- il y a 6 semaines
François Cusset, historien des idées, professeur d’études américaines à l’université de Nanterre, auteur de « La Décennie » (La Découverte). Thomas Croisière, humoriste, son nouveau spectacle « La comédie contre-attaque » en tournée à partir de septembre. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-jeudi-07-mai-2026-9331162
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00:00C'est l'heure du débat du jour. Je vous préviens, j'ai un petit peu piraté l'indicatif.
00:04C'est parti !
00:20Oh que c'est malhonnête de ma part ! Je vais me faire donc taper sur les doigts par Bruno
00:25Carpentier, directeur des antennes.
00:27Voici l'indicatif de Champs-Elysées.
00:30C'est magnifique !
00:30C'était les samedis soirs de mon enfance.
00:33C'était Michel Drucker sur Antenne 2.
00:35Journée spéciale sur France Inter et cette question que je pose très sincèrement car je n'ai pas la réponse.
00:41Faut-il adorer ou faut-il détester les années 80, cette décennie pleine de Michel Sardou et de Michael Jackson
00:49?
00:49Décennie culte ou décennie poubelle ?
00:52Les années 80, le meilleur ou alors le pire ?
00:57La grande matinale, Sonia de Villers.
01:00Et qui va s'y coller aux années 80 ?
01:03Je vous présente mes invités.
01:04François Cusset, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06J'ai invité quelqu'un d'extrêmement sérieux pour en parler.
01:09Vous êtes historien des idées, vous êtes professeur d'études américaines à l'université de Nanterre.
01:13Vous êtes auteur de cet ouvrage qui s'intitule « La décennie » paru en 2008 aux éditions La Découverte
01:19et sous-titré « Ça ne s'invente pas », « Le grand cauchemar des années 80 ».
01:24Exactement.
01:25Exactement.
01:26Face à vous, Thomas Croisière.
01:27Bonjour camarade.
01:29Bonjour Sonia.
01:29Qui est donc venu, si vous le regardez en vidéo, avec un bandeau typique de chez Véronique et Davina.
01:36Véronique et Davina ou Marc Knopfler pour les musiciens.
01:38Voilà.
01:39Il est donc rose fluo.
01:40Il l'a autour de la tête.
01:41Thomas, vous êtes un numériste, c'est-à-dire non pas un humoriste, mais un passeur de pop culture.
01:47Et donc, votre nouveau spectacle s'appelle « La comédie contre attaque ».
01:50Ça se jouera à la rentrée au Lucernaire à Paris et dans toute la France en octobre à Nantes, à
01:54Toulouse, à Lille.
01:55Il y a plein d'infos à trouver.
01:57Alors, on y va, les années 80.
01:59Pourquoi est-ce que vous y êtes accroché, mon cher Thomas ?
02:03Pourquoi vous y êtes même attaché ?
02:06Déjà, vous avez prononcé le nom d'un totem d'immunité me concernant qui s'appelle Michel Sardou.
02:10Mais on ne va pas revenir sur cette relation que j'entretiens avec le plus grand chanteur vivant français.
02:16Non, mais c'est surtout que moi, je fais partie de la génération Giscard.
02:20Donc, j'ai grandi dans les années 80.
02:22Donc, les années 80, ils ont pour moi la saveur de ce petit bonbon sous coupe volante.
02:26Je ne sais pas si vous vous souvenez.
02:27Vous savez qu'il y avait de la petite poudre qui pique.
02:29C'est-à-dire, c'est à la fois tellement mauvais, mais c'est tellement bon.
02:33Et d'ailleurs, avec le succès du film « Juste une illusion », c'est ce qu'on constate aujourd
02:36'hui.
02:36C'est que tout le monde reprend plaisir à se retrouver immergé dans ces années du minitel, de la variété,
02:43du funk.
02:43Mais dans votre spectacle qui s'intitule « Les voyages en comédie », vous disiez que les années 80 sont
02:46plus fortes que moi.
02:48Pourquoi c'est extraordinairement puissant, ces années 80 ?
02:52Parce que c'était quelque chose qu'on partageait tous.
02:54C'est aussi les années des enfants de la télé.
02:57C'est-à-dire qu'on avait tous les mêmes codes.
02:59Aujourd'hui, on est divisé sur plein d'écrans.
03:01Et ce spectacle, en fait, est à la fois dans la transmission et dans le partage.
03:05C'est-à-dire, on se souvient tous très bien, vous avez mis la musique de Champs-Elysées.
03:08Pour qui a grandi dans les années 80, c'est un réflexe immédiat.
03:11On voit ces voitures qui arrivent devant le pavillon Gabriel, les gens qui descendent, les vedettes.
03:15Et tiens, on va aller voir Madonna qui va nous faire sa chanson.
03:18Surtout, on se revoit dans le salon.
03:20On se revoit dans le salon.
03:20Dans le salon, en train de regarder.
03:22Et pareil, quand on regardait la télé des Inconnus, le lendemain matin à l'école, on se disait
03:27« Salut, tu vas bien ? »
03:29On avait tous ces codes-là.
03:30C'est ce qui nous réunit.
03:31Et d'ailleurs, dans ce spectacle, je célèbre ce rire ensemble.
03:34Parce qu'aujourd'hui, le rire, il est segmenté.
03:36C'est-à-dire qu'on consomme des choses sur TikTok, certains sur Insta, certains sur Facebook,
03:41certains à la télé, certains à la radio.
03:42Et on ne se retrouve plus.
03:43Sauf parfois sur des événements sportifs.
03:45C'est le cas hier soir avec le match du PSG.
03:47Mais ces moments de réunion n'existent plus.
03:50Je suis nostalgique de ça.
03:51François Cussel, la nostalgie, selon vous, elle est cyclique.
03:55Elle est cyclique, comment dire, à intervalles relativement prévisibles.
04:00Oui, surtout d'abord, la nostalgie, c'est une industrie.
04:02Ça marche très très bien.
04:03Ça fait vendre tant de produits.
04:04Ça fait sortir des séries.
04:05Ça a toujours été une industrie, la nostalgie ?
04:07Non, c'est justement l'industrie du divertissement.
04:10Celle dont on vous dit très justement, Thomas, que c'est dans les années 80 qu'elle a explosé.
04:14Effectivement, en France comme ailleurs.
04:15Donc à partir de là, c'était un des produits.
04:17Mais il faut préciser que ce qui marche bien, c'est la nostalgie à deux générations,
04:20à peu près.
04:21Finalement, c'est pourquoi les enfants de ma génération, moi j'étais ado dans
04:25les années 80, maintenant j'éduque des enfants ou des grands ados qui écoutent la musique
04:29des années 80.
04:30Donc il faut deux générations pour engendrer de la nostalgie.
04:35Moi, je pense que la nostalgie, c'est cette formule, c'est la nostalgie de ce qu'on
04:37n'a pas vécu.
04:38Parce que ce qu'on a vécu, en fait, on connaît la réalité, donc on est un petit peu plus
04:41dur.
04:42Ce qu'on n'a pas vécu ou à peine vécu ou qu'on peut fantasmer, on peut avoir une
04:57nostalgie.
04:57Seuls 3% des Français déclarent avoir envie du futur, quand 30% choisiraient de vivre
05:02dans le présent et les deux tiers dans le passé récent, avec une préférence pour
05:06les années 80, y compris ceux qui ne l'ont pas vécu.
05:09C'est exactement ce que vous dites, François Cussel.
05:11Oui, parce qu'on en présente une version totalement fausse.
05:15C'est-à-dire qu'effectivement, on réduit ça à quelques shows de télé, à des trucs
05:18d'humour, à des choses d'ailleurs pas très woke à l'époque, parce que c'était
05:20blague raciste et blague sexiste à tous les coins de rue.
05:23Mais effectivement, il y a eu cette explosion, cet esprit-là.
05:25Et en fait, derrière cet esprit-là, moi, mon bouquin est là-dessus.
05:27C'est un tournant politique et idéologique qui consiste à dire, vous vouliez changer
05:31le monde, vous vouliez protester, contester, inventer un monde meilleur.
05:34Maintenant, faites du fric et devenez quelqu'un.
05:36Voilà l'idéologie.
05:37Alors, les années fric, les années fric, Thomas Croisière.
05:39Oui, mais surtout ce qui est marrant sur cette nostalgie des années 80, c'est
05:42qu'à l'époque, on était nostalgique des années 50-60.
05:45Il y a un grand succès de l'époque qui s'appelle « Retour vers le futur », justement
05:48cette envie de ne pas vivre le futur, mais plutôt de retourner vers son passé.
05:51Donc l'histoire d'un gamin des années 80 qui se propulse dans la jeunesse de ses
05:55parents dans les années 60.
05:57Et donc, on avait cette nostalgie-là.
05:58À l'époque, comme dans les années 70, on a le film American Graffiti de George
06:02Lucas qui projette dans les années 50.
06:04Donc chaque génération a sa nostalgie.
06:05Et là, ce dont on se rend compte avec les années 80, et je le sais d'expérience,
06:09lundi soir, j'ai animé un karaoké.
06:11On ne demande quasiment plus de titre des années 80.
06:14On est passé aux années 90.
06:16On glisse, dangereusement.
06:18Attention, on glisse, Thomas.
06:21François Cusset, ces années 80, il faut les replacer dans leur contexte.
06:25Et c'est là, évidemment, que se nourrit votre critique de cette décennie.
06:30Un contexte politique et un contexte économique.
06:32Oui, c'est les années du libéralisme et de l'ultralibéralisme.
06:35En fait, le tournant, il n'est pas français, il est absolument mondial.
06:39Il est absolument américain.
06:41Américain, anglais, mais mondial.
06:42Parce qu'on passe d'une séquence qui est une séquence de progrès,
06:44qui est celle des 30 ans suivants de la Deuxième Guerre mondiale,
06:46où on décolonise le monde, où la jeunesse devient un acteur politique,
06:50où le capitalisme est assez modéré, si on se souvient.
06:52Il y a l'État, etc.
06:53à une période de dérégulation, de privatisation, d'individualisme forcené,
06:57la mondialisation financière, ce truc-là.
06:59Et en France, la bizarre idée, si vous voulez,
07:01c'est qu'aux États-Unis, ça prend la forme de Ronald Reagan,
07:04en Angleterre de Margaret Thatcher,
07:05dans les pays communistes, la fin du communisme.
07:07Et en France, c'est François Mitterrand ?
07:09C'est la spécificité française.
07:11C'est que pour faire passer la pilule de l'entreprise,
07:13du succès, de l'individualisme et de l'égoïsme,
07:15il fallait sans doute un président dit de gauche,
07:17puisque en 1981, il l'est.
07:19En 1988, quand il se représente, il ne l'est plus du tout.
07:21D'ailleurs, il propose la République du centre.
07:23Vous savez, le centre en politique, vous voyez,
07:25dépasser les polarités, ça ne pouvait pas penser à quelqu'un ?
07:27Mais d'ailleurs, vous avez une théorie, François Crusset,
07:30c'est-à-dire, vous, vous dites,
07:31vous dites, Emmanuel Macron est un enfant des années 80.
07:35Oui, son idée de République, son idée du centre,
07:37ça veut dire ni de gauche, ni de gauche.
07:39C'est la définition du centre en politique.
07:41Thomas Croisière.
07:42Et c'est aussi une décision économique que vous adressez dans votre livre.
07:45Vous dites que le virage de la France
07:47et justement de cette chute des années 80,
07:49c'est le refus de sortir du système monétaire européen,
07:52en fait, en 1983.
07:53En fait, c'est le choix, ce qu'on appelle le choix de l'Europe,
07:55c'est-à-dire, en fait, le choix quand même d'une politique néolibérale,
07:57de construction de l'espace économique unifié de la décennie suivante,
08:01contre les promesses plus sociales de relance,
08:04effectivement, qui était celle de Mitterrand.
08:05Alors, là où François nous parle de libéralisme,
08:08vous, vous parlez de liberté, Thomas Croisière,
08:10c'est-à-dire d'un énorme vent de liberté
08:12qui traverse quand même la musique, le théâtre, le cinéma,
08:16quelque chose qui se libère.
08:18Et de création.
08:18Et de création.
08:19Et puis surtout, on assume le fluo,
08:21qui est quand même un événement majeur,
08:23mais aussi le brushing,
08:25aussi les épaules larges.
08:26Je veux dire, ce qui est formidable avec ces années 80.
08:28Et les épaules larges que vont porter les femmes.
08:30Et c'est pas rien comme symbole.
08:32Et c'est pas rien comme symbole.
08:34Et surtout, c'est ça aussi pour ça qu'on le retrouve aussi
08:35beaucoup dans de codes de nostalgie aujourd'hui.
08:37Vous avez évoqué Justine Illusion,
08:39mais il n'y a pas si longtemps que ça,
08:41Police Flash 80.
08:42Le film avec François Damiens.
08:44Avec François Damiens, etc.
08:45C'est que c'est un code très caricatural.
08:48C'est-à-dire qu'il y a des codes identitaires très forts.
08:50C'est-à-dire qu'on voit tout de suite
08:51ce qu'est un brushing des années 80.
08:53Il vous suffit de fermer les yeux,
08:54vous voyez à quoi ça ressemble.
08:55Et c'est vrai qu'on les retrouve plus.
08:56Sincèrement, Thomas, c'est hideux, non ?
08:58La coupe mulet, le brochet des années 80.
09:00Vous, vous trouvez ça magnifique ?
09:01Pendant le confinement, je me suis fait un mulet.
09:03C'est sans doute ma plus belle période de sexiness.
09:05Parce que personne n'allait vous voir.
09:06Vous voyez, cette ironie-là,
09:08elle est très années 80.
09:08C'est moche, donc c'est beau.
09:10François Cusset, vous vous parlez de populisme culturel.
09:13Qu'est-ce que c'est que le populisme culturel ?
09:15Comme il y a l'explosion de l'industrie culturelle,
09:17d'ailleurs au même moment en France,
09:18on a Jacqueline.
09:18Thomas Croisière nous dit pourquoi il aime tant balavoine.
09:20On a le ministère de la culture
09:22qui va faire la fête de la musique,
09:23toutes ces fêtes-là.
09:24L'idée, c'est qu'on va tous se retrouver
09:26dans cette espèce de grande fiesta de la culture,
09:29de l'offre culturelle,
09:30qui sera une façon d'oublier la rigueur des temps,
09:33la crise, le chômage, le sida.
09:35Enfin, vous voyez,
09:36toutes ces tragédies des années 80.
09:37Dans la période précédente, la culture...
09:39En quoi c'est du populisme ?
09:40Parce que dans la période précédente,
09:41la culture, c'était une manière
09:42d'inventer de nouvelles façons de vivre,
09:44d'explorer les formes, les sensations, les perçées.
09:47C'était un truc hyper ambitieux
09:48qui évidemment n'a pas réussi,
09:50qui était utopique.
09:51Mais ensuite, ça devient vraiment
09:52une musique d'ascenseur.
09:53C'est-à-dire qu'on va se marrer
09:54pour ne pas penser aux douleurs
09:56du présent et de notre semaine
09:58et de cette décennie terrible.
10:00Donc ça, déjà,
10:01il y a un consensus autour de ça.
10:03Et puis, il y a une industrie qui explose.
10:05Alors que vous, Thomas Croisière,
10:06vous dites Balavoine, Goldman,
10:09le Splendide,
10:09ce n'est pas du populisme culturel.
10:11Au contraire, c'est de la création populaire.
10:15Bien sûr, c'est populaire et pas populiste.
10:16Et c'est un changement de génération pour le coup.
10:18Les années Giscard, c'est les Charlots.
10:19Les années 80, c'est le Splendide.
10:22Et qui, justement, n'est pas nécessairement populiste
10:25puisqu'il se moque des travers de chacun.
10:26Il suffit de regarder Le Père Noël est une ordure
10:28pour voir à quel point tous ces personnages
10:30sont absolument odieux
10:32et nous ressemblent terriblement.
10:34Donc, en revanche,
10:35c'est vrai qu'il y a le développement d'un business.
10:36Ça, c'est sûr.
10:37C'est les télévisions privées.
10:38Oui, c'est la télévision privée.
10:40C'est les radios privées également.
10:43Donc, effectivement,
10:43qui fonctionnent par la pub,
10:45par plein de choses.
10:46Et donc, effectivement,
10:47le business rentre là-dedans.
10:48Mais comme il y a des vraies choses
10:49qui sont sorties de là,
10:50le charity business,
10:51que vous dénoncez aussi,
10:52mais qui est quand même très important.
10:53C'est les restos du cœur.
10:54C'est l'Ethiopie.
10:56C'est We Are The World.
10:57C'est vrai, c'est We Are The World.
10:58C'est Band-Aid.
10:59C'est ça,
11:00qui devient un hymne planétaire.
11:02Planétaire.
11:02Mais il n'y a pas que du populisme culturel.
11:04Attention,
11:05c'est aussi un esprit contre-culturel
11:07puisque c'est une manière, en fait,
11:08de résister à cette espèce de fatalisme,
11:10à ces temps terribles,
11:11en se marrant,
11:12et en se marrant parfois
11:13avec un vrai esprit critique.
11:14Enfin, il y a eu des trucs...
11:15Moi, ce que j'appelle populisme,
11:16c'est leur récupération
11:18en produits et en marchandises.
11:19Mais il va de soi que,
11:20voilà,
11:20les gens du Splendide
11:21montent leur spectacle au départ,
11:22ce n'est pas encore un produit.
11:23En fait,
11:23si vous êtes devenu un contempteur
11:24des années 80,
11:25c'est que vous êtes un vrai nostalgique
11:27des années 70,
11:28François Créer.
11:29Non, mais c'est ça l'histoire.
11:30Précisément,
11:31parce que je ne les ai pas vécu
11:31et que ce qu'on n'a pas vécu,
11:32on peut le fantasmer
11:34en oubliant les mauvais aspects.
11:35C'est-à-dire que vous fantasmez
11:37la dernière décennie
11:38de la grande utopie politique.
11:40En réalité,
11:41les années 80,
11:42c'est la chute du mur de Berlin,
11:43c'est la fin de la guerre froide,
11:45c'est la fin des grands récits politiques.
11:46C'est ça qui va vous manquer ?
11:47Oui, alors attention,
11:48l'utopie,
11:48ce n'était pas l'Union soviétique,
11:49évidemment,
11:49mais il va de soi
11:50que la période précédente
11:51que je n'ai pas connue,
11:52je peux la fantasmer.
11:53J'en connais les limites,
11:53je sais que c'était hyper rhétorique,
11:55il y avait des gauchistes
11:55complètement bavards
11:56et beaucoup de choses idiotes.
11:58Et puis une hygiène temporelle
11:59qu'il essaie à désirer
12:00en années 70.
12:01Vous avez vu que Michel Denizot
12:04arrive à Cannes
12:05avec un film sur Coluche.
12:06Bien sûr.
12:07Voilà, donc on n'est qu'au début.
12:10Là, vous dites,
12:10on glisse vers les années 90,
12:11mais quand même les années 80...
12:13En même temps,
12:14Michel Denizot a raison
12:15d'entretenir la mémoire
12:16de son ami,
12:16qui est quand même parti
12:17il y a plus de 40 ans,
12:18mais il y a un marqueur fort,
12:20c'est que la tournée
12:20des années 80 s'arrête.
12:22La tournée génération 80,
12:25qui a donné lieu d'ailleurs
12:26à deux films de long métrage,
12:28s'arrête et ça va être maintenant
12:29les années 90-2000.
12:30Parce qu'effectivement,
12:31les années 80,
12:32on est là pour en parler aujourd'hui,
12:33c'est il y a plus de 45 ans.
12:35La Boum,
12:36qui est le film pour moi
12:37marqueur des années 80,
12:38d'ailleurs dont s'inspire
12:39juste une illusion évidemment,
12:41c'est il y a 46 ans.
12:43Et là, chez vous,
12:44vous venez de prendre
12:44un énorme coup de pelle.
12:46Énorme, énorme coup de pelle.
12:47Est-ce qu'on dit un dernier mot
12:48sur Michel Sardou ?
12:49Michel Sardou,
12:50ben oui,
12:50c'est lui qui dans les années 80
12:52participe à la libération de la femme
12:53avec sa chanson
12:54« Être une femme ».
12:55Je vous rappelle,
12:56il voyait à l'époque
12:57une femme avocate,
12:58pilote de long courrier,
12:59présidente de la République
12:59et tout cela n'est pas
13:01toujours arrivé.
13:01Vous voulez qu'on fasse
13:02la liste des paroles
13:04ultra sexistes
13:06qui traversent les chansons
13:08de Michel Sardou ?
13:09Je sais que tout ça fait polémique,
13:11mais en tout cas,
13:12maintenant,
13:12vous connaissez mon point de vue.
13:14François Ecusset,
13:14conclusion,
13:15vous aimez Michel Sardou,
13:16vous ?
13:17Je ne suis pas fanat,
13:18il dit « arrêtez de me déconstruire,
13:19je ne veux pas être
13:20un homme déconstruit ».
13:21Ben justement,
13:21Thomas en face de moi
13:22avec son bandeau rose
13:23est un homme déconstruit,
13:24donc c'est sa limite
13:25dans sa passion.
13:26Je suis l'homme de la passerelle.
13:27Voilà.
13:28Merci Thomas Croisière
13:29d'être revenu faire un tour
13:30sur France Inter.
13:31Tout le monde va se rouler
13:32voir votre spectacle,
13:33évidemment,
13:34à la rentrée.
13:34Je vous y attends.
13:35Merci François Ecusset
13:36d'être venu débattre
13:37des années 80.
13:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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