
15:27à une totalité de 300 mots
15:28et n'utiliser qu'à peu près 100 mots.
15:30On en est là aujourd'hui
15:31avec des gens
15:31dont le vocabulaire s'est effondré.
15:33Pas de vocabulaire,
15:34pas d'intelligence.
15:35Pas d'intelligence facile
15:36de gouverner les gens.
15:37C'est aussi ça le problème
15:38du locuteur.
15:39Ce n'est pas seulement
15:39la quantité,
15:40c'est la qualité.
15:41Lui, il pense que la quantité
15:42de locuteurs,
15:43ça fait la langue française.
15:45Non, c'est aussi
15:46la qualité des locuteurs.
15:47Il y aurait-il
15:49une espèce de village gaulois
15:50où on parlerait
15:51à un français propre, correct,
15:53etc.
15:54Que ça suffirait...
15:55Alors, je ne dis pas...
15:55Quand je dis propre, correct,
15:56on ne se dit pas
15:57hygiéniste sur ce terrain-là.
15:58On peut intégrer
15:59d'autres mots, etc.
16:00Oui, mais enfin,
16:00éviter les fautes.
16:01C'est ça que j'appelle.
16:02Les francophones
16:02qui parlent le français
16:03mieux que les français
16:04et d'autres bien mieux
16:07que les français
16:08de la métropole.
16:08Je prends soin de dire
16:10que c'est une hypothèse.
16:11Un village gaulois
16:12dans lequel on parlerait
16:13comme Jean Dormesson,
16:14s'il ne faut parler plus autrement
16:16ou utiliser d'autres mots,
16:17eh bien, là,
16:18on aurait peut-être
16:19une espèce de conservatoire
16:20de la langue.
16:20Ça n'exclut pas, bien sûr,
16:21les autres mots
16:22venus de l'étranger.
16:23La langue française,
16:24ce n'est pas une langue française
16:25qui se serait constituée
16:26à partir d'un capital français.
16:28Donc, il y a effectivement
16:29des mots latins,
16:30des mots grecs
16:30et des mots arabes.
16:32Alors, pourquoi sont-ils
16:34obligés de faire
16:34le parallèle
16:35avec la langue arabe
16:36qui serait la deuxième langue
16:37parlée en France ?
16:37Parce qu'il veut être applaudi.
16:38Parce qu'il aime ça.
16:39Parce que c'est un narcissique
16:41et qu'il veut être applaudi
16:42et que quand il change d'endroit,
16:44il tient un autre discours
16:45et que quand il passe ailleurs,
16:46c'est encore un autre discours
16:47et on l'applaudit
16:48et il est heureux
16:49et il est content.
16:50C'est quoi l'arabe
16:51en plus de ça ?
16:51C'est comme le corse.
16:52C'est comme le breton.
16:53C'est-à-dire
16:53tous ces gens qui nous disent
16:54l'arabe A majuscule,
16:56le breton B majuscule,
16:57l'arabe littéraire
16:58et après il y a tous les...
16:59Et puis il y a des...
17:00Regardez encore,
17:00si vous avez la Corse du Nord
17:01ou la Corse du Sud,
17:02on va pas parler d'arabe
17:03parce qu'après on va dire
17:03que je suis raciste,
17:04que je suis etc.
17:05Non, non, non.
17:05Là on évoquait Emmanuel Macron.
17:06Alors parlons peut-être
17:07de la Bretagne.
17:08Les bretons sont plus ouverts
17:10quand on leur parle de ça
17:11mais il y a des langues bretonnes
17:15parce que tout simplement
17:16la langue,
17:17elle suppose un écosystème.
17:18Ça se parle dans un endroit
17:20où à l'époque,
17:20il y a le pas d'un homme
17:21ou le pas d'un cheval
17:23et puis quand vous avez fait
17:24300 km à pied
17:25ou avec un cheval,
17:26vous avez fait de la distance
17:27et puis à un moment donné
17:28où vous avez les voitures
17:29puis à un moment donné
17:29où vous avez les avions,
17:30les trains,
17:31puis après les avions etc.
17:32Donc après,
17:33ça ne veut plus dire grand chose
17:33mais vous avez une option
17:34jacobine,
17:35y compris chez les Corses,
17:37y compris chez les...
17:38ou les défenseurs du Corse,
17:40du breton
17:40qui estiment qu'il y a un Corse
17:43et que c'est ça le Corse
17:44mais c'est une décision de qui.
17:45Il y a des façons de parler
17:47chez les Corses.
17:47Il y a des façons de parler
17:48le Corse,
17:49d'écorce d'une certaine manière.
17:50Même chose avec le breton,
17:52c'est-à-dire que même
17:52quand il s'agit de régions
17:55et vous connaissez mon régionalisme,
17:56on retrouve les espèces
17:58d'obsessions jacobines
17:59pour dire
17:59mais il y a une langue,
18:00il y a des arabes.
18:02Si vous allez de l'Algérie
18:04à l'Égypte
18:05en passant par la Tunisie
18:06et le Maroc,
18:07vous avez des langues
18:07très différentes
18:08et puis après,
18:09vous avez des langues littéraires,
18:10vous avez ensuite
18:11des langues qu'on dit vernaculaires
18:12qui sont faites pour le quotidien
18:13etc.
18:14Donc il faut arrêter
18:15de dire n'importe quoi
18:16sur la question des langues
18:17en disant, en platonicien,
18:19le français, l'arabe,
18:21la quantité fait la qualité
18:23etc.
18:23On voit bien ce qu'il voulait signifier.
18:25Il y a aussi eu un moment
18:27où il a évoqué
18:28le trésor de la binationalité.
18:30Écoutons ce qu'il a dit
18:31sur le fait
18:32qu'on peut être 100% français
18:33et 100% de son pays d'origine.
18:36C'est qu'il y a des millions
18:38et des millions de jeunes
18:39en France
18:40qui sont des diasporas
18:41comme vous.
18:42Et pendant trop d'années,
18:44on leur a dit
18:44excuse-toi
18:45d'être d'une diaspora,
18:48excuse-toi
18:48d'être ceci ou cela
18:50ou fais oublier un peu.
18:52Non.
18:53Vous êtes 100% française,
18:55100% algérienne.
18:57Accumulez-les.
18:58Redoublez-les.
18:59On en a besoin.
19:00Parce que c'est un accélérateur
19:02pour nous français
19:03d'avoir des jeunes comme vous
19:04qui sont françaises
19:07et algériennes,
19:08françaises et centrafricaines
19:09et qui ont envie
19:10de dévorer le monde,
19:11de conquérir plein de choses
19:12mais qui sont avec nous.
19:15C'est très important pour moi.
19:17Et donc soyez fiers
19:18de cette diaspora,
19:19soyez totalement françaises
19:20et totalement africaines.
19:21Et moi, c'est aussi pour ça
19:22que je suis là.
19:23Parce que dans notre pays,
19:24et je le dis pour nos amis kenyans
19:26qui peut-être ne le savent pas assez,
19:28mais il y a des millions
19:29et des millions de nos jeunes
19:31qui sont totalement français
19:33et totalement africains.
19:35Et c'est une immense chance
19:36pour le pays.
19:37Voilà pour Emmanuel Macron
19:38qui était là au Kenya.
19:39Moi, je pense que c'est profondément
19:40sa matrice.
19:41Il pense vraiment
19:42ce qu'il vient de dire.
19:43Bien sûr.
19:43On peut être 100% français
19:44et 100% français d'origine.
19:46Mais oui, ça s'appelle en même temps.
19:48C'est-à-dire que c'est la théorie
19:49du en même temps.
19:50Vous êtes une chose
19:51et son contraire.
19:51Vous êtes blanc
19:52et vous êtes noir en même temps.
19:53Vous êtes grand
19:54et vous êtes petit en même temps.
19:55Vous savez parler l'anglais
19:56et vous ne savez pas parler l'anglais en même temps.
19:57Pourquoi on ne peut pas être
19:57100% l'un et 100% l'autre, Michel ?
20:02Où on est dans un pays
20:03qu'on a choisi
20:04et qu'on aime ce pays.
20:05Et quand le général de Gaulle
20:06parle des Français,
20:07il ne dit pas
20:08je parle des Français blancs,
20:09je parle des Français noirs,
20:10je parle des Français musulmans,
20:11je parle des Français juifs.
20:12Ça n'existe pas sous sa plume.
20:13Il y a ceux qui veulent être français
20:14et qui sont 100% français.
20:16Mais après,
20:16on peut être d'origine algérienne,
20:18d'origine malienne,
20:18d'origine sénégalaise,
20:20italienne,
20:21danoise,
20:21il y a mille ans.
20:22Et on peut être musulman,
20:24on peut être juif,
20:24on peut être catholique,
20:25on peut être athée,
20:26on peut être hindouiste
20:28ou bouddhiste
20:28ou ce que l'on voudra.
20:29C'est ça le projet
20:31du général de Gaulle.
20:31C'est évidemment pas le sien.
20:32Le projet du général de Gaulle,
20:34c'est de dire
20:35vous pouvez garder
20:36tout à fait vos façons d'être
20:37ou de faire.
20:37Il y a des hommes politiques
20:38dont je ne donnerai pas le nom
20:39mais qui pratiquent
20:40leur judaïsme chez eux
20:41et on ne le sait pas.
20:43Et ils sont des grands défenseurs
20:46d'une république
20:46qui intègrent et qui assimilent.
20:48Assimiler,
20:48c'est quand même un peu normal
20:49que vous puissiez vouloir assimiler
20:51quand des gens viennent en France.
20:52Pourquoi ils viennent en France
20:53et pas ailleurs ?
20:54Parce qu'ils n'aiment pas la France.
20:58Je n'irai pas dans un endroit
20:58où je n'ai pas envie de vivre.
21:00Qu'est-ce qui fait qu'on peut dire
21:00je viens dans un endroit
21:01que je n'aime pas ?
21:02Et puis cette façon de dire
21:03on vous a dit
21:04qu'il fallait détester ceci.
21:06Mais qui on ?
21:06Qui est ce on ?
21:07Et quand tu dis
21:08qu'ils sont avec nous,
21:09quand il dit
21:09qu'ils sont avec nous,
21:10nous c'est quoi ?
21:11Il faudrait une discussion
21:12avec ce monsieur.
21:13Nous, la France.
21:14Alors c'est quoi la France
21:15chez lui ?
21:15Et puis moi je veux bien
21:17mais il y a parfois
21:17des conflits de loyauté.
21:18Quand vous êtes franco-algérien
21:20et que vous dites
21:21il y a un match de foot
21:22entre la France et l'Algérie
21:23et que vous dites
21:24alors que vous diriez
21:26quel pays gagne ?
21:27Il y a ceux qui disent
21:27n'importe lequel
21:28je serai de toute façon heureux.
21:30Ça c'est formidable.
21:31D'autres qui disent
21:31j'aimerais bien
21:32que ce soit un match nul.
21:33Donc je trouve ça formidable aussi.
21:35Et puis d'autres qui disent
21:35je suis en France,
21:36je vis en France,
21:36je travaille en France
21:37mais j'espère que ce n'est pas
21:37la France qui va gagner.
21:39Donc évidemment
21:39quand vous voyez ça
21:41sous cet angle-là
21:41vous avez des gens
21:42qui n'ont pas envie
21:44de fabriquer une France
21:45dont il veut qu'elle soit
21:47sur le principe américain.
21:48Sauf que l'Amérique...
21:49Un multiculturalisme.
21:50Un multiculturalisme
21:51où chacun vient comme il est
21:52où finalement
21:53il y a une espèce
21:53d'individualisme généralisé
21:54pourvu que vous consommiez,
21:57pourvu que vous achetiez,
21:58pourvu que vous soyez
21:58des consommateurs,
21:59des individus
22:00qu'on va flatter
22:00dans le sens du poil.
22:01Alors ça suffit bien,
22:02c'est une espèce
22:03de grand hôtel la France.
22:04C'est une conception du monde,
22:06c'est la conception
22:06des démocrates américains,
22:08ce n'est pas la conception
22:08des républicains français
22:10qui eux estiment
22:10que res publica,
22:11c'est ce que signifie
22:12l'étymologie du mot,
22:13c'est la chose publique.
22:15Donc ce n'est pas
22:15l'intérêt particulier,
22:16c'est l'intérêt général.
22:18Parfois on a envie
22:18de faire des choses
22:19puis on ne les fait pas
22:19parce qu'on se dit
22:20c'est peut-être bon pour moi
22:21mais c'est mauvais pour la France.
22:22Et si le voisin fait pareil
22:24en disant
22:25il faut que ce soit bon
22:25pour la France,
22:26il y a un moment donné
22:26où on a une entité
22:27dans laquelle on peut
22:28avoir plaisir à se trouver.
22:29Mais qui aujourd'hui
22:31peut vouloir être français
22:32puisque c'est on,
22:33comme ils disent,
22:34monsieur,
22:34c'est un certain nombre
22:36de on qui font savoir
22:38depuis des années
22:38que la France est détestable,
22:39que c'est Vichy,
22:40que c'est Pétain,
22:41etc.
22:42Que nous avons inventé
22:43les chambres à gaz,
22:44que nous avons inventé
22:45la Shoah,
22:46que nous sommes antisémites.
22:47Alors maintenant ça va,
22:48c'est l'inverse.
22:48Maintenant il est plutôt bon ton
22:49quand on dit de gauche
22:50d'être antisémite.
22:51Mais pendant très longtemps
22:52et c'était une belle époque
22:53et c'était celle que j'aime
22:54quand j'aime ma gauche là.
22:56C'est-à-dire c'est une gauche
22:56qui était filosémite,
22:57ce n'était pas la gauche
22:58qui nous disait
22:58les juifs sont partout,
22:59le capital,
23:00le capitalisme,
23:00etc.
23:01Et donc on peut aujourd'hui
23:03fabriquer une république
23:04si on dit à chacun
23:05mais bien sûr
23:06vous pouvez continuer
23:06à rester algérien,
23:08un marocain, etc.
23:09S'il y a quelque chose
23:10qui fait que vous avez envie
23:11de participer à un projet commun,
23:12c'est la fameuse nation de Renan.
23:14C'est un projet commun.
23:16Le projet commun,
23:17on ne regarde pas
23:18à la couleur de peau des gens.
23:20C'est-à-dire on dit
23:20vous avez envie d'être français
23:21ou non.
23:22On ne va pas dire
23:22c'était quoi votre grand-père ?
23:24De quelle couleur
23:25était votre arrière-grand-père ?
23:27Ou de quel étranger descendez-vous ?
23:29Ce genre de choses.
23:30Ça existe,
23:31ça fait partie d'une biographie
23:32mais l'intérêt
23:33ce n'est pas le passé.
23:34Nous n'avons de futur
23:36que d'obsession du passé.
23:37On n'a pas de présent possible
23:38dans ces configurations-là.
23:40Donc on peut aujourd'hui avoir...
23:42Enfin moi je souhaite
23:43qu'on ait un président de la République
23:44qui nous dise
23:44bien sûr que vous pouvez être
23:45algérien, marocain, etc.
23:47Mais pas dans la logique
23:48qui est la sienne
23:48et qui était assez ridicule.
23:49Vous pouvez être 100% ceci,
23:50100% cela.
23:51Ça, ça s'appelle
23:51des mathématiques quantiques.
23:53100 plus 100 plus 100 plus 100
23:54égale 100.
23:55Bon.
23:56Mais dans la logique de ce monsieur
23:58tout est compréhensible.
23:59Michel Onfray.
24:00On va faire une toute petite pause.
24:01On se retrouve dans un instant
24:02face à Michel Onfray.
24:03On va évoquer ce qui se passe à gauche.
24:05On va évoquer le canon français encore.
24:07Et puis ce qui se passe
24:09du côté de la culture.
24:10Vous nous en parlez cette semaine
24:11dans le GD News.
24:12A tout de suite.
24:13On se retrouve dans
24:14face à Michel Onfray
24:15sur CNews et sur Europe 1.
24:16Michel, un petit coup d'œil
24:17à ce qui se passe à gauche.
24:18Il y a les portes
24:19qui claquent au Parti Socialiste.
24:20Boris Vallaud a quitté
24:21la direction du parti à la rose
24:23avec de nombreux membres
24:24de la direction.
24:24Il refuse une primaire
24:26de la gauche non-mélenchoniste.
24:28Et puis il y a aussi
24:29ce qui se passe du côté
24:29de place publique
24:30de Raphaël Glucksmann.
24:32Ça, ça vous a intéressé.
24:33Parce qu'il y a eu une étude
24:34qui a fuité dans la presse
24:35qui aurait été commandée
24:36par ce parti,
24:37Place Publique,
24:38conseillant à Raphaël Glucksmann
24:40de ne pas s'intéresser
24:41aux électeurs des classes modestes
24:42qui gagneraient moins de 1500 euros.
24:44Ne pas s'intéresser
24:45à ceux des banlieues
24:46parce qu'ils seraient
24:47les plus difficilement mobilisables.
24:49Il faut éviter,
24:50pour l'instant,
24:50disait ce rapport,
24:52à éviter aussi
24:52les 18-25 ans,
24:54les familles monoparentales,
24:55les électeurs de droite.
24:56Il y a toute une catégorie
24:57de personnes à cibler,
24:58bien sûr,
24:59les classes aisées,
25:01les CSP+,
25:02les classes moyennes
25:03à gauche et au centre.
25:04Alors,
25:04M. Glucksmann dit
25:05« Cette note n'a aucune importance.
25:06Je ne m'en inspire pas. »
25:08Il l'a démenti formellement
25:09sans être inspiré.
25:09Qu'est-ce que ça dit
25:10pour vous,
25:11Michel Onfray,
25:12de cette gauche-là ?
25:13C'est dit que Raphaël Glucksmann
25:14n'est pas ce qu'on dit.
25:15Pas le gentil garçon,
25:16social-démocrate,
25:18pro-européen,
25:20européiste
25:20qui n'aurait rien à voir
25:21avec tout ce monde-là.
25:22C'est la même chose.
25:23C'est la même chose
25:24que le Parti Socialiste
25:25qui est la même chose
25:25que Mélenchon
25:26puisque Mélenchon
25:27a caporalisé tout le monde.
25:29Donc,
25:29on voit bien que
25:31globalement,
25:32ils ont un objectif commun.
25:35C'est d'être élus personnellement.
25:36C'est-à-dire de faire
25:37une carrière personnelle.
25:38C'est-à-dire qu'on n'a pas
25:39le souci de la France
25:40quand on a des obsessions
25:41comme ça,
25:42sociologiques,
25:43en disant « oui à cela ».
25:44Lui, il dit
25:44ne pas s'en inspirer.
25:45C'est son parti
25:46qui a recommandé.
25:46Ça fait 20 ans
25:48que ces gens-là
25:48s'en inspirent.
25:50C'est la fameuse
25:51lettre de Terranova
25:52qui était faite à l'époque
25:53pour Dominique Strauss-Kahn
25:54et qui disait
25:55laisser partir
25:56ce que j'ai appelé
25:57le peuple old school
25:58qui est toujours
25:59dans mon cœur.
26:00Laissez-le partir
26:01chez Marine Le Pen
26:02puisque de toute façon
26:03il est déjà perdu
26:03et allons voir
26:05de l'autre côté
26:05et fabriquons un nouveau peuple
26:07ce qui est devenu
26:07une nouvelle France
26:08avec les femmes seules,
26:10avec un féminisme
26:12outrancier,
26:13avec les antisémites,
26:16avec les migrants
26:17et ce genre de choses.
26:18Donc, ça c'est vieux
26:18comme le monde.
26:19Ce n'est pas neuf
26:19que M. Glucksmann
26:22s'en inspire.
26:23Ce qui est peut-être
26:24un peu plus visible
26:25et là vous me permettrez
26:25de parler de ce salon du livre
26:27de Vimoutier
26:28où on essaie de m'interdire
26:29d'exister,
26:30d'être là,
26:30d'être présent.
26:31Je ne prends même pas la parole.
26:31Je suis là pour soutenir
26:33un ami qui lui veut
26:35montrer qu'on peut faire
26:36de la culture
26:36dans un milieu rural.
26:38Et ce n'est pas
26:39le milieu rural.
26:40Donc, il y a un type
26:41de place publique
26:42qui m'agonie d'injures,
26:44qui m'insulte,
26:44qui fait savoir
26:45aux journaux locaux
26:47qui évidemment reprennent
26:48sa parole
26:48que j'ai dit ceci,
26:49que j'ai dit cela,
26:49que j'ai renoncé à ceci,
26:50que j'ai renoncé à cela.
26:51Ce qui est totalement faux.
26:52C'est totalement faux.
26:53Et on se dit,
26:54tiens, c'est quand même
26:54très étonnant.
26:55Ces gens qu'on présente
26:56comme des modérés,
26:58ils sont dans la même bande
27:00que Mélenchon.
27:01C'est-à-dire que M. Glucksmann
27:02se fait moquer sur son nom,
27:05consonance juive.
27:06Donc, je rappelle quand même
27:07que M. Mélenchon
27:08l'a insulté.
27:09En gros, il dit juif.
27:10Comme Epstein, Epstein, etc.
27:11Tout le monde a oublié ça.
27:12On a oublié que,
27:14parce que ce monsieur
27:15qui m'agonie d'injures,
27:16qui a une maison particulière,
27:18enfin une résidence secondaire
27:20dans l'Orne,
27:21qui vit à Paris,
27:22qui est prof à Sciences Po,
27:23etc.
27:23Enfin, tout le petit monde, là.
27:25Et d'un seul coup,
27:25Raphaël Glucksmann
27:26se retrouve avec un parti
27:28violemment antisémite
27:29pour faire barrage
27:30contre le rassemblement national,
27:32contre le peuple.
27:33Parce que ce militant
27:34de l'Orne, là,
27:35et lui,
27:36ils ont en détestation
27:37le petit peuple.
27:38Parce que ce militant
27:40de place publique, là,
27:40il écrit des livres
27:41contre le peuple,
27:42pour l'Europe,
27:43pour la disparition
27:44de la nation,
27:45contre les paysans,
27:46les campagnards, etc.
27:47Parce qu'il faut absolument
27:48que ce soit les techniciens,
27:51de l'Europe,
27:51qui décident
27:52d'imposer le marché,
27:54etc.
27:54Donc, c'est tout ça,
27:55Raphaël Glucksmann.
27:56Il se fait insulter,
27:57il se fait traiter de juif
27:59par des antisémites.
28:00Mais il y va quand même.
28:01Il fait des candidatures communes.
28:03Ce monsieur, là,
28:04dans l'Orne,
28:04candidature commune,
28:05avec des gens
28:06qui sont passionnément
28:07antisémites,
28:07qui détestent le peuple,
28:08qui veulent faire
28:09l'économie du peuple,
28:10qui ont la détestation
28:11de la ruralité,
28:12sauf pour avoir
28:12une résidence secondaire,
28:13mais pas pour y vivre.
28:14Et qui nous font savoir,
28:15il l'a fait savoir,
28:16Raphaël Glucksmann,
28:16il y a très longtemps,
28:17qui se sentait, je crois,
28:18plus à l'aise à New York
28:19que dans je ne sais quelle
28:20province française
28:21ou province du Nord.
28:23Tout est dit.
28:24Il y a des gens
28:24qui nous disent
28:25oui, plutôt les villes,
28:26mais pas les campagnes.
28:26Les campagnes,
28:27essayons de faire
28:27l'économie de ces gens-là.
28:28La gauche fait l'économie
28:30du peuple depuis mars 1983.
28:31Alors justement,
28:32ça nous amène à parler
28:33du canon français
28:33parce que le lien est tout trouvé.
28:35Il y a un député socialiste
28:36qui s'appelle Arthur Delaporte
28:37qui a écrit au ministère
28:38de l'Intérieur,
28:39Michel Onfray,
28:39pour lui demander
28:40d'interdire les banquets
28:41du canon français,
28:43notamment après le banquet
28:44de Caen.
28:44On va écouter
28:45ce qu'il dit exactement.
28:47C'est le courrier
28:48que j'ai adressé hier
28:49au ministre de l'Intérieur
28:50pour lui demander
28:51d'interdire
28:53les rassemblements ultérieurs
28:54du canon français.
28:56Vous savez,
28:57ce canon français,
28:57c'est ces banquets
29:00prétendument populaires
29:01mais qui sont en fait
29:01sous couvert
29:03de la fête
29:04que nous soutenons évidemment
29:05mais des rassemblements
29:07qui ont pu attirer
29:08des personnes
29:10peu recommandables
29:11et par ailleurs
29:12qui participent
29:12à l'alcoolisation massive
29:13des participants.
29:14L'alcoolisation massive
29:16des participants
29:16dit Arthur Delaporte.
29:17C'est pour ça
29:18qu'on devrait interdire
29:19le canon français
29:20Michel Onfray ?
29:20C'est devenu ça
29:21cette gauche-là.
29:22Interdire, interdire, interdire.
29:23Interdire et interdire.
29:25Interdire, interdire encore
29:26et interdire encore.
29:26Interdire et les salons
29:27de livres.
29:28Interdire les gens qui...
29:30On est tous les deux
29:31dans la même ville
29:32je le croise de temps en temps
29:32avec sa trottinette
29:33dans le train
29:33quand il rentre de Paris.
29:35Et donc, il ne connaît pas quand
29:36ou alors si vraiment
29:37il veut du sanitaire.
29:38Ce qu'il nous dit
29:39en gros, c'est pas politique.
29:40C'est juste le sanitaire.
29:41Oui.
29:42Si c'est sanitaire, alors moi j'habite
29:44dans un endroit où tous les jeudis
29:46soirs, samedis soirs, etc.
29:47Je vois passer des jeunes
29:48ivres morts.
29:49Ils grimpent sur des voitures
29:51qui hurlent jusqu'à une heure
29:53du matin.
29:54Et il y a quand une fête
29:55des étudiants ?
29:56Alors je ne suis pas
29:56pour l'interdiction de ça.
29:57Entendons-nous bien.
29:58Je dis juste que l'argumentaire
29:59de ce monsieur ne tient pas.
30:00Que les jeunes puissent
30:01continuer à vivre comme ils vivent,
30:02la vie qu'ils veulent,
30:03la vie qu'ils veulent, etc.
30:04Il y a un carnaval des étudiants
30:07où il y a des étudiants ivres morts,
30:09où il y a des comas éthiliques,
30:10où les trottoirs sont remplis
30:11de vomi, d'urine, d'alcool, etc.
30:14Et ça, c'est pas...
30:15Là, on n'interdit pas.
30:16Alors si vraiment,
30:17il veut être un père la pudeur
30:19et en grand hygiéniste
30:21interdire l'alcool,
30:22à ce moment-là,
30:23il y a une rue à Caen
30:23qui s'appelle la rue...
30:24Je ne vais pas dire laquelle,
30:26mais elle est baptisée
30:26la rue de la Soif.
30:27Alors on ferme la rue de la Soif,
30:28qui est une rue piétonne
30:29où il y a effectivement
30:30à peu près 100 mètres de bistrots
30:32où les jeunes piquent...
30:33Mais au fond,
30:34c'est une détestation du peuple,
30:35c'est ça ?
30:35Mais il le dit très précisément.
30:36Vous dites,
30:36mais prétendu populaire.
30:38C'est fait prétendu populaire.
30:39Mais qui est-il, ce monsieur,
30:40pour nous dire ce qu'est le peuple
30:41et ce qu'il n'est pas le peuple ?
30:42Et il estime que
30:43s'il y a effectivement
30:44des gens qui boivent un peu trop,
30:45et oui, les jeunes boivent beaucoup
30:47en fin de semaine
30:47et ils ont envie de boire un coup,
30:48c'est leur affaire.
30:49C'est pas la mienne.
30:50Moi, je ne vais pas interdire
30:51ce genre de choses.
30:52Je ne vais pas non plus les juger.
30:53Je dis juste qu'on ne peut pas
30:54se prétendre
30:55un défenseur
30:56de l'hygiène publique,
30:58de lutte contre l'alcoolisme
30:59en disant
31:00fermons ces banquets
31:01qui sont
31:01des banquets
31:03prétendument populaires.
31:03Mais c'est quoi
31:04prétendument populaires ?
31:05Des gens qui mangent
31:06du cochon,
31:07qui boivent du vin
31:07et qui peut-être
31:08ont bu un coup de trop
31:09à 3 heures du matau,
31:112 heures quand ça se termine
31:12et qui sont dans les rues.
31:13Ça peut exister.
31:14Moi, je ne vais pas interdire
31:16le festival des étudiants.
31:17Je ne vais pas demander
31:18à ce qu'on ferme
31:18les rues dans lesquelles
31:19les étudiants boivent.
31:20Ça fait partie de la vie, l'alcool.
31:21Et on peut accepter
31:22que des gens
31:23puissent être alcoolisés.
31:24Avec modération.
31:25Mais la loi nous oblige
31:26à le dire.
31:27Oui, mais on ne peut pas
31:28empêcher que des gens...
31:29Je pense que les socialistes
31:30doivent boire aussi
31:31et parfois au-delà
31:32de toute modération.
31:33On a connu
31:33et on en connaît encore
31:34des gens qui à la France insoumise
31:36ont l'enlève le coup
31:37de pas mal
31:37et on sait qu'à la buvette
31:38de l'Assemblée nationale
31:39il y a des alcooliques notoires.
31:41Il y a aussi des drogués notoires.
31:42Dans tous les partis.
31:42Oui, c'est pourquoi
31:43il faut arrêter de stigmatiser
31:44le canon français.
31:45C'est ça le problème.
31:46C'est-à-dire,
31:46si vous voulez interdire,
31:48parce que ces gens-là
31:48ne veulent que ça,
31:49interdire,
31:50dites, ça nous gêne
31:50qu'il y ait des faits
31:52qui nous échappent
31:53plutôt que de traiter
31:53le peuple d'alcoolique.
31:54C'est ça qui se trouve.
31:55Le peuple est alcoolique,
31:56il faut donc fermer
31:57ces choses-là.
31:58Alors qu'il arrête
31:58de nous dire
31:59qu'il a des préoccupations sanitaires.
32:00Ce ne sont pas
32:01des préoccupations sanitaires,
32:02ce sont des préoccupations
32:03de politique politicienne.
32:04Nous sommes dans
32:05Face à Michel Onfray
32:06sur CNews et sur Europe.
32:07Michel, vous faites la une
32:08du JD News cette semaine
32:09pour évoquer
32:10l'idéologisation
32:11de la culture.
32:12Une partie du monde culturel
32:14est selon vous
32:14devenue une arme idéologique
32:16et financée
32:17par les fonds de l'État.
32:18C'est ça ?
32:19On demande de l'argent public
32:20mais pas pour élever le peuple,
32:21pour l'endoctriner, Michel ?
32:23Alors bon, après,
32:24il faudrait voir
32:25qui subventionne quoi,
32:26où, comment, etc.
32:27Il y a des grands festivals,
32:28il y a des grands endroits.
32:30Moi, j'adore Wagner.
32:31Si on veut ne pas parler
32:32de la France,
32:33j'ai été deux années de suite
32:36effrayé par les mises en scène
32:37wokistes
32:38qui détruisent Wagner,
32:39y compris la direction d'orchestre,
32:42y compris, enfin, tout.
32:43C'est-à-dire qu'il faut absolument
32:44qu'il y ait des préoccupations
32:46écologistes,
32:46des préoccupations LGBTQ
32:49pour monter en scène,
32:51je ne sais pas,
32:51l'Or du Rhin,
32:52le Crépuscule des Dieux
32:53ou ce genre de choses.
32:54Et on se dit
32:54mais créez vos opéras.
32:57Vous n'êtes pas obligés,
32:57par exemple,
32:58de dire
32:58Carmen, ça se termine mal,
32:59on va réécrire Carmen
33:00parce qu'il ne faut pas
33:01que ça se termine
33:01comme ça se termine.
33:02Carmen, c'est comme ça.
33:03On respecte Bizet,
33:04on respecte le librettiste
33:05et puis, si on veut
33:06qu'il y ait un Carmen
33:09avec quelqu'un
33:10qui a un assassinat,
33:11eh bien, allez-y,
33:12les librettistes,
33:13écrivez des livrets d'opéras
33:14et faites d'autres opéras.
33:15Il y aura l'occasion
33:16de montrer qu'il y a
33:17une création en France.
33:19Mais il y a une façon
33:20aujourd'hui,
33:20je parle de l'État,
33:21pour le coup,
33:22je ne suis pas contre
33:23les subventions,
33:23je ne suis pas non plus
33:24contre les subventions d'État,
33:25je suis contre le fait
33:25qu'elles aillent toujours
33:26au même
33:27et qu'il faille montrer
33:28aujourd'hui pas de blanche.
33:29Moi, j'ai plein de gens
33:29qui me disent
33:30ne dites pas mon nom,
33:31mais je suis dans le cinéma,
33:32je suis dans la musique,
33:39ce genre de choses,
33:40politiquement, idéologiquement,
33:41etc.
33:42Après, vous faites ce que vous voulez
33:43quand vous êtes sur une chaîne privée,
33:44quand vous êtes un éditeur privé,
33:46ou quand vous êtes...
33:46Après, c'est votre affaire.
33:48Mais ne prétendez pas
33:49à l'universel
33:50quand vous idéologisez la culture.
33:52Là, on est dans les heures
33:53les plus tragiques
33:54de ce qu'on appelait
33:56le réalisme socialiste
33:56en Union soviétique,
33:57avec Jdanov, quoi.
33:58Bons auteurs,
33:59mauvais auteurs,
34:00bon metteur en scène,
34:00mauvais metteur en scène,
34:01et puis parfois,
34:01vous avez quelqu'un
34:03qui est du monde de l'art
34:04et qui dit,
34:04quand même, là,
34:05ça exagère un peu,
34:06hop, il disparaît de la liste,
34:07il n'existe plus.
34:08Vous avez des metteurs en scène
34:09qui ne peuvent plus travailler,
34:10vous avez des acteurs
34:11qui ne peuvent plus travailler,
34:12simplement parce qu'ils ont dit
34:13peut-être qu'on pourrait équilibrer.
34:15Il ne s'agit pas
34:15de désidéologiser
34:16pour idéologiser à nouveau,
34:18en disant,
34:19on va passer à une autre idéologie.
34:20Moi, je suis dans la logique
34:21de Malraux
34:22et du général de Gaulle
34:23qui nous disaient,
34:24mais contentez-vous
34:25de Molière, par exemple,
34:26ou des grands classiques.
34:28Si vous voulez faire
34:29une critique de la société,
34:30montez toutes les pièces de Molière
34:31et montrez-les en permanence.
34:35Vous aurez les femmes savantes,
34:36vous aurez tous ces individus
34:38qui n'ont pas quitté
34:38le devant de la scène
34:39et on aura en même temps
34:40respecté.
34:41On n'est pas obligé
34:41de mettre Don Juan
34:43en survêtement
34:44avec des lunettes Ray-Ban
34:45et puis fumant un chichon
34:47et puis ce genre de choses.
34:48Tout ça, c'est bien,
34:49mais ça va bien.
34:51On a envie d'une bonne diction
34:53avec un bon auteur
34:54et une compréhension du texte
34:55plutôt que de dire,
34:56vous avez vu,
34:56on a donné des gages
34:57aux politiquement corrects.
34:58Michel, à retrouver
34:59dans le JD News,
35:00entretien avec vous.
35:01Un tout petit mot
35:02de ce mois de mai
35:04qui est un peu tristouné
35:05côté météo.
35:06Ça vous a rappelé
35:07le mois de mai 1981
35:08et l'élection de François Mitterrand.
35:10On va juste écouter
35:11une archive de François Mitterrand.
35:13Alors, c'est un peu plus tard,
35:14c'est en 1983.
35:15Il met fin à la parenthèse
35:17socialiste généreuse.
35:18Il ouvre la porte à la rigueur.
35:19Puis vous allez nous dire
35:19ce que vous reste
35:20des années Mitterrand.
35:23Mais maintenant,
35:25nous avons plus que jamais
35:27à vaincre sur trois fronts.
35:30Le chômage,
35:31l'inflation,
35:33le commerce extérieur.
35:34C'est une loi
35:36à laquelle
35:37nul n'échappe.
35:39Un pays
35:40dont la hausse des prix
35:41dépasse celle
35:42de ses voisins
35:43est condamné
35:44à dévaluer
35:45d'une façon
35:46ou d'une autre.
35:48Telle est la vérité.
35:50Je devais vous la dire
35:51sans chercher
35:52d'excuses trompeuses.
35:55Mais elle nous dicte
35:56notre devoir.
35:58Il est en grand temps
36:00d'arrêter
36:01la machine
36:02infernale.
36:04Combattre
36:05l'inflation
36:05c'est sauver
36:06la monnaie
36:07et le pouvoir d'achat.
36:09Voilà pourquoi
36:10je lutterai
36:12et le gouvernement
36:13avec moi
36:14de toutes nos forces
36:16contre ce mal
36:17et mobiliserait
36:19le pays
36:19à cette fin.
36:21Voilà pour François Mitterrand
36:22en 1983.
36:23Qu'est-ce que ça vous évoque
36:23Michel Onfray ?
36:25Moi c'est le début
36:25de ma conscientisation
36:27du fait que la gauche
36:28n'est plus de gauche.
36:28et ce qui m'a sidéré
36:30c'est que de nombreux
36:30de gens ont continué
36:32à avaler cette bouillie-là
36:33en croyant qu'ils étaient
36:34encore de gauche.
36:35Mitterrand nous dit
36:36machine infernale.
36:37Vous avez choisi
36:37le bon extrait
36:38parce que moi j'ai relu
36:39la totalité du texte
36:40c'était très subtil.
36:41Cette façon de dire
36:42on arrête la gauche
36:43et on va passer
36:44à Giscard
36:45on va prendre
36:45le programme économique
36:46de Giscard
36:46et on va même avoir
36:47une autre obsession
36:48fini le socialisme
36:49et le bonheur
36:50etc.
36:51Mais réalisons l'Europe
36:52etc.
36:52C'est là que ça se joue.
36:53C'est dans ce discours.
36:54Machine infernale
36:55juste ces deux mots
36:55c'est quoi la machine infernale ?
36:57C'est le fait
36:57que pendant deux ans
36:58il est mal géré.
36:59Il n'a pas été capable
37:00de gérer en socialiste.
37:02On donne de l'argent
37:03on paye partout
37:04on vide les caisses
37:06on s'en vient criminaliser
37:07les gens riches
37:08les propriétaires
37:09les capitalistes.
37:10A l'époque
37:11les gens disent
37:11pas de problème
37:12on emmène notre argent
37:13en Suisse
37:13il n'y a plus d'argent
37:13ça s'effronte.
37:14La machine infernale
37:15c'est lui.
37:16Et qu'est-ce qu'il nous propose
37:17par la suite ?
37:17Parce que j'ai vu que
37:1810 mai 81
37:2010 mai 2016
37:222026
37:22il y a eu
37:24quelques émissions
37:25à la télévision
37:25alors on est obligé
37:26de dire sans dire
37:27tout en disant
37:27mais globalement
37:28il en reste toujours
37:29quand on s'est tapé
37:31une heure ou deux heures
37:31de reportage
37:33que c'était quand même
37:34un grand personnage
37:35il était vichiste
37:36il était maréchaliste
37:37il était compagnon
37:37de la cagoule
37:38il a reçu la francisque
37:40des mains de...
37:41Il a défendu
37:42l'Algérie française
37:43il a envoyé à la guillotine
37:44les militants du FLN
37:46etc.
37:46Lui il n'y a aucun problème
37:47il ne va pas te présenter
37:48comme un raciste
37:49comme un fasciste
37:49comme un type d'extrême droite
37:50etc.
37:50On le présente toujours
37:51comme tonton
37:52l'homme de gauche
37:52il a essayé
37:53il n'est pas parvenu
37:54c'est l'homme
37:55qui a mis Jean-Marie Le Pen
37:56dans une fusée
37:57et qui a fait de telle sorte
37:59que la France ressemble
38:00à ce qu'elle est aujourd'hui
38:01donc après on a eu quoi ?
38:03La gauche c'est devenu
38:03Bernard Tapie
38:04et on nous disait
38:05regardez la gauche c'est ça
38:06tout homme de gauche
38:08normalement constitué
38:08je ne sais pas s'il en a eu
38:09s'il en reste encore
38:10mais il aurait dû dire
38:11ah non
38:12moi j'arrête
38:13ça c'est pas la gauche
38:14sûrement pas Bernard Tapie
38:15homme de gauche
38:15il y a des gens qui ont dit
38:16bah si c'est la gauche
38:17vive la crise
38:19libération
38:19on nous disait
38:20salaud de pauvre
38:21on avait qu'à entreprendre
38:23il y en a assez
38:23de l'état nounou etc
38:24c'est la gauche
38:25qui nous disait ça
38:25et qui nous disait
38:26en double page
38:27dans Libération
38:28il y a un jeune garçon
38:30extrêmement brillant
38:31qui en province
38:31fait des choses formidables
38:33et qui n'a pas besoin
38:34de subvention
38:35d'ailleurs il met
38:35toute sa grandeur
38:37à ne pas demander
38:38de subvention
38:38c'est un modèle
38:39vous savez comment il s'appelait
38:40ce jeune homme ?
38:41Philippe de Villiers
38:42c'est à dire que
38:43ces gens là faisaient
38:43à l'époque l'éloge
38:44de Philippe de Villiers
38:45en disant
38:45regardez marre de l'état
38:46qui assiste tout le monde
38:47ce sont des gens
38:48qui n'ont dit
38:51c'était les Laurent
38:54j'oublie son nom
38:55Mouchard
38:55son vrai nom
38:56Laurent Joffrin
38:57qui signait les papiers
38:58et qui nous racontait tout ça
39:00c'est devenu ça la gauche
39:01et les gens ont dit
39:02mais il faut épouser ça
39:02et la gauche aujourd'hui
39:04qui nous dit
39:04les juifs il y en a marre
39:05ils sont partout etc
39:06on dit c'est toujours la gauche
39:07et ceux qui disent
39:08ah mais non
39:08la gauche pour moi
39:10c'est pas Bernard Tapie
39:10et la gauche pour moi
39:11c'est pas l'antisémitisme
39:12on dit
39:12ah mais c'est bizarre
39:13ce virage de Michel Onfray
39:15à l'extrême droite
39:16Michel Onfray
39:16c'est l'heure du point philo
39:18le moment attendu
39:19par nos téléspectateurs
39:20nos auditeurs
39:20là vous nous proposez
39:21une oeuvre de Cicéron
39:23de l'amitié
39:24expliquez-nous Michel
39:26oui parce que dans les moments
39:27où ça tangue un peu
39:28on a besoin d'amis
39:28on compte ses amis
39:29et parfois on n'a pas besoin
39:30de tous les doigts
39:31d'une seule main
39:32mais c'est un texte
39:33que je relis très souvent
39:34parce que
39:35d'abord j'aime les philosophes romains
39:37les grecs
39:38ils sont très théoriciens
39:38quand Platon écrit
39:40un dialogue
39:40qui s'appelle
39:41le lysis sur l'amitié
39:42il dit
39:42ah il y a une idée d'amitié
39:43et puis si vous vous rapprochez
39:45de cette idée
39:45plus vous en rapprochez
39:46plus vous êtes des amis
39:47et plus vous êtes loin
39:48de l'idée d'amitié
39:49bon tout ça c'est fort sympathique
39:50mais c'est très grec
39:51et les romains
39:52posent des questions
39:52très très précises
39:54quand y a-t-il de l'amitié
39:55peut-il y avoir de l'amitié
39:56entre un homme et une femme
39:57est-ce qu'il peut y avoir
39:57de l'amitié
39:58entre un vieux et un jeune
39:59entre un riche et un pauvre
40:00entre quelqu'un de connu
40:01et quelqu'un qui ne l'est pas
40:02est-ce que l'amitié
40:03c'est la possibilité
40:04de tout faire
40:04vous savez ce truc
40:05du genre l'ami
40:06c'est celui qui a 3h du matin
40:07vient vous aider
40:08vient vous aider
40:08parce que vous avez tué
40:09quelqu'un
40:09et qu'il faut enterrer
40:10quelqu'un
40:10non ça s'appelle
40:11de l'association de malfaiteurs
40:12ça ne s'appelle pas
40:13de l'amitié
40:13quand il dit
40:14Mitterrand
40:14le sens de l'amitié
40:15non il a juste soutenu
40:17ses copains qui l'ont soutenu
40:18qui étaient tous
40:18des vrais fascistes
40:19eux
40:19et qui les a soutenus
40:20jusqu'à la fin
40:21c'est beau l'amitié
40:22dans ces cas là
40:23et Cicéron nous dit
40:23non non il y a des moments
40:24où quand l'ami est inamical
40:25on peut cesser d'être ami
40:26donc quand est-ce qu'on roule
40:27avec un ami
40:28quand y a-t-il rupture
40:30quels sont les effets
40:30du temps sur l'amitié
40:31est-ce que l'amitié
40:33ça vieillit bien
40:34avec le temps
40:35est-ce que l'amour
40:35ça vieillit bien
40:36avec le temps
40:36on a l'impression
40:37que le temps abîme l'amour
40:38alors que le temps
40:39célèbre l'amitié
40:40ou magnifie l'amitié
40:41est-ce qu'on peut
40:43perdre un ami
40:44en cours de route
40:44parce qu'on est devenu
40:45quelqu'un d'autre
40:45parce que quand on avait 15 ans
40:47on était à égalité
40:47puis 15 ans après
40:49ou 30 ans après
40:49on a fait sa vie
40:51l'un peut être une vie
40:52plus réussie que l'autre
40:53est-ce qu'on peut rester ami
40:53etc.
40:54Et la réponse c'est oui
40:54on peut perdre un ami
40:55en cours de route
40:56Oui, la réponse est oui
40:57mais on pourrait reprendre
40:58toutes ces questions-là
40:58en disant
40:59en y répondant
41:00par oui par non
41:01je donne envie
41:03de lire Cicéron
41:04parce qu'effectivement
41:05lui il répond à ces questions-là
41:06en nous disant que
41:07parce qu'il y a une vertu romaine
41:09aujourd'hui
41:09les gens confondent
41:10le copain et l'ami
41:11ah j'ai des potes
41:12j'ai des copains
41:12etc.
41:13c'est pas ça
41:14est-ce que par exemple
41:14on peut avoir deux amis
41:16ou des amis
41:17quand Aristote dit ami
41:19il n'y a pas d'ami
41:20on se dit
41:20est-ce que ça veut dire
41:21qu'il n'y a pas d'amitié
41:23ça n'existe pas
41:23ou il n'y a pas d'ami
41:24avec un S
41:25du genre
41:25il n'y a pas plusieurs amis
41:26il n'y a qu'un ami
41:27enfin ça fait des siècles
41:28qu'on disserte
41:29sur cette phrase-là
41:30mais cette vertu romaine
41:31c'était une vertu
41:32entre sages
41:33dit Cicéron
41:34il faut être sage
41:35pour pouvoir être ami
41:36et puis si vous ne l'êtes pas encore
41:38vous pouvez aider à l'amitié
41:39à la sagesse
41:40c'est-à-dire l'amitié c'est ça
41:41ça permet
41:42une espèce d'ascension mutuelle
41:45et donc c'est un sentiment
41:46extrêmement aristocratique
41:47vous ne pouvez pas avoir 36 amis
41:48et vous décidez
41:48que tel ou tel sera votre ami
41:50il y a du coup de foudre
41:51l'amitié c'est presque
41:53une homosexualité
41:54sans le sexe
41:55il y a une espèce
41:56de coup de foudre
41:57avec un être
41:58sans qu'il soit forcément
41:59question de sexualité
41:59mais s'il y a sexualité
42:00il peut y avoir amitié
42:01dans l'homosexualité aussi
42:02entendons-nous bien
42:04et il y a un moment donné
42:05où les chrétiens
42:06vont commencer à dire
42:07oui mais c'est un sentiment
42:08électif et aristocratique
42:09donc c'est pas bon
42:10parce qu'il faut aimer
42:11son prochain
42:12dans la totalité
42:13de l'universel
42:15c'est ce que dit saint Paul
42:16et donc il faut aimer
42:17son prochain
42:18dans l'amour de Dieu
42:19aime-toi comme toi-même
42:20pour l'amour de Dieu
42:21et dans l'ami
42:21il faut aimer celui
42:22qui nous conduit
42:23à Dieu vers Dieu
42:23mais ne pas avoir
42:24de sentiment d'élection
42:25si vous lisez
42:26les règles monastiques
42:27qui sont les règles
42:28qui édictent le comportement
42:29dans les monastères
42:30on vous invite
42:31à ne pas avoir d'amis
42:33parce que vous allez avoir
42:34un sentiment électif
42:35qui va vous couper
42:36de la communauté
42:36en Dieu
42:37donc il y a eu
42:38une amitié grecque
42:39elle était très théorique
42:40il y a eu une amitié romaine
42:41elle est très concrète
42:42elle est très vertueuse
42:43elle est très exigeante
42:44c'est l'amitié
42:45à laquelle j'aspire
42:47où j'invite à aspirer
42:48et puis après
42:49vous avez le catholicisme
42:50le christianisme
42:51qui vous dit
42:51une amitié en Dieu
42:53mais elle ne doit pas
42:54être élective ou sélective
42:55il faut aimer tout le monde
42:57et de fait
42:58l'amitié romaine
42:59aujourd'hui
42:59elle n'existe plus
43:01mais elle peut toujours exister
43:02si chacun se dit
43:03je lis Cicéron
43:04je regarde comment ça marche
43:05et j'essaie
43:06de me construire
43:07une amitié romaine
43:08on va se plonger
43:09dans cette oeuvre
43:09de Cicéron
43:10de l'amitié
43:11pour savoir
43:11combien d'amis
43:12on peut avoir
43:13et lesquels sont
43:13les vrais amis
43:14et les faux amis
43:15la réponse de Cicéron
43:16on n'a qu'un ami
43:16un seul ami
43:17pour la vie
43:19pas forcément
43:20pour la vie
43:20si l'ami s'avère
43:22inamical
43:22il peut cesser
43:23d'être un ami
43:24merci beaucoup
43:24en tout cas
43:25c'était passionnant
43:25de vous entendre
43:26c'est fragile et magnifique
43:27et c'est magnifique
43:27de sa fragilité
43:28cette amitié
43:29exactement
43:29merci Michel Onfray
43:30qui peut compter
43:31sur ses amis
43:32on se retrouve
43:33la semaine prochaine
43:34sur CNews et sur Europe 1
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