- il y a 6 semaines
- #hdproswe
Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDProsWE à 9h le samedi et le dimanche
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00:00Est-ce que les autres suivent ?
00:01Il est quasiment 9h sur CNews, merci d'être avec nous pour l'heure des pros.
00:05A la une ce matin, sa déclaration n'a fait l'objet d'aucune dépêche.
00:09Les réactions politiques se comptent sur les doigts d'une main.
00:13Pourquoi ce silence quand un élu de la nation, élu de la deuxième plus grande ville d'Île-de-France,
00:18parle d'insurrection populaire en cas de victoire du Rassemblement National en 2027 ?
00:23Attention, on va vous reprocher d'appeler à l'insurrection, M. Bagayoko,
00:27prévient le journaliste du Média Ouma.
00:30Bien sûr, répond l'Édyl, en prenant comme seul exemple concret la prise de la Bastille.
00:35Qu'entendrait-il par insurrection populaire ?
00:37Sous quelle forme faut-il comprendre que le vote, l'année prochaine,
00:41n'aurait pas la même valeur en fonction du choix des Français ?
00:45Quelle idée se fait-il de l'expression du suffrage universel ?
00:49Ces propos font désormais l'objet d'un signalement auprès du procureur de la République.
00:53Tombe-t-il sous le coup de la loi ? C'est à la justice de le déterminer.
00:56Le ministre de l'Intérieur a lui aussi été interpellé par le député Mathieu Bloch.
01:00Alors pourquoi cette omerta ? La complaisance ? Le privilège rouge ? La crainte ?
01:05Dans ce même entretien, Rutel-Krieff est disqualifiée définitivement comme journaliste,
01:11selon Bali Bagayoko.
01:12Parce qu'elle a eu le malheur de mal prononcer son prénom à deux reprises,
01:16et ce, malgré ses excuses.
01:18Soit Rutel-Krieff a un problème psychologique,
01:21soit elle est déterminée à le renvoyer à autre chose, explique l'intéressé.
01:26Dans ce même entretien, Bali Bagayoko parle de la nouvelle marche qu'il souhaite organiser,
01:30je le cite, une marche antiraciste, antifasciste, mais aussi antisémite.
01:36Contre le sémitisme, car il y a un vrai sujet.
01:39Repris une nouvelle fois par le journaliste,
01:41Bali Bagayoko s'excuse et dit contre l'antisémitisme.
01:45C'est un lapsus, une petite erreur sans conséquence bien sûr.
01:48Ça arrive à tout le monde d'écorcher un mot, un nom, de se tromper.
01:52Ça ne le discrédite absolument pas dans sa lutte contre l'antisémitisme.
01:57Cela serait ridicule de le dire le contraire.
02:00En revanche, en évoquant une insurrection en cas de victoire du RN en 2027,
02:05sa crédibilité en tant que garant des institutions républicaines,
02:09en tant que dépositaire de l'autorité publique, est-elle fragilisée ?
02:14La réponse est peut-être dans la question et nous en parlerons en deuxième partie d'émission.
02:18Mais avant cela, c'est le point sur l'information avec Marine Sabour.
02:22Bonjour Elliot, bonjour à tous.
02:23Le MV Ondus, le navire de croisière, a été détecté.
02:27Un foyer d'antavirus est arrivé au port de Granadilla, à Ténérife, aux Canaries.
02:32Les passagers et les membres d'équipage vont être évacués d'une minute à l'autre.
02:36Parmi eux, cinq passagers français, ils seront rapatriés par vol sanitaire aujourd'hui,
02:40puis placés en quarantaine à l'hôpital durant 72 heures, le temps d'une évaluation complète.
02:45Ils seront ensuite placés à l'isolement pendant 45 jours à domicile.
02:49À Avignon, un homme de 79 ans a succombé à ses blessures
02:53après avoir été percuté par un motard en plein rodéo urbain.
02:56Le délinquant de 28 ans roulait à contresens et venait quelques minutes plus tôt
03:00de se soustraire à un contrôle des forces de l'ordre.
03:03L'homme est déjà bien connu des services de police.
03:06Et puis un projectile non identifié a frappé un navire au large des côtes du Qatar.
03:10Attaque qui survient après les menaces des gardiens de la Révolution
03:12de prendre pour cible des navires ennemis dans la région.
03:15Aucune victime n'est à déplorer.
03:18Et puis ne ratez pas à 10h le grand rendez-vous.
03:21Pierre Devineau reçoit Manuel Bompard,
03:23coordinateur de la France Insoumise, député LFI des Bouches-du-Rhône.
03:27Et nous parlerons de l'actualité politique en deuxième partie d'émission, bien sûr.
03:31Et nous reviendrons sur les propos et les déclarations du maire de Saint-Denis, Balibagayoko.
03:36J'ai hâte de découvrir d'ailleurs la réponse, les précisions de Manuel Bompard
03:40sur la notion d'insurrection populaire.
03:44Ça va être passionnant de voir qu'est-ce que ça veut dire et le contexte.
03:48Mais il y a des choses bien plus importantes que les déclarations politiques des uns ou des autres.
03:53Et nous avons sur le plateau deux personnes qui se battent contre l'injustice.
04:00Et je vous remercie d'être avec nous.
04:02Je salue Karine Jambu.
04:04Merci d'être présente, Karine.
04:06Vous allez nous raconter votre histoire,
04:08que les Français découvrent ou redécouvrent ce week-end
04:11à travers cette phrase que vous avez eue et qui a dû frapper en plein cœur
04:16bon nombre de Français.
04:18« Mon violeur sort de prison et moi, je vais devoir me cacher ».
04:21Vous êtes accompagnée de Laurence Jambu, qui est votre tante et mère adoptive.
04:26Et merci à toutes les deux d'être avec nous.
04:28Et pour en parler, nous sommes accompagnées de Juliette Sadat.
04:31Chère Juliette, bonjour.
04:32Bonjour.
04:33Vous êtes journaliste au service police-justice de CNews.
04:36Je me tourne vers vous, Karine.
04:38Je rappelle que vous avez à peu près 30 ans, vous êtes maman,
04:44et vous avez vécu l'horreur quand vous étiez enfant,
04:47puisque vous avez été abusé sexuellement.
04:49Et votre bourreau a été condamné en 2018 à 30 ans de réclusion criminelle.
04:56On reviendra sur le détail, etc.
04:58Mais votre bourreau va sortir 8 ans seulement après sa condamnation
05:04pour les faits qui lui sont reprochés contre vous.
05:07Et il va s'installer à quelques kilomètres de chez vous.
05:10La première question que je me pose, c'est comment allez-vous aujourd'hui ?
05:15C'est compliqué comme réponse.
05:16C'est un mélange d'émotions entre la peur, la colère et la tristesse.
05:26C'est vraiment un mélange.
05:28Comment vous avez appris cette information essentielle ?
05:34De savoir que votre bourreau est multicondamné, multirécidiviste.
05:38Et c'est parce que d'ailleurs, on y reviendra dans un instant,
05:40il y a confusion des peines, que cet homme, cet individu,
05:45va pouvoir quitter la prison la semaine prochaine,
05:50après seulement 8 ans, concernant les faits qui lui sont reprochés,
05:55c'est-à-dire la condamnation de 2018,
05:57puisqu'il avait été déjà condamné en 2007 pour des faits d'agression sexuelle.
06:01Comment vous l'avez appris ?
06:02J'ai reçu un mail le 29 avril,
06:06en m'annonçant que mon violeur, M. Bloddy,
06:11sortait de prison et qu'il allait venir habiter à côté de...
06:15dans la même ville que moi, en fait.
06:18À quelques kilomètres seulement et à quelques centaines de mètres
06:21de là où vous travaillez.
06:22Et je vous disais, c'est cette phrase, moi, qui m'a frappée
06:26et qui frappe, j'en suis certain, des milliers de Français.
06:29Mon violeur sort de prison et moi, je vais devoir me cacher.
06:32Oui, parce que là, aujourd'hui,
06:35moi, aujourd'hui, on m'impose
06:39qu'il sort,
06:40et en plus qu'il vienne habiter à Rennes.
06:43Je ne connais aucune de ses conditions de sortie.
06:46Je ne connais rien.
06:47Et en fait, aujourd'hui, j'ai l'impression que
06:51je n'ai aucune protection.
06:52Donc, il m'a bousillé une partie de ma vie
06:54et aujourd'hui, c'est lui qu'on me protège.
06:57Est-ce qu'il va sortir ?
06:58Alors que je pense qu'une personne comme ça n'a pas à sortir
07:01et encore moins venir habiter dans la ville où j'habite,
07:04où je me suis reconstruite.
07:06Et en fait, aujourd'hui, on m'impose cette personne dans ma ville
07:10et moi, qu'est-ce que je dois faire ?
07:12Je n'ai pas le choix, en fait.
07:16On m'oblige.
07:18Et je ne connais rien, en fait.
07:19Je ne sais pas.
07:20Je n'ai aucune de ses conditions.
07:22Donc, en fait, moi, je ne sais pas quoi faire aujourd'hui.
07:25Si je le croise, qu'est-ce que je fais ?
07:27Qu'est-ce que je fais ?
07:29Où je dois réfléchir par peur ?
07:31Voilà, il habite ce quartier-là.
07:33Je n'y vais plus par peur, par crainte de le croiser.
07:37Karine, vous avez dit qu'il a bousillé ma vie
07:40pour les téléspectateurs et les Français qui nous regardent.
07:43C'est quoi votre vie ?
07:44C'est quoi l'histoire de Karine ?
07:47Je suis née dans une famille qui n'aurait jamais dû avoir d'enfant.
07:52Née d'une mère qui a commis un infanticide
07:57avec plus de 150 couteaux sur un nouveau-né.
08:01Donc, je pense qu'à partir de ce moment-là,
08:03en fait, on n'est pas apte à accueillir d'autres enfants
08:05et qu'on ne devrait pas en avoir.
08:09Et j'ai été maltraitée par ces géniteurs-là
08:14durant toute ma vie quand j'étais à leur domicile.
08:18Et à l'âge de 5 ans, ils ont accueilli M. Blodier
08:22qui est multirécidiviste
08:24et qui m'a violée avec leur accord
08:27pendant plusieurs années.
08:30Et ça, ça s'est passé quand vous étiez très jeune,
08:33entre 5 et 7 ans.
08:35Et plus de 20 ans plus tard, aujourd'hui,
08:37vous êtes reconstruite.
08:38C'est pour ça que je dis que vous êtes aussi un exemple de résilience
08:41puisque vous êtes maman.
08:42Maman d'une enfant qui a aujourd'hui 5 ans.
08:46Et donc, vous avez réussi à vous relever, bien sûr,
08:49dans ce combat-là.
08:50C'est pour ça que je dis qu'il y a un exemple de résilience.
08:53Et votre bourreau a été condamné en 2018.
08:56Et là, je me tourne vers vous, Juliette Sadat,
08:59parce qu'on a besoin de comprendre, Juliette.
09:00Et encore une fois, les téléspectateurs ne comprennent pas
09:04si on ne va pas dans le détail.
09:06On se dit, mais attendez, un individu qui a été condamné en 2018
09:09à 30 ans de réclusion criminelle et à 20 ans de sûreté.
09:14Qu'est-ce qu'il fait 8 ans plus tard ?
09:16Ou du moins, qu'est-ce qu'il va faire ?
09:18Parce qu'il n'est pas encore libéré.
09:20Juliette, comment on peut vulgariser au maximum
09:23pour que ça soit clair pour les téléspectateurs ?
09:25En fait, cette libération, elle est possible grâce à un principe
09:28qui est prévu dans le code de précédire pénal
09:31qui s'appelle la confusion des peines.
09:33En fait, M. Bloddy, il avait déjà été condamné en 2007.
09:37C'était déjà pour des viols.
09:38En l'occurrence, sur sa propre fille.
09:41Il avait donc en 2007 été condamné à une peine de 18 ans de prison.
09:44Et quand il a été jugé dans le cadre de votre affaire en 2018,
09:48il a eu une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
09:52Il a alors fait une demande à la justice
09:54que ces deux peines se confondent,
09:57que la plus longue absorbe la deuxième
09:59et qu'il ne fasse en réalité qu'une seule peine
10:02et qu'elle ne s'ajoute pas l'une à l'autre.
10:04C'est une demande qui a été acceptée par la justice.
10:07Ce n'est pas du tout automatique.
10:09Donc la justice a accepté cette confusion des peines.
10:13Et donc, en 2018, quand il a commencé à purger sa peine,
10:16en réalité, ça faisait déjà 11 ans qu'il était en prison.
10:20Donc aujourd'hui, nous sommes dans 2026.
10:228 ans plus tard, il a en effet purgé, en théorie, 19 ans.
10:29Donc la période de sûreté est achevée.
10:31Et donc, il a cette possibilité de demander une liberté conditionnelle
10:35qui est encore une fois acceptée par la justice.
10:38Et c'est là où on comprend tout.
10:40C'est-à-dire qu'il y a un arsenal judiciaire,
10:44un arsenal législatif,
10:46et il y a aussi des décisions humaines.
10:48C'est les deux choses qui sont très importantes.
10:50Je me tourne vers vous, Laurence, parce que c'est votre combat.
10:52C'était le combat de votre vie.
10:54Et vous le poursuivez, ce combat,
10:55à tel point que vous avez, et on y reviendra,
10:59fait condamner l'État à plusieurs reprises.
11:01Je vous sens très émue, Laurence, sur le plateau.
11:04Je suis toujours émue quand Karine raconte son calvaire.
11:07Parce qu'en fait, le calvaire de Karine a démarré à sa naissance
11:11le 7 juillet 1997.
11:13Et le premier signalement est fait trois jours plus tard à la maternité.
11:17C'est ça, le parcours de Karine.
11:19Les autorités judiciaires et les services de l'État,
11:23c'est-à-dire de l'aide sociale à l'enfance,
11:25n'ont pas protégé Karine.
11:27Et aujourd'hui, à nouveau, la justice ne protège pas Karine.
11:31Parce que M. Bloddy, multirécidiviste,
11:34il va recommencer.
11:36Il n'y a pas de raison qu'il ne recommence pas.
11:38Son parcours a commencé par les viols sur sa sœur.
11:42Donc, il était mineur à ce moment-là.
11:44Il a un parcours atypique d'un pédophile.
11:46La sérialité est là et bien constante.
11:49Donc, il n'y a pas de raison qu'il s'arrête.
11:51Quand il violait Karine, il prenait du Viagra.
11:54Donc, prendre du Viagra,
11:56ça veut dire qu'on a 60 ans, qu'on en a 70.
12:00L'effet va être le même et dévastateur.
12:02On le met dans un quartier où il y a plein d'enfants.
12:05Alors, certes, c'est un quartier social.
12:08Moi, ça me laisse très dubitative, en fait,
12:11sur sa sortie de prison, qui n'est pas aménagée,
12:14parce que ce n'est pas là qu'il devrait être.
12:16On nous dit qu'il va avoir des soins.
12:18Mais à chaque fois qu'il a été condamné,
12:20il y avait une ordonnance de soins.
12:23Et en fait, ça ne fonctionne pas.
12:25Quand il est arrêté et condamné en 1997
12:29pour six ans de prison, il n'en fait que deux.
12:32Et quand il sort,
12:34il vient pour violer Karine, en fait,
12:37et violer quatre autres mineurs.
12:39En 2004, il a un mandat d'arrêt.
12:43Ils vont mettre un an à le trouver en France.
12:46Ça veut dire que de 2004 à 2005,
12:49il viole Karine sous mandat d'arrêt.
12:52La justice, je suis désolée de le dire,
12:55elle n'est pas efficace, en fait.
12:57Parce qu'il était à Rennes,
12:59il était connu des services de police,
13:01puisqu'il avait été arrêté pour alcoolémie,
13:04à plusieurs reprises, et condamné.
13:07Donc, quand on regarde son parcours,
13:09on se rend compte que,
13:12ma foi, c'est un pédophile,
13:14multirécidiviste.
13:15Et je suis désolée de le dire,
13:16mais la justice n'en a rien à faire, en fait.
13:18Rien à faire.
13:20On nous dit,
13:22et c'est écrit dans le courrier qu'a reçu Karine,
13:25on pense que la dangerosité a été atténuée.
13:29Atténuée, ça ne veut pas dire supprimée.
13:31Je connais encore le français.
13:33Ça veut donc dire que, oui,
13:35on pense qu'elle a été atténuée.
13:37On pense aussi qu'il reste quelque chose.
13:40Mais ce n'est pas grave.
13:41Il faut qu'il sorte.
13:42Il y a des jeunes qui sont emprisonnés.
13:45Il y a des hommes, il y a des femmes.
13:46Ils doivent faire plusieurs demandes
13:49d'aménagement de peine.
13:50Lui, une demande, elle est acceptée.
13:54C'est très contradictoire, en fait,
13:56de ce qui se passe,
13:57du pouvoir d'un juge des libertés.
14:00Parce que, un,
14:02on n'assiste pas à l'audience.
14:04Il n'y a pas de contradictoire
14:05avec la victime ou les victimes.
14:07Ça veut dire que la décision est prise
14:09de manière aléatoire.
14:12Ça veut dire qu'on ne sait pas
14:13les conditions de sortir.
14:14Qu'on va mettre un petit temps
14:16avant de recevoir le jugement.
14:17Parce qu'apparemment,
14:18Maître Lejeune, l'avocate de Karine,
14:20se bat pour avoir le jugement
14:22depuis le 29 avril.
14:23Mais elle ne l'a toujours pas.
14:26Le traumatisme, il est à nouveau
14:27pour la victime.
14:29Donc, aujourd'hui, notre société
14:32ne s'occupe pas des pédophiles.
14:36Les agresseurs ont tous les droits.
14:38Y compris de venir retraumatiser
14:40une victime.
14:42La victime va devoir se cacher à nouveau.
14:44Mais je parle pour Karine,
14:45mais je parle aussi pour ses autres victimes.
14:47Il a d'autres victimes à Rennes.
14:49Qu'en est-il de tout ça ?
14:52On nous dit le trauma.
14:53On nous dit qu'on a un ministre
14:55qui va s'occuper des victimes.
14:57Et j'étais vraiment très heureuse
14:59de ses paroles.
15:00Parce que, pour une fois,
15:01on se dit qu'on a un garde des Sceaux
15:02qui a envie de s'engager.
15:05Et qu'il l'a fait.
15:06Et pour le coup,
15:07qu'il l'a fait précédemment,
15:09j'en veux pour preuve,
15:10le drame, vous savez,
15:11à Paris,
15:12l'affaire Elias.
15:14Et on sait à quel point
15:15le ministre s'est engagé
15:18dans l'accompagnement
15:20de la famille
15:24chère Laurence.
15:25Dans cette lettre
15:26que vous avez reçue
15:27de la juge
15:28d'application des peines,
15:30hier,
15:30et j'avais du mal à le croire
15:31lorsque je vous ai eue
15:32au téléphone,
15:33vous m'avez dit
15:34la première phrase,
15:35c'est
15:35j'ai l'honneur
15:36de vous annoncer.
15:37Oui, tout à fait.
15:39Et je crois que c'est ça
15:40qui a anéanti Karine,
15:41en fait.
15:42Parce que moi,
15:42quand j'écris
15:43j'ai l'honneur,
15:44je vais annoncer une joie,
15:45je vais annoncer
15:46une belle chose.
15:47J'ai l'honneur,
15:47je suis fière
15:48d'annoncer quelque chose.
15:51Là, en fait,
15:51on prend un coup
15:52parce qu'on se dit
15:53qu'il y a un mépris
15:54dans les écritures,
15:55en fait.
15:55Alors, je ne veux pas dire
15:56que la GLD méprise Karine,
15:59mais je veux dire
16:00que dans les écritures,
16:00il y a un mépris.
16:02On ne peut pas écrire ça.
16:03Ce n'est pas possible.
16:04Dans votre combat,
16:05parce que vous êtes désormais
16:06la maman de Karine,
16:09légalement la mère adoptive,
16:10mais vous êtes la mère
16:11de Karine,
16:13vous avez eu
16:14des responsables politiques
16:15qui vous ont accompagnés,
16:17vous avez eu
16:17des gens qui ont permis
16:20de protéger Karine
16:21et de vous protéger également ?
16:23Non, jamais.
16:24Jamais.
16:25Mon combat,
16:26il a démarré
16:27pour Karine
16:27quand elle est née.
16:28J'ai été bien seule.
16:31On m'appelait
16:31la sorcière,
16:32la folle.
16:34Je me rappelle,
16:35pendant l'instruction
16:36de Karine,
16:37on m'appelait l'autre.
16:38Elle est arrivée,
16:39l'autre.
16:40Ben,
16:41l'emmerdeuse,
16:42en fait.
16:42C'est ça que ça voulait dire.
16:45j'ai été mise en garde à vue
16:46pour dénonciation
16:47calomnieuse
16:48et condamnée.
16:50J'ai eu un rappel
16:51à la loi
16:51parce que je dénonçais
16:52l'effet de viol.
16:53Je savais que Karine
16:54se faisait violer.
16:56Le profil
16:57de Roland Bloddy
16:57était tel
16:58qu'on ne pouvait pas
17:00ne pas imaginer
17:01ce qu'elle souffrait.
17:02Vous avez été
17:03condamnée
17:03pour dénonciation
17:04calomnieuse,
17:04c'est-à-dire ?
17:05Ben,
17:06j'avais fait des signalements
17:07et j'ai été poursuivie
17:08pour dénonciation
17:08calomnieuse.
17:09Et condamnée pour ça ?
17:10Oui,
17:11et j'ai été obligée
17:14de faire une lettre
17:14d'excuse aux violeurs
17:15et aux parents de Karine
17:16pour troubles à la justice.
17:18Et finalement,
17:19en 2018,
17:20après plus de 10 ans
17:21de procédure,
17:22si j'ai bien compris...
17:24Le procureur général
17:25me demande pardon
17:26pendant les assises.
17:27Il vous demande pardon ?
17:28Oui.
17:31Karine,
17:32j'aimerais aussi comprendre
17:33quel sentiment vous avez.
17:35Vous savez,
17:36on parlait,
17:36il y a une formule
17:39que justice soit rendue.
17:41Est-ce que vous avez l'impression
17:42et la sensation
17:43que justice est rendue ?
17:46En 2018,
17:47oui.
17:48Aujourd'hui,
17:48non.
17:49Parce que finalement,
17:50il n'a fait que 8 ans
17:52pour moi,
17:53pour tout ce qu'il m'a fait subir.
17:55Je pense que c'est
17:56une très légère peine.
17:59Et en plus de ça,
18:01qu'il vienne habiter à Rennes,
18:04c'est horrible.
18:05je n'ai pas de mots
18:08tellement c'est compliqué.
18:11J'ai l'impression aujourd'hui
18:13que ça va être plus
18:15l'auteur qui va être protégé.
18:18Parce que là,
18:18aujourd'hui,
18:19je n'ai aucune protection.
18:23Je vais me sentir
18:25mardi en insécurité.
18:27Lui, par contre,
18:28il va être en sécurité.
18:29Il y a tout ce qu'il faut pour lui.
18:30Mais moi, rien.
18:32Aujourd'hui,
18:32la victime
18:34n'est pas protégée.
18:35C'est ce que je ressens.
18:38Juliette ?
18:39Oui, justement,
18:39lorsque la justice
18:41a annoncé la libération
18:43de votre violeur,
18:45j'imagine qu'en effet,
18:468 ans après sa condamnation
18:49et l'épreuve douloureuse
18:50qu'a dû être le procès,
18:51c'est incompréhensible.
18:52Il y a aussi cette phrase,
18:54ce justificatif.
18:55Pourquoi on l'autorise
18:56à habiter à Rennes ?
18:58C'est pour qu'il ne soit pas errant
19:01SDF et errant sur le territoire
19:03puisqu'un suivi
19:05va être mis en place.
19:07Vous savez qu'il est libéré
19:09sous des conditions.
19:11C'est de la liberté conditionnelle.
19:12En effet, il n'a pas purgé sa peine.
19:14Vous l'avez rappelé.
19:17Ce monsieur va être inscrit
19:19au FIGES,
19:20le fichier judiciaire national
19:23automatisé pour les auteurs
19:25d'infractions sexuelles.
19:26Il y aura sûrement
19:27un suivi socio-judiciaire
19:28qui sera mis en place
19:31avec, je pense,
19:32j'en suis quasiment sûre
19:33et j'espère pour vous,
19:34une interdiction formelle
19:35de vous contacter.
19:37J'imagine que ça ne vous
19:39rassure pas pour autant
19:40mais il y aura un suivi.
19:42Il ne sera pas remis en liberté.
19:44Oui, mais en fait,
19:45aujourd'hui,
19:46lui,
19:47il a ces conditions-là.
19:49Mais moi, en fait,
19:49aujourd'hui,
19:50j'ai ma vie à Rennes.
19:51je vais devoir changer ma vie
19:53par peur de le croiser
19:54parce qu'au final,
19:56le trajet que j'effectue aujourd'hui
19:58pour me rendre au travail
20:00s'effectue quasiment
20:02où il va habiter.
20:03Donc moi,
20:04aujourd'hui,
20:04qu'est-ce que je fais ?
20:04Je dois changer de route
20:05parce qu'il habite là.
20:07Il m'a imposé
20:08plein de choses
20:09quand j'étais plus petite.
20:10Il m'a fait vivre
20:13des choses horribles.
20:14Aujourd'hui,
20:15je vais mieux.
20:16J'ai envie
20:17d'avoir ma propre vie,
20:19de faire ce que j'ai envie
20:21et en fait,
20:21aujourd'hui,
20:21ça ne va pas l'être.
20:24Donc moi,
20:24en fait,
20:25aujourd'hui,
20:25qu'est-ce que...
20:27J'ai eu une...
20:30une enfance horrible.
20:31Aujourd'hui,
20:32je vais mieux.
20:33Mais non,
20:34finalement,
20:34ce n'est pas possible.
20:36Ce n'est pas possible.
20:37Vous avez la sensation
20:38qu'on vous renvoie
20:39à l'enfer
20:40que vous avez vécu.
20:42J'ai envie
20:42de me tourner vers vous,
20:44Laurence,
20:44parce que vous êtes...
20:45Voilà,
20:46je le disais,
20:46c'est le combat d'une vie.
20:47À tel point
20:48que vous avez fait condamner,
20:50et c'est rare
20:52pour le signaler,
20:54vous avez fait condamner
20:54l'État à plusieurs reprises.
20:56Oui.
20:56À quoi,
20:57par exemple ?
20:58Alors,
20:58l'État a été condamné
20:59pour quatre dénis de justice.
21:01C'est-à-dire que Karine
21:02avait plusieurs procédures
21:03parce qu'il s'est passé
21:06beaucoup de choses
21:06dans la vie de Karine.
21:08Il n'y avait pas que M. Bloddy
21:09qui lui a fait du mal.
21:10Donc,
21:11voilà.
21:13Et donc,
21:14il y a eu quatre dénis de justice
21:15parce que les procédures
21:16étaient malmenées
21:18quelque peu
21:19en Ile-et-Vilaine.
21:20Et puis,
21:21on a fait condamner la France
21:22en 2021
21:22pour faute lourde,
21:23extrêmement lourde.
21:25Et la motivation
21:26de cette magistrate
21:27de la Cour d'appel
21:29de Paris,
21:29je crois que
21:30toute ma vie,
21:32je lui en serais gré
21:34parce que la motivation
21:36est telle
21:37qu'elle a pu mettre
21:39en exerbe
21:40tous les dysfonctionnements
21:41fonctionnements
21:41de la juridiction
21:42rennaise,
21:44y compris
21:45ce qui s'est passé
21:45à l'aide sociale
21:46à l'enfance.
21:46Et d'ailleurs,
21:47il y a eu un rapport
21:48du défenseur des droits
21:49qui constate
21:50les mêmes choses.
21:52Et aujourd'hui,
21:53malgré tous les dysfonctionnements
21:55qu'il y a eu à Rennes,
21:56M. Bloddy
21:57revient vivre à Rennes.
21:59Donc, on ne peut pas
22:00avoir confiance.
22:01Ce n'est pas possible.
22:02Vous dites quoi,
22:04Laurence,
22:04si vous aviez la possibilité
22:05d'interpeller
22:07les autorités,
22:08d'interpeller,
22:08par exemple,
22:09peut-être le garde des Sceaux ?
22:11Si vous aviez la possibilité,
22:12non pas de m'avoir face à vous,
22:14mais d'avoir
22:14un ministre
22:16qui,
22:16encore une fois,
22:18et il l'a montré
22:19les mois précédents,
22:21au plus près
22:21des victimes.
22:23Je lui dirais
22:24qu'il faut profiter
22:25de ce moment,
22:26il faut profiter
22:27de la commission
22:28que mène Maude Petit
22:29pour changer les choses.
22:30Il ne faut pas attendre
22:31les présidentielles.
22:33Il ne faut pas attendre
22:33l'année prochaine.
22:34Des victimes comme Karine,
22:36il y en a des milliers
22:36qui vivent la confusion
22:38des peines.
22:39Il faut être clair,
22:40ce n'est pas l'affaire de Karine.
22:41Il faut que cette loi change.
22:42Elle est inique.
22:44Et je rajouterais
22:44que le quantum de la peine
22:46par victime
22:46doit être revu.
22:48Je rappelle
22:49que vous avez lancé
22:49une pétition
22:50qui s'appelle
22:51Modifier la loi
22:52sur la confusion
22:52des peines en urgence.
22:55C'est sur le site
22:56change.org.
22:57Il y a également
22:59un QR code.
23:01On est peu au poids
23:03à 50 000
23:03en quelques jours seulement.
23:05C'est ça ?
23:05Vous avez lancé
23:06cette pétition
23:06il y a combien de temps ?
23:07Il y a une semaine.
23:08Il y a une semaine.
23:09Donc en une semaine.
23:10Mais sauf que,
23:11c'est ça,
23:11en une semaine,
23:12le traitement médiatique
23:14est à minima
23:15et minimum.
23:16C'est le service minimum.
23:16Il y a eu
23:17de la presse écrite,
23:19presse quotidienne régionale.
23:20Et c'est comme ça aussi
23:21qu'on a pu le voir.
23:22Mais les chaînes nationales
23:24pour l'instant
23:24ne se sont pas emparées
23:27de la question.
23:28Vous savez,
23:28j'ai compris depuis longtemps
23:29qu'il y avait
23:29les bonnes victimes
23:30et les mauvaises victimes.
23:31Ça veut dire quoi
23:32pour vous ?
23:34Ça veut dire que
23:36j'ai pris mon bâton
23:37de pèlerin
23:38il y a longtemps
23:38pour Karine.
23:39Je n'ai rien lâché.
23:40On a fini par gagner
23:43et par faire reconnaître
23:44tout ce qu'elle avait subi.
23:45Et là encore,
23:46on lui appose quelque chose.
23:48Vous savez,
23:48quand j'ai lu la lettre,
23:49j'ai eu l'impression
23:50que c'était une punition
23:51pour Karine.
23:52Elle avait trop relevé la tête.
23:54La lettre de la juge
23:55d'application des peines
23:56qui commence dans cette lettre
23:58par cette formule
23:59« J'ai l'honneur de vous annoncer ».
24:01Oui.
24:02C'est comme une punition en fait.
24:04Vous vous rendez compte
24:05la claque que vous prenez
24:06quand vous êtes une victime ?
24:07« J'ai l'honneur de vous annoncer
24:09que votre violeur va sortir ».
24:11Enfin, je comprends.
24:13C'est des lettres type administratifs.
24:15Alors vous me permettez,
24:15moi je ne le comprends pas.
24:16Parce que les lettres type,
24:18ça ne veut rien dire.
24:19C'est sans doute
24:20une lettre qui n'a pas été relue.
24:22Encore une fois,
24:23Laurence,
24:23lorsque vous m'avez annoncé ça hier,
24:25je ne vous ai pas cru.
24:26C'est-à-dire que je me suis dit
24:27que ce n'est pas possible.
24:28J'ai l'impression
24:29qu'on ne fait pas attention
24:30à ce qu'on écrit en fait.
24:32C'est tout simple.
24:33On ne fait pas attention
24:34ni à ce qu'on écrit
24:35ni à ce qu'on envoie.
24:36C'est une victime,
24:38ce n'est pas grave.
24:39Bon, ben voilà,
24:40la décision est prise.
24:40Elle ne va quand même pas
24:41en plus se râler.
24:42Moi, c'est comme ça
24:43que je sens les choses.
24:44Votre combat,
24:45vous l'avez aussi couché
24:46sur papier
24:47puisque vous avez pris la plume
24:48et vous avez écrit un livre
24:50et j'invite
24:50les téléspectateurs
24:52à le lire.
24:53Karine et Laurence,
24:54signalement,
24:55préface de Bruno Solo.
24:56Je voudrais rappeler que...
25:02elle commençait à se faire violer.
25:03Regardez l'ange qu'elle était.
25:07Karine,
25:09vous êtes désormais
25:10et il y a dans cet enfer-là,
25:13parfois,
25:14tenter dans la pénombre
25:15de trouver des sources d'espérance
25:17et je le disais
25:17en tout début d'émission,
25:18vous êtes aussi
25:19un exemple de résilience
25:21parce que vous êtes maman.
25:23Quand vous voyez
25:24votre fille aujourd'hui,
25:26vous vous dites quoi ?
25:28Actuellement,
25:29je me dis qu'à cet âge-là,
25:30en fait,
25:30je commençais à me faire violer.
25:32Ce que je n'aurais jamais pensé
25:33avant de recevoir ce courrier.
25:35Jamais j'aurais associé
25:37l'âge qu'elle a aujourd'hui
25:39à l'âge que j'avais.
25:40Et en fait,
25:42c'est répugnant.
25:43C'est horrible.
25:46Comment on peut faire
25:47des choses pareilles ?
25:50On vous a donné la parole.
25:52La porte sera toujours ouverte
25:54de ce studio.
25:56Merci d'être venu nous voir.
25:59Merci de...
26:01de raconter aussi
26:03votre histoire.
26:05Et je suis certain,
26:06mais peut-être que je me trompe,
26:08mais j'espère ne pas me tromper,
26:10qu'à travers votre témoignage,
26:13il y aura des prises de conscience
26:14et que les responsables politiques
26:19pourront peut-être considérer aussi
26:22les victimes dans des affaires aussi graves.
26:26Laurence, peut-être avez-vous
26:28un dernier message à faire passer ?
26:29En fait, je sais que mardi va sortir
26:33et que pour Karine,
26:34il est peut-être trop tard.
26:37Peut-être qu'une décision va être prise
26:38de l'exfiltrer ailleurs.
26:40Peut-être, on ne sait jamais.
26:42Par contre, je pense à toutes
26:43les autres victimes.
26:44Et je pense à ces potentielles victimes,
26:47on est conscients de toutes les deux.
26:50Et je pense que j'ai eu
26:51deux de ces ex-femmes,
26:53ces ex-compagnes
26:54qui me disent la même chose.
26:55Il est dangereux
26:57et il va recommencer.
26:59Ce n'est pas parce qu'il va habiter
27:00chez son frère
27:01qu'il va être protégé.
27:02Bien au contraire,
27:04ils ont un parcours,
27:05tous les deux,
27:07très tordu.
27:08On peut dire les choses comme ça.
27:10Et il va recommencer.
27:12Donc aujourd'hui,
27:13c'est un appel
27:14pour qu'il ne recommence pas, en fait.
27:16Il faut que ça s'arrête.
27:17Un pédophile,
27:19dans la sérialité,
27:20il ne s'arrête pas.
27:22Merci à toutes les deux
27:23d'être venus nous voir
27:24dans l'heure des pros.
27:26Une courte pause.
27:26On revient dans un instant
27:27et nous traiterons
27:29des actualités majeures
27:30de la journée.
27:31A tout de suite.
27:35Il est un peu plus de 9h30
27:37si vous nous rejoignez
27:38sur CNews.
27:39Et merci de poursuivre
27:41votre matinée avec nous.
27:42C'est vrai qu'on est bouleversés
27:43par le témoignage
27:44de Laurence
27:45et de Karine
27:46en première partie
27:48des démissions,
27:48bien sûr,
27:49qui revenait sur
27:50ce qu'elles considèrent
27:51être une injustice absolue.
27:53C'est-à-dire,
27:54Karine,
27:54si vous nous rejoignez,
27:55je précise ce qui s'est passé.
27:57Karine est une jeune femme
27:58de 29 ans désormais,
27:59mais qui, enfant,
28:00a été violée
28:01par un individu
28:03multirécidiviste
28:03qui avait été déjà condamnée
28:05en 2007
28:06pour des viols
28:07et notamment sur sa fille
28:08à 18 ans de prison,
28:10qui a été une nouvelle fois
28:11condamnée en 2018
28:13à 30 ans de réclusion,
28:14mais avec ce qu'on appelle
28:16la confusion des peines.
28:18Eh bien,
28:19pour ce qu'il a commis
28:20contre Karine,
28:22cette condamnation
28:23à 30 ans de réclusion
28:24criminelle en 2018,
28:25il vient de faire
28:27et il va être libéré
28:28la semaine prochaine.
28:28Il n'aura fait
28:29que 8 ans
28:30pour cette condamnation-là
28:32et il va s'installer
28:34dans la même ville
28:34que Karine.
28:37Si vous nous rejoignez,
28:37je voudrais juste
28:38qu'on écoute
28:39le témoignage
28:40de Karine et de Laurence
28:41et puis je vais vous demander
28:42votre avis.
28:42À vous, Mathieu
28:43et Arnaud Benedetti.
28:48J'ai reçu un mail
28:49le 29 avril
28:51en m'annonçant
28:53que mon violeur,
28:55M. Bloddy,
28:57sortait de prison
28:58et qu'il allait venir
28:59habiter à côté
29:01dans la même ville
29:02que moi, en fait.
29:03C'est un mélange
29:04d'émotions
29:06entre la peur,
29:09la colère
29:10et la tristesse.
29:12C'est vraiment
29:13un mélange.
29:14Et c'est Laurence
29:15qui est désormais
29:16sa maman
29:17parce que c'est
29:17sa mère adoptive
29:19qui mène ce combat.
29:20C'est le combat
29:21d'une vie
29:22pour justement
29:23que justice soit rendue.
29:24À Karine,
29:25écoutez Laurence.
29:27Et je suis désolée
29:28de le dire
29:28mais la justice
29:29n'en a rien à faire
29:29en fait.
29:30Rien à faire.
29:32On nous dit
29:34et c'est écrit
29:35dans le courrier
29:35qu'a reçu Karine
29:36on pense
29:37que la dangerosité
29:39a été atténuée.
29:41Atténuée,
29:41ça ne veut pas dire
29:42supprimée.
29:43Je connais encore
29:44le français.
29:45Ça veut donc dire
29:46que oui,
29:47on pense
29:48qu'elle a été atténuée.
29:49On pense aussi
29:50qu'il reste quelque chose
29:51mais ce n'est pas grave.
29:53Il faut qu'il sorte.
29:54Il y a des jeunes
29:55qui sont emprisonnés,
29:57il y a des hommes,
29:57il y a des femmes,
29:59il doit faire
29:59plusieurs demandes
30:00d'aménagement de peine.
30:02Lui,
30:03une demande,
30:04elle est acceptée.
30:06Et s'il y a cette phrase
30:07dans cette lettre
30:08qui a été envoyée
30:09à Karine
30:10qui commence par
30:11« J'ai l'honneur
30:11de vous annoncer ».
30:12Arnaud Benedetti,
30:14vous étiez
30:15dans la première partie
30:16évidemment
30:16et vous avez suivi
30:18cet entretien
30:19et cet échange,
30:19les témoignages
30:20qu'on a pu avoir
30:20de Karine
30:21et de Laurence.
30:23vous en avez pensé quoi ?
30:25Qu'est-ce qui ressort ?
30:27La lettre,
30:28si vous me permettez
30:28un petit mot
30:29sur cette lettre,
30:30ça me fait penser
30:31à la phrase de Nietzsche
30:32« L'État le plus froid
30:33des monstres froids ».
30:34C'est exactement ça.
30:35C'est-à-dire que,
30:36in fine,
30:37on a un courrier
30:40administratif
30:41qui,
30:42évidemment,
30:43est très mal rédigé,
30:44c'est le moins
30:44qu'on puisse dire,
30:45mais qui,
30:46de fait,
30:47ne tient même pas compte
30:48de la douleur,
30:49de la souffrance
30:50et de ce qu'a vécu
30:51cette jeune femme
30:53et qui,
30:54d'une certaine manière,
30:57essaye de justifier
30:58de manière très maladroite
31:00une décision de justice
31:02qui est une décision de justice
31:04bien évidemment contestable.
31:06Après,
31:06ce que j'ai pensé,
31:07évidemment,
31:07c'est d'abord
31:09un grand respect
31:09pour la douleur
31:11et la souffrance
31:12qu'elle a exprimées
31:14et sur le fait
31:16que beaucoup,
31:17aujourd'hui,
31:18de gens
31:18qui prennent connaissance
31:21de cette affaire,
31:21je pense une grande majorité
31:23de Français,
31:24ne peuvent être
31:25que choqués
31:27devant,
31:27finalement,
31:29l'absence,
31:30j'allais dire,
31:31d'empathie minimale
31:32qu'a la justice
31:33dans le traitement
31:35de ce dossier.
31:37Alors après,
31:37il y a bien évidemment
31:38toute la question
31:38de la base légale
31:39de la décision
31:40qui est prise
31:41par la justice.
31:42Parce que leur combat aussi,
31:43c'est de sortir
31:44de cette possibilité
31:46d'avoir la fameuse
31:47confusion des peines.
31:48Mais cette confusion
31:49des peines,
31:50elle n'est pas,
31:50et c'est ce que rappelait Judith
31:51et c'est très important,
31:53elle n'est pas automatique.
31:55C'est l'enchaînement.
31:56Elle est lissée
31:56à l'appréciation du juge.
31:57Mais voilà,
31:57mais donc ça n'est pas,
31:58si vous voulez,
31:59ça n'est pas que l'arsenal judiciaire
32:01qu'il faut changer
32:01puisque là,
32:02on est sur une appréciation
32:04des juges.
32:05Donc c'est un facteur humain
32:08appuyé sur un facteur légal.
32:10Et c'est ça qui est très important,
32:11Mathieu Hock.
32:11Et c'est ça qui est fou
32:12et malheureusement,
32:13et Karine illustre cela,
32:15c'est le laxisme
32:16du système judiciaire
32:17qui pense davantage
32:18aux droits des criminels
32:20et aux droits des délinquants
32:21plutôt que à la protection
32:22des victimes.
32:23Et souvent,
32:24moi,
32:25quand j'interviens
32:25sur ce type de sujet,
32:26c'est horrible,
32:27c'est que quand vous regardez
32:28les statistiques
32:29produites elles-mêmes
32:29par le ministère de la Justice
32:30sur les affaires de viol,
32:32la peine encourue moyenne
32:34est de 20 ans
32:35dans le code pénal.
32:36Alors là,
32:36on est allé jusqu'à 30
32:37puisque c'est une affaire
32:38de pédocriminalité,
32:39je parle sous votre contrôle,
32:41mais la peine moyenne
32:42prononcée par un juge,
32:43c'est-à-dire ce que dit le juge,
32:45est en moyenne
32:46de 15 à 12 ans
32:47et la peine réellement effectuée
32:50après réaménagement
32:50de peine,
32:51etc.,
32:52est de 8 ans
32:53sur une affaire de viol.
32:54Comment est-ce possible,
32:55et les Français
32:56se posent la question,
32:57mais comment est-ce possible
32:57qu'on paye
32:58un système judiciaire
32:59qui ne permet
33:01que comme peine
33:02réellement effectuée
33:02une peine de 8 ans
33:04pour une affaire
33:04aussi grave de viol ?
33:06Eh bien,
33:06on est dans le même cas
33:07pour Karine
33:07et évidemment,
33:08beaucoup de Français
33:09sont victimes
33:10de ce système-là
33:11et je pense d'ailleurs
33:13que le parti des victimes
33:14sera peut-être
33:15un parti
33:15qui pèsera
33:16pour la présidentielle
33:17parce qu'à un moment donné,
33:18la réforme de la justice
33:19sera nécessaire
33:20pour garantir
33:20la sécurité de notre pays.
33:22Karine et Laurent
33:24sont interpellés
33:25à les responsables politiques
33:26et notamment
33:27sur cette loi
33:28sur la confusion
33:29des peines.
33:30Ils ont même lancé
33:31une pétition
33:33qui a été signée
33:34en quelques jours seulement
33:36par plus de 50 000 signataires.
33:39C'est sur le site
33:40change.org
33:41qu'on va peut-être
33:42le voir affiché
33:43à l'antenne.
33:45Donc,
33:46un peu plus
33:47parce que là,
33:47je suis sur mon téléphone,
33:48on est déjà
33:49un peu plus de 50 000 signataires
33:51le temps
33:52de l'entretien
33:54que nous avons eu.
33:55C'est-à-dire
33:55que vous avez déjà
33:553 000 signataires
33:56rien qu'en écoutant
33:59Karine et Laurence
34:01sur cette affaire.
34:03C'est vrai
34:03que c'est incompréhensible
34:05incompréhensible
34:06pour les Français
34:06alors que justice
34:08doit être rendue
34:08au nom du peuple français
34:09de se dire
34:11que vous avez
34:11un violeur
34:13multirécidiviste
34:13qui va se retrouver
34:14dans la même ville
34:15que l'une de ses victimes.
34:18Donc,
34:18peut-être que
34:19vous savez,
34:19c'est toujours la même chose.
34:21Les responsables politiques
34:22ils se réveillent
34:23quand,
34:23pour certains,
34:24pas tous,
34:25mais ils se réveillent
34:26quand
34:28la lumière
34:28est placée
34:29sur ces faits-là.
34:30Je partage
34:31ce que dit Mathieu.
34:32Il faut que
34:33la question
34:34de la réforme
34:35du système judiciaire
34:36doit redevenir
34:37et doit être
34:38un enjeu politique
34:39notamment
34:40à l'occasion
34:41de cette élection présidentielle.
34:43La réalité,
34:43c'est que
34:44si vous voulez,
34:44les politiques
34:45sont aujourd'hui
34:46extrêmement complexées
34:47dès qu'il s'agit
34:48de toucher
34:49à la justice
34:50parce que
34:51c'est vrai
34:51que pendant
34:52des années
34:52et des décennies
34:53et des décennies
34:54on a considéré
34:55que finalement
34:55la justice
34:56était soumise
34:57au pouvoir
34:58politique
34:59et que
35:00l'indépendance
35:01qui finalement
35:01a été prise
35:02par la justice
35:03empêche aujourd'hui
35:04toute forme
35:05de débat
35:06autour de la justice.
35:07C'est un vrai sujet
35:08mais la justice
35:09à partir du moment
35:09où elle est une composante
35:10essentielle
35:11de notre société,
35:12une composante essentielle
35:13du fonctionnement
35:14de l'État
35:14doit pouvoir être
35:16mise en question
35:16comme n'importe quelle
35:18autre institution
35:19et c'est un sujet
35:20à mon avis
35:20en effet fondamental
35:21aujourd'hui.
35:22Dans l'actualité
35:23c'est toujours
35:25une question
35:25de justice
35:26et là aussi
35:27c'est un lien
35:28entre le traitement
35:29médiatique
35:30l'indifférence
35:30et là aussi
35:33cette capacité
35:34ou incapacité
35:35à frapper fort
35:36quand il y a
35:36des événements
35:38majeurs.
35:39Vous avez eu
35:40les premières
35:40comparutions médiates
35:41et chère Juliette
35:42vous étiez hier
35:42au tribunal judiciaire
35:44de Paris
35:44pour les premières
35:45comparutions immédiates
35:46après les violences
35:47urbaines
35:48cette semaine
35:49le soir
35:50de la finale
35:50demi-finale
35:51de Ligue des Champions
35:52je rappelle qu'il y avait eu
35:53plus de 120 interpellations
35:55plus de 90 gardes à vue
35:57que pour une vingtaine
35:59d'entre eux
35:59ces gardes à vue
36:00avaient été prolongées
36:01et on a assisté
36:02aux quatre premières
36:04vous avez assisté
36:04aux quatre premières
36:05comparutions immédiates
36:06le résultat
36:07je suis désolé
36:08de le dire ainsi
36:09mais les téléspectateurs
36:10vont le comprendre
36:11c'est le commun des mortels
36:12ils vont se dire
36:13mais en fait
36:13il n'y en a pas un
36:14derrière les barreaux
36:15ce matin ?
36:15Oui sur les quatre dossiers
36:17en effet
36:17bon alors
36:18un point commun
36:20dans ces quatre dossiers
36:21il s'agit d'individus
36:22extrêmement jeunes
36:23le plus âgé
36:24avait 22 ans
36:24hier
36:26en revanche
36:27sur les profils
36:27ça a divergé
36:29un petit peu
36:29il y avait
36:31un individu
36:32connu
36:32de la justice
36:33tout juste
36:35majeur
36:36donc il avait été
36:37condamné
36:38plusieurs fois
36:38par le tribunal
36:39pour enfants
36:40lui
36:41il était
36:41donc
36:43soupçonné
36:43d'avoir tiré
36:44au mortier
36:44dans le visage
36:45d'une policière
36:47à des tirs tendus
36:48avec plusieurs jours
36:48dit été accordé
36:50à la suite
36:51de cela
36:52le ministère public
36:53avait requis
36:55un an
36:55de prison
36:56ferme
36:57je rappelle
36:58que pour
36:58une violence
36:59sur personne dépositaire
37:01de l'autorité publique
37:03aggravée
37:03parce que c'est avec
37:04une arme
37:05par destination
37:06il est risqué
37:07dix ans
37:07ferme
37:08donc les un an requis
37:09c'était quand même
37:09déjà assez léger
37:10il a pris
37:11dix mois de sursis
37:13donc il est ressorti
37:15libre
37:15de son audience
37:16ensuite il y en a eu
37:18un autre
37:19pareil
37:20m'a soupçonné
37:21de violence
37:22sur des policiers
37:23des jets de bouteilles
37:24en verre
37:25on le voit sur les vidéos
37:26il s'amuse à faire ça
37:28dans les rues
37:28souvent sur les véhicules
37:29de police
37:30le policier
37:31l'a reçu
37:32au visage
37:33son procès
37:34a été renvoyé
37:35donc lui
37:36il sera jugé
37:37plus tard
37:38la question c'était
37:38de savoir
37:38si on le mettait
37:39en détention provisoire
37:40parce que
37:41dans trois semaines
37:41se joue
37:42la finale
37:43donc l'occasion
37:44pour lui
37:45de ressortir
37:46et de récidiver
37:49la justice
37:50là encore
37:50n'a pas suivi
37:51les réquisitions
37:52et lui a simplement
37:53attribué un contrôle
37:54judiciaire
37:54avec une obligation
37:55de pointer une fois
37:56par semaine
37:56au commissariat
37:59et les deux derniers
38:01étaient jugés
38:01ensemble
38:02eux ils avaient été
38:03trouvés à proximité
38:04de feux de poubelle
38:05vers la place
38:06de la Concorde
38:07et donc
38:07ils étaient
38:09soupçonnés
38:09de regroupement
38:11en vue de commettre
38:13des dégradations
38:13l'un d'entre eux
38:15avait été retrouvé
38:15avec un taser
38:16sur lui
38:17déchargé
38:17mais quand même
38:18une arme de catégorie
38:19D
38:20et donc
38:21eux
38:22ont été
38:23les réquisitions
38:24c'était
38:24un enferme
38:26aménagé
38:27sous bracelet électronique
38:28ils ont eu
38:29un stage de citoyenneté
38:30et une amende
38:31bon
38:31tout est dit
38:32dans le descriptif
38:33descriptif
38:34de Juliette Sadat
38:35mais c'était la même chose
38:36l'année dernière
38:37Mathieu Acarno-Benedetti
38:38c'est-à-dire que
38:39vous avez des faits majeurs
38:40des violences urbaines
38:42dans la capitale
38:43vous avez une réponse
38:44policière
38:44puisqu'il y a des interpellations
38:46il y a des placements
38:46en garde à vue
38:47mais où est
38:48la réponse judiciaire
38:49vous avez une policière
38:50qui prend
38:51un mortier d'artifice
38:53en pleine face
38:54par un individu
38:55qui est multirécidiviste
38:57déjà condamné
38:57alors quand
38:58il était mineur
38:5919 ans
39:00la police
39:01le procureur
39:02pardonnez-moi
39:02veut
39:03un an de prison ferme
39:06ben non
39:06il n'y aura pas
39:07de prison ferme
39:07tous échappent
39:09à la prison
39:09après ces premières
39:11comparutions immédiates
39:12et donc effectivement
39:13c'est une invitation
39:13à recommencer
39:14c'est une invitation
39:15à récidiver
39:16puisque aujourd'hui
39:17dans notre pays
39:17vous pouvez saccager
39:19des écoles
39:19vous pouvez saccager
39:20des biens publics
39:21vous pouvez saccager
39:23du mobilier urbain
39:25les arrêts de bus
39:26etc et il ne vous arrivera
39:28systématiquement
39:29rien
39:29parce qu'on est aujourd'hui
39:30dans une
39:31on est prisonnier
39:32d'une forme
39:33de modèle
39:34de justice
39:34qui comme je le disais
39:36tout à l'heure
39:36pense davantage
39:37au droit des délinquants
39:38etc
39:39et c'est ça
39:39le véritable problème
39:40et puis aussi
39:41un autre point
39:42c'est que là
39:42on parle du régime
39:43de la comparution immédiate
39:44il faut rappeler
39:45que le régime
39:46de la comparution immédiate
39:47ne s'applique pas
39:47aux mineurs
39:48donc par exemple
39:48vous avez tous
39:49les mineurs
39:50qui ont participé
39:51aux violences à Paris
39:52sur les matchs du PSG
39:53mais également
39:54à la fête de la musique
39:54etc qui eux
39:55en l'occurrence
39:56ne passent parfois
39:57même pas devant
39:58une institution judiciaire
40:00qu'est-ce qu'il se passe
40:00dans ces conditions
40:01ils sont amenés
40:02à récidiver etc
40:02et ensuite vous vous retrouvez
40:03avec des mineurs
40:04et des mineurs
40:05qui arrivent majeurs
40:06qui ont 17, 18, 19
40:08chefs d'inculpation
40:08à leur quasi-discuit
40:09Une question très rapidement
40:10Juliette
40:10de nouvelles comparutions
40:12immédiates
40:12vont se poursuivre
40:14dans les prochains jours
40:15les prochaines semaines
40:16on imagine
40:17mais malheureusement
40:19est-ce qu'on connait
40:20déjà le résultat
40:21là aussi
40:22la réponse
40:23est peut-être
40:24dans la question
40:24Parlons de l'actualité politique
40:25vous savez qu'à 10h
40:26Manuel Bompard
40:27chef de file
40:29La France Insoumise
40:30sera l'invité
40:31du grand rendez-vous
40:33et c'était d'ailleurs
40:34l'objet de l'édito
40:35ce matin
40:36ça va être très intéressant
40:38d'entendre
40:38M. Manuel Bompard
40:39préciser
40:40la notion
40:40de
40:42insurrection populaire
40:44prononcée
40:44par Bali Bagayoko
40:46c'est vrai
40:46que vous n'avez pas vu
40:47de dépêche
40:47de l'agence France Presse
40:48c'est une déclaration
40:50qui n'a pas été
40:51traitée ou relayée
40:52dans les autres médias
40:53chaîne ou radio
40:55ou très peu du moins
40:55Bali Bagayoko
40:57dans un média
40:58qui s'appelle
40:58Ouma
40:59c'est un média
41:00que j'ai découvert
41:00cette semaine
41:02qui se présente
41:03pour ne pas dire
41:04de bêtises
41:05comme un média
41:07d'actualité
41:09un site
41:10d'actualité
41:11de la communauté musulmane
41:12francophone
41:12et dans cet entretien
41:14Bali Bagayoko
41:15va dire
41:15l'année prochaine
41:16si le rassemblement national
41:18arrive au pouvoir
41:19il va évoquer
41:21M. Bali Bagayoko
41:22une insurrection populaire
41:24je signale que
41:25le procureur
41:26a été saisi
41:27par un député
41:28que le ministre
41:29de l'intérieur
41:30a été interpellé
41:32par un autre député
41:33mais après
41:34sinon dans les médias
41:35c'est silence radio
41:38il n'est pas possible
41:39si l'on dit bien
41:40qu'il y a
41:40celles de ceux
41:41qui se rangent
41:42du côté
41:42en fin de compte
41:43de valeurs
41:43qui sont en opposition
41:44aux valeurs de la République
41:45ce qu'est l'extrême droite
41:47et celles de ceux
41:48qui sont les tenants
41:48en fin de la République
41:49et donc des valeurs fortes
41:50notamment y compris
41:50à gauche
41:51et celles écologistes
41:52avec l'ensemble
41:53de la force
41:54de masse
41:54qu'il y a derrière
41:55moi j'ai l'intime conviction
41:56que la population
41:57est capable de se lever
41:57et cette forme
41:58d'insurrection populaire
41:59elle ne sera possible
42:00que si déjà
42:01on redonne en fait
42:02du pouvoir à la base
42:03les mots sont importants
42:05parce que vous appelez
42:05à l'insurrection populaire
42:06bien sûr
42:06l'insurrection populaire
42:07au sens bien sûr
42:08lever la population
42:09de manière importante
42:10parce que c'est
42:11malheureusement
42:12toutes les réformes
42:14importantes dans ce pays
42:15se sont faites
42:15par une insurrection populaire
42:16la prise de la Bastille
42:18tous ces juges là
42:18c'est des choses
42:19qui sont liées
42:20en fait à l'histoire de France
42:21et c'est bien parce que
42:22à un moment donné
42:23il y a une forme
42:25d'indignation populaire
42:26qui se traduit
42:26par l'immobilisation
42:27de masse
42:28et qui fait qu'à un moment donné
42:29on met tout le monde
42:29sur le trembleur
42:30et c'est comme ça
42:30en fait qu'on arrive
42:31à avoir des victimes
42:31alors attention
42:32parce qu'on va vous reprocher
42:33d'appeler à l'insurrection
42:34monsieur Bagayoko
42:35oui mais en fait
42:37ce que certains diront
42:38c'est qu'aujourd'hui
42:39Bali c'est pas un gourou
42:40et que les gens
42:41ils sont à la fois
42:43conscientisés
42:43et qu'en fait
42:44ils n'ont pas besoin
42:46d'appel
42:47il a entièrement raison
42:48monsieur Bali Bagayoko
42:49il n'est absolument pas un gourou
42:50il est maire
42:50il est maire
42:51de la deuxième plus grande ville
42:52d'Ile-de-France
42:53et on a un maire
42:54de la deuxième plus grande ville
42:55d'Ile-de-France
42:56qui explique
42:57que si l'année prochaine
42:58il y a victoire
43:00d'un camp
43:00qui est un camp adverse
43:01du rassemblement national
43:03il y a
43:04une insurrection populaire
43:06en prenant
43:06comme seul exemple concret
43:07la prise de la Bastille
43:10qui était juste
43:10une révolution
43:11mais donc
43:12quelle est sa notion
43:13et sa vision
43:14du régime démocratique
43:15dans lequel nous sommes
43:16est-ce que
43:17monsieur Bali Bagayoko
43:18s'assoit
43:19sur le résultat
43:21des urnes
43:21l'année prochaine
43:22et quelle est
43:23la forme
43:24d'insurrection populaire
43:25c'est ça que j'aimerais bien
43:26poser
43:27mais j'imagine
43:27qu'on posera la question
43:28à Manuel Bompard
43:29dans un instant
43:29oui en effet
43:30et puis
43:30d'une certaine façon
43:32la France Insoumise
43:32est le parti
43:33il faudra poser la question
43:34à Manuel Bompard
43:35mais la France Insoumise
43:35est le parti
43:36qui est le moins démocrate
43:38sur l'ensemble
43:39de l'échiquier politique
43:41ça se voit au niveau
43:42de la nomination
43:43de leurs candidats
43:44dans les procédures internes
43:45ça a été d'ailleurs décrit
43:46par les journalistes
43:48qui ont écrit
43:48l'ouvrage
43:50La Meute
43:50ça a été décrit
43:51par toutes les personnes
43:52qui ont été purgées
43:53par la France Insoumise
43:54et puis là
43:54on a aujourd'hui
43:55un édile
43:56élu la France Insoumise
43:57qui déclare
43:58et bien
43:58moi en tout cas
44:00j'appelle
44:00à ce qu'on ne respecte pas
44:02le résultat des urnes
44:02c'est quand même
44:03la base d'une démocratie
44:05parlementaire et libérale
44:07je vous propose
44:08d'écouter également
44:08parce que dans cet entretien
44:09il y a tout
44:10c'est à dire
44:11qu'il va discréditer
44:12à vie
44:13selon lui
44:14la journaliste
44:15Rutel Kriyev
44:15qui a eu le malheur
44:16de mal prononcer son nom
44:18Bali Bagayoko
44:19écoutez
44:20monsieur Bagayoko
44:22sur vos réseaux
44:23vous avez
44:24vous avez interpellé
44:25une journaliste
44:26en lui demandant
44:26de s'excuser
44:27suite aux multiples
44:28bégaiements
44:29ou volontaire ou non
44:32mauvaise prononciation
44:34de votre nom
44:34c'était nécessaire ?
44:36Rutel Kriyev
44:37c'était une manière aussi
44:38de lui dire
44:39j'en sais bien
44:40Rutel Kriyev
44:41donc moi je sais le dire
44:41et pourtant je suis
44:42un enfant
44:43qui est de l'immigration
44:44d'origine malienne
44:46et donc je sais
44:48être respectueux
44:49du nom
44:50des gens
44:51en fin de compte
44:52et la base
44:52c'est ça
44:53donc c'est un acte délibéré
44:55parce que
44:56de Bali
44:56passer à Balot
44:57Bala
44:58il faut avoir
44:59soit un problème
45:00psychologique
45:00ou soit
45:01il faut vraiment
45:02une détermination
45:03à vouloir écorcher
45:03les noms des gens
45:04mais pour renvoyer
45:04à autre chose
45:05à essayer de renvoyer
45:06en fin de compte
45:07à du mépris
45:08à renvoyer
45:08sur le fait
45:09que c'est du discrédit
45:10et donc c'est en cela
45:11que de manière appuyée
45:14j'ai demandé
45:15que la récidiviste
45:16parce qu'elle est désormais
45:16récidiviste
45:17parce qu'elle a
45:17d'abord posé un acte
45:19ensuite elle a tenté
45:20piètrement
45:21de s'en excuser
45:23avec des pirouettes
45:24pour reproduire
45:25en fin de compte
45:26une autre approximation
45:27de mon prénom
45:28en disant
45:29Bagui
45:29voilà
45:30on est loin de Bali
45:31donc voilà
45:32donc moi je pense
45:33que c'est un acte délibéré
45:33mais j'ai envie de dire
45:35c'est un acte
45:35complètement irresponsable
45:36mais qui la disqualifie
45:37définitivement
45:37en tant que journaliste
45:38elle est disqualifiée
45:40définitivement
45:40en tant que journaliste
45:41alors qu'elle a présenté
45:42ses excuses
45:43publiquement
45:43en disant moi-même
45:44Routel Kriyev
45:45j'ai un prénom
45:46qui est compliqué
45:46on m'a même demandé
45:48de changer de nom
45:49évidemment
45:50personne ne reprend
45:51les propos
45:52de monsieur Bali Bagayoko
45:53personne ne vient
45:54en soutien de Routel Kriyev
45:56parce que c'est comme
45:57pour l'insurrection populaire
45:58d'aller finalement
46:00condamner les propos
46:01de monsieur Bagayoko
46:02ou de dire
46:03mais qu'est-ce qu'il veut dire
46:04par là
46:06vous confronter
46:07à la France insoumise
46:08et à monsieur Bagayoko
46:09donc il y a
46:10un peu de complaisance
46:11beaucoup de trouille
46:12chez les médias
46:13chez les journalistes
46:14mais si on suit sa réflexion
46:15monsieur Bagayoko
46:16quand il parle
46:17de la marche
46:18qu'il veut faire
46:18sur le racisme
46:19écoutez
46:20parce qu'il parle
46:20du racisme
46:21marche contre
46:21le racisme
46:23marche antiraciste
46:24marche antifasciste
46:26et puis ensuite
46:27il dit
46:27une marche antisémite
46:29mais il va être repris
46:30il a le droit
46:31de se tromper
46:31ou alors
46:32ou alors
46:33si on suit son raisonnement
46:35peut-être que c'était
46:36un lapsus révélateur
46:39je vois un prochain
46:40je m'espère
46:40nous allons pouvoir
46:41faire une nouvelle marche
46:43antiraciste
46:43antifasciste
46:44mais aussi
46:45contre le sémitisme
46:46parce que là
46:47il y a un vrai sujet
46:47qui est essentiellement
46:48contre l'antisémitisme
46:49contre l'antisémitisme
46:50pardon
46:50et qui est un sujet
46:51aussi souvent
46:52qu'on a tendance
46:53à nous opposer
46:54en disant
46:55oui mais d'accord
46:56vous
46:57vous avez un problème
46:58avec la communauté juive
46:59mais moi j'ai pas de problème
47:00avec la communauté juive
47:00j'ai pas de problème
47:01avec les juifs
47:02j'ai des problèmes
47:03en fait avec les racistes
47:05de la communauté
47:06ou les racistes en fait
47:07qui sont juifs en partie
47:08c'est pas la même chose
47:10c'est un lapsus
47:11il a le droit
47:11de faire une erreur
47:12c'est pas grave
47:13même s'il l'avait déjà fait
47:14sur public sénat
47:15c'est pas grave
47:16madame Hôtel-Krieff
47:17c'est pas parce qu'elle a
47:18fait une erreur
47:19et qu'elle a écorché son nom
47:20que c'est soit une cinglée
47:22je résume grossièrement
47:23soit qu'elle le fait exprès
47:25parce que visiblement
47:26c'est sa couleur
47:27qui le dérange
47:28on vit dans un monde de dingue
47:30c'est une stratégie
47:31qui est une stratégie
47:32explicite
47:33de disqualification
47:34de tout ce qui lui déplait
47:35d'abord quand il parle
47:36d'extrême droite
47:39au préalable
47:40dans l'entretien
47:40il faudra qu'il nous explique
47:41comment on définit
47:42l'extrême droite
47:43déjà ça c'est un premier point
47:44deuxième point
47:44c'est quelqu'un qui dit
47:45qu'il ne acceptera pas
47:46finalement le résultat
47:47des élections
47:48si les élections
47:50ne donnent pas satisfaction
47:52d'une certaine façon
47:53à son camp
47:54ou à un tout autre camp
47:55que celui
47:56on le comprend très bien
47:57du rassemblement national
47:59et troisième point
47:59en effet
48:00il s'attaque
48:01à une journaliste
48:02donc c'est lui
48:03qui décide
48:04finalement
48:04in fine
48:05qui est légitime
48:07ou pas
48:07pour s'exprimer
48:09ou pour exercer le pouvoir
48:11ce sont des logiques
48:12qui sont
48:13qu'on le veuille ou non
48:14d'essence totalitaire
48:16à partir du moment
48:16où vous ne reconnaissez pas
48:18à un moment donné
48:19un concurrent
48:20ou que vous ne reconnaissez pas
48:21le résultat des urnes
48:22ou que vous considérez
48:24qu'un journaliste
48:25finalement n'est pas légitime
48:27pour pouvoir
48:28poser un certain nombre
48:29de questions
48:30vous êtes dans une logique
48:32de négation
48:33de tout ce qui fait
48:35la démocratie
48:36et ça va être très intéressant
48:37d'avoir
48:38le regard
48:39de Manuel Bompard
48:40après ces déclarations-là
48:42et moi je suis toujours surpris
48:45de voir l'indifférence
48:46ou la complaisance
48:47ou la trouille
48:48du monde médiatique
48:49et du monde politique
48:50après ces déclarations
48:52de M. Bali Bagayoko
48:55je vais vous remercier
48:57tous les trois
48:57Mathieu Hoc
48:57Arnaud Benetti
48:58Juliette Sadat
48:59dans quelques instants
49:00Manuel Bompard donc
49:01et puis si vous n'avez pas
49:03entendu le témoignage
49:05de Karine et de Laurence
49:06qui se battent
49:08pour que justice soit rendue
49:09parce que Karine a été
49:11victime d'abus sexuels
49:12par un pédocriminel
49:14récidiviste
49:15quand elle était enfant
49:16elle se bat
49:17avec ce projet de loi
49:19modifier la loi
49:20sur la confusion
49:20des peines en urgence
49:21revoyez notre émission
49:23en replay
49:24pour écouter
49:25leurs témoignages
49:26qui méritent
49:27d'être entendus
49:29il est 9h53
49:30dans un instant
49:31c'est le grand rendez-vous
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