00:00 [Générique]
00:05 Avec nous pour en parler, Cécile Olivier. Bonjour Cécile.
00:08 Grand reporter au magazine Elle.
00:10 Cécile, désormais à Elle, mais qui était avant avec nous à BFM TV.
00:15 Et qui a révélé les premiers témoignages contre Gérard Miller dès le mois de janvier.
00:20 Et puis Alexandra González du service police-justice de BFM TV était également avec nous.
00:24 Alors que pour la première fois à la télévision, l'une des six plaignantes contre Gérard Miller
00:28 a accepté de parler à la télévision.
00:31 Elle s'appelle Aude. Elle avait 17 ans au moment des faits.
00:35 C'était une lycéenne. Elle a 39 ans aujourd'hui.
00:38 Et elle a accepté de raconter à Alexandra ce qu'elle a vécu quand elle avait 17 ans.
00:44 Avec Gérard Miller, on écoute un premier extrait de ce témoignage accablant.
00:49 Il m'embrasse. J'ai souvenirs de moi sur ce lit.
00:54 J'ai le souvenir qu'il pèse son pantalon, qu'il sort son sexe.
01:03 Il me demande si j'ai déjà couché avec un garçon. Je lui dis que non.
01:09 Et là, il me dit je serai pas ton premier.
01:14 Il me met son sexe dans la main pour me demander de masturber.
01:20 Et il le met dans ma bouche pour lui faire une fellation.
01:25 J'avais à peine 17 ans. Je n'avais jamais fait ça.
01:30 Et je suis à ce moment-là complètement bloquée dans mon corps.
01:36 Je trouve que cette image du cauchemar où vous ne pouvez pas bouger, c'est ce qui était le plus parlant.
01:44 J'avais pas d'autre choix, en fait. Je n'avais pas d'autre choix.
01:49 39 ans, elle avait 17 ans à l'époque des faits.
01:52 Comment elle rencontre Gérard Miller ? Comment elle se retrouve dans cette situation ?
01:55 Elle est lycéenne et avec sa meilleure amie, elles ont l'idée d'écrire à Gérard Miller,
01:59 qui est à ce moment-là une star des plateaux télé et de la radio,
02:02 pour l'interviewer pour le journal de leur lycée.
02:05 Elles envoient cette lettre repeinte sans trop y croire.
02:07 Et en fait, Gérard Miller la rappelle, propose un premier rendez-vous.
02:11 Elles viennent avec un troisième ami de leur journal et elles disent que Gérard Miller ouvre la porte de son domicile en disant
02:17 "Vous êtes venu avec votre garde du corps ?"
02:19 L'entrevue est très rapide.
02:21 Et puis, peu de temps après, elle dit que Gérard Miller lui repropose un deuxième rendez-vous avec sa meilleure amie seulement
02:27 pour une séance d'hypnose.
02:29 Elles viennent et puis finalement, l'autre ami refuse.
02:32 Et puis un troisième rendez-vous, cette fois-ci, elle vient seule.
02:35 Il lui propose de la retrouver dans Paris.
02:37 Ils se retrouvent tous les deux un dimanche midi.
02:40 Ils vont déjeuner avec Laurent Ruquier, dit-elle, et deux autres personnes.
02:44 Laurent Ruquier dit ne plus se souvenir de cet épisode.
02:46 Donc ils déjeunent tous les quatre et elle dit "J'ai 17 ans et rendez-vous compte, je suis avec deux stars de la télé.
02:51 Je n'en reviens pas de ce qui est en train de se passer.
02:54 Je réalise à peine ce que je suis là à ce déjeuner".
02:57 Elle les écoutait parler d'Elise Emond, de Liane Folli.
03:00 Le déjeuner se passe et elle dit qu'elle ne sait pas pourquoi, à la fin du déjeuner, elle accepte de le suivre à son domicile.
03:06 Là, elle dit qu'elle se sent un peu groggy.
03:10 Elle arrive chez lui et ensuite se passe la scène qu'elle vient de raconter,
03:14 qui se déroule absolument sans son consentement, puisque rien ne laissait préjager ça.
03:19 Qui remonte à la surface des années après, puisqu'à la suite de la succession de témoignages révélés notamment par Cécile Olivier,
03:26 elle parle et elle évoque une forme d'amnésie assez courante chez les victimes, les femmes victimes de ce genre d'actes.
03:36 Cette phrase "Je ne serai pas ton premier", je ne l'ai pas oubliée.
03:41 J'ai essayé de me rassurer en me disant que non, ce n'était pas le premier,
03:44 mais aujourd'hui, je ne sais pas comment je suis rentrée chez moi,
03:47 je ne sais pas ce qui s'est passé après l'acte, après ce qu'il m'a demandé de lui faire.
03:53 Je me souviens juste d'épaver, je me souviens que ça chancelait, que j'étais groggy.
03:57 C'est un travail que je dois faire avec ma thérapeute, d'essayer de me souvenir,
04:00 parce que d'un côté ça fait peur et de l'autre, si on se souvient, on s'en sort.
04:05 Et je veux savoir ce qui s'est passé après, je veux, et je ne sais pas aujourd'hui vous dire comment je suis rentrée chez moi.
04:11 C'est l'amnésie. C'est à partir du moment où on m'envoie la capture d'écran de l'article de Elle,
04:18 où il y a marqué "Gérard Miller visé par témoignages d'agressions sexuelles et de viols".
04:28 Et c'est super violent parce que les images, la mémoire ne s'efface pas, mais les images elles vous arrivent avec une violence...
04:39 C'est super compliqué, il y a encore des images qui arrivent, il y a des cauchemars.
04:45 Mais ça m'a littéralement sauté au visage.
04:48 C'est marrant parce qu'hier avec Joanna Rosenblum, qui est psychologue clinicienne,
04:52 et qui avec nous chaque mercredi on évoquait l'amnésie traumatique.
04:55 On est en plein dans ce phénomène d'amnésie traumatique chez Aude.
05:00 Oui, c'est-à-dire qu'elle dit que lorsqu'elle sort de son domicile, elle oublie tout.
05:04 Elle n'oublie pas qu'elle a vu Gérard Miller, elle dit d'ailleurs "pendant toutes ces années je vais raconter que je l'ai rencontré à trois reprises",
05:09 mais elle oublie ce qui s'est passé, dit-elle, dans le domicile qu'elle nous raconte aujourd'hui.
05:14 Et elle a une amnésie totale qui se débloque, dit-elle, en lisant le titre de l'article de Elle, parce qu'elle n'a même pas le courage de lire l'article.
05:21 Dont il faut répéter que Gérard Miller est présumé innocent.
05:25 41 témoignages, on est d'accord Cécile Olivier, contre Gérard Miller recensés,
05:29 30 femmes qui livrent un récit détaillé de leur rencontre, 18 évoquent des faits de viol et d'agression sexuelle, et donc 6 plaintes.
05:37 Et à chaque fois, Cécile, plus ou moins le même scénario, on est d'accord ?
05:41 Il y a un scénario en tout cas qui se répète, c'est que ce sont de très jeunes femmes, le plus souvent, 17, 19 ans, rarement plus,
05:49 qu'il rencontre sur des plateaux de télévision, sur les émissions de radio, de télévision, à qui il propose des invitations à déjeuner ou au théâtre,
05:59 et puis chez lui pour faire visiter sa maison, et puis des séances d'hypnose qui déraperaient en agression sexuelle.
06:07 Je voudrais dire, Christophe, qu'on n'est plus maintenant à 41 témoignages, puisque avec ma collègue Alice Augustin de Elle,
06:13 on révèle ce matin 16 nouveaux témoignages, donc on est à une soixantaine, et avec notamment, il y a une nouvelle femme qui l'accuse de l'avoir violée en 2004,
06:25 alors qu'elle était âgée de 17 ans, et qu'elle était vraiment en état de fragilité, elle avait été harcelée à l'école,
06:32 elle avait fait un séjour en hôpital psychiatrique, elle était vraiment pas bien.
06:35 Il y a 4 nouvelles femmes qui l'accusent également d'agression sexuelle, et puis il y a quelque chose qui est un peu nouveau,
06:42 qui est apparu, c'est qu'on a retrouvé une femme qui dit avoir eu une relation suivie avec lui à l'âge de 16 ans, pendant un an et demi,
06:51 et qu'il l'aurait initiée à une sexualité très adulte, puisqu'il lui aurait fait faire des plans à trois, des rapports sexuels à plusieurs, avec d'autres lycéennes.
07:01 - Consentie ou subie ?
07:03 - Alors elle dit, à l'époque, elle avait l'impression de vouloir, mais en fait elle ne sait pas trop pourquoi elle a fait ça avec une copine lycéenne,
07:11 et donc elle se rend compte qu'en fait elle n'aimait pas trop ça, donc cette femme, elle a écrit au parquet de Paris,
07:16 "Qui aura l'opportunité des poursuites ?" mais ça pourrait être qualifié de corruption mineure.
07:20 - D'un mot pour revenir au témoignage d'Aude à Alexandra, est-ce qu'elle a le souvenir d'une séance d'hypnose,
07:25 puisqu'on parlait du modus operandi qui était le même a priori sur toutes les pléniantes d'aujourd'hui ?
07:29 - Non, elle ne parle pas de séance d'hypnose, en revanche elle s'interroge sur cette phrase qu'il lui a dit,
07:34 et qui lui est restée gravée dans sa mémoire, ou en tout cas qui lui est revenue, de "je ne serai pas ton premier".
07:39 Elle se demande si ce n'était pas un mot qui a enclenché derrière, une phrase qui a enclenché derrière une hypnose.
07:43 - Alors Gerhard Miller, pour sa défense, dit depuis le mois de janvier qu'ayant été un homme de pouvoir,
07:48 un rapport inégalitaire existait objectivement dans ses relations qu'il pouvait avoir avec des femmes plus jeunes que lui.
07:54 C'est sa défense. Voilà ce qu'en dit Aude.
07:56 - Ça a été super dur aussi pour moi, quand il s'est défendu, mais d'une façon, pour moi d'une violence,
08:02 de dire, de parler de dissymétrie, et encore cette espèce de toute puissance qu'il avait déjà sûrement à 17 ans,
08:09 cette emprise, et qu'il a encore aujourd'hui, à 75 ans, sur nous, enfin je dis sur moi et sur les autres victimes,
08:16 de nous nier encore, ça me glace le sang en fait.
08:24 Et puis de se rendre compte que ce qu'on a vécu à 17 ans, c'était un mode opératoire chez quelqu'un qui savait très bien ce qu'il faisait.
08:30 C'est un mode opératoire, et ça, ça fait... En fait, quand vous lisez les témoignages, vous vous dites,
08:36 mais en fait, c'est mon histoire. C'est mon histoire, c'est celle que j'ai vécue il y a 22 ans.
08:42 Et il agissait comme ça. C'était bien rodé, et ça, je me dis, on peut pas rester... On peut pas être impuni de ça.
08:50 Même si on est médiatisé, c'est pas possible, là, c'est criminel.
08:56 - Gérard Miller, il a répondu à vos questions ?
08:58 - Alors hier, nous l'avons contacté, il a vu mon message, mais il n'a pas répondu, et son avocate m'a renvoyé à la justice
09:04 en disant qu'elle réservait ses déclarations à la justice.
09:06 - Est-ce qu'il peut échapper à un procès, Cécile ?
09:08 - Alors là, il y a une enquête qui est ouverte par le parquet de Paris, donc ça va se poursuivre, une enquête préliminaire,
09:15 donc il faut qu'il soit mis en examen. La justice, ça peut être très long, donc rien ne dit qu'il y aura un procès,
09:21 mais en tout cas, il y a plusieurs faits de viol sur mineurs, notamment, qui ne sont pas prescrits, donc on peut pas l'exclure.
09:28 - Merci, votre enquête et ses nouvelles révélations, donc, à retrouver dans le magazine Elle, qui sera en kiosque ce matin.
09:34 Et Alexandra, donc le témoignage d'Aude, à retrouver également en intégralité sur BFMTV.com.
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