- il y a 7 semaines
Ecocert certifie l’engagement des entreprises pour une agriculture responsable et bio sur l’ensemble de la chaîne de valeur dans le secteur alimentaire, textile et cosmétique. L’entreprise fait du plaidoyer au sein des institutions européennes afin d’assurer la transparence des produits.
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00:06Tous lobbyistes, c'est le titre de cette nouvelle rubrique dans Smart Impact avec Luz Gramont.
00:11Bonjour, heureux de vous retrouver.
00:13Vous êtes la cofondatrice de Green Lobby.
00:15On va voir ensemble comment le lobbying, les réglementations peuvent être un levier de transformation, de transition écologique et sociale.
00:23On accueille Pauline Rafetat.
00:24Bonjour.
00:24Bonjour.
00:25Bienvenue.
00:25Vous êtes responsable veille réglementaire et affaires publiques chez Ecosert.
00:30Je vous ai reçu il y a quelques semaines pour expliquer pourquoi on lançait cette rubrique.
00:35Mais je veux bien de nouveau vous entendre, Luz Gramont.
00:37Pourquoi c'est important de porter un regard peut-être un peu différent sur le lobbying ?
00:41Oui, effectivement, le lobbying, on a vraiment le préjugé, et c'est encore comme ça dans la majorité,
00:48de fédérations professionnelles, patronales, qui seraient les uniques interlocuteurs des décideurs politiques.
00:56En réalité, si on veut de l'innovation, les décideurs politiques ont besoin de sentir et d'être au plus
01:02près de la réalité des entreprises dans les régions
01:07et de co-construire. On est dans une logique, le lobby à la papa, où ça se fait dans quelques
01:14salons, dans l'entre-soi, c'est terminé.
01:18Tout ça doit être transparent et les décideurs politiques sont des passeurs d'idées et d'innovations
01:24et ont besoin de sentir ce qui se passe, d'écouter les citoyens et d'écouter les entreprises et les
01:31moyennes entreprises en particulier.
01:34Et donc chaque mois, il y aura comme ça, on découvrira ensemble un cas d'école d'une certaine façon.
01:40Et on va commencer avec Ecosert. Je veux bien que vous nous présentiez l'entreprise pour commencer.
01:43Alors Ecosert, c'est une entreprise familiale qui est basée dans le Gers, qui existe depuis plus de 30 ans
01:48et qui rayonne maintenant en France et à l'international.
01:51Qu'est-ce qu'on fait chez Ecosert ? Vous connaissez peut-être notre logo ou notre nom
01:55parce qu'il figure sur les produits qu'on certifie. Les produits bio, alimentaires, mais aussi les produits cosmétiques ou
02:01les textiles.
02:02Et finalement, notre rôle, nous, c'est qu'on va contrôler toutes les étapes qui vont permettre à une entreprise
02:09de pouvoir utiliser le logo à la fin sur le produit fini, mais qui témoigne d'un engagement sur toute
02:14la chaîne de valeur.
02:16Pour pouvoir faire ça, chez Ecosert, on a une équipe d'auditeurs qui vont sur site, sur le terrain, en
02:23France et à l'international.
02:24Et donc là, on est environ 2000 dans le groupe Ecosert, dont 900 en France.
02:29Oui, avec quelques chiffres que je rajoute. La date de création, c'est 1991 par William Vidal.
02:35Une présence dans plus de 130 pays, 70 000 organisations accompagnées dans le monde.
02:40Et vous l'avez dit, des secteurs certifiés, c'est très large.
02:42De l'agriculture aux produits ménagers, en passant par la cosmétique, le textile, le commerce équitable.
02:48Je vais vous poser la même question à toutes les deux.
02:50À quoi ça sert une certification ?
02:51Je suis volontairement un peu naïf dans ma question.
02:55Oui, mais c'est bien justement parce que je pense qu'il faut rappeler à quoi ça sert.
02:58Un logo, c'est un repère simple pour un consommateur.
03:01Sauf qu'il y a une multitude de logos.
03:03Donc on connaît le logo bio de l'agriculture biologique.
03:06Il y a le logo Cosmos sur les cosmétiques.
03:08Le logo GOTS pour les textiles.
03:10Mais en fait, il y a aussi plein de logos qui sont du greenwashing.
03:15Et la certification, ça vient apporter des preuves qu'il y a quelqu'un qui vérifie
03:19que tous les critères sont bien respectés.
03:22Moi, je dis souvent que la certification, c'est un outil de confiance.
03:26C'est ça qui va permettre à l'agriculteur de donner des informations,
03:29à l'industrie agroalimentaire qui va après, elle, donner des informations
03:34au distributeur et à la fin du fin, au consommateur
03:37qui lui, il a un gage de confiance sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
03:41La certification, pourquoi elle est importante ?
03:45À quoi elle sert ?
03:46En fait, c'est un outil de transformation économique.
03:50Pauline l'a rappelé.
03:52Le consommateur, il a besoin de se repérer.
03:54Et très honnêtement, en ce moment, il est quand même très, très perdu.
03:57Donc, il y a des auto-déclarations.
03:59On est vert.
04:01On est naturel.
04:02100% naturel.
04:04Bon, qu'est-ce que ça veut dire ?
04:06Derrière, ces allégations, ce qu'on appelle...
04:08On appelle ça les allégations.
04:10Des allégations.
04:13Autoproclamation.
04:15Il faut du sérieux.
04:17C'est un métier.
04:18Et ça permet, en fait, aux producteurs et aux transformateurs
04:21d'être récompensés pour leur comportement.
04:25Et en cela, cela transforme et cela donne un avantage comparatif
04:30à nos producteurs qui sont français, pour la plupart,
04:33à nos transformateurs qui sont locaux.
04:36Et ça permet de mettre fin à la Primovis
04:39et de faire le tri
04:41et de réellement transformer les chaînes de valeur en profondeur.
04:45Et alors, comment...
04:46Je reste avec vous, Lucie Ramon.
04:48Comment la certification, finalement,
04:51c'est aussi cette co-construction dont vous nous parliez tout à l'heure,
04:55entre les acteurs privés et les acteurs publics ?
04:58Tout à fait.
04:59Alors, cette idée, elle est...
05:01Bon, alors, pas si nouvelle que ça.
05:02On va bien.
05:04Et c'est une fierté d'avoir un groupe français
05:07qui rayonne à l'international.
05:09Et donc, pour casser un peu les préjugés de
05:12ça coûte cher, à quoi ça sert,
05:15c'est de la prasprasserie.
05:17Voilà, c'est pas de la prasprasserie, c'est du sérieux.
05:20Et les législateurs et le grand public,
05:23qui a quand même bien l'intuition,
05:25puisqu'il est prêt à toutes les études, le montre,
05:28le consommateur,
05:29s'il se rend compte qu'au bout de son t-shirt,
05:30qu'il y a de l'esclavage d'enfants
05:32à l'autre bout du monde,
05:34où, pour sa santé,
05:36les produits étroits transformés,
05:38tous les pesticides,
05:40on a en ce moment le cadmium.
05:41Enfin, voilà, il y a tout un tas de préoccupations
05:45du consommateur.
05:46Et donc, le législateur,
05:48effectivement, doit s'appuyer
05:50sur des cahiers des charges
05:52et sur des éléments.
05:54Donc, tout ça est assez complexe
05:56et il doit être informé
06:00et avoir ce lien avec les producteurs,
06:02les transformateurs et les organismes
06:04qui sont des tiers de confiance
06:07et qui permettent de...
06:10On va le voir,
06:11mais il y a tout un tas de directives européennes
06:15qui élaborent le droit des consommateurs,
06:17le droit, justement,
06:19de la lutte contre le greenwashing
06:21et puis du règlement bio.
06:23Le bio est très attaqué.
06:25Voilà, il faut aller contre les préjugés.
06:28Justement, je veux bien
06:29qu'on se concentre sur la question du bio
06:30et du rôle d'EcoCert,
06:33par exemple,
06:34dans la naissance
06:36de ces normes bio
06:38au niveau français,
06:39mais aussi européen.
06:40Comment ça s'est passé ?
06:41Effectivement,
06:43EcoCert a été créé en 1991,
06:46date à laquelle
06:46le règlement bio européen
06:47a aussi été mis en place.
06:50Et en fait, dès le départ,
06:52la certification bio,
06:55elle se base sur des critères
06:56qui sont définis dans un règlement européen.
06:58Donc en fait,
06:59nous, on est le tiers de confiance
07:00à qui on délègue cette vérification.
07:03C'est-à-dire que les autorités
07:04délèguent la vérification
07:05à des tiers,
07:06dont des tiers indépendants
07:07et des entreprises privées.
07:09Et pour ce faire,
07:10il a fallu, effectivement,
07:11il faut que les critères,
07:12par exemple,
07:12soient vérifiables,
07:13qu'on peut aller sur le terrain,
07:15dans les fermes,
07:15s'assurer que les critères
07:16sont bien respectés.
07:17Donc en fait, nous,
07:18dès le départ, on a interagi
07:20avec les autorités françaises,
07:22avec les États membres,
07:24enfin, pardon,
07:25la Commission européenne
07:26ou les institutions européennes,
07:27pour pouvoir faire en sorte
07:29qu'on va pouvoir bien vérifier
07:31et apporter ces garanties
07:32qui vont servir aux consommateurs
07:34de faire des choix plus durables.
07:35On parle de plaidoyer sectoriel classique,
07:39Luz Grammont, c'est quoi ?
07:41C'est une procédure,
07:43finalement, qui est ouverte.
07:46Ça contre l'idée reçue
07:48dont on parlait tout à l'heure,
07:49même si ça peut arriver
07:50d'un processus un peu opaque
07:52ou d'un entre-soi.
07:53Oui, en réalité,
07:54ça peut être un petit peu impressionnant,
07:56les institutions européennes.
07:58Moi, j'y ai travaillé quatre ans.
07:59mais le plaidoyer
08:02ou le lobbying est institutionnalisé.
08:05Et finalement, c'est une bonne chose.
08:07Et l'accès aux fonctionnaires européens
08:11ou à toutes les institutions du Trilog,
08:15voilà, n'est pas si compliqué
08:17et parfois même plus facile
08:19qu'au niveau français
08:21parce qu'il est assumé
08:23qu'il est important
08:24que les parties prenantes,
08:25avec la société civile,
08:27les entreprises,
08:28puissent être entendues.
08:31Oui, le Trilog, on rappelle,
08:32c'est les trois institutions européennes,
08:34la Commission, le Conseil
08:36et le Parlement.
08:37C'est ça, j'en ai pas oublié.
08:39Sur cette idée de transparence européenne,
08:43qu'est-ce qui vous semble important,
08:45Pauline Raphaël-Tinsert ?
08:48Quand vous participez
08:49à un processus comme celui-là,
08:51il est visible de tous,
08:55des citoyens, des consommateurs.
08:56On sait ce que fait Ecosert,
08:57dans quel cadre il le fait,
08:58avec qui il le fait ?
08:59Alors oui, comme le disait Luce,
09:02en fait, on est inscrit
09:03au registre de la transparence
09:05au niveau européen.
09:06Donc on a un petit badge
09:07qui dit qu'on est lobbyiste.
09:08C'est quand même quelque chose
09:10dans la vie.
09:11Et en fait,
09:12tous les rendez-vous qu'on prend
09:13avec soit des membres
09:15de la Commission européenne,
09:16soit des parlements,
09:17ils sont inscrits à l'agenda.
09:19Donc c'est hyper transparent,
09:20je dirais.
09:21Ça pourrait être fait partout,
09:23je pense que ça serait une bonne chose.
09:24Ce qui fait que c'est très clair
09:26qu'on vient parler,
09:27mais on vient parler
09:28au nom d'une entreprise,
09:30un acteur économique,
09:31qui agit quand même
09:33pour l'intérêt général
09:33parce qu'on défend finalement
09:34des réglementations strictes,
09:37de la transparence
09:37pour le consommateur,
09:38des engagements forts
09:40qu'on veut valoriser
09:41parce qu'on se dit
09:41que le changement
09:42peut y arriver,
09:43on a des solutions.
09:45Mais pour ça,
09:45il faut donner des exemples précis
09:46et éclairer finalement
09:48le décideur politique.
09:49Et qu'est-ce que vous répondez,
09:51Luce Gramont,
09:51aux critiques
09:52qui peuvent s'exprimer,
09:54qui viennent parfois
09:55de citoyens,
09:55parfois d'ONG,
09:56d'universitaires,
09:57sur la présence
10:00trop importante
10:01de lobbyistes
10:02dans les institutions européennes ?
10:04Oui,
10:05alors de quoi parle-t-on ?
10:07Effectivement,
10:08le problème
10:09n'est pas tant
10:10que les lobbyistes
10:11soient là
10:12auprès des décideurs politiques
10:14puisque,
10:14comme je le disais,
10:15c'est le fonctionnement
10:16de la démocratie
10:17et qu'on a besoin
10:19pour favoriser
10:20l'innovation
10:23de prendre
10:23l'avis
10:26d'un large panel.
10:28Le problème,
10:29c'est l'inéquité
10:30de la représentation.
10:32C'est qu'aujourd'hui,
10:33le lobbying,
10:34c'est un jeu d'argent.
10:35Donc c'est celui
10:35qui a le plus
10:36de moyens humains,
10:37financiers,
10:38puis qui connaît aussi
10:40les institutions.
10:41C'est pour ça
10:41que nous,
10:42on met ce savoir-faire,
10:43ce savoir-être
10:44à la disposition aussi
10:45des entreprises
10:47françaises,
10:48européennes,
10:50familiales,
10:50qui ont énormément
10:51de choses à dire
10:52et qui,
10:53pour l'instant,
10:54restent encore
10:54trop peu représentées.
10:56Donc vous,
10:56vous conseillez,
10:57pardon je vous interrompre,
10:58à des entreprises
10:59françaises
11:00de jouer cette carte-là,
11:02en quelque sorte ?
11:03Tout à fait.
11:03Vous savez,
11:04ce sont les nouveaux instruments.
11:06Aujourd'hui,
11:06on ne peut pas faire
11:06sans la com ou le marketing.
11:08Les affaires institutionnelles,
11:10c'est le nouveau marketing.
11:11Souvent,
11:11je dis ça
11:12pour essayer
11:14de vulgariser,
11:15mais en fait,
11:16le décideur politique,
11:17c'est quelqu'un
11:18qui va vous soutenir,
11:19vous aider.
11:21On a besoin,
11:22encore une fois,
11:23pour innover
11:23et pour prendre en compte
11:26les nouveaux besoins
11:27de la société,
11:28la santé,
11:30entreprendre,
11:31de discuter,
11:32de co-construire.
11:33Donc c'est indispensable.
11:34Pauline Raffetin,
11:35sur quoi vous travaillez
11:36en ce moment ?
11:37Est-ce qu'il y a
11:37de nouvelles certifications
11:38à venir ?
11:39Alors,
11:39au niveau des affaires publiques,
11:41là,
11:41clairement,
11:42tout de suite maintenant,
11:42on travaille sur la révision
11:44du règlement européen
11:45pour l'agriculture biologique
11:46parce qu'en fait,
11:47toutes les certifications
11:48qu'on connaît,
11:48elles sont régulièrement
11:49mises à jour.
11:50Donc là,
11:50il y a une révision ciblée
11:51au niveau européen
11:52et donc on travaille dessus
11:53avec nos partenaires.
11:54On ne fait pas ça tout seul.
11:56Il y a beaucoup d'acteurs
11:57qui sont engagés dans la bio
11:58et qui vont faire en sorte
11:59que cet outil
12:01de la transition agricole
12:03puisse continuer
12:03à apporter
12:04toutes les garanties
12:04qu'on attend de lui.
12:06Donc ça,
12:06c'est notre actu,
12:07on va dire,
12:08européenne.
12:08Et ensuite,
12:09au niveau français,
12:10comme le disait Luce,
12:11on a énormément
12:12de travaux
12:13sur la lutte
12:15contre le greenwashing
12:16et la transposition
12:17en droit français
12:18des sujets
12:19sur la lutte
12:19contre le greenwashing
12:20pour faire en sorte
12:21finalement
12:21que les acteurs
12:22qui sont engagés
12:23puissent simplement
12:24et en toute transparence
12:26et en toute confiance
12:27vis-à-vis des consommateurs
12:28pouvoir continuer
12:29à dire ce qu'ils font
12:31et de manière
12:32pour que les consommateurs
12:34ne soient pas invisibilisés
12:35par tous ceux
12:36qui font du greenwashing.
12:36Donc en mettant
12:37un petit peu d'ordre
12:38dans tout ça,
12:39ça va permettre
12:39aux entreprises engagées
12:40de pouvoir continuer
12:41à dire qu'ils acceptent
12:44des contraintes fortes
12:45mais que leurs efforts
12:46soient récompensés.
12:47Merci beaucoup
12:48à toutes les deux
12:49et donc à très bientôt
12:50une fois par mois.
12:51Vous viendrez nous présenter
12:52à Luce
12:53une nouvelle entreprise
12:55et les enjeux du lobbying
12:57dans cette émission.
12:58A bientôt
12:58sur Be Smart for Change.
13:00On passe tout de suite
13:00au grand entretien
13:01de ce Smart Impact.
13:02Sous-titrage Société Radio-Canada