- il y a 6 semaines
Carburants : de nouvelles annonces du gouvernement sont attendues cette semaine pour soutenir les métiers touchés par la flambée des prix. Infirmiers, taxis, bâtiment : qui sera concerné par ces nouvelles mesures ? Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 11 mai 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 11 mai 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité qui représente plus de 3,5 millions
00:07d'entreprises dans le pays.
00:08Michel Picon est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Michel Picon.
00:12Bonjour.
00:12Le Premier ministre doit annoncer de nouvelles mesures ciblées pour aider les plus fragiles avec cette crise du carburant.
00:18Est-ce que vous connaissez ne serait-ce que le calendrier ce matin ? Est-ce que vous savez quand
00:21le gouvernement va faire ses annonces ?
00:23Écoutez, c'était dans le week-end lundi, ce matin avec le risque d'épidémie, il y a une mobilisation
00:31du gouvernement.
00:32Est-ce que ça va être décalé à mardi ? D'une manière ou d'une autre, nous on n
00:36'attend pas le grand soir.
00:38Mais il y a une urgence quand même à avoir des mesures ou pas ? Vous dites on se débrouille
00:42sans.
00:42Non, il y a une urgence sur certains secteurs. Depuis le début de cette crise du carburant, c'est ce
00:48que nous disons.
00:48Il faut identifier ceux pour qui c'est vital. C'est gênant pour tout le monde. C'est gênant pour
00:52celui qui fait un plein par semaine.
00:54Ça représente 100 euros de plus à la fin du mois. C'est pas agréable d'avoir 100 euros de
00:58dépense en plus.
00:59Mais donc identifier ceux pour qui, ça peut être vital. Je pense que comme ça, on a identifié le transport,
01:06on a identifié tous ceux qui sont autour du soin à la personne, les infirmières, mais aussi les aides-soignantes.
01:12Je dois dire, même si elles ne sont pas dans mon périmètre, parce que ce sont souvent des emplois à
01:16temps partiel,
01:17et 100 euros de moins à la fin du mois sur un temps partiel, avec une rémunération qui tourne autour
01:22de 700 euros,
01:23c'est terrible et c'est vital. Donc il faut qu'on identifie avec beaucoup de soin, parce que, je
01:28veux dire,
01:29la responsabilité, même si moi, dans une organisation patronale, j'ai plutôt tendance à recevoir les doléances de mes adhérents.
01:35Il faut que l'État nous soutienne, il faut que l'État nous soutienne.
01:38Mais il ne faut pas qu'on oublie tous aussi que les aides d'aujourd'hui, c'est les impôts
01:42de demain.
01:43Donc vous dites mollo quand même ?
01:44Oui, je dis mollo, ciblons précisément ceux pour qui ça peut être vital.
01:50Le bâtiment, les travaux publics, on a cité les pêcheurs, bien évidemment, qui laissent leur bateau à quai,
01:55parce qu'ils ont plus de dépenses.
01:56Mais il y a déjà des aides pour eux ? C'est-à-dire qu'il faut aller plus loin
01:58?
01:58Oui, il faut aller plus loin, parce qu'on se rend compte que ce n'est pas suffisant.
02:01Et puis ensuite, après, ce qui est devant nous, parce que malheureusement, cette crise a l'air de s'installer,
02:06c'est l'augmentation des coûts de matières premières, qui déjà dans le bâtiment commence à se faire ça.
02:11C'est le deuxième effet, comme on dit ?
02:12Oui, c'est l'effet, il n'est pas qu'il se coule, celui-là, c'est un effet qui
02:15va vraiment être catastrophique
02:18pour beaucoup de nos petites entreprises.
02:20Dans le premier trimestre, nous en avons perdu plus de 18 000.
02:2318 000 défaillances d'entreprises, dont plus de 80% sont des TPE de moins de 10 salariés.
02:29Donc ça, c'était avant la guerre, en fait ?
02:30C'est les conséquences, c'était avant la guerre ?
02:32Absolument, oui, c'est avant la guerre et le mois de mars aussi,
02:37les fragiles, vous savez, quand il y a un mauvais coup de temps,
02:42c'est les plus fragiles qui disparaissent.
02:44Voilà, donc nous, nous demandons au gouvernement d'accentuer le soutien
02:48à ceux pour qui c'est vraiment nécessaire,
02:50et puis aussi de faire un certain nombre d'économies,
02:54plus que ceux qui l'en ont fait.
02:55Alors, il y a ce qu'on a appelé les surgels,
02:57ils cherchent 6 milliards, 4 sur le budget général,
03:002 sur le budget social.
03:02Bon, il faut qu'ils fassent des économies sur l'État.
03:05Et puis, moi...
03:06Vous nous annoncez quand même, si je comprends bien ce que vous dites,
03:08une crise qui arrive, une vraie crise économique qui arrive,
03:11parce que le carburant, on peut dire, oui, c'est conjoncturel,
03:14ça va durer le temps que la guerre va durer,
03:15puis ça va peut-être s'arranger vite,
03:16et on passera à autre chose d'ici quelques mois.
03:18Là, vous nous dites, le mal est plus profond.
03:20Oui, le mal est plus profond si on touche les matières premières,
03:23et déjà, beaucoup de matières premières dérivées du pétrole,
03:26le plastique prennent des augmentations.
03:29Là, sur ce point, je crois qu'il y a à regarder aussi,
03:31parce que la crise, elle a parfois bon dos.
03:33Quand on augmente des prix aussi vite et de manière aussi forte,
03:38peut-être que le civisme devrait s'emparer un peu de tout.
03:41Vous pensez à qui, là ? Quel métier ? Qui fait ça ?
03:43Il y a d'abord les pétroliers, au départ, ceux qui raffinent.
03:47Donc Total, pour dire les choses.
03:48Oui, Total, mais il ne faut pas qu'on focalise que sur Total.
03:52Total n'approvisionne pas l'ensemble de notre pays.
03:54Je pense à tous les marchands de matériaux.
03:58C'est Saint-Gobain pour les bris de glace, pour les pare-brises.
04:02Ce sont tous ceux qui offrent et proposent des matières premières
04:06et qui annoncent des augmentations dans les mois qui viennent,
04:09parfois même dès le 1er mai,
04:12qui ne sont pas soutenables pour une partie de notre économie.
04:15Mais que répondra à ça, pardon ?
04:17Parce que finalement, Saint-Gobain, Total, ils font ce qu'ils veulent.
04:19C'est quoi la solution ? Il faut quoi ? Il faut un observatoire ?
04:22Il faut que le gouvernement envoie des agents pour contrôler ?
04:25Il faut bloquer les prix ?
04:26Il faut que le gouvernement utilise tout l'arsenal dont il dispose
04:31au travers de la direction de la concurrence et des prix.
04:35Il faut aussi, c'est ce que je fais ce matin,
04:37dénoncer ceux qui ont un comportement anti-citoyen,
04:41qui s'en foutent de la situation pourvu que leur compte d'exploitation s'améliore
04:46et que leur action grimpe.
04:48Il faut dénoncer ça et c'est ce que je fais avec véhémence.
04:53Mais je voudrais demander à l'État,
04:55parce qu'aussi, il faut qu'on essaie tous ensemble de trouver des solutions.
04:58Par exemple...
04:59Elles sont où les solutions ? Pardon, je vous interromps,
05:00mais Sébastien Lecornu, et vous êtes assez d'accord avec lui,
05:02dit qu'il n'y a pas d'argent magique, c'est fini ça.
05:05La situation est très, très, très, très critique, c'est ce qu'il a dit,
05:07il a quatre fois trait, et vous dites vous-même,
05:10attention, il ne faut pas non plus faire le carnet de chèques à tout va.
05:13Où est la solution ?
05:14La TVA sur les carburants, elle augmente, inévitablement.
05:17Même si la TICP, où là on est sur une taxe au volume, elle baisse.
05:22Les Français ont consommé 20% de moins de carburant,
05:25ça veut dire que les gens s'adaptent à cette crise.
05:29Mais ce que nous, nous disons, c'est que si l'État fait des super profits,
05:34entre guillemets, parce que ce n'est pas son habitude,
05:37ils doivent être redistribués, ciblés vers ceux qui en ont le plus.
05:42C'est ce que dit le gouvernement à peu près, là.
05:43Oui, mais je veux dire, le gouvernement n'a pas toujours tort lorsqu'il épargne
05:47et qu'il fait attention aux finances du pays.
05:50Moi, je voudrais demander, dire une chose, je l'ai demandé la semaine dernière,
05:54vendredi dernier, nous étions en Bercy.
05:56Avec les ministres de l'économie.
05:58Toutes les entreprises font un effort avec leurs salariés, voyez-vous.
06:02On sait, une collaboratrice, un collaborateur qui vient travailler,
06:07qui fait 80 km tous les matins pour venir bosser.
06:10À la fin du mois, chaque entreprise a la capacité,
06:13beaucoup l'ont fait, de donner 85 euros de primes pour l'aider à supporter.
06:18Et ça, vous encouragez les entreprises à le faire ?
06:19Oui, bien sûr que j'aime.
06:20Il faut que les entreprises...
06:21Mais je demande à l'État de ne pas percevoir de cotisations sociales, là-dessus.
06:25C'est insupportable.
06:26C'est pas...
06:27Si une entreprise donne un coup de main à son salarié pour pouvoir faire son plein,
06:33l'État ne doit pas avoir l'aubaine de venir prendre des cotisations sociales.
06:37Et ça, qu'est-ce qu'on vous a dit à Bercy quand vous l'avez dit ?
06:39On étudiait que, oui, c'était du bon sens,
06:42mais qu'à la fois, l'argent manque.
06:45Et ça, nous, nous serons intransigeants là-dessus.
06:48Je le redis encore ce matin au Premier ministre.
06:50Vous ne pouvez pas...
06:51Moi, j'appelle à la solidarité de chacun.
06:54Si tout le monde fait un petit effort,
06:56si ceux qui peuvent modérer leur prix le font,
07:00cette solidarité, l'État ne peut pas en faire un effet d'aubaine
07:02en se disant, tiens, ils vont donner davantage...
07:04Parce que là, il deviendrait profiteur de crise aussi.
07:06Quand il fait ça, il est profiteur de...
07:07Bien sûr.
07:08Au même titre que l'augmentation de la TVA, je le dis,
07:11elle doit être redonnée aux Français
07:13et à ceux qui, évidemment, en ont le plus besoin.
07:17Il y a un message qui monte du côté des syndicats.
07:19Il faut augmenter les salaires.
07:21Mais oui, il faut augmenter les salaires.
07:23On ne peut pas reposer sur l'État, ce que vous dites aussi.
07:25Il faut augmenter les salaires.
07:26Bien sûr, il faut augmenter les salaires.
07:28Mais la mécanique de la rémunération des salariés dans notre pays,
07:32elle est frappée par un financement de la protection sociale,
07:36dont il faut de plus en plus d'argent.
07:37Elle est frappée.
07:38Quand vous donnez 100 euros d'augmentation à votre salarié,
07:42vous en avez 180 à sortir.
07:45Et donc, il faut véritablement qu'une réforme de fonds soit faite
07:49sur le point du financement de la charge sociale sur les salaires.
07:52Et ensuite, après, oui, toutes les entreprises, d'ailleurs,
07:56les salariés nous ont écrit déjà pour ouvrir des négociations
07:59de revalorisation des salaires.
08:01Tout le monde doit arriver à l'augmentation du SMIC le 1er juillet,
08:04qui devrait faire autour de deux points.
08:06Il y aura un coup de pouce ?
08:06Il vous a parlé d'un coup de pouce sur le SMIC ou pas,
08:08le ministre de l'économie ?
08:09Non.
08:09Non ?
08:10Donc, on restera dans les clous du mécanisme automatique ?
08:12Il y aura le mécanisme à partir de l'inflation.
08:16Un coup de pouce sur le SMIC.
08:28Alors, il y a peut-être des grandes entreprises dans la tech ou ailleurs
08:31qui font des...
08:32Vous disiez tout à l'heure 18 000 défaillances d'entreprises
08:34au premier trimestre.
08:35Quelles sont les projections pour la suite ?
08:36Vous en avez déjà ?
08:37Vous savez dire ?
08:37Ça va être tant ou tant ?
08:38Les chiffres-là qui nous parviennent de la part des tribunaux de commerce,
08:43des administrateurs judiciaires, enfin, on a plusieurs sources.
08:46L'association de garantie des salaires, l'AGS, la crise continue.
08:51La défaillance des entreprises continue.
08:53Donc, ça va aller en s'aggravant, vous pensez ?
08:54Ça va aller en s'aggravant.
08:55Et ça va se rajouter à un sujet que l'on a évoqué la semaine dernière
08:59qui est celui des 500 000 entreprises dans les 10 ans.
09:02310 000 qui vont devoir changer de main.
09:05C'est-à-dire que le tissu économique qui rigue l'économie des territoires
09:09va à un challenge devant lui extrêmement important.
09:13J'ai une dernière question.
09:14On sait que la frontière entre l'économique et le politique
09:17est souvent assez étroite.
09:19Est-ce que vous, votre rôle, c'est d'aller déjeuner
09:21avec Jordan Bardella, avec le RN ?
09:22Vous n'étiez pas invité au déjeuner du MEDEF ?
09:24Non.
09:25Non, M. Bardella...
09:27Bardella ou autre, d'ailleurs ?
09:28Bardella ou autre.
09:30Notre rôle, c'est de parler à tout le monde,
09:32de rencontrer tout le monde,
09:33et je rencontrerai M. Bardella.
09:35Je n'ai pas une envie particulière de déjeuner avec lui,
09:37pas plus qu'avec un autre,
09:38mais mon travail, c'est de parler à tout le monde.
09:41Le Rassemblement National semble prioriser le MEDEF.
09:45Je pense qu'il a identifié dans le MEDEF
09:48une capacité de donateur pour sa campagne.
09:51Ah, voilà le décryptage signé Michel Picon.
09:53Merci, en tout cas, Michel Picon,
09:54d'être venu sur RTL ce matin.
09:56Merci.
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