00:00On parle de l'ouverture à Wall Street et on est assez maussade aussi.
00:05Moins 0,47% pour le S&P 500, c'est surtout le Nasdaq qui tangue, à moins 1,12.
00:11Et plus 0,36% pour le Dow Jones, les valeurs industrielles qui reprennent un petit peu l'ascendant,
00:16la volatilité qui continue de monter du côté des 19 points sur l'indice VIX.
00:20John Plassard, cité gestion, bonjour John.
00:23Bonjour Antoine.
00:24Et puis alors, on a sonné l'alarme partout, attention le SOX, l'indice de la bourse de Philadelphie,
00:33j'insiste, il est coté à la bourse de Philadelphie, cet indice spécialisé dans les semi-conducteurs,
00:38met fin à une série de 18 hausses consécutives.
00:42Alors forcément là, les analystes sont consternés, etc.
00:46Bon, est-ce que c'est grave docteur, ou est-ce que, bon, on peut parler de saine consolidation,
00:51comme on dit sur les marchés ?
00:52Oui, j'irais plutôt sur la saine consolidation, mais d'abord, il faut rappeler que les 18 séances de hausse,
00:58évidemment, c'est un record historique.
00:59On n'avait jamais eu ça, un momentum, évidemment, qui est tiré par l'intelligence artificielle,
01:05par l'enthousiasme autour de tout ce qui se passe, comme des valeurs comme Nvidia, Broadcom et AMD, bien évidemment.
01:12Mais après une telle progression, vous l'avez dit Antoine, il faut prendre des profits,
01:17on commence à regarder les valorisations et on devient un tout petit peu plus nerveux.
01:22Pourquoi ? Parce que, eh bien, cette semaine, et vous en avez parlé hier,
01:27eh bien demain soir, on a notamment la publication de plusieurs sociétés,
01:31les grandes capitalisations et Apple, jeudi soir,
01:35qui fait qu'il y a un sentiment du fait qu'il faut prendre quelques profits.
01:41Alors, évidemment, la fin de cette série ne signifie pas nécessairement un retournement de tendance,
01:49mais, selon moi, vraiment une prise de profit en attendant d'avoir et de voir un peu plus clair,
01:56parce qu'il y a quand même pas mal d'interrogations, notamment sur le niveau monétaire aussi,
02:00puis évidemment géopolitique.
02:02Évidemment, bien sûr.
02:03Le mois de mai arrive,
02:05« Selling men go away », est-ce que le dicton se vérifie ?
02:10Qu'est-ce que disent les statistiques, là, en ce moment ?
02:14Écoutez, normalement, effectivement, on dit qu'il faut vendre en mai et puis racheter en octobre.
02:20Alors, il y a une raison, il y a des raisons historiques.
02:23Normalement, on dit qu'il y a un peu moins d'investissements qui sont faits après le mois de mai,
02:29il y a des volumes qui sont plus faibles en été, il y a des prises de profit, on en
02:33parlait,
02:34et puis aussi le fait qu'on voit que les rendements entre mai et octobre, selon les statistiques,
02:40sont plus faibles qu'entre octobre et avril.
02:44Mais, mais, mais, il y a un grand mais, c'est le cas de le dire.
02:48Eh bien, si on regarde ces dix dernières années,
02:51eh bien, la moyenne du S&P 500 entre le mois de mai et le mois d'octobre, c'est
02:57d'environ 7 %.
02:58Et on a eu neuf années positives sur dix.
03:03Et je ne vous le refais pas, Antoine, la seule année qui était négative,
03:07c'était bien évidemment 2022, où tout était négatif.
03:11Alors, évidemment, on est dans des situations où on a même des années excessives
03:16durant mai et octobre, où on a eu, par exemple, en 2024,
03:21on a eu plus 13 % durant cette période, plus 23 % en 2025 durant cette période.
03:28Donc, ça illustre évidemment que cet adage boursier, eh bien, n'est pas réellement investissable.
03:35Mais, cette année, et je suis obligé de le dire, Antoine,
03:38avec toutes les incertitudes dont on vient de parler,
03:42avec la géopolitique, la politique monétaire,
03:45les résultats des entreprises et potentiellement les prises de profits,
03:48eh bien, potentiellement, le début du mois de mai pourrait être un peu grisemine.
03:52Bon, on va vérifier ça.
03:55En attendant de parler du gros sujet du jour aussi,
03:57parce qu'on est en pleine semaine de Banque Centrale,
03:59il y a la fête demain soir, il y a quand même deux résultats là qu'on retient.
04:03Alors, deux bonnes vieilles valeurs traditionnelles américaines qui donnent le ton.
04:07On a Coca-Cola et on a General Motors.
04:11Mon Dieu, General Motors, non seulement vend toujours des voitures,
04:14à savoir, on a un acteur de l'automobile qui dégage des profits,
04:18alors très sensiblement supérieurs aux attentes,
04:22ce qui, dans le contexte, paraît presque un petit peu inconséquent.
04:26Alors, est-ce qu'il y a un trick, est-ce qu'il y a une petite astuce dans ces
04:30chiffres ?
04:30Est-ce que les perspectives sont toujours aussi maussades ?
04:33Que nous dit General Motors ?
04:35Alors, vous l'avez dit, les ventes en hausse et les bénéfices ajustés sont nettement en hausse.
04:41Donc ça, ça veut dire que c'est assez sain, entre guillemets,
04:44surtout pour un secteur comme le secteur automobile.
04:46Mais, lorsqu'on regarde et lorsqu'on gratte un peu ces chiffres,
04:50vous avez General Motors qui remonte ses perspectives annuelles de 500 millions de dollars.
04:55Alors, la raison, c'est quoi ?
04:57C'est la fameuse, et plus personne n'en parle,
05:00décision en février dernier de la Cour suprême
05:03d'annuler les droits de douane imposés par le président Trump.
05:08On s'en souvient.
05:08Mais, on a quand même une dynamique opérationnelle qui est solide,
05:14malgré un environnement macroéconomique qui est tendu.
05:17Et ce qui est encore plus intéressant, c'est que, malgré le prix du baril,
05:21vous savez, le gallon a dépassé en moyenne les 4 dollars aux États-Unis,
05:25eh bien, on voit que ce sont les véhicules, les SUV et les pick-up
05:30qui ont le plus de marge, eh bien, dont les ventes explosent littéralement.
05:34Donc, les Américains, malgré un prix du baril, malgré un prix de l'essence qui est tellement élevé,
05:40ils continuent d'acheter des grosses voitures avec des grosses marges,
05:43et évidemment, ça bénéficie à General Motors.
05:46Oui, ça, effectivement, ça paraît étonnant,
05:49mais c'est un indicateur assez parlant sur l'état d'esprit du consommateur américain.
05:53Les résultats de Coca, vous avez eu le temps de regarder un petit peu ?
05:58Oui, le message est aussi intéressant.
06:02Bon, il est complètement différent de General Motors, évidemment.
06:05Croissance organique de 10 %, ça dépasse les attentes.
06:08Et ça nous prouve qu'ils ont un fameux pouvoir de fixation des prix.
06:14Vous savez, le pricing power, on en parlait beaucoup durant la crise du Covid,
06:18et pourtant, on est dans un environnement inflationniste.
06:21Et qu'est-ce qu'ils ont fait, Coca ?
06:23Ils ont monté leur prix et ils ont baissé la taille de leur canette.
06:28Et ça a marché aux États-Unis, en tout cas.
06:31Donc, c'est assez intéressant de regarder qu'il y a toujours des gens qui veulent purement du Coca et
06:37pas d'eau de soda.
06:38Et puis, effectivement, ça paraît bizarre, je peux vous dire, Antoine,
06:42mais Coca-Cola se dirige et a opté pour un virage un tout petit peu plus sain,
06:49qui commence à payer leurs appareils bizarres pour Coca-Cola,
06:52mais ils ont des gammes qui sont sans sucre, allégées,
06:56qui continuent à attirer de l'attraction des consommateurs.
07:03Et puis, finalement, dernière chose, il faut surveiller le nouveau patron qui arrive,
07:06Eric Brown, à la tête du groupe, en remplacement de James Kinsey.
07:11Et ce nouveau dirigeant va passer dans une nouvelle phase stratégique
07:18et notamment maîtriser le système d'embouteillage et la distribution,
07:22ce qui est vraiment le nerf de la guerre pour ce type d'acteur.
07:25Et puis, on retient que c'est un acteur assez actif de la fameuse shrinkflation,
07:30c'est-à-dire qu'on ne change pas les prix, mais on réduit un petit peu la quantité qu
07:33'il y a dans les canettes.
07:34Et même, on les monte.
07:35Et voilà, on les monte.
07:36Donc, là, c'est la double shrinkflation.
07:39Donc, la Fed, rendue de décision demain soir, les gouverneurs ont commencé à se réunir aujourd'hui.
07:44Bon, qu'est-ce qu'il faut attendre ?
07:46C'est vrai qu'on spécule un petit peu.
07:50On avait aussi la Banque du Japon ce matin qui nous donnait quelques indications par rapport à ça.
07:55Est-ce qu'on peut en déduire éventuellement l'état d'esprit des gouverneurs de la Fed en ce moment
07:59?
07:59Oui, clairement.
08:01La Banque du Japon, elle a été plus faucon, plus au quiche qu'attendu.
08:06Normalement, évidemment, c'est un animal à part, je dirais, le Japon.
08:10Et là, ils ont décidé de faire le statu quo, donc ne pas bouger les taux.
08:14Mais vous avez plusieurs membres qui auraient voulu qu'on monte déjà les taux.
08:20Donc, on va être potentiellement dans cette situation.
08:22Alors, évidemment, il ne va rien se passer demain au niveau des taux.
08:25Mais rappelons-le, ce sera théoriquement la dernière séance pour Jérôme Powell
08:32qui va passer normalement toujours le flambeau à Kevin Walsh.
08:37Et donc, ici, potentiellement, vous avez des acteurs aux États-Unis
08:41qui disent qu'il pourrait être un peu plus libéré, libéré dans sa parole
08:46et potentiellement dans ses commentaires qu'il pourrait apporter sur la crise au Moyen-Orient.
08:53Pourquoi pas sur le président ?
08:55Il ne le dira pas, évidemment, directement.
08:58Mais surtout sur l'inflation et puis la croissance.
09:01Je rappelle quand même qu'on attend les chiffres de la croissance ce jeudi
09:05et qu'aux États-Unis pour le premier trimestre,
09:07et que ces chiffres devront être aux abords de 2%.
09:10Donc, on va voir si ces attentes, si le consensus est bien positionné
09:14et potentiellement voir un Jérôme Powell libéré, délivré.
09:21Vous ne l'avez pas chanté, celle-là, John. Je suis étonné.
09:25Je n'ai pas osé.
09:26Non, mais ce n'est pas grave.
09:28Attendez.
09:30Détroit d'Hormuz, évidemment, on en parle matin, midi et soir.
09:33Détroit de Babel-Mandeb aussi, ça va un petit peu ensemble.
09:37C'est le Détroit sur la même rouge en face de Djibouti.
09:41Détroit de Malacca.
09:43Voilà un nouveau sujet qui pourrait crisper un petit peu tout le monde
09:46du côté, cette fois, de l'Asie.
09:48Qu'est-ce qui se passe, John, du côté du Détroit de Malacca ?
09:52Alors, il faut rappeler le Détroit de Malacca,
09:54c'est situé en Asie du Sud-Est
09:56et c'est une artère majeure et vitale pour l'économie mondiale.
10:01Pourquoi ?
10:02Parce que ce Détroit dont personne ne parle,
10:05vous venez de le dire, Antoine,
10:06concentre plus de 20% du commerce maritime mondial
10:11et voit passer plus de 100 000 navires par année.
10:15C'est aussi un enjeu énergétique majeur
10:18puisque vous avez 23 millions de barils de pétrole par jour
10:22qui transitent pour les économies asiatiques,
10:25donc évidemment la Chine, le Japon, la Corée, etc.
10:29Et évidemment, lorsque vous êtes dépendant d'un Détroit comme celui-là,
10:33eh bien, on fait attention.
10:34On fait attention à quoi ?
10:35À la piraterie, on fait attention.
10:37Le fait qu'il soit extrêmement étroit, 2,7 km, ça paraît grand,
10:40mais c'est très petit pour un Détroit.
10:43Et puis, on peut avoir, à cause d'un accident,
10:46eh bien, ce Détroit qui est perturbé.
10:48Donc, faire attention parce que tout le monde,
10:50vous l'avez dit, parle du Détroit d'Hormuz,
10:52mais potentiellement, le Détroit de Malacca,
10:54il faut retenir ce nom,
10:56pourrait devenir, on ne l'espère pas,
10:58mais pourrait devenir un risque stratégique majeur,
11:02notamment pour la Chine,
11:04qui dépend tellement des exportations d'énergie.
11:06Effectivement, et c'est vrai que le Détroit de Malacca
11:08est d'un rare endroit particulièrement dangereux
11:11du côté de la piraterie.
11:12Et on se souvient, même au siècle dernier,
11:15que beaucoup de navires se faisaient rançonner à cet endroit-là.
11:19Selon le Wall Street Journal,
11:21OpenAI n'atteint pas ses objectifs
11:23en matière de chiffre d'affaires et d'utilisateurs.
11:26On entend énormément de choses autour d'OpenAI en ce moment.
11:30Là, je regardais sur CNBC avant de descendre pour l'émission,
11:33c'était « crackles widen ».
11:36En gros, il y a des failles dans le modèle économique
11:39qui commencent à vraiment devenir gênantes.
11:42Ça devient un peu embêtant,
11:44alors que l'entrée en bourse quand même se prépare.
11:47Est-ce qu'il y a des inquiétudes de fond
11:49du côté des investisseurs américains
11:51autour d'OpenAI ?
11:53Alors, la réponse,
11:55je n'ose pas le dire à haute voix,
11:57mais la réponse est oui.
11:59On rappelle quand même qu'ils ont fait un tour de table
12:01pour plus de 120 milliards de dollars.
12:03On rappelle quand même qu'OpenAI a fait des promesses
12:07d'investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars.
12:12Et effectivement,
12:13alors c'est le Wall Street journal qui le relève,
12:17mais OpenAI n'aurait pas atteint ses cibles internes
12:20en matière de chiffre d'affaires et d'utilisateurs,
12:22notamment le fameux objectif dont on avait parlé ensemble,
12:25qui était extrêmement ambitieux,
12:27d'avoir un milliard d'utilisateurs actifs hebdomadaires
12:31pour le fameux ChatGPT.
12:33Et puis, en face de ça, qu'est-ce qu'on a ?
12:36On a des acteurs comme Anthropic,
12:37Cloud, on a des acteurs comme Google,
12:40Gemini, et on a DeepSeek.
12:42Alors, DeepSeek, vous allez me dire,
12:44c'est un vieux modèle.
12:44Mais non, DeepSeek,
12:46ils viennent de lancer un nouveau modèle
12:47qui est absolument performant
12:50et dont le prix pour ceux qui prennent la version payante
12:54est totalement en dessous de tous les autres modèles.
12:58Donc, on voit qu'il y a même une guerre des prix
13:01dans cette intelligence générative.
13:04Et effectivement, avec près de 1 500 dollars
13:08d'engagement potentiel en infrastructures
13:10sur les data centers, sur les GPU, etc.,
13:14des acteurs de la tech,
13:16la question centrale devient celle
13:19et la capacité de générer de l'argent,
13:23d'avoir un investissement,
13:25mais surtout le retour sur investissement.
13:27Et effectivement, le marché n'aime pas tellement,
13:30et c'est peut-être aussi une des raisons pour laquelle
13:32le secteur des semi-conducteurs souffre aujourd'hui en bourse aux États-Unis.
13:37Oui, effectivement, mais même en Europe,
13:40on a Soitec, d'ailleurs, qui signe la plus forte baisse du SBF 120.
13:46Notamment, un petit mot des titres dont on a parlé avec vous, John,
13:48pour ce point sur l'ouverture de Wall Street.
13:50Coca-Cola, qui est très bien accueilli après ses résultats,
13:52le titre gagne 5,9%.
13:54C'est un petit peu plus laborieux pour General Motors,
13:57même si les chiffres, encore une fois, étaient étonnants
13:59pour un acteur de l'industrie automobile.
14:01Et puis, vous nous rappeliez que,
14:04malgré la cherté du galon d'essence,
14:07les Américains se ruent toujours sur l'ISUV,
14:09les grosses voitures, etc.,
14:10et que business as usual dans l'automobile américaine.
14:13Merci infiniment, John Plassard.
14:15Cité, gestion.
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