- il y a 10 ans
Echappées belles : Israël Sophie se rend dans un pays qui est empreint d'un passé religieux fort, c'est Israel. Sophie ira à Jérusalem 3 fois sainte. Elle sera ...
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00:00:22Ici, c'est quand même assez difficile de rater une photo.
00:00:25Pour faire une mauvaise photo ici, il faut vraiment le faire exprès.
00:00:28Shalom, je suis à Jérusalem pour un nouveau voyage en Israël.
00:00:32Je suis très contente de vous retrouver en compagnie de Charles qui va m'accompagner pour ce beau voyage.
00:00:37On commence au Mont des Oliviers.
00:00:39Tout commence à l'est de Jérusalem.
00:00:41Dans la tradition biblique, ici commence la rédemption avec le soleil et le vent.
00:00:45Et c'est pour ça, si tu regardes autour, tu vois ici des milliers et des milliers de tombes juives.
00:00:50C'est l'un des cimetières juifs les plus importants du monde.
00:00:52Peut-être le plus sacré.
00:00:53En fait, un autre nom pour Jérusalem qu'on connaît tous, que tu connais, c'est Sion.
00:00:58Si on veut dire point focal, c'est-à-dire point à partir duquel tout tourne autour de Jérusalem.
00:01:06Jérusalem, c'est la ville sainte.
00:01:07Je pourrais dire que c'est la ville trois fois sainte.
00:01:09C'est la ville où il y a des sites fondateurs qui sont constitutifs des trois grandes religions monothéistes.
00:01:19Donc, tu vois ici, ça ne peut pas échapper à la vue, le dôme du rocher et l'emplacement présumé
00:01:26du temple.
00:01:27Un petit peu en retrait au fond, les deux dômes gris du Saint-Sépulcre, le tombeau de Jésus, des expressions
00:01:32qui nous dépassent un petit peu.
00:01:33Mais c'est là.
00:01:35Tout ça, c'est là.
00:01:37Allez, viens.
00:01:37On va voir le mur des lamentations.
00:01:39Allez.
00:01:40C'est une grande première pour moi.
00:01:41On y va.
00:01:47Là, on rentre dans la vieille ville par une des huit portes, c'est ça ?
00:01:51Voilà, il y a huit portes, mais celle-ci la plus grande, la plus majestueuse, la porte de Damas.
00:01:56Dis-moi, il y a combien d'habitants à Jérusalem ?
00:01:58Aujourd'hui, 760 000 habitants.
00:02:00Il y a une forte densité de population, comme partout dans le pays, d'ailleurs.
00:02:04On le sent surtout dans la vieille ville.
00:02:05Comment se répartit la population ?
00:02:08On la divise en trois, généralement.
00:02:09Un tiers qui sont des juifs laïcs, un tiers qui sont religieux,
00:02:13et un tiers qui sont des arabes musulmans sunnites, donc les palestiniens.
00:02:17C'est dans la seule partie où nous sommes, maintenant, le quartier musulman devant la vieille ville.
00:02:26Il y a une vraie séparation entre quartier arabe et quartier juif,
00:02:31où les deux populations se mélangent ?
00:02:33Les deux populations ne se mélangent pas.
00:02:35En fait, on dit quartier musulman.
00:02:36La vieille ville, c'est surtout musulman, population arabe et musulmane.
00:02:49Voilà, on descend tout doucement, en direction du mur, à travers le quartier juif.
00:02:55En fait, on dit qu'on se déjeune dans mes
00:03:11Sous-titrage Société Radio-Canada
00:03:43Voilà, le message est passé !
00:03:45Quelle journée importante pour toutes ces familles !
00:03:48Eh oui, aujourd'hui, c'est le jour de l'armitzvah au mur, au kotel, comme on dit en hébreu.
00:03:52C'est un jour de joie, on dit aux garçons de 13 ans, ça y est, tu peux lire la
00:03:57Torah devant le public, tu es reconnu, tu deviens un homme.
00:04:01Tu deviens un homme.
00:04:05Alors, ils ont autour de leurs bras, ce lacet avec cette boîte noire, qu'ils ont aussi également sur le
00:04:14front.
00:04:14Oui, les philacteurs, parce que c'est le mot qu'on doit utiliser en français, les philacteurs, ce sont des
00:04:18bandes de cuir que l'on se met autour du bras, souvenir de l'esclavage d'Egypte.
00:04:22Et puis les deux petites boîtes, la pensée et l'action, contiennent un manuscrit avec quelques bénédictions du livre du
00:04:32Deutéronome, donc on doit les mettre tous les jours, sauf le Shabbat.
00:04:38Le mur, comme on l'appelle le kotel, il est libre d'accès, 24h sur 24, il est gratuit, il
00:04:43y a des gens qui prient ici, même la nuit, en permanence, c'est un endroit libre d'accès.
00:04:48Et tout le monde peut aller pour faire un vin ?
00:04:49Tout le monde, on peut voir des groupes protestants s'approcher, des groupes catholiques s'approcher, faire leurs prières, des
00:04:56Asiatiques, des Américains, le monde entier se rattache d'une manière ou d'une autre à ce vestige de l
00:05:03'esplanade du Temple.
00:05:08Comment vivre aujourd'hui dans une ville où chaque pas a un sens politique ou religieux ?
00:05:15Rencontre avec Hélène, la chrétienne, Cécilia, la juive, et Ouda, la musulmane.
00:05:23Trois visages d'une seule et même ville.
00:05:32Hélène est chrétienne, arabe, palestinienne, vivante en Israël.
00:05:38La terrasse vitrée, c'est la maison de mon oncle, et juste en bas, je suis née dans cette maison.
00:05:44Ici, les juifs, ils ont le droit d'imposer un drapeau israélien.
00:05:50Nous, on met une croix.
00:05:52Pour eux, être israélien, c'est important.
00:05:55Pour nous, afficher qu'on est chrétien, c'est tout aussi important.
00:06:03Elle habite le nord-ouest de la vieille ville, dans le quartier chrétien.
00:06:07Pour elle, la présence des chrétiens à Jérusalem est une question de foi.
00:06:12Pour moi, ça me paraît évident que la présence des chrétiens, c'est important ici.
00:06:16C'est quand même ici que Jésus est né, a vécu, grandit, crucifié et ressuscité.
00:06:24Il faut qu'on reste là.
00:06:26C'est difficile de vivre à Jérusalem étant jeune, arabe, sans identité israélienne.
00:06:33Alors vivre comme étant chrétien, c'est encore plus compliqué.
00:06:38Aujourd'hui, les chrétiens représentent 2% de la population de Jérusalem, contre 20% il y a 60 ans.
00:06:45Direction maintenant le quartier musulman, au cœur de la vieille ville.
00:06:49Ouda est palestinienne, son combat, faire découvrir tous les trésors arabes de la vieille ville.
00:06:56On invite des enfants qui viennent un petit peu de partout, des banlieues de Jérusalem,
00:07:02pour connaître mieux la vieille ville, pour mieux connaître aussi le patrimoine palestinien,
00:07:08comme celui-là, le Hammam el-Ink, qui était bâti par les mamelouks dans le XIVe siècle,
00:07:15qu'ils puissent un petit peu explorer avec un guide les endroits différents,
00:07:20mais l'identité différente aussi de Jérusalem.
00:07:27Moi, j'essaie de montrer aussi le patrimoine et la beauté de Jérusalem,
00:07:33sans montrer la politique et l'occupation, mais c'est tellement flagrant, c'est là,
00:07:37c'est imposant, c'est provoquant, et les colons, voilà, dès qu'ils voient les habitants de la vieille ville,
00:07:45dès qu'ils voient en caméra, tout de suite, ils viennent pour nous dire,
00:07:49on a aussi des colonies là, une nouvelle colonie ici,
00:07:54et ces colons ne sont pas des gens très normaux,
00:07:58ce ne sont pas des gens qui veulent faire la paix, et qui veulent coexister avec les Palestiniens.
00:08:02Malgré les colonies, malgré le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens,
00:08:07Ouda tente de trouver refuge dans sa ville natale.
00:08:11Spécialiste reconnue de Jérusalem, elle enseigne son histoire,
00:08:14alors même que l'histoire de la ville continue de s'écrire tous les jours.
00:08:21Jérusalem, c'est une ville historique, belle, aussi moche,
00:08:27elle a une belle lumière,
00:08:31elle est romantique parfois,
00:08:34mais donc voilà, parfois je regarde un petit peu le côté poétique de cette ville
00:08:41pour que je puisse garder un esprit sain.
00:08:47Direction maintenant le quartier juif, chez les Nizza.
00:08:51De l'arrière-grand-mère à la petite-fille,
00:08:53ils sont tous venus d'Italie il y a 4 ans pour faire leur aléa,
00:08:56leur retour en terre sainte.
00:09:00Nous sommes des juifs pratiquants,
00:09:05tout en étant, comment je peux dire, des libres penseurs.
00:09:10Donc le thème de la venue en Israël est partie intégrante de la culture juive.
00:09:16C'est une conclusion presque naturelle d'un parcours identitaire.
00:09:23Cécilia, chassée d'Egypte il y a 50 ans, a vécu à Milan avant de venir en terre sainte.
00:09:28Elle a enfin trouvé sa maison ici.
00:09:34Je me sens chez moi et je dois dire que j'aime beaucoup le multiculturalisme qu'il y a dans
00:09:41ce pays.
00:09:41En Europe, on parle beaucoup de multiculturalisme,
00:09:44mais je pense qu'Israël est un exemple parfait de multiculturalisme.
00:09:50et je n'entends pas seulement les juifs de différentes origines,
00:09:54mais j'entends même le rapport avec les arabes.
00:09:57Au fond, il y a une dose d'arabes en moi.
00:10:06J'aimerais qu'on vive ensemble, j'aimerais qu'on se dépouille de l'idéologie
00:10:14pour poursuivre un idéal de paix.
00:10:23À quelques kilomètres du centre-ville de Jérusalem qu'on vient de quitter,
00:10:27il y a un site qu'il faut absolument visiter, c'est Yad Vashem.
00:10:30C'est le mémorial central qui commémore les 6 millions de victimes du nazisme.
00:10:41Derrière nous, il y a le mémorial des enfants,
00:10:43ces grandes colonnes, on dirait un peu une photo de classe.
00:10:46Oui, la croissance des enfants est coupée.
00:10:47Je pense que c'est ça l'idée, une vie qui a été coupée pendant son développement.
00:10:55En 2005, on a construit un nouveau musée dans la terre de Jérusalem
00:11:00qui essaye de se mesurer avec la réalité chronologique et thématique de la Shoah,
00:11:06très didactique.
00:11:07On fait venir ici les écoles, les militaires.
00:11:10C'est un site de documentation historique, d'éducation irremplaçable aujourd'hui à Jérusalem.
00:11:16Un million de visiteurs par an, c'est probablement l'un des sites les plus visités de Jérusalem.
00:11:20Absolument.
00:11:21Yad Vashem, elle draine des foules.
00:11:23C'est un lieu de mémoire.
00:11:24C'est un lieu de pèlerinage et de recueillement.
00:11:34Ça sent bon tout ça.
00:11:36Il est beau ce marché.
00:11:38Il est beau et puis il est varié.
00:11:44Ce qui a de bien ici, c'est qu'il y a des gens qui viennent du monde entier, à
00:11:49Jérusalem et en Israël en général.
00:11:52On retrouve des communautés très différentes, très variées.
00:11:55On retrouve l'Europe centrale, on retrouve le Moyen-Orient, le Maghreb.
00:11:59Et les aliments sont aussi l'expression des traditions.
00:12:03Ça, c'est joli aussi.
00:12:04Tous les fruits secs.
00:12:12C'est bon ça, l'Alba.
00:12:15Tu crois qu'on peut goûter ?
00:12:16On peut goûter, il ne faut pas en abuser.
00:12:19Voilà, ça c'est Mahani Youda, c'est l'hospitalité.
00:12:22Ça s'appelle le royaume de la Alba.
00:12:24Ah ben voilà.
00:12:25On est en 1947.
00:12:26C'est la bonne adresse.
00:12:34Jérusalem est la meilleure.
00:12:35Ah oui ?
00:12:36Le numéro un.
00:12:36Le numéro un au monde.
00:12:37C'est joli.
00:12:46Voilà, là on arrive dans le quartier ultra-orthodoxe.
00:12:49Les ultra-orthodoxes, les Haredim habitent dans la partie nord de la ville.
00:12:53Donc c'est ici le cœur de l'ultra-orthodoxie.
00:12:56Veste noire, chemise blanche, pantalon noir pour les hommes.
00:13:00Les femmes sont couvertes du poignet jusqu'à la cheville toute l'année.
00:13:04Et les femmes mariées doivent se couvrir d'une façon ou d'une autre les cheveux.
00:13:08Donc soit avec des foulards, soit avec des perruques.
00:13:10Exactement.
00:13:11De loin, on dirait que c'est pareil, mais ce n'est pas du tout le cas.
00:13:13Le borsalino, il va avec la tenue occidentale relativement.
00:13:17Alors que le borsalino, le rond, le chapeau rond, il va avec le long caftan.
00:13:22Pour te donner une idée de leur mode de vie, non, pas de télévision, pas d'internet.
00:13:26Pas de journaux, pas de chiens, pas de chats.
00:13:28On ne prend pas de photos, pas de caméras, pas d'appareils photos, pas d'albums de famille.
00:13:32Mais pourquoi ?
00:13:32Une vie très, très réglementée.
00:13:34Tu ne feras pas d'images.
00:13:36Un des dix commandements, pas d'images.
00:13:38Il se coupe un peu du monde.
00:13:40Il se coupe beaucoup du monde.
00:13:41C'est ça l'idée.
00:13:46Voilà, on quitte Jérusalem, en route pour Tel Aviv.
00:13:49Alors on est parti de la ville éternelle, en direction de la ville qui ne dort jamais.
00:14:04Les gens sont en maillot de bain sur le front de mer.
00:14:07Ils sont bien loin, les pèlerins.
00:14:08C'est quoi, 60 kilomètres ?
00:14:10Entre Jérusalem et Tel Aviv.
00:14:1262 exactement.
00:14:1362.
00:14:13Une distance physique.
00:14:14Et au niveau culture, c'est les allées-lumières.
00:14:27C'est une ville qui bouge.
00:14:29Là, on le voit, là, ici, c'est tout récent, cette balade en front de mer.
00:14:32Et ce restaurant, là, derrière nous, s'appelle Comme il faut.
00:14:35C'est un nom français.
00:14:36Très conceptuel, quoi.
00:14:37Ça a l'air d'être très branché, quand même, ici.
00:14:39C'est très branché.
00:14:40C'est un restaurant, en fait, qui a commencé comme maison de mode, féministe, galerie d'art.
00:14:46C'est le cœur battant d'Israël.
00:14:48C'est une ville qui crée.
00:14:49C'est une ville qui vit le jour, la nuit.
00:14:52Métropole, moderne, qui a passé 2 millions d'habitants.
00:14:55Et Tel Aviv est toute neuve.
00:14:56C'est une ville qui a 100 ans.
00:14:57100 ans.
00:14:57C'est une ville laïque.
00:14:59C'est une ville verte sur le monde, tolérante.
00:15:02Et si vous venez à 2h du matin, c'est l'ébullition.
00:15:05Même le samedi.
00:15:07Même quand c'est Shabbat.
00:15:08Absolument.
00:15:12Il est 16h, on est vendredi.
00:15:14C'est l'heure où tout commence, à Tel Aviv.
00:15:18On oublie le travail de la semaine pour se lâcher complètement le week-end.
00:15:23Et on ne s'arrête plus jusqu'à demain.
00:15:31Karen, 30 ans, est une adepte de la fête à Tel Aviv.
00:15:35Première étape dans un bifor avec vue sur mer, un avant-goût des folles nuits de Tel Aviv.
00:15:43On se permet tout ici, à n'importe quelle heure.
00:15:45Les gens ont besoin d'oublier ce qui se passe dans leur pays, alors ils se lâchent durant le week
00:15:49-end.
00:15:50Sans compter que nous, les Juifs d'Israël, on vient d'un peu partout dans le monde.
00:15:54Au final, c'est une mosaïque de culture étonnante.
00:15:59Marocains, Égyptiens, Russes, Américains ou Français, les Israéliens venus du monde entier ont trouvé dans Tel Aviv la liberté et
00:16:06la force de s'exprimer.
00:16:17Shlomit est originaire du Yémen.
00:16:18Elle chante en hébreu et en yéménite.
00:16:21Et il n'y a qu'à Tel Aviv que l'on peut trouver ce genre de mariage.
00:16:26C'est incroyable, Tel Aviv.
00:16:28Il y a toujours quelque chose qui se passe du point de vue artistique.
00:16:31La ville est toujours en effervescence.
00:16:34C'est une ville qui m'inspire beaucoup.
00:16:37Il y a la mer, le soleil.
00:16:39Et en tant qu'artiste, c'est important de pouvoir se baigner dans un tel mélange de culture.
00:17:02A la tombée de la nuit, Harrié, un artiste performeur, se prépare.
00:17:07Il aime se déguiser depuis l'âge de 6 ans, sous l'œil averti de sa mère.
00:17:12Ici, à Tel Aviv, il peut s'exprimer en toute liberté.
00:17:17Ce sont des pionniers qui ont créé Tel Aviv.
00:17:20Des pionniers venus de partout dans le monde.
00:17:23Ce qui donne à la ville plein d'aspects différents.
00:17:27La nuit à Tel Aviv, c'est toujours une aventure.
00:17:31Quand tu commences une soirée, ici, tu ne sais jamais comment elle va finir.
00:17:36Presque tout ici est inattendu.
00:17:49Il est une heure du matin.
00:17:51Harrié se rend dans un bar gay pour faire son spectacle.
00:18:122h30, Karen rejoint un quartier branché pour retrouver ses amis.
00:18:21Florentine, ici, c'est un quartier étudiant.
00:18:23La plupart n'ont pas encore fait l'armée.
00:18:26C'est un des quartiers les plus sympas de Tel Aviv.
00:18:28C'est pas cher et on peut s'amuser entre amis.
00:18:31Il y a plein de petits lieux comme ça, mais ça bouge beaucoup.
00:18:35Les bars à la mode changent vite.
00:18:38Sinon, on finit la nuit dans une des boîtes gratuites de la ville,
00:18:41près du port par exemple, avec des boîtes un peu plus hardcore.
00:18:46On trouve toutes les musiques et toutes les ambiances.
00:18:49Je ne m'ennuie jamais à Tel Aviv.
00:19:07Nous voilà à Jaffa et d'ici, on surplombe Tel Aviv.
00:19:10On a quand même une vue extraordinaire.
00:19:12Ce qui est formidable, c'est que si on regarde bien,
00:19:15on voit bien un petit peu l'essence de Tel Aviv.
00:19:16A savoir les premiers quartiers avec les petites huiles rouges des années 1880.
00:19:20Et puis, les gratte-ciels derrière, dans les années 70.
00:19:24Le moins qu'on puisse dire, c'est que Tel Aviv est une ville de contraste.
00:19:28Ici, c'est une ville de création artistique,
00:19:30c'est une ville active, une ville économique.
00:19:32C'est la jeunesse Tel Aviv.
00:19:37Jaffa, c'est-à-dire la Belle, c'est la vieille ville de Tel Aviv.
00:19:40Dans les années 1880, beaucoup de pionniers juifs arrivaient en bateau par Jaffa.
00:19:42Ils arrivaient d'ici, ici, à Jaffa.
00:19:44Puisque c'était le port traditionnel pour monter vers Jérusalem,
00:19:47la quantité de pionniers arrivant, les prix montent, les banlieues se développent.
00:19:50C'est notre premier banlieue, Tel Aviv.
00:19:52Et la ville s'articule, finalement, autour de Jaffa.
00:19:54Exactement. Jaffa, c'est la mer de Tel Aviv, quelque part.
00:20:01Est-ce que c'est vrai que Jaffa est l'un des plus anciens ports du monde ?
00:20:05Oui, c'est l'un des ports les plus anciens du monde.
00:20:08Dans les fouilles de l'Université de Tel Aviv, ici, on a retrouvé des restes
00:20:12qui datent du milieu du deuxième millénaire avant l'ère chrétienne.
00:20:17On est dans une vieille ville.
00:20:18Vous voyez la pierre, ici, comme tout le long de la côte, c'est du grès.
00:20:21Toutes les anciennes villes, en fait, qui sont sur la côte,
00:20:23de Aschkelon, Jaffa, Antioche.
00:20:26Tout ça, ce sont des villes qui sont construites en grès.
00:20:30C'est charmant, ces petites ruelles.
00:20:37Il y a des artistes qui ont fait souvent leur porte eux-mêmes,
00:20:40comme ce qu'on voit là.
00:20:43Évidemment, beaucoup d'artistes habitent ici.
00:20:45Et on arrive là, à la maison d'Ilanagour,
00:20:48qui est une des artistes les plus connues ici à Jaffa.
00:20:50Elle a son musée, là ?
00:20:51Non seulement son musée, mais sa maison aussi.
00:20:53C'est quelque chose d'assez spécial, c'est une maison musée.
00:21:13Quand j'ai découvert cette maison,
00:21:15j'en suis tombée amoureuse.
00:21:18Au début, c'était ma maison pour les vacances,
00:21:21pas une galerie d'art.
00:21:23Je ne voulais rien vendre.
00:21:24Je voulais simplement transmettre,
00:21:27partager ma conception de l'art et de la beauté
00:21:29avec le plus grand nombre.
00:21:38Ilana, je suis sûre que vous avez choisi cette maison
00:21:41pour ça derrière, pour la vue.
00:21:43Tu regardes la vue et tu es détendue.
00:21:46Pourquoi vous avez choisi Jaffa comme quartier ?
00:21:50Quand j'ai eu à choisir où m'installer en Israël,
00:21:53c'était soit Jaffa, soit Jérusalem.
00:21:56J'ai préféré Jaffa.
00:21:58Les relations entre Juifs et Arabes sont bonnes.
00:22:02Même si je crois que sans les politiciens,
00:22:05on pourrait faire bien mieux.
00:22:11On arrive au marché au puce de Jaffa.
00:22:16Il y a vraiment de tout.
00:22:18Le marché au puce a lieu tous les jours,
00:22:21ça a lieu quand ?
00:22:22Sauf le samedi.
00:22:23Bien sûr.
00:22:24Moi, pendant Shabbat,
00:22:25à partir de quelle heure,
00:22:26il n'y a plus personne dans les rues ?
00:22:28D'après la loi juive,
00:22:29une demi-heure avant la tombée de la nuit.
00:22:31Ça, c'est les gens qui suivent l'orthodoxie,
00:22:33pure et dure.
00:22:33La majorité des Israéliens sont laïcs.
00:22:35Qu'est-ce qu'il faut faire
00:22:36et qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ?
00:22:37Le texte d'origine est très simple.
00:22:39On ne travaille pas
00:22:40et on ne fait pas de feu.
00:22:41Et comme commentateur rabbinique,
00:22:42on va appliquer ça
00:22:42à tout ce qui est mécanique,
00:22:43à tout ce qui est feu,
00:22:44à tout ce qui est électricité.
00:22:45Pas de voiture ?
00:22:46Pas de téléphone non plus ?
00:22:47Pas de téléphone.
00:22:50Petit à petit,
00:22:51la ville se ferme avec Shabbat.
00:22:53Mais il y a certains restaurants
00:22:54et cafés qui vont ouvrir en soirée.
00:22:56Et puis, en ce moment même,
00:22:58il y a un festival de musique.
00:23:00Ouais.
00:23:01Un festival de musique
00:23:02où je suis fait arabe,
00:23:04font de la musique
00:23:05au port de Jaffa.
00:23:06On va faire un tour alors.
00:23:07Allez.
00:23:08B touring le discussing
00:23:10entre Méta Frontal
00:23:36ouvi Bal
00:23:44Sur scène, des enfants de Jaffa.
00:23:46La plupart sont nés et ont grandi ici, comme Mohamed.
00:23:50Il est arabe, rappeur et prof de tennis.
00:24:02Changement de décor pour notre artiste qui passe ses journées sur les terrains de sport.
00:24:09Il enseigne le tennis depuis deux ans à des enfants de Jaffa.
00:24:18Je joue sur deux terrains différents, le sport et la musique, mes deux passions.
00:24:25Le sport m'a aidé à sortir des quartiers et la musique me permet de m'exprimer sur ce que
00:24:30j'aime, ce que je défends.
00:24:32C'est un équilibre qui m'a permis de m'en sortir.
00:24:37Je ne peux pas vivre l'un sans l'autre.
00:24:39Le sport et la musique sont deux parties de moi-même.
00:24:48Mohamed est né à Jaffa il y a 22 ans.
00:24:51La ville où il a grandi et surtout sa Médina sont une grande source d'inspiration pour ses chansons.
00:24:58Je viens d'une famille de pêcheurs.
00:25:00J'ai beaucoup d'attaches ici.
00:25:02Et puis c'est magnifique, la vieille ville, la mer.
00:25:08Mon cœur appartient à cette ville.
00:25:10Elle m'inspire et je lui dois beaucoup.
00:25:13Mohamed est une figure locale dans une ville cosmopolite où Juifs et Arabes tentent de cohabiter.
00:25:18Et la cohabitation commence dans la rue.
00:25:25C'est ici qu'on se retrouvait à nos débuts le soir entre Arabes et Israéliens pour danser, faire du
00:25:31breakdance, jouer de la musique.
00:25:36Ils rejoignent Neta, son ami israélien.
00:25:41Ensemble, ils ont créé le groupe Système Ali avec 11 de leurs camarades.
00:25:45Ils chantent en hébreu, en arabe, en russe et en anglais.
00:25:50Système Ali, Ali qui veut dire plus fort, plus grand, comme pour signifier aux autres que c'est leur système
00:25:56le plus fort, leur mélange qui les rend plus grands.
00:26:07Mohamed, c'est mon frère, mon frère de cœur.
00:26:11Notre amitié est un symbole, un combat.
00:26:14Le groupe qu'on a créé, Système Ali, est basé sur cette fraternité.
00:26:19C'est notre différence qui fait le ciment du groupe.
00:26:22Et en plus et avant tout, Mohamed, c'est un super chanteur.
00:26:30C'est pas important, finalement, qu'on soit des juifs ou des musulmans.
00:26:34Nous sommes d'abord des êtres humains.
00:26:39Ce qui est important, c'est de pouvoir s'exprimer librement.
00:26:43Dire ce qu'on a sur le cœur et le reste suivra.
00:27:11C'est un des grands telles, l'archéologique.
00:27:14Et ça fait combien de temps, à peu près, qu'ils fouillent ce site ?
00:27:17L'université de Tel Aviv fouille tous les deux ans, en fait, tous les deux ans.
00:27:20Tous les étudiants viennent ici et puis il y a d'autres étudiants qui viennent des Etats-Unis, du Canada,
00:27:24comme ceux qu'on voit là.
00:27:26C'est rare de trouver ça, non ?
00:27:29On trouve quelques tessons de temps en temps, mais surtout en Orangénie.
00:27:35Ils ont réussi à dater ce site ?
00:27:37Là, ils sont au début de l'époque du fer, c'est-à-dire l'installation des premiers Hébreux.
00:27:42Donc c'est très excitant parce que...
00:27:43Et oui, parce que du coup, on peut se permettre de se poser plein de questions.
00:27:45Pourquoi ils sont venus là ? Pourquoi ils se sont arrêtés ici ?
00:27:48Qu'est-ce qu'ils faisaient ? Comment ils vivaient ? Qu'est-ce qu'ils mangeaient ?
00:27:50Et on s'en pose.
00:27:51Et on s'en pose justement qu'est-ce qu'ils mangeaient.
00:27:53On a retrouvé des pots de céramique remplis de restes d'aliments.
00:27:57Donc tout ça va être analysé, faire l'objet de commentaires, d'interprétations.
00:28:01Ce qu'il y a de drôle et d'intéressant, c'est que le kibbutz où on va, il est
00:28:04juste en face.
00:28:05Le kibbutz tzora, la vie en communauté, par définition.
00:28:09Et là, ici, juste en face, il y a une autre communauté, une autre vie en communauté.
00:28:14Je ne sais pas si on peut faire un lien.
00:28:16Le nom du kibbutz, c'est un nom qui est mentionné dans la Bible.
00:28:18Donc à l'époque du fer, qu'on voit mise à jour devant nous.
00:28:20Voilà.
00:28:30C'est beau, hein, déjà.
00:28:31Regarde-moi, déjà, les arbres qu'il a dans le jardin.
00:28:35Ciao, Leslie !
00:28:37Salut !
00:28:37Salut !
00:28:39Ça va ?
00:28:42Vous vivez dans ce kibbutz depuis combien de temps, vous, Leslie ?
00:28:46Ça fait 45 ans que je suis ici.
00:28:51Je suis arrivé très jeune.
00:28:52J'avais 20 ans.
00:28:55Comment les premiers kibbutz ont commencé ?
00:28:58Ça date quoi ?
00:28:58À peu près du début du 20e siècle ?
00:29:011908, exactement.
00:29:04Un premier groupe a dégané des Européens.
00:29:09L'environnement était hostile, ils devaient vivre ensemble.
00:29:15Leurs campements étaient entourés d'arabes.
00:29:19Ils voulaient cultiver la terre et devenir les nouveaux juifs.
00:29:22Car jusque-là, les juifs étaient surtout des commerçants ou des banquiers.
00:29:28Eux, ils voulaient cultiver la terre.
00:29:31L'agriculture était un aspect important des kibbutz.
00:29:37Ça l'est encore maintenant.
00:29:39Chaque kibbutz a une ferme.
00:29:40L'esprit des kibbutz a changé aujourd'hui.
00:29:45Comment ça se passe ?
00:29:48Il y a 20 ans, il y a eu une grosse crise financière dans les kibbutz.
00:29:53Beaucoup de gens en sont partis.
00:29:55Les jeunes étaient désabusés.
00:29:57Mais maintenant, ça repart.
00:30:01Surtout depuis le début de la crise mondiale actuelle.
00:30:03La population de tous les kibbutz augmente à nouveau.
00:30:14C'est quoi vraiment la superficie du kibbutz ?
00:30:182500 hectares exactement.
00:30:21Nous avons du blé,
00:30:22et aussi des vignes derrière,
00:30:25des oliviers et de nombreux amandiers.
00:30:29Mais vous vendez votre production ou c'est juste pour vous ?
00:30:32Tout est vendu à l'extérieur.
00:30:40Alors voilà un des petits trésors d'Israël.
00:30:44Depuis 10 ans, la région a vu se multiplier les producteurs de vins.
00:30:49Il y a même une route des vins.
00:30:52Les touristes peuvent visiter différentes propriétés
00:30:55et faire des dégustations.
00:30:58Dites-moi, vous qui venez d'Afrique du Sud,
00:31:01qu'est-ce que vous préférez ?
00:31:02Le vin d'ici ou le vin d'Afrique du Sud ?
00:31:06Ah, l'Afrique du Sud produit aussi de bons vins,
00:31:09moins chers qu'ici.
00:31:12Mais la grosse différence, c'est qu'en Israël,
00:31:14on fait un bon vin kashar de qualité.
00:31:18Bon, je ne sais pas ce que tu en penses, Charles,
00:31:20mais pour être sûr qu'il est bon, ce vin,
00:31:22il faut qu'on le goûte.
00:31:22On n'a pas le choix, on n'a pas le choix.
00:31:25Absolument.
00:31:28Il a du nez, comme on dit.
00:31:30C'est du vin de caractère.
00:31:34C'est une de nos meilleures productions.
00:31:39Est-ce que vous êtes sûr que ce vin est kashar, la Sli ?
00:31:44Oui, absolument sûr.
00:31:45Seuls les gens qui respectent le Shabbat
00:31:47sont autorisés à vignifier ou à toucher les grappes.
00:31:50Bon, il ne faut pas trop en abuser, quand même,
00:31:52parce qu'elle est très forte.
00:31:54Avec le soleil qui fait, je crois qu'il vaut mieux boire de l'eau,
00:31:57même si elle est très, très rare ici.
00:32:03L'eau dans la région est un trésor qu'il faut préserver.
00:32:06Pourtant, l'or bleu d'Israël disparaît petit à petit.
00:32:09Après cinq années de sécheresse,
00:32:11le lac Tiberiade, principal réservoir du pays,
00:32:13a atteint son niveau d'alerte.
00:32:17Le besoin annuel en eau d'Israël
00:32:19est estimé à 1,5 milliard de mètres cubes.
00:32:23Aujourd'hui, nous avons un déficit de 800 millions de mètres cubes.
00:32:28Il faut donc cesser tout gaspillage,
00:32:30que ce soit dans l'agriculture,
00:32:31l'eau domestique ou dans l'industrie.
00:32:34Tout le monde doit s'y mettre.
00:32:36On n'a plus le choix maintenant.
00:32:37La solution au problème d'eau se trouve peut-être là où on ne l'attend pas.
00:32:45Dans le désert du Négev, dans le sud du pays.
00:32:49Une zone aride, inhospitalière,
00:32:51qui voit aujourd'hui pousser toutes sortes de fruits et légumes.
00:32:56Leur ressource, une eau somâtre,
00:32:59puisée entre 500 et 1500 mètres de profondeur,
00:33:01et surtout une exploitation mesurée de l'eau,
00:33:04le goutte à goutte,
00:33:05qui permettent une meilleure production
00:33:07et des économies d'eau.
00:33:10Ça fait du bien de manger des tomates en plein désert.
00:33:13Oui, t'as vu, elles arrivent tôt cette année.
00:33:16Elles sont un peu salées.
00:33:22Pour faire nos cultures,
00:33:23il nous suffit de 30 centimètres de sable.
00:33:26Du sable qu'on enrichit avec du compost.
00:33:30Et on peut faire pousser n'importe quoi.
00:33:33Et notamment des tomates.
00:33:3820 ans de recherche ont été nécessaires pour en arriver là.
00:33:42Aujourd'hui, le centre de recherche d'Arava
00:33:44travaille avec une centaine d'agriculteurs
00:33:46qui exportent dans le monde entier
00:33:48et récoltent toute l'année.
00:33:51Les Israéliens sont à la pointe
00:33:53des recherches en agriculture raisonnée.
00:33:55Comme ici, une plantation de datiers,
00:33:58une plantation expérimentale
00:33:59où tout est mesuré au millimètre près.
00:34:07On a des capteurs qui mesurent le taux d'humidité dans la terre.
00:34:11D'autres qui prennent les mesures des racines
00:34:14et de la croissance de l'arbre et du fruit.
00:34:18Tout est informatisé.
00:34:19Et les paramètres sont étudiés en temps réel.
00:34:22Ce qui permet de modifier le débit d'eau
00:34:24en fonction de la chaleur ou de la météo.
00:34:28On a déjà fait 10% d'économie d'eau
00:34:30avec cette expérience.
00:34:45Alors là, on passe en dessous du niveau de la mer.
00:34:47Voilà, sous le point zéro.
00:34:49On arrive à la mer Morte.
00:34:50Un petit cours de géographie.
00:34:52La mer Morte est entourée par Israël,
00:34:55la Jordanie et les territoires palestiniens.
00:34:57Voilà, ici, on est voisins.
00:34:59Donc, on va descendre justement à 400 mètres.
00:35:02Tu vas voir.
00:35:02C'est le seul endroit au monde où c'est possible.
00:35:06Quelle vue !
00:35:08Oh là là, c'est magnifique !
00:35:10Alors là, voilà la mer Morte ?
00:35:12Nous y sommes.
00:35:13Alors dis-moi, est-ce que c'est un lac salé
00:35:16ou une mer intérieure, la mer Morte ?
00:35:18C'est pas une mer, c'est un nom littéraire.
00:35:20C'est réellement un lac.
00:35:21Et en bas, là, qu'est-ce qu'on aperçoit ?
00:35:24Alors, qu'est-ce qu'on voit ?
00:35:24Un peu creusé, là, tu vois ?
00:35:25C'est une petite forteresse d'époque byzantine
00:35:28qui contrôlait la route des caravanes
00:35:29qui montaient depuis la mer Morte
00:35:31avec leur cargaison de sel.
00:35:32C'était une route du sel.
00:35:34Exactement.
00:35:34C'est la richesse de l'Antiquité,
00:35:36c'est le pétrole de l'Antiquité.
00:35:37C'était très précieux, le sel.
00:35:38Le sel est extrêmement précieux
00:35:40puisqu'il sert à conserver les aliments dans l'Antiquité.
00:35:43On se rapproche un petit peu ?
00:35:44Allez.
00:35:45Allez, on descend.
00:35:51Alors, qu'est-ce qui explique
00:35:52la si forte salinité de la mer Morte ?
00:35:55On est en zone complètement aride
00:35:57et donc le taux d'évaporation est très élevé
00:36:00et donc la teneur en sel est aussi.
00:36:02On a ici plus de 30% de sel
00:36:05alors que la Méditerranée est considérée salée
00:36:08à seulement 6%.
00:36:09Ah oui, en effet.
00:36:10Donc, comme il y a beaucoup de sel,
00:36:12on flotte ?
00:36:12On flotte, la densité de la mer est plus élevée
00:36:15que celle de notre corps.
00:36:16Et on a une grosse surprise
00:36:17une fois qu'on est rentré dedans.
00:36:18Les pieds remontent, bouchons.
00:36:20L'effet bouchon.
00:36:24Alors bon, ça peut des fois être un petit peu ridicule.
00:36:27C'est complètement ridicule,
00:36:28mais c'est surprenant.
00:36:29Au premier abord, on ne réalise pas.
00:36:31Les baigneurs flottent
00:36:32et il n'y a pratiquement qu'ici
00:36:34où le phénomène existe au monde.
00:36:39On ne fait pas comme tout le monde, nous.
00:36:42La mer morte, on est venu pour la regarder.
00:36:45Ça va ?
00:36:45Ça se passe bien ?
00:36:46Ah oui, mais calme.
00:36:48Dis-moi, tous les gens qui sont ici,
00:36:50ce sont des curistes ?
00:36:51Ce sont des gens qui viennent pour des traitements ?
00:36:53C'est des curistes d'une journée,
00:36:54c'est des curistes amateurs.
00:36:55Ils viennent ici pour l'atmosphère.
00:36:58Ici, il y a plus d'oxygène.
00:36:59Les hommes n'en sont pas conscients,
00:37:00mais ils en bénéficient.
00:37:01Il y a plus d'oxygène ?
00:37:02Bien sûr.
00:37:03Qu'est-ce que c'est-à-dire ?
00:37:03Il y a de 8 à 10% d'oxygène en plus
00:37:05à la mer morte.
00:37:05Il y a aussi des éléments de l'air
00:37:08qui font dormir.
00:37:09On se sent tranquille,
00:37:11somnifère légèrement.
00:37:13On ne voit jamais des gens nerveux à la mer morte.
00:37:15C'est vrai.
00:37:17Vous êtes debout, là ?
00:37:19Non, non, non.
00:37:21C'est agréable ?
00:37:22Génial.
00:37:24Donc, une partie du littoral
00:37:25est constituée de boue organique.
00:37:27Donc, pour les bains de boue,
00:37:28c'est aussi l'idéal.
00:37:29On exploite les boues,
00:37:31mais d'autres sels minéraux.
00:37:32Tout le long du littoral,
00:37:34ce sont des centres de thermalisme,
00:37:36certains d'entre eux médicalisés.
00:37:37Alors, ce sont des médecins spécialisés
00:37:39qu'on appelle des climothérapeutes.
00:37:44Les vertus de la mer morte
00:37:46sont connues depuis l'Antiquité.
00:37:48S'enduire debout
00:37:49ou flotter dans une eau
00:37:5010 fois plus salée que les océans
00:37:52peuvent soigner des maladies de peau
00:37:53ou un rhumatisme.
00:37:56La mer morte
00:37:57est considérée
00:37:58comme le plus grand spa du monde.
00:38:00Même son eau souterraine
00:38:02est exploitée.
00:38:06On a 6 piscines d'eau sulfureuse.
00:38:08L'eau est puisée
00:38:09à 20 mètres de profondeur.
00:38:11Et elle est à 41 degrés
00:38:12et arrive ici dans la piscine
00:38:14à 38, 39 degrés.
00:38:16La température idéale.
00:38:18C'est une eau thermale
00:38:20très concentrée en sels minéraux.
00:38:22On doit se baigner 15 minutes
00:38:23pas plus
00:38:24pour se relaxer
00:38:25et soigner ses problèmes de peau.
00:38:37Mais la mer morte
00:38:39risque de disparaître à jamais.
00:38:41Les centres construits
00:38:42en bord de mer
00:38:43il y a 30 ans
00:38:43se trouvent à présent
00:38:45à plus d'un kilomètre
00:38:46du rivage.
00:38:47car les pluies
00:38:48se font rares
00:38:49et le fleuve Jourdain
00:38:50qui alimente la mer morte
00:38:51est devenu
00:38:51un petit filet d'eau.
00:38:54La faute à l'agriculture
00:38:55mais aussi
00:38:56à une exploitation
00:38:57pour le tourisme
00:38:58et l'extraction intensive
00:38:59du sel par évaporation.
00:39:03Des riverains
00:39:04ont décidé de se battre
00:39:05pour que leur mer morte
00:39:06reste bien vivante.
00:39:11Direction
00:39:11l'ancien camping
00:39:12de Engedi.
00:39:13Un paysage lunaire
00:39:14parsemé
00:39:15de centaines de trous.
00:39:18Au début des années 90
00:39:20une jeune fille
00:39:21qui travaillait ici
00:39:21est tombée
00:39:22dans un trou
00:39:23comme celui-ci.
00:39:24Là
00:39:24un nouveau puits
00:39:25s'est formé
00:39:25il doit faire
00:39:26à peu près
00:39:2722 mètres de profondeur.
00:39:29Depuis la fin
00:39:30des années 80
00:39:31ce genre de puits
00:39:31apparaît
00:39:32tout le long
00:39:32de la mer morte.
00:39:35Le retrait de la mer
00:39:36laisse des poches
00:39:37de sel friables
00:39:38en profondeur.
00:39:39Des poches
00:39:40qui s'effondrent régulièrement.
00:39:43Dans toute la région
00:39:44nous devons changer
00:39:45notre politique agricole.
00:39:47On ne peut plus
00:39:47mettre autant d'eau
00:39:48dans la culture
00:39:49des fleurs
00:39:49ou des fruits et légumes
00:39:50qui finiront
00:39:51dans les assiettes
00:39:52des Européens.
00:39:53Il faut arrêter
00:39:53les cultures intensives
00:39:55qui nécessitent
00:39:55beaucoup d'eau.
00:39:57On doit changer
00:39:57notre comportement.
00:40:00Changer de comportement
00:40:01avant qu'il ne soit
00:40:02trop tard.
00:40:03Chaque année
00:40:03le niveau de la mer
00:40:04baisse de 1 mètre environ.
00:40:06Selon certains experts
00:40:08si rien n'est fait
00:40:09la mer morte
00:40:10se sera évaporée
00:40:11en 2050.
00:40:32Ce qui coûte, tu vois,
00:40:34date de 1956 exactement.
00:40:37Donc il a 53 ans.
00:40:40Tout ce que tu vois ici
00:40:41n'est pas plus vieux
00:40:43que 53 ans.
00:40:45Alors moi,
00:40:46j'ai voulu venir à Engedi
00:40:47non seulement pour te voir,
00:40:49bien sûr,
00:40:49mais aussi
00:40:50pour me mettre
00:40:51un peu au vert.
00:40:52T'es venue chercher
00:40:53le jardin d'Éden
00:40:54quand tu es allé ici.
00:40:55En fait,
00:40:56j'y suis arrivée
00:40:57par hasard
00:40:58et je suis tombée amoureuse.
00:41:00Vraiment,
00:41:01je suis tombée amoureuse.
00:41:02Je suis tombée amoureuse
00:41:03autant de la verdure
00:41:05du jardin botanique
00:41:06que de ce qu'on va voir
00:41:08de l'autre côté
00:41:08de ces montagnes fabuleuses.
00:41:16Moi, c'est un peu chaud, hein ?
00:41:18Non, tu crois ?
00:41:19C'est très sec quand même, hein ?
00:41:20Oui, alors moi,
00:41:21je te disais,
00:41:21je suis venue chercher
00:41:22un petit peu de verdure,
00:41:23un petit peu de fraîcheur.
00:41:24Alors...
00:41:25Et tu m'emmènes
00:41:25dans le poids le plus chaud.
00:41:29Il y a combien d'espèces,
00:41:30là, ici, tu sais ?
00:41:31Plus de 1 000 espèces
00:41:32de plantes,
00:41:34de fleurs,
00:41:34de buissons,
00:41:35le tout confondu.
00:41:36Et en fait,
00:41:37ça a été un peu un jeu.
00:41:39En fait,
00:41:39ce qui s'est passé,
00:41:40c'est que chaque fois
00:41:40qu'ils mettaient quelque chose
00:41:41en terre,
00:41:42ça poussait.
00:41:43Alors, ben,
00:41:44on y va, hein ?
00:41:45On plante un peu
00:41:46toutes les espèces.
00:41:46Mais c'était une terre
00:41:47un peu miraculeuse,
00:41:48si j'ose dire.
00:41:48On plantait et ça poussait.
00:41:50Il y a plusieurs,
00:41:50quand même,
00:41:51explications.
00:41:52La première,
00:41:53c'est la source
00:41:54d'engueidi.
00:41:55Et deux,
00:41:55les minéraux
00:41:56de la mer Morte.
00:41:57La mer regorge
00:41:59de minéraux.
00:42:01À chaque année,
00:42:02des scientifiques
00:42:03qui viennent ici
00:42:03et disent...
00:42:04Mais qu'est-ce qui se passe ici ?
00:42:05Qu'est-ce qui se passe ici ?
00:42:06Et voilà.
00:42:07Si on se mettait un peu
00:42:08à l'ombre, hein ?
00:42:08Je pense que ça va
00:42:09nous faire du bien.
00:42:13Je suis arrivée
00:42:14toute seule ici
00:42:15en janvier 2005.
00:42:17Quand je suis arrivée ici,
00:42:20en fait,
00:42:20ça a été une rupture
00:42:21totale.
00:42:22Totale.
00:42:23Et...
00:42:24Je n'ai pas eu
00:42:25de doute sur le choix
00:42:26que j'avais fait.
00:42:28En aucun cas,
00:42:28j'ai eu un doute.
00:42:29Mais pendant quelques mois,
00:42:31j'ai ressenti
00:42:31une espèce de manque,
00:42:33en fait.
00:42:34J'étais en manque
00:42:35de stress.
00:42:37T'as eu du mal
00:42:38à te désintoxiquer
00:42:39de la ville ?
00:42:40Absolument.
00:42:41Téléphone à la voiture.
00:42:42Comment tu as été accueillie
00:42:43ici ?
00:42:44Les gens t'ont reçue
00:42:45à bras ouverts ?
00:42:46Ici, on dit le mot
00:42:47sabra.
00:42:47Ça veut dire quoi ?
00:42:48Le sabra,
00:42:49c'est la figue de barbarie,
00:42:51en fait.
00:42:51C'est le fruit du cactus.
00:42:54Et donc,
00:42:55pour expliquer un peu
00:42:56le tempérament
00:42:57des Israéliens,
00:42:58on dit que ce sont
00:42:58des sabras,
00:42:59ceux qui sont nés
00:42:59sur place
00:43:00en Israël.
00:43:02et ils sont piquants
00:43:03à l'extérieur
00:43:04et très doux
00:43:05comme le miel
00:43:05à l'intérieur.
00:43:06C'est une jolie image.
00:43:12Sophie, Sophie.
00:43:15Voilà.
00:43:15C'est un troupeau
00:43:17du bête mâle,
00:43:18en fait.
00:43:20C'est amusant
00:43:20parce qu'ils se promènent
00:43:22entre mâle
00:43:23ou femelle.
00:43:24Et là,
00:43:25on voit,
00:43:25donc,
00:43:25ils ont les cornes,
00:43:26là,
00:43:27comme ça.
00:43:27Donc,
00:43:28c'est un troupeau mâle.
00:43:29Est-ce que c'est
00:43:30un animal représentatif
00:43:31d'Angedi ?
00:43:32Ben oui,
00:43:32tu sais,
00:43:33le nom Angedi,
00:43:34en fait,
00:43:34tient de ce lieu.
00:43:37C'est la source
00:43:38du chauvreau.
00:43:39Donc,
00:43:40ici,
00:43:41c'est l'animal fétiche.
00:43:42S'il fallait trouver
00:43:43l'emblème,
00:43:43ça serait probablement...
00:43:44C'est celui-là.
00:43:51Ça va nous faire du bien,
00:43:52cette cascade.
00:43:54Ah oui,
00:43:54voilà,
00:43:54on va pouvoir
00:43:55se rafraîchir.
00:43:57Bon,
00:43:58il est possible
00:43:58qu'on ne soit pas
00:43:59les seuls.
00:43:59Oui,
00:43:59j'entends du bruit,
00:44:01d'ailleurs.
00:44:10C'est très joli.
00:44:13C'est très joli.
00:44:13Pendant qu'on se rafraîchit
00:44:14un peu,
00:44:15Martine,
00:44:16je propose
00:44:16qu'on trouve
00:44:17une nouvelle route mythique.
00:44:18C'est un très beau voyage
00:44:19signe Olivier Lacaze
00:44:21qui est entre Panama
00:44:22et Malagua.
00:44:23C'est très joli.
00:44:25C'est très joli.
00:44:31Il existe une contrée
00:44:32oubliée par la géographie.
00:44:34Un chapelet d'îles
00:44:36flottant sur les eaux turquoises
00:44:37de la Caraïbe.
00:44:40Je suis au paradis
00:44:41et le fantôme de Christophe Colomb
00:44:43erre sans doute encore
00:44:44dans ce labyrinthe
00:44:45à la recherche d'une ouverture
00:44:46vers le Pacifique.
00:44:48Panama.
00:44:49Le raccourci vers les Indes
00:44:51est là,
00:44:51tout près.
00:44:52Colomb en est persuadé.
00:44:54Ce qu'il ne sait pas encore,
00:44:55c'est que les hommes
00:44:56vont finir par creuser
00:44:57quatre siècles après lui
00:44:58ce raccourci
00:44:59qui hante son sommeil
00:45:00et qui n'existe pas.
00:45:05Depuis ce temps-là,
00:45:06le paradis n'a pas
00:45:07beaucoup changé.
00:45:13J'arrive au Panama
00:45:14par la route des navigateurs.
00:45:16De là,
00:45:17je vais remonter
00:45:18l'isthme d'Amérique centrale.
00:45:19Une route
00:45:20et deux océans.
00:45:22Le canal sera le premier
00:45:23à m'offrir le Pacifique.
00:45:25Ensuite,
00:45:25je poursuivrai
00:45:26vers le poumon vert voisin,
00:45:27le Costa Rica,
00:45:28pour explorer la côte Caraïbe.
00:45:30Le bitume de la Pan-Américaine
00:45:32sera mon fil d'Ariane
00:45:33pendant tout ce voyage
00:45:34jusqu'à l'apothéose,
00:45:36les volcans,
00:45:37gardiens du Nicarbon,
00:45:39en accostant le rivage
00:45:41de Rio Sidra
00:45:41dans l'archipel
00:45:42des îles San Blas,
00:45:44je pars à la recherche
00:45:45du plus vieux fantasme
00:45:46du voyageur,
00:45:47la liberté.
00:45:58On raconte que l'esprit
00:45:59de la liberté
00:46:00coule dans les veines
00:46:01des Indiens kunas.
00:46:03Leur territoire
00:46:04est un exemple unique au monde.
00:46:05Je foule la première terre indienne
00:46:07autonome des Amériques.
00:46:09Les kunas ont toujours refusé
00:46:10la tutelle étrangère.
00:46:11Ils se sont même battus
00:46:12jusqu'au sang
00:46:13pour sauver leur terre.
00:46:15Depuis,
00:46:15dans la Comarca,
00:46:16on n'hésite plus
00:46:17à affirmer son identité
00:46:18et à revendiquer
00:46:20son indépendance.
00:46:24« Nous, on n'a rien à voir
00:46:25avec le Panama ou la Colombie.
00:46:29Moi, je ne suis jamais allé au Panama
00:46:31ou en Colombie.
00:46:35même si aujourd'hui,
00:46:37le président de Panama
00:46:38est de notre côté
00:46:39et nous sommes reconnus
00:46:46par le gouvernement
00:46:46des États-Unis.
00:46:47Nous avons des relations
00:46:50avec Panama.
00:46:54Nous avons des ministres,
00:46:57des avocats,
00:46:57des ambassades.
00:47:00Nos représentants
00:47:01se sont rendus
00:47:02à Panama
00:47:03pour parlementer,
00:47:05pour réclamer des aides,
00:47:08une coopération.
00:47:12C'est comme ça
00:47:13que nous cohabitons
00:47:14avec Panama.
00:47:18Pour pouvoir visiter le village,
00:47:20je vais devoir
00:47:21montrer patte blanche
00:47:22et glisser quelques billets verts
00:47:24à Constantin,
00:47:24le Sahila,
00:47:25le sage de l'île.
00:47:29Toi,
00:47:30tu n'aurais jamais eu le droit
00:47:31de venir ici avant.
00:47:34Jamais.
00:47:36Les anciens avaient peur
00:47:37des étrangers
00:47:38parce qu'ils ne les comprenaient pas.
00:47:41ils ne parlaient ni anglais
00:47:43ni espagnol.
00:47:46Ils avaient peur
00:47:47qu'on leur fasse du mal.
00:47:48Mais plus maintenant
00:47:49car nous avons des écoles
00:47:51et nous faisons des études.
00:47:59Je reprends la mer
00:48:01avec une certitude.
00:48:02Les kunas survivent libres
00:48:03et déterminés.
00:48:05Leur richesse est là,
00:48:06mais pour combien de temps ?
00:48:14Mon embarcation se perd à nouveau
00:48:16dans un dédale
00:48:16de plusieurs centaines d'îlots.
00:48:20Au détour d'une mangrove,
00:48:22Ramon et son neveu
00:48:23réclament leur dû aux éléments.
00:48:27La mer nourrit les kunas
00:48:28et l'artisanat les fait vivre.
00:48:31Après avoir acheté
00:48:32quelques mollas,
00:48:33le tissu traditionnel,
00:48:34je suis invité à partager
00:48:35le repas de Ramon
00:48:36et de sa famille.
00:48:37L'hospitalité des kunas
00:48:39est celle des gens de la mer,
00:48:40de ceux qui aiment voir
00:48:41l'embarcation d'un visiteur
00:48:43égayer leur horizon rectiligne.
00:48:47Ici, c'est la chambre à coucher.
00:48:49On dort sur ces hamacs.
00:48:52On dort à six, ici.
00:48:56L'île appartient à ma famille.
00:48:59Toutes les familles
00:49:00n'ont pas une île à elle.
00:49:01Les îles sont des héritages.
00:49:08Et moi et mon frère,
00:49:09on a hérité de celle-ci.
00:49:17Mon fils s'est marié.
00:49:21Il a déménagé
00:49:22et travaille à Panama.
00:49:24Et mes filles,
00:49:25ça va dépendre de l'homme
00:49:26avec lequel elles vont se marier.
00:49:29Si l'homme travaille au Panama,
00:49:31elles le suivront.
00:49:34Sinon,
00:49:35elles vont rester.
00:49:36Et moi, je préfère qu'elles restent.
00:49:38Mais je ne peux pas les obliger.
00:49:44Personnellement,
00:49:45je n'aime pas la ville de Panama.
00:49:47Car il y a beaucoup de violence,
00:49:49de drogue.
00:49:51La vie est beaucoup plus agitée qu'ici.
00:49:54Je préfère vivre ici,
00:49:56à Kunayala.
00:50:01On va tout perdre.
00:50:02Les Kunas sont des êtres mains
00:50:04comme les autres.
00:50:06Et les problèmes augmentent
00:50:08à Kunayala comme partout.
00:50:14La drogue,
00:50:15la délinquance,
00:50:16l'immoralité.
00:50:19Tout cela affecte notre territoire.
00:50:23C'est pour ça que le futur
00:50:25des Kunas n'est pas très brillant.
00:50:39La sagesse et la mer
00:50:40protègent les Kunas
00:50:42des envahisseurs
00:50:42depuis cinq siècles,
00:50:43depuis que les conquistadors
00:50:45se sont jetés
00:50:45à l'assaut du Nouveau Monde.
00:50:48Le dernier retranchement Kunas
00:50:50est fragile.
00:50:50Je m'en éloigne discrètement.
00:51:04Le retour à la civilisation
00:51:06est brutal,
00:51:07bruyante,
00:51:08décrépit,
00:51:09coloré.
00:51:10Cologne est une ville attachante.
00:51:12Je m'y sens bien.
00:51:13Pourtant,
00:51:14elle traîne
00:51:14une mauvaise réputation
00:51:15de cité portuaire.
00:51:17L'insécurité
00:51:17et la pauvreté
00:51:18ont terrassé
00:51:19celle qu'on appelait
00:51:20la petite tasse en or.
00:51:21Cologne a connu
00:51:22son heure de gloire,
00:51:23bâtissant les plus grandes fortunes
00:51:25panaméennes
00:51:25avant de sombrer
00:51:26dans l'oubli.
00:51:38C'est une des provinces
00:51:49qui rapporte le plus au pays.
00:51:51Mais l'argent passe
00:51:52et reste dans les mains
00:51:53de certains membres
00:51:54influents du gouvernement.
00:51:57Cologne doit redevenir
00:51:59la vitrine de Panama,
00:52:00particulièrement pour aider
00:52:02le développement du tourisme.
00:52:06Tous les colonnais
00:52:07espèrent que le gouvernement
00:52:09mettra tous les moyens possibles
00:52:10pour que Cologne
00:52:11redevienne la petite tasse en or.
00:52:19A la sortie de Cologne,
00:52:20les embouteillages
00:52:21et les enseignes publicitaires
00:52:23me guident vers
00:52:23une autre idée du monde.
00:52:28Le temple de l'économie mondiale
00:52:30globalisée
00:52:31s'est barricadé
00:52:32à quelques centaines de mètres
00:52:33seulement
00:52:34d'une ville asphyxiée.
00:52:45Je n'avais jamais vu
00:52:47un centre commercial
00:52:47comme celui-ci,
00:52:49grand comme une ville.
00:52:50Les navires du monde entier
00:52:52vendent leurs cargaisons
00:52:53avant de repartir
00:52:53chargés de conteneurs.
00:52:55Des milliards de dollars
00:52:56transitent derrière
00:52:57ces murs aveugles.
00:52:58La fièvre du commerce
00:52:59frappe la zone libre
00:53:00de Cologne
00:53:01et Francisco
00:53:02s'est installé
00:53:03à son chevet.
00:53:13Ça fait 25 ans
00:53:17que je travaille ici.
00:53:18Je vends des raspados,
00:53:20des bonbons,
00:53:20des boissons
00:53:22et j'attends les visiteurs
00:53:23comme toi
00:53:23qui viennent de partout.
00:53:26Ici,
00:53:27c'est une zone franche
00:53:28où tout se vend,
00:53:29des produits internationaux.
00:53:35Tu veux quel parfum ?
00:53:36J'ai ananas,
00:53:38citron,
00:53:38tamarin.
00:53:41Comme c'est un endroit
00:53:42international
00:53:42et que nous sommes
00:53:43en Amérique centrale,
00:53:45il y a beaucoup d'étrangers
00:53:46qui viennent pour travailler.
00:53:49Il y a aussi
00:53:49beaucoup d'entreprises
00:53:50qui s'installent
00:53:51à cause du canal.
00:53:53Et puis,
00:53:53il y a le port
00:53:54qui est très important
00:53:55pour nous à Panama
00:53:56car ça amène
00:53:57beaucoup de gens.
00:54:00le dollar
00:54:01tout l'afflot ici.
00:54:03C'est une vraie mine d'or.
00:54:09Voilà ton raspado.
00:54:13J'ai repris la route
00:54:14jusqu'aux portes
00:54:15de la mine d'or,
00:54:17là où une poignée d'hommes
00:54:18orchestrent un ballet de géants.
00:54:27Certains mythes
00:54:28font rentrer un voyage
00:54:28dans la légende.
00:54:29Le canal de Panama
00:54:30en fait partie.
00:54:31Je l'approche enfin.
00:54:41Pendant des heures,
00:54:43je reste là,
00:54:43assis sur le quai
00:54:44à regarder fonctionner
00:54:45cette mécanique bien huilée.
00:54:47Ici,
00:54:48les hommes ont imaginé
00:54:48un univers démesuré,
00:54:50comme si le monde
00:54:51avait changé d'échelle.
00:54:52Sur cette planète géante,
00:54:54de puissantes locomotives
00:54:55tractent des mastodontes.
00:55:00Álvaro, adelante.
00:55:02Ah, c'est,
00:55:02c'est un filmant.
00:55:05Ok, je suis en bas,
00:55:06je vais sortir le barco
00:55:07à l'instant.
00:55:11Pourquoi c'est délicat ?
00:55:15Parce qu'il faut
00:55:16une grande expérience
00:55:17et beaucoup d'entraînement
00:55:18pour le conducteur
00:55:19de la locomotive.
00:55:23Tu as dans tes mains
00:55:24un équipement
00:55:24de 2 millions de dollars.
00:55:26Alors,
00:55:26tu n'as pas vraiment
00:55:27le droit à l'erreur.
00:55:29Il faut donc éviter
00:55:30que l'angle du câble
00:55:31par rapport au bateau
00:55:32soit mauvais.
00:55:33Sinon,
00:55:34il peut faire sortir
00:55:35la locomotive des rails
00:55:36et l'entraîner dans l'eau.
00:55:37C'est ce qui peut arriver
00:55:38de pire.
00:55:41Il faut que ce soit
00:55:42les câbles
00:55:42qui contrôlent le bateau
00:55:43et pas l'inverse.
00:55:46Il y a une tension
00:55:47de 17 tonnes
00:55:48dans chaque câble.
00:55:51Les navires défilent
00:55:53pour entrer
00:55:53dans ce couloir
00:55:54de 80 kilomètres
00:55:55qui va leur en faire
00:55:55gagner 8000.
00:55:56Les plus gros
00:55:57laissent 250 000 dollars
00:55:59au péage.
00:56:00La géographie de ce pays,
00:56:01c'est l'affaire du siècle.
00:56:02Ça t'impressionne
00:56:03tous ces bateaux ?
00:56:06Oui, bien sûr
00:56:07que ça m'impressionne.
00:56:09Ces bateaux sont énormes
00:56:11et il y en a beaucoup.
00:56:13Tu peux voir,
00:56:14il y en a 4 en même temps.
00:56:19Celui-là,
00:56:19il est énorme.
00:56:20C'est un des plus grands
00:56:21qui passe ici.
00:56:29Ça me plaît
00:56:30de voir des bateaux
00:56:31de grande taille
00:56:31car c'est très bon
00:56:32pour l'économie du pays.
00:56:36Et d'un point de vue personnel,
00:56:38je suis très fier
00:56:40car avec nous,
00:56:42les Panaméens,
00:56:42le trafic est plus important
00:56:44qu'à l'époque des Américains.
00:56:49Ma déambulation
00:56:50sur les quais
00:56:50de l'écluse de Gatoun
00:56:52s'achève par un privilège.
00:56:54Je suis invité
00:56:55à grimper à bord
00:56:56d'un des remorqueurs
00:56:56du canal,
00:56:57celui de Francisco
00:56:58qui termine
00:56:59sa formation de pilote.
00:57:02Tu envoies ta ligne.
00:57:03Vérifie bien
00:57:03que tous les marins
00:57:04aient leur équipement
00:57:05de sécurité.
00:57:08Après,
00:57:08tu t'accroches
00:57:09et tu appelles le pilote
00:57:10pour lui dire
00:57:10que tu es prêt
00:57:11pour travailler.
00:57:19C'est un pétrolier.
00:57:22Sa cargaison est dangereuse.
00:57:24Sa longueur est de 225 mètres
00:57:26et il fait 32 mètres de large.
00:57:28C'est un Panamax.
00:57:29Il a la taille maximum
00:57:30pour rentrer dans les écluses.
00:57:33d'un océan à l'autre,
00:57:35l'idée aussi ancienne
00:57:36que la découverte
00:57:37de l'Amérique
00:57:37a fait son chemin.
00:57:39Mon esprit embarque
00:57:40à bord de ces géants
00:57:41des mers.
00:57:43Je longe le canal
00:57:44dans le sillage
00:57:45de Christophe Colomb,
00:57:46du baron Foninbolt,
00:57:47de Ferdinand de Lesseps.
00:57:49Les aventuriers
00:57:50des deux océans
00:57:51peuvent voguer en paix.
00:57:53La route des Indes existe.
00:57:57Dans quelques heures,
00:57:58je serai face au Pacifique.
00:58:08Nous ne sommes pas
00:58:09très courageux quand même.
00:58:11Pour rejoindre Masada,
00:58:12on emprunte le téléphérique.
00:58:13On aurait pu prendre
00:58:13ce petit sentier là, tu vois.
00:58:15Absolument, on aurait pu.
00:58:16On aurait pu.
00:58:17Mais non.
00:58:17Non, non, non.
00:58:18Ça nous aurait pris
00:58:19au moins une demi-heure.
00:58:20Et voilà, on est arrivés.
00:58:21En 3 minutes de téléphérique,
00:58:24on franchit 2000 ans.
00:58:25On arrive là
00:58:26à l'époque héroïdienne.
00:58:33C'est vraiment
00:58:35un lieu symbolique.
00:58:37Ici, ça réunit tout,
00:58:39en fait, Masada.
00:58:40C'est-à-dire,
00:58:41ça réunit à la fois
00:58:42l'époque du roi Hérode,
00:58:45le roi client de Rome,
00:58:46qui composait avec Rome,
00:58:48et puis ensuite,
00:58:49les révoltés.
00:58:50Masada, c'est un résumé
00:58:51des grandes questions
00:58:52de l'humanité.
00:58:53Est-ce qu'on doit
00:58:54composer avec un empire
00:58:56superpuissant
00:58:57ou est-ce qu'on doit
00:58:58se révolter ?
00:58:59On aurait pu trouver
00:59:00pire comme endroit
00:59:02pour terminer
00:59:03notre découverte.
00:59:04Ça vaut l'effort.
00:59:05On est exactement
00:59:06au palais nord.
00:59:07On l'appelle aussi
00:59:07le palais suspendu
00:59:08du roi Hérode.
00:59:09Je comprends pourquoi,
00:59:10en voyant la vue.
00:59:11Qu'est-ce qui se passait
00:59:12ici ?
00:59:13On considère que c'était
00:59:15un palais de luxe
00:59:16qui avait été construit
00:59:17pour le plaisir
00:59:17des aristocrates
00:59:18de Jérusalem.
00:59:19Il y avait certainement
00:59:20des danses,
00:59:21de la musique,
00:59:22on lisait de la poésie.
00:59:23En tout cas,
00:59:23c'est ici que se termine
00:59:24mon voyage, Charles.
00:59:25Merci beaucoup
00:59:26de m'avoir accompagné
00:59:27et de m'avoir fait partager
00:59:28ton amour pour cette terre.
00:59:30Il faut que tu m'aides.
00:59:31Comment on dit
00:59:31au revoir
00:59:32et à bientôt en hébreu ?
00:59:33C'est pas compliqué
00:59:34puisque c'est exactement
00:59:35la même chose
00:59:36mot pour mot
00:59:36comme en français.
00:59:37On dit
00:59:38Léhitraot Bekarov.
00:59:40Léhitraot Bekarov.
00:59:41Merci beaucoup encore.
00:59:42Je vous dis à très bientôt
00:59:43donc et faites de vos voyages.
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